Petit clin d'œil à Hergé et Vol 714 pour Sydney avec le numéro d'un avion.
Petit clin d'œil à James Bond avec Felix Leiter. Pourquoi lui et pas l'agent britannique ? Ben, il est américain, comme notre équipe préférée. ^^
Au programme : une demande particulière et un dernier rebondissement...
Bonne lecture !
CHAPITRE 22 : RETOUR AU BERCAIL
Après avoir chargé Barracuda et après que Looping et Mistral se soient embrassés, l'hélicoptère décolla pour retourner à l'aéroport.
« Désolés si on ne s'est pas montré avec Decker... s'excusa Brian.
-Ne t'inquiète pas ! rassura Hannibal. On comprend très bien ! Vous n'allez pas vous faire accuser d'aider des fuyards !
-Ca c'est bien passé à l'aéroport ? demanda Looping en voyant l'uniforme d'hôtesse de l'air porté par Mistral.
-Oui, ça a été. Personne ne pourra détruire cet alibi. Ton idée était génial Hannibal !
-Merci !
-Ca aurait été dommage de te faire rechercher par la police militaire, sourit Amy, pour avoir fait échapper de prison l'Agence Tous Risques !
-Surtout après tout le mal qu'on s'est donné pour t'innocenter... » ajouta Tawnia.
Dix minutes plus tard, le jet privé de Brian décollait, Looping aux commandes et Mistral comme copilote à ses côtés. Il valait mieux que ce soit lui qui pilote, eut égard à la blessure qu'elle avait.
Le commandant jeta un coup d'œil à Looping. Elle prit une large inspiration et déclara :
« Que dirais-tu si je me lançais dans l'aéropostale et que je quittais l'armée de l'air ? »
Le regard ébahi de Looping confirma ce que Firedoth lui avait dit. Le capitaine répondit :
« Tu te prends pour Charles Lindbergh ? Il est loin son temps, quand c'était une vraie aventure ! Je suis loin de dénigrer l'aéropostale d'aujourd'hui... Mais c'est pas vraiment aussi exaltant que la chasse ! Je te connais, tu t'ennuierais. Que tu le veuilles ou non, t'as besoin d'un quotta sensations fortes. Un peu comme nous, quoi. La passion du risque et du jeu.
-Firedoth m'a dit la même chose à peu près. Apparemment, tout le monde pense que je ne suis pas faite pour l'aéropostale.
-Et toi ? Tu penses quoi ?
-Que les F-16 me manqueront terriblement si j'arrête la chasse... » soupira-t-elle en toute honnêteté.
A l'arrière, Barracuda ronflait comme un bienheureux, n'ayant même pas remarqué le changement de transport. Futé, même réconcilié avec Mistral, se plaignait de son nez, devant respirer par la bouche. Hannibal fumait tranquillement son cigare. Tawnia parlait de tout et de rien avec Amy. Brian profitait des longues heures du vol de retour pour continuer le rapport de fouille qu'il écrivait avant de partir pour la Corée du Sud. Tout était calme, de retour à la normale.
Mais pas tout à fait. Dans le cockpit, il y avait pour la première fois Mistral aux côtés de Looping. Mistral que ce dernier dévorait étrangement des yeux. Il finit par la questionner :
« Tu... Tu portes toujours la bague de fiançailles avec laquelle je t'avais demandée en mariage... Je peux la voir s'il te plait ?
-Oui, répondit Mistral étonnée. Tiens. »
Elle l'enleva et tendit le solitaire à Looping.
« Tu peux prendre le pilotage un instant, s'il te plait ?
-Pourquoi ?
-Je reviens. »
Il se leva et partit avec la bague. Mistral comprenait de moins en moins mais ne s'en occupa pas. Sûrement une nouvelle lubie...
Looping s'approcha de ses amis, nerveux.
« Dites, vous auriez pas un sachet ou un truc dans le genre ?
-Pour quoi faire ? s'étonna Tawnia.
-Un paquet cadeau.
-Un paquet cadeau ? Tu peux pas attendre d'être à Los Angeles ? fit Hannibal en fronçant les sourcils sans comprendre où voulait en venir le capitaine.
-Non, c'est important. C'est maintenant ou jamais.
-Bais tu veux vaire quoi ? » voulut savoir Futé.
Pour toute réponse, Looping haussa les épaules.
« Si tu veux, proposa Brian, je peux te passer une feuille volante. Si ce que tu veux emballer rentre n'est pas trop gros bien sûr.
-Ça ira parfaitement.
-Si t'as besoin, dit Amy en regardant dans son sac, j'ai une agrafeuse.
-Merci ! J'en aurais besoin. »
Une fois son œuvre accomplie, il retourna dans l'habitacle. Il s'assit sans un mot aux commandes que lui rendit Mistral. Elle n'osa pas demander ce qu'il avait fait du solitaire. C'est alors qu'il enclencha le pilotage automatique.
« Pourquoi tu fais ça ? »
Il se mit à genoux et tendit la feuille de papier servant de papier cadeau en disant :
« Ça fait 15 ans qu'on aurait dû le faire. Alors je te le redemande : voudrais-tu être mon copilote et que je sois le tien dans l'avion de l'Amour qui vole vers l'Eternité ? »
Il déchira le papier, découvrant la bague de fiançailles. Mistral poussa un cri de surprise. Sans rien répondre, elle se jeta dans les bras de Looping en pleurant de joie. Elle l'embrassa passionnément et murmura en guise de oui :
« Tu n'as cas me donner ton plan de vol et je le suivrais pour toujours...
-Le mien ? sourit Looping. Je n'irais nul part sans ton accord.
-Ne m'abandonne pas sans parachute le jour du décollage cette fois ! rit Mistral à travers ses larmes de bonheur.
-Ne t'inquiète pas ma chérie. J'ai fait la check-list et le vol devrait être parfait. Je te le promets... »
La somnolence après quatre heures de vol commençait à se faire sentir pour les passagers du jet. C'est ainsi que tous sursautèrent quand Looping fit une annonce dans le haut parleur.
« L'Agence Tous Risques Air Line a l'immense joie de vous annoncer le mariage prochain des deux pilotes de cet appareil ! Vous êtes bien sûrs tous invités, même Stan et la Noire au Bois Dormant ! »
Tous éclatèrent de rire à la dénomination de Barracuda, puis applaudir la nouvelle. Ils se levèrent ensuite à tour de rôle pour aller féliciter les tourtereaux.
L'atterrissage se fit tout en douceur. L'horaire était parfait, étant arrivé cinq minutes avant l'avion qu'aurait dû prendre Mistral et qui avait fait une escale au Japon. Le commandant avait revêtu son uniforme d'apparat de l'armée de l'air. Elle devait en effet être accueilli par le supérieur de Decker et beau-frère de Firedoth, le général Fulbright, qui tenait à lui faire des excuses publiques par rapport aux accusations qui avaient pesé sur elle.
« Eh bien... Je crois qu'il est temps de vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi... remarqua Mistral avant de descendre du jet.
-Bah, fit Hannibal, c'était rien du tout ! On est quitte, je crois. On t'a aidé, tu nous as aidé... Tout va bien !
-Vous avez risqué votre vie pour moi... insista-t-elle.
-Et alors ? s'exclama Looping. L'essentiel, c'est que tout se soit bien terminé et qu'on se soit retrouvé, non ?
-Bien terminé ? répéta Brian. Les microfilms sont tout de même aux mains des Soviétiques.
-Hey, Felix Leiter ! J'espère que tu ne t'engageras pas dans les services secrets pour les retrouver ! s'exclama Tawnia en riant. Ce n'est plus notre affaire.
-Oui c'est vrai... Tu as raison. En attendant, j'ai été heureux de faire ta connaissance Mistral.
-Moi de même Brian ! »
Quand vint le tour de Tawnia et d'Amy de dire au revoir au commandant, elles la serrèrent dans leur bras. En peu de temps, elles avaient pu tisser de véritables liens d'amitié.
Futé et Mistral ne furent pas long en revanche à se saluer :
« Je dirais bas que j'ai édé heureux de de rencondrer, mais bon...
-Oui, je sais ce que tu ressens... »
Ils se mirent à rire ensembles.
« Vous direz au revoir de ma part à Barracuda ?
-Ne t'inquiète pas pour ça, rassura Hannibal. De toute manière, on se reverra bientôt, avec le mariage. »
Ses paroles firent rougir les deux intéressés.
L'Agence Tous Risque avait à son tour dit au revoir à Tawnia, Brian et Amy. Ils s'étaient séparés et l'équipe allait rentrer chez elle, chacun de son côté.
Barracuda s'était réveillé dans une terrible colère à cause de l'hélicoptère et de l'avion. Looping étant le seul qui n'était pas blessé, le Noir avait tenté de lui mettre un coup de poing, mais le colonel avait arrangé les choses, comme d'habitude.
Tandis que Barracuda maugréait qu'il n'était pas agréable de s'endormir en Corée du Sud puis de se réveiller aux Etats-Unis, Futé eut le regard attiré par une télévision. L'aéroport en avait installé un peu partout pour faire patienter les voyageurs. Il s'agissait des informations. Une photographie de Mistral s'y étalait. Futé la fit voir à ses amis qui écoutèrent ce qui se passait. A la fin, ils se regardèrent, horrifiés.
« Il faut la prévenir avant qu'elle atteigne la police militaire ! s'exclama Looping.
-On se sépare pour la trouver, ordonna Hannibal. Futé avec moi, Barracuda et Looping ensembles. »
Mistral était seule. Un grand vide l'avait envahie. Pour la première fois, elle se retrouvait dans la solitude, sans personne à ses côtés. Depuis ce jour où l'Agence Tous Risques l'avait retrouvée dans la jungle, elle ne s'était jamais retrouvée seule. Et si ça avait été le cas, elle avait eu tellement de choses à penser, tellement de soucis que tout cela l'avait empêchée de ressentir la solitude.
Là, dans ce hall de l'aéroport international de Los Angeles, elle ne pouvait faire face qu'à elle-même, malgré les voyageurs qui se bousculaient pour rejoindre leur avion ou pour sortir des lieux. Elle avait l'impression que la foule la happait complètement, qu'elle l'attrapait pour ne plus la lâcher. Un certain malaise s'empara de Mistral. L'inactivité la rongeait de l'intérieur, elle avait besoin de bouger, de voir du monde avec qui elle parlerait, rirait, avec qui elle partagerait des moments uniques comme elle l'avait fait avec l'Agence Tous Risques.
L'aventure lui manquait déjà. La chasse lui manquait déjà. Et par dessus tout, Looping lui manquait déjà.
En repensant à son fiancé, elle sourit et serra le solitaire. Elle ne s'était jamais senti aussi heureuse depuis sa première demande en mariage.
Elle décida de bouger. Il fallait qu'elle trouve Fulbright. Et dans une foule aussi dense, ça n'allait pas être facile.
Elle repéra alors des gens aux visages familiers. Sa famille ! Ses parents, ses deux sœurs et son frère étaient là ! Il y avait avec eux trois personnes de la police militaire, dont un général. Sûrement le beau-frère de Firedoth. Mistral fronça les sourcils. Pourquoi tous avaient des têtes d'enterrement ? Pourquoi sa famille pleurait à chaude larme quand les militaires abordaient un regard navré ?
« Maman ! Papa ! » s'écria-t-elle joyeusement en s'approchant.
Tous tournèrent les yeux vers elle et la regardèrent d'un air ébahi. Fulbright leva des yeux ahuris vers une télévision juste au-dessus d'eux. Mistral suivit son regard. Le présentateur déclarait :
« ...rappelons la catastrophe aérienne qui a eu lieu au Japon. A la suite d'une défaillance technique, l'avion de ligne 714 à direction de Los Angeles s'est crashé dans l'Océan Pacifique. Heureusement, l'appareil était près des côtes et les passagers, ainsi que l'équipage, ont pu être secourus. Nous n'avons a déploré qu'une seule perte, celle du commandant Cynthia Villandret, pilote de chasse de l'US Air Force, basée en Corée du Sud. Nous sommes sans nouvelle d'elle et il semble qu'il y ait peu de chance de la retrouver vivante. Passons à l'actualité internationale. La RDA... »
Mistral n'écoutait plus. Elle eut un sourire dépité à l'encontre de Fulbright qui comprit aussitôt, surtout quand Hannibal et Futé débarquèrent en courant :
« MISTRAL ! IL FAUT QUE... »
Le colonel et le lieutenant stoppèrent net en voyant les militaires. Mistral fit demi-tour. Elle courut vers eux. Ils décampèrent aussitôt.
« ATTRAPEZ-LES ! » hurla une voix derrière eux.
Ils accélérèrent. Ils retrouvèrent Barracuda et Looping.
« On dégage ! » cria Hannibal.
Une course-poursuite à travers l'aéroport débuta. Mais Hannibal, Futé et Mistral avaient du mal courir et fatiguèrent vite, tous les trois blessés.
Ils montèrent des escalators quatre à quatre, toujours poursuivi.
Barracuda s'arrêta en haut et leur dit de continuer. Il s'empara d'un extincteur et aspergea de neige carbonique les marches. Les trois militaires dégringolèrent dans l'autre sens ce qu'ils avaient monté. Et ce ne fut pas sur leur deux pieds ni volontairement...
L'équipe put enfin prendre la poudre d'escampette tranquillement, sans trop se faire remarquer.
