.Neiphtys16: Bonjour et bienvenue à toi dans mon cercle, si restreint, de revieweuses ;p . Déjà merci pour ta lecture, et ton petit mot. C'est incroyable le bien que ça peut faire de recevoir tous ces petits témoignages de votre part. C'est primordial pour avoir l'envie de continuer ! ^^ Ensuite merci pour tous tes compliments. Cette fic me demande beaucoup de boulot; car oui, j'ai travaillé pas mal sur les interactions entre les personnages, et les sentiments qu'ils avaient les uns pour les autres. Les sentiments, c'est si vaste comme sujet ! ^^ J'essaye de rester au plus juste de ce qui pourrait se produire, ce qui n'est pas toujours évident. L'héroïne va suivre le destin qui lui a été tracé ... heuu que je lui ai tracé ... XD Vous verrez tout ça quand le mot "FIN" apparaîtra en bas du dernier chapitre ! ;) Merci pour tout, ton petit com est adorable, je te souhaite de passer de bonnes fêtes !
.Toutouille: Hey coucou Miss ! Le Seigneur Aredhel est depuis le début dans l'histoire, je ne l'avais pas encore traité. Je suis contente qu'il te plaise, je t'avoue, je l'aime bien aussi *rire*. Ces deux bougres d'imbéciles s'aiment trop pour ne pas passer outre les obstacles qui se dressent devant eux. Mais n'est-ce pas ça la force de l'amour ? ^^
.Milyi: Tournesols solaires de la mort qui tue ! Sérieux, je me suis esclaffée comme une débile à la lecture de ce surnom de ouf, et de merde aussi ! XDD La vue du thermomètre dans le séant de ton gamin avait tout du cadre idyllique ... mdr. Bref ... Aredhel est un vieil elfe, issu de la haute, je le voulais à la fois un peu débauché, mais à cheval sur l'honneur des elfes. Quant à sa relation avec Alex, elle ne pouvait qu'être bonne, aux vues de ce qu'ils avaient partagé en début d'histoire. Un sentiment de respect commun, et d'intérêt. Il sera un bon ami, comme le Rohirrim et le Nain. Et quelque peu chevalier servant aussi, je trouvais ça un peu intéressant de développer ce côté-ci. Sans en faire un brave toutou. Beurk ! Le passage avec les aigles, un vrai plaisir à écrire. Et un peu galère aussi, car je voulais qu'on ressente la peur qu'ils lui donnaient tout de même. Ouais touche pas à Legolas nan mais ! ça suffit oui ! Mais oui, fais-lui un câlin. Et j'aime traiter cette relation étrange entre eux d'eux. Ouais Thranduil ... the sexy bomb par excellence ... il fallait qu'il parte, la réalité n'est jamais loin ;) Et oui je plussoie ton côté naine ! Clair que l'une à côté de l'autre, ça donne un peu ça ! XDD Je fais combien de plus que toi ? On va laisser la question en suspens ... mdr (quoi ? moi aussi j'ai le droit de déconner non mais ! pfff ^^). Le "diablement satanas" m'a tué ... si si ... je t'assure ... biiiiiiiiiiiiiiiip ... (docteur on l'a perdu!)
.Eilonna: Oui le vol avec les aigles proche du 0° c'est plutôt rafraîchissant on peut le dire ainsi ! ;) Bah oui le chapitre coupé, ça a toujours son effet ! mdr Mais regarde, je te donne la suite pour les fêtes ! Avoue, suis gentille quand même ! ;)
.JulieFanfic: Ha si c'est pas la savane, j'espère quand même que c'était pas trop douloureux ! ;) Maintenant je le suis, au courant. Milyi et Toi vous vous faites votre petit cheptel là ! ça ne va plus du tout ! Faut en laisser pour les autres Mesdames ! Bande d'affamées va ! XD La décision de Thranduil est logique, on ne doit pas oublier qu'il est roi. Et ce départ est très important pour son peuple. Et merciii ! Je suis ravie que le côté réaliste que j'essaye d'implanter dans mes descriptions, te plaise autant ! Et ravie de voir que je peux y arriver également ! :p J'aime les aigles aussi, mais chuuuuut, si je devais te faire le bestiaire de ce que j'aime, on n'en finirait pas ! XD J'adooooore les sushis ... heu le caramel ... mais les sushis aussi remarque ! Bisous à toi aussi !
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MERCI pour Tout les Filles !
Vous êtes talentueuses et adorables, avec ce grain de folie que j'adore !
BISOUS et BONNE LECTURE !
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Legolas lui offrit un sourire anxieux, et regardant si ils étaient bien seuls dans le couloir, elle ouvrit et l'invita à entrer. Il la suivit docilement, essayant de canaliser ce qui le dévorait. L'impatience. Ce qui était un comble pour un elfe. Plus il prenait en âge, et plus les caractéristiques des elfes sylvains dépeignaient sur lui. Il l'observa en silence, elle déposa sa cape, et sortit avec soin l'enveloppe toujours scellée de Thranduil. Ce qui surprit grandement son héritier. Il tut la question qui lui brûlait les lèvres, et la suivit du regard tandis qu'elle allait dans sa chambre. Il l'entendit dire en faisant émerger juste sa tête de l'embrasure de la porte:
« Excusez-moi Prince Legolas, mais je suis réellement transie, il faut que je prenne un bain pour me réchauffer. A moins que ce qui vous mène ici ne soit urgent, en ce cas j'attendrais ….
- Non .. cela peut attendre, avoua-t-il avec un tendre sourire ».
Décidément son naturel désarment le charmait toujours. Il entendit l'eau coulant au loin dans la salle d'eau, et avec son pas discret elfique, il alla vers le canapé, jugeant d'un oeil critique le feu qui se mourait alors qu'au dehors la nuit venait. Il prit sur lui de le raviver, et il se tourna de quart quand il entendit ses pas revenir vers le salon. Elle était vêtue d'un peignoir fluide et satiné, qui à la lueur des flammes, épousa ses formes avec indiscrétion, lui faisant monter le rose eu joue. Bien évidemment, d'une, elle ne s'en était pas rendu compte, et de deux, il savait que ce genre de détail ne l'embarrassait que peu. Elle ne se pavanerait jamais nue devant lui, mais il savait qu'elle ne se voyait souvent pas comme une femme. Tout ce temps à évoluer parmi les hommes, avait altéré cette perception des choses. Ce qui la rendait forte, et irrésistiblement attendrissante à la fois. Elle peignait avec ardeur les noeuds qui avaient envahi sa tignasse châtain, et elle fit:
« Installez-vous confortablement hein ! Je n'aimerai pas vous retrouver droit comme un I dans mon salon, juste parce que vous n'avez pas osé poser votre séant sur mon canapé! »
Legolas ne put s'empêcher d'avoir un petit rire à cette réflexion. Secouant la tête gracieusement, il répondit d'une voix chaude et légèrement taquine :
« Nous nous connaissons assez pour que je ne vous fasse pas cet affront Wen Alexandra ! N'ayez crainte, je saurai me conduire convenablement, et vais laisser mes éducations elfiques de côté! »
Elle lui fit une moue adorable, et disparut à nouveau de son champs de vision. Il n'avait pas la même notion du temps qu'elle. Elle pouvait passer tout aussi bien une heure dans des eaux savonneuses, qu'il n'en serait pas le moins du monde chagriné. Il déposa sa cape, ses dagues, près de l'entrée sur les patères prévues à cet effet, et alla se lover dans les cousins confortables du sofa. Il s'étala même, laissant pendre ses longues jambes galbées de façon nonchalante tandis qu'il couchait presque le haut de son corps en biais, prenant appuis sur son avant-bras droit. Là, il plongea ses yeux clairs dans la danse des flammes, et se perdit dans ses pensées.
La morsure cuisante de l'eau chaude sur sa peau la fit grimacer. La vapeur s'élevait dans des nuages translucides et odorants. Elle serra les dents et plongea tout son corps parcourut d'une affreuse chair de poule, d'un seul coup. L'impression saisissante des premières secondes, passée, elle se détendit en soupirant longuement, déposant son dos sur le rebord incliné de sa baignoire en cuivre ciselé. Elle inspira et expira plusieurs fois à fond, appréciant cette sensation fortifiante d'un corps qui reprend peu à peu vie. Là, elle se laissa aller peu à peu. Revoyant défiler les images de son étrange chevauchée. Le fait de voir ainsi l'Eryn Lasgalen lui avait rappelé durement l'absence de Thranduil. Elle s'en faisait pour lui. C'était complètement stupide elle le savait, car des deux, le plus sans défense, c'était bien elle. Elle le voyait déjà s'agiter dans les rues de sa cité souterraine, gérant dix choses à la fois, et puis, dans un instant de calme, boire un coupe de vin, et se laisser aller à sa lassitude. Et peut-être, se permettre de penser un peu à elle, comme elle, pouvait penser à lui. Son départ soudain avait laissé malgré tout un goût d'inachevé, même si cela était juste et nécessaire. Autre soupir. Puis, les stigmates étranges qui traçaient des lignes indélébiles dans les chairs d'Arda, revinrent la hanter.
« Je pensais au poison, ou à l'acide, quand les échos de Dame Galadriel nous sont parvenus. Mais même avec la meilleure application du monde, ils ne pourraient répandre cela avec telle exactitude. Les arbres sont centenaires, voir millénaires pour certains. Leurs racines doivent être profondes, inébranlables. Ces cheminées éparses me rappellent quelques choses, mais je n'arrive pas à me souvenir de quoi ….. comme de la vapeur qui cherche un interstice pour ne pas faire exploser la cocotte …. » elle se concentra quelques secondes, fouillant dans sa mémoire où elle avait bien pu voir cela. Puis elle murmura « Ho mon Dieu …. ». Sa poitrine se comprima, et un sentiment d'urgence la poignarda. « Le métro …. voilà à quoi ça me fait penser … des voies de métro ! Mais bordel qu'est-ce que tout ça veut dire ?! Ils se baladent pas en train sous le sol non ?! Savent même pas ce que c'est qu'un train ! Et si c'est le cas, qu'Eru nous préserve, car ils sont déjà bien en avance sur nous ! Comment … comment ont-ils pu avoir une carte aussi détaillée pour tracer aussi droit, savoir où étaient les obstacles où ….. attends …. calme-toi. Si ces salauds ont recours à cette façon de faire, tu sauras comment calmer leurs ardeurs. Comme on chasse le lapin ou le renard …. mais … Thranduil ! Lui qui se croit en sécurité dans sa cité …. ». Elle se redressa d'un bond. L'eau était à peine utilisée, mais qu'importe. Elle se frotta la peau, se rinça, et ressortir vivement. Elle se sécha, et passa juste ses habits d'intérieur. Les cheveux encore humide, elle entra d'un pas pressé dans le salon, sortant Legolas de ses pensées. Il la toisa un moment, perplexe, et à son air, il sut que quelque chose se tramait.
« Alexandra ? Demanda ce dernier.
- Legolas ! Votre cité …. est-elle réellement raccordée à l'Eryn Lasgalen ?
- Comment ça ? Bien sûr, elle en fait partie intégrante …
- Non ! Le coupa Alexandra presque brutalement. Elle vint devant lui, et continua, les souterrains, sont-ils tous raccordés à la terre ? Y a-t-il des failles, des rivières souterraines ?
- Ho ça ! Oui … de l'extérieur l'on pense que c'est fait d'un seul tenant, mais Oropher était loin d'être stupide. Toute la cité a des défenses naturelles. Elle est même coupée du reste. De larges cours d'eau la ceignent, et si l'eau ne passent pas, mon grand-père a fait creuser des fosses si profondes, que même un Balrog s'y perdrait ! » Expliqua Legolas comprenant enfin ses questions. Une pointe de fierté dans la voix en exposant ainsi l'ingénieux système défensif que sa famille avait prévu.
Il la vit soupirer de soulagement. Elle se porta malgré elle une main sur le coeur, et hochant la tête, elle riva son regard sur l'âtre, et murmura:
« J'en suis soulagée ….
- Que se passe-t-il ? Demanda alors Legolas qui fit mine de se lever ».
Elle lui posa une paume amicale sur l'épaule, et lui fit comprendre qu'il pouvait rester assis. Prenant place à son côté, elle expliqua, n'osant le regarder en face.
« Je crois savoir ce qui tue les arbre et pour quelle raison personne ne les voit ….. ».
Legolas n'osa pas la brusquer, même si le silence pesant qui vint à s'installer le démangeait furieusement de la presser. Son air grave cependant, lui intima la patience. Son profil se détachait en ombre chinoise sur le feu qui offrait une danse chaloupée en arrière-plan, ses cheveux humides ondulaient légèrement sur sa peau fine, et il dut taire cette étrange attirance qu'il avait pour elle, et ce, depuis son réveil. Car la première chose qu'il vit en sortant de son errance mortelle, fut son visage, et le premier son, sa douce et magnifique voix. Comme si, elle avait béni à elle seule, sa renaissance. C'était troublant, à la fois étrange et intense. Bien que jamais il ne lui viendrait à l'idée de franchir certaines limites. Il voulait la prendre dans ses bras, comme quand il l'avait fait près de l'Anduin, mais tout dans sa position pour le moment, lui indiquait qu'elle ne souhaitait pas de contact physique. Le grain de sa voix s'éleva, un peu éraillé, quand elle commença :
« Je crains que la menace soit invisible, car souterraine. Pour cela que j'ai posé ces questions sur votre cité. Votre père ne craint rien, ni les vôtres, et j'en suis soulagée. Cela ne résout en rien notre problème, mais je ne peux empêcher mon côté égoïste de s'en réjouir. C'est que j'y tiens, à cet elfe borné ! S'exprima-t-elle avec un léger rictus entre le tendre et le moqueur, ce qui fit sourire Legolas.
- Que comptez-vous faire si cette menace est ainsi menée ? Questionna le prince tout de même très soucieux de par sa révélation.
- Les brûler vifs ! Chuinta alors la voix d'Alexandra, dont les yeux venaient de se parer d'une dureté et d'une colère que rarement il lui avait vu. Elle tourna le visage vers lui, et devant sa mine perplexe, elle déclara, presque avec nonchalance, ne me voyez jamais comme un être parfait Prince Legolas. Je n'en ai aucunement l'étoffe. Et bien que l'amour de la Vie guide mes pas, je prends un réel et malin plaisir à tuer si le besoin est. C'est ….. une chose que de très rares personnes savent. Cette découverte, je l'ai eu le jour où j'ai ôté la vie à mon premier braconnier. Cet enfoiré avait violé et tué une gamine, et croyez-moi, même si c'est affreux de le dire, je ne regrette pas mon geste …. je ne le regretterai jamais …. » quelque peu perdue dans ses souvenirs, tandis qu'elle fermait les poings sur ses cuisses, elle sentit la main chaude de Legolas se poser sur la sienne avec une douceur qui eut pour effet de calmer ses sombres démons.
« Nous ne louons pas la mort, mais vous avez pu le remarquer, dans notre monde, elle sert très souvent la justice ou la préservation de ceux qui nous sont chers. Je ne vous jugerai jamais sur ces actes, Alexandra. J'aurai probablement fait la même chose à votre place …. ».
Cet aveu la toucha, encore plus que le regard chaleureux qu'il lui donnait. La lumière s'échappant de la cheminée constellait son regard clair d'une myriade d'étoiles. Dans ce visage d'ange, nul doute que ça ferait effet sur n'importe qui. L'ourlet de ses lèvres fines se retroussa légèrement, et elle finit par l'interroger :
« Merci … mais cela ne me dit absolument pas ce que vous faisiez sur mon palier Ernil Legolas ? »
L'elfe détacha sa main de la sienne, un peu stupéfait par son accent si bien maîtrisé à présent, et détournant son faciès aristocratique vers les pénombres de la pièce, il dit d'une voix un peu gênée :
« Je venais aux nouvelles justement; Je voulais savoir ce que vous aviez vu. Je m'inquiète tellement pour mon père ….
- C'est tout en votre honneur. En ce cas installez-vous, je vais vous conter ce que les cieux m'ont dit …. » fit-elle avec un charmant sourire, qui balaya l'espace d'un instant, les ombres du coeur de l'ellon en face d'elle.
Ils discutèrent longtemps, puis on vint les chercher pour partager un repas avec le roi et la reine, ainsi que les autres nobles présents. Ils firent la même grimace au même instant, et faillirent éclater de rire face à la pauvre servante qui était venue les chercher. Alexandra se douta que la présence du prince chez elle ferait bavasser ces dames quelques temps, mais tant pis. Ils retrouvèrent néanmoins avec plaisir leurs amis, et Alexandra en profita pour passer un peu de temps avec Silfren et Skalladrin. Elle nota que le Rohirrim cherchait souvent quelque chose ou quelqu'un du regard, et elle ne put s'empêcher de rire sous cape, certaine qu'il devait avoir des vues sur quelqu'un. Darren se joignit à la table de ses amis, et elle faillit quitter la place qu'elle occupait. Il la retint aimablement, en déclarant « Nous ne sommes pas sur un terrain d'entraînement, ma dame, votre présence ne me gêne guère, au contraire même ! ». Elle aiguisa son regard quelques secondes, l'impression de voir Joshua la taraudant sans cesse. C'est qu'ils s'étaient côtoyé quelques années tout de même. Mais il y avait autre chose, elle était persuadé que cet homme n'était pas tout à fait humain. Tandis qu'elle croquait allègrement dans une cuisse de volaille rôtie à point; se fichant éperdument au passage de la graisse qui lui coulait sur les doigts en faisant fi des convenances; elle entendit Skal déclarer d'un ton légèrement moqueur « Ha! Une vieille connaissance! ». Alexandra arrêta de mastiquer la viande raffinée qui emplissait sa bouche de sucs délicieux, et fut surprise de voir la belle rouquine qu'elle avait croisé dans les appartements de la reine. La joueuse de harpe. Cette femme avait une prestance digne des plus grands. Ses magnifiques cheveux de flammes tressées, étaient relevés gracieusement, et sa robe verte soulignait son regard clair. Qui oscillait entre le bleu et le vert. Ce n'est que quand elle fut à côté de Darren, qu'elle comprit. Bien avant tout le monde apparemment. La nouvelle venue vint embrasser la joue du capitaine qui l'accueillit avec un grand et chaleureux sourire. Alexandra s'aperçut de l'air pincé de Silfren, apparemment ce dernier était troublé par quelque chose. Skalladrin à gauche d'Alex lui murmura à l'oreille, d'un ton un peu sec, comme si lui donner une explication lui coûtait « C'est cette femme qui a partagé la couche de notre ami le fameux soir de la grande fête ... ». Alexandra haussa les sourcils, plus que surprise, et se demanda un instant comment son ami Rohirrim avait pu avoir l'air si affecté après ce qu'il s'était produit. Alexandra se trouva si fade et quelconque à côté de cette femme, que les regrets de son ami étaient presque une injure à sa beauté. Cependant, le fier cavalier avait fini par comprendre que leur tendre amitié ne dépasserait jamais ce stade, aussi, il était tout à fait sain et naturel qu'il passe à autre chose. Et si ce « autre chose » devait prendre les traits de cette femme, Alexandra ne pouvait que louer les dieux! Darren, l'oeil vif et brillant, déclara en prenant la femme par la taille de façon quelque peu possessive : « Je vous présente ma soeur, Ailein, elle est une des suivante de la Reine Arwen, et une musicienne hors pair ! C'est un joyau digne de la couronne d'un souverain, aussi Messieurs, fit-il en balayant les hommes présents d'un regard qui voulait tout dire, je vous conseille de ne pas lui manquer de respect ! De toutes façons, ma petite soeur est bien trop revêche pour convenir à qui que ce soit !
- Hey ! S'offusqua-t-elle en lui tapant gentiment l'épaule. Il n'y a pas de rébellion à savoir ce que l'on veut, et disposer de son corps comme on le souhaite ! » Se défendit-elle avec majesté, entonnant un rire si cristallin qu'il sembla irréel.
« Je sais …. voilà pour quoi il ne me semblait pas humain … j'ai assez côtoyé les elfes pour en reconnaître les caractéristiques. Le frère et la soeur sont semi-elfes, j'en mettrai ma main à couper! Quoi qu'il en soit, ses pensées me plaisent, elle a l'air d'avoir un caractère assez indépendant » pensa Alexandra en observant le couple magnifique qu'ils formaient. Car malgré son oeil invalide, Darren dégageait une aura qui balayait aisément celles des autres mâles qui gravitaient autour de lui. A part peut-être Silfren et Skalladrin, mais vu l'affection qu'elle leur portait à tous deux, pas sûr que ce soit totalement objectif. Elle nota le léger clin d'oeil que la magnifique rousse envoya à Silfren qui la dévorait littéralement des yeux. Puis embrassant à nouveau son frère, elle fit de sa douce voix « Sois sage, ne traumatise pas les invités de nos Seigneurs ! Elle coula un regard affectueux à Alexandra, qui pour le coup faillit avaler de travers.
- Ho .. s'exclama Darren avec une malice non feinte dans son iris bleu-vert, comprenant le sous-entendu de sa soeur. Ne t'inquiètes pas, je gage qu'il en faudrait pour traumatiser cette Dame, la preuve en est, elle est la seule femme assise à cette tablée ! » appuya le capitaine sciemment, la mettant clairement mal à l'aise, même si ce n'était pas le but de cette réflexion. Quand Ailein se détacha de son aîné pour rejoindre la table des suivantes de haut rang, elle nota que Silfren ne la quittait pas des yeux. Elle en fut heureuse pour lui, même si, dans une sursaut d'égoïsme tout féminin, elle regretta peut-être de ne plus être la seule femme de ses pensées. Mêmes amicales. Elle entendit Skalladrin renifler presque dédaigneusement en voyant le comportement de son ami, et Alexandra riva son attention sur lui. Elle ne l'avait jamais vu ainsi. Il ressemblait à un animal sauvage atteint d'une maladie quelconque, qui le plongeait dans une humeur massacrante. Puis la solitude du Nain la percuta presque, réalisant que ce fier et indomptable ami, devait souffrir de ces séparations successives qui jalonnaient également sa vie. Mais il n'y avait pas que cela, elle le sentait. Le reste de la soirée se passa donc paisible et joyeusement animée. Alexandra faisant la navette entre eux et ses amis couronnés. L'air soucieux qu'arborait Skalladrin ne finissait pas de grandir, et cela la chiffonna réellement. Elle tenta de parler avec lui plusieurs fois, mais il se fermait de suite. Et plus elle insistait, plus il s'assombrissait. Elle le laissa alors, quelque peu touchée par son comportement. Il disparut de la grande salle bien avant tout le monde, et sans dire ses hommages à qui que ce soi. Alexandra se promit d'éclaircir tout ceci au plus vite, quitte à aller débusquer cet ours directement dans sa tanière ! Pour l'instant, elle profita de ces rares moments de quiétudes avec ses nouveaux amis. Elle passa quelques temps avec Arwen et Eowyn, les deux femmes semblaient toujours avides de connaissances, et des contes modernes que la terrienne pouvaient leur dévoiler. Puis, lasse, elle délaissa tout ce beau monde pour rejoindre ses appartements. Legolas et Aredhel veillant même sur son ombre. Adorables, mais il faudrait qu'elle leur rappelle qu'elle n'avait pas besoin d'être chaperonnée. Se déshabillant dans la pénombre, elle se cala près du feu, et une dernière fois, caressa l'enveloppe toujours close. Prenant son courage à deux mains les doigts tremblants d'appréhension autant que d'une excitation digne d'une adolescente, elle décacheta le sceau. Le parchemin eut un bruit de ouate chiffonnée, puis, elle déplia la surface claire à peine entachée par ces quelques mots en Sindarin.
« Je pense à vous.
Votre absence est une torture au quotidien, que même mon immortalité n'arrive à adoucir.
J'espère revenir au plus tôt vos côtés.
Puisse Varda nous bénir.
Avec toute mon affection,
Thranduil .»
Elle ne put s'empêcher de lire, et relire inlassablement ces quelques notes, comme si elle venait de découvrir à elle seule le mystère de la vie. Certes c'était des plus court ! Mais elle ne pouvait pas lire de longs textes en Sindarin pour le moment. Certes il n'avait pas écrit les mots espérés ! Mais il valait mieux, car une missive peut se perdre si facilement. Cependant, son coeur ne cessait de tambouriner dans sa poitrine, au point de lui en donner le tournis. Fébrile comme une gamine transie d'amour, elle serra le papier entre ses doigts, et ne put s'empêcher de le porter au visage pour en humer toutes les odeurs. Elle sourit presque stupidement quand elle retrouva au travers de ce modeste présent, toutes les effluves caractéristiques de son roi. Sur un petit nuage, elle alla se coucher, et c'est avec la lettre sur le coeur, qu'elle s'endormit. Le cas de Skalladrin repassa subrepticement sur le fil de sa conscience, mais il se noya bien vite sous tous les souvenirs de Thranduil, qui vinrent envahir son esprit fatigué, puis ses rêves.
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Ses mains calleuses se perdaient dans la masse soyeuse et sombre de sa chevelure. Son corps brûlant contre le sien, ondoyait lascivement, tandis que sa peau douce accueillait l'ardeur de ses baisers conquérants. Il se consumait littéralement, tandis que le trésor de ses pensées lui appartenait enfin. La concrétisation de son voeu le plus cher se paraît de gémissements rauques et délectables, comme le miaulement affectueux d'un chat, tandis que son nez goûtait les fragrances de sa crinière parée de fantasmes, et de ses chairs enivrantes. Il ne compta plus les fois où il la serra si fort contre lui, qu'il crut qu'ils allaient fondre leur carnation dans un acte malheureux. C'était si passionnel, que l'amour et la folie se jouait de lui tour à tour. Jamais il n'avait pu soupçonner que son peuple puisse à ce point être pétri de ce genre de géhenne. Alexandra, l'objet de ses désirs honteux, se tenait là, entre ses bras puissants. Toute à lui, rien qu'à lui. Et surtout, loin de ces elfes maudits. Sentant le soubresaut orgastique libérateur faire frissonner son bassin, il s'éveilla en sursaut, poussant un cri viril d'accomplissement, tout en trouvant son lit vide. Désespérément vide. Il réprima le cri de bête qui lui racla la gorge, et se redressant, il constata presque avec dégoût l'état de son lit. Et plus précisément, de ses draps. Se passant les mains sur le visage pour s'éveiller, il eut un geste rageur en repoussant les couverts de tissus au pied de son lit malmené, et se leva. Allant dans sa salle de bain, il se rafraîchit, et se regarda longuement dans le miroir. Ses yeux gris avait une teinte qui ne lui plaisait pas. La même flamme démente que celle qui dévorait les Nains à la vue de l'or, croissait peu à peu dans ses iris anthracite. Alexandra devenait le fruit de son aliénation latente. Il avait encore assez de clairvoyance pour s'en apercevoir. Il se lava, et prit soin de sa barbe longuement. Cet acte bercé de gestes lentes et appliqués, lui vidait l'esprit et le calmait. Le roi Thorin III n'avait eu de cesse de le harceler. Pas directement bien entendu, mais les nains savaient être aussi subtils que les descendants des Eldar quand il s'agissait de manipulation et autre chantage. Puis un idée vint à jaillir dans son esprit, qui pourrait calmer les ardeurs de son souverain, et par la même peut-être, apaiser celles qui ne cessaient de le tyranniser. Thorin savait parfaitement, qu'en ramenant Alexandra incessamment sur le fil de ses pensées, alimentait sa soif de possession. Vénal peut-être, mais pas totalement stupide, le souverain. Il se servait de lui, de sa faiblesse, pour arriver à ses fins, d'une façon ou d'une autre. Le forgeron s'habilla, puis croisant Silfren dans le couloir, il alla manger avec lui. Puis il délaissa le Rohirrim, au grand étonnement de ce dernier, pour rejoindre les rues de Minas Tirith. Le temps était au brouillard, et tout baignait dans une atmosphère ouatée et grise, où l'humidité s'infiltrait partout. Il n'aimait pas la pluie, encore moins la bruine qui avait tendance à vous tremper sans que vous vous en rendiez compte. Cependant, le froid vivifiant de cette matinée de printemps, lui fit du bien. Cela refroidissait un peu cette fureur sourde qui le dévorait lentement. Resserrant sa cape bordée de fourrure autours de ses habits, il s'ébroua un peu en frissonnant, puis prit les escaliers qui menaient aux niveaux les plus bas de la ville.
La capitale avait beau être le joyau de la couronne du Gondor, elle n'en restait pas moins une cité avec tout ce que cela comporte. Commerçants, détaillants, receleurs, malandrins, putains et autres coupe jarrets des plus abjects. Même les plus belles villes du monde, se fondent sur un lit d'immondices, surtout après les grandes guerres, où la dévastation a laissé beaucoup d'âmes en peine et errantes, crevant de faim, ou servant les desseins de ceux qui souhaitaient s'enrichir sur le malheur des autres. Où que ce soit, dans n'importe quel monde, n'importe quel pays, la fange avait lieu d'être. Et les bas fonds, même si tout le monde le taisait, faisait une économie parallèles dont les hautes instances se servaient plus ou moins. La manne économique que cela nourrissait, était plus souvent, et malencontreusement, bienvenue. Il se faufila le plus discrètement possible entre les badauds et autres artisans, puis finit par trouver ce qu'il cherchait. Les ruelles sombres et un peu excentrées, sentaient ces effluves nauséabondes d'urine et de mort latente, comme si même l'air pur se refusait à pénétrer dans de tels lieux infâmes. Soupesant sa bourse remplit d'or, il poussa la porte d'un établissement quelque peu insalubre. C'était une vieille auberge, rapiécée de toutes parts, où même les murs semblaient suinter le vice. La lueur des fenêtre crasseuse avait du mal à inonder la salle, et quelques bouts de chandelles expiraient leur dernières flammes poussivement, donnant des taches claires dans l'océan de fumée à pipes sans cesse sollicitées. Une femme d'un certain âge se jeta presque sur lui. Sa poitrine opulente jaillissant toute seule de son corsage trop serré. Elle sentait bon et avait l'air propre. Après tout on était aux premières lueurs du jour. Skalladrin lui saisit la taille d'une poigne de fer, la faisant presque grimacer. Il lorgna les tables qu'il convoitait vite fait, les hommes qu'il cherchait, étaient là, le lorgnant, plein de suspicion. Skalladrin savait qu'ils seraient là encore dans une demi-heure, voir plus. Il toisa la catin pendue à son bras qui le menait déjà pour boire un verre. Elle était plus en chairs que l'objet de ses désirs, plus féminines aussi, mais dans un style racoleur bien moins attirant. Pour lui tout du moins. Car ce qui suscitait tant son intérêt pour Alexandra, était ce côté inaccessible, rebelle, et libre. Une esprit d'homme dans un corps de femme, voilà qui avait de quoi allumer le brasero de la passion dans le coeur d'un guerrier, ou d'un chasseur. Un gibier de choix, tentateur et insaisissable. La prostituée vint emmêler ses doigts dans la chevelure noire du Nain, et cela lui rappela ce rêve monstrueusement délectable, qu'il avait fait une à deux heurs plus tôt. La gourgandine avait la main leste, et le souffle chaud. Mais, chose plus notable et diablement plus importante, elle avait la même couleur de cheveux, et les yeux de la femme, bien que plus verts, se parèrent d'une couleur chaleureusement noisette, qui lui vrilla le coeur, et le bas-ventre. Plantant presque ses doigts dans la peau tendre de la femme de petite vertu qui ne cessait de le pousser dans ses retranchements virils, il la colla contre lui, et lui murmura quelque chose qui la fit rire. Sans se faire prier, elle se détacha du corps râblé du Nain, et lui fit signe de le suivre. Ils montèrent à l'étage, et, pendant que la fille de joie l'accueillait entre ses cuisses avides, tandis qu'il déversait tout son malheur en des coups de reins sauvages, toutes ses pensées ne se tournaient que vers une seule personne ... qu'une seule. Il laissa la catin, repue, un étrange sourire accroché aux lèvres. Il balança négligemment quelques pièces d'argent, et vu son air ravi, il devait être généreux. Un bref instant il eut cette pauvre créature en pitié, mais il se ressaisit bien vite, trop heureux d'avoir ce genre de possibilité afin de ne pas sombrer dans une insondable folie. Il se rafraichit, rajusta ses habits, puis descendit au rez-de-chaussée, qui s'était replie en l'espace d'une demi-heure. Comme prévu, les malandrins étaient encore là, et il s'avança vers eux, prenant bien soin de découvrir le fil de sa hache qui ne quittait jamais sa ceinture, en guise d'avertissement. Les hommes le toisèrent un instant, puis Skalladrin s'exclama d'une voix vive et entraînante, passant au-dessus de la pointe de crainte qui lui titillait les organes en cet instant.
« Messieurs ! J'ai un travail à proposer ! Risqué, mais qui vaut son pesant d'or ! Est-ce que ça intéresse quelqu'un ? »
Il n'eut en réponse que de larges sourires, édentés pour certains, et il sut qu'il avait poussé la bonne porte.
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« Alors ?! Par quoi commençons-nous ?! » la voix claire et entraînante de Faramir résonna dans la vaste salle d'étude, où le jour perçait les fenêtre avec abondance. Exposée plein Sud-Est, le matin était propice aux exercices littéraires. Ils étaient dans un bâtiment jouxtant le palais, l'aile des scribes, médecins, et de tous les érudits que Minas Tirith pouvaient compter. Bien évidemment il lui fallut une patience quasi angélique pour passer outre les oeillades à la fois intriguées et moqueuses que lui lançaient tous ces hommes SI respectables. Ils s'étaient installés dans un des bureaux normalement réservés aux scribes. Il y en avait au moins une dizaine. Alexandra était sur la réserve, car bien qu'ils aient échangé quelques mots, et mis à part ce qu'elle savait de part Legolas, Eowyn ou même Gimli, elle ne connaissait que peu l'Intendant du Gondor. Il lui avait donné une très bonne impression dès le premier jour. Il était réservé, mais d'une finesse et d'une sage intelligence. Souvent par ailleurs, il avait plus ou moins pris sa défense face au Roi Eomer. Elle voyait dans son regard, qu'elle l'intéressait, voir, le fascinait. Ô pas en tant que femme, mais sa présence, sa provenance, ce qu'elle était, tout émoustillait l'intellect du Gondorien. Dès le début il avait vu en elle, des perspectives d'avenir qui ne lui avaient jamais effleuré l'esprit jusqu'alors. Par ailleurs, cette avidité aussi, il fallait qu'elle s'en méfie. Tant de grands hommes avaient fait de terribles erreurs, pensant bien faire. Emportés par leur engouement et leurs flammes, ils avaient pris des décisions trop hâtives, qui furent catastrophiques. Les yeux gris de Faramir étaient aussi souriant que ses lèvres, et elle ne put s'empêcher de répondre par la même et agréable démonstration. Ils ne s'étaient pas encore assis. Ils se faisaient l'effet de deux fauves s'étudiant calmement, sans animosité. Essayant de percer l'autre à jour sans engager d'hostilités d'aucune sorte. Faramir avait de la présence. Une prestance due à son rang et à sa noble naissance. Mais au-delà de ça, il irradiait cette aura incroyable de certitude et d'aplomb, qui sied tant à ceux qui ont menés maints combats et dirigés les hommes à la guerre. « Eowyn a bien de la chance de s'être trouvée un homme de sa trempe, en cette société médiévale …. elle aurait été si malheureuse avec un autre … » pensa Alexandra sincèrement. « En plus il est bel homme le bougre ! Clair que ça aurait pu être pire ! » cette remarque la fit sourire un peu plus, et Faramir fronça légèrement les sourcils, perplexe.
« Qui y a-t-il ?
- Ho rien … je me disais que Dame Eowyn avait de la chance de s'être trouvée un homme d'honneur tel que vous. Qui plus est, pas des plus désagréable à regarder ! » Lança-t-elle nonchalante, une lueur mutine et carnassière dans le regard.
Elle le testait, il le savait. Il se doutait que cela se passerait ainsi, ce qui était totalement légitime venant d'elle. Après tout, ce qu'elle allait lui révéler, ne devait pas tomber dans l'oreille d'un idiot de bas étage.
« Vous répondez toujours avec autant de franchise et d'assurance ?
- Si la personne en face de moi le mérite, ou est à même d'en entendre la véracité sans en prendre ombrage, oui ! Certainement ! Renchérit-elle, ne pouvant s'empêcher de trouver adorable le soupçon de gêne qui traversa son regard clair un bref instant.
- L'on m'a dit que vous aviez l'esprit frondeur et retord. Et mes maigres entrevues avec vous, ou le témoignage discret de ma présence aux repas, m'ont donné le ton dès le début. Je me souviendrai toute ma vie, il me semble, de la déculottée verbale que le Roi Eomer a prise le premier jour de votre rencontre. Le Roi Aragorn, la Reine Arwen, et le Prince Legolas m'avaient quelque peu avertis, mais je dois avoué, que cet instant fut des plus divertissant, et qu'il a suscité grandement mon intérêt vous concernant. Le premier jour du Haut Conseil plus encore … Je ne perds également, jamais à l'esprit, qui vous a ramené de ses forêts. Le plus secret et le plus sauvage des Seigneurs Elfiques peuplant Arda. Rien que cela, a de quoi nourrir l'imaginaire, Dame Alexandra …. je peux vous l'assurer., peu d'humains sont revenus sains et saufs de ses contrées. Alors imaginez … une humaine dont il fait escorte, ainsi que le Seigneur Legolas, il y a de quoi réfléchir ... »
Le ton légèrement badin qu'il avait employé au début s'était modulé en quelque chose de plus profond et sérieux. Lui aussi était en train de donner la mesure.
Respectivement de part et d'autre de l'immense bureau en chêne qui portait les stigmates d'innombrables plumes plus ou moins soigneuses, ils se toisèrent un instant en silence. Alexandra dévia le regard en premier, en ayant un sourire en coin parfaitement dosé. Faisant exprès de parler sans le regarder directement, elle porta ses yeux vers le paysage qui filtrait à travers les fenêtres.
« Tout comme l'on m'avait parlé de votre finesse d'esprit, votre intelligence, et votre courage, Intendant. Et bien que je loue grandement d'être tombée sur quelqu'un comme vous, ne vous avisez jamais de vouloir savoir au-delà de ce que je voudrai bien vous donner. Elle braqua un regard implacable sur lui, ce qui le déstabilisa un infime instant. Je suis un soldat avant tout, cela ne le perdait jamais de vue. Bien qu'étant une femme, j'ai été aux combats, j'ai défendu des causes, et je me suis faite caméléon pour survivre. A cela, ajoutez que je ne trahi pas, et que je ne donne pas plus d'informations que nécessaire. Ce qui suivra dans nos échanges, restera dans un cadre précis. Malgré votre ouverture d'esprit, je sais que vous ne voyez en moi qu'une femme. Prête à vous parler bambins, coutures, amours et coeurs brisés, désespérant de voir arriver l'homme qui me délivrera de ma solitude …. blablabla … je vous passe le long discours concernant tout ceci. Je suis une femme certes, mais ce n'est pas parce que mes organes génitaux sont à l'intérieur de mon corps, que mon cerveau s'en retrouve handicapé, et mon esprit embrumé. A présent …. commençons. Je ne sais pas quoi vous dire en premier, donc je vous laisse le choix des questions …..
- Et comment pourrais-je sereinement les poser si vous ne voulez pas tout dévoiler ? Qui me dit que vous répondrez honnêtement et avec franchise ? Demanda Faramir suspicieux, aiguisant son regard comme voulant percer ses défenses.
- Hoo de cela ne vous inquiétez pas Intendant Faramir … la franchise est ma bannière, et je pourrais vous répondre honnêtement, même si je garde pour moi certains secrets.
- En ce cas, très bien, commençons par une chose simple. Comment êtes-vous arrivée ici ?
- Cela je l'ignore, je sais juste que certaines magies sont apparemment à l'oeuvre dans votre monde. Tout ce que je sais, c'est que là d'où je viens, je suis morte … tuée par le même type d'arme que je vous ai montré au conseil. Le Roi Thranduil m'a sauvée, et menée ici ».
Elle vit à ses lèvres frémissantes qu'il voulait en savoir plus. Ces questions indiscrètes qui les taraudaient tous. Pourquoi maintenant ? Pourquoi une année c'était-elle écoulée depuis sa venue, sans que personne ne le sache ? Quelle était la nature de ses rapports avec le Roi Thranduil ? Tous, sans exception, se questionnaient à ces sujets. Bien évidemment, elle n'allait pas crier à tout va sa séquestration, sa relation houleuse et passionnelle avec Thranduil, et si possible, sa vie antérieure sur Arda. Bien que cette dernière soit à présent un secret de polichinelle, elle le savait. Puis, lui si raide, les mains dans le dos, se détendit quelque peu, et son visage se fendit d'un sourire satisfait. Secouant légèrement la tête, il déclara avec bonne humeur :
« Je pense que je vais apprendre de vous, c'est un fait ! Prenons place Alexandra, les discussions vont être longues, et nous avons nombre de choses à noter ».
Il alla à une immense armoire à l'aspect massif et sombre, puis ouvrant portes et tiroirs, il sortit le nécessaire à l'écriture. Quand il posa le tout sur la table, Alexandra s'exclama avec humour « Haaa je sens que je vais regretter les tablettes et les ordis. Même ces fichus cahiers et stylos billes ! ». Quand elle vit l'air totalement perdu de Faramir qui ne comprenait pas un mot de ce qu'elle disait, elle partit dans un franc petit rire, qui finit de détendre l'atmosphère.
Assidus et concentrés, ils notèrent les points les plus importants, ou du moins, ceux qu'elle voulait traiter en premier. En tête de proue, les sujets attenant à la démographie, l'industrie, le capitalisme effréné, et, chose cruciale, la Nature. Arda était encore à l'époque où l'Homme et cette dernière vivait en harmonie. Les elfes restaient garant de la santé des forêts, et cela ne devait pas changer. D'où le fait primordial qu'ils devaient ne pas fuir cette terre.
« Contrôle des naissances ? Industrie ? Capitalisme ? Que voulez-vous dire ? Releva Faramir qui lisait un brouillon où elle avait jeté ses idées en vrac.
- Tout est lié Seigneur Faramir, répondit-elle en levant les yeux du parchemin sur lequel elle écrivait. Avec un air critique elle jugea ses doigts plein d'encre, et de tâches malhabiles qu'elle avait étalé partout. Soupirant, elle se dit qu'elle n'était pas des plus douée pour écrire avec ces trucs d'un autre âge. Puis elle reprit, je vous l'ai expliqué, dans mon monde, l'expansion démographique et industrielle ont fini par tuer ma planète. A l'heure actuelle, la seule chose qui pourrait la sauver, et l'extinction massive de la race humaine, déclara-t-elle sans un soupçon de remords ou de regret. Faramir en frissonna, car comment pouvait-on à se point espérer la disparition des siens? C'est simple, je vais vous donner un exemple concret, vous avez bien des rats ici non ?
- Ho oui! Et ils ne cessent de pulluler depuis la guerre, soupira Faramir, de telle sorte que ce problème l'agaçait prodigieusement apparemment.
- Bien, et que font-ils ? Ils s'attaquent aux récoltent, envahissent les lieux, propagent des maladies, et rien ne les préoccupe, si ce n'est la pérennité de leur espèce. Cette espèce est stupide, car elle a un instinct de survie sur le long terme, aussi dépourvu de sens que celui des criquets. Les rats, tout comme les hommes, s'implantent, et dévastent tout, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à tirer de là où ils sont. Et que font-ils pour palier à cela ?
- Ils migrent ?
- Le plus logique serait de faire cela, mais comment peut-on migrer quand tout l'espace vierge et libre, est colonisé ? On ne peut pas …. alors on creuse, on cultive, on abat, on défriche, et qu'importe les conséquences. En faisant ainsi on détruit la faune et la flore, et on donne accès aux inondations qui deviennent mortelles, et qui décapent les sols, laissant une terre stérile après leur passage. Tout est lié Seigneur Faramir …. »
En parlant elle avait fait un croquis d'une boucle, comme une chaîne alimentaire rudimentaire, mais englobant toute la nature, avec l'Homme au milieu. A côté, elle avait fait le même dessin mais avec l'Homme autours de la Nature. Ce dernier croquis avait quelque chose d'oppressant, même pour Faramir. Son esprit vif ne fut pas long à comprendre les dangers inhérents aux développements anarchiques et sauvages. Puis elle lui expliqua ce que ces dessins voulaient vraiment dire. Le problème c'est que l'esprit d'Alexandra allait bien trop vite. Avec toutes ses connaissances, elle avait tendance à débiter un taux d'informations à la minute impressionnant, et malgré elle, elle satura bien vite l'esprit de Faramir, même appliqué. Il soupira, et un sourire naquit sur ses lèvres pleines. Elle lui faisait penser à une abeille, parlant, bougeant vivement, active au point d'en devenir impossible à suivre. Il leva une main avant de partir dans un franc rire affectueux, et il avoua:
« Dame Alexandra, vous allez trop vite pour moi. Je comprends, mais vous avez une telle longueur d'avance sur ce que je peux concevoir, que vous me perdez en chemin …. certains mots et notions me sont étrangers …. »
Elle se tut. Réalisant ce qu'elle faisait. Justement ce qu'elle ne voulait pas faire. « Manquerait plus qu'il te prenne pour une hystérique bardée d'hormones, et tous tes efforts tomberaient à l'eau ! Ressaisis-toi ! » s'admonesta-t-elle en pestant intérieurement.
« Bref .. les rats prolifèrent jusqu'au point de non retour …. jusqu'à ce qu'ils soient obligés de s'entredévorer pour survivre …. » finit par conclure Alexandra plus sombrement.
Clair, concis, et efficace. Faramir cessa de sourire, et une ombre grise voilà son regard clair. La main droite sur le menton, caressant sa lèvre inférieure de manière pensive, il exposa :
« Alors nous devons prendre les mesures avant que cela n'arrive ….
- Et c'est pour ça que je suis ici …. mais … tellement de choses assaillent mon esprit que je ne sais plus du tout comment m'y prendre …. admit-elle en se cachant le visage de ses mains maculées d'encre noire.
- Que diriez-vous de faire une explication pour chaque point ? Il me semble que ce qui a surgi en premier est le plus urgent, ou le plus important à vos yeux. De ce fait, je suis certain que c'est là-dessus qu'il faut se concentrer pour le moment. Au pire, nous allons marquer sur une autre liste plus ou moins exhaustive, tout ce qu'il vous passe par la tête pendant votre exposé » fit calmement l'Intendant en prenant de nouvelles pages vierges.
Elle écarta ses doigts pour dévoiler ses yeux, et le fixant dans cette position des plus coquasse, elle l'observa un instant. Indéniablement il était plus appliqué qu'elle en cet instant.
Ils n'avaient pas mangé, au dehors la lumière déclinait déjà. Tout à leurs discussions, ils n'avaient pas vu le temps passer. Cependant, ni l'un, ni l'autre, ne semblait vouloir sortir d'ici. Des serviteurs vinrent allumer les chandeliers muraux, et Faramir demanda à ce qu'on leur apporte de quoi se sustenter un peu.
« Commençons par la Démographie. Vous savez ce qu'il en est ….
- Oui. Je sais que les guerres amputent nombres de vies. Des plus jeunes aux plus vieux, des plus sains au plus mal portant. Et, pour être honnête, Seigneur Faramir, tout ce que nous allons écrire ici prendra réellement effet que dans des siècles …. devant l'air ébahi et perplexe de l'homme en face d'elle, elle continua avec un piteux sourire, je sais … c'est tôt … mais j'ai compris pourquoi l'on m'a conduite ici bien en avance sur ces temps … car il faut que ça rentre dans les moeurs. Que les gens l'acceptent comme une sorte de doctrine, ou de dogme, donnez le nom qu'il vous convient … et qu'il faut que cela ne quitte jamais leurs esprits. Pour cela que la présence des Nains et des Elfes est si importante, car ils vivent plus longtemps. Ils seront les garants de ces récits et écrits, qui disparaîtront peu à peu dans l'esprit des Hommes, et qui deviendront souvenirs, puis légende, oubliant de ce fait tous les dangers que ces oublis comportent. Jamais, et je dis bien JAMAIS, ils ne devront omettre tout ceci, Seigneur Faramir …. car le jour où ils oublieront … ce sera la fin de Tout … » sa voix mourut dans un murmure, et la tristesse qui inonda ses yeux bruns, ne laissait pas de doute possible sur ce qu'elle avait vu ou vécu. Ce flot de souvenirs vint la hanter à la faire frémir.
« Et après, des gens de biens donnent leur vie pour sauver, ou essayer de sauver, ce qui peut l'être … alors que même l'espoir est mort …. ma petite soeur y a laissé sa vie … et tant d'autres ... » la fatigue vint à la trahir, et des larmes amères vinrent tapisser ses cils.
Faramir fut touché par cet acte de faiblesse, qui n'en était pas un. C'était juste le témoignage à la fois perturbant et agréable, d'une confiance mutuelle qui était en train de prendre racines. Assis à la table à sa gauche, Faramir l'observa, et cet aveu le ramena à la disparition, bien trop précoce, de Boromir.
« Ce sont souvent les meilleurs qui partent les premiers, fit la voix grave et douce de l'Intendant. Mon frère a aussi donné sa vie pour notre cause. Il est mort en héros. Expirant afin de sauver plus faibles que lui …
- C'était un homme d'honneur en ce cas, dit Alexandra touchée par le partage qu'ils avaient en cet instant.
- Ô il avait ses défauts, mais oui, il était un de ces hommes. Brave, et grand par le respect qu'il vouait à ses soldats. Un capitaine digne, et un héritier des plus admirable ….
- Je gage que c'est de famille en ce cas ! » S'exclama Alexandra chaleureuse, et totalement sincère. Cet homme avait son respect depuis le début, et cela allait en grandissant. Faramir eut un sourire gêné à cette phrase, et cilla légèrement.
« Hey ! Ne pensez pas que je vous fasse du gringue hein ! Vous êtes marié je vous signale ! Et je suis pas prête à me laisser passer la bague au doigt, même si je soupçonne que vous en désespériez ! » lança Alexandra éhontément, une lueur moqueuse brasillant dans ses prunelles noisettes.
L'Intendant resta coi un instant devant sa répartie. Ne sachant si elle plaisantait ou non, puis le frémissement de ses lèvres avant son hilarité, le réconforta. Pour sûr, cette femme n'était pas commune. Elle bâilla un peu, et Faramir s'aperçut de la faible clarté qui baignait la pièce. La journée était passée, et ils ne l'avaient pas vu défiler. Se levant en faisant craquer sa chaise, mais aussi ses articulations en s'étirant, il proposa avec douceur :
« Et si nous en restions là pour aujourd'hui ? Minas Tirith ne s'est pas faite en un jour, et nous avons encore du temps devant nous pour mettre tout ça au clair. Nous avons déjà bien avancé aujourd'hui même si nous devons déblayer tout ce qui fourmille dans votre esprit si prolifique. Allons … Eowyn doit m'attendre !
- Oui, ne la laissons pas trop se languir ! » Concéda Alexandra avec un hochement de tête approbateur.
Ils se quittèrent sur le seuil de la pièce, et Alexandra retourna à ses appartements, seule. Elle trouva Aredhel sur le perron, et avec une mine radieuse, il lui demanda si elle voulait manger en sa compagnie. Ce qu'elle accepta. Voir autre chose que des parchemins, de l'encre, et cet Intendant; bien qu'agrèable à regarder; n'était pas de refus ! Elle remercia les dieux de luis avoir envoyé de si charmants compagnons pour son incursion en Terre du Milieu. Car oui, à bien y réfléchir, elle aurait quand même pu, bien plus mal tomber !
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Thranduil regardait la salle de guérison, pleine à craquer, qui s'étendait devant lui. Silpion et ses apprentis ne cessaient de courir d'un lit à l'autre. Depuis son arrivée, il n'avait pas eu une minute de repos. Et la seule qu'il avait pu voler au tumulte qui envahissait sa cité, il l'avait mise à profit pour écrire ces quelques mots à celle qui lui faisait défaut. Sa force de caractère, son humour, sa présence, tout d'elle, lui manquait. Elle aurait su faire front dignement, à ses côtés, alors que le monde du souverain semblait se disloquer sous un ras-de-marée des plus impromptu. Il aurait voulu se pincer l'arrête du nez dans une moue caractéristique, soupirer longuement pour extirper la lassitude qui lui bloquait la respiration, et les épaules, mais rien ne transpira de lui. Il resta droit, fier, semblant inébranlable. Comme il avait eu le don et l'art de le faire pendant des siècles. Se tailler dans un roc de granit où tous les aléas de l'existence viennent se fracasser dessus sans l'entailler. Seulement, l'arrivée d'une certaine humaine avait quelque peu bousculé cette apathie sécuritaire. Et là qu'il avait eu à nouveau le goût de la vie sur les lèvres, il avait du mal à recouvrir tout ce qu'il avait délaissé au fil des mois. Il se décida à enfin bouger, et s'aventura dans le dédale de lits et de couches posées à même le sol. Tous n'étaient pas gravement blessés, ou entre la vie et la mort, mais son grand guérisseur ne pouvait être partout à la fois. Rassembler les souffrants au même endroit, était en ces temps obscurs, le plus simple et le plus sain qui soit. Le roi avait la tête soumise à des tas de questionnements stériles. Comment gérer tout ce monde ? Auraient-ils les ressources nécessaires pour alimenter tous ces elfes convenablement ? Les fief à l'abandon et mis à sac, que pourront-ils espérer des prochaines récoltes ? Tout cela le minait. Il avait tellement de craintes concernant les siens. Toute sa volonté et sa force ne se dirigeaient que dans ce sens, tout faire pour ceux qui depuis des siècles, lui avaient prêté allégeance. Cependant, la vile épine qui lui torturait le coeur, prenait les traits d'une humaine, elle aussi en danger. L'insécurité la concernant, n'avait pas déserté son esprit. Elle croissait même de jour en jour, comme une gangrène grignotant la modeste quiétude qu'il réussissait à grappiller ci et là. Il s'approcha de Silpion, et l'elfe aux cheveux blancs l'accueillit avec un sourire épuisé. Même la brillance de ses iris gris, s'était ternie. L'accablement était palpable à travers tous ses gestes, et la douleur que Thranduil put lire en lui, le retourna. Il n'aimait pas voir les siens souffrir. Il ne l'acceptait simplement pas ! Ils étaient les héritiers des Eldar ! Des Premiers Nés ! Toutes ces peines devraient leur être inconnues ! Parfois il en était venu à même maudire le Père de Toutes Choses, pour ces épreuves incessantes. Ils n'étaient pas des Hommes, pourquoi devaient-ils partager ces tourments, que seuls les mortels devraient connaître ? « Parce que c'est ce qui nous permet de savoir que l'on est en vie …. » la voix d'Alexandra résonna dans sa tête, comme si elle lui avait susurré ces quelques mots. Car c'est sûrement ce qu'elle lui aurait répondu. Et aurait-elle seulement tort ? Cependant, Thranduil ne pourrait jamais se détacher de ce qu'il était, de l'orgueil qui faisait l'essence même de son peuple.
« Où en sommes nous ? Demanda la voix grave et posée du monarque, à son ami et guérisseur.
- Nous avons réussi à palier au plus urgent. Heureusement, nous comptons que très peu de pertes. Celles que nous avons réellement subies, sont restée sur place …. leurs corps seront dévorés par les loups et autres charognards, avant que nous ayons le temps de faire quoi que ce soit … émit Silpion d'une voix douloureuse, essayant de ne pas imaginer la scène. Peine perdue.
- Tu n'as rien à te reprocher, fit Thranduil sincère, posant une main à la fois ferme et chaleureuse sur l'épaule du médecin. Il faut évacuer les blessés légers à présent. Nous ne pouvons les laisser s'entasser ici, la plupart d'entre eux te demanderont de l'aide pour pas grand chose, et te feront perdre un temps et une énergie précieux. Je vais demander un effort aux habitants de la cité … de toutes façons …. tellement sont déjà partis pour Valinor, que la place ne devrait pas manquer ... ».
Silpion nota l'amertume qui perça le timbre de son souverain. Il savait tout ce qui pouvait torturer son Haut-Roi, il faisait partie de son cercle proche. Soudain, les yeux gris de Silpion glissèrent vers le fond de la salle, et il se redressa. Thranduil, averti par sa réaction mais aussi par les mouvements qu'il perçut derrière lui, se retourna vivement. Gloredhel entrait dans la salle, son armure d'habitude étincelante, maculée du sang noir des orcs. Haldir sur les talons. Une profonde lassitude creusait leur traits, et l'état pitoyable dans lequel ils se présentaient, prouvait leurs incessants combats. Leurs cheveux de soie étaient agglutinés à leurs tresses par les restes de sang coagulé. Gloredhel s'inclina devant son cousin, et déclara d'une voix néanmoins ferme vu leur état d'épuisement :
« Nous avons repoussé les assauts jusqu'aux frontières Seigneur. Cependant, leurs manoeuvres m'inquiètent, l'on dirait qu'ils cherchent sciemment à nous regrouper ».
Thranduil tiqua à cette réflexion. Il avait une totale confiance en Aredhel et son cousin pour tout ce qui était attenant aux tactiques militaires. Drambor manquait aussi cruellement, car tous avait un esprit d'analyse différent. Thranduil posa ses yeux froids sur Haldir, et fit en inclinant la tête en guise de salut :
« Seigneur Haldir, je suis surpris de vous voir en ces lieux ? Ne devriez-vous pas être aux côtés de Dame Galadriel ?
- Si, mais elle m'envoie vous faire part d'un message des plus urgent. Elle quitte la Lothlórien ..
- Comment ? S'exclama Thranduil réellement choqué par cette annonce ».
« Elle fuit ! Là que les dangers menacent à nouveaux nos bois, elle décide de fuir ?! Notre peuple n'est vraiment plus que l'ombre de lui-même!» grogna l'esprit de Thranduil, une colère froide coulant en lui comme un subtil poison. Haldir dut lire sa contrariété, car il ajouta assez vivement :
« Elle pense comme le Seigneur Gloredhel, les orcs et les gobelins nous poussent dans nos retranchements, sciemment. Ce qui serait un véritable coup de maître si ils arrivaient à nous parquer comme des animaux qu'on envoie à l'abattoir ! Saignant de ce fait, un très grand nombre d'elfes sans effort. Nous avons eu tellement de pertes durant la guerre ! Tellement sont partis ! Que nous ne ferons pas le poids face à eux cette fois-ci ! »
La voix d'Haldir s'était élevée dans la salle, et tous le regardaient à présent, une lueur de panique animant leurs prunelles. Un mouvement de panique général n'était certes pas souhaitable. Thranduil posa un regard glacial et dur sur le prince de la Lórien, lui faisant comprendre en silence l'erreur qu'il venait de commettre. L'ellon se raidit de suite, conscient de son manque de tact.
« Elle part vers les Havres Gris. Le Seigneur Círdan accueille tous les nôtres là-bas. Il est certain que les attaques n'iront pas si loin à l'Ouest. Leurs actions se concentrent sur nos royaumes et ceux du Gondor et du Rohan. Nous trouverons refuge et sécurité auprès des Falathrim, nous ne pouvons refuser …. continua Haldir réaliste ».
Le roi et le prince se toisèrent quelques secondes, ignorant les paires d'yeux indiscrètes et inquiètes qui ne cessaient de les étudier. « Je sais que cette solution est sage est avisée, mais je ne peux baisser les bras si aisément ! Sommes-nous devenus si peu courageux ? Tremblotants comme des vieilles femmes devant le danger ? Non ! Et puis ….. ». Le blizzard de son regard glaça un instant les ardeurs du Galadhrim, puis, Thranduil finit par capituler, bien conscient des dangers qu'encouraient ses gens.
« Soit …. si la Dame le veut ainsi, c'est qu'elle doit voir des choses que j'ignore. Ainsi, Gloredhel, je te charge de mener à bien cette entreprise. Je t'octroie les pleins pouvoirs durant mon absence …
- Cousin ? Fit l'elfe aux cheveux dorés. Presque totalement sombre sous le sang séché.
- Voyagez de jour, uniquement de jour. Prenez ce qu'il faut, et partez vers les Havres. Nous nous tiendrons informés grâce à nos oiseaux.
- Et vous Roi Thranduil ? Qu'allez-vous faire ? Questionna Haldir anxieux.
- Moi ? Je vais suivre la voie que le Destin m'a tracé. Trop longtemps je l'ai fui, trop longtemps je me suis éloigné de lui, il est temps de réparer mes erreurs, et de tenir mes promesses. De plus, jamais je ne capitulerai aussi facilement, face à ces hordes de bêtes sans âme ! Je me battrai jusqu'au bout ! Répondit Thranduil avec vigueur, une incandescence toute royale flamboyant dans ses iris pales. Ce qui imprima un frisson de profond respect à tous les elfes présents. Haldir et Gloredhel hochèrent gravement la tête, conscients que le souverain jouait son devenir en ces terres, en ces instants mêmes. Dès que ma cité sera vide, je repartirai à Minas Tirith, de grandes choses sont à l'oeuvre là-bas, et nous aurons sûrement, encore un rôle à jouer dans le devenir d'Arda …. » finit-il par dire énigmatiquement, un fin sourire étirant ses lèvres, tandis que l'image d'Alexandra revenait le hanter.
Voyant qu'ils n'avaient pour le moment plus grand chose à se dire, Gloredhel et Haldir le saluèrent pour prendre congés. Tandis qu'ils tournaient les talons, Thranduil demanda soudain :
« Comment se portent Aerlinn et Gladhwen ?
- Aerlinn va au mieux, Seigneur. Elle est très impliquée dans tous les préparatifs, et a une place de choix chez les suivantes de Dame Galadriel. Cette dernière l'a d'ailleurs en grande affection. Quant à la petite …. Haldir fit une pause pleine d'hésitations. Elle se meurt. La lumière des Eldar la quitte peu à peu, et son essence quitte son corps sans explication logique. Dame Galadriel pense que l'éloigner des forêts pourra soulager ses maux ….
- Oui, c'est possible … murmura presque Thranduil, affecté par cette nouvelle. Faites leur part de mon affection, et de mes pensées pour elles, Seigneur Haldir.
- Je n'y manquerai pas Roi Thranduil. A présent, je m'en retourne en Lothlórien. Nous attendrons vos gens avant de quitter le couvert de nos forêts ... » exposa alors Haldir, la mort dans l'âme.
Il n'était jamais facile, ou évident pour un elfe, de quitter les bois. Ceux qui faisaient l'essence même de leur être. Abandonner ainsi leur demeure, les ramenait aux douloureux souvenirs de l'exil qui les avait tant éprouvé. Mais qui pourrait sereinement quitter son lieu de vie sans en être, un tant soit peu, affecté ? Thranduil les regarda s'éloigner, un goût de cendres dans la bouche, et un sentiment de défaite accroché au coeur. Tandis que le mouvement de masse se préparait, il alla se reclure dans ses appartements, s'accordant un peu de repos avant les déchirants adieux. Car qui savait quand il reverrait son peuple ? Et dans quel état ? Se dirigeant d'un pas lourd vers sa desserte, il se servit un verre de vin du Dorwinion, puis après l'avoir avalé d'une façon trop rapide à son goût, il grimaça et chercha quelque chose du regard. Quand il trouva l'objet de sa convoitise, ses yeux eurent un éclat satisfait. Tendant le bras vers la bouteille recherchée, il empoigna le verre translucide. Au travers il pouvait voir le liquide rouge profond, presque noir, onduler gracieusement. C'était le fameux breuvage qu'il avait donné à Alexandra, lors de cette entrevue où son esprit, agissant sous la drogue, s'était un peu ouvert à lui. Le liquide n'agirait pas avec autant de force qu'il l'avait fait sur l'humaine, mais, il serait assez puissant pour lui donner ce qu'il quémandait tant …. la paix de l'esprit. Il se rappela avec une certaine émotion, cette soirée fatidique, rêvassant tandis que la coupe se remplissait. « Alexandra … » quoi qu'il fasse, elle était toujours là. Une éminence grise qui ne le quittait plus. Son seul souvenir arrivait à réchauffer son âme transie. Il s'affala sur un de ses grands fauteuils, l'air absent, les iris braqués sur le feu qui crépitait dans l'âtre vaillamment. Les mouvements lascifs des flammes ondulant dans la bouche de pierre, prirent les formes et les mouvements de la femme qui ne quittait plus ses songes. Le vin aux parfums des plantes aux actifs stupéfiants; qu'ils mélangeaient dedans; traça une ligne tiède, imprimant une légère morsure à la fois brulante et glacée. Il ne fallut que quelques secondes avant qu'il donne l'effet escompté. Une torpeur proche d'une liquoreuse agonie des sens, les fourmillements exquis envahissant ses membres, lui imposant le lâcher-prise dont il avait terriblement besoin. Appuyant sa tête sur le dossier rembourré, il se laissa dériver peu à peu. La laisser seule là-bas; lui causait un tourment intolérable. Il craignait tant pour sa sécurité. Certes elle était au château du Roi Elssar, certes elle était entouré des êtres en qui il pouvait avoir le plus confiance, mais tous ces éléments n'étaient-ils pas présent le soir de cette tentative d'assassinat ? Et cette marque sur le bras de cet homme, quelle était-elle ? Il nota qu'elle ne leur avait encore rien dévoilé là-dessus. Sciemment, il en était certain. Il la connaissait trop pour qualifier ça « d'oubli ». La désagréable oppression qui le mâcher depuis des jours et des jours, devenait de plus en plus ingérable. Son fils était plus prompt que lui à discerner ce genre de message, sa jeunesse aiguisant sa perception. Thranduil était resté trop longtemps à l'écart de tout et de tous dans sa cité excavée, et de ce fait, avait émoussé de lui-même, certaines capacités propres à ses ascendants. Dont une certaine clairvoyance, qui lui faisait actuellement défaut. Elle le chatouillait bassement, lui murmurant des choses qu'il n'arrivait pas à déchiffrer. Regardant le liquide aux éclats rouges danser dans le fond de son verre, tandis qu'il donnait un gracieux mouvement de moulinet tout en réfléchissant, il la revit, dansant dans cette robe rouge. Magnifique, vivante, tentatrice. Alors que les voilages pourpres s'ouvraient comme la corolle d'une fleur s'épanouissant. Charmant, appelant malgré elle à ce qu'on vienne la cueillir. Humant les fragrances capiteuses du breuvage salutaire, il eut un sourire à la fois tendre et féroce, qui brisa son visage impassible. Jamais il n'aurait pu soupçonner désirer quelqu'un de la sorte un jour. Jamais il n'aurait pu ne serait-ce que supposer qu'une telle attraction puisse à ce point lui faire perdre la raison. Et même lui faire mal. Jamais ? Non, il le savait. Idhril l'avait eu sur lui. Ce pouvoir inimaginable et bien trop puissant, pour que ce jeune prince vaniteux et tremblant qu'il était à l'époque, puisse l'appréhender à sa juste valeur. Se pouvait-il qu'Eru se soit trompé, et les aient fait se rencontrer bien trop tôt ? Et que, sa réincarnation et son incursion dans sa vie de maintenant, soit une façon particulière de demander pardon ? Le roi eut un rictus proprement moqueur à cette idée. Non, les dieux ne demandaient jamais pardon. Ils agissaient comme bon leur semblait, et surtout, comme ça leur convenait. Alexandra, tout comme lui-même, n'étaient que des pions sur un échiquier bien plus vaste, à peine compréhensible pour eux, pour lui …. tout immortel soit-il. Il finit son verre lentement, se délectant de la bonté de cet opium liquide, qui coulait dans son sang à lui faire perdre la notion de tout ce qui faisait frissonner sa cité en cet instant. Il posa le verre vide sur une petite table à son côté, et étendant ses longues jambes tout en soupirant, il se cala confortablement, ne cessant de regarder le feu, comme si il allait lui donnait des réponses. La robe rouge repassa sur le fil de sa conscience, puis le banquet et les remarques de Thorin. « Par les Valar ! Mais bien sûr ! » hurla son esprit embrumé. « Comment n'ai-je pas été plus prompt à comprendre ! Ce Nain ! Ce Nain est la cause de mes angoisses ! Car j'ai vu dans son satané regard, la flamme dévoyée que j'ai déjà constaté chez les siens ! Et le trésor qu'il convoite n'est pas d'or et de pierres précieuses, mais bien de chairs ! » Il voulut se lever, mais la liqueur faisait complètement son office, le clouant aux coussins comme si il était aspiré par eux. Cependant, il se calma vite, une certaine lucidité apaisant ses ombres. « Legolas, Aredhel, et même Brilthor, ne permettront jamais que quelque chose lui arrive. Ils tueront sans hésiter pour lui sauver la vie. Que ce soit roturier ou roi …. non … je dois d'abord mener à bien mon devoir ici, après je retournerai auprès d'elle. La sécurité de mes gens est primordiale en ces temps d'affrontements …. ». Ses muscles se décrispèrent, et il réussit à revenir à son état quasi comateux. Joignant les mains pour les croiser sur son buste, il se remémora les moments intimes, où son humaine et lui, entrelaçaient leurs doigts dans une caresse tendre. Puis, ses souvenirs se firent plus mutins. Il se revit, embrassant la peau fine de sa gorge, caressant le galbe de ses seins, la rondeur de ses hanches. « Par Varda … cette femme va me faire devenir fou ... » se dit-il quelque peu amusé par cela. Il arriva à quérir un peu de repos, et chacun de ses songes, prenaient les contours éthérés de son amante. Quand il la retrouverait, il fêterait cela dignement, et, une idée farfelue lui traversa l'esprit.
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Les ombres dansaient sur les murs blancs, léchant les dalles claires comme des démons affamés. Tout était calme. Teintés de ces silences qui soudoient la mort. Le vent glacial de cette nuit de printemps brumeuse, s'infiltrait par tous les interstices, entonnant un chant lugubre. Les gardes frissonnaient dans leur armure, n'émettant aucune plainte, bien que leurs membres engourdis réclamaient cruellement un feu douillet et bienfaiteur. Les rondes étaient faites toutes les trois heures. Le Roi Elessar était à l'écoute de ses hommes. Le capitaine Darren lui avait fait part des bienfaits à faire ainsi tourner les gardes. Ils étaient plus vifs et disposés à réagir en bonne santé, et moins fatigués. Surtout l'hiver, ou les nuit glaçante comme celle qui se tenait en ces heures noires. Les soldats, plus ou moins éveillés, exécutaient toujours le même ballet, au pas près. Le bruit des plaques, des épées, des cottes de mailles, donnaient un ballet de sons perpétuel. Plus personne n'y faisait attention à force. La tour du conseil avait en tout et pour tout, quatre soldats assignés à sa garde. Ne revêtant pas une importance capitale, ou politique, elle était à l'instar d'autres annexes, surveillée au minimum. Le gros de la garde se postant au château, les habitations, la caserne, l'armurerie, et même les écuries. Car un incendie en ces lieux feraient de cruels ravages. En ces calmes, sortant de la guerre, les esprits étaient moins en alerte, et qui pouvaient leur en vouloir à ces gens ? Après les horreurs qu'ils avaient traversé. Des ombres dans les ombres, que cela pouvait-il bien faire ? Il y avait toujours des mendiants qui gravissaient les marches pour demander audience, même aux heures les plus tardives. On les repoussait avec gentillesse et fermeté, les reconduisant au bas de la ville. Personne n'aurait pu prédire en voyant ce groupe de quatre individus, qu'il pourrait représenter une quelconque menace. Leurs haillons prouvaient leur place dans la société. Pas d'épée en vue, pas d'armure. Qui aurait pu présager de ce qui allait suivre ? Cependant, Darren qui supervisait la relève des gardes royaux, se figea dans les jardins, quand il vit ces gens se diriger vers la grande tour. Son oeil valide voyait très bien dans la nuit. Un de ses petits secrets qui lui avait valu bien des victoires. Avant qu'il ne puisse hurler des ordres, les quatre silhouettes encapuchonnées fondirent sur les deux gardes d'en bas, et des cris étouffés parvinrent à son ouïe surdéveloppée. Croyant être passé inaperçus, les quatre malandrins sursautèrent quand le voix puissante de Darren hurla à plein poumons « Alerte intrusion ! ». A peine eut-il dit cela qu'une cloche retentit au sommet du toit de la caserne, et les quatre intrus, hésitant à l'entrée des grands escaliers finirent par s'engouffrer dans le large couloir, faisant fi du danger.
Alexandra qui étudiait encore à la lueur des bougies, sursauta à l'entente de la voix de Darren et du son de la cloche. A peine vit-elle l'ombre du capitaine courir vers la grande tour, qu'elle comprit. Un frisson lui parcourut l'échine quand elle réalisa de quoi il en retournait. Sans réfléchir, elle prit son épée, et se rua à l'extérieur à la grande surprise de Brilthor. L'elfe n'eut même pas le temps de lui demander ce qu'il se passait qu'elle avait déjà disparue dans les couloirs. Le capitaine de Thranduil alla avertir Legolas, puis Aredhel. Mais tous, même ceux déjà plongés dans le sommeil, furent alertés de ce qui se tramait, émergeant déjà sur le palier de leurs suites.
Alex courrait comme une dératée, à s'en faire brûler les poumons. Elle bouscula quelques curieux sans même s'excuser, faisant s'élever des exclamations indignées. « La Salle du Haut Conseil ! Non ! Hors de question qu'ils mettent la main sur ce que j'ai laissé là-bas ! » hurla son esprit en feu.
Arrivée dans les jardins, une dizaine d'hommes se massait déjà au pied de l'édifice, et les torches allumées dans le couloir en colimaçon, semblaient embraser la tour de l'intérieur. Des clameurs, des cris et des coups s'élevaient en écho dans le grand couloir. Elle joua des coudes en fonçant dans le tas. Elle entendit à peine la voix catastrophée de Legolas derrière elle, la sommant de s'arrêter. Mais peine perdue, elle défendrait bec et ongles ce qui devait rester secret. Bien moins vêtue que les soldats, elle monta plus rapidement les marches, sous les regards à la fois curieux et effarés des hommes. Arrivée en haut, essoufflée au point d'en ressentir un goût métallique dans la bouche, elle dégaina son épée, et vint en renfort au capitaine qui se défendait déjà avec l'ardeur d'un lion. Les deux gardes de la porte baignaient déjà dans leur sang, encadrant un des quatre voleur qui essayait à tout prix de forcer la serrure. Alexandra entendit le mécanisme céder dans un « crac » sinistre, et avant que l'intrus ne pénètre dans la pièce, elle se jeta en avant. Darren tenait en respect les trois autres qui le bloquaient sur les marches avec leur lames; si courtes furent-elles. L'un d'eux essaya de la saisir au passage, mais elle s'arracha comme une forcenée à son étreinte malhabile. La rumeur des fantassins grimpant péniblement l'escalier, se rapprochait inexorablement. Au devant de la masse, les elfes avaient pris la tête, et vinrent en soutien au capitaine qui venait de pourfendre de sa lame un de ses assaillants. L'homme se vidait déjà de son sang dans des gargouillis ineptes.
« Attention Capitaine ! Nous ne devons pas tous les tuer ! Je compte bien en interroger un ou deux ! S'exclama Legolas dont les épées courtes finirent de décapiter l'un d'eux.
- Vous disiez ? » S'exclama Darren que la situation amusait presque, narguant le prince avec un large sourire goguenard.
Legolas pesta un peu face à son emportement, mais déjà il cherchait Alex du regard. Elle s'était lancée à la poursuite du dernier voleur. Celui-ci avait réussi à entrer, et déjà le bruit de deux lames qui s'entrechoquent, s'élevaient dans la salle. Faisant frissonner les trois elfes qui laissèrent le troisième malfrat au capitaine des Hommes. Ils ouvrirent en grand la porte lourde, et restèrent figés sur le seuil. Le voleur, sur de sa supériorité, déchanta vite quand Alexandra répondit avec ardeur à sa première estoque. Il était certain que les hommes d'ici, tenait une victoire comme acquise face au « sexe faible ». Il pensait peut-être que la donzelle se serait tapie dans un coin en hurlant de terreur, c'était mal connaître la donzelle en personne. Il jura comme un endiablé quand il s'aperçut que toutes les informations ne lui avaient pas été données convenablement. Les éclats des lames donnaient des éclairs blancs à la faible lueur de la lune et des flammes vacillantes du grand couloir. Alex se défendait au mieux, et Brilthor fut ravi de la voir s'en sortir aussi bien. Elle avait une rage au ventre qu'il lui avait rarement vu. Mais ce qu'elle défendait en ces instants, était bien plus important que sa propre vie. Le voleur sortit une dague de sa ceinture, et porta ses attaques de ses deux mains. Alexandra réussit à débarrasser son adversaire de son épée, mais fit chuter la sienne en même temps. Jurant entre ses dents, elle esquiva l'attaque qu'il lui porta, lame en avant. Elle entendit les cris des elfes à la porte. Aredhel s'avança et Legolas le retint :
« Non Seigneur Aredhel, au bon moment si besoin est. Autrement elle risque d'être blessée stupidement, et père nous en voudra à jamais ! Je suis certain que …. »
Mais il ne termina pas sa phrase, un sourire vainqueur déformant ses lèvres, tandis qu'Alexandra agrippait le poignet du voleur vivement. Le coup était trop lourd, trop lent, elle passa sous son avant-bras, et tournant le poignet qu'elle saisit entre ses doigts fermes, elle eut un sourire des plus mauvais quand elle entendit un os craquer. L'homme beugla un coup, puis essayant de se défaire de sa prise, il porta un coup de poing qu'elle reçut dans la taille. « Espèce de petit enfoiré va! » rugit-elle en portant un coup de coude dans le plexus de son assaillant. Lui coupant la respiration nette. Elle plaça sa jambe sur le côté tout en le faisant basculer. Il lâcha la dague qu'il tenait sous la pression que son propre poids exerçait sur ses articulations. Et il se retrouva sur le dos, ses dents s'entrechoquant si violemment au contact du sol, qu'il en saigna. Le bras à moitié brisé, le souffle coupé, il grimaça en geignant sur les dalles froides. Un cri retentit dans le couloir, le troisième venait de passer sous la lame de Brilthor, qui s'excusa que peu du préjudices. La dizaine de soldats qui avaient pris d'assaut la tour, se retrouvèrent médusés, quand Alexandra, échevelée, et à bout de souffle, sortit de la pièce. Exécutant une clé de bras des plus douloureuse au voleur qui ne se débattait même plus.
« Messieurs ….. en voilà un, qui a … il me semble ….. a beaucoup de choses à nous dire ... » réussit-elle à articuler péniblement.
Darren prit le relais, et avec un sourire sincère, il déclara:
« Et bien Dame Alexandra ! J'aimerai bien que vous m'appreniez quelques uns de vos mouvements ! Car ce gars est costaud ! Jamais je ne vous aurai donné gagnante contre lui !
- Comme quoi …. tout est possible …. » fit-elle en reprenant peu à peu son souffle.
Elle lorgna avec dégoût les cadavres qui jonchaient le sol, et maculaient d'hémoglobine les dalles claires. Puis ses yeux se posèrent sur ces pauvres gardes qui avaient donné leur vie. Malgré elle, elle chercha un pouls en appuyant ses doigts sur leur carotide. Le rictus moqueur que donna le voleur derrière elle eut le don de la mettre en rage. Elle s'approcha de lui, et sans avertir, lui décocha un coup de poing retentissant qui lui fit cracher le sang. Une exclamation à la fois surprise et choquée s'éleva dans les escaliers. Mais elle n'en avait cure. Quelques secondes après, Silfren, Skalladrin, Aragorn, Eomer et Faramir entraient en piste. Le Nain eut un éclat sauvage en voyant l'imbécile qui s'était fait attrapé.
« Espèce de fils de pute ! Je vais te les faire cracher tes sourires ! » S'écria Alexandra enragée, prête à lui décocher un autre coup. Aredhel la stoppa, et se plaquant contre elle tandis qu'elle forçait pour finir ce qu'elle avait commencé, il lui souffla à l'oreille « Tout doux Alexandra … tout doux …. pas ici. Pas comme ça. Vous venez de donner une sacré leçon à ces hommes, il faut faire profil bas à présent …. Cela va déjà faire beaucoup trop jaser. Pour votre sécurité, arrêtez, je vous en prie …. ». Résistant contre la colère qui faisait bouillir ses organes internes, elle donna un coup sec pour se libérer. Legolas lui fit un signe discret de la tête pour l'inviter à cesser toute hostilité. Jurant entre ses dents, elle tourna les talons, et dut faire preuve d'une patience angélique pour ne pas répondre quand le prisonnier cracha « Retourne à tes fourneaux ! ». Aredhel lui saisit le bras dans un geste gracieux, et l'emmenant avec lui, il l'écarta de l'homme, avant qu'une chose regrettable ne se produise. Elle se retrouva face au Rois Aragorn et Eomer, ainsi que le Seigneur Faramir et ses deux amis. Darren avait une prise de fer sur les membres du malheureux, et il ne lui aurait fallu qu'une infime pression de plus pour lui broyer les os. Legolas perçut ce détail, et aiguisa son regard. Le capitaine de la garde vit son petit manège, et lui adressa un sourire plein de sous-entendus.
« Que se passe-t-il ici ? » Demanda alors Aragorn, toute trace de bonté ayant déserté son visage.
Il vint vers le prisonnier, qui perdit son sourire moqueur en sa présence. Déglutissant avec effort, il détourna le regard face à celui du roi, et resta silencieux.
« Soit, si tu ne veux pas parler, je te réserve une place de choix dans mes geôles. Ainsi qu'un traitement de faveur que tu, j'en suis certain, apprécieras au plus haut point. S'introduire dans le palais, tenter d'y dérober quelque chose, et tuer pour cela, sont des actes répréhensibles, passibles de la peine de mort, tu le sais ? Non ? »
Un bref instant, Silfren vit les yeux de l'inconnu se poser sur Skalladrin, et il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre. Il retint sans respiration un court instant, faisant glisser son attention vers son ami de toujours, qui avait des pierres à la place des iris. Il le vit même enserrer dangereusement le manche de sa hache. A nouveau maîtresse d'elle-même, Alexandra se tourna, et déclara presque amusée :
« C'est pour le journal que vous veniez n'est-ce pas ? Lui, et tous les autres objets que j'ai laissé ici … »
Il braqua sur elle un air meurtrier qui ne l'émut même pas. Elle en avait vu d'autres. Elle porta sa main à son pourpoint, et sortit un livre de cuir rouge, qu'ils reconnurent tous. Le levant légèrement en le secouant, elle s'exclama, fielleuse « Parce que vous étiez assez cons pour croire que je le laisserai ici ? Imbéciles ! Toi, et celui qui t'a embauché pour ce sale travail, vous devriez vous renseigner un peu plus. Cela vous éviterait des erreurs aussi grossières ! ».
Tous la regardèrent, surpris. En effet, seul Thranduil savait ce qu'il en était. Tous deux avaient remplacé le vrai par un leurre. Mais les objets, telle que son arme, eux, étaient bien restés dans la grande salle. D'où le danger. L'homme eut une fois de plus, une fois de trop, un regard en direction de Skalladrin. Le nain crut qu'il allait l'occire sur-le-champ. De toute façon, il devait le tuer avant qu'il ne parle, d'une façon, ou d'une autre. Legolas loua la présence d'esprit de son amie. Comme tous par ailleurs. Même Eomer fut quelque peu ébahi par le subterfuge. Darren donna des ordres, et les hommes regagnèrent leur caserne dans une bruit lourd de plaques et de mailles. Emportant les corps des malheureux qui avaient donné leur vie en faisant leur devoir. Seules les tâches de sang noire témoignaient à présent de ce qu'il s'était passé. Aragorn et Faramir les regardèrent passer, un pincement certain dans le coeur. Jamais personne n'aurait pu penser, que des hommes viendraient encore à mourir en ces lieux, en temps de paix. Aredhel plissa les paupières quand il vit les mains d'Alexandra trembler. Le contre-coup. Elle capta son regard, et prit conscience de son état. Elle rangea le journal dans son pourpoint, et cala ses mains dans les poches. Elle ne devait pas faire montre de faiblesses. Surtout devant ses ennemis. Aragorn jaugea le voleur un instant, puis posant ses yeux gris sur Alexandra, il eut un sourire tiré et promit :
« Je vous fais le serment, Dame Alexandra, que nous saurons qui est derrière tout ceci. Je ne saurai permettre que l'on s'introduise aussi facilement en ma demeure. Et je ne pourrais accepter que l'on vous fasse du mal, alors que vous êtes sous ma protection. De plus, je ne saurai sereinement affronter le courroux du Seigneur Thrandui si tel était le cas ! »
Malgré son sourire, Alexandra savait à quel point cela pouvait être vrai. Aragorn fit un mouvement de tête au capitaine, qui, remontant le bras dans le dos de son prisonnier au point de lui faire mal à gémir, le fit avancer sans ménagement. Aragorn alla dans la salle du conseil, Faramir, Eomer, Legolas, Aredhel et Alexandra sur les talons. Silfren, Skalladrin, et Brilthor accompagnèrent alors Darren, redescendant calmement les escaliers. Aragorn prit les armes qui étaient toujours au sol. Posant les deux épées sur la table, à côté de la dague, il leva une regard vif vers Alexandra, et fit pensif, en laissant glisser un index sur le fil d'une des épées :
« Deux lames contre une, et vous avez réussi à vous défaire de son emprise. Un véritable exploit ….
- Rien d'exceptionnel, temporisa Alexandra en haussant les épaules. J'ai eu de bons maîtres d'armes.
- Les elfes ? Demanda soudain Eomer circonspect, qui ne cessait de la détailler de ses yeux clairs depuis de longue minute, posant sur elle une attention des plus pesante.
- Oui, entre autre. Ils sont mes mentors depuis un an. Elle coula un regard vers Legolas, et avoua, et deux d'entre eux faisaient partie des plus fines lames qui m'ait été permis de voir.
- Etaient ? Souligna Faramir.
- Oui …. Angrod …. je veux dire, le Capitaine Angrod, l'était …. Ils perçurent le léger tressautement dans sa voix. L'affection qui perça malgré elle. Puis se ressaisissant, car elle avait les nerfs à vif, elle continua, et Joshua, mon supérieur sur Terre, était un homme féru et très expérimenté au corps-à-corps. Ils nous a tout appris, à mes hommes et moi. Mais … elle fit une pause, et levant une attention presque incendiaire sur les souverains, elle rebiffa, serai-je sur les bancs des accusés pour être ainsi questionnée de la sorte ? »
Aredhel et Legolas se raidirent. Ils la connaissaient, quand elle prenait ce ton, cela présageait toujours des désagréments sans nom.
« Comprenez-moi Dame Alexandra, exposa calmement Aragorn. Cette histoire me dépasse sur bien des points. Je ne saurai dire, sereinement, qu'elle ne m'atteint pas. Vous venez en mon royaume, en notre monde, et tellement de choses accompagnent votre voyage, que nous sommes en droit d'en savoir plus ….
- Elle n'est coupable de rien, avança alors Legolas qui ne voulait pas, son père absent, qu'une pression toute politique s'abatte sur les épaules de son amie. Elle ne se doutait pas de la valeur réelle qu'elle avait pour tout ces dirigeants.
- Nous ne l'accusons de rien Prince Legolas, rassura Faramir serein. Nous voulons juste savoir exactement ce dont elle est capable. Plus elle dévoile qui elle est, plus elle attisera des convoitises. Les objets de son monde, et son savoir, ne pourront pas être mis sous cloche éternellement. Le fait que ce soit une femme guerrière, apportant dans ses bagages, de nouvelles façons de se battre, attisera la curiosité. Elle connait le combat à main nue, même face à un adversaire armé. Si elle était un homme nous trouverions ça normal, mais ce n'est nullement le cas. Elle démontre, sans vouloir vous offensez, fit faramir en la regardant, qu'un être faible peut se défaire d'un adversaire plus dangereux que lui de prime abord. Sans compter qu'elle connait les secrets des feux qui ravagent nos terres …. Bien que compréhensifs, nous ne sommes pas stupides. Nous ne pourrons la protéger convenablement, si nous ne savons pas jusqu'où ces gens seront capable d'aller, pour lui arracher ses secrets ».
Un silence accablant tomba sur la salle. L'odeur du sang embaumait l'air d'une effluve âcre, les grésillements des torches mourantes accompagnaient les courants d'air. Alexandra, peu vêtue en fait pour la froidure nocturne, frissonna. Elle aurait aimé que Thranduil soit là en cet instant. Là, il lui manquait cruellement. Elle se sentait trop à la merci de choses qu'elle ne contrôlait plus. Cependant, Legolas vint à son côté, Aredhel de l'autre. L'encadrant ainsi, ils prouvaient leur soutient indéfectible. Quoi qu'il se passe, elle avait le peuple elfique derrière elle. Cette pensée lui gonfla le coeur de joie.
« Nous serons son rempart en ce cas, jura Legolas d'une voix ferme et grave, qui s'imprima en elle comme la plus douce des promesses.
- Nous vous faisons le serment de la protéger au mieux. C'est notre peuple qui vous l'a imposé, notre peuple se fait un devoir, et un plaisir, de veiller à son intégrité, ajouta Aredhel avec la même droiture ».
« Il dégage un de ces trucs ! » pensa Alexandra en calant ses yeux sur le magnifique ellon androgyne « Pas besoin de savoir que c'est un mec en ce moment pour voir toute la virilité qu'il dégage. Putain … je suis quand même entourée de sacrés canons! ». Elle n'y pouvait rien, son humour douteux pointait toujours le bout de son nez durant les moments les plus graves ou catastrophiques. Cette boutade faillit la faire exploser de rire, mais elle se mordit la joue, ce n'était certes pas le moment de flancher. Aragorn allait ajouter quelque chose quand un boucan infernal s'éleva du couloir. Des cris s'élevèrent, et tous sur ruèrent dans l'escalier en colimaçon, craignant une autre attaque. Il n'en était rien. Quand ils arrivèrent à l'endroit d'où provenait les gémissements, ils trouvèrent Darren, le prisonnier, et Skalladrin, étalés sur les marches. Au vu de l'angle morbide de la tête du voleur, nul doute qu'il était mort, la nuque brisée. Skalladrin se releva en geignant, et tout en excuses bafouillées, il fit en regardant les Seigneurs « Je .. je suis désolé … j'ai manqué une marche. Pensif, je n'ai pas fait attention, j'ai essayé de me rattraper comme j'ai pu, le Capitaine Darren en a fait les frais …. vraiment … dés … désolé …. ». Silfren regarda son ami d'un air fortement critique, trouvant qu'il en faisait trop. Il n'était pas dupe, il avait bien vu son manège. Le Rohirrim leva le visage vers Alexandra, et il put y lire tout le dépit que tout ceci lui inspirait. Elle avait risqué sa vie pour appréhender ce criminel, et tous ses espoirs de le voir interrogé, gisait à présent sur la pierre glaciale. Ce fut la goutte d'eau en cette soirée. Tous la regardèrent alors, et reniflant de façon dédaigneuse, elle s'exclama « Quoi de plus logique hein ?! J'en ai assez. Bonne nuit ! ». Foudroyant Skalladrin du regard, ce qui lui souleva un mal qu'elle ne pouvait imaginer, elle fit un geste du bras exprimant son accablement, et continua sa route. Legolas et Aredhel la suivirent alors. La voix du prince s'élevant dans le couloir, l'appelant.
« Cela met un terme aux interrogatoires … déclara Eomer tout aussi contrarié.
- Oui. Il est bien dommage que toute cette histoire se termine ainsi, appuya Faramir, qui ne cessait de réfléchir à la situation.
- Capitaine ! Fit Aragorn à l'attention de Darren, qui défroissait ses vêtement, et grimaçait sous les bleus qui commençaient à lui mordre les chairs. Menez cet homme avec les autres, nous brûlerons les corps dans deux jours, si personne ne demande de leur nouvelle ».
Tous quittèrent alors les lieux. Brilthor aidant le capitaine des hommes, vu que c'est le seul qui resta en arrière avec lui. Faramir remonta fermer la grande salle, réfléchissant âprement à la situation. Ils avait que des choses leurs échappaient, dont la plus cruciale, quelqu'un dévoilait des informations sur ce qu'il se passait au château.
Sur le trajet, Silfren murmura à Skalladrin d'une voix pleine de suspicion :
« Toi, si agile pour un nain, et si bon au combat, étourdi et qui tombe dans un escalier ? Je te conseille de m'expliquer rapidement ce qu'il te passe par la tête mon ami. Je ne suis pas dupe.
- Reste en dehors de ça Silfren ! Où notre amitié s'en trouvera à jamais détruite ! » Lâcha alors Skalladrin entre ses dents serrées. La mort dans l'âme, il pressa le pas pour fuir l'attention inquisitrice de son ami. Son plan avait échoué, et les répercussions risquaient d'être plus graves encore, que ce qu'ils pouvaient tous soupçonner.
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Et voilà, chapitre posté juste pour les fêtes !
Je vous souhaite UN JOYEUX NOËL A TOUS !
Surtout à vous, mes soutiens adorables et patients ! ;)
A bientôt !
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