Très heureuse de voir que j'ai réussi à vous surprendre sans vous faire détester le mystère de cette histoire ;)

Voilà donc la suite, en vous souhaitant à tous bien entendu une excellente lecture !

- C'est impossible.

Pansy tourna son visage de craie vers Dumbledore, raide.

- C'est impossible, répéta t-elle d'une voix sourde.

Hermione, la tête dans les mains, ne parlait plus. Une foule de sentiments contradictoires la traversaient. Elle ne comprenait plus rien.

- Je suis désolé de vous l'apprendre ainsi, fit alors le vieil homme sans quitter des yeux la Gryffondor recroquevillée.

Un silence pesant s'installa tandis que Pansy se laissait tomber sur un siège, le regard lointain.

- Pourquoi ? Demanda t-elle d'une voix suppliante. Pourquoi maintenant ?

- Je crains que vous ne connaissiez la réponse miss Parkinson.

Hermione revit le corps du père de Pansy, tordu de douleurs à ses pieds. Leur père. Non. Elle refusait d'y croire. Son père était Paul Granger, anéantit par un Mangemort qui n'était qu'un meurtrier à ses yeux. Il ne pouvait pas être autre chose.

- Je ne le hais que plus encore maintenant, souffla t-elle en relevant la tête, la mine sombre.

- Mais vous connaissez la vérité.

Dumbledore paraissait si calme qu'une bouffée de colère envahit la jeune fille, et Pansy sembla tout aussi agacée.

- Comment avez-vous appris ça ? Pourquoi l'avoir caché ? accusa t-elle le vieil homme, les yeux brillants.

- Pour la sécurité d'Hermione. Afin qu'elle n'en soit pas chamboulée.

La réponse, aussi simple que déroutante de Dumbledore, lui attira un regard noir d'Hermione. Elle était outrée. Il faisait des recherches sur elle, sur ses origines, depuis très longtemps. Et il ne l'avait jamais informé de rien ? Pour la protéger ? C'était un raisonnement stupide. Le sorcier ne prêta pas attention à sa soudaine colère et poursuivit.

- Lorsque le professeur McGonagal est venue te chercher pour t'annoncer ton inscription à Poudlard, Hermione, elle a appris que tu étais adopté, et m'en a informé. Je ne me suis inquiété de rien, jusqu'à ce que l'on découvre ton potentiel… exceptionnel.

Hermione grogna mais ne commenta pas.

- Par curiosité j'imagine, je me suis rendu à l'hôpital où tu avais été trouvé. J'ai rapidement déduit que tu n'y étais pas né. Que tu venais de Ste Mangouste.

Pansy regarda la Gryffondor, qui ne quittait plus des yeux Dumbledore. Elle voulait tout savoir. Mais Pansy n'était plus certaine de le vouloir. Le secret déterré par le vieux sorcier était terrible, et elle ne voulait pas connaître les détails des secrets de sa mère ou de son père. C'était déjà assez affreux de savoir qu'on lui avait caché une sœur jumelle reniée après sa naissance. Mais par respect pour Hermione, qui semblait à présent calmée, elle se tut.

- J'ai pu voir ton dossier assez facilement, mais on ne m'a pas autorisé à tout regarder. J'ai simplement décelé ta maladie, en voyant ton taux très bas de cellules veneficiennes à la naissance. Mais je ne savais pas encore qui étaient tes parents. Sachant en quoi consistait la maladie, je ne voulais pas t'affoler en t'en parlant. Aussi je t'ai caché ton véritable état de santé. J'en suis aujourd'hui navré, car je sais que je t'ai profondément déçu.

- C'est rien de le dire, grommela Hermione en se redressant. Vous n'aviez aucun droit sur moi.

Elle se leva alors et alla s'affaisser sur la chaise près de Pansy. Elle était si fatiguée. Fatiguée des secrets. Elle alla s'asseoir près de Pansy alors que Dumbledore dardait son regard bleu sur elle. Pas le moins du monde calmée, elle n'ajouta rien. Elle voulait connaître toute l'histoire à présent.

- Je ne me suis pas vraiment occupé de connaître tes origines pendant tes premières années à l'école, me disant, comme tu l'as souligné, que cela ne me regardait pas. Mais…

- Mais vous êtes un vieil homme curieux, lança Pansy.

Surpris, Dumbledore reporta son attention sur la Serpentard. Il soupira.

- Oui. Exactement miss Parkinson. Je suis un homme curieux. Quand Hermione est arrivé à l'école au début du mois d'août, j'ai commencé à reprendre mes recherches.

- C'est pour ça que vous étiez absent en début d'année ? Harry a cru que vous l'abandonniez ! Comprit Hermione.

- C'est exact. Je suis retourné à l'hôpital Ste Mangouste.

- Vous avez eu accès au dossier ? S'étonna alors Pansy.

- On peut dire ça comme ça.

La réponse énigmatique du directeur fit hausser un sourcil aux deux jeunes filles, qui se regardèrent. Les yeux bruns se perdant dans ceux vert profond de Pansy, Hermione se surprit à sourire. Elle avait encore une famille, en plus de Peter. Pansy, Blaise. Mais il était trop tôt pour penser à cela. Elle reporta son attention sur Dumbledore, qui n'avait pas raté leur échange.

- J'ai donc compris que Rose et Stefan Parkinson avait eu des jumelles ce jour-là.

- Mais il ne voulait pas d'une Cracmol, murmura Hermione, qui commençait à sentir la colère revenir à grands pas.

- En vérité Hermione, c'est Stefan qui n'aurait pas voulu d'une fille dépourvu de magie. Rose a donc tout fait pour lui cacher leur deuxième fille. Il n'était pas là à la naissance, et n'a donc jamais su qu'il avait des jumelles ?

- Quoi ?

Hermione ouvrit des yeux grands comme des soucoupes, fixant tour à tour Dumbledore et Pansy. Celle-ci haussa les épaules.

- Ce n'est pas étonnant de la part de mon père. Il n'a jamais été très affectif. Il devait être en… mission.

Elle grimaça, et Dumbledore acquiesça.

- Quoi qu'il en soit, Rose a décidé de prendre la décision la plus dure pour une jeune mère.

- Abandonner son enfant.

Hermione avait un timbre mêlé de colère et de tristesse.

- Elle l'a fait pour te protéger, Hermione. Elle a annoncé au père qu'elle avait perdu le deuxième enfant, et l'a confié aux infirmiers.

- Comment Hermione a t-elle atterrie du côté moldu de Londres ? Demanda soudainement Pansy alors qu'Hermione gardait la tête baissée.

- C'était un désir de Rose. Elle ne voulait pas que sa fille se sente à part, dans un monde qui n'était pas le sien, et a demandé qu'elle soit emmené dans un hôpital moldu pour être adopté par des gens comme elle. Des gens qui l'aimeraient comme elle aurait pu le faire en d'autres circonstances.

- Quelle ironie.

Les paroles du directeur ne réconfortèrent en rien Hermione, qui avait un rictus désabusé peint sur le visage. Après tout ce qu'elle avait subie, les insultes de la part des Serpentards qui ne l'acceptaient pas comme une des leurs, une sorcière, ses études acharnées par peur de ne pas être suffisamment accrochée dans ce monde, on lui apprenait qu'elle en faisait définitivement et irrémédiablement partie. Et pour une fois, elle aurait voulu être une sang-de-bourbe, fille des Granger pour de bon, et non la rejetée des Parkinson.

- Le souvenir que vous avez vu, pas complètement malheureusement, était celui de votre tante Stacey, fit il en s'adressant à Pansy. Elle a accepté de me le donner, car elle aimait sa sœur. Elle espérait que cela pourrait l'aider à retrouver sa fille. Rose n'a jamais oublié l'enfant qu'elle avait abandonné.

- Vous lui avez dit qui était Hermione alors ?

- Non. Je lui ai dit que j'avais peut-être une piste. Mais que je n'étais sûr de rien. J'ai préféré cacher l'ampleur de ce que je savais, pour laisser la seule décision à Hermione de se dévoiler d'elle-même.

- Comme d'habitude, vous faites des secrets, fit alors la Gryffondor en levant des yeux rageurs vers Dumbledore.

Mais elle n'était même plus en colère contre lui. Elle était en colère contre elle-même pour ressentir ce qu'elle ressentait. Elle voulait connaître Rose. Elle voulait connaître Stacey. Sa famille. Mais elle n'était pas prête à dire adieux à ses parents. Ceux qui étaient morts par sa faute, qui l'avaient aimé comme leur fille. Elle se haïssait. Elle avait l'impression de leur tourner leur dos en découvrant toutes ses choses sur ses parents biologiques. La tête à l'envers, les pensées désordonnées, elle commença à se sentir misérable, et perdue. Pansy arborait la même mine défaite à côté d'elle. La Serpentard venait d'apprendre le plus grand secret de sa mère, de la bouche du directeur de Poudlard. Au même titre que Rose et Stefan ne connaissaient rien de leur fille, elle-même ne connaissait pas leur vie. Les deux jeunes filles croisèrent le regard l'une de l'autre, et elle comprirent en un instant tout ce que cela venait de chambouler dans leur esprit.

- Stefan Parkinson et Rose Parkinson.

Le murmure d'Hermione brisa le silence qui s'était installé, et Dumbledore la fixa avec intensité par-dessus ses lunettes en demi-lune.

- Paul Granger et Hélène Granger.

Ses yeux s'assombrirent encore plus alors qu'elle revoyait Stefan lever sa baguette sur ses parents. Pansy lui attrapa l'épaule de sa main blanche, la secouant légèrement.

- Je crois qu'on devrait aller se reposer.

Elle avait les traits tirés, et ses yeux reflétaient la misère du monde. Elle avait l'air de bien prendre la nouvelle. Elle était si forte. Elle avait le contrôle de ses émotions, elle. L'esprit rationnel. Hermione acquiesça lentement tandis que Dumbledore se plaçait derrière son bureau.

- Je m'excuse pour tout cela. A toutes les deux. Mais j'espère que vous comprenez les raisons de mon silence.

Elles ne répondirent ni l'une ni l'autre, et quittèrent la pièce sans attendre. Sitôt la porte de chêne refermée, l'escalier de pierre se mit à descendre lentement. Hermione tremblait. Pansy garda une main sur son épaule alors qu'elles sortaient dans le couloir, et elles marchèrent sans regarder une seule fois en arrière.

- Où est-ce que tu veux aller ?

- Je… j'ai besoin d'être seule.

- Ok.

Pansy eut une moue presque vexée, mais elle laissa la Gryffondor dans le couloir, rejoignant l'escalier menant au Hall à grandes enjambées. Hermione resta là, les bras le long du corps, les jambes droites. Elle ne savait pas ce qu'elle voulait faire. Sa tête semblait vide de toute pensée. Son regard lointain n'arrivait à se fixer sur aucune des pierres du mur, ni sur les tableaux. Il n'y avait que cet horrible tempête dans son corps. Et toute autre chose lui paraissait flou et inconsistant. Elle se mit alors à courir, et ne s'arrêta plus, voyant les larges corridors défiler à grande vitesse sans même savoir où ils menaient. Hermione était perdue, dans tous les sens du terme. Elle fila sur la gauche arrivée au bas d'un escalier. Elle ne savait même plus si elle avait croisé des gens sur son chemin. Elle avait cru entendre une voix lointaine peu de temps auparavant, mais elle ne s'était pas arrêté. Elle porta une main à son visage alors qu'elle courait toujours, et sentit de l'humidité. Elle pleurait ? Elle essuya vivement ses joues et ses yeux, et percuta quelque chose.

- Miss Granger., avez-vous perdu la notion de respect du règlement ? Ah oui, c'est vrai, vous ne l'avez jamais eu depuis votre entrée à Poudlard.

La voix doucereuse de Rogue fit naître un sentiment de haine froide dans le cœur d'Hermione, qui darda des yeux noirs comme le charbon sur le visage de cire de son professeur. Alors qu'il remarquait son état lamentable, il haussa un sourcil.

- Les secrets de notre cher directeur n'ont pas été plaisant à entendre ?

Hermione se souvint alors de la seule chose qui l'intéressait alors qu'elle se rendait au bureau de Dumbledore. Le traître. La sorcière se sentit plus coupable que jamais. Elle avait été si bouleversée d'apprendre qui étaient ses parents biologiques et les conséquences d'une telle nouvelle qu'elle n'avait plus pensé à sa vengeance. A la vengeance de ses parents. Elle réprima un cri de frustration alors que Rogue balayait la jeune fille, plus frêle que jamais, de ses yeux sombres. Ses cernes ajoutés à son teint pâle la faisaient ressembler à un zombie. Et sa silhouette dépourvue de forme le fit presque frémir. Depuis quand la Gryffondor n'avait pas prit un véritable repas ?

- Le dîner commence dans une heure miss Granger. Vous devriez rejoindre vos amis plutôt que de fureter dans les couloirs.

Son ton affable de trompa pas Hermione. Il semblait inquiet. Elle soupira, et au mot amis, elle tressaillit. Harry et Ron. Comment allait-elle seulement engager la conversation avec eux ? De toutes manières, elle n'avait pas envie d'en parler. Cela équivaudrait à trop d'explications. Si l'on en croyait les dires de Dumbledore, personne n'était au courant de ce qui était arrivé dans la Salle sur Demande. Et surtout pas eux. Mais Peter ? Il lui en voudrait tant de garder un tel secret ! Hermione blanchît plus encore en imaginant son frère verser encore des larmes à cause d'elle. Parce qu'il aurait peur. Parce qu'elle avait une nouvelle famille. Hermione se secoua, mais une foule de pensées lui envahie l'esprit. Blaise était son cousin. Pansy, sa sœur. Théodore et Drago était aussi ses amis, et peut-être que Pansy allait leur raconter. Elle ne voulait pas que cela s'ébruite. Elle n'était pas prête. Et Hermione voulait, par-dessus tout, connaître le nom du traître.

- Miss Granger ?

Cela faisait plusieurs minutes qu'une foule d'émotions semblaient se peindre tour à tour sur le visage de la Gryffondor, et Rogue commençait à sérieusement s'inquiéter de la santé de son élève. Il savait par Dumbledore qu'elle était malade, pas qu'elle était folle. Mais les yeux grands ouverts d'Hermione étaient presque vitreux, fixés sur un point par-delà son professeur. Elle voyait ses parents. Qui la regardaient d'un air accusateur. Elle leur tournait le dos. Elle était une mauvaise personne. Une mauvaise fille. Bonne à jeter.

- Je crois que je vais vous emmenez à l'infirmerie. Vous avez vraiment un problème, grommela Rogue en saisissant le bras d'Hermione.

Soudainement, la Gryffondor reprit part à la réalité, et sentit les doigts glacés du professeur sur le bas de son épaule. Elle se dégagea avec force en hurlant.

- NON !

Elle partit en courant, dans la même direction qu'auparavant, sans jeter un regard en arrière, ignorant complètement les paroles inaudibles de Rogue qui tentait de l'arrêter.

Lorsqu'elle cessa sa course, Hermione se trouvait dans les cachots. Devant elle, la large porte verte et argent donnant accès à la salle commune des Serpentards. Elle voyait trouble, fatiguée par ses efforts inconsidérés. Elle sentait de larges vagues d'énergie la parcourir, qui la faisait frissonner comme jamais. Ou était-ce le froid ? Hermione ne savait pas. Ne savait plus. Elle fixa le dessin du serpent emmêlé autour d'un bouclier au-dessus de la porte, la tête penchée.

- Granger ?

Hermione poussa un soupir de soulagement en reconnaissant la voix de Drago, et elle lui adressa un large sourire. Un sourire si large que Drago s'inquiéta pour son état mental.

- Est-ce que tout va bien ?

- Oui. Je vais bien. J'ai besoin d'une pièce calme.

Voyant qu'Hermione avait une voix atone, Drago haussa un sourcil. Elle avait le souffle court, les cheveux en batailles, et une tête à faire peur.

- Ok. Les Serpentards sont tous au dîner.

Il fronça les sourcils en la voyant garder son sourire étrange alors qu'une larme silencieuse coulait le long de sa joue.

- Anguis !

La porte s'ouvrit largement. Il fit un pas vers l'entrée, mais remarqua qu'Hermione ne faisait pas un pas. Elle avait perdue son sourire, et ses yeux noirs reflétaient une sourde colère. Il l'attrapa précautionneusement par le bras, et elle n'eut aucune réaction. Il la tira alors à l'intérieur de la salle, et la porte se ferma derrière eux. Drago fit asseoir la jeune fille dans l'un des fauteuils de cuir noir, et darda son regard bleu glacé sur elle, la mine soucieuse.

- Hermione ?

La Gryffondor ne répondit pas, l'air de bouillir intérieurement. Presque instinctivement, Drago s'éloigna d'un pas de la jeune fille.

- Tu es dans la salle commune des Serpentards là. Tu t'en rends compte ?

La sorcière cligna des yeux une fois, deux fois, avant de parcourir la pièce de ses yeux assombris par la colère. Il fallait garder le contrôle. Il le fallait. Mais elle sentait son pouvoir, si fort, si terrible, qui refaisait surface, menaçant de tout détruire autour d'elle. Une faible partie de son esprit tentait tant bien que mal de prendre le dessus.

- Racontes-moi quelque chose Drago. Tout de suite, grimaça t-elle.

- Quoi ?

- Drago !

- Ok, ok !

Drago leva les yeux vers le plafond, en quête d'inspiration, et il sentit la pièce se charger d'électricité. Une tension sourde, sous-jacente, qui semblait entièrement provenir d'Hermione. Il ouvrit de grands yeux, et son cerveau se mit à plein régime.