Noir. Noir et froid. Lorsque Lily revint à elle pour la première fois après sa fuite du manoir Malefoy, elle ne perçut que le noir et le froid qui continuaient de l'envelopper. Et une voix, très lointaine et proche à la fois, mouvante. Une psalmodie entêtante.
Lorsqu'elle émergea à nouveau de sa torpeur, elle eut conscience d'être étendue sur une surface dure et essaya, au prix d'efforts surhumains, de tendre la main pour éprouver la nature de l'endroit où elle reposait. Le bout de ses doigts entra en contact avec une matière froide et légèrement rugueuse, semblable à du bois.
Au réveil suivant, tout aussi bref que les précédents, elle avait un goût étrange dans la bouche, comme une saveur métallique. Elle voulut ouvrir les yeux mais ne parvint qu'à soulever péniblement les paupières sans arriver à distinguer autre chose que l'obscurité, devinant néanmoins une présence près d'elle. Des silhouettes, sombres et hautes. Une odeur âpre lui parvint également, un effluve fugace où se mêlaient plusieurs parfums indistincts et qui persista jusqu'à ce qu'elle perde encore connaissance.
Et à nouveau les ténèbres...
Malgré sa défaillance, une partie de son esprit s'acharnait à comprendre ce qui lui arrivait. Son corps se modifiait, elle le sentait. Ellis s'était finalement résigné à faire la seule chose qui fût encore possible pour qu'elle ne meure pas, ou tout du moins pas véritablement.
Lily savait qu'à l'Étreinte devait suivre un état de transition qui s'avérait être douloureux, parce qu'il témoignait de sa mort physique avant que sa renaissance en tant que vampire puisse s'accomplir. Aussi ne s'étonna-t-elle pas lorsqu'elle vint à être prise d'une souffrance atroce qui non seulement la tira de sa léthargie encore plus sûrement que les fois précédentes mais lui arracha un cri si effroyable qu'il dût retentir à des kilomètres à la ronde.
Ellis apparut à son chevet presqu'aussitôt, plus blême que jamais dans sa vision pourtant confuse. Lily eut la sensation de sa main tenant la sienne, sans que la température de leurs peaux ne diffère l'une de l'autre.
Puis les tremblements reprirent, incontrôlables. Ellis lâcha sa main pour s'éloigner un instant - une éternité - et s'adressa sèchement à quelqu'un d'autre dans la pièce avant de réapparaître tout près d'elle.
- Bois, lui intima-t-il.
S'attendant à le voir lui offrir son propre sang pour la revigorer, ainsi qu'il avait dû le faire plus tôt, elle angoissa soudain de ne pas se souvenir comment s'y prendre. Mais Ellis se contenta de présenter une petite fiole à ses lèvres en l'aidant à soulever légèrement la tête. Bouger lui fit l'effet d'un supplice et le liquide qui s'écoula dans sa bouche sembla lui brûler la langue.
- Ça va aller, fit-il doucement à son oreille tout en l'enlaçant. Ça va aller.
Le ton de sa voix était inédit, jamais Lily ne l'avait entendu sonner aussi inquiet.
Ellis demeura ainsi serré contre elle durant de longues minutes, étreignant son corps et ses sursauts jusqu'à ce que ceux-ci cessent complètement. Alors seulement, il la relâcha, avec une infinie précaution, et appliqua la paume de sa main contre son front. Froide.
- Ta température est revenue à la normale, déclara-t-il atone.
- Quoi ? tressaillit-elle.
Mais aucun son n'avait pu s'échapper de sa gorge et Ellis continuait son examen, penché maintenant à son côté pour ausculter son cou.
La blessure ! Lily frémit derechef en sentant se poser sur elle les doigts d'Ellis. Froids. Au frisson de douleur s'associa un tressaillement de répulsion lorsque le souvenir du touché de Scorpius lui revint en mémoire, mais aussi, et surtout, un élan de détresse lorsqu'elle réalisa qu'elle s'était trompée. Trompée sur toute la ligne.
Ellis la fixait à nouveau en silence. Alors qu'elle aurait dû pouvoir lui parler sans mot, écouter ce qu'il avait à lui fournir comme explication, Lily ne put rien entendre, rien dire, ni même bouger. À quoi bon, de toute façon ? Aucune explication n'était nécessaire. Elle était sauvée. Vivante.
Elle continua de le regarder, longtemps, tandis que les larmes roulaient sans bruit sur ses joues réanimées. Et pour la première fois, ce fut lui qui baissa les yeux.
- Je sais ce que tu penses, chuchota-t-il, tragique. Tu souffres la douleur de ta blessure bien moins que celle de ne pas avoir été faite immortelle. (Il ne releva pas la tête pour vérifier sa réponse muette). Tu penses encore que ta vie est fade en comparaison de la nôtre. Mais tu fais allusion à des choses que tu ne connais pas.
Il fit une longue pause, le front barré de tourments, résolument incliné vers le bas, puis reprit dans un murmure :
- La vie est précieuse, magnifique, justement parce qu'elle est éphémère, parce que chaque instant compte, que rien n'est jamais acquis et que tout peut changer, tout le temps, d'un simple petit battement d'ailes. Parce que ce temps ne doit pas être perdu en choses futiles et qu'il faut s'atteler à le rendre beau, chaque jour, chaque instant, de peur de le voir soudain nous échapper. Parce que la vie est fugace, comme un parfum qui s'évapore, comme une onde à la surface de l'eau, tu dois la chérir, sans te retourner, et la savourer.
Je rêve d'une vie comme la tienne.
Mon univers n'est que torture et éternel recommencement. Aucun lien ne m'attache à cette terre et pourtant tout m'y retient. Je veux fuir et j'en suis incapable. La mort se joue de moi, me nargue. Toujours. Le vide, le rien, l'absence, le silence. Je vois tout ce qui m'entoure flétrir et mourir et ma condition œuvre pour gâcher tout ce qui se veut beau par nature.
Je rêve d'une vie qui aurait un commencement et une fin, une boucle à boucler, une œuvre à achever. Je ne veux pas être un simple spectateur, je ne veux pas me contenter d'admirer toutes ces choses, je veux aussi y participer, être dedans, exactement dedans. Un maillon parmi d'autres dans la grande chaîne de l'immortalité. Tant de mortels ne mesurent pas cette chance qui leur est accordée.
Je rêve d'une vie...
Ses derniers mots moururent dans un soupir puis il se tut complètement, le regard perdu au loin, absent, comme si une révélation inattendue s'était soudain imposée à lui.
La vision voilée de larmes, Lily éprouva un certain soulagement à ne pas pouvoir parler. Elle guetta avec une émotion toute neuve le moment où les yeux noirs se poseraient à nouveau sur elle. Mais l'épuisement eut raison de sa volonté bien avant que cela ne puisse se produire.
Ce fut le pouls battant à son oreille qui la sortit ensuite doucement de son long sommeil. Un véritable repos et non plus un état comateux, empli de rêves et de visions insolites.
Longtemps avant de pouvoir ouvrir les yeux, elle remarqua que son environnement avait changé et qu'elle était à présent confortablement allongée sur un matelas, bordée de couvertures chaudes et douces. Un oreiller avait été placé sous sa tête, caisse de résonance moelleuse des pulsations de son cœur, toujours plus rythmées à mesure que les souvenirs récents refaisaient surface en elle.
Des particules de poussière flottaient au ralenti dans le halo de lumière dorée qui se répandait à l'intérieur de la pièce par les rideaux tirés d'une étroite fenêtre à sa droite. Le silence régnait malgré un léger ronronnement semblant venir de dehors, des bruits de rue diffus et rassurants. Lorsqu'elle put enfin faire le point sur ce qui l'entourait, Lily vit qu'elle se trouvait dans une petite chambre, à peine meublée du lit sur lequel elle se trouvait et d'une armoire en bois clair, contre le mur qui lui faisait face. Une ampoule électrique pendait du plafond par un bout de fil et la tapisserie se décollait par endroits. Il y avait dans l'air comme une odeur de renfermé piquetée d'effluves plus âcres, certainement ceux des potions destinées à la soigner.
Elle présuma de ses forces en essayant de se redresser. Son cou l'élançait encore violemment au moindre petit mouvement de tête et tout son corps irradiait de courbatures.
Elle retint du mieux qu'elle put un gémissement mais Ellis apparut dans l'encadrement de la porte dans la seconde qui suivit.
- Bonjour, parvint-elle à articuler d'une voix rauque.
Ellis la considéra un instant avant d'approcher, sans rien dire ni paraître. Il arborait le même masque taciturne que lors des premiers mois qui avaient suivi leur rencontre. Tellement de choses s'étaient passées depuis ce temps. Tant de mauvais choix. Si seulement elle avait pu revenir en arrière...
Concentré sur ses gestes, attentionné quoique toujours effroyablement distant, Ellis lui fit boire une nouvelle fiole de potion, amère.
- Merci, fit-elle après une grimace d'écœurement.
- Potion de régénération sanguine, se contenta-t-il de répondre en s'affairant à ranger le contenu de sa table de nuit.
- Merci, répéta Lily en mettant dans ses mots le plus d'intensité possible.
Mais Ellis ne lui accorda qu'un bref coup d'œil avant de lui demander, toujours aussi morne :
- Est-ce que tu as soif ?
Elle accepta le verre d'eau qu'il lui tendait d'un petit hochement de tête et dut surmonter la vague de douleur que lui déclencha encore ce simple geste comme la vision fugace qui traversa son esprit : le souvenir de la cave des Malefoy et avec lui, la peine et les remords.
Ellis approcha le verre de sa bouche tout en l'aidant à se redresser. Après de longues gorgées d'eau claire – d'un goût nettement meilleur que la potion bien que tout aussi pénible à avaler – le visage inopinément tout proche du sien, Lily murmura :
- Je suis désolée...
- Moi aussi.
Lui vint alors l'envie insensée d'être à nouveau prise d'un violent épisode de fièvre, pour qu'Ellis la tienne une fois encore étroitement serrée contre son corps froid. Mais la hausse de température semblait hélas n'affecter que ses joues à cet instant. Ellis mit néanmoins un très long moment avant de l'aider à reposer sa tête sur l'oreiller, de reculer et de détacher son regard muet.
- Tu ferais mieux de te rendormir. Tu as besoin de beaucoup de repos.
Lily acquiesça d'un lent battement de paupières avant de s'infliger une nouvelle brûlure à la gorge :
- Mon père ? Comment va-t-il ?
- Il va bien. Il viendra te voir dès que ce sera possible. Il est informé de tout ce qui t'arrive dans les moindres détails.
Le soulagement parut faire effet sur ses blessures, physiques comme morales. Elle tenta de pousser l'interrogatoire :
- Où sommes-nous ?
- Chez moi, répondit Ellis non sans un certain agacement. Il faut que tu te reposes, maintenant.
- Oui, fit-elle dans un souffle las, ne se sentant de toute façon plus la force de rester éveillée. Mais la prochaine fois, je veux que tu me dises ce qui s'est passé, là-bas, au manoir.
Ellis parut là encore ne pas accueillir l'idée avec grand enthousiasme, mais hocha néanmoins la tête avant de remettre le verre sur la table de nuit et de quitter la chambre sans plus rien dire.
La pièce était inondée de lumière lorsque Lily se réveilla la fois suivante. Elle fit un long effort pour se relever dans son lit et essayer de regarder par la fenêtre mais ne vit rien de particulier sinon qu'elle se trouvait en rez-de-chaussée et que la rue semblait couverte de neige. Elle put cependant saisir une meilleure vision de sa chambre.
Une chaise était disposée sur sa gauche, à côté de ce qu'elle avait pris pour une table de chevet et qui n'était en fait qu'un minuscule guéridon sur lequel s'alignaient plusieurs petites fioles de potions ainsi que le verre, à nouveau rempli d'eau limpide. Juste au-dessus sur le mur, était fixée une applique en faïence couronnée d'un vieil abat-jour jauni. Les draps de son lit étaient dépareillés, leurs couleurs aussi ternes que les tons et motifs de la tapisserie aux murs. En soulevant ses couvertures, elle constata qu'elle portait une ample chemise de coton grise, qu'une bouillotte avait été déposée au fond du lit et une paire de grosses chaussettes en laine enfilée à ses pieds.
Bien qu'il ait à coup sûr dû l'entendre s'agiter, d'où qu'il fut dans la maison, Ellis donna l'impression d'avoir attendu la fin de sa petite acrobatie pour entrer. Quelqu'un l'accompagnait.
- Papa ! laissa-t-elle jaillir dans un sanglot en voyant Harry se précipiter vers elle.
- Ma chérie, souffla-t-il en la prenant dans ses bras, d'abord avec précaution puis plus intensément lorsque Lily se pressa d'elle-même contre lui.
Ce fut comme si la douleur qui s'agrippait fermement à son corps devenait tout d'un coup complètement surmontable. Père et fille demeurèrent blottis l'un contre l'autre un long moment, partageant des émotions trop longtemps refoulées.
- Pardonne-moi, Papa...
- Chut, la calma-t-il en embrassant ses cheveux. Personne ne t'en veut, ma chérie, et surtout pas moi. Je suis certainement la personne la plus mal placée pour te reprocher d'avoir foncé tête baissée là où tes sentiments te poussaient à aller...
Ce fut seulement lorsqu'elle parvint à maîtriser ses pleurs que Harry s'écarta en essuyant doucement du pouce les dernières traces de larmes sur ses joues. Derrière les petites lunettes rondes, il n'échappa pas à Lily que les yeux verts étaient également humides.
À la porte de la chambre, Ellis s'était éclipsé. Harry entreprit alors de se débarrasser de la lourde cape qu'il portait encore en étudiant la pièce du regard, comme soudain absorbé par quelques pensées insondables, puis la déposa sur le dossier de la chaise. Les pans du tissu étaient trempés et se mirent à goutter sur le sol carrelé de blanc et de noir.
- J'ai dû transplaner à l'autre bout du quartier, expliqua-t-il en s'asseyant, et j'ai mis un petit moment avant de trouver la bonne adresse. Il y avait beaucoup de neige mais heureusement que le temps s'est remis depuis hier soir. Ellis m'a dit qu'il y avait eu une terrible tempête.
- C'est pour ça que tu n'es pas venu avant ? demanda Lily alors qu'il lui venait déjà une autre question. Depuis combien de temps suis-je ici ?
- Depuis trois jours, fit gravement Harry et non, ça n'est pas parce qu'il n'y a aucun accès sorcier dans cette maison que je n'ai pas pu venir avant. Je serais venu en balai, même dans la tempête, si j'avais pu ! C'est le professeur Rogue qui a insisté pour qu'on ne vienne pas avant que tu sois (les paroles qu'il voulut prononcer semblèrent s'étrangler dans sa gorge) hors de danger. C'est aussi pour cette raison que je suis venu tout seul. Il a demandé à ce que tes visites soient les plus succinctes possibles.
- Le professeur Rogue... C'est lui qui m'a soignée ?
- Lui et Ellis, oui. Ils t'ont ramenée ici car c'était plus sûr, selon eux, que de te transporter jusqu'à Sainte Mangouste.
Lily observa encore la chambre, s'abstenant de mentionner que l'endroit était loin de ressembler à ce qu'elle s'était imaginée s'agissant de la demeure des Rogue.
- Alors tu n'es pas allé au manoir, reprit-elle ensuite d'un petit air surpris.
- Non, je ne devais surtout pas y aller, répondit Harry, sourcils froncés.
- Je n'en reviens pas que tu aies réussi à te retenir de les suivre. Mais j'en suis contente, ça aurait pu être vraiment périlleux pour toi.
- Oui, fit-il comme s'il n'en avait pas été convaincu. C'est aussi ce qu'a dit Ellis.
Lily ne doutait pas un instant que l'interdiction avait dû être véritablement difficile à accepter et s'abstint de penser tout haut au fait que son père était finalement bien plus raisonnable qu'elle. Elle embraya aussitôt :
- Alors tu as fait la connaissance d'Ellis ?
- Oui. Étrange rencontre, commenta-t-il comme pour lui-même en jetant un coup d'œil vers le seuil de la chambre, pourtant désert.
Elle hésita à parler plus avant d'Ellis, de Rogue ou encore des Malefoy, se demandant ce qu'il pouvait savoir de leur nature particulière, mais ne pût s'empêcher de l'interroger sur ce qui s'était passé au manoir.
- Je n'ai eu pour le moment qu'un compte-rendu très approximatif des choses, répondit-il. Les seules informations que j'ai pu avoir étaient celles qui se trouvaient dans le message qu'Ellis m'a fait parvenir par Patronus, juste après votre arrivée ici.
Comme elle attendait toujours, son père lui adressa un sourire débordant de bienveillance et continua :
- D'après ce que je sais, Ellis s'est rendu au manoir en premier, suivi du professeur Rogue. Les choses se sont précipitées lorsqu'ils ont découvert que tu étais blessée. Il y a eu un combat contre les Malefoy mais Ellis a pu profiter d'une brèche pour venir à ton secours et fuir. Rogue vous a rejoint ici pour te soigner.
Puis il se tut, certainement en partie parce qu'il venait de réaliser, un tout petit plus tôt que Lily, qu'Ellis était réapparu à la porte. Ce dernier lui demanda civilement de sortir pour que sa « fille puisse à nouveau se reposer ».
Harry accepta sans discuter, se leva pour se pencher à nouveau vers elle et déposer un baiser sur son front, puis récupéra sa cape.
- Ah, j'allais oublier, fit-il en farfouillant dans l'une des poches du vêtement.
Lorsqu'il l'eut enfin trouvée, il plaça sur le « guéridon de chevet » une carte toute enluminée des pensées de Ginny, James et Albus. Une nouvelle vague d'émotions noua la gorge de Lily. Il déposa aussi sa baguette magique en lui précisant qu'il avait eu beaucoup de mal à convaincre Iris de la lui confier.
Un petit rire complice marqua son départ suivit de la promesse qu'il reviendrait vite, accompagné, il l'espérait. Puis se tournant vers Ellis, il demanda à voir le professeur Rogue.
- Ça m'étonnerait qu'il veuille vous voir, répondit celui-ci, toujours profondément enfoui dans son mutisme.
- Moi j'y tiens, fit Harry. Je n'attendrai pas qu'il disparaisse à nouveau sans avoir eu cette fois l'occasion de le remercier...
Ellis prit une grande inspiration, comme contraint à répondre, puis déclara :
- Venez. Il doit être dans son laboratoire à l'heure qu'il est. Mais je ne vous promets rien.
Lorsqu'elle fut seule, bien avant que le sommeil ne la submerge à nouveau, Lily médita sur sa visite et sur l'étrangeté de ces drames qui avaient le pouvoir de rapprocher les gens entre eux, dans l'adversité. Elle se mit aussi à espérer que son père et elle allaient pouvoir profiter des circonstances pour prolonger leur trêve, voire cesser pour de bon les hostilités, et que même si la distance venait encore à les tenir éloignés à l'avenir, la preuve de leur amour n'en serait jamais moins présente.
« Écoutez les mots de Caïn, Lui qui édicta ses propres lois :
Sachez qu'en tous temps les Enfants se révolteront contre leurs Sires.
Sachez que, comme en toute chose, le Père triomphe de son Fils,
Et la Mère triomphe de sa Fille.
Ce n'est que par Moi que vous arriverez à la Vérité,
Ce n'est que par Moi que vous découvrirez la paix,
Ce n'est que par Moi que vous éveillerez vos pouvoirs.
Sachez que comme du temps qui fut le mien, le Sire aura toujours le droit de vie ou de mort sur ses Enfants. »
Paroles à propos des Enfants, La Chronique des Ombres (extrait du Livre de Nod )
