Bonsoir tout le monde!

Longue, trèèès longue absence et impardonnable, j'en ai conscience...

D'abord parce que l'inspi se faire rare, mais genre c'est limite le Sahara dans ma tête, et puis aussi parce que je travaille sur mon autre fiction, La Chute de l'Empereur centrée sur Negan dans l'univers The Walking Dead (allez y jeter un coup d'oeil à l'occaz').

Bref, c'est compliqué en ce moment, mais je gère ^^

Je vais répondre à toutes les âmes généreuses ayant posté des reviews! Je vous kiffes les amis!

Toutouille: Contente que l'autre chapitre t'ai plu^^ et puis c'est pas grave de pas accrocher avec Hana, il y a plein de personnages avec les quels je n'ai jamais accroché mais dont l'histoire est passionnante (je ne dis pas que son histoire est passionnante, je ne m'avance pas là). Si elle devait être considérée comme une Dame c'est avant tout parce que c'est la fiancée d'un Lord si je puis dire, et que pour pas se taper la tehon bas il doit en faire un truc assez respectable. Merci pour ta review!

Ellie: Merci pour ta review ça me touche beaucoup!

Doc Junior: Merci à toi de me suivre! Bonne continuation!

Danny: Eh ben! Que d'éloges, Mon Dieu! Merci beaucoup et désolée pour le résumé, il est pas super je suis nulle là-dedans (celui de mon autre fiction n'est pas super non plus ^^). Oui Thrandui est une véritable tête de con dans ce début, mais par la suite il va gagner en maturité (la perte de sa femme ect...) donc il sera plus intéressant. Merci beaucoup de me suivre et de commenter (et de passer des nuits blanches ^^), ça compte beaucoup pour moi!

Wisper2000: Oui l'inspiration me fait défaut en ce moment, mais je me remet en selle comme je peux ^^. Merci beaucoup en tout cas, de savoir qu'elle t'a plût jusqu'à maintenant me fait super plaisir. La suite va venir au rythme de mon inspi et comme elle fluctue avec le temps, c'est un peu chaud patate ^^ Mais je fais de mon mieux pour vous garder intéressé(e)s!

J'espère que ce chapitre vous plaira en tout cas! Bonne lecture, et à bientôt mes petits Hobbits!

Chapitre 36

7 ans plus tard

Je vis un rêve. Ce qui en un sens pourrait être une bonne chose, mais vous me connaissez désormais assez bien pour savoir qu'en vérité, c'est plutôt une bonne raison de m'inquiéter.

"Attention!"

Je n'ai que le temps de baisser la tête, alors qu'un objet qui ressemble à un frisbee frôle ma joue et finit sa course dans un tronc derrière moi.

"Edhelam! Fëdor! Quel âge avez-vous pour l'amour du Ciel!" je m'indigne en me relevant.

Les deux elfes courent dans ma direction, leur armure claquant à chacun de leurs pas.

"Demoiselle! Vous n'avez rien?"

"Je vais bien! Mais faites attention si vous ne voulez pas d'ennui. Hîr conui est déjà assez préoccupé en ce moment. D'ailleurs vous ne devriez pas être là."

Il échangent un regard gêné.

"C'est que..." commence Fëdor

Oh non.

"C'est Galadh qui vous a entraîné ici, je me trompe?"

"Nous ne voulons pas lui causer d'ennui."

"Ca va...je lui parlerais. Mais vous, retournez à votre poste si vous ne voulez pas d'ennuis."

Il acquiescent et ne se font pas prier pour disparaître. Ils n'ont pas fait deux mètres que j'entends le rire gutturale de Galadh.

"Où allez-vous? Vous me devez encore vingt sous!"

"Gal !"

Il tourne la tête dans ma direction, une expression contrite sur le visage. Ce qui est vraiment étrange sur le visage d'un jeune homme de 21 ans.

Oui, je profite d'une petite parenthèse pour vous informer que physiquement, j'ai le même âge que mon fils...ce qui est très perturbant, mais parmis les elfes cela n'est pas choquant. Du moins, pas tant qu'il n'a pas encore atteint 25 ans...ce qui ne saurait tarder.

"Est-ce que je peux savoir ce que tu fabrique?"

Il s'avance vers moi, ses méninges travaillant à plein régime pour me trouver une explication.

"Galadh!" je le coupe " Tu es la pupille du Seigneur Rînmalthen, si tu n'avais pas été un Fils de Hommes, tu aurais hérité du domaine, est-ce que tu te rends compte de l'image que tu renvoi de ta propre maison?"

"Mais mam...mère...il ne s'agit que d'une sortie, j'ai été de garde toute la nuit dernière."

"Alors tu ne devrais pas avoir assez d'énergie pour t'amuser à aller contre la volonté de ton Commandant!"

Il renifle durement et détourne le visage, levant les yeux au ciel.

"Il n'est pas mon père..."

"Je n'ai jamais dis qu'il l'était, Galadh. Mais ton père ne t'a jamais connu. Ton monde, celui auquel les orcs t'ont arraché il y a plus de dix -huit ans, ne se souvient même plus de ta mère. Nous sommes ta famille! Et tu es la mienne. Ou ne suis-je pas ta mère?"

Son regard choqué rencontre le mien, puis il baisse la tête, honteux.

"Pardonnes-moi..."

Il porte ma main à ses lèvres, et la garde contre sa joue. Je m'attendrie immédiatement.

"Galadh...il ne veut que ton bien."

"Il a renvoyé Amara...comment a-t-il pu me faire ça? Après tout ce que vous avez vécu?"

Mon coeur se serre. La première peine de coeur de mon fils, et je ne sais pas comment l'apaiser. J'ai eu la mienne deux ans plus jeune que lui. Cependant, son histoire est atypique.

Un groupe de haradhrims est venu du Sud il y a six ans. Ils ont établit un camps pour le commerce, tenu par deux familles, réapprovisionnée tous les ans par les chefs de familles qui font la navette, afin de fournir plus de marchandises. La deuxième famille possèdent trois filles. La cadette, Amara, a tout de suite plût à Galadh. Une véritable beauté du Sud, avec ses longs cheveux noirs rangés en une tresse épaisse dans son dos, et ses robes aux couleurs criardes. J'ai immédiatement vu le changement chez mon fils. J'en ai alarmé Rînmalthen qui m'a dit qu'il ne s'agissait que d'une passade...qui a duré six ans. Il a tout tenté pour les séparer, il lui a même présenté les filles les plus respectables des environs, envoyées par le roi et par les Seigneurs voisins. Il l'a ensuite noyé de travail, jusqu'à l'épuiser, mais il trouvais toujours le moyen de s'échapper et de retrouver son amoureuse en cachette. Rien n'est jamais venu à bout de sa passion pour son Amara. Alors, Rînmalthen en est arrivé à des idées extrêmes, avant que la jeune fille ne tombe enceinte et que ne débutent les problèmes. Il a grassement payé la famille de la jeune fille, prête à quitter sur le champs pour éviter le scandale. Ils sont parti dans la nuit, il y a un an. Galadh ne le lui a jamais pardonné. J'ai, moi aussi été en froid avec lui pendant plusieurs mois.

"Il t'aime. Et tu es encore jeune. Ta vie est encore longue."

Je n'y crois pas moi-même. Mes années passées loin de lui avaient été comme vivre la tête sous l'eau. Une sensation que même Thranduil n'a pas pu dissiper. Mais je ne veux pas penser à cela.

Le soir même, le dîner se passe dans une ambiance électrique. Galadh avale ses coupes de vin d'un trait, claquant sa coupe sur la table comme pour attirer l'attention de Rînmalthen à l'autre bout de la table. Je lui lance des regards insistants, mais il ne regarde pas dans ma direction. Rînmalthen, lui reste calme, savourant le faisan dans un tranquillité qui fait bouillir Galadh de rage. Je m'empresse alors d'engager la conversation pour éviter que tout ne vire à la catastrophe.

"Quelles sont les nouvelles des frontières? J'ai entendu dire que les arbres reprenaient vie."

Rînmalthen me lance un regard compatissant derrière les chandelles.

"Pas tous. Et je ne pense pas qu'il reprennent vie, il s'agit plutôt d'une rémission. L'influence de l'Ombre sur la forêt de cesse de grandir, mais j'ai confiance en l'effort assidu de nos soldats à leurs postes, pour la repousser"

Son regard longe légèrement la table et finit dans celui de Galadh. Et ce que je vouais éviter finit par arriver...comme à chaque fois qu'il mange avec nous.

"Mon après-midi était libre, je ne vois pas pourquoi je n'en n'aurais pas profité." siffle Galadh.

"Et tu as eu raison..." je commence

"Vraiment? Parce que ce n'est pas l'impression que tu m'as donné tout à l'heure!"

"Surveille le ton que tu emploi lorsque tu parles à ta mère." dit Rînmalthen, toujours assit tranquillement sur sa chaise.

"Vous avez insinué que je ne pouvais pas assumer mon rôle! Vous ais-je déjà donné de quoi douter de moi?"

Rînmalthen garde le silence.

"Vous êtes incapable de me faire le moindre compliment!"

"Pas quand ta seule motivation est de me prouver que tu es un bon soldat! Tu ne le seras que lorsque tu auras à coeur de protéger cette forêt, pas de m'impressionner!"

Cette fois, il perd son calme. Sa voix résonne clairement dans la salle et n'invite pas à la discussion. Mais Galadh, nullement impressionné, continu de lui parler comme s'il ne s'agissait pas de Rînmalthen, mais d'un maraudeur qui lui doit de l'argent.

"Tout ce que j'ai toujours fait a été dans l'intérêt de cette forêt!"

"Pas lorsque cela implique de détourner des néophytes de leurs postes."

"Ils étaient volontaire, je n'ai forcé personne!"

"Ca suffit vous deux!" j'hurle.

Galadh se rassoit, et Rînmalthen desserre les poings.

"Essayons, pour une fois de nous comporter comme une famille normale le temps d'un dîner. Est-ce trop vous demander?"

Tous les deux baissent le regard sur leur assiette.

"Bien."

Je coupe ma pomme de terrer et la porte à mes lèvres, lorsque Galadh relâche sa fourchette dans son assiette avec fracas, puis se relève en faisant grincer sa chaise sur le sol de pierre. Je le regarde, comprenant qu'il ne peut pas agir normalement, tant qu'il n'aura pas eu d'excuses de Rînmalthen.

"Pardonnez-moi, Mère, mais c'est trop me demander."

Il contourne la table.

"Où vas-tu?" je demande, ne supportant pas de le voir aussi malheureux.

"Prendre l'air. Ne m'attendez pas."

Puis il disparaît derrière les rideaux dansant à la légère brise.

Je darde Rînmalthen de mon regard le plus froid.

"Eh bien quoi?" finit-il par dire en relevant la tête du faisan qu'il continu de dévorer.

Je me relève, beaucoup plus calmement que Galadh, mais je ne répond pas lorsqu'il me demande où je vais. Je sors aussi, mais pas vers mon fils. Il a besoin d'espace, et rien de ce que je pourrais dire ne le consolera. Je reste assise dans le divan, ramenant mes jambes sous mes fesses, et contemple la lune, nous éclairant de sa splendeur. J'aime venir ici, dans ce coin du jardin où personne ne vient jamais. J'y ai fait installer un salon de jardin, comme celui que j'utilisais avec les Dames pour profiter du soleil et raconter des potins. Un pincement au coeur me rappelle qu'elles me manquent énormément. Valiel a refusé de me répondre durant de longs mois, et Fanen m'a immédiatement dit qu'elle n'approuvait en rien mon attitude, mais trouvais ma situation tellement romantique. Si elle savait...mon mari et mon fils s'entre déchirent sans que je ne puisse rien y faire, les frontières vont à vaux l'eau, et je suis encore sujette aux commérages les plus scandaleux. Seulement désormais, on s'arrange pour être plus discrets. Je ne sais pas ce que je dois faire pour me faire accepter. Mon fils n'a eut aucun problème de ce côté, bien que chacune des filles de cette région du monde se sentent inexorablement attirées par lui. Il est vrai qu'il est beau garçon. Très beau. Mais personne ne craint pour la vertu de leurs filles. Il bien trop absorbé à pleuré et tenter vainement d'oublier son Amara. Elle est tellement belle. Et tellement amoureuse. J'ai bien tenté d'en parler à Rînmalthen, mais il a toujours posé un non catégorique pour Galadh.

Le ressentiment de Galadh envers son père est quintuplé par le fait qu'il l'empêche d'accomplir son devoir de soldat pour lequel il a été formé, et le garde seulement comme simple garde des grandes portes. Cette frustration l'a conduit à bien des écarts, mais rien n'a jamais fait flanché Rînmalthen. Tout simplement parce qu'i la peur pour lui. Mais ce n'est pas cette pensée qui me fait changer d'attitude lorsqu'il me rejoint dans le jardin.

"C'est inutile, je ne te parlerais pas."

Il souffle un petit rire.

"Il est un peu trop tard, pour cela, tu ne trouve pas?"

Je reste de marbre.

"Oh, je t'en prie...Hana."

Il repousse mes cheveux de mon épaule, et pose ses lèvres sur mon cou. Je me détourne.

"Pourquoi est-ce que tu ne peux pas t'empêcher de le faire fuir à chaque fois qu'il s'assoit avec nous?" je m'indigne, renonçant à l'ignorer.

Il a l'air surpris de la tournure que prend notre conversation, puis reprend un air calme.

"Je tente seulement de le préparer à ce qui l'attend, Hana. C'est un homme, désormais, et il est grand temps qu'il fasse montre d'un peu plus de responsabilité."

"Si seulement tu le laissais! Il n'attend que cela depuis ses dix-sept ans, mais tu le garde au même niveau que les novices! Il pourrait combattre un escadron d'orcs à lui tout seul, pourquoi ne pas le laisser commander aux frontières, au lieu de faire les allers-retours toi-même?"

Il baisse le regard, et je sens que quelque chose de lourd ne veut pas traverser ses lèvres.

"Tu t'inquiètes pour lui?"

"Il n'est pas prêt...et cette fille l'a fait régresser..."

"Non, Rînmalthen! Je t'interdit de la prendre pour excuse! C'est toi qui l'a forcée à le quitter , il est dans cet état par ta faute!"

"Ce n'est qu'une fille de marchant! Et le fils d'un roi ne peut pas être vu avec une fille de son...rang!"

Non mais je rêve?

"De son rang? Tu réalise que cela s'applique à moi aussi, Rînmalthen? Je ne suis pas une Dame, tu as fait de moi une noble. Et tu l'as fait par amour."

"Hana...ne compare pas..."

"Je ne peux pas passer outre ce détail, mon amour. Je suis une fille de rien, et pourtant, je suis ta Dame, celle que tu as choisi d'épouser pour siéger à tes côtés. Qu'aurais-tu fait si Thranduil ne m'avait pas reconnue? S'il m'avait condamnée à l'exil? Qu'aurait-tu fait si tu avais été contraint à m'oublier? Moi je sais que je n'y aurais pas survécu. Pas une seconde fois."

Il reste silencieux. J'avais bien remarqué son tressaillement à la mention de son cousin. Mais il est claire que je lui demande d'imaginer l'inimaginable. Je pose une main sur la sienne, et ma paume sur sa joue.

"Il est jeune, certes. Mais pas plus jeune que je ne l'étais lorsque je t'ai rencontré cette nuit à Henneth Annûn. Pas plus jeune non plus lorsque je l'ai rencontré lui aussi et l'ai adopté comme mon propre fils, et l'ai sauvé des orcs. Tu dois simplement avoir confiance en lui, et accepter qu'il puisse un jour tomber, comme chacun de tes soldats."

"Hana...chacun de mes soldat pourrait mourir pour cette terre, mais Galadh...Galadh ne vit que pour moi. Il ne se bat que pour me prouver qu'il est digne de moi, et ce n'est pas ce que je veux lui enseigner."

"Il apprendra. Laisse-lui le temps. Mais en attendant, s'il ne sort pas de ces murs, il pourrait s'enfuir et ne jamais revenir."

Il souffle et regarde par-dessus son épaule.

"Tu as probablement raison."

Je me redresse, et lui fais face.

"J'ai raison? Eh bien, c'est une occasion qui doit être fêtée!" je souris.

Il sourit en retour, son regard exprimant une envie qui grise mes reins. Il attrape ma main et m'attire vers lui.

"Dans ce cas, ne tardons pas. Les gardes pourraient nous voir..."dit-il en délaçant ma robe.

"Qu'ils voient et qu'ils entendent! Vous devriez savoir que je ne suis pas femme à me plier aux règles de bienséance..." je soupire en enlaçant mes doigts dans ses cheveux.

"Les Valar soient loués..."

Pour il me renverse sur le divan, avec la Lune pour seule témoin de nos ébats.

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Notre mariage a eu lieu 5 ans auparavant. Loin du faste et des fioritures de la cour royale, nous avons célébré notre amour aux yeux de tous, et étrangement...tous étaient heureux. Nimiel, Valiel, Fanen et Eäriel sont venues, me réprimandant sur ma fuite, mais me félicitant tout de suite après. Elle m'ont aidées à me préparer, à me calmer, et m'on rassurées.

Des célébrités de tout le royaume sont venues voir la Adaneth épouser la personnalité la plus éminente du royaume, après le roi. Roi qui n'a, bien entendu pas pu faire le déplacement. Hiris aurait été indisposée, et il devait effectuer un déplacement au moment même du mariage de son unique famille. Cet homme me dépasse. Mais je ne me plaindrais pas. Rînmalthen a fait comme si cela ne l'affectait pas, mais je le voyais parfois regarder vers la porte, comme s'il s'attendait à le traverser la double-porte, son habituel regard condescendant se promenant sur les convives.

Je sais que je ne crois pas en eux, mais ce jour-là...je sentais que les Valar étaient avec nous. Le soleil a brillé en Octobre, les moissons ont été abondantes, et les orcs semblaient avoir laissé du répits aux frontières. Et Galadh rayonnait, s'éclipsant de courts instants pour embrasser sa belle cachée dans les fourrés. Tout était parfait. J'ai reçu une lettre de Gwirith le matin même, ce qui prouve qu'elle avait calculé son temps. Ma nouvelle femme de chambre est satisfaisante, mais ce n'est pas elle qui aurait dû me coiffer et m'habiller pour mon mariage. J'avais l'impression de voler cet instant à une amie très chère. Une culpabilité qui ne me quitte toujours pas, d'ailleurs. Elle aurait dû me suivre, mais comme elle est employée par le roi et non par mon mari (mon Dieu que ça fait toujours bizarre de dire ça...), elle a dû rester au Palais pour occuper une place beaucoup moins importante ou gratifiante. Mais je lui ai envoyé une lettre lui disant que je ne tarderais pas à trouver un moyen de la faire venir, pourvu que le roi se montre conciliant. Elle m'a supplié de ne rien faire qui le contrarierait plus contre moi. Le fait qu'il ait ignoré ma fugue ne signifie pas qu'il ai pardonné quoi que ce soit. Eh bien soit. Je vais devoir vivre avec une personne de plus qui me déteste, même si c'est Thranduil.

L'après-coup du mariage est arrivé bien tard, en vérité. Après notre voyage de noces qui devait durer deux ans, et qui n'a en fait duré que six mois, au vu des tensions dans le Sud du Royaume. J'ai vu la mer...et j'ai dû attendre qu'il s'endorme dans la maison pour m'éclipser et pleurer sur le sable pendant de longues heures. Parce que ce désire, cette langueur que je croyais morte au fond de moi, a refait surface, sournoise, à la vue de l'horizon qui s'étendait loin devant moi. Et si, au bout de ce voyage, il y avait un espoir, même infime que je puisse revoir ma famille? Tante Allison? Mes parents? Clarisse? Mes grands-parents? Comme ils auraient aimé Rînmalthen! Comme ils auraient aimé cette Terre si elle ne m'avait arrachée à eux!

Le retour à la maison a été le plus dur. En vérité, affronter les courbettes au moment où j'ai posé pied à terre a été le pire. Je ne suis plus Firiel ou Adaneth ou Host...je suis la Dame Hana de Bar-en-Draug, co-régente des Terres ancestrales de la lignée des elfes sylvestres. Et s'il y a bien une chose que mon court séjour en tant que risée de ce peuple m'a apprit, c'est que si je veux survivre parmi eux, la première leçon qui aurait dû m'être donnée, c'est renier mes principes. Le socialisme ne peut marcher que si le peuple est prêt à le recevoir. Je vais diriger ce domaine d'une main ferme, et je vais commencer par cette maison. Elle est mienne, désormais. Je suis chez moi.

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"Qu'y a-t-il? Tu semble préoccupée?"

Je soupire, et ramène le drap sur ma poitrine, avant de tourner la tête vers le plafond.

"Je pensais...je pensais aux villageois. Les Hommes."

Intrigué, il se redresse sur son coude tandis que je m'assois contre mes oreillers.

"Ils sont la première barrière entre notre partie du Royaume et ce qu'il y a au-dehors. Cela ne me semble pas très juste de leur imposer cela. Ils ont été les premiers à pâtir de la menace de Gundabad, les premiers à vois venir les orcs lors de la Guerre de l'Anneau, et il semblerait qu'ils doivent encore subir de nouvelles pertes tant que le Roi-Sorcier vit encore."

J'ai pris un ton que je n'ai pas l'habitude de prendre lorsque je suis dans notre lit. Il soupire aussi lourdement.

"Et moi qui pensais qui pensais que tu voulais me quitter pour rejoindre Galadh..."

Je tourne la tête vers lui, comme piquée au vif. Mon poing s'écrase sur son bras, alors qu'il rit, massant tout de même son bras.

"Pardonne-moi!" rit-il

"Non. Je n'ai pas oublié, figure-toi. Mais ce n'est pas le sujet."

"Je sais." dit-il en reprenant le sérieux. "Les Hommes ont toujours été des alliés sûrs et de loyaux collaborateurs. Leur situation ne m'enchante pas plus qu'elle n'enchante...le roi."

Un silence gênant s'installe. Puis il reprend:

"Mais si tu veux remédier à leur sort ou rendre leur fardeau moins lourd à porter, tu es libre d'en faire part au conseil. Après tout, tu es leur Dame, et ils vivent sur ton domaine."

Je le regarde avec un peu de surprise et de reconnaissance.

"Notre domaine, et ça le restera tant que l'un de nous vit encore."

"Oui..."

Il me regarde à nouveau comme le soir suivant ma chute dans les bois. Je ne sais encore rien de ma situation, si je suis sensée vivre cinquante ans, vingt ans, cent ans...un jour...

Je me penche et me blotti contre lui, posant ma tête sur sa poitrine. Cela fait beaucoup trop de soucis pour une nuit. J'y verrais certainement plus clair demain.

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