Bonjour,

Titre : Once Upon A Time...

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic, UA

Résumé : « Raconte-moi une histoire. Une histoire remplie d'émotion, avec des moments d'amour parsemé de rêve. Je veux oublier que dans la réalité les contes de fées et les '' ils vécurent heureux '' n'existent pas. » Yaoi.

Bêta correctrice : pommedapi

Note 1 : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;). Un grand merci aussi à ma p'tite sœur qui ma aider à écrire le résumé et qui a aussi fait mon image de couverture. ^^

Note 2 : Merci à Taylor et CrazyGirlAventure pour leurs commentaires et un autre merci à Apollinea pour la mise en favoris de l'histoire.

Réponse au commentaire :

Taylor : Hey !

Ma fic te demande beaucoup de travail on dirait ! Retrouver le chapitre en question n'a pas dû être simple en plus. Surtout qu'il remonte un peu, mais apparemment ton travail c'est avéré assez concluant.

Du coup tu penses à Niji… Juste parce qu'il a les cheveux bleu le pauvre. Hey, ça pourrait tout aussi bien être Francky ou un OC. x) Essaye à fond de garder le mystère.

Zoro amoureux de Sanji ? Intéressant. Mais n'oublie pas que Sanji est déjà pris et qu'il aimé d'un amour fou sa Nami-chérie. Bon après c'est sûr que si Zoro aime vraiment le blond, ce n'est pas ça qu'il va lui faire perdre ses sentiments à son égard. Pour l'instant la relation qui lie l'inconnu – supposément Niji – est assez vague et est bien plus compliqué que tu ne le penses. C'est vrai qu'entre Sanji et Zoro c'est tout feu tout flammes et dés qu'ils se voient ils ne peuvent pas s'empêcher de se battre. Entre la haine et l'amour, il n'y a qu'un pas.

Zoro l'a-t-il franchi ? Est-ce qu'il se sert de Niji comme d'un vulgaire remplaçant à Sanji ? Et Niji y trouverait son compte en se servant de lui, de ses talents. Deal plutôt intéressant. Mais Zoro peut-il vraiment faire ça ?

Tu imagines bien que je ne vais pas te répondre ! Pas directement en tout cas.

C'est cool si les retrouvailles t'on plu, je me disais que j'avais pas l'impression qu'il se passait grand-chose et comme c'est un moment que les gens devaient attendre, ils seraient peut-être un peu déçu qu'au final il ne se passe pas grand-chose… Mais me voilà rassurée !

C'est vrai que la relation de Hancock et Roger est assez particulière

Et je comprends que tu t'interroge à ce sujet. Connaissant le caractère de chacun c'est sûr qu'on se demande comment ils ont bien pu finir ensemble. Je prends on compte ta demande et vais faire au mieux pour la traiter dans le prochain tome.

La scène du début et la discussion Shanks, Ace et Sabo m'a bien fait rire aussi. Surtout la partie où Sabo part pour éviter de s'énerver plus en prétextant de devoir aller aider Cavendish et ses longs cheveux ! Ne t'inquiète pas Shanks à bien rit une fois seul.

Tu vas être contente, la fameuse rencontre avec Makino arrive bientôt. Sans doute plus vite que tu ne le penses !

Merci pour ton commentaire et à bientôt !

Bonne lecture à tous!


Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.

C'est juste une histoire.

Leur histoire.

Parce que la vie n'est pas un conte de fées...

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Chapitre 34

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« Lorsque tu souffres, regarde la douleur en face, elle t'apprendra quelque chose. »

Inconnu

Ace


Vendredi 26 Mai 2017

Je pousse la porte de la maison et aussitôt, les bruits de discussion me parviennent. Je soupire, me sentant un peu fatigué, et m'empresse d'enlever mes chaussures que je laisse dans le placard de l'entrée. Je salue rapidement les personnes présentes au séjour et vais directement dans ma chambre, ignorant l'appel de Roger qui voulait certainement me dire quelque chose de très important. Ou pas, peu importe.

Je balance mon ordinateur sur mon lit et je ne dois qu'à ma bonne étoile le fait qu'il ne se soit pas écrasé par terre. J'aurais eu l'air fin… Je me sens sans énergie, défaitiste. Je me laisse tomber sur mon lit à mon tour et fixe avec lassitude mon plafond décoré de posters de mangas en tout genre.

Je ne sais même pas comment ça a pu arriver.

-Bordel !

Ça avait si bien commencé pourtant ! Je ne comprends plus rien. Maintenant, j'ai juste l'impression que Sabo m'en veut énormément car il doit se sentir blessé, peut-être même humilié. Je m'en veux car ce n'était pas le but mais j'ai beau me repasser la scène un nombre incalculable de fois, j'en arrive toujours à la même conclusion : j'ai clairement manqué de tact. C'est normal qu'il l'ait mal pris, ma réaction a été excessive. Mais sur le coup, j'étais perdu et il faut dire que j'ai paniqué.

C'est arrivé hier.

J'avais enfin pu me retrouver avec Sabo, ce qui n'était pas arrivé depuis bien longtemps. Je l'avais invité chez moi mais nous n'étions pas seuls au début. A vrai dire, il n'y avait eu que Luffy et Hancock qui ont cependant très vite décidé d'aller faire un tour dehors. C'est à ce moment-là que Sabo et moi étions montés dans ma chambre.

Au début, nous n'avions rien fait que nous ne faisions déjà, c'est-à-dire essayer de réviser avant de finalement abandonner pour pouvoir se faire un câlin amplement mérité. Après l'histoire du Grey Terminal, je ressentais toujours le besoin de l'avoir près de moi, de pouvoir m'abreuver de son souffle et me nourrir de ses baisers.

Les choses se sont un peu arrangées avec son déménagement clandestin et j'aurais d'ailleurs dû être rassuré mais ce n'est pas tellement le cas au final. J'ai constamment peur qu'il lui arrive un truc. J'ai peur parce que je connais mes limites. Je ne peux pas être toujours là. Je me sens si faible… Au fond, qu'est-ce que j'ai fait pour lui ?

D'ailleurs, je sais bien que lui aussi me trouve faible et n'a pas tellement confiance en moi. Il a préféré s'installer chez Shanks et Cavendish, des adultes, plus en mesure de l'aider qu'un gamin comme moi. Tout ça me vexe mais en même temps, je le comprends. J'aurais sûrement fait pareil. Je lui ai même dit que ça m'allait, que je comprenais, pour ne pas qu'il pense que je lui en veux. Mais même avec ça, il ne veut pas être honnête et il explique son choix par le fait que son père ne connait pas les deux hommes et ne pensera pas à le chercher là-bas.

Passons.

A ce moment-là, je faisais tout pour ne pas me laisser envahir par ce genre de pensées néfastes. Je voulais être bien avec lui et lui prouver…

Quoi ?

Que tout ceci était derrière nous ? Que je pouvais lui faire oublier tous ces tourments ? Au final, je me suis juste un peu trop emballé. On était étrangement tous les deux très excités et on avait ce besoin de l'autre. On s'embrassait avec empressement, allongés sur mon lit. Peau contre peau, on se caressait passionnément.

C'est là qu'il m'a sorti son truc.

« …Prends-moi… »

Je pense que je n'ai pas réagi tout de suite. Je n'ai même plus réagi du tout. Sabo a vite été inquiet de me voir immobile et il s'est redressé. Malgré lui, son regard s'est porté plus bas. J'ai fait de même sans vraiment réfléchir.

J'avais débandé complètement. Paniqué, je l'ai repoussé et suis parti m'enfermer dans la salle de bain. Le reste est un peu flou. Je crois que je suis resté assis par terre, mes affaires dans une main que j'avais la flemme d'enfiler, pendant plusieurs heures. Sabo a toqué à la porte, plusieurs fois.

Je ne lui ai jamais ouvert. Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'étais complètement paniqué, c'était trop inattendu. J'avais senti une pression sans nom m'envahir, un stress horrible engourdir mes membres et une odieuse réalité s'insinuer doucement en moi.

Sabo avait évolué et j'avais l'impression d'être derrière lui. A la traine. Je ne me sentais pas capable de faire ça. Je n'étais pas à la hauteur.

Je suis sorti seulement après avoir entendu les pneus d'une voiture crisser dans l'allée de la maison quand j'ai compris que Hancock et Luffy étaient rentrés. A moins que ce ne soit Roger.

Je n'avais pas été surpris de constater que Sabo n'était plus dans la chambre. Pourquoi serait-il resté ? Il avait dû me trouver totalement bizarre… Sérieux, c'était n'importe quoi !

Je soupire à nouveau sur mon lit. Aujourd'hui, je ne sais pas s'il est énervé contre moi mais en tout cas, je l'ai blessé. A cause des cours, on n'a pas vraiment pu se parler alors je n'ai pas pu sonder sa réaction. Mais le truc, c'est que j'ai un peu peur d'aller directement le voir. Je remercierai presque les examens de fin d'année et le Glee Club de me tenir aussi occupé...

Le Glee Club… J'ai un entrainement ce soir et si je ne veux pas être en retard, il faut que je parte maintenant.

L'esprit encore un peu embrouillé, je me lève et me change pour enfiler un jogging près du corps léger qui m'arrive en bas des genoux avec un haut assez simple. Je ne veux pas avoir trop chaud, je sais que je vais transpirer...

Je descends et salue Mihawk et Roger que je n'avais pas encore vus aujourd'hui. Luffy est parti. Je crois qu'il dort chez son ami au long nez et Hancock, franchement je me fous de savoir où elle est.

La première fois que j'ai vu Mihawk ici, je n'ai pas su comment réagir. A vrai dire, je me demandais ce qu'il faisait là et j'ai même douté d'être bel et bien éveillé. Il faut dire que sa présence ici était assez inattendue. Depuis le tournoi de kendo, je n'avais plus entendu parler de lui, que ce soit par Zoro ou par Shanks. Et si certaines personnes pouvaient bien avoir des nouvelles, c'était eux. Le roux m'avait pourtant rassuré sur le fait que le retour de Mihawk était sur de bons rails mais le temps avait tellement passé que je n'étais plus dans l'expectative de son retour. Pourtant, à force de le croiser à présent, je me suis habitué à sa présence silencieuse.

Luffy a été le plus heureux de retrouver son oncle. Sa joie a été communicative et a fait plaisir à voir. Seule Hancock ne semblait pas aux anges la première fois. Cependant, quand elle pensait que personne ne faisait attention à elle, l'ancienne mannequin observait son petit frère avec un autre sentiment que la colère ou le dédain.

Un jour, Roger m'a affirmé que les choses étaient compliquées entre le frère et la sœur. Sur ce point-là, je veux bien le croire.

-Roger.

Les deux hommes qui jusque-là étaient en pleine conversation se taisent et me fixent. Je me dis alors que c'était un peu impoli de ma part de les interrompre de la sorte...

-Je dois aller à la salle pour le Glee Club, est-ce que tu peux m'emmener ?

-Maintenant ?

Il regarde sa montre et grimace. J'hausse les épaules, comprenant que c'est non.

-C'est bon, je prendrai les transports en commun. Juste, si tu pouvais venir me chercher tout à l'heure. Je crois que je vais finir tard et qu'il y aura plus de bus.

-Non, attends !

Il se lève précipitamment et range les papiers qu'il avait sorti tout en cherchant des yeux les clés de sa voiture.

-Laisse, Roger. Je vais le conduire.

Je fronce les sourcils face à la proposition du brun. Ça m'étonne de lui. Mihawk et moi ne sommes pas proches, nous nous connaissons peu et le brun ne donne l'impression de vouloir nouer le contact qu'avec les gens qu'il pense digne d'intérêt. Il ressemble un peu à Zoro mais bizarrement, sa présence me met assez mal à l'aise. Il est difficile de parler avec lui.

Pourtant, j'accepte tout de même sa proposition. Après tout, j'ai simplement besoin qu'on m'emmène, peu importe qui le fait.

-Allons-y, me dit-il en prenant les clés de voiture que Roger lui tend.

Je ne dis rien et me contente d'acquiescer. On sort et sans rien dire, on s'installe dans la voiture. Pour alléger l'ambiance, je décide aussitôt de mettre de la musique. Le kendoka semble indifférent et démarre.

Je n'arrive pas à le cerner. Il est particulier. La première fois que je l'ai vu, je ne l'ai pas apprécié mais ça vient du fait qu'il avait battu mon ami à plate de couture donc ça ne compte pas vraiment. Mais déjà à ce moment-là, il m'avait semblé assez discret et peu expressif. Pas du genre à se mêler aux autres, assez solitaire, peut-être même un peu casanier. Quand je pense au fait qu'il est – ou était – amoureux de Shanks, j'ai du mal à y croire. Je ne parle même pas de ce qu'il s'est passé entre eux… Ils sont tellement différents !

Sa relation avec Luffy m'a également étonnée. Alors qu'il est presque froid – tout en étant assez courtois avec tout le monde – il semble assez proche du Chapeau de paille. Je comprends pourtant pourquoi Luffy l'aime autant : Mihawk semble vraiment beaucoup l'apprécier et ne le traite pas comme un gamin. Luffy a l'air de se sentir important à ses yeux.

-L'adresse.

-Hein ?

-L'adresse, répète-t-il simplement.

Heureusement, ça suffit pour que je comprenne et je m'empresse alors de la lui filer.

On échange aucun autre mot pendant tout le trajet. Et dire qu'il parle encore moins à sa sœur…

xXx

-5 ! 6 ! 7 et 8 ! On y va !

La musique se lance instantanément.

Nous sommes en place avec une formation 3/2. Nous sommes prêts.

Ohhh
Oh, no, oh, no
Oh
Hey, yeah!

Diridiri dirididi Daddy

Go!

Margaret commence et aussitôt, sa voix chaude s'élève. Elle fait trainer les mots sur sa langue alors que petit à petit, on commence à bouger, juste légèrement. J'enchaine ensuite.

Si sabes que ya llevo un rato mirándote
Oui, tu sais que je t'ai observé un bon moment
Tengo que bailar contigo hoy (¡D.Y.!)
Je dois danser avec toi aujourd'hui (D.Y.!)
Vi que tu mirada ya estaba llamándome
J'ai déjà vu que tes yeux m'appelaient
Muéstrame el camino que yo voy, oh
Montre-moi le chemin que je dois suivre

Brook nous observe, étudie la justesse des notes et aussi l'harmonie de la prestation. Il est étrangement sérieux mais c'est parce que la date du concours approche à grands pas et que nous ne sommes pas encore tout à fait prêts. A ses côtés, Inazuma et Ivankov semblent loin de cette pression et se contentent juste d'apprécier le spectacle.

Tú, tú eres el imán y yo soy el metal
Toi, tu es l'aimant et je suis le métal
Me voy acercando y voy armando el plan
Je vais me rapprocher et je vais préparer un plan
Sólo con pensarlo se acelera el pulso
Juste y penser et le pouls s'accélère
Oh, yeah

X-Drake prend le relais et c'est à partir de là que la chorégraphie commence vraiment. C'est une danse qui utilise beaucoup les hanches et les jambes. Quelques pas rapides alternés avec des pas langoureux et ainsi, on ne finit pas à bout de souffle à la fin de la chanson.

Ya, ya me está gustando más de lo normal
Moi, j'apprécie ça plus que d'habitude
Todos mis sentidos van pidiendo más
Tous mes sens en demandent davantage
Esto hay que tomarlo sin ningún apuro
Ce doit être accepté sans aucun problème

Margaret reprend. Brook nous a dit que cette chanson ne convient pas aux timbres de voix de Shirahoshi et de Perona alors elles n'ont pas de solo.

Des-pa-cito
Doucement
Quiero respirar tu cuello despacito
Je veux respirer doucement dans ton cou
Deja que te diga cosas al oído
Permets-moi de te dire quelque chose à l'oreille
Para que te acuerdes si no estás conmigo
Pour que tu y penses quand nous ne sommes pas ensemble

Des-pa-cito
Doucement
Quiero desnudarte a besos despacito
Je veux lentement te déshabiller de mes baisers
Firmo en las paredes de tu laberinto
M'inscrire sur les murs de ton labyrinthe
Y hacer de tu cuerpo todo un manuscrito
Et faire de ton corps tout un manuscrit

On chante le refrain tous ensemble en une harmonie parfaite. Les notes sont justes et la choré est admirablement bien maitrisée. On s'amuse bien aussi : c'est une chanson joyeuse qui doit donner envie aux gens de bouger.

Sube, sube, sube
Monter, monter, monter
Sube, sube
Monter, monter

La formation change. X-Drake et moi passons devant et je me lance dans un autre couplet. Pour une fois, je suis assez fier de mon chant. C'est une musique que je n'ai pas trop de mal à interpréter.

Quiero ver bailar tu pelo
Je veux voir tes cheveux danser
Quiero ser tu ritmo
Je veux être à ton rythme
Que le enseñes a mi boca
Apprends à ma bouche
Tus lugares favoritos
Tes endroits préférés
(Favorito, favorito, baby)
(Préférés, préférés, chérie)

Déjame sobrepasar tus zonas de peligro
Permets-moi de dépasser tes zones de danger
Hasta provocar tus gritos
Jusqu'à ce que tu cries
Y que olvides tu apellido
Et en oublies ton nom

On fait un pas pour reculer. Les filles reviennent devant et X-Drake se lance.

Si te pido un beso ven dámelo
Si je demande un baiser, donne-le-moi
Yo sé que estás pensándolo
Je sais que tu y penses
Llevo tiempo intentándolo
Je prends mon temps pour y arriver
Mami, estoy dando y dándolo
Chérie, c'est du donnant-donnant
Sabes que tu corazón conmigo te hace bom bom
Avec moi ton cœur va faire boum boum
Sabes que esa beba está buscando de mi bom bom
Tu sais que tu es à la recherche de mon boum boum

Ven prueba de mi boca para ver como te sabe
Viens goûter à ma bouche pour voir comment tu te sens
Quiero, quiero, quiero ver cuánto amor a ti te cabe
Je veux, veux veux voir quel amour tu donnes
Yo no tengo prisa, yo me quiero dar el viaje
Je ne suis pas pressé, ce qui importe c'est faire le voyage
Empecemos lento, después salvaje
Commencer lentement, puis sauvage

Pasito a pasito, suave suavecito
Pas à pas, tendrement tout en douceur
Nos vamos pegando, poquito a poquito
Nous allons nous rapprocher, petit à petit
Cuando tú me besas con esa destreza
Quand tu m'embrasses avec cette habileté
Veo que eres malicia con delicadeza
Je vois ta malice tout en délicatesse

Pasito a pasito, suave suavecito
Pas à pas, tendrement tout en douceur
Nos vamos pegando, poquito a poquito
Nous allons nous rapprocher, petit à petit
Y es que esa belleza es un rompecabezas
Et il est que cette beauté est un casse-tête
Pero pa' montarlo aquí tengo la pieza
Mais pour le résoudre j'ai la bonne pièce

¡Oye!

Margaret termine sa partie et on reprend à l'unisson pour la fin de chanson. Nous ne sommes plus limités par une chorégraphie alors on laisse simplement notre corps s'exprimer comme on l'entend. Ressentir la musique le plus simplement du monde.

Des-pa-cito
Lentement
Quiero respirar tu cuello despacito
Je veux respirer doucement dans ton cou
Deja que te diga cosas al oído
Permets-moi de te dire quelque chose à l'oreille
Para que te acuerdes si no estás conmigo
Pour que tu te souviennes quand tu n'es pas avec moi

Des-pa-cito
Doucement

Je termine en faisant bien trainer ma voix et en insistant sur chaque syllabe.

Comme à son habitude, Brook est ravi et nous applaudit. Je me demande s'il y a déjà eu un truc dans sa vie qui lui a déplu…

-Si vous faites la même prestation le jour J, vous gagnerez à coup sûr ! s'enthousiasme notre professeur de danse en regardant son compagnon.

-Nous devrions répéter encore une fois pour être sûr, propose cependant Inazuma.

-Ah, non ! s'écrie Perona. On ne peut pas faire une pause ? On en a vraiment besoin, je n'ai jamais autant transpiré de ma vie ! Je savais même pas que mon corps pouvait en produire autant ! continue-t-elle de se plaindre.

-Bon allez, une pause. Mais après, on reprend ! Hi-ha ! s'écrie Ivankov.

Nous soupirons tous de soulagement : cette pause on en a vraiment besoin. Brook nous apporte de l'eau pour qu'on puisse se désaltérer. La moitié des membres du Glee Club se laisse tomber par terre, morts de fatigue. Je n'arrive pas à croire qu'on devra enchainer autant de chansons et de chorégraphies le jour des nationales. Le niveau est clairement au-dessus par rapport aux régionales et ça se comprend.

Je prends avec grand plaisir la bouteille d'eau qu'on me tend avant de la laisser dans un coin et d'aller aux toilettes histoire de me rafraichir un peu le visage. J'ai tellement chaud, c'est horrible.

Je reviens dans la salle de danse quelques minutes plus tard et me dirige vers mon portable pour voir si je n'ai pas un message. Un seul de Roger qui me demande à quelle heure il doit venir me chercher.

Rien de Sabo.

En même temps, ça ne m'étonne pas. Et puis, je le comprends. Je ne sais pas quoi lui dire moi-même alors lui doit être encore plus paumé que moi… Ce week-end, on se voit tous à la bibliothèque pour réviser ensemble les épreuves du bac, pour se motiver et s'aider. J'aurais aimé lui parler avant mais c'est trop tard et je sais que demain, l'occasion ne s'y prêtera pas vraiment non plus.

Un peu fatigué, je me passe une main lasse dans les cheveux. Je n'arrive pas à croire que Sabo veuille déjà sauter le pas. Ça me fait bizarre et en même temps, ça me fait plaisir de savoir qu'il a envie de moi. J'avais aussi tellement envie de lui au tout début. J'avais même imaginé inconsciemment le prendre assez violemment sous la douche…

Pourtant, ce qu'on faisait jusqu'alors tous les deux me convenait très bien. Mais si je dois être honnête avec moi-même, je dirais surtout que j'ai peur et que ça me stresse… Je n'y étais pas préparé et je n'aime pas les imprévus. Ca m'a surpris et complètement déstabilisé.

-Bon, on va reprendre avec le solo de Margaret.

Elle acquiesce et se lève tandis que je m'assois un peu à l'écart. X-Drake me rejoint mais je ne le regarde pas. J'observe attentivement mon amie alors que la musique s'élève.

Puissante.

Party girls don't get hurt
Les filles fêtardes ne souffrent jamais
Can't feel anything, when will I learn
Elle sont tellement insensibles, quand deviendrai-je comme elles
I push it down, push it down
J'étouffe mes sentiments, complètement

Margaret a fait de la danse contemporaine et ça se voit. Elle est gracieuse et ses expressions sont justes. Sa voix est belle, pleine d'émotions et de tristesse. Elle n'a aucun mal à interpréter la souffrance dont parle la musique.

I'm the one "for a good time call"
Je suis celle qu'on appelle pour passer un bon moment
Phone's blowin' up, they're ringin' my doorbell
Le téléphone retentit sans cesse, ils sonnent à ma porte
I feel the love, feel the love
Je sens l'amour, je sens l'amour

1,2,3 1,2,3 drink (x3)
1,2,3 1,2,3 verres

Throw 'em back, till I lose count
Je me les envoie, jusqu'à en perdre mes moyens

La musique me prend et je me souviens de ces jours comme si c'était hier.

J'allais dans des bars, je buvais. Beaucoup. Ignorant les coups de fils incessants de ma mère et l'inquiétude qui devait la ronger. Je buvais pour oublier. M'oublier. Juste quelques instants et peu importait si le lendemain, tout recommençait. Juste pour un moment au moins, je pouvais oublier.

I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier
Je vais me balancer au lustre, au lustre
I'm gonna live like tomorrow doesn't exist
Je vais vivre comme si demain n'existait pas
Like it doesn't exist
Comme s'il n'existait pas
I'm gonna fly like a bird through the night, feel my tears as they dry
Je vais voler comme un oiseau à travers la nuit, sentir mes larmes sécher sur mes joues
I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier
Je vais me balancer au lustre, au lustre

A tous les coups, j'avais l'impression d'être bien alors que c'était tout le contraire. Le lendemain quand je me réveillais, je regrettais. Toujours. J'avais à chaque fois l'impression d'être tombé plus bas encore. Je me disais qu'un jour, je ne me relèverai pas, que la chute serait tellement horrible que je n'y arriverai pas. Je voulais arrêter de me perdre, de trouver un pseudo apaisement dans la boisson et les conneries mais c'était plus fort que moi. C'est triste à dire, mais c'était seulement dans ces moments-là que je me sentais normal.

Que j'arrivais à oublier que tout allait mal et qu'au final, c'était juste de ma faute.

And I'm holding on for dear life, won't look down won't open my eyes
Et je me cramponne de toutes mes forces, je ne regarderai pas en bas, je n'ouvrirai pas les yeux
Keep my glass full until morning light, 'cause I'm just holding on for tonight
Je garderai mon verre rempli jusqu'à l'aube parce que ce soir, je tiens le coup, c'est tout
Help me, I'm holding on for dear life, won't look down won't open my eyes
Aidez-moi, je me cramponne de toutes mes forces, je ne regarderai pas en pas, je n'ouvrirai pas les yeux
Keep my glass full until morning light, 'cause I'm just holding on for tonight
Je garderai mon verre plein jusqu'aux premières lueurs du jour, parce que ce soir, je tiens le coup, c'est tout
On for tonight
Ce soir, je tiens bon

Sun is up, I'm a mess
Le soleil est levé, je suis crevée
Gotta get out now, gotta run from this
Je dois sortir maintenant, échapper à tout ça
Here comes the shame, here comes the shame
Voilà la honte qui se pointe, la honte qui me rattrape

Margaret passe près de nous et sa voix s'élève encore pour ralentir progressivement. Ses gestes sont précis et elle nous montre toute l'étendue de son talent. Je ne l'ai jamais remarqué avant mais elle est très belle. Elle captive son auditoire si bien qu'on n'arrive pas à la quitter des yeux.

1,2,3 1,2,3 drink (x3)
1,2,3 1,2,3 verres

Throw 'em back till I lose count
Je me les envoie, jusqu'à en perdre le compte

I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier
Je vais me balancer au lustre, au lustre
I'm gonna live like tomorrow doesn't exist
Je vais vivre comme si demain n'existait pas
Like it doesn't exist
Comme s'il n'existait pas
I'm gonna fly like a bird through the night, feel my tears as they dry
Je vais voler comme un oiseau à travers la nuit, sentir mes larmes sécher sur mes joues
I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier
Je vais me balancer au lustre, au lustrer

Il y a eu cette fille un soir. Le soir où je buvais pour oublier que mon père m'attendait chez moi. Je me demande ce qu'elle est devenue… Est-ce qu'elle a changé ? Et moi, est-ce que je suis toujours le même ? Est-ce que j'ai réussi à progresser au moins un peu ? Je ne veux plus jamais me sentir aussi mal que ces fois-là. Ne plus avoir peur de tomber plus bas que je ne le suis déjà et prier pour pouvoir me relever…

And I'm holding on for dear life, won't look down won't open my eyes
Et je me cramponne de toutes mes forces, je ne regarderai pas en bas, je n'ouvrirai pas les yeux
Keep my glass full until morning light, 'cause I'm just holding on for tonight
Je garderai mon verre rempli jusqu'aux premières lueurs du jour, parce que ce soir, je tiens le coup, c'est tout
Help me, I'm holding on for dear life, won't look down won't open my eyes
Aidez-moi je me cramponne de toutes mes forces, je ne regarderai pas en bas, je n'ouvrirai pas les yeux
Keep my glass full until morning light, 'cause I'm just holding on for tonight
Je garderai mon verre plein jusqu'aux premières lueurs du jour, parce que je veux juste tenir bon toute la nuit
On for tonight (x2)
Ce soir, je tiens bon
'Cause I'm just holding on for tonight
Car je veux juste tenir bon toute la nuit
Oh I'm just holding on for tonight
Oh ce soir, je m'accroche à cette nuit
On for tonight (x2)
Ce soir, je tiens
'Cause I'm just holding on for tonight
Car je veux juste tenir bon toute la nuit
'Cause I'm just holding on for tonight
Car je veux juste tenir bon toute la nuit
Oh I'm just holding on for tonight
Oh ce soir, je m'accroche à cette nuit
On for tonight (x2)
Ce soir, je tiens

Aujourd'hui, je tiens… Encore.

Tout le monde applaudit et je fais de même après quelques secondes de flottement.

Et demain aussi.

Samedi 27 Mai 2017

Je ne suis jamais venu à la bibliothèque municipale de Dawn. Elle est grande et joliment décorée. Une salle est même uniquement réservée aux étudiants pour les périodes d'examen. C'est calme et ça a quelque chose d'assez apaisant, de tranquille. Assis sur une grande table au fond, nous essayons également de réviser. Le groupe au complet est présent : le même que pour les vacances. Les personnes qui travaillent à la bibliothèque municipale nous ont regardés d'un drôle d'air quand tout ce beau monde a débarqué. C'est vrai qu'on est nombreux et encore, on n'est pas tous arrivé en même temps.

Chacun revoit silencieusement ses cours seul ou alors par petits groupes quand certaines choses ne sont pas comprises. Pour ma part, je me suis mis sur l'un des poufs à proximité de la grande table. Mes fiches – enfin les fiches de Nami – dans les mains, je relis tranquillement mes cours de français. Je ne suis pas certain que ce que je fais est vraiment utile, je ne suis pas tellement concentré. Je sais que je dois bosser et c'est bien pour cette raison que je suis là mais à vrai dire, je n'ai pas la tête à ça aujourd'hui.

Mon portable vibre et c'est presque un soulagement. C'est l'occasion rêvée pour moi de faire une petite pause sans me sentir coupable.

De : Law

A : Ace

Deux jours loin de tout. Toi, moi et Zoro. Ca te dit ?

Je fronce les sourcils, étonné du contenu du message. Je le relis même pour être sûr d'avoir bien compris.

De : Ace

A : Law

Il s'est passé quelque chose ? Tu vas bien au moins ?

De : Law

A : Ace

Oui. Pourquoi être tout de suite aussi suspicieux ?

De : Ace

A : Law

Parce que ce n'est pas dans tes habitudes de demander des trucs comme ça. Mais ouais, pourquoi pas !

J'ai répondu un peu simplement mais en réalité, ça me ferait vraiment plaisir. Depuis que je suis ici, j'ai très peu vu mes amis alors qu'avant, on était souvent ensemble. Les choses étaient plus simples à ce moment-là de ce point de vue. On était entre nous et ça nous allait très bien. On n'avait pas besoin de grand-chose, on se sentait libre d'une certaine façon. Ce n'était pas tout le temps vrai mais ce n'était pas grave. Ça nous suffisait en quelque sorte.

-Ace, je peux reprendre mes fiches ?

Je relève mes yeux de mon portable pour voir Nami légèrement penchée au-dessus de moi.

-Oui, c'est bon.

Je lui rends ses fiches et me lève pour aller dehors grâce à la baie vitrée. Je vais dans mes contacts et appelle Law. S'il m'a envoyé un message, c'est qu'il est libre et que je peux l'appeler sans risquer de le déranger. Il répond d'ailleurs dès la deuxième sonnerie.

-Qu'est-ce qu'il y a ?me demande-t-il aussitôt.

-Rien de spécial. Je trouvais juste plus simple de t'appeler pour en parler.

Je traverse la route et marche jusqu'à un petit muret en face de la bibliothèque. Je suis encore visible pour mes amis normalement.

-Tu voudrais faire ça quand ? Tu vas pas être trop occupé par tes cours ?

-Justement. J'ai besoin de me vider un peu la tête, je suis fatigué.

Je ne dis rien. Je l'écoute juste me parler et je sens dans sa voix une réelle fatigue. Je soupire et malgré moi, mon regard se perd sur la route en face. Les voitures qui passent et les arbres qui bougent légèrement. Je reporte toutefois très vite mon attention sur Law avant de complètement me disperser.

-Est-ce que Jewerly te manque ?

Rien. Dans un premier temps seulement. Ensuite, un soupir. Et l'entendre me fend le cœur.

-C'est mieux comme ça.

-Tu lui parles toujours ?

-Pas vraiment.

Il étouffe un petit rire et ce son me fait presque froid dans le dos.

-Quand j'ai mis fin à notre relation, j'ai aussi décidé de couper complètement les ponts avec elle. Ça n'aurait pas été vivable sinon.

-T'arrives à surmonter tout ça ?

C'est la première fois que Law est aussi bavard, aussi enclin à parler de ses sentiments, de ce qu'il ressent. Alors j'en profite.

-Je pense que c'est plus dur pour elle que pour moi.

-C'est une blague ? je demande, complètement désabusé.

Il est sérieusement en train de la défendre après tout ce qu'il s'est passé entre eux ? Ce qu'elle lui a fait ?

-Jewerly passe pour la méchante mais elle ne l'est pas, Ace. Grâce à elle, j'ai compris que ça ne marcherait pas. Je sais qu'elle m'aime et je tiens à elle moi aussi mais je sentais déjà depuis un moment que ça n'allait pas, qu'on s'éloignait. Je n'avais simplement pas le courage de la quitter, j'avais peur de la solitude que je rencontrerais alors. C'est bizarre pour quelqu'un d'aussi solitaire que moi... Il faut croire qu'on ne veut jamais être complètement seul…

-Tu sais bien que tu ne l'es pas ! Zoro et moi, on est là ! dis-je dans le but de le rassurer un peu.

Pourtant, je comprends ce que ressent Law. A une époque de ma vie, j'avais peur de me retrouver seul. Qu'un jour ma mère se rende compte que Roger avait eu raison de foutre le camp et qu'elle m'abandonne aussi. Je me détestais à cause de mes tocs, j'avais l'impression d'être complètement dingue des fois.

-Tu as changé, me dit-il soudainement, me prenant ainsi complètement au dépourvu.

-Ah bon ? je fais, incertain.

-Oui.

-Je n'ai pas cette impression-là moi.

-Eh bien, tu te trompes. On dirait que tu as un peu grandi, rigole-t-il. Tu as pris en maturité.

-Et à quoi tu le mesures? je demande, curieux.

Je suis content, c'est sûr, mais étant donné que je ne partage pas tout à fait son avis, je suis assez sceptique.

-Avant, je ne t'aurais jamais parlé de ce qu'il se passait avec Jewerly ni de comment je me sens en ce moment. Maintenant, je le peux. J'en ai envie. Je sens que je peux le faire.

Ce que me dit mon ami me touche. Je peux même dire que ça m'émeut. Je suis content de voir que mes efforts payent et que quelqu'un est capable de le remarquer. Je suis sur la bonne voie. Ce n'est pas encore ça mais je sais que je peux y arriver.

-Merci.

Law et moi discutons encore quelques minutes de ce week-end tous les trois, des examens mais aussi de ma relation avec Sabo. Ce n'est pas un sujet que j'ai particulièrement envie d'aborder alors on passe vite à autre chose pour finir par raccrocher peu de temps après.

Je suis surpris de sentir une présence à côté de moi aussitôt après avoir raccroché. Je me retourne brutalement et fixe Sabo pendant quelques secondes sans savoir quoi dire et surtout, en me demandant s'il a entendu ma conversation avec Law. Je n'ai rien dit de compromettant, loin de là, mais ma conversation était privée et j'espère bien qu'elle l'est restée.

Voyant que je l'observe avec un peu trop d'instance, Sabo me contemple à son tour. Ses sourcils se froncent et ses petits yeux marron me fixent en une question muette. Son visage se détend ensuite comme s'il venait de comprendre quelque chose et il me sourit.

-On fait tous une pause.

-Ah.

Il n'ajoute rien d'autre et comme moi un peu plus tôt, il observe le passage des quelques rares voitures qui traversent la route. Comme j'ai encore un peu de temps devant moi, je décide de me fumer une clope. Je sors mon paquet avant de m'arrêter sur le visage de Sabo qui me fixe une nouvelle fois.

-Ça te gêne si je fume ?

-Euh, non, répond-il après un temps d'hésitation.

Je m'allume alors une cigarette et inspire avec apaisement ma première bouffée de nicotine.

-Je suis désolé, Ace.

Surpris, je me retourne vers lui et le dévisage, les sourcils froncés.

-J'étais en colère contre toi en partant jeudi soir. Je me sentais humilié et j'étais dégoûté de moi-même. Après que la colère soit retombée, j'ai eu vachement honte... C'était n'importe quoi…

-Non !

Je m'empresse de l'arrêter quand je comprends enfin de quoi il parle.

-Si. Ce n'était pas le moment, je sais même pas ce qu'il m'a pris.

J'ai l'impression d'avoir un goût amer dans la bouche. Ecœuré, je jette ma cigarette par terre et l'écrase avec mon pied pour l'éteindre.

-Arrête de t'excuser. T'as rien fait de mal.

-C'est vrai ? me demande-t-il le plus sincèrement du monde.

J'acquiesce de façon un peu penaude.

-Alors pourquoi j'ai l'impression que tu m'en veux ?

-Je ne t'en veux pas, Sabo...

Je m'empresse de le rassurer, m'en voulant de l'avoir inquiété pour rien.

-En vérité, c'est à moi que j'en veux. Ma réaction a été disproportionnée. J'ai eu honte et je me suis monté la tête en imaginant ce que tu pouvais bien penser de moi…

Je baisse les yeux quand la honte me submerge à nouveau mais je n'ai pas le temps de me morfondre que je sens la main de Sabo se poser sur mon épaule.

-On va dire qu'on s'excuse tous les deux et qu'on se pardonne aussi. On a juste été maladroit, ça ira mieux la prochaine fois…

Il me prend dans ses bras et soupire d'aise.

-Je suis content de pouvoir parler de ça avec toi.

-De quoi ? De sexe ?

J'essaie d'avoir l'air détendu.

-Oui. On n'en a jamais vraiment parlé avec Koala même si un peu avant la fin de notre relation, on avait poussé un peu plus nos contacts. Avec toi, je me sens plus libre, je n'ai pas honte de mon inexpérience. Je sais que je peux te poser des questions, que je peux partager mes doutes avec toi. Je me sens en confiance.

Il me sourit et pour une fois, il ne rougit pas du tout. Attendri, je l'attire un peu plus vers moi et passe mon bras dans son dos.

-J'ai vraiment envie de toi, Ace. Je veux qu'on fasse l'amour.

Cette fois, c'est moi qui rougis complètement. Je suis gêné et en même temps… Entendre Sabo parler ainsi m'excite beaucoup. Heureusement qu'il n'y a que nous dehors...

-Moi aussi.

-Alors pour-

-C'est juste…, je l'interromps aussitôt. J'ai peur que ça se passe mal et aussi de ce que ça pourrait changer entre nous. Tu vas sûrement trouver ça bizarre mais pour moi, ce n'est vraiment pas anodin.

-Je sais.

Sabo s'approche encore plus de moi et sa main gauche caresse doucement ma joue. Lentement, ses lèvres s'approchent des miennes pour se poser délicatement dessus. Ça ne dure que quelques secondes. Il pose ensuite son front contre le mien et, les yeux fermés, j'écoute le bruit de sa respiration.

-Pour moi aussi c'est important. Surtout parce que je vais le faire avec la personne que j'aime. Ne te mets pas la pression, Ace. Si tu n'es pas prêt, c'est pas grave. Ça arrivera quand ça arrivera.

-J'en ai envie.

J'ouvre les yeux et plonge dans son regard si expressif et chaleureux.

-Je t'aime, me dit-il et je me demande comment il est possible que je puisse l'aimer à ce point.

Je sais qu'il est différent de Makino. Il m'a choisi et m'aime vraiment, lui.

-Je… t'aime aussi.

Il me sourit et se redresse. Il tire sur mon bras pour m'obliger à me lever à mon tour. La pause est finie, on dirait.

On repasse par la baie vitrée pour retrouver les autres et je remarque tout de suite quelques coups d'œil vers nous. C'est évident qu'ils nous ont vus nous embrasser et même si leurs regards ne sont pas spécialement hostiles, je me retourne pour voir la réaction de Sabo. Il passe devant moi tranquillement. Peut-être qu'il n'a pas remarqué qu'on était le centre de l'attention. Tant mieux.

-Alors les tourtereaux, prêts à reprendre la séance de torture ? demande Margaret, assise aux côtés de Shiraoshi et de Perona qui discutent doucement.

-Quelle torture ? J'aime bien étudier, répond Sabo en déverrouillant son ordinateur.

-Je vais faire comme si j'avais rien entendu, grogne Sanji en s'étirant.

Je soupire à mon tour alors que mon blond me jette un coup d'œil amusé.

-Où sont X-Drake et Koala ? je demande quand je vois qu'ils ne manquent plus qu'eux.

-Ils sont en haut. Ils ont profité de la pause pour aller se prendre à boire dans le petit coin café à l'accueil, lance Nami avant de se poser sur les poufs un peu plus loin.

-Ah OK.

Sans vraiment pouvoir m'en empêcher, j'esquisse un petit sourire. Leur relation m'a toujours intriguée. Ça fait un petit moment que je me demande ce qu'il se passe entre eux. J'ai l'impression qu'X-Drake a un faible pour l'ex-copine de Sabo. Koala par contre, j'arrive pas trop à savoir. Elle était tellement à fond sur Sabo, est-ce qu'elle a enfin réussi à tourner la page et à passer à autre chose ? J'espère.

En tout cas, je pense qu'ils feraient un beau couple. X-Drake n'aime pas trop parler de lui ou même de sa vie donc je ne pense pas que si je lui demandais ce qu'il se passe, il me répondrait honnêtement. Je vais juste continuer à observer et si je peux, aider. Je suis sûr que ça ferait extrêmement plaisir à mon blond de savoir son amie de nouveau en couple et heureuse.

-Pourquoi tu souris comme ça ? On dirait un psychopathe, pouffe soudain Sabo.

-Je vais prendre ça pour un compliment.

Les deux retardataires redescendent cinq minutes plus tard. Ils sourient. Ce n'est pas vraiment dans mes habitudes de dire ça mais ils sont assez mignons...

Dimanche 28 Mai 2017

Je suis dans ma salle de bain, je sors tout juste de la douche. Une simple serviette accrochée autour de la taille, je fixe mon reflet dans le miroir. Mes cheveux bruns encore mouillés sont à moitié plaqués sur mon front et quelques gouttes tombent lentement sur mon visage, allant même s'écraser au sol quelques fois.

J'essaie de respirer lentement, de prendre mon temps et de ne pas brusquer les choses. Tout va bien se passer.

Je repense à ma liste alors que mes yeux se baissent sur le lavabo.

1. Avoir des rapports charnels.

2. Arrêter les vérifications. Laisser la fenêtre ouverte, toute la nuit.

3. Ne plus se laver les mains à tout bout de champ. Toucher quelque chose de sale et ne pas se laver les mains après.

4. Parler avec Makino.

5. Parler librement de ses tocs à ma famille et à mes amis.

6. Prendre un peu de recul. Faire confiance aux autres et ne plus s'immiscer dans la vie de ses proches.

7. Appeler Roger « papa ».

8. Dire à ma mère que je sors avec Sabo. Un garçon.

9. Se confier sur le mal-être que j'ai ressenti lors de la séparation de mes parents.

10. Dire à Sabo que je suis malade et que j'ai essayé de me suicider. D'une balle dans la tête.

J'ai déjà plus ou moins effectué le numéro deux. Les vérifications se font de plus en plus rares depuis mon retour de South Blue. J'ai également commencé à me montrer plus amical envers le nouveau petit ami de ma mère. Il y a aussi le très gros effort que j'ai fait auprès de mes amis pour arrêter de me mêler de leur vie privée. Je tente vraiment de rester à ma place à présent. Je ne sais pas si du coup, je peux considérer que je suis en bonne voie pour le sixième objectif.

Aujourd'hui, si je suis là dans ma salle de bain à fixer mon reflet depuis plusieurs minutes, c'est parce que j'essaie de trouver le courage de réaliser le troisième objectif. J'avoue que celui-ci me répugne grandement.

Il faut que j'arrête mes lavements de main intempestifs. Ils ne sont là que pour me rassurer, me procurer pendant un court instant de l'apaisement et un sentiment de bien-être. Mais au fond, ce n'est qu'une illusion. C'est un cercle vicieux. Je crois me sentir mieux mais c'est tout le contraire. C'est pourquoi je dois arrêter. Me contrôler, arrêter ces pensées funestes qui détruisent mon esprit. Je peux m'en sortir autrement.

Je prends alors une grande inspiration. J'enlève le bouchon du lavabo et c'est en grimaçant que je plonge quelques doigts à l'intérieur du trou.

-Sérieux, c'est trop dégueu…

Je soupire et cherche le courage suffisant pour laisser un peu plus ma main dans cet endroit gras et rempli de microbes.

Je ne tiens que quelques secondes avant de m'empresser d'enlever mes deux doigts. Je me dis après coup en les fixant que j'aurais pu commencer par quelque chose de plus simple, comme serrer la main de Luffy. Je suis sûr que bien souvent, il ne se lave même pas les mains en sortant des toilettes…

Le plus dur a été fait. Il ne faut pas que je craque à présent. Je dois juste me rincer les mains – pas de savon ni de frottages intensifs et douloureux – puis sortir. Je me laverai les mains plus tard, avant de manger ou en sortant des sanitaires. Pas avant si je n'en ai pas besoin. Je peux le faire.

J'inspire un grand coup et me rince les mains avant de me mettre à compter de façon méthodique dans ma tête tout en me rhabillant assez vite. Je dois vider mon esprit et ne pas laisser de pensées sinistres m'envahir.

Deux minutes plus tard, je suis dans ma chambre et m'affale sur mon lit en continuant à compter.

Ce manège dure encore quelques secondes et puis je m'arrête, un plus serein que précédemment. Je reste allongé sur mon lit à fixer le plafond de ma chambre.

Je ne pense à rien. C'est une sensation plutôt agréable.

C'est la sonnerie de mon portable qui me sort de cet état de flottement. J'ai le sourire aux lèvres quand je décroche : c'est Zoro.

-Hé ! Law t'a parlé du week-end qu'il veut qu'on se fasse tous les trois ? j'attaque aussitôt, ne lui laissant pas le temps de placer un seul mot.

-Oh, ouais, répond-il simplement.

Je perds toute joie à l'entente de son ton un peu morne. Je fronce les sourcils et me demande s'il y a un problème. Je décide alors de laisser tomber l'idée d'aborder le sujet de ce week-end et préfère m'intéresser à lui.

-Y a un problème ?

Il hésite et ne dit pas un mot, ce qui m'inquiète d'autant plus.

-Zoro ? Y a un problème ? je répète, me demandant bien ce qui peut le tourmenter à cet instant.

-Rien de très grave, finit-il par dire. C'est juste que… T'as déjà fait quelque chose de mal tout en te disant que c'est peut-être pas si mal que ça ?

J'ai comme un petit blocage. Je ne suis pas sûr de moi, de ce que j'ai entendu, et encore moins de ce que je dois dire. Ce n'est pas dans les habitudes de mon meilleur ami de me demander ce genre de choses ni de se prendre la tête avec ce genre d'interrogation. Je remarque également le fait qu'il n'a pas réellement répondu à ma question et qu'il m'a plus posé une colle qu'autre chose.

-Je ne sais pas, Zoro.

Je souffle en passant ma main droite dans mes cheveux.

-Pourquoi tu ne me dirais pas ce que t'as ? Ce serait plus simple pour moi. T'as des emmerdes ?

-Non. Enfin, pas moi directement.

-Quoi ?

-Ecoute, c'est rien. De toute façon, tu pourras pas y faire grand-chose.

-Peut-être mais j'aimerais quand même savoir ce qui te mine autant le moral.

Il y a une nouvelle fois un silence qui m'indique qu'une fois de plus, il réfléchit.

-Koshiro va peut-être devoir vendre son dojo, lâche-t-il alors.

-Quoi ?!

J'ouvre grand les yeux de stupéfaction, ayant du mal à y croire.

-Mais pourquoi ?

-Je sais pas, c'est pas lui qui veut mais avec la pression qu'on lui met, il y sera peut-être obligé…

-Comment ça ?

-C'est récent. Enfin, ça fait déjà plusieurs semaines maintenant que des mecs en costard – des investisseurs - ont racheté pas mal d'immeubles dans le quartier où y a l'dojo. Ils veulent tout raser et construire un autre grand truc. Les autres proprios ont déjà tous accepté les sous d'ces mecs. Tous, sauf Koshiro. Il veut pas vendre, m'explique-t-il.

-S'il veut pas, c'est son choix. Ils peuvent pas l'obliger, non ? je demande tout en appréhendant sa réponse.

-J'sais pas, ça n'a pas l'air d'être des rigolos.

-Tu sais qui ils sont ?

-Pas vraiment. C'est la famille Vinsmoke. Parait qu'ils sont connus.

J'ai l'impression de m'étouffer avec ma salive. Je tousse bruyamment alors que dans le même temps, je balbutie des mots dans le téléphone.

-Hein ? lance Zoro qui ne comprend rien à ce que je dis.

-La famille de Sanji ?! j'articule quand enfin, je ne suis plus en train de m'étouffer.

-Le sourcils en vrille ? C'est sa famille ?!

Il jure à voix basse et je comprends qu'il n'avait pas encore fait le rapprochement.

-Bon en même temps, ils se ressemblent, j'aurais dû m'en douter..., grince-t-il finalement.

-C'est clair. Merde, ça doit pas être facile pour Koshiro. Il parait que ce sont pas des tendres, dis-je, sincèrement inquiet pour le prof de Zoro.

Zoro ne dit rien et je comprends pourquoi au début de la conversation, il me disait que je ne pourrais rien faire pour lui. Encore une fois, je suis impuissant mais je comprends pourquoi et je suis en mesure de l'accepter, même si c'est difficile. Tout ce que je peux faire, c'est soutenir mon ami tout en espérant que les choses s'arrangent pour le dojo. Mais je ne sais pas pourquoi, je sens que Zoro me cache encore quelque chose.

-Est-ce qu'il y a autre chose ?

Je me mors la lèvre inférieure, légèrement préoccupé.

-Niji.

-Niji ? C'est qui ?

-C'est celui qui s'occupe de l'avancement du projet. Il m'a proposé un truc...

-Quel genre de truc ?

-Un truc… Il m'a dit que si j'acceptais d'être à lui, il laisserait le dojo et Koshiro tranquilles...

Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris. Ou de vouloir comprendre.

-Quand tu dis « accepter d'être à lui », ça veut dire…

- Ca veut dire ce que ça veut dire, Ace.

- Mais… Entièrement ?

- Ouais.

Je crois halluciner. Ce que me dit Zoro semble complètement irréel. Je me souviens alors de ce type que j'ai aperçu au Royaume de Torino en compagnie de Nami et de Perona lorsque j'ai voulu suivre mon ami. Le type qu'il a retrouvé et leur relation m'avaient paru vraiment très étranges. Ce devait être ce Niji. Ca expliquerait pourquoi Nami avait l'impression de le connaitre.

-Qu'est que tu lui as dit ?

Je ne sais pas pourquoi mais j'ai un mauvais pressentiment.

-Qu'il pouvait aller se faire foutre. Je lui ai balancé mon poing dans la figure et il m'a aussitôt rendu la pareille. Je sais pas trop ce que je devrais faire en fait…

-Mais bien sûr que si tu sais ce que tu dois faire ! je m'emporte soudainement. Tu peux pas accepter ce genre de chantage odieux, Zoro ! Tu peux pas… vendre ton corps au premier venu !

-Ouais mais je vois bien que tout ça est en train d'avoir raison de la santé mentale de Koshiro. Ils arrêtent pas de le harceler, ils le poussent à bout.

- Qui te dit qu'ils vont le laisser tranquille même si tu le fais ? je lui fais remarquer. Ces types n'ont pas l'air d'avoir beaucoup de moralité !

- Je sais, c'est pour ça que j'ai revu Niji deux ou trois fois déjà… Au début, je voulais négocier mais…

Je ne dis rien car j'étais déjà plus ou moins au courant.

-Tu sais, Ace, je crois qu'il m'attire quelque partPourtant, j'ai pas envie de ce genre de relation. C'est qu'un gros connard et ça m'énerve mais… Je sais pas, il m'attire.

Je respire un grand coup pour tenter de comprendre mon ami. Sans le juger.

-Qu'est-ce qui pourrait t'attirer chez lui, Zoro ? Il te fait du chantage et se fout de tes sentiments…

- J'en sais rien.

Il soupire.

-Me prendre la tête pour des trucs comme ça, c'est pas mon genre. C'est pour ça que je suis perdu...

Je ne réponds pas. J'ai du mal à reprendre pied. Je ne comprends plus rien et lui non plus si j'en crois ses derniers mots.

-Le pire, c'est que c'mec a le culot de me dire que pour moi, aider Koshiro est juste un prétexte.

Je retiens ma respiration.

-Est-ce qu'il a raison, Zoro ?

-Non. Mais j'ai peur qu'un jour, ce soit le cas. Cette histoire me fait vraiment chier, tu peux même pas imaginer à quel point...

Oh, si. T'inquiète pas pour ça...

Lundi 29 Mai 2017

-Je pense que vous l'avez tous déjà remarqué mais la fin de l'année approche à grands pas.

Marco, légèrement en appui sur son bureau face à nous, arbore une mine extrêmement sérieuse.

Beaucoup d'élèves soupirent à cette évocation. Pour ma part, même si le fait d'avoir des examens à la fin de l'année ne m'enchante pas, j'essaie de garder le moral en me disant que les vacances arrivent derrière. Mais j'avoue qu'avec ce que j'ai appris hier, j'ai un peu de mal. J'ai pensé aux problèmes de Zoro toute la nuit tout en sachant que je ne pourrais rien faire pour lui. Ni pour ce chantage, ni pour son dilemme personnel.

-Je suis content de voir à vos têtes qu'effectivement, ça ne vous a pas échappé.

Il esquisse un discret sourire et se déplace lentement dans la classe. D'autres petits soupirs s'élèvent. Apparemment, les révisions donnent du fil à retordre à certains élèves.

-Travaillez sérieusement vos cours et n'hésitez pas à poser des questions à vos professeurs. S'il y a un thème ou une notion que vous n'avez pas compris, c'est maintenant qu'il faut vous manifester. Après, il sera trop tard. Quoi que ça pourra toujours vous servir l'année prochaine…

-Nico Robin nous fait déjà faire des séances de révision pendant ses cours, l'informe Sabo.

-Très bien.

Marco retourne à son bureau et je me demande ce qu'il fait.

-Je ne sais pas si vous vous en rappelez mais en début d'année, je vous avais demandé d'écrire de manière anonyme sur un papier vos objectifs pour l'année ou juste vos sentiments quant à la nouvelle rentrée qui débutait.

Il sort les papiers en question et les agite devant nos yeux.

-Je vais vous en lire quelques-uns et si les auteurs de ces mots souhaitent s'exprimer, ils peuvent bien entendu le faire. Si vous ne le souhaitez pas, vous pouvez tout simplement vous abstenir ou alors venir m'en parler plus tard. J'aimerais ensuite renouveler cette expérience mais cette fois-ci, vous vous exprimerez sur votre ressenti de l'année qui s'est écoulée. De ce que cette année a pu vous apporter.

Je fixe le professeur de philosophie, un peu perdu. Je ne savais même pas qu'ils avaient fait un truc comme ça dans la classe.

Certains élèves ont l'air soudain très mal à l'aise. Ils ont certainement dû marquer des choses intimes sur ces papiers. Se dévoiler, je sais que ce n'est jamais facile. Marco a affirmé que ces mots resteraient anonymes et que seulement ceux qui souhaitaient s'exprimer sur le sujet pouvait le faire. N'empêche…

Tout ça me rend assez curieux. Je ne me suis jamais vraiment intéressé aux élèves de ma classe. Depuis le départ, je les trouve inintéressants. Des clichés d'enfants pourris gâtés, des bourgeois un peu arrogants parmi tant d'autres. Ce petit moment me permettra sûrement d'en découvrir plus sur eux. De me faire un vrai avis.

A quelques semaines de la fin des cours, ce n'est pas plus mal.

Mieux vaut tard que jamais, non ?

Marco commence à nous lire les mots. La classe est silencieuse. Tout le monde écoute presque religieusement notre professeur de philosophie nous compter les sentiments de nos camarades. Ce sont des fois de simples mots, des pensées abstraites ou même des sentiments douloureux.

« J'aimerais perdre du poids. Hier, une copine s'est moquée de moi en me disant que mes cuisses étaient énormes. Je n'ai pas compris. Quelques personnes ont rigolé mais pas moi. C'est stupide. Ça m'a blessé. J'avais sincèrement l'impression d'être proche d'elle, que je pouvais compter sur elle. »

« Je trouve le professeur de philosophie trop sexy ! »

Quelques rires s'élèvent et une fille au premier rang se tape la tête contre la table. La pauvre. Quelle idée d'écrire un truc pareil !

Marco continue de lire, imperturbable.

« J'aimerais rendre mes parents fiers de moi. Je voudrais aussi qu'ils arrêtent de me comparer à mon frère. »

Je ne peux m'empêcher de jeter un coup d'œil à Sabo qui se trouve à quelques mètres de moi. Il capte aussitôt mon regard et devant mon interrogation muette, secoue la tête. Apparemment, ce n'est pas lui qui a écrit mais ça aurait pu vu sa situation.

« Réussir mon année. »

« Sortir avec le garçon que j'aime. »

« Me faire de beaux souvenirs. Avoir de réels amis. »

« Aidez-moi. »

Marco se fige et nous regarde tous de son regard si profond. Ce dernier mot m'a pratiquement fait froid dans le dos. J'espère sincèrement qu'il n'est pas de Sabo. Mais à voir la tête qu'il fait, il est aussi surpris que moi, si ce n'est plus. J'ai aussitôt de la peine pour cette personne.

La cloche sonne et Marco nous libère en nous rappelant que bien évidemment, sa porte est ouverte pour ceux qui souhaitent s'exprimer sur ce qu'il vient de se passer. Il nous demande également d'écrire un petit mot chez nous sur ce qu'on a pensé de cette année et si nous avons réalisé les objectifs qu'on s'était peut-être fixés. Il les ramassera au prochain cours.

C'est la pause de 10h et avec Sabo, on se dirige silencieusement dans la cour comme beaucoup d'autres élèves.

-Qu'est-ce que tu as écris, toi ? je lui demande.

-Trouver le courage d'être réellement heureux.

Je suis un peu déboussolé et le dévisage sans rien dire. Pour sa part, il se contente de fixer la cour sans rien dire de plus.

Au fond, c'est bien quelque chose qu'écrirait Sabo.

-Oh, dis-je un peu bêtement. Et tu l'es ?

Il sourit, amusé.

-A ton avis ?

Je ne réponds rien et l'attire à moi. Je l'embrasse avec amour, me foutant complètement du fait que nous sommes dans la cour et que sans doute, tous les autres élèves nous observent.

Sabo rigole et ce son est si doux. J'ai l'impression que c'est la plus belle mélodie au monde. J'aimerais toujours le voir sourire, l'entendre rire, le voir aussi heureux qu'il l'est à présent. Je l'embrasse encore et encore, oubliant notre environnement et suçotant sa lèvre inférieure avant de pénétrer sa cavité buccale. Ma langue joue avec la sienne et je trouve qu'il a si bon goût…

Une fraicheur légèrement fruitée.

Lorsqu'un professeur fou de rage vient nous séparer, on sourit encore. Peu importe les conventions ou les bien-pensants, on ne fait rien de mal et je suis content d'aimer un homme. D'aimer Sabo.

-Arrête de rigoler, lance Sabo alors qu'on retourne enfin en classe.

-Je te ferai dire que toi aussi tu rigoles ! je ricane.

-J'ai jamais vu M. Caribou aussi rouge ! pouffe-t-il.

Sabo se tord de rire et j'esquisse un sourire en le voyant presque au bord des larmes.

-Oh, le pauvre. On a dû le choquer en plus, ajoute-t-il entre deux rires.

-Je n'arrive pas à savoir si tu es sincèrement désolé pour lui ou si tu te fous juste de sa gueule…

Enigmatique, Sabo ne me répond pas. On arrive devant la salle de classe et seulement cinq autres élèves sont présents. Margaret n'est pas là.

-En fait, je voulais te demander…

-Hum ? je réponds sans vraiment faire attention alors que je suis en train de regarder mon portable.

-Quand tu es sorti prendre l'air samedi pendant la séance de révision, tu étais au téléphone avec Zoro ?

-Non, Law.

-Ah, et il va bien ? Sa rupture avec Jewerly ne le mine pas trop ? Ça ne doit pas être facile de quitter quelqu'un qu'on aime encore…

-Mouais.

Je soupire. Le prof arrive et ouvre la porte. Avec Sabo, on s'installe au fond pour pouvoir continuer de parler.

-C'est clair qu'il était loin de péter la forme mais j'ai quand même senti chez lui une forme de libération. Il sait que c'est mieux comme ça alors il fait juste avec et essaie d'avancer. Il m'a proposé de partir en week-end. Un genre de Road Trip, Zoro, lui et moi.

-Oh, ça a l'air cool ! Tu n'oublieras pas de prendre des photos pour moi ? Je suis sûr que tu verras plein de beaux paysages !

-T'inquiète pas.

-T'as aussi intérêt à prendre un peu d'avance sur tes révisions car tu auras un week-end en moins pour bosser tes cours...

Le pire, c'est qu'il me dit ça avec un sourire insolent et absolument ravissant aux lèvres. Je le déteste.

-C'est cool que tu trouves ça chouette parce que je sais pas… Je me dis que nous aussi on pourrait se faire un week-end comme ça. 2 jours et 1 nuit ensemble…

Je me sens un peu mal à l'aise. J'espère qu'il a compris le message.

-Bien sûr que je suis emballé par l'idée ! Tu sais bien que j'aime voyager et comme je suis un élève studieux, je suis à jour dans mes révisions ! Ah, et aussi…

Il s'arrête net et je crois qu'il voit enfin de quoi je parle. Le professeur ferme la porte et débute son cours.

-Ah, euh… Le week-end prochain ?

J'esquisse un petit sourire et hausse les épaules, l'air de dire « c'est toi qui voit ». En tout cas, à voir le visage de Sabo, il a l'air vachement emballé par l'idée. Et moi aussi. Ce n'est pas pour tout de suite et j'ai malheureusement le temps de stresser mais pour l'instant, je me sens bien. Mais pour une courte durée seulement car même si je sais que je vais certainement un peu gâcher l'ambiance et la joie de Sabo, l'histoire est trop grave pour que je ne lui en parle pas.

-Tu connais bien la famille de Sanji ? je lui demande ensuite.

Sabo fronce les sourcils, étonné de mon changement de sujet.

-Un peu, pourquoi ?

-Parce que Zoro a des problèmes à cause d'eux. Enfin, c'est plus compliqué que ça...

Le professeur nous jette un regard noir, nous demandant ainsi silencieusement de cesser nos bavardages. Je me tais à contre cœur.

-Je t'expliquerai à midi, OK ?

Il acquiesce, la mine inquiète.

Mercredi 31 Mai 2017

-J'ai proposé à Sabo de partir un week-end tous les deux.

-Oh.

Mon psy a les yeux qui pétillent et attend que je développe un peu plus. Son éternel carnet à la main, il attend de pouvoir noter la moindre chose intéressante sur moi. Apparemment, je fais toujours partie de ses patients qu'il aime le plus étudier.

Ça fait un moment que je le fréquente maintenant et même si son côté exubérant est toujours bel et bien étrange et que son côté loufoque prend toujours autant de place, je le trouve plus humain. C'est depuis ma tentative de suicide à vrai dire. Je le sens plus à l'écoute. Il est moins incisif dans ses mots et observe un peu plus mes réactions. Je me sens quand même comme une bête de foire devant lui – ça n'a pas vraiment changé – mais j'ai l'impression qu'il s'intéresse plus à ce que je raconte et aussi à ce que je ressens.

Je dois dire que c'est plus agréable.

Ça me permet d'avoir une parole un peu plus libérée. J'ai moins de mal à avouer certaines choses.

-Deux jours et une nuit.

-Ohhh…

Cette fois-ci, son ''oh'' est beaucoup plus appuyé. Il me fait penser à une petite commère.

-On se sent prêt à sauter le pas. Enfin.

Il écrit dans son carnet et revient très vite à moi.

-Qu'est-ce qui s'est passé pour que tu en aies envie? Tes hormones te travaillent trop ou tu as juste décidé de cesser de réfléchir ?

-Je pense que j'ai arrêté de me poser trop de question. J'en ai parlé avec Sabo et cette discussion m'a aidé à y voir plus clair.

-Qu'est-ce qui te faisait hésiter ?

César est de nouveau sérieux.

Je marque un petit temps d'hésitation, peu sûr de moi. Je me rappelle du moment où j'ai voulu passer à l'acte avec Makino. Je n'avais pas confiance en moi, j'étais beaucoup plus jeune qu'elle. Je ne voulais plus qu'elle me voit comme un gamin mais comme un homme. Je ne voulais pas la décevoir, elle, la seule femme qui m'aimait vraiment inconditionnellement.

J'étais dans l'erreur. J'en voulais à ma mère d'aimer encore mon père. Je pensais à ce moment-là qu'elle ne m'aimait pas vraiment, tout ça à cause de l'affection qu'elle portait encore à mon géniteur. Je n'arrivais pas à le concevoir. Elle ne pouvait pas nous aimer tous les deux, c'était contradictoire.

Au final, je m'étais juste plongé dans une histoire malsaine et destructrice.

J'avais pensé que faire l'amour avec Makino nous rapprocherait encore, nous unirait vraiment et nous permettrait d'être heureux. Je pensais aussi qu'elle quitterait son abruti de copain…

Ce n'était pas de bonnes raisons et j'ai l'impression d'avoir gâché ma première fois.

Avec Sabo, c'est différent.

J'ai toujours eu envie de lui. Je veux dire, j'ai fantasmé sur lui avant de tomber amoureux de sa personne. Nous unir, j'y ai déjà songé à plusieurs reprises mais jamais vraiment sérieusement. Et quand ça a commencé à devenir un sujet réfléchi, quand nos caresses se sont faites plus poussées, j'ai paniqué.

J'ai eu peur. Pour lui, pour moi. J'ai eu peur que ça change quelque chose entre nous comme entre Makino et moi. Que ça nous détruise.

Je ne me sentais pas prêt également. Je me suis précipité pour ma première fois, je veux prendre mon temps cette fois-ci.

Mais maintenant, je me sens apaisé et serein. Sabo me donne confiance en moi et j'ai envie d'écouter mes envies. Je sais que ça se passera bien et que même si ce n'est pas le cas, ce ne serait pas bien grave.

On s'aime alors ce sera forcément beau.

-Juste des trucs stupides…

-C'est bien, Ace.

Il semble satisfait pour une raison que j'ignore. Peu importe. Si mes maigres progrès lui font plaisir, tant mieux.

-Je pense reprendre contact avec Makino.

-Oh, tu as décidé ça quand ?

-A l'instant.

Le Dr César a l'air un peu perdu et pour la première fois, il semble avoir du mal à me comprendre. A voir où mon cerveau malade veut en venir. Passé l'incompréhension, ses sourcils se défroncent enfin et un sourire prend forme sur son visage.

-C'est juste que je me rends compte que si cette relation m'a détruit, il en est de même pour elle, je développe alors. J'ai lâchement fui à l'époque. Parce que j'étais en colère, que j'avais peur et que j'étais dégoûté. Je me suis dit que je faisais le bon choix mais j'avais seulement 14 ans. Que pouvais-je faire d'autre ? J'étais juste un gosse un peu perturbé à l'époque...

-Ce n'est plus le cas maintenant, approuve le Dr César qui voit très bien où je veux en venir.

-J'ai fui et c'est le genre de truc qui ne me ressemble pas. Je veux réparer mes erreurs, affronter ce qui m'a fait si peur avant. Ce qui m'a détruit. Sabo mérite que je me débarrasse enfin de cette histoire.

Je reste silencieux. Les yeux fixés sur le tableau morbide qu'est la souffrance face à moi, je me sens bien. Ce tableau m'avait fait froid dans le dos au début parce qu'il me renvoyait à ma propre situation. Je m'étais même demandé pourquoi mon psy l'avait foutu à cet endroit. J'ai ensuite pensé que c'était pour lui, pour se rappeler qu'il n'était pas infaillible. Mais maintenant, je comprends qu'il est aussi en quelque sorte pour moi.

Je crois.

-Tu as changé, Ace.

Cette phrase me surprend. Je me sens bêtement rougir. Law aussi m'a dit ça et entendre quelqu'un d'autre me le confirmer me fait vraiment plaisir. Moi aussi j'ai l'impression de changer, de devenir une meilleure personne.

Je m'apprête à le remercier plus ou moins maladroitement quand la porte du cabinet s'ouvre brutalement. Le visage paniqué de Monet apparait alors.

-Dr César ! S'il vous plait, on a un problème avec un patient dans la salle d'attente !

Mon psy soupire – apparemment, il n'aime pas être dérangé pendant une de ses consultations – puis se lève en sautillant pour cacher un peu sa colère.

-Allons-y, Monet !

Je les regarde partir sans trop savoir quoi faire. Je ne pense pas que les accompagner soit une bonne idée alors je reste simplement assis sur mon éternel fauteuil qui, pour une fois, me semble très confortable. J'attends quelques secondes avant de me lever pour faire le tour de la pièce. C'est plutôt bien rangé et je n'en attendais pas moins du docteur. Il n'y a pas énormément de décoration sur les murs. La jeune femme du tableau doit se sentir bien seule. Un peu à regret, je me dirige vers la fenêtre. La famille de petits oiseaux que j'avais déjà repérée est toujours là, dans son nid. Ils ont l'air toujours insouciants, dans leurs vies.

-Il en met du temps… Je me demande si c'est grave, je marmonne en m'éloignant de la fenêtre.

Je retourne m'asseoir à ma place en soupirant. Je n'aime pas attendre sans rien avoir à faire. J'ai l'impression de perdre du temps. J'aime bien être occupé, ça m'empêche de trop penser.

Je tiens quelques minutes encore avant de me lever une nouvelle fois et de m'approcher cette fois-ci un peu plus près du bureau du Dr César. Je ne fais rien de spécial mais j'ai l'impression de trainer tel un vautour autour de sa proie. Je m'amuse pendant quelques instants avec l'oiseau en bois sur le bureau avant que mon regard ne soit attiré par des dossiers jetés pêle-mêle sur la surface en bois. César a dû les sortir pour pouvoir les étudier quand il aura un moment. Ils sont un peu posés n'importe comment au milieu et ça me gêne.

Je sais que je ne devrais pas mais je les saisis et décide de les mettre plutôt dans un des coins du bureau. J'observe ensuite mon travail d'un peu plus loin pour être sûr que les dossiers sont bien alignés ensemble puis me réavance de quelques pas. Le dossier du haut est le plus épais et je décide donc de le mettre en bas de la petite pile de quatre.

Puis je m'arrête.

Mes yeux sont accrochés sur le nom du dossier suivant.

Je reste là, à fixer ces quelques lettres sans rien faire. Sans réussir à y croire.

Quand la porte s'ouvre, je ne l'entends même pas. A vrai dire, je ne me rends compte de la présence du Dr César que lorsqu'il recouvre le dossier qui m'intéresse. Je relève alors les yeux sur lui, troublé.

-Sabo est votre… patient ?

César secoue la tête.

-A été. Sabo a été mon patient.

J'ai l'impression de perdre pied.


Dans le prochain chapitre :

-Tu ne le rattrapes pas ? je fais à l'attention du roux, étonné.

-Non, laisse.

Il souffle pour se calmer.

-Mihawk et moi, en couple ! Non, nous n'avons pas ce genre de barrière ni d'étiquette. Nous sommes juste nous.

Il se resserre un verre et relève la tête quand il remarque que je le fixe toujours. Il me sourit pour m'inciter à exprimer le fond de ma pensée.

-Euh… Tu ne trouves pas que Mihawk avait l'air vexé ? Peut-être a-t-il mal interprété ton fou rire ?

-Ça se voit que tu ne le connais pas ! Ne t'inquiète pas.

Shanks secoue la tête mais pour la première fois de la soirée, il perd son sourire.

-Mihawk est une personne extraordinairement libre et c'est comme ça qu'il est le plus beau. On ne peut pas le mettre en cage, reprend-il.


Ce chapitre est plein de surprise vous ne trouvez pas ?

On avance beaucoup d'un coup. Vous avez enfin vos réponses sur ce qu'il se passe avec Zoro et la petite bombe de la fin! A votre avis que va faire Ace de cette information?

Du coup je vous dis à mercredi prochain avec le pov de... Sabo ou Ace?