Titre : Love me tonight

Rating : M

Pairing : SB/OC et les autres

Note de l'auteur :

Bonjour à tous !
Enfin ! Enfin j'ai trouvé un peu de temps pour boucler ce fichu chapitre. Des semaines qu'il attendait que je le termine, prostré dans un coin sombre de mon ordinateur. Le pauvre, il a dû croire que je l'avais abandonné. Mais bon, passons, c'est fait à présent. Il me reste plus qu'à m'atteler à son petit frère.
Bonne lecture à tous !


Chapitre 36 : L'Académie de Médicomagie

Allongée sur le lit simple qui est le mien, je laisse mon regard errer sur le plafond craquelé et terne. A côté de moi, Sirius laisse sa main jouer dans mes cheveux et tire sur mes boucles, fasciné par leur ressort. Les mèches reprennent leur place initial, sans difficultés. Sirius rigole, amusé, et continue son manège. Je bouge un peu, me rapproche de son corps. Je me glisse contre lui, et colle ma tête sur son torse nu, encerclant sa taille de mes bras.

- C'était mieux cette fois-ci, dit-il. Au moins, tu n'es pas partie.

Je grimace et cache mon visage rougissant dans sa poitrine.

- Tu n'étais pas obligé de me le rappeler, marmonné-je contre sa peau.

Sirius rigole légèrement, glisse sa main sur mon flanc pour venir le caresser.

- Bien sûr que si, juste pour avoir le plaisir de voir tes joues adopter cette jolie couleur rouge.

Je gronde, faussement contrariée, puis jette un œil sur la montre que Sirius porte au poignet.

- On devrait y aller, dis-je alors en m'asseyant dans le lit. Nous aurons tout juste le temps de rejoindre les autres.

Sirius grogne, mécontent, puis m'attire de nouveau contre lui.

- Reste comme ça, et profite un peu. Ils ne mourront pas si nous avons quelques minutes de retard.

- C'est l'anniversaire de Camille, lui rappelé-je. Je ne veux pas être en retard pour la fête d'anniversaire de ma meilleure amie.

Je me glisse hors de l'étreinte de Sirius avec agilité et rapidité, puis ramasse mes affaires tombées à terre, avant de rejoindre la salle de bain pour une douche rapide. Quelques minutes plus tard, je ressors de la salle de bain. Sirius est toujours allongé dans le lit, exhibant sa nudité. Gênée, je lui jette la serviette qui me servait à sécher mes cheveux, et elle retombe sur son bas-ventre. Surpris, il se redresse avant de me lancer un regard interrogateur.

- Va te laver, dis-je, et habille-toi. Si tu n'es pas prêt dans quinze minutes, je pars sans toi.

Sirius roule des yeux et finit par se lever, faisant tomber la serviette. Je regarde ailleurs, par pudeur. Sirius s'approche et dépose un baiser sur mon front.

- Tu es encore gênée de me voir nu après ce qu'on a fait ? Demande-t-il, amusé.

Pour toute réponse, je lui file une tape dans le dos, vexée qu'il s'amuse à mes dépends. Rigolant, il s'enferme ensuite dans la salle de bain, et je ne tarde pas à entendre l'eau de la douche s'écouler. En attendant qu'il soit prêt, je fais un brin de rangement dans la pièce, retapant le lit et ouvrant les fenêtres pour aérer la salle. Bien que nos amis se doutent certainement de ce que nous faisons de trois heure passé seuls dans cette pièce, nul besoin de le leur confirmer quand ils viendront finir la soirée dans notre chambre d'hôtel.

Par la fenêtre, le soleil non loin de l'horizon pare les environs d'une teinte rose orangée. Je ne me lasse pas du spectacle de la Côte d'Azur en soirée. J'inspire profondément, m'empare des senteurs de la verdure, de la mer, du soleil qui chauffe le bitume et, malheureusement, de la pollution. Les cigales chantent à tue-tête et je reste quelques minutes à les écouter, les yeux fermés. Je suis en vacance, je n'ai jamais été aussi proche de Sirius que maintenant et nos amis nous attendent pour fêter le dix-huitième anniversaire de Camille. Comment ne pourrais-je pas être heureuse ?

Je rouvre les yeux, souriant malgré moi, et mes pensées se tournent vers l'avenir. Pour moi, tout se dessine peu à peu. Sans parler de l'évidence de la présence de mon petit-ami dans ma vie future, j'ai l'intime conviction que mes études se passeront bien. Je n'ai jamais eu de réelles difficultés pour apprendre quoi que ce soit, et j'ai réussi à décrocher ma bourse. De plus, la proposition d'emménagement de Sirius qui trotte encore dans ma tête se voit peu à peu attribuer une réponse ferme et définitive. Je ne trouve plus aucune raison de refuser, et j'en ai envie. Il n'en a pas reparlé, mais je présume que c'est parce qu'il ne veut pas avoir l'air d'insister sur la chose.

Dans mon dos, la porte de la salle de bain s'ouvre. Sirius, les cheveux encore humides, et habillé d'un pantalon en toile et d'un-tee-shirt, en sort. Je m'arrache de la fenêtre et attrape le paquet cadeau qui attend sagement sur la table du salon, alors que Sirius vérifie sa tenue avec un dernier regard dans le petit miroir à côté des fauteuils.

- Tu ne t'es pas changé ? Me demande-t-il alors en détaillant la petite robe d'été blanche que je porte.

Je secoue la tête, bien que la réponse soit l'évidence même.

- Tant mieux, sourit-il, elle va me donner des idées toute la soirée.

- Mais tu ne t'arrêtes jamais, ma parole, râlé-je en roulant des yeux.

Sirius hausse des épaules et me suit lorsque je m'avance vers la porte d'entrée.

- Comment le pourrais-je alors que ma petite amie porte une telle robe. Elle donnerait des envies à n'importe qui.

Nous sortons et je verrouille derrière nous. Sirius fronce des sourcils.

- D'ailleurs, tu ferais peut-être mieux de passer quelque chose de plus soft. Il y aura qui à cet anniversaire ?

- Oh non mais je rêve là, dis-je en prenant la direction de la sortie du camp de vacance. Il n'y aura que nous six à l'anniversaire, personne d'autre. Qui voudrais-tu qu'il y ait d'ailleurs ?

Sirius, rassuré, retrouve le sourire et vient attraper ma main pour entrelacer nos doigts. Nous dépassons les portes du camp de vacance sorcier et nous retrouvons sur le trottoir moldu. Sirius part aussitôt vers la droite. La rue est calme à cette heure où la majorité des gens dînent, avant de se retrouver dehors entre amis pour boire un dernier verre. Alors que nous marchons en silence, je repense à la maison de Sirius, à l'envie que j'ai d'y vivre avec lui.

- Sirius ?

Interpellé, il se tourne vers moi, curieux.

- Ta proposition d'emménager tient toujours ?

Il hausse des sourcils, sans doute surpris de m'entendre aborder le sujet.

- Bien sûr que oui. Tu as pris ta décision ?

J'acquiesce en silence, jette un œil sur la mer calme, et dis :

- Tu vas devoir me faire une place dans tes placards, j'ai l'intention de m'installer dès que le pourrais.

Sirius s'arrête au milieu du trottoir, me forçant à faire de même puisqu'il me tient toujours a main. Je me tourne vers lui. Un grand sourire barre son visage.

- Ce n'est pas une décision sur laquelle tu reviendras, rassure-moi ? Demande-t-il.

Je secoue la tête.

- Je n'ai plus aucune raison de refuser puisque je me nourris déjà de toi et que nous sommes devenus plus intime. Plus rien ne me fait peur.

- Même pas la vie à deux ? Je ne te l'ai pas dit, mais je suis bordélique. Quand tu viens, c'est rangé, mais ce n'est pas toujours le cas.

Je rigole.

- Je m'habituerai à ton train de vie si tu t'habitues au mien. N'oublie pas que je ne dors pas et que je ne mange pas. De plus, mes études me prendront beaucoup de temps.

Sirius s'approche de moi et glisse une main sous mes cheveux pour la faire glisser sur ma nuque et me rapprocher de lui.

- Je n'ai rien contre. J'ai hâte même.

Il se penche vers moi et m'embrasse. Quand il se recule, je lui souris, rassurante. Je ne vois pas ce qui pourrait assombrir un avenir qui me semble plus radieux que jamais.

O0o0O

Autour de moi, les gens parlent, marchent, courent, s'interpellent, rient, attendent, lisent. C'est une immense fourmilière, où se côtoient étudiants et professeurs. Figée au milieu du parc, assaillie par toutes ces nouvelles odeurs, ces sons auxquels je dois m'habituer, ces détails étonnants de l'architecture de l'Université, j'attends patiemment l'arrivée de Remus. A notre retour de France, nous avons découverts que notre rentrée se faisait le même jour à la même heure, et dans la même salle. C'est, visiblement, une prérentrée, pour expliquer à tous les étudiants qui entrent en première année, comment se déroule la vie au sein de l'UMS.

Je lève la tête sur le ciel grisonnant qui menace de lâcher ses trombes d'eau sur nous. Je soupire, regrettant la chaleur et le soleil de la Côte d'Azur. Cela a été deux semaine merveilleuses, bien qu'elles n'aient pas débutés sur les chapeaux de roues. Mais la fin a été sublime, ponctuée de sorties avec les garçons, de visites avec la famille Blaid, et de soirées dansantes dans les discothèques du coin. Nous avons immortalisés sur photo bon nombre des paysages magnifiques de cette région de la France, et sur une grande majorité d'entre elles, James et Sirius font les pitres. Mais ça ne gâche rien.

Je suis arrachée à mes pensées lorsqu'une odeur habituelle s'approche de moi, au milieu de toute ces nouvelles senteurs. Ce n'est pas celle de Remus, que je reconnais très facilement au dégoût qu'elle fait monter en moi, mais une autre, que je n'ai pas senti depuis des semaines, et dont j'avais presque oublié le propriétaire. Je tourne sur moi-même pour tenter d'apercevoir l'étudiant en question et je ne tarde pas à tomber sur une silhouette me tournant le dos, habillée de noir. Je ne m'approche pas, me contentant de le regarder de loin. J'avais oublié que Severus Rogue faisait lui aussi sa rentrée à l'Université de Magie Supérieur cette année. Je m'interroge sur le département qu'il a choisi d'intégrer : je ne connais pas suffisamment sa personne pour deviner ce qui l'intéresserait.

Rogue, jusque là arrêté au milieu du parc, fait deux pas en avant et disparait de ma vue. Au même moment, mon estomac se soulève et je me retourne pour voir Remus se diriger vers moi. Je remarque immédiatement son teint blafard, les nouvelles cicatrices sur son visage et l'air harassé. La dernière pleine lune date d'il y a à peine deux jours. Arrivé jusqu'à moi, le lycanthrope sourit et gratte sa joue d'un air gêné.

- Je suis désolé, je suis en retard. Ma mère ne voulait pas me laisser partir, à force de me faire des recommandations.

J'acquiesce d'un signe de tête.

- Ce n'est pas grave, le rassuré-je, je n'attends pas depuis longtemps.

Je sors ensuite de ma poche le plan de l'UMS que j'ai récupéré à l'accueil en arrivant. Nous devons trouver l'auditorium principal pour la réunion qui débute dans un quart d'heure. Tous les deux, nous scrutons le plan, jusqu'à ce que Remus pose le doigt sur une zone du parchemin, puis nous nous mettons en route. Lorsque nous parvenons à l'auditorium, il y a déjà foule. Les nouveaux étudiants se pressent entre les portes pour trouver les meilleures places. Remus et moi nous faufilons à leur suite, silencieux, et pénétrons dans l'immense salle. J'ai toujours pensé que je ne pourrais jamais voir une pièce plus grande et plus haute que la Grande Salle de Poudlard. Je me suis fourvoyée.

L'auditorium principal de l'UMS doit bien faire le double de la Grande Salle, si ce n'est le triple. Une immense estrade se trouve tout en bas, à des mètres de nous et de l'entrée, là où se pressent des adultes plus ou moins jeunes, et vêtus sobrement : nos professeurs. Puis, partant de cette estrade, des rangées de fauteuils moelleux remontent jusqu'à nous ; je devine alors que l'auditorium a été construit sous terre. Curieuse, je lève les yeux vers le plafond, incroyablement haut, et écarquille les yeux. Un immense dôme de verre nous sert de toit, éclairant la pièce de la lumière grisâtre créée par les nuages menaçants.

- Impressionnant, lâche Remus dans un murmure, à côté de moins au moment où le ciel se déchire et finit par déverser son eau sur nous.

Les gouttes de pluie frappent le verre avec un bruit cristallin. J'affermis mon ouïe pour profiter encore plus du son quasi mélodieux, tout en suivant Remus qui cherche des places où s'installer. Je lâche le plafond du regard et m'évertue à n'écraser les pieds de personne lorsque je me faufile entre deux rangées de sièges à la suite de mon ami. Nous parvenons, non sans difficultés et moult excuses, à rejoindre deux fauteuils de libres. Nous nous y écrasons, contents d'être enfin assis.

- Quel monde, dis-je. Je n'aurais jamais imaginé que l'UMS puissent accueillir autant d'étudiants. Ils ne viennent quand même pas tous de Poudlard ?

Je ne me suis que peu renseigné sur l'université, trop obnubilée par mon concours. Je le regrette un peu à présent. Fort heureusement, Remus semble l'avoir fait lui, au vue de la réponse qu'il me donne :

- L'université anglaise accueille aussi des étudiants étrangers, ce qui explique le nombre d'élèves. Et puis, ceux qui, comme James et Sirius, étudient en alternance viennent aussi prendre quelques cours ici.

Surprise, je me tourne vers lui, cessant de scruter les visages de nos futurs professeurs.

- Quoi ! M'exclamé-je. Mais Sirius n'a jamais mentionné ça.

Remus arque les sourcils d'étonnement.

- Vraiment ? Pourtant, c'est vrai. Malgré qu'il va suivre un Auror pendant sa formation, il aura aussi des cours théoriques à prendre à l'UMS. D'ailleurs, lui et James doivent nous rejoindre d'ici peu ; c'est pour cela que j'ai gardé deux sièges de libre à côté.

Tout en parlant, il me désigne d'un geste de la main les deux fauteuils sans propriétaires à côté de lui. Je pince des lèvres. Et après, Sirius vient se plaindre que je fasse des cachotteries : il est plutôt mal placé pour critiquer je crois. Vexée, je me remets droite sur mon siège et croise les bras sous la poitrine, fixant mon regard sur l'estrade. Sirius va entendre parler du pays. A côté de moi, je sens pertinemment le regard surpris de Remus braqué sur ma personne, mais je l'ignore. Il comprendra bien assez vite, quand j'aurais fini de remonter les bretelles à son ami, notamment. D'ailleurs, à peine quelques minutes passent avant que James et Sirius ne finissent par nous rejoindre. Bruyamment, ils s'installent dans les fauteuils réservés par Remus, et nous saluent. Je prends la peine de ne répondre qu'à James, ce qui a le don de surprendre Sirius, si j'en juge par l'exclamation indigné qui précède ces mots :

- Et moi alors, j'ai même pas le droit à un bonjour ?

Je me tourne vers lui, mécontente, au moment où Remus tente de lui faire discrètement signe de se taire et de ne pas envenimer les choses. Malheureusement pour lui, je suis un vampire, et plus sensible que lui à tout ce qui bouge, y compris ses mains. Bras toujours croisés, je me penche légèrement sur Sirius et plisse les yeux.

- Tu aura le droit à un bonjour quand tu cesseras de m'accuser d'avoir des secrets alors que tu ne vaux pas mieux que moi.

Ma phrase a le mérite de lui couper la chique. Sirius ne trouve rien à répondre et est surpris de mon accusation. Je me remets droite dans mon siège, décroise les bas et les pose sur les accoudoirs du siège, attentive aux mouvements des professeurs sur l'estrade. La réunion est sur le point de commencer.

- Hey, attends, de quoi tu parles ? Fait Sirius en se penchant à son tour vers moi, et obligeant du coup Remus à s'enfoncer autant que possible dans son siège pour ne pas entrer en collision avec son ami.

- As-tu souvenir de m'avoir dit que tu assistais à la réunion de ce matin ? Ou de m'avoir prévenu que tu prendrais des cours à l'UMS ?

Sirius fronce des sourcils, réfléchit et finit pas faire une grimace gênée.

- C'est bien ce que je pensais, conclus-je au moment où la voix d'un homme, sans doute aussi vieux que le professeur Dumbledore lui-même, retentit dans l'auditorium.

O0o0O

A l'extérieur, le ciel s'est enfin dégagé. La grosse averse qui a duré plus d'une heure a finalement laissé place à un soleil radieux. Les étudiants, ravis par ce temps, s'éparpillent dans les jardins, seuls ou en groupes, et cherchent leur prochain lieu de réunion. Moi-même, je jette un œil sur ma feuille de convocation pour relire le numéro du bâtiment où je dois me rendre. A côté de moi, Remus, Sirius et James discutent, partagent leurs avis sur la réunion dont nous sortons. James étouffe un bâillement derrière sa main.

- Ennuyeux à mourir, déclare-t-il. J'aurais préféré commencé à suivre le brigadier Moore.

- Idem, fait Sirius. Bien que je ne sois pas sûr que l'auror Maugrey m'aurait fait beaucoup de cadeaux. Il m'a l'air assez sec cet homme-là.

- J'ai trouvé ça intéressant, moi, dit Remus. C'est important de connaitre le fonctionnement de l'UMS. Mais j'avoue que comme vous n'y serez pas beaucoup, cela n'a pas dû vous sembler particulièrement important. Et toi, Mandy, tu as trouvé ça comment ?

Je me tourne vers Remus, froissant mon parchemin pour le glisser dans ma poche.

- Comme toi, intéressant. Mais à présent, j'ai hâte d'intégrer mon groupe d'études, j'aimerais rentrer dans le vif du sujet. Je dois y être dans vingt minutes, donc je vous abandonne ici. Remus, on déjeune toujours ensemble ?

Le loup-garou acquiesce, un sourire en coin amusé accroché aux lèvres. Il sait pertinemment qu'il sera le seul à manger et que je ne ferais que lui tenir compagnie.

- James, on se voit bientôt j'imagine. Sirius . . .

Je laisse son prénom planer dans l'air, sans prononcer d'autres mots. Je ne trouve même pas comment exprimer ce que je voudrais lui dire, alors je me contente de le regarder droit dans les yeux en faisant la grimace. Je me sens tout de même un peu puérile de lui en vouloir pour une information qu'il n'a sans doute pas jugé importante. En tant qu'étudiant à temps partiel, il n'aura que quelques heures de cours dans le mois, pas suffisantes pour être mentionnées. De plus, il m'est assez difficile de continuer à lui en vouloir, surtout quand il me regarde de cette façon, toutes les excuse du monde imprimées sur ses pupilles. J'abandonne les armes en soupirant.

- Je te rejoins chez toi après les cours, comme convenu. J'apporterai le dîner. Italien ?

Un grand sourire apparait sur le visage de Sirius, effaçant les dernières traces d'excuses et de gênes, et, bras tendus dans ma direction, il s'avance vers moi. Il m'enferme dans l'étau de ses bras et me pelotonne contre lui, comme si j'étais une vulgaire peluche.

- Italien, ce sera parfait. Je t'adore, tu sais.

Je grogne en réponse, peu atteinte par son petit manège de séducteur. Autour de nous, je vois les réactions des étudiantes, dont les attentions sont entièrement tournées vers mon petit-ami. Un sentiment de possessivité et de jalousie montant en mon cœur, j'enlace à mon tour la taille de Sirius et me serre contre lui, narguant les filles les plus proches du regard.

- Jalouse, lâche Sirius dans un souffle, pas le moins du monde dupé par ce qu'il se passe.

Je m'écarte de lui, lui souris, l'embrasse et fais un pas en arrière. Il est temps pour moi de m'en aller.

- A plus tard, dis-je aux trois garçons avec un signe de la main avant de me détourner.

J'arrive en quelques minutes à l'Académie de Médicomagie. Le département est représenté géographiquement par trois bâtiments en pierre blanche, formant un triangle équilatéral. Les murs sont percés à distance plus ou moins égales par de grandes fenêtres. A chaque angle du triangle, une arche ouverte donne sur le centre de l'ensemble, un jardin dans lequel je vois s'agiter déjà quelques personnes. J'y pénètre, curieuse, et lève les yeux vers l'intérieur du triangle, identique à l'extérieur, avant de constater un rassemblement d'étudiants au centre du jardin. Suivant le mouvement, je m'approche du groupe, encerclant une femme vêtue d'un blue jeans et d'une chemise blanche aux manches retroussées.

- Approchez, je vous en prie, nous allons bientôt commencer, nous invite-t-elle d'une voix suave. Je suis Anita Clark, votre professeur de médicomagie légale, c'est moi qui vais m'occuper de vous pour cette première journée.

Anita Clark est une grand femme au corps potelé, d'une quarantaine d'années environ. Elle possède une chevelure blonde, coupée dans la nuque en un carré droit et sa frange lui cache le front. Ses yeux marrons foncés font un contraste saisissant avec sa peau clair. Dans l'ensemble, une jolie femme, à l'air joviale et semblant toute aussi impatiente que moi de commencer cette journée.

- Vous êtes tous là ? Demande-t-elle au bout de quelques minutes en scannant le groupe. Il semble que oui. Pour ceux qui viennent d'arriver, je me présente de nouveau : je m'appelle Anita Clark, et je serais votre professeur de médicomagie légale pour les quatre ans à venir. Tout d'abord, même si le doyen O'donnell vient déjà de le faire, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à l'Université de Magie Supérieur, et plus particulièrement à l'Académie de Médicomagie. J'espère que vos études vous apporterons tout ce que vous êtes venus chercher, et plus encore. Maintenant, si vous voulez bien me suivre, nous allons entamer la suite des festivités.

Le professeur Clark nous tourne le dos et se met en route, traversant le jardin. Nous lui emboitons le pas, comme un seul homme, et je calque mon rythme sur celui des autres. En passant au milieu des plants, j'ai la surprise de constater que le jardin n'est pas là pour faire jolie, mais qu'il a un but : effectivement, ne sont cultivés ici que des plants botaniques. Je m'imagine déjà au dessus d'un chaudron, à confectionner baumes et potions de guérison. Mon cœur s'emballe à cette idée alléchante. Nous finissons par sortir du triangle de terre pour retrouver le chemin de gravillon qui longe les bâtiments, et le professeur Clark nous guide vers une double porte de bois ouverte, trouant l'un des côtés de l'ensemble de pierre. Nous pénétrons ensuite dans un petit couloir qui ne dessert qu'un escalier simple menant aux étages supérieurs. Nous y suivons le professeur Clark, en silence, avant qu'elle ne nous fasse pénétrer dans une pièce où elle nous prie de nous installer. Je m'assois à la première place que je trouve, vers le centre de la pièce, et laisse tomber mon sac sur la table. Autour de moi, les autres étudiants font de même alors que le professeur se met face à nous, debout derrière son pupitre.

Curieuse, je jette un œil autour de moi. Les murs de pierres sont tapissés de tableau de liège auxquels sont punaisés des parchemins de décrets ministériels. Des tableaux de guérisseurs célèbres ou d'hommes politiques ayant fait progresser la médicomagie côtoient les parchemins jaunis par le temps. Par les grandes fenêtres de la salle de classe, je vois l'université s'étendre à nos pieds. Les pièces donnent donc sur l'extérieur des bâtiments.

- Excuse-moi.

Interpellée par la voix qui s'adresse visiblement à moi, je laisse de côté la fenêtre et tourne la tête sur ma droite. Une jeune fille de mon âge, blonde aux yeux verts, m'adresse un sourire timide, penchée sur son sac et dans ma direction.

- Est-ce que tu aurais une plume à me prêter s'il te plait ? Il semblerait que j'ai perdu la mienne.

J'acquiesce d'un signe de tête, plonge la main dans mon sac et en ressort la première plume que je trouve, un peu ébouriffée. Je la tends ensuite à ma voisine qui s'en empare avec un sourire soulagé.

- Merci beaucoup. Je te la rends dès qu'on sort.

J'acquiesce de nouveau, puis me tourne vers le professeur qui continue à parler. Sur le tableau, une craie ensorcelée écrit seule les horaires de nos prochains cours. Je replonge donc dans mon sac pour prendre de quoi noter, puis m'applique à recopier ce dont j'ai besoin. Le reste de la matinée se passe de cette manière, et sans grand intérêt, malheureusement. Enfin, à onze heure passé, le professeur Clark se décide à nous faire visiter l'Académie de Médicomagie, et c'est en soupirant de soulagement qu'une bonne partie des étudiants se lève. Comme les autres, je fourre mes affaires dans mon sac en quatrième vitesse et quitte ma table pour rejoindre la file qui sort de la pièce et suit la femme dans le couloir. Presque immédiatement après avoir dépassé la porte, une main tapote mon épaule. Je me retourne, la blonde, tout sourire, me tend ma plume.

- Encore merci, dit-elle alors que je la récupère. Je pensais vraiment en avoir pris une, mais ce n'était visiblement pas le cas.

J'opine, tout en gardant la plus grande partie de mon intérêt sur le professeur Clark qui nous désigne quelques pièces et nous explique ce que l'on nous y enseignera, ainsi que les noms des autres professeurs et des quelques intervenants de Ste Mangouste. La blonde marche silencieusement à côté de moi, semblant ne plus vouloir me quitter. Intriguée, je la détaille du coin de l'œil. Elle est un peu plus grande que moi, et si fine qu'on croirait pouvoir la briser facilement, un peu comme moi. Avant ma transformation, bien entendu. Ses cheveux blonds lui descendent jusqu'aux reins, raides et brillants, et elle penche la tête sur le côté, comme pour montrer son intérêt au professeur. En somme, un joli brin de fille.

Retournant aux paroles de la femme, je repense à une discussion que j'ai eu quelques jours plus tôt avec Camille. Cette dernière ayant l'intention de reprendre la boutique de son père, elle n'étudiera pas à l'UMS et nous serons donc séparées pour la première fois depuis notre rencontre. Ma solitude lui ayant fait craindre de passer la fin de ma scolarité mise totalement à l'écart, elle m'a quasiment supplié de laisser les autres venir à moi, voire de faire un pas avec eux. Souriante, je repense au regard larmoyant qu'elle m'a lancé à ce moment-là, tout en jetant un autre regard à la blonde à côté de moi.

- Je m'appelle Amandine Dawn, dis-je alors, prenant les devants comme souhaite me voir faire tous mes amis. J'ai étudié à Poudlard, mais je n'ai pas souvenirs de t'y avoir vu. Tu viens d'où ?

- Je viens d'Australie, je suis arrivée il y a quelques jours. Et je m'appelle Chelsea Lann.

Je sers la main qu'elle me tend.

- Australie ? Tu n'as pas d'accent pourtant, m'étonné-je, alors que nous montons au second étage.

- C'est vrai, c'est parce que mon père est anglais et que nous venons régulièrement en Angleterre pour les vacances. Du coup, je ne me sens pas trop dépaysée. Tu dis que tu as étudié à Poudlard ? J'aurais aimé aller là-bas, mais ma mère a refusé de me voir quitter le pays pour neuf mois, alors j'ai fait ma scolarité sur place. C'est vrai tout ce qu'on dit sur Poudlard ?

Je souris, amusée par son tempérament apparemment tout feu tout flamme, et par sa question. J'en ignore presque les explications du professeur Clark qui nous raconte que nous partagerons les locaux avec le département de Potions avancées qui n'a pas de bâtiments officiels, et dont les élèves nous aident à concocter nos mixtures d'après elle.

- Je ne sais pas, réponds-je à Lann, j'ignore ce qu'on dit sur Poudlard en dehors du pays.

- On dit qu'il y a des fantômes.

- C'est vrai.

- Et qu'il est truffé de passages secrets et de salles invisibles.

Je souris, repensant aux quatre farceurs parcourant librement les couloirs sous leur cape d'invisibilité ou sous leur forme animagus illégales.

- C'est vrai aussi, et je ne crois pas qu'un seul élève ait déjà réussi une seule fois à tous les découvrir. Mais ce n'est pas faute d'avoir essayer.

Lann ouvre de grands yeux émerveillés. Elle me fait penser à une enfant, et je me sens attirée par cette frimousse attendrissante.

- Incroyable, lâche-t-elle dans un souffle. Quel dommage que maman ne m'ait pas laissé y aller !

A la manière dont elle prononce cette dernière phrase, je devine que son envie était grande de venir étudier en Angleterre, tout autant que sa déception lors du refus maternel. Je souris, amusée, et reporte mon attention sur le professeur Clark, ne trouvant rien à répliquer à Lann. Nous nous sommes arrêtés au milieu d'un couloir, et entre les nombreuses têtes me bouchant la vue, j'arrive à apercevoir ce qu'il se passe : nous croisons un autre groupe d'étudiants. Grâce aux explications du professeur Clark, je comprends que nous venons de rencontrer la promotion de Potions avancées. Sur des salutation timides, nous finissons par nous croiser et nous dépasser. A côté de moi, Lann scrute les élèves, puis elle me pousse du coude et chuchote :

- Hey, regarde Amandine, il a l'air bizarre lui, non ? Je n'aimerais pas me retrouver tard dans une ruelle sombre avec ce type en face de moi.

Je suis la direction de son regard, curieuse de savoir de qui elle parle, et croise un profil fin et sombre, que j'aurais reconnu n'importe où, et même les paupières baissées Je grimace, alors que nous le croisons, et il lève les yeux sur nous. Nos regards se croisent un bref instant, avant que je ne détourne le mien. Lann frissonne.

- Je le connais, fais-je quand nous sommes loin d'eux. Je te conseille de ne pas trop l'approcher, il est peu sociale et plutôt du genre cassant.

- Comment il s'appelle ? Me demande-t-elle quand même, curieusement intéressée.

- Severus Rogue. Et je réitère mon conseil : reste loin de lui. Il n'apporte jamais rien de bon à ceux qui l'entourent.

Elle acquiesce silencieusement, comme plongée dans ses pensées. Je préfère la faire revenir sur terre et lui éviter de trop penser à cet abruti de Serpentard, alors je dis :

- Au fait, tu peux m'appeler Mandy, je préfère.


Fin du chapitre.

Merci d'avoir lu ( et un merci tout spécial à ceux qui me suivent depuis le début et qui s'accrochent vaillamment, malgré le délai d'attente entre chaque chapitres).

A la prochaine !