Ne pas frapper! Ne pas frapper! Insulter, frapper ou maltraiter les auteurs est un délis! Même les plus sadiques!!!! Ce chapitre est capital pour la suite de l'histoire et ce pour deux raisons, dont une évidente....

Merci a tout ceux qui prennent le temps de lire ma fics et à ceux qui prennent encore du temps pour me laisser une petite reviews!!!! Ca motive à fond!

MICI 1000x!!!

ENJOY!


L'air sembla se raréfier et l'affreuse sensation le prit à la gorge. Dans un râle bruyant et pitoyable, il tenta de faire rentrer l'air dans ses poumons alors qu'il refusait obstinément de s'y engouffrer. Le sang battait furieusement contre ses tempes et son coeur cognait douloureusement dans sa poitrine. De la sueur se forma sur son front et ses mains devinrent moites.

D'un rapide regard, il perçut que Fred était dans un état bien pire que le sien. Le jeune homme roux était plié en deux et semblait s'étouffer sous la foule de sombres souvenirs qui pénétrait son esprit. Severus tentait de garder son masque d'impassibilité mais ne réussissait qu'à moitié jusqu'à ce qu'il fut obligé de fermer les yeux comme pour maîtriser le flux constant de peur et de désespoir qui le submergeait. Les grosses gouttes de transpiration glissaient contre sa peau pâle et faisaient un bruit sourd quand elles touchaient le sol poussiéreux et humide.

L'espace d'un instant, Sam revit le corps inerte de son père, livide et droit, dans sa dernière demeure et le sentiment de peur qu'il avait ressentit à l'époque sembla l'engloutir. Il n'avait que 17 ans en ce temps-là et après la peur était venu la rage et la réalisation qu'une guerre allait bientôt éclater.

-Spero.... Spero patronum! Lança Severus d'une voix haletante.

Quand la biche d'argent sortit de la baguette sombre du maître des potions, Sam sembla respirer un peu mieux et l'image du corps blanc de son père s'estompa doucement.

-Qu'est... Qu'est-ce que.... C'était que ça?! Tonna Fred d'un ton qui aurait du sonner plus agressif.

Severus expira doucement et tout en reprenant son calme, alors que la biche tournait autour d'eux.

-En partant, Harry a emporté le bouclier. Celui-ci suit d'office son créateur.....Répondit-il au garçon.

-Les détraqueurs ne font pas cet effet-là! Lança Fred, d'une voix redevenue virulente.

-Nous venons d'être exposé à une dose élevée d'essence de détraqueurs d'un seul coups.... Cela peur avoir des effets particuliers. Admit Severus en inclinant la tête.

-Particuliers? Lança le rouquin, j'ai cru que j'allais m'asphyxier sur place! Argua-t-il avec mauvaise humeur.

-Je vais devoir rappeler mon patronus... fit remarquer Severus. Je ne peux pas le maintenir éternellement.

-Nous le lancerons à tour de rôle, alors.... Proposa Sam en sortant déjà sa baguette de sa ceinture. Il était bien trop angoissé à l'idée de ressentir à nouveau cette sensation pour contester quoique se soit maintenant.

-C'est une bonne idée.... Admit Severus, entre ses dents. Je peux encore le maintenir une petite dizaine de minutes... Les informa-t-il.

-Bien.... Tentons de retrouver Harry. Pourquoi s'est-il précipité comme ça? Demanda Fred, curieux.

-Je ne sais pas. Souffla Severus, légèrement inquiet. Il a du sentir quelque chose lors de sa concentration.....

-C'est imprudent! Lança Sam avec humeur. Il est éreinté et s'il se retrouve face à... Celui qui nous attend. Lança-t-il en hésitant sur le dernier mot.

-Harry, même à l'agonie, serait plus fort que cette vermine! Riposta Fred dans un petit ricanement.

-Mais et les détraqueurs?

-Quoi, les détraqueurs? Demanda Severus alors qu'ils s'étaient mis en route.

-Ils ne devraient tenter de percer ton patronus?

Si Fred nota le tutoiement peu habituel, il ne le fit pas savoir, il n'en montra aucun signe.

-Les détraqueurs sont à la botte du Seigneur des Ténèbres. S'il veut qu'on vienne ici et qu'on se fasse prendre, il doit sûrement avoir ordonné aux créatures de ne pas nous approcher.... Pas tout de suite en tout cas.

-Et les effets?

-Ne sont que des effets résiduels du à leur présence plus ou moins proches, à leur concentration, et à ces murs. Répondit-il en pointant les murs délabrés et dégoulinant d'humidité de la prison.

-Comment ça?

Severus fit claquer sa langue d'agacement face aux questions incessantes de Sam mais il finit malgré tout par lui répondre.

-Cette bâtisse a été un repère pour ces créatures pendant des décennies... Peut-être même des siècles.... Il est normal que la matière en ait gardé une trace. C'est comme le sortilège repousse-moldus sur Poudlard, le château s'en est imprégné depuis le temps qu'il s'y trouve. Et la matière a acquis les propriétés du sort, des créatures magiques ici, en l'occurrence. Tu comprend?! Demanda-t-il avec dédain.

-Tu veux dire que ces murs aspirent la joie et débordent de désespoirs, en gros... Résuma Sam.

-Si tu veux...Soupira Severus, dégouté par le raccourcis simpliste de Sam.

....................................................................................

Harry courrait dans le long couloir des catacombes. Sur sa gauche et sa droite, des cellules, toutes semblables, toutes les mêmes. Avec une porte en bois solide, rongée par l'humidité et la pourriture et des murs gris et effrités. Mais il savait où il devait se rendre.... Il l'avait senti.... il pouvait reconnaître son aura n'importe où.... Et il l'avait sentit pulser. Si faible.

Son coeur rata un battement quand il s'imagina le revoir. Il avait bel et bien perdu l'espoir de le retrouver un jour, et le faire ici et maintenant serait fantastique..... Mais l'aura qu'il sentait vibrer était si infime.... Dans quel état allait-il être? Un boule désagréable remonta dans sa gorge rien qu'à l'idée qu'il pourrait le perdre une seconde fois.... Il accéléra le pas.

Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait priver les autres du bouclier, il se rendait à peine compte d'où il se trouvait et de la présence éventuelle de Queudvers.

Enfin, au bout d'un moment et à bout de souffle, il se tenait face à une énième porte en bois massif. Elle était comparable à toutes les autres mais Harry savait qu'elle était particulière. Il pouvait presque sentir la vie pulser d'elle, fragile mais réelle et d'un autre côté, elle puait la mort.

Il leva une main tremblante pour pousser la porte, hésita un instant, et finit par l'ouvrir doucement. A peine la porte ouverte, une odeur putride s'attaqua à ses narines et il du plaquer une main sur son nez. Il connaissait l'odeur aussi bien que ce qui devait l'accompagner. C'était l'odeur brûlante et pestilentielle des charniers. Un amas de corps anonymes empilé et dispersé sans respect. Un ramassis de peur, de douleur et de sang.

Il ferma les yeux, avala durement sa salive et entra dans la petite pièce cloîtrée et fétide. L'obscurité y régnait en maître et il du attendre que ses yeux s'habituent à la noirceur pour se déplacer et voir quelque chose. Un gémissement attira son attention sur sa droite, manquant de le faire sursauter et il pivota à 90 degré prestement.

Et si l'air vint à lui manquer, si toute couleur quitta pour de bon son visage, si ses yeux se firent plus humides, ce ne fut pas à cause de l'effet résiduel de l'essence de détraqueurs. Face à lui, une boucherie.

Du sang s'étalait sur les murs et sur le sol, des corps blanc et rouge étaient dispersé ça et là, des cadavres en décomposition pourrissaient un peu partout, et l'horreur le prit à la gorge. Il la vomit. L'odeur âcre du sang le frappa seulement maintenant, dominée par la fragrance brute de la pourriture humaine et des larmes coulèrent de ses yeux clos.

Merlin.... Qu'avaient-il fait à Remus? Que lui avaient-ils obligé de faire?

Un second gémissement attira son attention et il releva rapidement la tête. En deux grandes enjambées, il entra plus avant dans la pièce.

Et il le vit.

Il aurait voulu le prendre dans ses bras, il aurait voulu lui dire que maintenant tout irait bien, il aurait voulu pouvoir le soigner de tout ses maux. Mais ses jambes tremblaient et ses membres lui semblaient totalement paralysés. Il avait peur. Peur de ce que ces monstres avaient fait à son oncle. Prenant son courage à deux mains, il se rapprocha doucement....

le corps qu'il voyait n'avait plus grand chose à voir avec celui dont il se souvenait. Le visage était émacié et pâle, des cernes violacées s'étendaient sous les yeux injectés de sang, les os transparaissaient sous la fine couche de peau, saillant et anguleux. Les cheveux miel de l'homme semblaient filasse et perdu parmi des touffes de cheveux gris et blanc et ses yeux ambres avaient viré au brun ocre....

-Remus... souffla-t-il en se laissant tomber à genoux à ses côtés.

Le corps respirait encore. Il était encore vivant. Du moins, pour l'instant. Des larmes nouvelles s'étirèrent sur ses joues alors qu'il tendit une main hésitante vers le visage son oncle.... Il avait tant désiré le retrouver. L'homme pourra-t-il seulement un jour être comme avant?

-Harry..... Murmura Remus. Que.... Pourquoi..... Tu...Est là? Articula-t-il difficilement.

-Je suis désolé. Si désolé. Sanglota-t-il en enfouissant sa tête dans le cou de celui qui fut presque un père. Je... Je suis là pour te sauver.....

Un petit sourire étira les lèvres craquelées tandis que le corps décharné tenta de poser un bras sur la tête pleine de cheveux noirs corbeaux.

-Tué. Lança Remus. J'ai....Tué. Répéta-t-il avec des yeux douloureux.

-Ce n'est pas ta faute.... Le rassura Harry. Pas ta faute. Souffla-t-il en lui caressant doucement la joue.

-Tué tellement.... Soupira Remus encore d'une voix pleine de douleur.

-Je suis désolé.... Reprit Harry.

-Moi aussi. Articula Remus. Je... Sais.....

-Quoi?

-Horcruxe. Fut le seul mot qui franchit les lèvres de Remus.

Harry pleura davantage et enfonça son visage plus profondément dans le cou de son oncle.

-Je suis désolé... Répéta le plus jeune en tentant de maîtriser ses sanglots.

-Moi aussi.... Souffla Remus. Tellement.....

L'homme étouffa un gémissement de douleur et Harry se redressa prestement. Doucement, il passa son bras dans le dos de son oncle, le souleva et l'installa plus confortablement sur ses genoux.

-Je devais.... Te protéger....Lança Remus douloureusement et une larme unique coula de ses yeux embués.

-Tu as réussi....Lui répondit Harry. Tu as fait du mieux que tu pouvais....

-Tu va.... mourir! Lança Remus aussi vivement qu'il le pouvait.

-Ca va aller....Murmura Harry en passant sa main dans les cheveux éparses de son oncle. Je le sais.... Lui souffla-t-il au creux de son oreille. Je le dois. Ajouta-t-il plus sérieusement. Ca va aller....Répéta-t-il et une seconde goutte coula sur la joue pâle de Remus.

-Je suis désolé.... Sanglota Remus.

-Ne le sois pas.... Tu ne pouvais rien faire. On ne peut rien faire....

-Ton père serait.... Tellement fier de toi. Lâcha Remus dans un souffle.

Harry ne répondit pas. Il n'en était vraiment pas certain.

-Je t'aime. Lança Remus en le regardant dans les yeux.

-Moi aussi, Remus....Tu es comme un père...Soupira-t-il.

-Je suis si désolé Harry....

-Pourquoi? Demanda Harry en fronçant les sourcils.

-Sauve-moi. Lança Remus et sa main vint serrer le bras de Harry comme pour l'empêcher de partir.

-Je suis là pour ça. Les autres vont bientôt arriver....Le rassura-t-il mais son oncle se contenta de secouer la tête de droite à gauche.

-Libère-moi. Lança-t-il encore et voyant que Harry ne saisissait pas, il continua. Il est trop tard.... pour moi...Articula-t-il alors que des sanglots s'entendaient dans sa voix.

-Quoi?! Remus?! Non! Riposta brusquement Harry, ses yeux s'écarquillant d'horreur. Comment tu peux me demander ça?! Siffla-t-il en resserrant à son tour sa prise sur son oncle.

-Je suis désolé...Pleura Remus. C'est trop tard.... J'ai... Tellement tué. Des.... Femmes et.... des enfants.... Tenta-t-il de s'expliquer au travers de ses sanglots.

Harry ferma ses yeux et essaya vainement de retenir les larmes qui dévalaient ses joues, parcourant les sillons déjà si souvent emprunté. Il serra convulsivement son oncle, son père, dans ses bras et enfouis son visage dans la poitrine de celui-ci. Il sentit une main se poser sur sa tête et une seule phrase résonner à ses oreilles.

-Laisse-moi.... Les rejoindre. Murmura Remus d'une voix saccadée.

-Non.... Remus....Je peux pas.... Je peux pas faire ça.... Ne me demanda pas ça....Implora Harry.

Ce n'était plus le leader du camps de la lumière, ce n'était plus qu'un gosse qui allait bientôt enterrer un père. Encore. C'était un enfant qui perdait un à un les êtres qu'il aimait et qui les voyait tomber. C'était une ombre qui s'effaçait doucement, à chaque coup au coeur c'était son âme qui s'estompait. C'était un gosse devant un choix inhumain. Un homme au coeur en lambeau.

-S'il te plaît.... Souffla Remus, ses yeux brillant d'un ultime espoir teinté de culpabilité.

-Je t'aime.... Lui donna Harry comme simple réponse.

Il déposa Remus sur le sol avec une précaution infinie, se releva et sorti sa baguette de sa ceinture. D'un geste de la main, il enleva le bouclier qui le protégeait des détraqueurs et si la peine qui l'envahit à cet instant se fit sentir, elle n'était en rien plus forte que celle qu'il éprouvait déjà. Si la douleur, écrasante et terrible, s'empara de lui, elle n'était pas plus intense que l'horreur qui enserrait son coeur devant ce qu'il s'apprêtait à faire.

Il s'éloigna de deux ou trois pas de son oncle qui le regardait, les iris débordantes d'une reconnaissance coupable.

Il leva sa baguette et n'eut pas le courage de prononcer l'incantation.

-Dis-leur bonjour à tous de ma part.... Souffla-t-il doucement. Dis leur que j'arrive....Ajouta-t-il avec un léger sourire et le rayon vert fila sur le pauvre corps.

Le silence qui suivit fut lourd et insupportable. Harry s'effondra sur ses genoux et laissa libre court à sa douleur. Comment avait-il pu? Comment avait-il pu tuer Remus? C'était si injuste! Pourquoi avait-il du faire ce choix?! Pourquoi avait-il été confronté à ça? Ne souffrait-il pas assez?

Le jeune homme martela le sol de ses poings et ses larmes inondèrent le sol souillé de sang pendant un petit moment. Il ne sentit pas sa peine s'alléger un peu quand un lion à la crinière argentée vint se poster près de lui, le couvant de son regard inquiet. Il ne sentit pas trois personnes entrer dans la pièce, les exclamations étouffées et deux bras l'enserrer fortement. Et la douleur était si atroce, si accablante qu'il se laissa aller dans les bras fort et protecteur. Et les larmes coulèrent encore. Et il pleura pour tout ce qu'il s'était passé, pour ce qu'il allait se passer, pour tout ce qu'il était....

.........................

Severus marqua un temps d'arrêt devant la porte massive en bois. Harry était là. Il le sentait autant qu'il sentait qu'il n'y avait personne d'autre avec lui.... Et un pressentiment désagréable l'envahit soudainement et il eut peur de pousser la porte....

Le patronus de Sam, un lion éclatant, le bouscula durement quand un sanglot déchirant s'échappa de la porte entrouverte. Grognant contre le patronus et son propriétaire, il entra à son tour dans la pièce sombre. L'odeur emplit désagréablement ses narines et ses yeux furent presque immédiatement attirés par le corps chétif et sans vie de son ami.

Fred, derrière lui, hoqueta et il pu sentir le jeune homme se tendre et se crisper pour s'empêcher de pleurer ou de montrer sa peine. Son regard resta fixé sur le cadavre de Remus pendant un moment sans qu'il ne puisse vraiment réagir. Il avait appris à apprécier le loup-garou comme un ami, un compagnon d'arme et d'infortune. Il avait appris à compter sur lui et à affectionner son tempérament calme et doux, son humour serein et tellement contraire au sien. Lui qui ne jurait que par l'ironie et le sarcasme avait appris à considérer l'empathie et la bienveillance de l'autre.

Mais bien vite son esprit s'était remis à fonctionner et il avait agit avec instinct en englobant Harry, toujours sanglotant, dans ses bras. Il était étonné de la réaction du jeune homme mais il n'en dit rien et se contenta de la bercer doucement, comme un enfant.

Et au milieu de tout ça, il y avait Sam.

Sam qui n'arrivait pas à détacher son regard de la dépouille de ce qui avait du être son ami. Son tendre ami. Son si sage ami. Il n'arrivait pas à se dire que le corps meurtris qu'il voyait était réellement Remus. Le lycan n'avait jamais été prompt à avoir un corps d'athlètes, il avait toujours été grand et fin. Il avait toujours eu tendance à avoir les joues creuses et les cernes marquées. Il avait presque toujours eu l'air fatigué et déjà à 20 ans, il commençait à avoir des mèches grisonnantes au niveau des tempes. Mais le cadavre qui était sous ses yeux n'était pas Remus. Les os saillants, les côtes plus que visible, les yeux enfoncés, les lèvres craquelées et presque violettes, la peau pâle et molle.

Sam entendait les pleurs de son fils et là, debout au milieu de ce cachot putride, il eut juste envie de faire pareil.

-Ne fait pas cette tête-là, Cornedrue, ça va passer... Ca passe toujours!!

Il entendait encore la voix si douce de Remus. L'homme avait toujours été d'une douceur sans égal. Toujours. Il se souvenait du garçonnet timide et renfermé qu'il avait été. Il l'avait vu pour la première fois en descendant du train à Poudlard. Avec Sirius et Peter, ils s'étaient retrouvés dans la même barque. Il avait autant été intrigués par le regard sombre de Sirius que par les nuances dorées de celui de Remus. Cela avait été un petit garçon mince et de taille moyenne, déjà à cette âge-là, il avait un masque de fatigue sur le visage et des traits trop tirés pour qu'on ne pense pas qu'il ne soit pas malade. Il avait des cheveux plus foncé mais toujours de cette couleur miel si particulière et légèrement plus longs. Il avait bien vite appris, quand ils s'étaient retrouvés dans le même dortoir, que sous les reflets ambre de ses yeux, se cachaient de la curiosité à en revendre, un charme fou et une malice certaine.

Mais c'était le passé, n'est-ce pas? Le présent – ou le futur - était tout autre. Le présent, c'était cet amas de chair et d'os, définitivement mort, qui s'étalait devant ses yeux. Le présent, c'était les cris pénibles et douloureux de son fils. Le présent, c'était Severus qui frottait doucement le dos de Harry en lui murmurant une litanie de mots rassurants. Le présent.... Il lui donnait la nausée.

Subitement, l'atmosphère changea. Harry ne pleurait plus. Il ne gémissait plus non plus. Sam du détourner les yeux du cadavre cachectique pour voir son fils se relever, essuyer ses yeux rapidement d'un geste presque rageur du revers de sa manche. Quand le regard émeraude de son fils plana sur la dépouille de Remus, Sam cru y lire de la colère et il ne comprit pas vraiment pour quoi. Son fils reprochait peut-être à Remus de l'avoir laissé... D'être mort. Cela aurait été possible, bien que peu probable.

-On emmène son corps, déclara Harry d'une voix qui se voulait neutre mais qui tremblait malgré tout.

Severus acquiesça brièvement d'un hochement de tête vigoureux et lança simplement un sort pour faire léviter le corps.

-Peux-tu encore tenir ton patronus, Sam? Demanda Harry d'une voix déjà plus claire.

Sam réalisa seulement maintenant que, en effet, cela faisait bien une dizaine de minutes qu'il maintenait son patronus et étrangement, il n'en était pas fatigué. Montée d'adrénaline, sûrement. Il opina positivement de sa tête.

-Dis-moi juste quand tu ne tiens plus.... Je remettrai le bouclier en place. Ennonça-t-il simplement.

-Tu as assez de réserve? Demanda Severus.

-C'est bon.... Lui répondit Harry.

-C'est bon? Répéta Severus en haussant un sourcils. Dois-je te rappeler qu'il est toujours susceptible de nous tendre une embuscade? Siffla-t-il, d'un ton revêche.

-C'est pour ça que je lui demande de tenir un maximum, Sev'.... Claironna doucement la voix de Harry.

Severus grogna, jeta un coup d'œil affecté au corps, toujours suspendu entre ciel et terre; et se détourna vers la porte. Harry lui emboîta le pas.

......................

Peter rageait, seul, dans son coin.

Harry et sa clique semblaient au courant de sa présence et jamais le nom du traître ne fut prononcer. Le fils de James était aussi malin que son père! Peter le savait mais il avait encore maudit la génétique quand il s'était rendu compte qu'il ne pouvait rien percevoir au travers du bouclier qu'il avait formé....Il était sur que l'affreux petit elfe appartenait au traître mais il n'avait vu, et ce de manière floues, que des lèvres bouger.

Peter avait du renoncer à découvrir l'identité du félon mais il était hors de questions qu'il se présente devant le Maître sans une nouvelle. S'il réussissait à atteindre Severus, l'immonde bâtard au cheveux gras, son Maître en serait satisfait..... En tout les cas, Peter l'espérait.

Le deuxième jumeaux Weasley était aussi une possibilité. Même s'il était moins intéressant pour le Maître, cela porterait un coup tout aussi dur au moral de Harry. Quant au garçon lui-même, Peter n'était pas assez fou - courageux- pour tenter de le vaincre....Et le nouveau, bien.... Peter se voyait mal rapporter à son Maître qu'il avait réussi à tuer un inconnu, peu proche de Harry.

Il avait suivi le groupe, discrètement, sous sa forme animagus avec réluctance. Même si sous cette forme, il était moins réceptif à l'effet des détraqueurs, il n'en ressentait pas moins une terrible impression. Comme si tout ses sens s'affolaient en même temps, et suivre des gens à l'odeur en ces circonstances se révélaient assez ardu. Quand il vit Harry courir plus loin dans les galeries, il su que le garçon avait ressenti Remus et peut-être que, secrètement, il avait espéré qu'il arrive à temps pour l'aider.

Remus avait toujours été juste avec lui. Il ne l'avait jamais fait passé pour un bêta ou une mauviette. Il n'avait pas la sale habitude, comme James, de le rabrouer ou comme Sirius, de le narguer de ce sourire railleur qu'il arborait tant dans sa jeunesse. Il ne l'avait jamais regardé comme Lily, avec ce mélange de contrition et de gentillesse forcée par la pitié. Remus l'avait toujours traité avec égalité, c'est vrai, mais il était le meilleur ami des ennemis du Maître et l'une des pierres angulaires de la résistance. Il était l'un des piliers de Harry, sa destruction était une aubaine pour eux.

Peter ne pourrait pas dire n'avoir rien ressentit aux dernières paroles de son vieil ami... Bien sur, il était troublé. Bien sur, il aurait aimé que les choses tournent autrement....Bien sur, il avait été saisi par la demande de Remus et la réponse de Harry. Il n'aurait jamais imaginé que l'on puisse préférer mourir....Il ne comprenait pas Remus. Et il n'avait pas très bien compris ce que les Horcruxes venaient faire dans une conversation comme celle-là.....Il pouvait juste affirmer la clairvoyance de son ancien camarade, Harry allait mourir dans cette guerre. Il avait choisit le bon camp en fin de compte et même si les choses auraient pu être meilleur.... Bien, il estimait qu'elles étaient bien comme ça. Il était en vie. Et sans doute trop couard, pour voir la vérité en face....

Il sut que le moment était proche quand il vit Severus, Fred et l'autre entrer dans la pièce. De son regard de rongeur, il regarda la scène se dérouler, étrange. Il n'avait jamais vu Harry dans un tel était de désespoir. Harry avait toujours été, pour lui, un condensé de Sirius, de James et de Lily. Il se faufila en dehors de la pièce quand Harry se releva, présentant qu'ils sortiraient tous bientôt. C'était bien pensé.... Il ne serait pas plus affecté qu'eux par les détraqueurs grâce au Patronus de ce Sam...( Il était sur de l'avoir déjà vu quelques part ce lion...)

Il se retransforma juste au moment où Severus poussa la lourde porte en bois massif. Il ne laissa pas le temps au maître des potions de réaliser sa présence....

-Avada Kedavra!!