Chapitre 37

Ils n'étaient pas sûrs qu'il soit l'enfant qu'ils recherchaient, avant de regarder une nouvelle fois sur le croquis croqué par Peter Pan. Félix observait minutieusement chaque trait des deux visages et, dans la plus grande joie, constata que l'enfant esseulé sous l'arbre n'était tout autre qu'Henry Mills, le plus pur croyant en la magie. Ils l'avaient trouvé. Enfin. Félix montra du doigt le garçonnet à son acolyte.

Henry était seul, assis sous un arbre de la cour de récréation de son école. Les autres enfants riaient, couraient, criaient sans même se soucier de lui. Il tenait dans ses mains son livre Once Upon A Time. Félix sourit sous sa capuche mal cousue. Peter lui avait parlé de ce livre. Il était l'attribut du plus pur croyant avait-il dit. Cela ne faisait aucun doute, Henry Mills était bien ce garçon seul... perdu.

Une brune aux cheveux longs s'avança tout à coup vers lui, un sourire chaleureux sur le visage. Félix fit la grimace. Qui était-elle ?

- Belle ! Où sont mes deux mamans ? Demanda Henry surprit de voir sa "belle grand-mère".

- Regina m'a téléphoné. Ni elle, ni Emma, ne peuvent venir te chercher, elles ont une réunion de prévu. Emma viendra te chercher ce soir. Allons, rentrons maintenant. Sourit Belle en attrapant la main du garçon.

Les deux compères regardèrent l'enfant et la jeune femme s'éloigner silencieusement.

- Qu'allons nous faire Félix ? Chuchota anxieusement le deuxième garçon en éloignant une branche de sa vue.

- Nous allons suivre discrètement le gosse et sa baby-sitter. Nous attendrons ensuite que sa mère vienne le chercher, puis cette nuit nous appellerons Shadow* pour rentrer au Pays Imaginaire. Expliqua Félix d'une voix machiavélique.

Le mystérieux Capitaine vit au loin sur le trottoir, une jeune femme et un enfant. Il connaissait cette femme, il l'avait déjà vu. Bien sûr ! Il s'agissait de Belle, l'amante du Crocodile ! L'homme esquissa un sourire. Discrètement, il les suivit jusqu'à ce que ceux-ci s'engouffre dans une drôle de boutique d'antiquités.

- Mr. Gold. Lut-il sur l'enseigne. Ainsi, la Bête, voici ta tanière.

Le Capitaine se mit alors à attendre là, que le Crocodile pointe le bout de son nez. Qu'importait la durée, la vengeance était un plat qui se mangeait froid.

Il était vingt heure tapante et la salle de conférence de la Mairie était pleine. Une étrange solidarité régnait, ce soir. Chacun racontait les informations qu'il avait récolté au cours de la journée.

- Crochet ne semble pas vouloir s'éterniser ici. Remarqua Mary Margaret en se levant pour parler. Nous n'avons rien trouvé avec Charmant qui pourrait démentir le contraire.

- Mais il semblerait que nous ayons un second problème sur le dos.Grogna Granny, au fond de la salle.

Emma et Regina lancèrent alors chacune un regard interrogateur envers la vieille femme, en attendant une éventuelle explication.

- Ce que Granny veut dire, c'est que pendant les fouilles du Jolly Roger, nous avons reniflé deux autres odeurs humaines différentes de celle de Crochet... continua Ruby d'un ton grave en se levant à son tour.

- En clair, Crochet n'est pas venu seul à Storybrooke... fit alors Regina, nerveuse face à l'assemblée.

La brune jeta un rapide coup d'œil à Emma, suspicieuse. Elle semblait ailleurs, où en pleine réflexion. Regina aimait cette moue qu'affichait la blonde et ses yeux vides qui regardaient au loin. Ce n'était ni le jour, ni le moment, mais Regina ne put s'empêcher de la trouver si belle. Le Docteur Hopper sortit alors la Reine de ses constatations intérieures, ce qui amena celle-ci à confronter la population quelque peu agitée.

- Pensez-vous que cela soit des complices ? Demanda le psychologue roux.

- Cela se peut. On ne peut pas exclure cette théorie. Répondit le Shérif, soudainement sortit de ses rêveries.

La blonde était nerveuse. Elle se souvenait du conte Peter Pan écrit par J.M Barry qu'elle avait dévoré dans son enfance. Plusieurs fois, elle avait rêvé d'aller au Pays Imaginaire. Elle s'était sentie si abandonnée, seule à cette époque là. Ce conte la définissait tellement, elle avait été heureuse de voir qu'elle n'avait pas été la seule rejetée, et oubliée de la société. Emma se souvenait aussi que le Capitaine Crochet n'était pas un homme tendance à être un bisounours. Aussi, celle-ci angoissait quant à un éventuel face à face avec ledit pirate.

- Eh bien dans la cale, Blanche et moi avons constaté qu'une couverture avait été dérangé, et une énorme caisse, déplacée. Enchaîna à son tour le Prince.

- Il se peut que les deux individus se soient cachés en catimini sans en alerter le pirate. Conclu Regina. Quoi qu'il en soit, il faut retrouver ces trois individus au plus vite et découvrir le but de leur visite.

Emma hocha la tête en regardant Regina. Une nouvelle aventure démarrait, quels allaient être les dangers ? Le Shérif l'ignorait mais bientôt, elle le saurait.

Regina invita tout le monde à regagner leur logis, dans la prudence et la sécurité. Le lendemain allait être long. La salle de désemplit alors lentement. La brune vit la blonde arriver près d'elle, d'un pas assuré.

Emma s'approcha de Regina, elle voulait aller boire un verre avec le maire. Elle voulait simplement être seule avec elle. Elle se racla la gorge et lança un regard charmeur à la Reine.

- Eh bien Mademoiselle Swan ? Demanda Regina avec ce petit sourire en coin et ses yeux malicieux.
- Je me demandais si, si vous accepteriez en tout bien et tout honneur, d'aller prendre un verre avec moi chez Granny ? Fit la blonde avec un audace qui la surprit elle même.

Madame Mills se mit à rire devant cette soudaine technique de drague. Au fond d'elle, son cœur battait la chamade. Elle allait accepter quand elle repensa au travail qui l'attendait ce soir.

- Ah ah ! Je vous remercie Shérif, mais je me dois de refuser. La paperasse est au programme de ce soir. Cependant, je prends en notre votre offre et vous la ressortirait au moment voulu. Déclina Regina en passant la langue doucement sur ses lèvres puis les humidifier.

- J'aurais pu chambouler votre programme si je l'avais voulu... je peux être très persuasive, quand je veux... murmura Emma en s'avançant un peu trop prêt de la brune qui visiblement comprenait l'allusion du Shérif.

- A quoi pensez-vous donc ? Chuchota à son tour la brune dont le ventre la brûlait...

- Rien de spécial. Je dois aller chercher Henry chez Belle et Gold. A demain, Madame Mills. Fit soudainement la blonde en reprenant sa constance et s'éloignant d'un pas.

La blonde dévisagea un instant la brune frustrée. Elle lui lança un sourire narquois puis tourna les talons et quitta la Mairie.

Regina restait plantée là, seule, bouche-bée. Elle venait de se faire avoir. Elle lâcha un sourire narquois ironique. Cette jeune femme alors... la lutte promettait d'être longue... la brune entendit le lointain rire satisfait de Swan. Elle lui ferait payer !

Il était resté là, dans l'ombre toute la journée, à attendre. Ce qu'il ignorait, c'était qu'il n'était pas le seul à attendre le moindre signe de vie de la part de la boutique, deux garçons s'étaient également cachés attendant enfin l'arrivée de la fameuse maman du pur croyant. A son plus grand chagrin, Rumplestiltskin n'avait pas daigné se montrer. Il finirait par le trouver, il s'en convaincu.

Tout trois entendirent tout à coup le ronronnement d'une drôle de machine qu'ils ne connaissaient pas. Un engin jaune à quatre roues se gara devant la boutique, une grande blonde en sortit précipitamment. Crochet fut abasourdie par la beauté de cette créature qu'il n'avait jamais vu auparavant. Une femme à l'allure masculine, déterminée et plutôt sûre d'elle.

- C'est elle, Emma Swan, elle a grandit n'est-ce pas ? Chuchota tout doucement Félix à son ami qui opina de la tête.

Emma tenta d'entrée dans la boutique de Mr. Gold sans succès. C'était verrouillé. Henry devait sûrement être au foyer familial de la famille Gold. La blonde accourut à sa voiture et redémarra aussitôt chercher son fils.

- Suivons la ! Ordonna Félix à son équipier, qui s'éloignèrent en suivant la voiture.

Alors que la Coccinelle s'éloignait avec la jolie jeune femme à ses commandes, le Capitaine eut une soudaine idée. Il s'avança lentement jusqu'à la boutique et jeta un œil aux environs pour vérifier qu'il n'y ait aucun témoin. Personne. L'homme donna alors un coup de crochet dans la vitre de la porte qui se fendit aussitôt. Il tourna alors la poignée, et entra tel un courant d'air...

Emma ferma la porte de la chambre de son fils en prenant soin de bien éteindre la lumière. A son tour, elle rejoignit la chambre voisine - la sienne - et se changea. Elle était exténuée par cette journée. Il ne fallut pas plus longtemps pour que le loft entier s'endorme.

La porte d'entrée s'ouvrit alors dans un grincement sourd. Deux ombres se faufilèrent dans le petit logis. Ils devaient trouver ce Henry Mills. Félix partit du principe que tous les enfants dormaient à l'étage. Alors, il tira la manche de son compagnon, l'index sur la bouche. Il lui intima de le suivre sans faire de bruit. Deux portes se présentèrent à eux. Félix hésita. Son compagnon tendit le doigt en direction de l'une d'elles, mais le plus grand des deux garçons ne prit pas en compte l'avis de son ami et prit la seconde porte. Bingo ! Un petit garçon roupillait paisiblement, aux lueurs de la nuit. Telle une mission commando, Félix ordonna en silence d'ouvrir la fenêtre de la chambre, tandis que lui, se dirigeait en direction d'Henry.

- Shadow ! Appela le deuxième garçon.

Une ombre sortit d'entre les nuages et vint à la fenêtre de la chambre d'Henry. Elle se dirigea vers celui-ci et regarda curieusement Félix.

- C'est lui, que Peter cherche. Expliqua Félix.

Pour montrer sa joie, un courant d'air glacial envahit la pièce. Le spectre s'accrocha de force a Henry et l'extirpa de son lit. Les deux garçons agrippèrent alors à eux . Henry se réveilla et tenta d'hurler, mais on l'en empêcha. Alors, dans le silence de Storybrooke et le scintillement des étoiles, tous quatre s'envolèrent en direction du Pays Imaginaire...

* Shadow est le prénom donné à l'ombre de Peter Pan, par la version américaine de la série.