Hello les gens ! Comment allez-vous en ce 1er mai ? Fête du travail mais personne ne bosse, comme c'est cocasse. Mais pratique ^^. Du coup, je peux publié sans soucis ^^.

Pour info, je tiens toujours mes résolutions : je suis et je reste au régime (et je maigri !) et je publie régulièrement.

Bon, je vais arrêter de blablater et vous laissez lire !

Bonne lecture !


Chapitre trente-deux : Le regard des Black

Il est supposé que si les Veelas ont des ailes, ces dernières sont protégées par un puissant charme d'amnésie naturel afin que quiconque les verraient, et il en va de même pour le compagnon de la créature que pour tout autre personne, les oublis. Pourtant, tout au long des siècles et depuis la naissance de l'écriture, on retrouve des références aux ailes des Veelas. Si jamais personne ne les a vu, ou ne s'en souvient, comment cela est-il possible ?

« Des Veelas et des Hommes », Guillaume Tand

Ce fut avec une facilité déconcertante que Sirius parvint à entrer dans le manoir Riddle. La bâtisse l'effrayait toujours, il avait toujours envi de fuir à toute jambe, mais il luttait contre tout ses instincts pour traverser le jardin d'arbre mort et entrer dans ce qui semblait être un salon dont la porte-fenêtre aux vitres brisées le laisser libre d'aller et venir.

Dans le salon aux meubles couverts de draps blanc poussiéreux, il s'était arrêté, prenant le temps de tendre l'oreille pour prévenir de la venue de tout Mangemort qu'il pourrait croisé. Très vite, la tête appuyé contre le battant de bois de la porte, il s'était rendu à l'évidence que ses sens humains étaient trop faible alors, il s'était changé en chien.

Immédiatement, son ouïs affinée lui avait fait parvenir tout un brouhaha, concentré à l'étage. Des rires, des cris, des bruits de pas… Comme si tout ce que le manoir abritait de vivant s'était réunis dans une seule pièce, bien à l'opposé de l'entrer des sous-sols.

L'avantage des vieilles demeures comme le manoir Riddle, c'était qu'elles étaient toutes construites sur le même schéma. Et Sirius connaissait par cœur le manoir Black et le manoir Potter. Il n'allait donc pas se perdre. Comme dans le manoir Malfoy ? Le charia une petite voix interne. Il grogna doucement. La résidence des Malfoy, elle, était bien plus importante, donc plus difficile à connaitre.

D'un pas lent, hésitant, Sirius quitta l'abris du salon abandonné pour s'engager dans le couloir, les oreilles tendues à l'affut du moindre bruit, près à prendre la fuite à toute vitesse au moindre danger. Son odorat surdéveloppé le guida jusqu'à l'entrer des caves, d'où s'élevait l'odeur dérangeante du sang et de la mort.

Une fois de plus, il du lutter contre l'envie forte de faire demi-tour et de partir. Mais il ne pouvait pas abandonner maintenant ! Il avait réussi à entrer dans l'antre de l'ennemi, il ne lui restait plus qu'à trouver James et à partir. Pas le plus facile ni le moins dangereux mais il pouvait le faire. Il le devait même !

D'un pas plus lent encore, il descendit les marches de pierre humide. A intervalle régulier, des torches accrochées aux murs de part et d'autre de l'escalier, jetaient sur le sol inégal une lueur vacillante, comme si les ténèbres parvenaient à étouffer les flammes.

C'était oppressant, dérangeant et Sirius, tout Gryffondore qu'il était, même avec l'appui de la potion Felix Felicis qui le guidait dans son esprit, le rassurant d'un murmure doux, du retenir un couinement peu rassuré, se forçant à oublier où il était et ce qu'il risquait s'il était attrapé.

Arrivé en bas des marches, il marqua une pause. Autant pour se calmer que pour réfléchir au chemin à emprunter. Il lui fallu plusieurs longues minutes pour réussir à apaiser les battements de son cœur rendu erratique et douloureux par la peur. Lorsqu'il y parvint, il baissa la truffe sur le sol, le temps de chercher une piste.

La terreur qu'il ressentait fut percée par une étincelle de joie lorsqu'il capta la piste faible mais bien présente, de l'odeur de James. Il était sur le bon chemin ! Là, en suivant le couloir de droite ! Il était sur de trouver son frère d'arme !

Pourtant, dans son esprit, Felix Felicis désapprouva doucement. Rien de brutal, juste un blâme gênant qui ternissait sa joie. La potion ne voulait pas qu'il aille par là. Pas de suite en tout cas. C'était étrange. Comme si Felix Felicis était un être vivant. Non pas qu'il lui parlait clairement, c'était plus un ressentit, une communication basé sur les sentiments, que la potion déversait dans son esprit sans limite. Un instinct supplémentaire qui lui donnait plus d'assurance.

Sirius avait conscience qu'il devait l'écouter aussi se résigna-t-il à partir à gauche comme lui indiquait Felix Felicis. Le couloir qu'il longea n'était bordé d'aucune cellule et faiblement éclairé par quelques torches elles-mêmes étouffé par l'obscurité.

Tout au fond, une porte était entrouverte. Sirius devait y aller. Il le savait. Mais l'obscurité qui semblait découler de la pièce devant lui n'avait rien de rassurant. Pourtant, une fois encore, il fit taire sa peur et avança d'un pas toujours plus lent jusqu'à la porte. Sur le seuil, il hésita puis, comme un pansement qu'on arrache d'un coup, il bondit à l'intérieur et…

...Découvrit une pièce complètement vide, si ce n'était une paillasse dans un coin, une chaise et une table dans une autre. Seule une petite bougie éclairait l'endroit mais la lumière était bien assez grande pour qu'il puisse voir, accroché au mur du fond, une dizaine de trousseau de clé. Celle de toutes les cellules.

Sirius retint un jappement de joie. Il allait trouver James et allait pouvoir le libérer sans avoir recours à la magie, ce qui réduirait les risques d'être découvert ! C'était fabuleux ! Pourtant, son bonheur fut de courte duré lorsqu'il avisa l'unique crochet vide : les clés qu'il lui fallait, lui souffla Felix Felicis.

A ce constat, l'ancien Black fronça les sourcils. Pourquoi l'avoir conduit ici s'il n'y avait pas ce dont il avait besoin ? Se demanda-t-il. La seconde suivante, comme s'il s'agissait d'une réponse, des bruits de pas et des voix se firent entendre dans le couloir.

On venait. Deux Mangemorts à priori. Paniqué, Sirius tourna sur lui-même à la recherche d'une issue mais il fut forcé de constater que le seul chemin pour sortir était le couloir sans porte par lequel il était venu et d'où provenaient les voix des deux hommes.

Il était perdu ! C'était idiot ! Comment pouvait-il échoué en étant si près du but ?! C'était injuste ! Est-ce que Felix Felicis n'agissait plus ? Si, il sentait toujours la présence de la potion au seuil de son esprit. Alors, qu'était-ce ? N'était-elle pas assez puissante pour contrer l'aura de ténèbres qui planait sur cette demeure ? Avait-il été trop confient ?

Il allait être découvert, capturé, torturé et finalement tué ! James n'allait jamais retrouver la liberté par sa faute ! Leur groupe d'ami allait être délesté de deux d'entre eux du fait de son idiotie… Lucius allait être veuf une seconde fois.

Sirius se figea en ressentant une peine immense à l'idée d'être séparé de son époux. Il avait admit l'aimer mais n'avait pas songé que cela puisse aller aussi loin : là, dans cette pièce sans fenêtre du manoir Riddle, il sentait son cœur saigner de ne plus voir Lucius. Plus qu'à la pensée de perdre ses amis et sa vie.

S'en était effrayant. Comment avait-il put s'attacher ainsi à Lucius ? En si peu de temps ? Depuis leur mariage, les deux hommes s'étaient à peine vus, s'évitant la plupart du temps, ne se regardant pas lorsqu'ils se croisaient. Comment pouvait-il être aussi amoureux de lui ?

Sirius ferma les yeux en se rappelant du petit corps froid de son époux collé contre lui, de la douceur de sa chevelure à la longueur démesuré qu'il aimait caresser lentement du bout des doigts, craignant de le réveiller tout en espérant que cela arrive pour pouvoir lui voler un baiser.

Et, contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'attirance n'était pas que charnelle. Il voulait Lucius. Corps et âme. Il voulait le faire sourire, gagner sa confiance, peut-être son amour, lui apporter le bonheur et vivre heureux avec lui.

C'était idiot. Insensé. Niais. Mais c'était ce qu'il voulait, réalisa-t-il. Et il fallait qu'il en prenne conscience là, coincé dans un cul-de-sac, à quelques secondes d'être découvert par des Mangemorts. Vraiment, le destin avait un humour dérangeant.

Les voix étaient proches. Si proche, que sur le pan de bois venait d'apparaitre une main tenant un trousseau de clé. De toute évidence, le Mangemort le plus près tournait le dos à la porte pour s'adresser à l'autre, plus éloigné. Sirius reprit forme humaine, autant pour pouvoir se défendre avec sa baguette magique que parce que c'était ce que Felix Felicis lui soufflait.

Il se força au calme tout en pointant sa baguette sur l'entré, près à envoyer le premier sort lorsqu'il serait découvert. Pourtant, Felix Felicis lui disait de baisser son arme, de ne rien faire, ce qui était en total contradiction avec la peur panique qu'il ressentait.

Que devait-il faire ? Ecouter son instinct de survit qui lui hurlait d'attaquer avant d'être attaquer et de tout faire pour fuir, atteindre les limites des barrières anti-transplannage et fuir encore plus loin ? Ou écouter l'instinct étranger qui l'avait guidé jusque là, dans cette pièce sans issue, à la merci des Mangemorts, là-dehors ?

Sirius ne savait pas quoi faire et lorsque la porte finit par s'ouvrir, laissant entrer l'homme masqué qui servait Voldemort, il ne baissa pas sa baguette mais ne jeta aucun sortilège. Le Mangemort en face de lui se figea lui aussi, sans pour autant faire mine d'attaquer, comme s'il était surprit de le trouver là.

Ce qui était possible. Après tout, ils étaient au manoir Riddle, l'antre de Voldemort lui-même. Les membres de l'Ordre du Phénix n'y étaient pas les bienvenus, ou alors enchainé, torturé et affaiblis. Mais pas libre et consentant.

- Qu'est-ce que tu fous ?! fit la seconde voix masculine, dans le couloir. De là ou il était, il ne pouvait voir l'intérieur de la pièce et donc Sirius, ce qui était une petite chance pour l'aurore. La fête va commencer ! Range ces clés qu'on en finisse.

Le Mangemort quitta des yeux Sirius pour regarder son compagnon. Le Gryffondore sentit son cœur raté un battement : il allait prévenir son compagnon de sa présence ! Il devait l'arrêter et un instant, il songea à user de l'Imperium. Mais il n'en fit rien, bien conscient qu'il n'aurait jamais la force de réussir un sortilège interdit.

- Ouais, attend, répondit le premier Mangemort. On a vidé toute les cellules, t'es sur ?

Sirius déglutit, ne comprenant pas pourquoi il ne le dénonçait pas. Dans son esprit, Felix Felicis rigolait, se moquant de son incompréhension. C'était agaçant mais il n'osait faire un bruit ou un geste, par crainte que l'instant étrange ne s'interrompe et qu'on ne l'attaque.

- Mais ouais ! Magne-toi j'en ai marre !

- Mais y'a encore Potter, nan ? Insista le premier Mangemort.

Dans sa main, sur le pan de bois, il fit tourner les clés pour en saisir une précisément, parvenant à la détacher de l'anneau de métal qui les reliaient toute. Sirius le regarda faire, ne comprenant toujours pas. Que faisait-il ? Et pourquoi ? Son ignorance stressait plus encore le brun qui ne savait pas comment réagir.

- Nan, lui, il a droit à un traitement de faveur. Avec la p'tite poupée du Maitre ! Rajouta le sorcier, dans le couloir, d'une voix moqueuse.

Un traitement de faveur ? Qu'entendait-il par là ? Sirius sentit une pierre tomber dans son estomac en s'interrogeant sur l'état dans lequel était James. Jusqu'à présent, il s'était refusé à croire que son ami était mort, ou mourant. Mais après une semaine passée dans les geôles de Voldemort, il ne devait pas être en bonne santé. Et lui n'avait même pas pensé à prendre une potion de soin ! Ou même la cape d'invisibilité de Prongs ! Mais quel crétin il était parfois ! se fustigea-t-il.

- Vraiment ? Mais je croyais que personne ne devait toucher à Malfoy.

Sirius sursauta en entendant le nom de son époux. Etait-ce de lui dont parlait l'autre lorsqu'il avait fait référence à « la p'tite poupée du Maitre » ? Immédiatement, il se remémora les paroles d'Arthur lorsqu'il lui avait annoncé que Lucius était l'amant de Voldemort. Lui aussi avait usé du terme « poupée ».

S'en devenait agaçant et effrayant. D'abord parce que tout le monde semblait savoir quelque chose que lui ignorait sur son époux, mais aussi parce qu'on faisait référence à Lucius comme à un objet, un jouet sans âme juste créer pour s'amuser. Bon sang, mais quelle vie avait donc le blond ? Il allait devoir avoir une sérieuse discussion avec lui lorsque toute cette histoire allait être finit !

L'envi de le retrouver, de le garder près de lui et de le protéger se fit soudainement ressentir chez Sirius qui du se forcer à se concentrer sur la situation actuelle. Il était toujours en compagnie d'un Mangemort, à attendre que ce dernier ne révèle sa présence à son collègue. Il ne pouvait pas se laisser allé à divaguer sur Lucius.

- J'ai pas dis qu'il le toucherait. Ricana le Mangemort, à l'extérieur. J'ai juste dit qu'il avait un traitement de faveur. Enfin, c'est sans doute plus cruel qu'un Doloris mais bon, c'est qu'une pourriture de l'Ordre, on va pas le plaindre.

- Oui, tu as sans doute raison.

Soudain, un cri déchirant de douleur, si puissant qu'il était impossible de dire s'il s'agissait d'une voix d'homme ou de femme se fit entendre, et Sirius leva les yeux vers le plafond comme s'il allait pouvoir voir à travers la pierre ce qu'il se passait.

- Allé, magne-toi ! La fête a commencée ! Râla l'homme, dehors.

- Vas-y, je t'y rejoins. Juste le temps de ranger les clés.

Sirius entendis grommeler mais finalement, des pas s'éloignèrent et rapidement, il ne resta plus que les cris étouffé à l'étage pour raisonner entre les murs de pierres sombres, froides et humides. Le Gryffondore, qui avait baissé les yeux pour les fixer à nouveau sur le Mangemort restant, eut un mouvement de recul lorsque ce dernier entra complètement dans la pièce.

Distraitement, comme s'il ne voyait pas la baguette qui le menaçait ou l'ennemi qui avait osé infiltrer l'antre de son maitre, il alla jusqu'à mur du fond pour y suspendre le trousseau. Immédiatement après, une barrière de lumière apparue, bloquant quiconque aurait voulu s'en saisir d'un.

Puis il tourna les talons, posant au passage la clé qu'il avait retiré de l'anneau de métal, plus tôt, sur la table de bois. Sirius le regarda faire, toujours sans comprendre mais sans oser dire ou faire quoi que se soit. Il comprenait bien que le Mangemort l'aidait mais il ne comprenait pas pourquoi. S'agissait-il d'un espion de l'Ordre ?

Ca expliquerait pourquoi il ne l'avait pas dénoncé, pourquoi il lui avait indiqué quel était la clé de la cellule de James et pourquoi il la lui laissait. Mais si Sirius n'avait pas la prétention de connaitre tout les espions de Dumbledore, il avait l'intime conviction, peut-être à cause de Felix Felicis qui chantait de joie dans son esprit, que ce n'était pas ça.

Sur le seuil de la porte, le Mangemort se figea, tourna la tête pour croiser une dernière fois le regard du Gryffondore. Malgré le masque noir qui lui cachait le visage, Sirius fut certain qu'il souriait. Cela se voyait dans ses yeux bleus.

Bleus nuit, réalisa-t-il.

Merde ! C'était les mêmes yeux que lui ! Ceux des Black ! Le Mangemort devant lui n'était autre que Regulus ! Son petit frère ! Voilà pourquoi il n'avait rien dit ! Pourquoi il l'avait même aidé ! Son cœur se chauffa à la pensé que malgré toute les différences qu'il y avait entre eux, l'amour fraternel qu'ils avaient ressentit l'un pour l'autre, et que lui ressentait toujours, était toujours là, vivant, n'attendant qu'un signe pour pouvoir s'exprimer !

Pour peu, il se serrait jeter sur lui de joie pour le serrer dans ses bras, oubliant que s'il était là, s'il était Mangemort, s'était que Regulus portait la Marque et servait Voldemort, mais son petit frère ne lui en laissa pas le temps, tourna les talons et s'en alla d'un pas rapide, le laissant seul dans les donjons, la clé de la prison de James à porté de main.

Lorsque tout cela est finit, se dit-il en s'emparant de cette dernière avant de reprendre son apparence de chien pour flairer la piste de son ami, il allait devoir avoir une discussion avec Regulus. En plus de celle avec Lucius.

Il soupira, dépité, puis se décida à ranger ses pensées dans un coin de son esprit. Ce n'était ni l'endroit, ni le moment de méditer sur ce qu'il avait à faire. Aussi se concentra-t-il sur sa tâche et baissa la truffe sur le sol dans l'espoir de retrouver la piste de James.

D'un pas plus rassuré par les petites victoires de son infiltration, il parcourut les couloirs silencieux, repassant devant l'escalier qui menait à l'étage pour rejoindre une autre aile, cette fois faite de cellules plus vides les unes que les autres.

Où étaient les prisonniers ? se demanda-t-il en cherchant la moindre trace de vie. Les cris étouffés qu'il entendait, provenant de l'étage, était un début de réponse. Etait-ce ainsi que Voldemort concevait le mot « fête » ? C'était écœurant.

Mais affreusement bien tomber. Face à des cellules vides, Sirius n'avait pas la tentation de vouloir libérer tout le monde, comme il ne courait pas le risque d'être découvert et dénoncé par un prisonnier trop désespéré, près à le vendre pour alléger sa peine.

Finalement, il atteignit un dernier couloir et su que James était là, tout au fond, derrière l'unique geôle dont la porte était d'un bois épais, ne laissant rien filtrer, ni air ni lumière. Un cachot presque une oubliette.

Son cœur se serra à la pensé que son ami avait passé une semaine là-dedans, et il reprit forme humaine pour se précipiter sur la porte et l'ouvrir, ne prenant pas garde aux pièges éventuel. Pourquoi y en aurait-il de toute façon ? Voldemort était paranoïaque, c'était un fait connu de tous, mais tout de même pas au point de piéger sa propre demeure, non ? Ca n'avait pas de sens !

Puis Felix Felicis ne l'avait alerté de rien, preuve qu'il ne risquait rien. Ou que l'effet de la potion arrivait à son terme. Sirius ne savait pas depuis combien de temps il était entré dans le manoir Riddle, mais savait qu'il ne devait pas s'attarder trop longtemps.

Il ouvrit la porte de la cellule –qui n'était pas piégée- et invoqua un Lumos pour éclairer l'intérieur de la geôle, craignant ce qu'il allait y découvrir. Son regard fut immédiatement attiré par une forme recroquevillé dans un coin. James.

La peine lui serra le cœur lorsqu'il remarqua que son ami ne l'avait pas reconnu, qu'il ne l'avait pas regardé, qu'il se contentait de trembler silencieusement, sans doute dans l'espoir de se faire oublié. Lentement, comme s'il s'approchait d'un animal sauvage acculé, Sirius alla s'accroupir devant lui.

- James ? Vieux frère, l'appela-t-il doucement. C'est moi, Sirius.

Le jeune homme, en entendant la voix de son ami, releva la tête, les yeux écarquillé, avant de se jeter sur lui pour l'embrasser. Sirius se retint de rire en lui rendant l'accolade. Il aurait été idiot d'être prit maintenant parce qu'ils faisaient trop de bruit.

- Sirius ! Je croyais ne plus jamais te revoir ! S'exclama le cerf en se serrant contre lui.

Puis, comme s'il réalisait quelque chose, il se recula pour pouvoir l'observer. La crainte et la peine passa sur son visage sal et ensanglanté et avant même que Sirius ne puisse dire quoi que se soit, James reprit, d'une voix paniqué :

- Non ! Je ne devais plus te revoir ! Si tu es là… c'est qu'ils t'ont eut toi aussi !

- Non ! Non ! Démentit l'ancien Black. Non, t'en fais pas. Ils m'ont cru mort ! Je suis là pour te libérer !

- Me lib… Mais t'es complètement fou ! Si jamais Voldemort…

- Je sais, je sais. Mais c'est pas le moment pour ça, on doit se barrer d'ici fiça !

Ne laissant pas le temps à James de répondre, Sirius lui saisit la main pour le forcer à se relever et le tira hors de la cellule. James du se couvrir le visage de sa main libre, la lumière des torches, même étouffé par l'obscurité, étant encore trop vive pour lui, mais il suivi d'un pas boiteux la course de son ami.

Sirius savait quel chemin prendre pour sortir et maintenant qu'il avait enfin retrouvé son frère d'arme, il faisait fi de toute prudence pour fuir au plus vite l'affreuse demeure. Mal lui en prit car dans son esprit, Felix Felicis, dont la voix faiblissait à mesure que le temps passait, grognait de mécontentement.

Finalement, les deux hommes atteignirent l'escalier qui menait à l'étage et l'empruntèrent. Sirius du se rendre à l'évidence que James était plus mal en point qu'il ne le croyait et lui prêta une épaule pour l'aider à avancer, même si cela les ralentissait.

Lorsqu'ils furent arrivé à l'étage, Sirius passa la tête par la porte le temps de s'assurer que la voie était libre, puis les deux Gryffondores prirent le chemin du salon abandonné par lequel Sirius était entré plus tôt.

- Hey ! Fit une voix dans leur dos à l'instant où ils en passaient la porte.

Merde ! Ils étaient repéré ! Sirius accéléra le pas, se forçant d'ignorer le gémissement de douleur de son ami face au rythme plus soutenu et le poussa hors du salon, jusqu'à un marre d'ombre qu'il espérait assez intense pour les masquer à la vu du Mangemort.

Dans son esprit, Felix Felicis n'était plus qu'un lointain murmure, encore présent mais plus pour très longtemps. Ils devaient faire vite et passer les barrières anti-transplannage avant que les effets de la potion ne se dissipent totalement !

- Hey ! Arrêtez-vous ! Cria encore le Mangemort qui les avait repérés.

Un rai de lumière rouge les frôla et la peur leur donna des ailes, autant à James malgré ses blessures, qu'à Sirius. Mais ils n'allaient pas assez vite ! L'homme dans leur dos se rapprochait, continuant à crier. Il allait donner l'alerte ! D'autre allaient venir ! Ils étaient perdus !

- Transforme-toi ! ordonna-t-il en désespoir de cause à son ami avant de lui-même prendre l'apparence d'un chien.

James ne discuta pas et se transforma lui aussi. Le cerf qu'il était devenu, même s'il était toujours blessé, semblait avoir plus de force, plus d'équilibre et courait plus vite. Avec l'aide de Sirius, ils purent tout deux reprendre un peu d'avance, même si les cris et les sortilèges continuaient de pleuvoir dans leur dos.

Mais où était donc la limite des barrières de protection ?! Le domaine de Voldemort devait bien s'arrêter quelque part non ?! L'avance qu'ils avaient réussi à prendre était en train de se réduire, James étant trop blessé pour tenir un rythme de cours trop soutenu et le Mangemort, sans doute effrayé par la colère potentielle de Voldemort, ayant repris un second souffle.

Ils étaient perdus ! Le Mangemort criait trop fort, il allait finir par alerter ses collègues, son maitre même ! Et il courrait trop vite, il allait les rattraper, les capturer, et les tortures reprendraient. James pensa à Lucius, allait-il le revoir ? L'embrasser encore ?

Non, il ne devait pas penser à ça. Pas maintenant. Plus jamais même ! Qu'il meurt dans dix minutes ou dans dix ans, il ne devait plus jamais avoir ce genre de penséeer pour le blond, il ne devait plus trahir l'amour de Lily et son serment de mariage ! Plus jamais !

Mais soudainement, les cris de l'homme dans leurs dos s'arrêtèrent et les deux animagi se retournèrent, leur regard soudain attiré par une silhouette lumineuse, sur l'un des balcons de l'étage. Leurs vus affuté d'animaux leur permirent de reconnaitre sans peine Lucius.

Le blond se tenait au bord du balcon, les yeux levé vers le ciel, toute son aura libéré par l'intermédiaire des deux petites ailes, à peine plus longue qu'un mètre, recouvertes de plumes d'un blanc éclatant. Malgré leurs tailles ridicules, elles s'accordaient merveilleusement bien à la silhouette frêle et fragile du jeune homme. L'envi de le rejoindre était si grande, qu'aucun des Gryffondore ne songea plus à fuir.

Fuir ? Qui ? Quoi ? Pourquoi ? Non, il n'y avait plus que Lucius, plus que son aura de lumière, que ses ailes trop petite, trop pure, plus que l'envi furieuse de le posséder, de l'avoir, juste pour soit. D'avoir son corps. D'avoir son cœur. D'avoir son âme.

Lily.

James se força à baisser les yeux en pensant soudainement à Lily. Sa femme. Celle qui lui avait donné un fils. Celle avec qui il avait juré de passer toute sa vie. Non, il ne pouvait pas la trahir encore. Pas comme ça. Pas avec Lucius.

Il avait l'impression de s'arracher le cœur en faisant cela, mais James tourna le dos à l'apparition angélique sur le balcon, et donna un coup de ses bois dans les cotes du chien, près de lui, autant pour attiré son attention que pour le forcer à avancer.

Sirius grogna, près à mordre celui qui le dérangeait dans sa contemplation, mais James n'en fut pas effrayé. Il avait appris à devenir un cerf pour pouvoir maitriser un loup-garou alors, ce n'était pas la morsure d'un cabot, même aussi gros que celui qu'était son ami, qui allait l'effrayer.

Il le poussa encore, et encore, lui coupant la route lorsque le chien faisait mine de le contourner pour rejoindre Lucius et finalement, après un long chemin, ils rejoignirent tout deux le couvert des arbres morts, passant la limite de la barrière anti-transplannage.

Mais pour fuir définitivement cet endroit, au moins l'un des deux se devait de reprendre forme humaine. Sirius n'avait toujours pas retrouvé ses esprits, ils ne pouvaient donc pas compter sur lui, mais James craignait de le faire. D'une façon ou d'une autre, leurs formes d'animagi les préservaient de l'aura de Lucius. Enfin, lui en tout cas.

Ou alors s'était parce qu'il avait déjà été soumit à l'aura Veelane du blond, quelques heures plus tôt, qu'il parvenait à lutter contre l'envie irrésistible de faire demi-tour pour aller s'approprier la divine créature qui les appelait là-bas.

Puis, aussi soudainement que l'aura s'était faite sentir, elle disparue, comme une bougie dans la nuit que le vent soufflait. Et le besoin de rejoindre Lucius s'effaça avec elle, ne laissant dans leurs esprit que l'empreinte d'une envie aussi démesuré que contre-nature. James frémit une seconde, se demandant ce qui avait put se passer pour cela mais ne perdit pas une seconde, reprenant forme humaine. Il noua ses bras autour du cou de son ami, savourant la douceur du pelage de l'animal qu'il était encore, et se concentra pour réunir ses dernières forces, les transplannant aussi loin que possible de cet endroit.

A suivre…


Review ?