Harry Potter et la Prophétie du Triangle
Chapitre douze
Remparts
L'infanterie anglaise mena son attaque avec la plus grande intrépidité jusqu'à notre rempart, mais on s'opposa à eux avec un courage au moins égal au leur. La rage, la furie et les désespoir se manifestèrent des deux côtés, avec de plus en plus d'obstination comme les assaillants et les assaillis étaient peut-être les soldats les plus courageux du monde. Le petit rempart qui séparait les deux forces devint le théâtre d'un des combats les plus sanglants qui puisse être concevable… Ce serait impossible de trouver des mots assez forts pour décrire les détails du carnage qui se déroula lors de la première attaque, qui dura une bonne heure ou plus. Nous nous battions tous pied à pied, les faisant tomber en arrière comme ils s'accrochaient au rempart…
--Ben Levick, Eyewitness Account of the Storming of the Schellenberg, 2nd July 1704
Harry fixa son certificat de naissance, et pour quelques raisons, ses cheveux se hérissèrent sur sa nuque. C'était un certificat de naissance parfaitement ordinaire, mais ce n'était pas celui du gouvernement britannique. Sa tante avait dit dans sa lettre laconique qu'elle n'avait pas confiance dans le fait qu'il ne le perdrait pas (quelques choses ne changeraient jamais). A la place, elle lui avait envoyé le certificat de l'hôpital, qui avait une entête à l'air démodé de l'hôpital St Dawyd où il était né, en plus de son nom, de sa date et de son lieu de naissance écrit avec une belle calligraphie (Harry James Potter, né le 31 juillet 1980 à Cardiff, Pays de Gales), son poids à la naissance (sept livres quatre onces), sa taille (vingt-et-un pouces), et le nom du médecin accoucheur (F.X. O'Sullivan).
Le dos du document portait les empreintes du pouce de sa mère, la toute petite empreinte de ses pieds, les noms de ses parents, et leurs lieux et dates de naissance. Il fixa pensivement les informations sur son père un instant, n'y ayant jamais vraiment fait attention. James Godric Potter était né le 5 août 1960 à Bath. Pourquoi Bath ? se demanda-t-il. Mais sa mère… Sa mère, selon cela, était née exactement quatre mois plus tôt, le 5 avril 1960, à Appleby Magna, Leicestershire.
Il erra jusqu'à une chaise sur laquelle il se laissa tomber, fixant le papier. Puis il se releva presque immédiatement et courut dans son dortoir. Il ouvrit sa malle et farfouilla jusqu'à ce qu'il trouver la boîte à chaussures où il conservait sa correspondance. Malheureusement, son organisation n'allait pas plus loin. Les lettres qu'il avait reçues les années précédentes depuis qu'il avait eu sa lettre de Poudlard (qui était au fond) étaient empilées en vrac dans la boîte, les parchemins mélangé au papier à lettre moldu que Hermione employait habituellement quand elle écrivait, et aux cartes postales et d'anniversaire occasionnelles. Il trouva finalement ce qu'il cherchait et redescendit en courant dans la salle commune.
« Tu savais déjà tout cela, Hermione ! » lui dit-il, à bout de souffle, lui montrant la lettre qu'elle avait écrit plus tôt dans l'été. Il l'avait trouvée sur son bureau le jour où il était rentré du travail et avait vu Yvonne Martin regardant sa tante utiliser la magie pour nettoyer la cuisine. Il l'avait retrouvée et il en lut des extraits.
« Les deux parents de Valerie étaient aussi professeurs. Ils sont à la retraite. Ils ont déménagé dans le Leicestershire en 1973, après que leur fille Valérie soit morte d'une leucémie. De toute évidence, quand ils étaient à l'hôpital St Michael de Londres, ils ont rencontré une famille d'Appleby Magna (la mère avait aussi un cancer, alors ils étaient assez souvent dans les mêmes unités de soin) qui voulait déménager pour Londres afin d'être plus proche de St Michael. Les Dougherty voulaient quitter Londres, pour essayer de laisser la perte de leur fille derrière eux, alors ils ont déménagé dans la maison du Leicestershire et ont payé un loyer à l'autre famille… »
Il leva les yeux vers Hermione, souriant. « Tu ne vois pas ? La famille à laquelle il payait le loyer… C'était les parents de ma mère ! Maggie a grandi dans la même maison que ma mère et ma tante ! » Hermione le regarda avec étonnement, ses yeux écartillés.
« Je ne comprends pas Harry. Pourquoi penses-tu… »
« La pensine de Rogue ! » dit-il dans sa barbe. « Quand nous l'avons vu rendre visite à ma mère à Godric's Hollow, » lui rappela-t-il, en chuchotant, « ma tante Petunia était aussi venue, tu te souviens ? Elle blâmait ma mère de ne pas sauver ma grand-mère… »
Hermione écartilla encore plus les yeux en comprenant. « C'est exact ! J'avais oublié ! » Elle se renfrogna. « Mais cela ne signifie quand même pas… »
C'était maintenant au tour de Harry de regarder dans le vide. « Et il y a quelque chose d'autre… » dit-il lentement. « Quand tu m'as dit où était la maison, la première fois, au 10 Highrove street, j'ai essayé de me souvenir où j'avais entendu cette adresse avant. » Il parcourut sa mémoire encombrée et troublée, et se souvint de nombreux matins où, petit garçon, il se réveillait au son de tapes brutales sur la porte de son placard…
« Va chercher le courrier, espèce de paresseux ! Rends-toi utile pour une fois ! »
(Cela en dépit du fait qu'il faisait la plupart du nettoyage dans la maison.)
En grommelant, il sortit d'en-dessous l'escalier et traîna les pieds jusqu'à la porte d'entrée, se penchant pour ramasser le courrier de sur le paillasson comme s'il était un vieil homme. Des factures, des réclames, une carte postale de tante Marge, et une enveloppe adressée à « Mrs Vernon Dursley, 4 Privet Drive, Little Whinging, Surrey. » Il la retourna et sur le dos, sans nom, se trouvait l'adresse d'origine de l'enveloppe : 10 Highgrove Street, Appleby Magna, Leicestershire.
Et puis il y avait les habituelles questions laconiques de son oncle à sa tante. « Ont-ils payé le loyer ? Ce n'est pas ma faute si ce sont des professeurs, n'est-ce pas ? S'ils faisaient des choses sensées pour vivre, peut-être qu'ils n'auraient pas de retards sur le loyer quand ils ont soudain des dépenses inattendues. Comme si c'était moi qui avait tué son oncle juste pour qu'ils aient à payer les funérailles… »
Comme la plupart des enfants, Harry ne faisait pas particulièrement attention aux discussions d'argent qu'il entendait chez les Dursley. On lui rappelait souvent, très fort, la charge financière qu'il représentait pour sa tante et son oncle qui le supportaient depuis si longtemps, mais, comme il voyait à quel point ils pourrissaient Dudley de cadeaux, ils ne risquaient clairement pas d'être à la rue, alors il ne le prenait pas sérieusement. Il aurait en fait été assez content que l'usine de perceuse Grunnings ferme pour que sa tante, son oncle et son cousin sachent comment c'était de vivre dans un endroit affreux avec des araignées vous passant dessus tout le temps, même s'il aurait dû vivre avec eux dans ces conditions aussi. Mais ensuite, il avait réalisé qu'ils trouveraient probablement un moyen de le blâmer de la faillite de la Grunnings, et qu'ils reporteraient leur style de vie nouvellement misérable sur lui d'une manière ou d'une autre. Et finalement, il en était arrivé à la conclusion qu'il étaient plus inoffensifs quand ils avaient assez d'argent et de jouets, de telle sorte qu'il n'aient pas à se résoudre à battre Harry pour se distraire.
« Pendant des années, les Dougherty ont payé un loyer à ma tante Petunia ! Je me souviens des enveloppes. Maggie a définitivement grandi dans la maison de ma mère. »
« Ok. » dit Ron, fronçant les sourcils, essayant de traiter l'information. « Alors ma sœur a grandi dans la même maison où ta mère vivait. Cela n'explique toujours pas pourquoi ta mère est née trois jours plus tôt que ce que tu pensais. »
Les yeux de Harry se refermèrent un peu. « Bien, si nous ajoutons cinq et quatre et les chiffres de 1960… » Il fit une pause. « Nous obtenons vingt-cinq. Cela fait sept, n'est-ce pas, Hermione ? Maintenant, arrête-moi si tu pense que je me trompe, mais je pense que ma mère était probablement la première fille de la guerre de la Prophétie. Je veux dire, est-ce que vous pouvez penser à une autre femme qui plus à voir avec la chute de Voldemort ? » Il remarqua que Zoey et Annika tressaillirent au nom, mais Harry continua. Ron, Ginny et Hermione ne cillaient plus quand il faisait cela.
« Pas moi, » dit Ron, haussant les épaules. « Je veux dire… Si elle n'était pas morte… » Sa voix disparut et il déglutit. Harry se souvint de sa réaction dans la pensine, en découvrant que le monde avait changé si drastiquement comme sa mère n'était pas morte, et puis que Harry avait tué sa mère pour lui sauver la vie et qu'il était allé à Azkaban à cause de cela.
« Exact. Alors si nous ajoutons sept au onze pour le lion et au cinq pour l'enfant de la lune, cela donne vingt-trois, qui se réduisent à cinq… Si le premier triangle est a moitié du second, le deuxième est dix. Qui devient un quand on ajouter un et zéro ! » dit-il triomphant. Souriant encore, il continua. « Et cinq et un font six, le total des deux triangles ! »
Hermione avait l'air hésitante. « Je ne sais pas Harry… J'étais tellement certaine que Annie Weasley était la deuxième fille de la guerre… »
Harry s'arrêta et réfléchit encore. « Bien, le second triangle a un total de dix, si j'ai raison. Alors commençons avec onze et cinq. Cela fait seize. Si le total des trois personnes est dans les vingt, il faut avoir vingt-huit pour réduire à dix. Et trente-sept si c'est dans les trente. Vingt-huit est douze plus seize, et trente-sept c'est vingt-et-un en plus. »
Le visage de Ron s'éclaira. « Qui font chacun trois quand on les réduit ! Et tu as raté les dizaines. Dix-neuf est juste à trois de seize. Peu importe combien on ajoute, la fille de la guerre doit avoir trois pour chiffre, si le total fit dix ! » Harry et Hermione le regardèrent, choqués. Il vira au rose. « Quoi, je ne peux pas faire un peu d'Arithmancie pendant les vacances ? »
Puis Harry se souvint de Sandy lui parlant sur les rives du Loch Ascog. La fille est trois. Sandy lui avait déjà dit.
« Alors, » dit maintenant Ron. « La question est : est-ce que ta mère essayait de cacher qu'elle était dans la Prophétie ? » Harry se souvint de sa dispute avec Lucius Malfoy dans son autre vie. Elle avait été très claire quant à sa date de naissance. S'il y avait quelqu'un qu'elle voulait convaincre qu'elle n'était pas dans la Prophétie, c'était Lucius Malfoy. Voldemort aussi, bien sûr, mais Malfoy était presque aussi important. Peut-être qu'elle avait commencé à lui mentir et que cela expliquait tout. Et puis, elle devait être logique avec cela. Tous les ans, le huit avril, Harry se souvint qu'ils avaient fêté son anniversaire. Elle ne pouvait pas se permettre qu'un de ses enfants dérape et donne la vraie date à quelqu'un. Draco Malfoy était le meilleur ami de Harry et Jamie. Il aurait pu par inadvertance mentionner à son père la vraie date d'anniversaire, et l'aurait mise en danger.
« On dirait bien. » dit doucement Harry, regardant à nouveau le certificat. Dans son autre vie, elle s'était mariée à Severus Rogue, qui lui avait parlé de la Prophétie avant que le cours du temps ait été changé. Peut-être que cela avait été son idée de prétendre qu'elle avait une date de naissance différente. Harry savait qu'il aurait fait n'importe quoi pour la protéger ou la rendre heureuse.
« Mais, » dit maintenant Hermione, avec une note alarmée dans la voix. « si elle cachait sa vraie date de naissance, est-ce que cela signifie que Voldemort savait quel devait être le total des deux triangles ? Est-ce que cela signifie qu'il sait quel est le nombre de la deuxième fille de guerre ? »
Le cœur de Harry bondit dans sa gorge. « Cela se pourrait. Ron… N'est-il pas possible que tes grandes sœurs ne soient pas vraiment nées quand vous pensez qu'elles le sont ? Bien, Maggie n'était définitivement pas née quand elle pensait. Mais pour Annie ? Et toi, Ginny… » dit-il à contrecœur, comme elle lui en voulait. « As-tu jamais vu ton certificat de naissance ? »
Ginny secoua la tête. « Ce que tu dis n'a aucun sens, Harry. Ma mère est sûre de très bien se souvenir de quand chacune de nous est née… »
« Pas si elle a eu un sort de mémoire. Souvenez-vous, Pettigrew a vécu dans votre famille pendant des années, et il n'avait pas eu le courage de tuer vos sœurs quand il n'avait que dix-neuf ans, et il les a enlevées pour les protéger. »
Il parcourut la salle commune du regard, regardant les groupes d'élèves bavardant et se relaxant. Il haïssait penser que l'un des Weasley puisse être en danger. Ils étaient comme une famille pour lui. Puis il écartilla les yeux. Il y avait un autre groupe qui était comme une famille pour lui… Et pour les Weasley aussi. « Attendez ! Le centaure a dit à Bill que la fille de la guerre viendrait de sa famille… »
Ron haussa les épaules. « Je me souviens. Je pense que c'est pour cela que tu voulais connaître l'anniversaire de ma mère… »
Hermione se leva avec excitation. « Et Mrs Weasley nous a dit qu'elle avait été prise dans le nord pendant la guerre, quand elle était enfant. Elle est sûrement une fille de la guerre ! »
« Non, non, » dit Harry. « Je veux dire… Bien sûr, c'est une possibilité. Mais je pensais juste… Bill avait une autre famille. Cette famille. Griffondor. Tous les Griffondors sont une famille, vraiment. Le centaure aurai pu parler d'un autre Griffondor, pas nécessairement d'un lien de sang… »
« Bien, alors cela pourrait être n'importe qui » dit Hermione avec énervement.
« Cela nous donne davantage de candidats possibles, mais c'est mieux, non ? Plutôt que d'être à court de personnes à envisager ? Et cela signifierait que Voldemort doit encore trouver aussi. Il est dans la même position que nous. »
« Peut-être, » fit Ron d'un ton menaçant. « Je n'en serais pas aussi sûr. Si Pettigrew savait qui est l'autre fille de la guerre, il a pu lui dire. Ou il pourrait simplement décider de se débarrasser de tous les Griffondors. » Ou de tous les Weasley pensa Harry en frissonnant. « Ou, » ajouta Harry d'une voix tremblante, « il a put délibérément que la fille de la guerre était une autre personne et que c'est une autre des raisons pour lesquelles il veut se mettre hors de portée de Voldemort. Tu pourrais penser à une autre raison pour laquelle il se serait rendu ? Sachant qu'il irait à Azkaban ? Quoiqu'il s'attende à subir de la part de Voldemort, ce doit être bien pire que les détraqueurs. Ce qui signifie qu'il a du faire quelque chose de vraiment mauvais pour Voldemort. »
« Et, » continua Hermione, « si tu as raison, cela signifierait que Voldemort sait déjà que Queudver lui a donné un mauvais nom. »
« Peut-être. Il pourrait juste se préparer au pire. » Contra Harry.
Les quatre se turent quelques minutes, mais ensuite, Ron bailla et s'étira. « Flûte, je dînerais bien. Et j'irai au lit juste après. J'ai les essais pour l'équipe d'Angleterre demain. »
Harry écartilla les yeux. « Oh ! C'est vrai ! J'ai oublié que tu passais les essais aussi ! »
Ron lui sourit. « Tu penses que tu arriveras à rentrer dans l'équipe galloise ? »
« Je sais pas. Comment allons nous passer les sélections ? »
« Remus me prend par cheminette depuis les Trois Balais. Je descend au village dans la matinée avec le professeur MacGonagall. Les sélections sont quelque part dans le Kent. Un grand domaine de sorcier. Pas de moldu à des miles alentour, et ils ont des sorts repousse-moldu dans le périmètre de la propriété, juste au cas où. Remus a dit que Sirius te retrouvait dans le hall d'entrée après le petit déjeuner. Il a un portauloin pour vous deux. »
« Sirius vient avec moi ? » dit Harry, se sentant un peu mieux.
« Bien sûr. Tu ne pensais pas que Dumbledore allait te laisser y aller seul ? Après que tu aies quitté Ste Mangouste comme cela, sans dire à personne que tu allais bien ? En fait, il n'était pas sûr de nous laisser faire cela. Remus m'a raconté. Cela a été dur, mais entre eux deux, lui et Sirius l'ont convaincu. Personnellement, je pense que je vais probablement sentir terriblement le manque d'entraînement. Je vais probablement être lamentable. »
Harry grimaça. « Mais non. Tu vas briller par rapport aux autre. C'est moi qui vais passer pour un incapable… »
Hermione roula mes yeux. « D'accord, d'accord. Allons manger avant que nous commencions le concours de celui qui va faire le pire. » Elle sourit et leur prit à chacun une main, et ils se laissèrent joyeusement conduire vers le trou du portrait. Quand ils furent dans le couloir, Harry regarda tristement Ginny par-dessus son épaule une seconde avant que le portrait ne se referme.
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Après le repas du soir, Sirius s'arrêta à la table de Griffondor pour lui parler des plans pour le lendemain, et Harry l'écouta patiemment, prétendant qu'il ne savait pas déjà. Il suivit l'avis de Ron et alla se coucher après dîner, afin d'être bien reposé. Il était sensé prendre le quatrième quart à quatre heures et demis du matin, mais Tony Perugia avait accepté d'échanger avec lui, et Harry prendrait le premier quart à la place de Tony le soir suivant. Il avait peur d'exploiter Tony, en échangeant pour le créneau de neuf heures pour un à une heure si inconfortable, mais Tony semblait assez content de cela. Puis il découvrit que Tony allait réviser avec Ruth dans la salle commune à neuf heures samedi soir, et il arrêta de se demander pourquoi il avait accepté.
Il devait retrouver Sirius dans le hall d'entrée à huit heures et demie, juste après le petit déjeuner. Ou plutôt, après avoir essayé de prendre le petit déjeuner. Il pu à peine avaler une tartine et un peu de jus d'orange. Sa perte d'appétit habituelle due à la nervosité le touchait, comme avant chaque match de Quidditch, et ils espérait qu'il ne s'effondrerait pas de faim si les essais pour l'attrapeur s'éternisaient. Pendant qu'il attendait que Sirius finisse son petit déjeuner, le professeur MacGonagall partit pour le village avec Ron, et peu après, Sirius Rogue émergea de la Grande Salle avec Maggie à son côté. Ils étaient en pleine conversation, mais il s'arrêta quand il vit Harry avec sa tenue de Quidditch de Griffondor, puis eut l'air de réaliser la raison de cet état de fait. Ses yeux s'écartillèrent et il fit un signe de la tête.
« Bonne chance, Pot… » Il s'éclaircit la gorge, lançant un regard de côté à Maggie. « Bonne chance, Harry. » se corrigea-t-il. Harry souhaita qu'il puisse venir avec eux.
Maggie rit en voyant Harry. « Est-ce comme cela que l'on s'habille pour le Quidditch ? Comment est-ce… Comme du football sur des balais ? »
« Pas vraiment… » commença-t-il, mais Sirius sortit de la grande salle, lui souriant. Harry ne savait pas vraiment ce qu'il aurait pu porter d'autre. Il avait enfilé l'équipement de protection habituel sous la robe, aussi, se demandant si on lui demanderait peut-être de faire sans. Il n'avait pas d'autre tenue de Quidditch.
« On dirait vraiment… » commença ) dire Sirius, et Harry espéra qu'il n'allait pas encore rappeler son père. Il n'était pas temps d'être nostalgique. Il sembla avoir changé d'avis et demanda à Harry. « Tu es prêt ? » Sirius avait aussi un balai sur le dos, avec une bretelle en cuir épaisse qui était attachée au balai à l'extrémité du manche et au commencement de la brosse. Il ressemblait à un des balais de l'école.
Harry acquiesça. Sirius sortit le portauloin de sa poche. C'était une bouteille marron qui avait autrefois contenu de la bière. « Tiens-toi Harry. Nous allons partir dans une paire de minutes. »
Harry tint fermement son balai dans une main, et le col de la bouteille dans l'autre. Après avoir attendu seulement une paire de minutes, il eut soudain l'impression qu'il ne pourrait plus enlever sa main de la bouteille s'il essayait. Il semblait être collé sur place. Et puis il senti ce crochet distinctif derrière son nombril qui le tirait dans un tourbillon. Rogue, Maggie et le hall d'entrée avaient disparu, et il y avait juste ce vortex avec son balai, Sirius et son balai et des robes tourbillonnant…
Ils se posèrent avec un bruit sourd. Harry trébucha un peu mais ne tomba pas. Cependant, il espérait que personne ne le regardait. Il se sentait tremblant et nerveux et avait l'impression qu'il allait vomir.
Ils étaient au somment de la muraille d'un énorme château de pierre grise. Il n'était pas, comme celui de Poudlard, un endroit où l'on peut vivre et aller à l'école. La muraille du château était dominée par ce qui pouvait être désigné comme un chemin de ronde en ellipse de vingt pieds de large, bordé par des créneaux arrivant à la hauteur de la poitrine, et cela rappela fortement à Harry les images de la grande muraille de Chine, mais à une plus petite échelle. Il pouvait voir que l'espace intérieur des murs était un endroit d'une taille parfaite pour jouer au Quidditch sans que trop de moldus curieux puissent voir ce qui se passait. Harry savait que le château était quelque part au pays de Galles, mais il ne savait pas précisément où. En baissant les yeux, il vit que les deux niveaux en-dessous du chemin de ronde semblaient avoir de grandes ouvertures dans les murs tout autour, donnant sur l'intérieur. La plupart des ouvertures étaient recouvertes par de lourdes bâches goudronnées, attachées avec des cordes passées dans des anneaux pris dans la pierre. Une ou deux étaient ouverte, révélant des rangées de bancs pour que les spectateurs puissent voir le match. Sur le terrain, très loin de là à ce qu'il semblait, Harry put voir des portes qui donnaient probablement sur les vestiaires et autres. Il n'avait jamais vu un terrain de Quidditch comme celui-ci. Les sièges étant sous les remparts, cela signifiait que les spectateurs étaient abrités du temps, mais leur vue des joueurs qui se trouvaient très haut était aussi obscurcies.
Il se mit au bord, se tenant à la rambarde de pierre avec une main, se demandant pourquoi il n'y avait personne d'autre alentour. Il regarda momentanément Sirius, alarmé, s'attendant à découvrir que ce n'était pas du tout son parrain, mais un autre mangemort qui avait pris du Polynectar…
Mais quelques instants plus tard, de fort pop ! commencèrent à se faire entendre sur le terrain herbeux en dessous, ainsi que sur les murailles du château, comme de nombreux sorciers et sorcières en robes noires apparaissaient, leurs baguettes sorties avant qu'ils déterminent qu'il n'y avait pas de danger immédiat. Ils furent rapidement suivis par les joueurs de l'équipe nationale galloise, arrivant au travail, apparaissant aussi sur le terrain et les murs, portant des robes vertes et rouges. Harry supposa que ceux en robes noires étaient des aurors. La sécurité. Il sentit Sirius se tendre à côté de lui. Les sorciers et sorcières en robes vertes et rouges commencèrent à se rassembler en petits groupes, ignorant les aurors, souriant et riant comme ils se saluaient. Harry remarqua des joueurs de Catapultes de Caerphilly, des Harpies et d'autres équipes. Il regarda Sirius en hésitant. Je ne suis pas de ce monde là, pensa-t-il, son estomac se nouant.
« Harry ! » il tourna la tête. Owen Aberystwyth s'avançait à grands pas vers lui, souriant et lui tendant la main. Harry avait l'impression qu'il allait se démettre l'épaule si Owen décidait de le saluer avec plus d'enthousiasme. Il fit de son mieux pour résister à la poignée de main de l'autre homme pour éviter de voir ses phalanges réduites en miettes. « Bienvenue ! » dit Owen, souriant, une fois qu'il eut lâché la main de Harry. Puis il remarqua Sirius, et ses yeux s'écartillèrent. Il devint livide, et il était pourtant déjà très pâle. « Vous… Vous êtes… Je veux dire… Vous devez être… »
« Sirius Black. » lui dit Sirius, lui tendant la main et faisant à Owen un demi-sourire ironique. Owen ne prit pas sa main mais continua à le fixer, les yeux ronds comme des soucoupes, et Sirius mit finalement ses mains dans ses poches, ses lèvres réduites à une fine ligne. Harry se demanda combien de fois Sirius avait vécu cela depuis qu'il avait été innocenté. On dirait qu'il n'a pas du tout était blanchi, pensa Harry, essayant de ne pas se sentir en colère.
A la place, il décida d'avoir quelques information sur l'endroit où il était. Embrassant le paysage qui se déroulait en dehors du château, il demanda à Owen. « Où sommes-nous exactement ? »
« Bien, on peut dire que c'est le château de Tomen. Sauf que ce n'est pas le cas. C'est sur le même site, mais Tomen était juste en terre et en rondin. Quand les moldus regardent cela, tout ce qu'ils peuvent voir est un tas d'arbres poussant sur ce qui était un talus. Ils ne s'inquiètent pas de cela. Ceci a en fait été construit par le grand Llywelyn ap Iorwerth qui est né à Tomen. Il a aussi construit le château de pierre de Dolwyddelan. C'est le nom du village là-bas. » il désigna un petit groupe de maisons distant que Harry pouvait à peine distinguer à travers la verdure abondante. « Ce n'est pas généralement connu que c'était un sorcier, vous savez. En tous cas, ceci a été construit spécialement pour le Quidditch, et a été caché depuis le début avec des sorts et autres. C'est ici que l'on va jouer la finale de la coupe d'Europe en décembre. » dit-il avec fierté. « Nous espérons être en finale, bien sûr, » ajouta-t-il, en haussant les sourcils en direction de Harry. « C'est le meilleur endroit de Grande Bretagne pour jouer, selon moi. Quelques personnes… Bien, elle n'aime pas voir un lieu permanent pour jouer. Elle préfèrent aller à un endroit ou l'autre. Mais gens là-bas, dans notre village… » il le montra « … sont des moldus qui tolèrent la magie, alors nous aimons rester ici. »
Sirius et Harry échangèrent un regard choqué, alors il poursuivit. « Je ne dis pas qu'ils savent pour nous, vous voyez. » dit-il rapidement. « En quelque sorte… Bien, quand l'un d'eux voit quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir, il se dit juste d'une manière très sensée que ce n'était pas possible. Et il continue son chemin sans avoir besoin de personne pour lui lancer un sort de mémoire. La plupart des moldus dont les familles ont vécu ici depuis des générations sont ainsi. Ils ont des histoires de famille qui ont été transmises, et ils savent qu'il y a des choses dans certains endroits qui ne peuvent pas être expliquées avec leur logique et leur science, et il n'essayent même pas. Ils ne regardent pas de trop près. Un peu de superstition, si vous voulez, mais cela joue en notre faveur. »
Harry acquiesça, voyant que Owen, tout en expliquant pourquoi le château semblait si parfait pour le Quidditch, s'était relaxé un peu vis à vis de Sirius, qui acquiesçait et parcourut le paysage du regard. « C'est un bon endroit. » acquiesça Sirius. « J'avais peur que ce soit dans le Conwy, un peu plus au nord. »
« Nous sommes dans le Conwy. » dit Owen, l'air ennuyé.
« Je voulais dire, le château du même nom… » essaya d'expliquer Sirius en grimaçant. Mais Owen se relaxait à nouveau.
« Non. Ce serait trop proche de la mer. C'est plus facile de contrôler l'accès des moldus depuis la terre. S'il y avait des bateaux qui passaient, ou même de petites embarcations de plaisance, nous ne pourrions pas garantir qu'ils ne verraient pas les gens voler sur les balais. Pas depuis la mer. Non, nous somme loin de la mer ici. »
Sirius acquiesça et Harry essaya de se détendre un peu. Cependant, il se raidit aussitôt quand il vit une femme aux cheveux noirs en robe de Quidditch rouge s'avancer vers eux, portant un balai brillant qui fait souhaiter à Harry d'avoir utilisé son kit d'entretien pour balai ce matin afin d'avoir le sien aussi propre, plutôt que ce qu'il ait l'air d'avoir été posé dans un coin pendant un mois, à ramasser le poussière. Quelques unes des brindilles étaient déformées, alors qu'il était pratiquement neuf.
« Erica, viens ici, voici un des attrapeur de réserve possible. » lui dit Owen, souriant. Harry reconnut Erica Welch, la sorcière qui avait remplacé Audra Griffiths chez les Holyhead Harpies.
Harry la salua de la tête comme elle lui serrait la main. « Heureux de vous rencontrer. » Ses yeux montèrent automatiquement à son front.
« Heureuse de vous rencontrer aussi. » dit-elle, ses yeux s'écartillant quand elle vit Sirius. Puis elle se tourna brusquement vers Owen et dit. « Vingt cinq galions, exact ? »
Owen lui fit un demi-sourire. « Exact. Vingt-cinq galions. Ou l'équivalent en argent moldu, si tu préfères. » Il se tourna à nouveau vers Harry. « Sacrément difficile de trouver des Galions ces jours-ci, avec ce bazar à la Gringott. »
« Oui. » dit Harry, un peu confus.
Quand un petit homme maigre à l'âge indéterminé apparut à environ six pieds, Owen cria « Jean-Claude ! »
Le petit homme qui avait quelques poils grisonnant sur le visage, mais des yeux marron brillants et des pommettes saillantes, s'avança à grand pas vers Owen et lui serra la main. Il portait un T-shirt gris serré et portait une robe marron sur le bras. Il avait un balai à l'air très usé qui fit que Harry se sentit mieux avec le sien.
« Je n'aurais manqué cela pour rien au monde, Owen. Ils n'ont pas de places ouvertes dans l'équipe de France, alors… »
Owen acquiesça. « Alors c'est ta chance de jouer en Coupe d'Europe. Je sais ce que tu veux dire. »
Harry fixa le petit homme maigre, qui avait des cheveux noirs et gris, mais des bras forts, bronzés et à l'air musclé. Il ne devait pas mesurer plus de cinq pieds quatre pouces, et il rappela fortement à Harry les jockey que Draco Malfoy et lui avaient vu quand ils étaient sur le bord de la piste pour regarder Alicia monter Granny's Ghost jusqu'à la victoire.
« Hum. » commença maladroitement Harry en parlant à Owen. « Est-ce que l'on n'est pas sensé être du Pays de Galles pour être dans l'équipe galloise ? » sa propre voix lui semblait étrange.
Owen sourit. « Jean-Claude Jones a un père gallois, comme vous et moi, Harry. Sa mère est française, et il a grandi et est allé à l'école là-bas, mais il est né un peu au nord d'ici, là d'où vient son père. Comment va ce vieux brigand Jean ? »
Le petit homme leur fit un petit sourire ironique, la tête penchée sur le côté. « C'est toujours un brigand, comme tu dis. Certaines choses ne changent jamais, n'est-ce pas ? »
« On n'a jamais rien dit de plus vrai, mon vieux… » dit Owen, secouant la tête. Harry déglutit. Alors, il devait se qualifier face à un vieil ami d'Owen. Brillant. Et il avait presque la même taille que Harry quand il avait commencé comme attrapeur. Il était parfaitement bâti : petit et léger. Harry se sentait grand et maladroit. J'aurais dû changer pour être gardien, pensa Harry. Regarde-le. Qu'est-ce qui m'a fait penser que je pourrais encore faire cela ?
Puis un autre homme apparut sur le mur à proximité, et Owen le salua aussi avec enthousiasme. Il était assez pâle et ses cheveux noirs avaient quelques touches de gris dedans. Il n'était pas beaucoup plus grand que Jones, mais encore plus musclé. Harry ne saisit pas son nom, mais son prénom était Neil.
« D'accord, maintenant, écoutez moi, vous trois. » Owen dit quand les présentations sommaires furent détruites. « Voilà comment ça se passe. Vous voyez devant vous, » il montra les joueurs qui volaient maintenant sur le terrain avec leurs robes rouges et vertes, la plupart n'allant pas plus haut que les remparts, « notre équipe, à la fois de réserve et première. Les deux équipes sont mélangées, le vert et le rouge, alors ne vous dites pas que l'une est meilleure que l'autre. Je paye chaque joueur de ces équipes vingt-cinq galions, bien que cela risque d'être de l'argent moldu, tous les dix points qu'ils marquent aujourd'hui. Je paye aussi chaque personne de l'équipe gagnante avec un bonus de deux-cent galions. Vous quatre, » dit-il, s'adressant à Harry, Erica, Jean-Claude et Neil, « allez chercher le vif. Quand l'un de vous trois l'attrapera, » ajouta-t-il, désignant Harry et les deux autres hommes, « la partie sera finir, et l'équipe qui aura le plus de points aux tirs au but aura gagné. Si Erika l'attrape en premier, elle le relâchera, et nous continuerons jusqu'à ce que l'un de vous trois me montre qu'il mérite d'être mon nouvel attrapeur de réserve. Erika recevra vingt-cinq galions à chaque fois qu'elle attrapera le vif et le relâchera. »
Il regarda d'un œil noir les trois candidats, à travers la fente de ses yeux. « Au cas où vous n'auriez pas compris votre situation, laissez-moi être plus clair. Chaque joueur ici veut faire durer la partie aussi longtemps que possible, parce que le plus ça dure, le plus d'argent il gagne. Cela signifie qu'ils ne veulent pas que vous attrapiez le vif. Vous ne jouez pas pour une équipe aujourd'hui. Vous jouez pour vous-même. Habituellement, vous avez deux batteurs qui vous envoient les cognards dessus, et deux autres qui vous protègent. Il n'y en a ici aucun que vous puissiez compter parmi vos amis, et vous n'êtes pas simplement en compétition contre deux autres personnes essayant de devenir attrapeur, vous vous battez aussi contre notre attrapeuse actuelle, qui, à moins que vous ayez oublié, a conduit les Holyhead Harpies à la victoire lors de la finale de la ligue. » Erica Welch rayonna, mais elle avait aussi l'air un peu timide à ce sujet ? Harry déglutit.
« Il n'y aura pas de fautes. Pour aucun joueur. Les autres savent tous que si l'un d'eux doit s'arrêter de jouer, il ne sera pas du tout payé, même si son équipe gagne. Si l'un d'entre vous se fait blesser et doit se poser, c'est trop dommage. Au moment où il touche le sol, c'est fini, il n'est plus dans la course. Des questions ? »
Harry regarda Neil et Jean-Claude, qui l'ignorèrent et regardèrent Owen avec entêtement.
« Bien, » dit Owen en réponse à leur silence, frappant ses mains ensemble une fois. « Oh, et j'ai presque oublié. Si l'un de vous attrape le vif avant Erica, il sera dans l'équipe, mais pas en tant que remplaçant. Si cela arrive, c'est Erica qui sera l'attrapeuse de réserve. » dit-il, la regardant du coin de l'œil. Harry remarqua son air truculent, en pensant, elle ne joue pas juste pour l'argent. Elle joue pour son poste.
Harry déglutit et jeta un coup d'œil à Sirius. Il ne s'était jamais senti si nerveux de sa vie. C'était différent de tous les matchs qu'il avait jamais joués. Il pensa à se retirer, en disant qu'il avait changé d'avis… Mais ensuite, il s'imagina la Gazette du Sorcier titrant en première page si cela arrivait…
HARRY POTTER TROP LÂCHE POUR MÊME ESSAYER DE RENTRER DANS L'ÉQUIPE GALLOISE. DOIT-IL ENCORE ÊTRE PRÉFET EN CHEF DE POUDLARD ?
Il se secoua, ennuyé de penser à la presse. Je vais faire mon mieux, et personne ne pourra m'en demander davantage.
Bientôt, tout fut flou. Owen siffla et les autres attrapeurs enfilèrent leurs robes, montèrent sur leurs balais et foncèrent vers le milieu du terrain. Harry bondit ensuite sur son balai et suivit, content que son nouvel engin soit plus obéissant que le dernier qu'il avait eu. Bientôt, les joueurs filaient au-dessus du terrain à des vitesses aveuglantes, les poursuiveurs de l'équipe verte échangeant le souaffle entre eux avec une précision millimétrique, mais manquant quand même de tromper le gardien de l'équipe rouge. Un des poursuiveurs rouges saisit le souaffle quand le gardien le lança sur presque toute la longueur du terrain, et il fila vers les anneaux de l'équipe verte. Le poursuiveur feinta et marqua. Cela faisait dix points pour les rouges.
Harry admira l'habileté du poursuiveur trop longtemps cependant. Il tourna la tête, vit un cognard à seulement six pieds de lui, et plongea rapidement, sentant ses cheveux bouger comme il frôla sa tête. Il se rassit et se secoua, puis vola vers le bord du terrain, se décidant à ignorer les poursuiveurs, peu importe à quel point ils étaient intéressants, et il se concentra pour ne pas être tué par un cognard.
Et pour chercher le vif.
Il parcourut le terrain du regard. Il y avait tellement d'activité que c'était difficile de voir ce qui se passait vraiment. Le souaffle et les cognards filaient dans tous les sens, les poursuiveurs et les batteurs allaient et venaient, tournant les uns autour des autres, faisant des loopings et des tonneaux…
Puis Harry remarqua ce que faisaient les autres attrapeurs. Jean-Claude volait dans le sillage d'un batteur vert pour quelque raison, et Neil volait en rond près du but rouge. Erica faisait de même du côté du but vert, regardant très avidement autour d'elle. Soudain, elle plongea et Harry vit un éclair doré plus bas sur le terrain. Il fila dans cette direction, remarquant au fur et à mesure qu'il se rapprochait que son balai était plus rapide. Il gagnait du terrain sur elle, petit à petit, voyant le vif flotter en contrebas…
Harry grogna et peina pour tenir à son balai quand un sorcier massif en vert se heurta à lui. Il regarda Erica, alarmé, s'attendant à ce qu'elle aie le vif en premier, mais le joueur vert l'avait frappée avant Harry, et elle pendait à son balai, se retenant d'une main. Harry sentit une douleur aiguë au côté, et il se demanda s'il avait des côtes cassées. C'était soudain très douloureux d'inspirer. Il jeta un coup d'œil rapide en bas et ne vit plus l'éclat doré. Il allait lancer un regard noir au sorcier, mais il était déjà parti, emportant le souaffle vers le gardien rouge.
Erica se remit sur son balai, son visage obscurci par la rage. Elle s'éloigna de Harry, et il se retourna pour voir deux joueurs rouges fondre sur lui, n'ayant pas l'air de lui vouloir du bien. Quand ils furent presque sur lui, il plongea soudain, et puis il entendit un cri derrière lui. Ils étaient rentrés en collision avec leur co-équipier, un batteur qui avait maintenant lâché sa batte. Harry la regarda tomber, pas le moins du monde désolé de voir cela. Malheureusement, il baissa sa garde trop longtemps, et un autre joueur rouge rentra dans la queue de son balai tandis qu'un autre encore, venant dans la direction opposée, tendit sa main et donna au manche de son balai un coup violent. Soudain, il tournait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre en plein air, très vite, ses côtes lui faisant mal, ses doigts glissant du manche, et le monde complètement flou. Il fit un effort pour tenir bon et puis tira brusquement la poignée vers le haut, s'envolant vers le ciel au-dessus des remparts, respirant rapidement, sa tête tournant encore. A chaque inspiration, il avait le sentiment de recevoir un coup de poignard.
Les autres joueurs ne montraient aucune mercie. Soit je rentre dans leur équipe, soit je meurs en essayant, pensa-t-il.
Il décida que peut-être que Jean-Claude avait eu une bonne idée de prendre un autre joueur et de le suivre. Il bougeait sans arrêt ainsi, au lieu d'être virtuellement une cible immobile. Et, Harry espérait, peut-être que plus il se déplaçait, plus il avait de chances de voir le vif. Il regarda un moment la pagaille en-dessous de lui avant de choisir de coller à une sorcière en rouge, fonçant vers le gardien vert avec le souaffle. Ses cheveux bruns-roux volaient derrière elle, et elle eut l'air alarmée quand elle se retourna et le vit à sa suite. En volant, il regardait les autres attrapeurs. Neil traversait le terrain à vive allure pour quelque raison, mais il s'arrêta et regarda en bas. Harry regarda en bas aussi, mais il n'y avait pas d'éclat doré. Il se tourna pour regarder devant et rentra presque dans l'anneau central. Il dévia juste à temps et décida que suivre un poursuiveur n'était pas sa meilleure idée. Il allait se mettre à suivre un batteur quand le sorcier qui avait laissé tomber sa batte fit manœuvrer son balai de telle sorte qu'il puisse utiliser les brindilles pour frapper un cognard sur Neil, qui était distrait. S'il ne bougeait pas, il le frapperait à la nuque.
Harry fila vers lui en lui criant « Plonge ! » Soit Neil ne l'entendit pas, soit il l'ignora, Harry ne sut pas. Le cognard était très près. Harry n'arriverait jamais sur lui à temps. Il essaya quelque chose d'autre. Il montra un point en contrebas et cria « Le vif ! » faisant suivre cela d'un plongeon, espérant que Neil suivrait. Il se souvint de la manière dont Krum avait effectué la feinte de Wronski lors de la Coupe du Monde, et il essaya de son mieux de reproduire cela maintenant. Sa respiration était pénible et ses côtes lui causaient une douleur constante. Il regarda par-dessus son épaule et vit que Neil volait dans sa direction, le cognard passant juste au-dessus de sa tête. Quand Harry vit cela, il poussa un soupir de soulagement, et redressa son balai, s'éloignant à nouveau du sol.
« Je plaisantais. » dit-il à Neil en tremblant. Neil lui lança un regard coléreux, ignorant de toute évidence que Harry lui avait évité un traumatisme crânien.
Les poursuiveurs des deux équipes marquaient de façon répétée tandis que les quatre attrapeurs continuaient de voler et d'être pris pour cibles à l'occasion. Harry décida d'essayer de marquer Erica, comme c'était celle qu'il supposait devoir battre. Elle était assez ennuyée par cela et essaya de se débarrasser de lui. Puis il remarqua que Neil marquait Jean-Claude, que le franco-gallois était aussi ennuyé d'être suivi qu'Erica.
Malheureusement, Erica et Harry étaient près des buts rouges, et les deux autres attrapeurs étaient près des anneaux verts quand le vif fut localisé à environ six pieds du sol du côté de verts. Harry se tourna et fila dans sa direction dès qu'il vit ce petit bout d'or, mais Neil et Jean-Claude étaient bien plus près et avaient plongé côte à côte, jouant des coudes si férocement entre eux deux que si l'on avait compté les fautes, les deux auraient été pénalisés pour cela. Leur combat atteignit une telle intensité que leurs deux corps imbriqués cognèrent le vif, l'envoyant voler sur le bord du terrain. Finalement, Jean-Claude, furieux, donna à Neil une vicieuse poussette qui le fit tomber de son balai. Il n'était tombé au sol que de huit pieds de haut, et n'était probablement pas blessé, mais Harry pouvait voir à quel point il était déçu.
Il était au sol. Neil était disqualifié.
Harry continua de filer vers le vif à sa nouvelle position. Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et vit Erica tout près derrière. Jean-Claude aussi se dirigeait vers lui. Puis soudain, un cognard frappa le balai de Harry et il dévia de sa trajectoire, juste devant Erica, dont la poignée du balai frappa si douloureusement l'épaule gauche de Harry qu'il dut lutter de toute sa volonté pour ne pas tomber son balai. La douleur irradiait son bras, et il regarda à proximité de l'endroit où le vif avait été, ne le voyant pas. Il était reparti.
Maintenant, c'état entre eux trois. Harry marquait Erica et Jean-Claude le marquait. Harry parcourut le terrain à la recherche du vif, mais ne vit rien. Les trois circulaient entre les joueurs comme un train étrange.
« Tu devrais le battre. »
« Quoi ? »
Sandy ne se répéta pas Mais ensuite, Harry réfléchit à ce qu'elle avait dit. Le batteur qui avait laissé tombé sa batte plus tôt lui lançait un regard noir et commença à voler droit sur lui. Harry redressa son balai, seulement pour découvrir qu'un cognard lui fonçait droit dessus. Il s'arrêta immédiatement, laissant le cognard passer. Lançant un regard noir au batteur, Harry baissa les yeux vers l'endroit où il avait laissé tomber sa batte. Une idée éclaira son cerveau, et il dit « Merci Sandy ! »
« Pour quoi, Harry Potter ? »
« Pour m'avoir donné une idée ! »
Il se demanda s'il pouvait faire ce qu'il voulait. Il tendit sa main en volant, se concentrant fort. « Accio batte : » cria-t-il.
La batte s'éleva vers lui et bondit dans sa main tendue, frappant les brindilles du balai de Jean-Claude au passage. Ce dernier leva le poing en sa direction. Quand Harry eut la batte en main, il rechercha un des cognards et le poursuivit. Si je ne peux pas moi-même attraper le vif, je peux au moins m'assurer que les autres attrapeurs ne seront plus attaqués, pensa-t-il. Il alla à la rencontre d'un cognard qui arrivait droit sur lui, et il le renvoya, grognant fortement, sentant un tressaillement le parcourir comme il le frappait, entendant le bruit résonnant du métal contre le métal comme une des bandes de fer de la batte cognait le cognard. C'était comme si quelqu'un lui avait poussé toutes ses côtes dans ses poumons. Il envoya la boule à toute allure sur le batteur qui leur avait causé tant de problèmes. Il eut l'air choqué et plongea hors du passage, lançant après cela un regard noir à Harry à travers la fente de ses yeux. Harry le lui rendit, continuant à tenir la batte dans sa main droite.
Ils jouaient une partie différente maintenant. A chaque fois que Harry voyait quelqu'un qui s'en prenait à l'un des attrapeurs, il envoyait un cognard sur le joueur en question. Il ne visait pas tant les gens que leur balai, pour les faire dévier. Les autres joueurs étaient très ennuyés par Harry. Et Harry commençait à se dire qu'il aimerait peut-être être batteur.
Peut-être pour lui rendre plus difficile la défense de ses collègues attrapeurs, les poursuiveurs rouges réussirent à séparer Jean-Claude d'Erica, et l'un des poursuiveurs verts saisit l'arrière du balai de cette dernière et commença à la tirer vers ses buts. Harry s'énerva, regardant autour de lui s'il y avait un cognard. Un était du côté des anneaux des rouges, et il fila donc là-bas, et le frappa fort en direction du poursuiveur vert harcelant Erica, qui dévia pour l'éviter. Il passa à côté de lui sans le blesser. Puis Harry localisa l'autre cognard, haut au-dessus du milieu du terrain. Il prit de l'altitude et le frappa fort avec sa batte, le dirigeant vers les poursuiveurs rouges qui encerclaient Jean-Claude, et luis rendaient impossible de choisir où voler. Mais dès que Harry eut frappé le cognard, il vit l'objet doré flottant qui avait été caché derrière. Est-ce qu'il avait marqué le cognard ? se demanda-t-il. Est-ce qu'il pouvait faire cela … ?
Sa respiration encore énormément douloureuse, il passa rapidement sa batte dans la main gauche, mettant cette main à la fois autour de la batte et du manche du balai, et saisit le petite chose, espérant qu'il ne rêvait pas. Harry baissa les yeux avec étonnement, les petites ailes battaient maintenant en vain contre sa paume et ses doigts. Il déglutit et regarda les remparts, où beaucoup plus de personnes que ce qu'il s'en souvenait regardaient. Il pensa aussi quelques silhouettes indistinctes dans les gradins, sous le chemin de ronde. Il recherchait Sirius, et quand il le trouva, il vit que son parrain avait regardé les autres joueurs. Il lui sourit et leva la main, essayant de capter son attention.
« Je l'ai ! »
Il pensait que les autres joueurs allaient lui en vouloir, mais soudain, réalisant ce qui se passait, tous montèrent vers lui, des sourires excités sur leurs visages. Harry vit que Sirius levait les bras en l'air et criait lui-même, son sourire remplissant son visage, et bientôt, Harry était entouré dans les airs par les membres de l'équipe nationale galloise, et on lui donnait des tapes dans le dos en disant des choses comme « Joli spectacle Potter ! » et « Tu as lancé ce sort d'attraction sans baguette ? » et « J'ai jamais vu un attrapeur se prendre pour un batteur ! Et tu vous avez quand même eu le vif ! »
Harry souriait tellement qu'il en avait mal au visage. Et puis il eut du mal à respirer comme la blessure à ses côtes rendait à nouveau sa respiration difficile, et il alla vers les remparts puis se posa à côté de Sirius, s'effondrant d'épuisement. Owen Aberystwyth s'avança à grandes enjambées vers lui, l'aidant à se redresser, lui prenant à la fois la batte et le vif. Maintenant, Harry pouvait à peine inspirer. Il avait l'impression de rêver. Owen lui prit la main et la lui serra. « Félicitation Harry, vous êtes dans l'équipe. » Harry acquiesça bêtement, ayant oublié comment parler. Quand Sirius s'avança et le prit dans ses bras, la parole lui revint sous la forme d'un cri de douleur.
« Qu'est-ce qui ne va pas Harry ? »
« Je… Je pense que j'ai quelques côtes cassées. Madame Pomfresh pourra s'en occuper. »
« Elle ne pourra pas tout de suite. Tu as besoin de soins immédiats. Nous allons te prendre voir le docteur de l'équipe. Depuis combien de temps joues-tu comme cela ? »
« Je sais pas. C'est arrivé assez tôt. » Il leva les yeux et vit que Owen avait l'air plus enchanté que jamais d'apprendre qu'il avait continué à jouer en étant blessé. Erica s'était posée à proximité, et elle alla maintenant vers Harry, tendant sa main.
« Félicitations, » dit-elle, avec juste un fond de déception dans sa voix. « Je suppose que cela signifie que je suis attrapeuse de réserve maintenant. » La signification de ce qu'elle venait de dire lessiva Harry. Il n'était pas remplaçant. Il était dans l'équipe première. Il se souvint de ce qu'avait dit Owen sur ce qui se passerait si Erica n'attrapait pas le vif en premier. A sa surprise, Owen passa son bras autour d'Erica et la serra contre lui. Est-ce habituel ? se demanda Harry.
« Oh, allons chérie. Tu sais que tu ne seras jamais une remplaçante pour moi dans bien des manières… » Il lui sourit et elle se colora, avant qu'ils s'éloignent, les bras de l'un autour de l'autre. Harry essaya de referma sa bouche afin de ne pas avoir l'air complètement stupide. Il se tourna vers Sirius.
« Qu'est-ce que… »
« Oh, tu ne savais pas ? »
« Qu'ils sortaient ensemble ? Non, je savais pas. Je ne peux pas croire qu'il la remplace ! Et elle ne lui en veut pas, ni ne menace de rompre avec lui… »
Sirius rit et donna une tape sur l'épaule de Harry. « Non. C'est plus que ça. » Il regarda le couple s'éloignant en souriant. « Ce n'est pas simplement sa petite amie, Harry. »
Harry fronça les sourcils. « Quoi alors ? »
Sirius sourit encore plus largement et dit. « Erica est sa femme. »
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Après que Harry ait vu le soigneur de l'équipe pour ses côtes, il se sentit bien mieux. Le pansement sous ses bandages faisait le tour de son torse, guérissant les os brisés, et la potions anti-douleur lui donnait l'impression d'avoir été chez le dentiste, sauf que le dentiste avait endormi son torse au lieu de ses dents. C'était une sensation étrange, mais au moins, il n'avait plus mal.
Comme le portauloin n'allait pas se réactiver jusqu'en fin d'après-midi (juste au cas où les sélections auraient duré toute la journée), ils devaient tuer le temps. Ils allèrent à travers les collines vertes jusqu'au village en portant leur balais. Quand ils arrivèrent en vue des maisons, ils cachèrent leurs balais, leurs robes, et la plupart des autres affaires de Quidditch de Harry sous une haute haie qui séparait deux champs contenant des moutons allant d'une couleur crème sale, à une couleur sable. Le sweater et le pantalon de Quidditch de Harry passeraient dans un pub moldu, alors Sirius ne métamorphosa pas ses habits. Sirius portait déjà des jeans, une chemise et des bottes noirs.
« J'aurais aimé avoir ma vieille moto. » dit-il tristement comme ils marchaient, évitant les crottes laissées par les moutons.
« Est-ce que je t'ai jamais du que j'avais des rêves de voler où je volais en moto ? » lui demanda Harry, se souvenant à quel point son oncle s'était mis en colère quand Harry avait mentionné cela. Sirius rit.
« Non, tu ne me l'avais jamais dit… »
« Pourquoi as-tu apporté ton balai, de toutes façons ? »
Sirius hésita. « C'était juste une précaution. »
« Une précaution ? Qu'allais-tu faire, voler sur le terrain ? »
Sirius se renfrogna. « Peu importe. Allons simplement au village… »
Puis quelque chose de noir bougea à l'extrémité du champ de vision de Harry. Il se tourna et vit deux aurors s'avançant traversant le champ derrière eux. D'autres précautions, pensa Harry. Sirius se tourna pour voir ce qui avait attiré son attention. Il grimaça.
« Les idiots. » dit-il à voix basse. « Je sais qu'ils sont sensés garder un œil sur toi, mais nous sommes presque dans le village et ils portent encore leurs robes… » Il avait l'air de penser qu'ils voulaient aussi garder un œil sur lui.
Il leur fit un signe et ils s'arrêtèrent l'air alarmés. Il saisit le tissus de sa manche et l'écarta de son bras, mimant. Ils eurent l'air étonnés, alors il mit ses mains autour de sa bouche en porte-voix et leur cria. « Cachez vos foutues robes ! »
Ils comprirent alors, et ils enlevèrent leurs robes, les portant sur leur bras comme des manteaux. Un des aurors portait une cravate blanche et une queue de pie. L'autre une veste en tweed au-dessus d'un chemisier de femme d'un rose choquant, et des pantalons orages. Sirius roula les yeux.
« Quand est-ce qu'ils vont donner à ces gars des cours pour qu'ils s'habillent comme de vrais moldus ? » marmonna-t-il à Harry, secouant la tête. Ils se retournèrent et continuèrent à descendre vers le village.
Pendant qu'ils déjeunaient dans à une table dans un coin du pub, les aurors s'assirent au bar, à plusieurs tabourets d'écart, comme s'ils n'étaient pas ensemble. Harry et Sirius rirent en mangeant leur fish and chips, observant la fascination des sorciers pour la télévision au-dessus du bar, qui diffusait des publicités pour un dentifrice pendant un feuilleton américain. Bien, pensa Harry, au moins, nous n'avons pas à nous soucier d'être ceux qui ont l'air suspects.
Harry se raidit, cependant, quand il entendit le barman dire à l'auror à la tenue formelle. « Vous êtes en retard pour un mariage, pas vrai ? » l'auror regarda ses habits, puis le barman derrière son comptoir.
« Heu, pas exactement. Heu, c'était sensé être moi. Elle a changé d'avis. »
Tout le monde dans le pub, à part l'autre auror, Harry et Sirius, commença immédiatement à plaindre le 'marié' rejeté, et à raconter des histoires d'autres couples qui n'avaient pas réussi à passer la fin de la cérémonie de mariage… Ni même le début. L'auror eut l'air sonné d'être au centre de l'attention, et son partenaire se mit en colère, de toute évidence énervé qu'ils ne se fondent pas sans faire de vagues (bien que Harry pense qu'ils auraient dû s'habiller avec plus de soin si c'était leur but). Harry et Sirius avaient du mal à manger et à boire en étouffant leur rire.
En mangeant, il pensa que c'était une bonne journée. Il espérait que Ron faisait aussi bien.
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« Je suis rentré dans l'équipe ! » dirent-ils simultanément quand ils se virent.
« Tu es rentré dans l'équipe aussi ? » répondirent-ils tous les deux.
Hermione avait l'air d'essayer très fort de ne pas sauter partout en entendant cela. Harry lui fronça les sourcils. « Je pensais que tu avais peur que je sois trop facilement pris pour cible si je faisais cela. »
« Tu m'as dit qu'il y avait des aurors là-bas. Cela m'a semblé parfaitement sûr. »
« Oui, bien il y avait ces deux… » Il leur raconta comment il était allé au village avec Sirius. Ron ne rit pas quand Harry décrivit les habits, mais Hermione si.
« Je ne saisis pas. » dit Ron, son visage impassible. Hermione roula les yeux et se mit en tête de lui expliquer pendant que les yeux de Harry erraient jusqu'à Ginny assise près du feu de la salle commune, en train de lire. Il voulait qu'elle soit contente pour lui, mais à la place, elle semblait studieusement l'ignorer, tournant lentement les pages. Il se détourna. Cela lui faisait trop mal d'être si proche d'elle et pourtant d'être séparé d'elle autant.
Après dîner, Ron et Harry décrivirent leurs essais pour les autres Griffondors dans la salle commune. Dean et Seamus crièrent avec excitation quand il leur parla de son action avec les cognard. Les sélections pour Ron avaient été également épuisantes, mais il avait passé chaque test haut la main. Une partie du temps, il devait spécifiquement aider un poursuiveur à marquer, peu importe à quel point c'était tentant de marquer pour lui-même. Cela avait été la partie la plus dure pour lui.
« Et est-ce qu'ils ont essayé de te faire tomber de ton balai aussi ? » lui demanda Harry.
« Oui. Quand le premier gars m'est rentré dedans, il n'a pas su ce qui lui arrivait. » dit Ron en souriant.
Neuf heures arrivèrent très vite, et soudai, Draco Malfoy se tenait à côté de lui. Dans la salle commune de Griffondor. Quand Harry le localisa, il poussa un cri de surprise.
« Malfoy ! Que diable fais-tu ici ? »
Draco Malfoy croisa les bras et lança un regard noir à Harry. « Je pourrais te demander la même chose Potter. Nous étions sensés patrouiller maintenant. Tu as échangé avec Perugia, tu te souviens ? »
« Mais comment es-tu rentré ici ? »
« Je suis allé voir MacGonagall. Elle a utilisé le mot de passe pour ouvrir ce portrait que vous utilisez comme porte, puis m'a laissé rentrer. Oh, n'aie pas l'air si inquiet. Elle ne m'a pas laissé m'approcher assez pour entendre quel est votre foutu mot de passe… »
Harry grimaça. « Attends. Nous y allons dans une minute. »
Il n'avait pas encore changé de robe. Maintenant, il prit ses habits de sports qui furent immédiatement obscurcis par sa robe d'école. Au moins, il serait à l'aise. Il ajusta son insigne de préfet en chef sur son torse et mit la carte du maraudeur et sa baguette dans la poche. Malfoy lui fit un signe de la tête quand il revint dans la salle commune, et ils partirent sans un mot. Harry lança un coup d'œil par-dessus son épaule à Ron et Hermione, qui haussa les épaules.
Le professeur MacGonagall attendait dans le couloir, regardant Harry d'un air très désapprobateur. « Je sais que vous avez travaillé dur, aujourd'hui, Potter, et je comprends que vous soyez très excité par votre nouveau travail. Mais vous avez encore vos devoirs à accomplir en tant que préfet de l'école. La ponctualité est quelque chose d'attendu de tous les patrouilleurs. Autant de la part des patrouilleurs que des élèves, comme j'ai eu l'occasion de le dire au professeur Rogue la nuit dernière. Il m'a fait attendre… Jusqu'à deux heures du matin… » marmonna-t-elle sombrement comme elle avançait à grands pas devant eux. Harry se demanda si le retard avait quoique ce soit à voir avec Maggie, et il regarda Malfoy en haussant les sourcils. Malfoy le regarda avec colère.
« Alors, professeur, » dit Harry, essayant de parler avec sa responsable de maison à la place, « vous patrouillez ce soir aussi ? »
Elle se retourna et le regarda encore sévèrement. « Pas pour le premier quart. Je serais aussi en retard si c'était le cas. Je suis du second quart. En ce moment, je retourne simplement à mon bureau, où j'étais quand Mr Malfoy est venu vous chercher. Il était déjà dans le hall d'entrée avec Lewis, MacMillan, le professeur Chourave et le professeur Trelawney. A neuf heures précises. Comme vous auriez dû y être. Il est maintenant… » elle regarda la montre de Harry, tordant son bras un peu plus qu'il n'aurait dû l'être. Il essaya de ne pas grimacer. « … neuf heures vingt-cinq. En tant que préfet en chef, vous êtes sensé montrer l'exemple. Faites en sorte que cela n'arrive plus. »
« Oui madame. » dit-il penaudement, avant qu'elle ne se retourne et commence à descendre le couloir qui conduisait à son bureau. Il vit que Malfoy ricanait maintenant.
« Par où devons-nous aller ? » dit-il, essayant d'ignorer l'expression insupportable qu'arborait le visage du garçon blond.
« Alors, » fit Malfoy d'une voix traînante, ignorant la question. « le golden boy fait partie de l'équipe de Galles ? Quelle grande surprise. Je parie qu'ils n'en pouvaient plus de vouloir Potty, héros du monde de la sorcellerie. Quel dommage que tu ne sois qu'un remplaçant. Tu ne pourras pas vraiment jouer. Mais ils pourront quand même dire que tu fais partie de l'équipe… »
Harry sentit la colère monter en lui, et il ne put se retenir. « Pour ton information, les sélections ont été très rudes, et j'ai gagné honnêtement. Et je ne joue pas comme remplaçant. »
Malfoy resta bouche bée. « Bon Dieu, ils sont si désespérés qu'ils t'ont mis en première ligne ? »
« Ils n'ont pas… » commença-t-il à dire, mais il se mordit la langue. « Patrouillons simplement, d'accord Malfoy ? Nous avons un boulot à faire pour les deux prochaines heures. Faisons-le simplement et essayons de ne pas trop nous taper sur les nerfs l'un de l'autre, d'accord ? »
Malfoy haussa les épaules. « Tu ne me tapes pas sur les nerfs. J'ai simplement appris à accepter que personne dans le monde de la sorcellerie ne s'attend à ce que tu te qualifie pour quoique ce soit. Tu as juste ce que tu veux, peu importe… »
Harry s'arrêta devant lui, lui criant au visage « C'est faux ! Et même si c'était vrai, en quoi serait-ce différent de toi quand tu avais tout ce que tu voulais grâce à ton père ? Tu parles de ne rien mériter ! J'ai travaillé dur pour rentrer dans cette équipe, et… »
« Halte ! » cria une voix familière. Harry leva les yeux avec surprise pour voir Ernie MacMillan et Trixie Lewis, une Serdaigle de sixième année, débouler au bout du couloir, leurs visages livides. Quand il vit que c'était Harry, Ernie baissa sa baguette. « Oh, c'est juste toi. Tu nous a filé les boules Harry. Bon sang. Qu'est-ce que tu as à crier comme cela ? »
Harry rougit. « Désolé, Ernie. Juste une simple différence d'opinion. » Il lança un regard noir à Malfoy.
« Bien elle est sacrément bruyante. Tu as de la chance que Chourave et Trelawney ne soient pas arrivées au pas de course aussi. »
Malfoy pouffa. « Comme si Chourave pouvait courir. Elle est tellement grosse… »
Mais ce n'était pas la bonne chose à dire à Ernie, qui pointa maintenant sa baguette sur Malfoy. « Tu retires ça ! C'est ma responsable de maison dont tu parles ! Je préfère l'avoir comme responsable de maison plutôt que cet excuse de professeur que tu as ! »
« Ca suffit ! » dit Harry à Ernie, se mettant entre lui et Malfoy, qui avait aussi sorti sa baguette maintenant. Il se tourna vers Ernie. « Je ne veux plus entendre un seul mot sur le professeur Rogue, tu entends ? Il a risqué sa vie au service de Dumbledore plus de fois que toi, je te le garantie. Et toi ! » dit-il, se tournant vers Malfoy. « Maintenant que tu ne peux plus insulter la mère de Ginny, tu t'es retourné contre Chourave ? » Il regarda tour à tour les deux jeunes hommes. « Je suis en faute ici aussi, mais je dis que cela s'arrête maintenant. Nous sommes tous sensés faire des patrouilles dans les couloirs, pas y créer des problèmes. Je ne veux plus entendre une seul mot de travers sur un professeur ou quelqu'un du personnel enseignant, ou la personne qui le dira fera perdre vingt points à sa maison. Est-ce clair ? » Ernie et Trixie acquiescèrent. Malfoy se mordit les lèvres et dit un petit signe de la tête. « Maintenant, » continua Harry, « Malfoy et moi allons prendre ce couloir, vous deux, montez à l'étage et patrouillez là. Et souvenez-vous, nous devons nous retrouver pour le prochain quart dans le hall d'entrée à onze heures trente et rapporter les choses inhabituelles. Des questions ? »
Il savait qu'il n'y en aurait pas. Les quatre partirent dans deux directions différentes, et ce fut relativement paisible pour le restant du quart. Harry essaya de ne pas mordre à l'hameçon quand Malfoy disait des choses pour l'énerver, et il essaya aussi de ne pas énerver Malfoy. Parfois, c'était très dur.
Quand onze heures trente arriva enfin, ils descendirent les escaliers de marbre jusque dans le hall d'entrée, où la nouvelle patrouille attendait. Le professeur MacGonagall parlait à voix basse au professeur Sinistra, et Mariah Kirkner regardait les autres élèves, qui étaient tous en cinquième année, avec quelque suspicion. Harry ne connaissait pas encore vraiment les nouveaux préfets, et il se souvenait juste que le garçon aux cheveux bruns était Harrison, de Poufsouffle, mais il ne pouvait pas se souvenir de son prénom. Robert Jensen, un préfet de Serpentard, attendait aussi, ainsi que Tamara Katz, de Serdaigle.
Quand Mariah aperçut Draco Malfoy, Harry vit un lent sourire s'afficher sur son visage, et qui ne pouvait être décrit que par l'adjectif lascif. Il jeta un coup d'œil à Malfoy, qui répondit par un sourire similaire. Les professeurs MacGonagall et Sinistra étaient ailleurs. Harry observa attentivement les deux Serpentards.
Quelques instants après, Ernie et Trixie apparurent, ainsi que les professeurs Chourave et Trelawney, qui regarda Harry avec de grands yeux, comme si elle avait peur.
« Merci à tous. » dit MacGonagall à ceux du premier quart. « Nous prenons la relèves. Les élèves… Retournez directement à vos maisons et ne traînez pas dans les couloirs. Allez-vous retourner dans vos quartiers, mesdames ? » demanda-t-elle à Chourave et Trelawney.
« Je rentre, Minerva, » dit Chourave en mettant sa grosse main devant la bouche pour cacher un bâillement. « Je dois me lever tôt pour aller aux serres, vous savez… »
« Je… Je vais retourner dans ma tour. » dit Trelawney de sa voix mystérieuse, regardant Harry à travers ses énormes lunettes épaisses. « Je me sens soudain poussée à voir si je peux trouver quelque chose d'intéressant dans ma boule de cristal. Je suspecte fortement que je devrais… » Elle avait encore les yeux sur lui. Harry essaya de garder une expression neutre sur le visage, bien que ce soit très très dur de ne pas la regarder avec colère. De plus, s'il disait ce qu'il pensait d'elle, il devrait s'ôter vingt points.
Comme il commençait à remonter les escaliers, il pensa entendre Mariah dire à voix basse à Malfoy. « On se retrouve dans la salle commune plus tard. »
Il se figea un instant, puis se remit à grimper les escaliers. Il sentit la carte des maraudeurs frotter dans la poche de sa robe, et il pensa à ce qu'il ferait si la carte montrait Malfoy et Mariah ensemble dans leur salle commune. Est-ce que Ginny s'en moquerait ? Elle était encore très en colère avec lui. Il souhaitait juste que Malfoy rompe avec Ginny s'il voulait être avec Mariah. Mais il semblait déterminé à coincer Ginny, prisonnière de son 'amour'. Harry soupira et continua d'avancer.
Il ne dit pas à Ron ou à Hermione ce qu'il avait entendu dire quand il revint dans la salle commune de Griffondor. Il monta au lit, même si la plupart des autres élèves dans la salle commune allait rester debout encore longtemps, comme c'était samedi soir. Il avait eu une journée épuisante. Pourtant… S'il pouvait réussir à se réveiller à deux heures du matin pour regarder la carte…
Comme il réglait son réveil pour deux heures, il jeta un coup d'œil au lit de Neville. Neville était assis contre son oreiller, encore habillé, lisant un livre d'herbologie. Harry ne le reconnut pas. Le titre était Créer des hybrides avec des plantes magiques sans contrevenir à la loi, par Belladonna Fernrock
« Ca a l'air assez compliqué. » dit-il à Neville comme il enlevait sa robe.
Neville leva les yeux, une expression très étrange sur le visage. Harry eut soudain envie de prendre sa baguette, car il avait le mauvais pressentiment que ce n'était pas du tout Neville, mais un imposteur. L'impression était plus forte qu'elle ne l'avait été avec Sirius, quand ils étaient arrivés au Pays de Galles pour les essais. Pendant six ans, le visage de Neville avait été celui de quelqu'un qui ne savait pas trop où il était. Il y avait quelque chose qui manquait à ses traits, une assurance qu'il connaissait sa place dans l'univers et qu'il y appartenait. Autrefois, son expression avait semblé composée au hasard, et semblait avoir la propriété de se dissoudre si une réprimande de MacGonagall ou de Rogue était trop forte.
Maintenant ses traits étaient liés par un calme sûr. Il y avait une cohérence à la contenance de Neville, une maturité que Harry n'avait jamais vue auparavant. Il réalisa qu'il n'avait pas vraiment passé beaucoup de temps avec Neville depuis que le trimestre avait commencé (Il y avait tellement d'élèves en cours en septième année qu'il était dur de suivre la trace de ce que chacun faisait), et maintenant il était choqué par le changement qu'avait subi son camarade de dortoir. Harry le regarda à travers la fente de ses yeux. La dernière fois que Neville avait autant changé, il était devenu dépendant à deux potions dangereuses.
« Ca l'est. » dit Neville en réponse à ce qu'Harry avait dit sur le livre. Sa voix était grave et calme, son visage s'était aminci, et il avait un peu de barbe dessus, comme la nuit s'avançait. Harry réalisa pour la première fois que Neville n'était plus un petit garçon. C'était très difficile d'accepter Neville en tant qu'homme, mais c'était clairement ce qu'il était maintenant.
« Heu, oui. » répondit Harry en hésitant. Neville avait toujours aimé l'herbologie plus que les autres cours, et Harry supposait qu'il ferait quelque chose dans ce domaine une fois sorti de l'école. Il dit bonne nuit à Neville mais ne reçut aucune réponse avant de refermer ses rideaux autour de son lit.
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Le lundi matin, Ron offrit à Hermione son cadeau d'anniversaire au petit déjeuner. Ron ne lui avait pas suggéré de faire un cadeau commun cette année, comme il était maintenant le petit ami d'Hermione. Elle ouvrit une petite boite à la table de Griffondor, seulement pour la refermer immédiatement, rougissant profondément. Elle se tourna vers Ron, ayant l'air de vraiment vouloir l'embrasser, mais elle se rapprocha de lui et lui chuchota quelque chose à l'oreille, et ce fut à son tour de rougir.
Après le déjeuner, Ron accompagna Hermione sur le marches du perron du château et l'embrassa sur la joue avant qu'elle ne parte pour leur cours de transplanage à Pré-au-Lard. Sirius attendit avec indulgence, souriant à Ron, avant de décoller, s'élevant dans les airs. Harry regarda Hermione décoller, et il suivit avec les autres élèves. Quand la salle municipale arriva en vue, ils se posèrent dans la rue et attendirent que Sirius ouvre les lourdes portes d'entrée avec sa clé, suivi par une incantation destinée à rompre le sort de fermeture qui était aussi sur la porte. Une fois à l'intérieur, ils s'installèrent sur la rangée de siège de devant, et Sirius se mit à faire les cent pas devant eux, essayant d'avoir l'air sévère, mais ne réussissant d'une manière ou d'une autre à n'être que très paternaliste.
« Bien ! Nous avons eu une bonne première semaine. Pas beaucoup de transplanage jusqu'à présent, mais je dois m'assurer que vous comprenez tous les limites du transplanage avant que vous ne vous y essayiez vous-même. Transplaner peut être très, très dangereux. Maintenant, je sais que j'ai passé beaucoup de temps à vous raconter des histoires de désartibulation la semaine dernière, et oui, certaines peuvent être assez amusantes… » il fit un clin d'œil à Harry, qui essaya de ne pas rire en se souvenant de certaines histoires. « … mais vous deviez connaître les conséquences d'une transplanage pour des raisons frivoles, ou quand vous n'êtes pas dans le bon état d'esprit pour quelque raison que ce soit. Les résultats ne sont pas risibles. Alors, avant que nous commencions… Est-ce que tout le monde est là ? » Il sortit un carnet de sa poche et commença à le parcourir, levant les yeux de façon répétée vers les élèves pour associer leurs noms à leurs visages.
« Hmm. » dit-il après un instant. « Où est Lavender Brown ? »
Parvati Patil leva sa main en hésitant. « Elle a décidé de ne pas suivre les cours professeur Black. Du moins, pour le moment. Elle a dit qu'elle déciderait à la fin de ce trimestre si elle voulait le faire. »
Sirius acquiesça. « Bien. Et est-ce que Mr Nott est absent pour la même raison ? » demanda-t-il aux Serpentards. Ils se regardèrent entre eux, étonnés, haussant sourcils et épaules.
« Je lui demanderai quand nous serons de retour au château. » répondit Millicent Bulstrode. Comme Malfoy avait déjà son permis de transplaner, elle était la seule préfète de Serpentard présente.
« Bien ! Alors, sans regarder vos notes, » dit-il à dessein, faisant coupablement refermer leurs cahiers à plusieurs élèves, « qui peu me dire quelles sont les règles basiques concernant le transplanage ? »
Hermione leva immédiatement la main, et Sirius ne la fit pas attendre longtemps. « Oui, Hermione ? »
« Ne jamais transplaner depuis ou vers un endroit où l'on peut être vu par des moldus. »
« Bien, » dit-il, rayonnant. « Cependant… Cette règle est en place depuis très longtemps. Elle n'est plus complètement adéquate. Ou plutôt, il y a un corollaire qui n'est pas posé dans les lois concernant le transplanage, mais que vous devriez tous considérer avec soin quand vous déterminez si un endroit particulier est sûr pour transplaner. Qui se souvient de ce corollaire ? »
La main de Hermione jaillit aussitôt dans les airs, et Sirius lui sourit chaudement. Ce qu'il dit était toutefois tout à fait à l'opposé de son expression ? « Allons, Hermione. Laisse une chance aux autres. Ta mémoire n'est pas la seule que j'aimerais tester. » C'était une gentille réprimande, mais une réprimande néanmoins, et Harry vit son visage s'obscurcir comme elle baissait lentement le bras.
« Oui, Dean ? » dit Sirius, regardant au-dessus d'elle.
« Ne jamais transplaner depuis ou vers un endroit où l'on peut être vu ou enregistré par un appareil moldu. »
« C'est exact. Cinq points pour Griffondor. Simplement parce qu'il n'y a personne ne signifie pas que l'endroit est sûr. Les moldus ont des caméras de sécurité partout maintenant. Ce qui était autrefois des gentils coins désertés du monde moldu, des endroits où les sorciers et sorcières pouvaient habituellement utiliser pour transplaner sans problème, est devenu des endroits où peuvent avoir lieu des crimes qui sont soigneusement scrutés, des endroits qui sont jugés dangereux à cause de leur isolement. Ce qui est exactement ce dont nous avons besoin pour transplaner… l'isolement. Les moldus, cependant, considèrent ces endroits comme dangereux comme les criminels peuvent s'y fondre et surprendre les personnes distraites. Cela devient très très dur de trouver de bons points de transplanage autres que les maisons ou les boutiques de sorciers. On ne peut jamais faire assez attention. C'est de la plus haute importance que vous ne soyez pas filmés en train de faire de la magie. En fait, c'est un problème encore plus dur à régler que lorsqu'un moldu vous voie. On peut s'occuper de quelqu'un avec un sort de mémoire. Une caméra, d'un autre côté, peut diffuser un signal à une machine qui enregistre ce qui est vu à des kilomètres de là. Cela peut être très dur de remonter à ces machines et de détruire les preuves. »
Il les regarda tous gravement. « Maintenant… Qui peut me rappeler quelque chose d'autre que j'ai dit sur qui peut ou ne peut pas transplaner ? »
Blaise Zabini leva sa main. Quand Sirius lui fit un signe de la tête, il dit avec dédain, « Les femmes enceintes ne peuvent pas. » Harry pensa à Fleur, remontant l'allée du domaine des Spinnet…
Sirius acquiesça, mais n'eut pas l'air satisfait. « Oui… Mais ? Quelle est la raison pour la laquelle les femmes enceintes ne peuvent pas transplaner ? Oh, et cinq points pour Serpentard. » ajouta-t-il.
Parvati leva la main maintenant, et il lui fit signe. « Le transplanage n'affecte que la personne qui lance le sort, ses vêtements, et les objets qu'elle porte, et les sym… Sym… »
« Les symbiotes. » l'aida Sirius.
« Les symbiotes pas plus gros que quelques cellules en taille. » Elle fronça les sourcils. « Je n'ai pas compris ce que je viens de dire. »
Sirius rit, ses yeux se plissant. Il ressemblait maintenant au beau garçon rieur des photos du mariage de ses parents. « Tu viens de répéter ce que j'ai dit la semaine dernière. Je comprends. Est-ce que quelqu'un se souvient de ce qu'est un symbiote ? »
Hermione eut l'air de vouloir lever la main, mais elle croisa les bras à la place, l'air grincheuse. Harry était sûr qu'elle savait, mais elle voulait être contradictoire maintenant. Il leva la main.
« Harry. »
Il la baissa et parla. « Un symbiote est un autre nom pour un parasite. En quelque sorte. Vous avez dit que nous avons des bactéries qui vivent en nous qui ont une relations symbolique… »
« Symbiotique. »
« Heu, oui. Nous avons une relation symbiotique avec elles. Eux. Enfin ça. Ce que je veux dire c'est… les bactéries nous aident à digérer la nourriture et des choses comme cela. Nous ne les perdons pas quand nous transplanons, même si ce sont, hum, des être propres. Je ne sais pas comment dire cela. J'allais dire indépendant… »
« … et pourtant, ils ne sont pas indépendants, n'est-ce pas ? » finit Sirius pour lui. « Ils sont assez dépendants de nous. Et nous dépendons d'eux. C'est cela que symbiotique signifie. Il y a une relation de bénéfice mutuel et d'interdépendance entre nous et les bactéries. Ces organismes sont trop petits pour être vus par l'œil humain ? nous connaissions leur existence bien avant les moldus, bien sûr, grâce aux méthodes magiques pour observer les très petits objets, et une fois qu'ils ont inventé les microscopes pour les voir, les moldus ont aussi appris qu'ils existaient. Nous pouvons aussi faire quelques choses que les moldus ne peuvent pas, médicalement, parce que nous avons des sorts et des potions destinés à influencer ces organismes, pour qu'ils fassent des choses à un niveau microscopique pour guérir une maladie ou réparer des blessures. Les moldus peuvent faire quelques choses comme cela, et ils en apprennent de plus en plus, mais il n'ont pas encore la potion de pimentine. Ils ne savent pas guérir les os brisés en vingt-quatre heures.
Mais dites-moi, qu'est-ce que cela à voir avec le fait que les femmes enceintes ne peuvent pas transplaner ? »
Pansy leva la main et il lui fit un signe de la tête. « Même quand il est très petit, un bébé est bien trop grand pour être affecté par un sort de transplanage lancé par la mère. Et on ne peut pas transplaner en portant un petit enfant ou un animal dans ses bras non plus. Pour la même raison. »
« Bien vu. Cinq points pour Serpentard. C'est exact. Un bébé dans sa mère, même très peu de temps après sa conception, un animal ou un autre adulte essayant de transplaner avec un autre être comme cela risque d'énormes complications. Maintenant, ce serait bien si la personne qui lançait le sort disparaissait simplement, et que la chose qui ne pouvait pas être déplacée par transplanage restait à son endroit originel. Mais ce n'est pas comme cela que ça se passe. Quelques unes des pires désartibulations de l'histoire ont eu lieu quand des gens essayaient de faire quelque chose d'aussi simple en apparence que de transplaner en tenant un chat… »
Harry frissonna, puis se souvint d'Hermione se donnant accidentellement de nombreux attributs d'un chat (y compris les moustaches et une queue) pendant de nombreuses semaines, alors qu'ils étaient en deuxième année. Utiliser le polynectar avec un poil de chat avait eu des résultats très imprévisibles. Il avait le sentiment qu'essayer de transplaner avec un chat devait être pareil… Ou pire.
Une des amies de Serpentard de Pansy leva la main. « Mais alors pourquoi est-ce que l'on ne se retrouve pas nu quand on transplane ailleurs ? Pourquoi est-ce que nos habits restent avec nous ? »
De nombreux garçons commencèrent à lancer des sifflets. Sirius se mit en colère. « Dois-je commencer à donner des retenues ? » dit-il très fort, sa voix résonnant dans la salle. Les garçons s'arrêtèrent, l'air penaud. Dean avait ses doigts dans sa bouche (ayant émis un sifflement très fort en utilisant cette méthode). Il les enleva rapidement et s'assit sur sa main.
« Mis… Heu… Tobin a posé une excellente question. Est-ce que quelqu'un connaît la réponse ? » Hermione leva la main timidement, et Sirius lui fit un signe de la tête. « Tu peux nous éclaire Hermione ? »
« Les habits ne sont pas vivants. Tous les vêtements auxquels on peut penser et qui ne soient pas synthétiques sont faits de choses qui étaient vivantes autrefois, comme le lin ou le coton qui viennent de plantes, ou bien la laine des moutons et la soie des vers à soie. Mais ces matériaux ne sont plus vivants. Ils n'ont pas de force vitale. Ils sont statiques. »
« Et cinq points pour Griffondor ! Très bien. Oui, c'est une très bonne manière de le dire. Ils sont statiques. Pour la plus grande partie. Comme ils ne sont plus vivants, ils sont sujets aux ravages du temps et ils finiront par pourrir, mais cette sorte de changement ne doit pas être confondu avec les changements qui arrivent dans des créatures vivantes. Alors… »
« Mais il y a quelque chose qui m'étonne, » continua Hermione, interrompant Sirius. Il ne se plaignit pas.
« Oui ? »
« Bien, qu'est-ce qui arrive quand on transplane avec une plante ? Comme quand on veut apporter à sa tante un beau géranium pour sa serre. Qu'est-ce qui se passe quand on transplane en portant le pot de fleur avec le géranium dedans ? »
Sirius s'arrêta soudain et regarda dans le vide. Après un instant, il se secoua et dit « bien, il semble que Hermione nous ai donné notre premier projet. Maintenant, avant que vous ne fassiez des recherches là-dessus, je veux que vous émettiez des théories. Ce qui signifie que je ne veux pas que vous fassiez des recherches à la bibliothèque. Utilisez ce que vous savez déjà, et dites ce que vous pensez qu'il pourrait arriver. Vous pourrez citer des références pour appuyer vos hypothèses. Développer des hypothèses de cette manière vous sera utile lors de vos prochaines études de sortilèges. Plus tard cette année, vous allez travailler à la conception de nouveau sorts, et vous devrez apprendre à cerner les résultats possibles d'un sort nouveau et jamais essayé. Voilà ! C'est votre devoir pour lundi prochain : écrire un devoir de deux pieds de long disant ce que vous pensez qu'il va arriver si quelqu'un transplane en portant un géranium vivant. Et réfléchir à si la taille de la plante a de l'importance. » Il les regarda tous. « Est-ce que personne ne note cela ? »
Les élèves s'agitèrent pour sortir leurs plumes. Harry fit à Sirius un petit sourire en écrivant. Il avait le sentiment avait atteint la limite de ses connaissances et qu'il devait faire des recherches supplémentaires. Mais selon lui, Sirius était habillement retombé sur ses pattes en donnant à la classe un devoir pour lui donner du temps pour se mettre à jour avec les articles sur le transplanage avec des plantes.
« Bien. Vous répondrez à cette question dans vos devoirs. Continuons… Qui peut me dire qui d'autre ne peut pas transplaner… »
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Ce soir là, après le dîner, Ron se rendit au donjon de potions. Harry et Hermione allèrent avec lui. Il les laissa cependant dans la salle de classe et s'avança seul pour frapper à la porte du bureau de Rogue.
« Entrez. » fut la réponse laconique. Ron tourna la poignée et entra. Un gobelet fumant l'attendait déjà sur le bureau, vit Harry dans le cadre de la porte. « Buvez-le tout, Weasley. » dit doucement Rogue. Harry n'était pas certain, mais il avait presque l'air compatissant, et pour la première fois, il se demanda quel goût pouvait avoir la potion de Porphyrie.
Ron acquiesça et prit le récipient. Il se tenait de profil par rapport à Harry et Hermione, qui purent le voir grimacer comme sa pomme d'Adam oscillait de manière répétée. Ron vida le gobelet et s'essuya la bouche du revers de la main, puis le reposa sur le bureau.
« Est-ce que Remus a déjà pris la sienne ? » demanda-t-il doucement. Rogue acquiesça.
« Il est venu à balai de Pré-au-Lard après le dernier cours et est reparti. Il travaille ce soir. » En entendant cela, Harry réalisa que Remus devait avoir repris son vieux boulot de gardien de nuit dans l'entrepôt.
Ron referma la porte derrière lui et il ne regarda ni Harry, ni Hermione. Hermione essaya de passer son bras autour de lui comme ils avançaient, mais il s dégagea et accéléra, passant devant aux, seul. Harry secoua la tête à Hermione, puis il vit qu'elle avait la larme à l'œil. Il soupira et lui prit la main. Elle la prit et il la serra avec compassion, la sentant rendre cette pression. Ils marchèrent derrière Ron comme cela, en se tenant la main. Harry regardait le dos de Ron comme il avançait devant eux. Ses épaules semblaient porter bien plus qu'elles n'auraient dû pour un garçon de dix-sept ans, même si ce garçon était aussi un loup-garou.
Ron ne fut pas particulièrement sociable ce soir là dans la salle commune, même si c'était l'anniversaire d'Hermione. Il alla au lit tôt sans embrasser Hermione. Harry avait remarqué qu'il était particulièrement lunatique au début de la semaine avant la pleine lune, et il souhaitait que le premier instinct de Ron ne soit pas de les repousser à ce moment-là. Il resta en compagnie d'Hermione un peu plus longtemps, jusqu'à ce qu'elle dise qu'elle était fatiguée et voulait dormir. Il l'embrassa sur le front et lui souhaita un bon anniversaire, croisant le regard de Ginny. Elle lui manquait tant que cela lui faisait mal. Il n'avait même pas pu passer de temps avec elle la veille, quand il était sensé patrouiller avec elle, comme elle avait échangé avec Hermione et pris le premier quart au lieu du second.
Quand ils atteignirent le hall d'entrée le lendemain matin, Draco Malfoy et Mariah Kirkner ne les y retrouvèrent pas comme d'habitude. Ginny haussa les épaules et dit mécaniquement « Ils étaient au troisième quart la nuit dernière. Je veux dire ce matin. Ils n'auront pas fini avant quatre heures et demie. Ils dorment probablement. »
Harry scruta son visage comme elle disait cela. Elle n'avait aucune inflexion, et elle commençait à l'inquiéter. Il ne voulait pas qu'elle dépérisse comme elle l'avait fait dans son autre vie. Il souhaitait avoir réussi à se réveiller à deux heures du matin pour regarder la carte des maraudeurs pendant la nuit de samedi. Le lendemain, Neville l'avait informé qu'il avait dormi malgré le réveil, tellement il était fatigué. Neville avait dû traverser la pièce pour l'empêcher de faire du bruit, comme Harry ne montrait aucun signe de réveil pour l'éteindre lui-même.
Au petit déjeuner, Ginny toucha à peine à sa nourriture. Pour Harry, tout semblait plus morose. Même recevoir une lettre d'Owen au sujet de son premier entraînement ne le fit pas se sentir différemment.
Pendant le double cours de divination, après le déjeuner, l'humeur de Ron était pire que jamais. Trelawney, bien sûr, n'aidait pas. Elle n'arrêtait pas de parler de son « aspect mélancolique », et du destin qu'il avait subi (être mordu par un loup-garou) et qui était « sans doute visible dans les étoiles ».
« Si c'était bien visible dans les étoiles » grogna-t-il doucement à Harry, « cela aurait été sympa de sa part de me le dire. Même si je n'avais pas pu l'empêcher, j'aurais su. »
Maggie n'était pas là, comme elle prenait elle-même part à un cours. Harry pensait qu'il devrait essayer d'aller lui parler plus tard, pour voir si elle pourrait parler à Ron. Ils s'entendaient bien. Avoir une grande sœur semblait bien convenir à Ron. Il tenait compte de ses conseils bien plus sérieusement que quand ils venaient de Bill ou Charlie (ou spécialement de Percy).
Le mercredi, Harry était sensé être du quatrième quart avec Malfoy à nouveau, mais il découvrit que le Serpentard avait échangé avec un Serdaigle nommé Dorian, qui avait essayé de se débarrasser du troisième quart du jeudi. Arnold Dorian était un sixième année qui ressemblait au mieux à un deuxième. Il semblait être très vif, mais il parlait un peu trop au goût de Harry. Il faisait penser à Harry ce qu'aurait pu être Colin Creevey s'il avait avalé un dictionnaire, le livre standard des sorts pour les sept années et l'histoire de Poudlard, juste pour faire bonne mesure. Malfoy manquait presque à Harry.
Après le déjeuner du vendredi, ils avaient herbologie et soin aux créatures magiques. Le professeur Chourave avait l'air très occupée quand ils arrivèrent.
« Bien, tout le monde. Je sais que vous êtes en septième année, mais j'ai bien peur de ne rien vous apprendre de nouveau aujourd'hui. Je vous mets tous au travail. C'est quelque chose que vous savez tous faire. Nous allons rempoter des mandragores. Il y a une centaine de plantes, alors chacun d'entre vous devra en rempoter au moins cinq, mais si vous en faites six ou sept, vous recevrez dix points de maison… »
« Cent mandragores ! » explosa Seamus Finnigan.
« Oui. Cent. Il y en avait deux cent, mais les sixième année de Serpentard et Serdaigle m'ont aidé avec celles-là. Allons… Les cache oreilles sont par-là. Vous savez quoi faire. Ne traînez pas ! Le directeur veut un approvisionnement constant en racines de mandragores pour l'apothicaire de l'école cette année. Je suis d'accord avec lui. Nous ne devons prendre aucun risque… »
Harry se demanda s'il y avait des menaces que Dumbledore ne lui avait pas révélées, des menaces qui expliquent un tel besoin de mandragores. Il prit une paire de cache oreille et un coin de table où travailler. Ron et Hermione travaillaient ensemble, et il vit que Ron semblait agir un peu plus naturellement avec elle à nouveau. Dimanche, ce serait cependant une autre histoire. Harry savait que Ron avait prévu de rester bouclé dans la cabane hurlante toute la journée et toute la nuit. Dumbledore lui en avait donné la permission (et il l'avait faire reconstruire). La veille de la pleine lune, Ron ne voulait prendre aucun risque.
Harry se mit avec Justin Finch-Fletchley. Ils n'avaient pas besoin de mettre les cache oreille tout de suite, alors ils purent parler. Ils faisaient la queue pour prendre des pots en terre cuite, et Harry lui demanda 'Alors. Comment se sont passées tes vacances, Justin ? »
Justin se renfrogna. « J'ai vu mieux. »
Harry déglutit comme un silence pénible durait encore et encore. Finalement, ils atteignirent le devant de la queue et chacun prit cinq pots et ils revinrent à leur plan de travail. Ils enfilèrent leurs gants de jardinage (ceux en tissus qui étaient conçus pour les plantes dont le contact n'était pas mortel), et ils tirèrent de sous la table le seau qui contenait la terre pour le rempotage. Justin commença à mettre de la terre dans un pot, mais elle passa par le trou au fond. Il jura, quelque chose que Harry n'avait jamais entendu Justin faire. Il avait l'air inhabituellement en colère.
« J'ai oublié de colmater. » dit-il laconiquement.
« Je vais chercher de quoi faire. » dit rapidement Harry. Il revint vers les bancs le long de la serre, où il y avait une poubelle contenant les morceaux de pots cassés. Il en prit une poignée avec ses mains gantées pour se protéger, et il ramena les morceaux cassés jusqu'à Justin qui regardait dans le vide. Pourquoi est-ce que tout le monde a l'air si changé maintenant que nous sommes en septième année ? se demanda-t-il, lançant un bref coup d'œil à Neville quand il le croisa en revenant.
Pendant qu'ils plaçaient les éclats de pots au fond de leurs pots et les remplissaient de terre, Harry pensa qu'il devait essayer encore une fois de nouer la conversation.
« Comment va Liam ? » demanda-t-il innocemment. Justin
« Liam ! » cracha-t-il. Harry devina que c'était la chose la pire à dire, mais c'était trop tard maintenant. « Oh, il va bien, tant qu'il peut baiser avec tous les gars qu'il veut. Voilà comment il va Liam. »
Harry continua à remplir ses pots de terre et grimaça. Après quelques instants de silence, il pensa que Justin avait fini, mais il recommença à parler.
« Je lui ai dit encore et encore que ce n'était pas sa faute. Mais est-ce qu'il m'a écouté ? Non. A la place, il a commencé à sortir dans des pubs moldus, à boire bien trop et à chercher n'importe quel gars qui pourrait le vouloir… »
Harry fronça les sourcils. « Qu'est-ce qui n'était pas sa faute ? »
« Niamh, bien sûr. » Justin soupira et eut l'air très las maintenant. Il arrêta de remplir ses pots de terre et se tint avec sa pelle en l'air, l'air très lointain. « Nous étions sortis la veille. J'avais eu mes dix-sept ans en novembre dernier, et j'avais appris à conduire pendant les vacances de Noël. Ma mère m'a offert une voiture quand je suis rentré à la maison en juin. Une golf décapotable. Pas neuve, mais encore pas mal. Fantastique pour rouler sur les routes de campagne le toit ouvert… » Soudain, Justin était passé de ne parler que par phrases brèves et laconiques à émettre un flot d'informations.
« Liam était sensé aller sur le Chemin de Traverse avec ses sœurs le lendemain matin. Je l'ai déposé à un pub de sorcier à quelques miles de chez moi, et il a pris la cheminette pour rentrer chez lui depuis là. Nous étions très en retard, et il était claqué le matin. Orla a dit qu'elle avait essayé de le réveiller, et quand elle a pu dire qu'elle respirait vraiment, elle a supposé qu'il était trop fatigué et elle l'a laissé dormir. Après que… Après que Niamh soit morte, il a insisté comme quoi c'était sa faute. Comme quoi, s'il avait été là, il aurait pu la sauver, ou mourir à sa place… »
« Bien ! Tout le monde est prêt à mettre ses cache-oreille ? » dit le professeur Chourave à haute voix depuis le devant de la serre. Personne ici ne pouvait se permettre de ne pas avoir ses oreilles protégées une fois que les gens auraient commencé à enlever les mandragores de leurs pots. Justin dut s'arrêter de parler, au grand soulagement de Harry. Il avait oublié que Niamh était morte lors de l'attaque du Chemin de Traverse. Et d'une manière ou d'une autre, Liam s'était convaincu que la mort de sa sœur était de sa faute, et il noyait son chagrin dans l'alcool et les relations d'une nuit, en repoussant Justin que Harry pensait qu'il aimait…
Quand elle fut certaine que les oreilles de tout le monde étaient couvertes, ils commencèrent à sortir leurs mandragores des vieux pots et à les mettre dans les nouveaux. Harry fut assez surpris de découvrir qu'il avait des plantes allant de l'enfance à l'adolescence. Pourquoi était-elles à tant de stades de développement différents ? se demanda-t-il. Et puis il se demanda encore pourquoi Dumbledore avait tenu tellement à cœur l'approvisionnement en mandragores.
Le professeur Chourave surveilla le rempotage de tout le monde, et puis elle leur donna le signal d'enlever leurs cache-oreille. Harry secoua la tête après cela. C'était bon de pouvoir à nouveau entendre. Les élèves s'affairèrent, nettoyant, et Harry réussit à dire à Justin.
« Je suis… Je suis désolé pour Liam, Justin. Vous sembliez être bien ensemble. »
« C'est ce que je pensais aussi. » répondit Justin avec un soupir résigné, tout en essuyant leur paillasse avec un chiffon. « Mais j'aurais aimé qu'il comprenne mon point de vue. Niamh n'était pas enthousiasmée que nous nous voyons au début. Je pensais que ça l'énervait que Liam ait un petit ami au lieu d'une fille, mais il s'est avéré que ce n'était pas cela du tout. Elle était contre nous au début parce que je suis né de moldus. Ils ont des parents qui sont très rigides sur la pureté du sang et toutes ces idioties. Elle en est finalement revenue, comme Orla l'avait fait assez vite, et puis elle était simplement géniale Niamh. Tous les quatre, nous faisions beaucoup de choses ensemble. Nous sommes même allés jusqu'à Brighton plus tôt dans l'été, et nous y avons passé plusieurs jours. Avec un temps fantastique. Je veux dire… Quand j'ai entendu qu'elle était morte, j'ai eu l'impression d'avoir perdu une sœur aussi… » Sa voix était devenue encombrée, et Harry vit que ses yeux brillaient. « Liam ne s'est pas soucié du chagrin des autres. Personne d'autre ne comptait. Pour lui, la chose la plus importante était de se battre la coulpe matin, midi et soir. » Sa voix était maintenant un murmure, mais il ne semblait pas que ce soit pour que les gens n'entendent pas. Harry pensait qu'il n'avait pas la force de parler plus fort.
« Je suis désolé. » dit-il encore, entendant à quel point cela pouvait être creux. Mais Justin lui sourit finalement faiblement.
« Merci Harry. » Il enleva ses gants et les rangea, hissant son sac sur l'épaule et se préparant à rentrer au château. Harry le regarda partir. D'une certaine manière Justin avait l'air très seul. Il se demanda s'il devrait demander à Remus Lupin de lui parler, pour lui changer les idées, mais il changea d'avis. Justin serait probablement en colère après lui s'il faisait cela.
Il se tourna et rejoint les autres Griffondors qui descendaient maintenant vers la cabane de Hagrid pour les soins aux créatures magiques. Harry vit Neville avancer seul, et il le rattrapa, espérant qu'il pourrait répondre à une question qui lui brûlait les lèvres.
« Ho, Neville ! Pourquoi tu pense que Chourave nous a fait rempoter tellement de sortes de mandragores ? Je veux dire, il y avait des bébés, des plus grandes… »
Il s'arrêta et sourit de cet étrange nouveau sourire que Harry n'avait jamais vu sur son visage avant. Hermione et Ron, qui avaient entendu la question de Harry, étaient juste quelques pas derrière lui. Il faillirent pratiquement leur rentrer dedans. Neville les regarda tous les trois, les regardant très… très peu 'Nevillien'.
« Vous pouvez garder un secret tous les trois ? »
Ils se regardèrent tous les trois en ouvrant de grands yeux avant d'acquiescer.
« Je suis resté avec le professeur Chourave cet été. Elle a juste un petit cottage, mais une énorme serre. Dumbledore lui a fait commencer les mandragores début juillet. Le problème était qu'elle n'aurait que deux mois au début de ce trimestre si on utilisait les méthodes de culture habituelles. Alors il s'est procuré quelque chose au ministère que Chourave a pu utiliser pour accélérer la croissance, et il lui a demandé s'il y avait quelqu'un à qui elle pensait pour l'aider. Elle a pensé à moi. » dit-il fièrement.
Hermione fronça les sourcils. « Il n'y a aucun moyen d'accélérer la croissance des mandragores à ce que je sais. Qu'est-ce que le directeur a obtenu du ministère ? »
Il avait maintenant l'air de se délecter comme un chat sur une assiette de crème. « Est-ce que vous avez déjà entendu parler des… Retourneurs de temps ? »
Ils échangèrent tous trois des regards nerveux avant de regarder à nouveau Neville.
« Non Neville. » dit innocemment Hermione, tandis que Harry essayait de ne pas rire et que Ron se mordait les lèvres et lui donna un coup de coude dans les côtes. « Qu'est-ce que c'est ? »
Neville le leur dit, ainsi que le fait qu'ils l'avaient utilisé pour vieillir prématurément les plante en voyageant dans le temps avec elle. Le problème était que lui et le professeur Chourave devaient voyager dans le temps avec les plantes, alors ils avaient aussi vieilli un peu.
« Techniquement, j'aurais dû fêter mon dix-huitième anniversaire vers la mi-août. » leur chuchota-t-il comme ils arrivaient chez Hagrid. « Et mon dix-neuvième anniversaire devrait être vers la fin du troisième trimestre. Je suis quand même content de ne plus le faire. Même si nous collions à un agenda pour pouvoir prendre de vrais repas et dormir six heures toutes les dix huit-heures où nous étions réveillés, je suis assez fatigué d'avoir vécu six journée pendant que le restant du monde n'en vivait qu'une. Mes vacances d'été ont littéralement duré un an pour moi. J'ai l'impression que ça fait des siècles que je n'ai pas été à l'école. J'espère simplement que je n'ai pas tout oublié. A part en herbologie. »
« Aucun risque pour cela. » dit joyeusement Hermione, voyant à quel point une année de maturité en plus lui allait bien. Avoir un objectif clair et un devoir semblait lui convenir aussi, selon Harry. Il comprenait maintenant le Neville qu'il avait remarqué dans le dortoir, en train de lire. Il avait eu l'air d'avoir grandi parce que c'était le cas. Il avait presque un an de plus que Harry, techniquement. C'était étrange de penser cela, comme c'était Neville qui perdait constamment son crapaud et faisait fondre ses chaudrons. Neville grandissant. Bien, pensa Harry, se souvenant de quand il avait rétabli le cours du temps. Des choses plus étranges se sont produites. Des choses plus étranges se sont certainement produites.
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Ginny réussit à éviter de patrouiller avec lui à nouveau la nuit de dimanche, et Harry prit des quarts supplémentaires pendant le week-end de façon à pouvoir passer les nuits de lundi, mardi et mercredi avec Ron dans sa forme d'Animagus. Hermione échangea aussi quelques quarts. Harry essaya de la distraire pendant la journée de dimanche, comme Ron se tenait à l'écart et que Harry n'avait pas le sentiment que c'était son rôle de dire à Hermione pourquoi. Après leur dernier cours du lundi, Ron but sa dernière dose de potion Tue-loup, les trois mangèrent dans les cuisines de l'école, et puis ils descendirent ensemble jusqu'au saule cogneur, accompagnés pas Sirius.
Harry sortit sa baguette, touchant le nœud qu'il savait arrêter la danse frénétique des branches. Sirius leur fit un signe de la tête à tous les trois, et ils s'enfoncèrent dans le tunnel. Ils émergèrent dans la cabane hurlante reconstruite, s'asseyant ensemble sur le sol pour attendre que le soleil se couche.
Ron était assis seul, la gravité inscrite sur ses traits. Hermione et Harry étaient du même côté, attendant. Finalement, Harry n'en put plus.
« Oh, allez Hermione. Montre-moi ta forme d'animagus. Ne me fais pas attendre jusqu'à ce que la lune se lève… »
Elle sourit et jeta un coup d'œil à Ron. « Je devrais, tu penses ? »
Ron haussa les épaules. « Pourquoi pas ? De cette façon, tu pourras lui expliquer ce soir, au lieu de le faire attendre jusqu'à demain matin. »
« Oh, mais cela allait être tellement amusant de le faire attendre… »
« Hermione ! » supplia Harry. Elle rit.
« D'accord. Bon, Harry, garde ton esprit ouvert… » Elle se leva. Il acquiesça et attendit. Elle prit une grande inspiration et puis…
Ses pattes touchèrent le sol. Son nez s'était allongé en un museau et elle avait une queue légèrement touffue. Son manteau était un mélange de gris et de noir, et ses yeux brillaient d'intelligence, ses oreilles dressées. Harry éclata de rire.
« Je ne le crois pas ! » Puis il s'arrêta. « Attends une minute. » dit-il se souvenant de quelque chose. « Tu as commencé ta formation d'animagus au début de la sixième année… »
Elle reprit sa forme humaine et s'assit à côté de lui, respirant avec difficulté. « Je sais. C'est pour cela qu'une fois que le professeur MacGonagall et moi avons su quelle forme j'allais prendre, je n'avais pas envie de vous la dire. J'avais peur que vous pensiez que j'allais être un loup à cause de Remus… Qui était encore le professeur Lupin à ce moment là. Je pensais que vous m'accuseriez tous les deux d'être encore amoureuse d'un prof. » Harry était surpris. Elle n'aimait habituellement pas admettre son attirance pour Lockhart.
Harry était étonné. « Alors pourquoi … ? »
« J'ai fait toutes sortes de recherches pour trouver à quel animal je m'identifiais. J'aime les chats, bien sûr, mais après en avoir été un temporairement en deuxième année… » elle frissonna, « Je ne voulais pas répéter cela d'une manière ou d'une autre. Et puis, dans mes recherches, je suis tombée sur tous ces articles dans Chaman Mag', sur les chamans nord américain et les loups. Le Clan du Loup est très révéré, Harry, et c'est en partie parce que le loup est considéré comme un professeur. Quand j'ai lu cela, quelque chose s'est déclenché en moi. Je sais que tu as dit que j'étais violoncelliste dans ton autre vie, et quand j'étais petite, je pensais être docteur… Mais ces dernières années, de plus en plus, j'en suis venue à penser que ce que j'aimerais vraiment faire, au fond, c'est professeur. »
Harry lui tapota la main. « Bien, tu étais très bonne pour m'enseigner les sorts d'attraction pour le Tournoi. » dit-il en souriant.
Elle acquiesça. « Quelque chose dans l'enseignement me fait juste me sentir… Complète. J'en ai un peu parlé à Maggie, comme ses parents… Je veux dire ses parents adoptifs… étaient enseignants, et qu'elle est professeur. Elle dit qu'enseigner est une vocation, et non un travail. Je sais exactement comment elle se sent ! Si je suivais une formation à Ste Mangouste pour être docteur, ce ne serait jamais rien de plus qu'un travail pour moi. Mais enseigner… Regarde simplement quelques uns de nos professeurs les plus diplômés ici, à Poudlard ! Tu penses qu'ils le font pour l'argent ? Plus j'en lisais sur les attributs du loup, plus je me disais que c'était avec cet animal que je pouvais me lier, que je pouvais apprendre à devenir. J'ai eu l'impression que c'était le loup qui me choisissait, et non pas le contraire… »
Harry acquiesça. « C'est comme pour moi avec le griffon. »
« Exact ! Mais ensuite… Bien, quand Remus a mordu Ron… » Elle regarda Ron avec tristesse, « … Je ne me souciais plus que vous pensiez que je sois attirée par Remus. A la place, j'avais l'impression…. L'impression d'être la cause du fait que Ron est devenu un loup-garou. Ce qui est stupide et superstitieux, et que j'aurais dû savoir. Je me suis dit tout cela je ne sais pas combien de fois, alors vous n'avez pas besoin de le répéter. Mais je me sentais encore incroyablement coupable. Remus m'a finalement aidé et dissuadé d'aller voir MacGonagall pour essayer de choisir un autre animal. Je sais que je n'étais pas sensée parler de cela à d'autres pendant ma formation, mais il était alors professeur, et je ne pouvais penser à personne d'autre qui comprenne mieux ce que je vivais. Il a dit que ton père, » dit-elle à Harry, « et Sirius, et même Pettigrew avaient fait de même pour choisir leurs animaux. Ils ont commencé en se disant que ce serait leur décision, pour finalement se faire choisir par leurs animaux. Il m'a demandé pourquoi j'avais choisi le loup, et je lui ai dit. Il m'a demandé si ces choses étaient toujours vraies après qu'il ait mordu Ron, sur le loup professeur et tout. Je lui ai dit que oui. Finalement, il m'a convaincu que ce n'était pas ma faute s'il avait mordu Ron, et que je devrais continuer et m'en tenir à ma forme de loup, spécialement comme j'avais presque fini ma formation. Alors je l'ai fait, et à mon soulagement, quand je l'ai montré à Ron pour la première fois, il n'a pas eu d'attaque. »
Harry lui sourit, mais il remarqua ensuite que Ron avait l'air un peu hagard sur les bords. Il lui fit un signe de la tête et prit sa forme de griffon. Hermione devint une louve grise une fois de plus un instant plus tard, Harry se tendit, comme Ron poussait un hurlement d'agonie lors de sa transformation. Quand elle fut finalement finie, il s'effondra au sol, posant son museau sur ses pattes de devant, l'air très fatigué et presque canin, et pas du tout dangereux, grâce à la potion de Tue-loup. Harry et Hermione le flanquèrent et fermèrent aussi leurs yeux. Harry sentit son moteur interne ronronner en lui, et il entendit le reniflement paisible des loups à côté de lui. C'était comme cela devait l'être, pensa-t-il. Les deux étaient avec Ron, lui épargnant de passer la nuit tout seul dans une cabane de bois avec le vent qui sifflait entre les planches. Ils avaient été amis depuis qu'ils avaient assommé un troll des montagnes ensemble, et ils n'allaient pas arrêter d'être amis maintenant simplement parce que l'un d'eux était un loup-garou.
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