Épilogue

Le balai négligemment jeté sur l'épaule, il se dirigea vers les vestiaires, harassé par l'entraînement suivi, qui avait traîné en longueur dans le froid mordant. Ses cheveux noirs, naturellement négligés, étaient plus ébouriffés qu'à l'habituelle après le mauvais traitement infligé par le vent. Pourtant, malgré la fatigue et la négligence qui s'étaient emparés de lui, ses yeux verts scintillaient toujours d'amusement derrière ses lunettes rondes.

- Alors, Potter, pas trop dur l'entraînement aujourd'hui ?

La voix, moqueuse, avait surgi de derrière un buisson. Il ne se tourna même pas vers celle-ci.

- Tu veux que je te dise, Moore ? T'es comme ton père. Toujours à fouiner chez les Potter pour chercher la petite bête.

L'adolescent se tourna vers son homologue de Serdaigle, qui avait surgi de derrière le poteau qui la dissimulait jusqu'à présent des regards. Un large sourire barrait son visage tandis qu'elle s'emparait du bras du garçon et l'accompagnait jusque dans les vestiaires, où l'attendaient ses coéquipiers. Personne ne s'étonna de l'apparition de Laura Moore auprès de leur capitaine. C'était plutôt de son absence dont il fallait s'inquiéter.

- Imagine ce que ça aurait été s'il avait été mon père biologique ! plaisanta l'adolescente en roulant des yeux.

Celui qu'elle considérait comme son cousin hocha la tête d'un air entendu. Celle qu'il considérait comme sa cousine regarda les six autres joueurs d'un regard qui ne souffrait pas qu'on la fasse attendre. Ils avaient intérêt de déguerpir, tous, et rapidement.

- Tu sais ce que j'ai entendu dire, Harry ? se moqua-t-elle lorsque la pièce se vida.

- Je parie que tu vas bientôt me le dire.

- Il paraîtrait que tu as des vues sur la petite sœur de ton meilleur ami.

- Oh, vraiment ? Et qui dit ça, exactement ?

Elle sourit, amusée.

- Je pense qu'il n'y a que Ron pour ne pas s'en être encore rendu compte. Et je pense qu'il n'y a que toi pour être assez stupide pour attendre encore, rajouta-t-elle inutilement.

Harry haussa les épaules.

- Pas le bon moment.

À peine terminait-il sa phrase qu'il recevait une vieille serviette abandonnée dans la figure.

- Pas le bon moment ? le singea-t-elle. Tu sais que tes parents ont failli ne rien vivre à cause du « bon » moment ? D'ailleurs, vu le résultat, je me dis qu'il aurait peut-être mieux valu qu'il n'y ait rien, effectivement, renifla-t-elle en désignant Harry.

Il éclata de rire, connaissant Laura depuis toujours, et sachant qu'elle adorait le provoquer, jusqu'à ce qu'il réponde et se ridiculise. Lorsqu'Ambre et Dan s'étaient décidés à adopter, ils étaient tombés sur Laura. Ambre avait détesté son comportement, mais elle l'avait dit clairement, et nettement. Ce serait Laura, et pas une autre. Ça avait été Laura. Elle avait cinq ans, Harry un an de moins. Il l'avait vue, lui avait demandé si elle voulait voler sur son balai. Elle n'avait pas décroché un mot jusqu'à sept heures du soir. Ensuite, elle avait eu confiance en Harry, et s'était mis à lui parler. Depuis, c'est tout juste si elle lui laissait le temps de répondre à ses questions.

- Et puis, le bon moment, mon gars, c'est celui durant lequel tu choisis d'agir.

Harry haussa un sourcil.

- Tu n'aurais pas un peu trop suivi ton père lorsqu'il allait entraîner les Tornades ?

Elle lui tira la langue, puérilement.

- Tu veux qu'on parle des mauvais moments ? Un peu plus, et Tonks et Remus ne se remettaient pas ensemble, lui rappela-t-elle douloureusement.

Remus Lupin, un jour, avait disparu sans prévenir personne, comme ne pouvant supporter la présence des autres autour de lui. Que Tonks accepte de le laisser vivre à nouveau avec elle tenait du miracle.

- Peter et Tatiana, n'en parlons même pas, renifla Laura.

Peter avait émis l'idée de fonder une famille, lorsque Remus était parti sans laisser de trace. Tatiana avait eu le sentiment de n'être qu'une bouée de sauvetage à laquelle il se raccrochait à chaque fois qu'il perdait ses repères. Son voyage à l'étranger, Remus qui disparaissait… Non, Peter n'était pas stable émotionnellement, et trop émotif.

- Et puis, alors, Julia et Sirius… Ces deux-là, hein ! Ça va que Julia est ma marraine…, souffla-t-elle.

Ah, ces deux-là… Alors que les événements se bousculaient au sein de la communauté sorcière, alors que l'on ne savait pas de quoi le lendemain serait fait, Sirius était parti en mission, était revenu blessé, avait disparu dans la nuit, et était revenu marié. À Julia. Avec qui il n'entretenait plus de relation depuis trois mois, à l'époque. Et aux dernières nouvelles, ils ne vivaient toujours pas ensemble. Deux adolescents qu'il fallait toujours surveiller.

- Liam et Pearl ne sont pas mal, ceci dit, fit remarquer Harry.

Laura leva mollement la main, comme désespérée devant un tel manque de maturité.

- Redore un peu le blason ! Tu as vu dans quelle décrépitude les adultes autour de nous ont jeté nos relations amoureuses ?

- Tu exagères, rétorqua Harry.

Laura haussa les épaules.

- Si tu le dis. Mais entre nous, il n'y a que tes grands-parents qui ont eu une relation normale.

Les traits d'Harry se tendirent imperceptiblement. La douleur était toujours présente, bien que le décès de ses grands-parents remonte à des années en arrière.

- Enfin, soupira Laura. Je suppose que tu es bien trop têtu pour…

La porte du vestiaire s'ouvrit.

- Eh, Harry, Ron et Hermione veulent savoir si tu les rejoins toujours à la bibliothèque…

La fille qui venait d'entrer adressa un vague signe de tête à Laura, qui lui répondit de la même manière. Laura n'avait jamais aimé se frotter aux Weasley. Ils étaient bien trop nombreux pour que l'on reste assez sain d'esprit à force de les côtoyer.

- Dis-leur que oui, Ginny.

Sans demander son reste, et détestant jouer le rôle du hibou, elle sortit sans demander son reste. Laura fixa la porte qui se refermait, songeuse.

- Tu veux que je te dise, Harry ?

- Même si je ne le voulais pas, tu me le dirais tout de même, soupira-t-il.

- Exact ! reconnut-elle avec un sourire étincelant. Je vais te dire que peu importe que ça se chamaille un peu partout, dans la communauté sorcière. Franchement, les sorciers ont le sang chaud, ils ont besoin de faire jouer leurs muscles, tout ça. Mais nous, on s'en fout, finalement. Ce qu'on veut, c'est profiter de notre adolescence. Et toi, tu vas pouvoir en profiter en allant retrouver Ginny Weasley dans…

- STOP ! Tais-toi avant de dire n'importe quoi, grogna Harry.

Laura haussa les épaules.

- Comme tu veux. Bon, tu ne diras pas bonjour à Ron et Hermione de ma part, ils ne m'aiment pas.

- C'est faux.

- C'est faux, reconnut-elle, c'est moi qui ne les aime pas. Ils m'empêchent de passer tout mon temps avec toi.

- C'est pas plutôt Lee Jordan qui t'empêche ça ? rétorqua Harry.

Il eut le plaisir de voir les joues de Laura prendre une légère teinte rosée.

- Si tu répètes quoi que ce soit à mon père…

- Et si tu répètes quoi que ce soit à ma mère…

Ils se défièrent quelques secondes du regard avant de se sourire.

- Marché conclu !

Et Laura de rajouter :

- On n'en parlera qu'à Andy…

Ils éclatèrent de rire, sachant qu'Andy adorerait connaître ces petits détails, garder le secret et faire enrager leurs parents en disant que leurs enfants lui avaient confié un secret. Voire plusieurs. Andy et Dominique, deux nourrices et confidents pour les deux cousins.

Puis, ils se mirent en marche, prêt à sortir du vestiaire, oubliant pour un moment les querelles que leur rapportait Sirius dès qu'il était chez les Potter, où les Moore avaient droit à leur place à table depuis que Laura avait décrété qu'Harry était son cousin et qu'elle devait le voir tout le temps. Ou presque.

- Y a un truc qui me chiffonne, quand même, avoua Laura avant qu'ils ne se séparent.

- Qu'est-ce que c'est, cette fois ? soupira Harry.

- C'est un truc, chez les Potter, d'être attiré par les rousses ?

- C'est un truc, chez les Moore, de vous mêler des affaires des Potter ?

L'un comme l'autre, ils savaient que la réponse était oui. Parce que si les Potter n'étaient pas attirés par les rousses, jamais James n'aurait pu tomber irrévocablement amoureux de Lily. Et si les Moore n'avaient pas tenté de se mêler des affaires des Potter, et de celles de Lily lorsqu'elle était encore une Evans, jamais cette dernière n'aurait vraiment pu comprendre à quel point son amour pour James dépassait tout ce qu'elle avait pu imaginer. Du moins, c'est ce que tous croyaient.

Parce que finalement, la réponse à l'amour de Lily et James était plus simple que ce qu'on pouvait croire.

Ils étaient tout simplement faits pour être ensemble. Et essayer de comprendre serait dénaturer ce qu'ils étaient.


Il y a eu quatre épilogues pour cette histoire, je ne plaisante pas. Un qui fut terminé mercredi dernier. Trois qui furent écrits hier soir. Je me refusais, initialement, à faire un épilogue comme celui-ci, avec Harry adolescent, les parents en vie, etc. Trop éloigné de Rowling. Et puis, je me suis dit… Zut. S'il y a la guerre, OK, il y aura des changements via ce qu'a déjà dit Rowling, mais les pertes que devraient connaître Harry seraient aussi grandes, et l'aideraient dans le même sens à se battre. Du moins, j'estime que c'est comme ça. Et puis, James et Lily ont eu leur histoire. Il était temps pour Harry de vivre la sienne, de laisser aux jeunes la place, et c'est ainsi que l'épilogue le plus éloigné du couple phare de cette histoire naquit. Mais je ne vais pas m'étendre sur cet épilogue qui fut une véritable prise de tête, et je vais plutôt vous dire…

Je ne sais pas. J'hésite sincèrement à dévaliser le rayon mouchoirs d'un magasin, là. C'est vrai, A&M, ça aura été… huit mois ? oui, je crois que c'est ça. Huit mois de publication, plus de 500 reviews (j'aurais jamais cru que cet UA pourrait attirer autant de monde !), plus de 100 followers, des RàR à des heures indécentes, une DelfineNotPadfoot qui a su m'empêcher de me taper la tête contre les murs grâce à ses corrections, des réactions que j'ai adoré lire, des doutes avant la publication (Non, Marie, tu peux pas faire ça quand même… Marie, enfin !), des envies d'écrire à n'importe quelle heure. C'était fou, quoi. Parce que je l'avais écrite pour m'éclater, moi, cette FF, parce que j'avais l'idée en tête… que James et Lily allaient bien avec cette idée… que j'avais aucune envie de publier un UA… Et puis, voilà. Huit mois plus tard, limite je pleure. Et pourtant, Merlin seul sait que je suis une insensible.

J'vais m'arrêter là. Sincèrement. Je vais simplement remercier les revieweurs occasionnels et les permanents, et voici quelques derniers petits mots pour les anonymes.

Myriam, ah, ah, oui, c'est du pur Maraudeur, ça ! Non, non, personne ne pleure, nous sommes forts ! C'est juré. On va s'en remettre, ah ah !

MarlyMcKinnon, non, pas la naissance, désolée ! Mais le petit Harry devenu grand, plutôt, qui nous donne une petite vision de chacun de nos protagonistes, et de ce qu'ils sont devenus. Contente de lire une telle réaction, sois-en certaine !

Plumdore, aah, c'est Pétunia, il faut bien qu'elle agisse un peu bizarrement ! Mais si, mais si, ça s'arrange, et puis, eux, ils ne connaissent pas les contes de fées…

Milinette, oui, oui, déjà ! Non, pas de suite, désolée. Je n'en vois pas l'utilité, et je ne vois pas bien quel genre de suite je pourrais faire, à vrai dire. J'espère aussi !

Bien. À présent, l'heure est venue de vous souhaiter à tous une bonne continuation. Peut-être qu'on se recroisera… Sinon, je vous souhaite des heures de bonheur et de lecture sur FF !

Quant à moi, je retourne à mes projets, et à mon pot de glace post « A&M »