Suite à l'affaire de plagiat, je voulais préciser comme je l'ai fait sur la page de mon profil que je poste uniquement sur ce site et sous ce pseudo, donc tout copié/collé de cette fic ou d'un des os qui se retrouvera ailleurs, que ce soit sur un site ou sur un skyblog sera considéré comme du plagiat. Voilà, j'espère être claire.

Par ailleurs, je voulais également dire à celles qui m'ont soutenue que vos petits mots m'ont vraiment encouragé à ne pas me laisser abattre et à continuer à écrire, même si je n'avais pas l'intention d'abandonner. Disons que ça m'a conforté dans cette voie.

Bref, donc je suis revenue de vacances alors voilà le nouveau chapitre, avec un pauvre Draco malmené ... ;P ( chacun son tour, même s'il est vrai qu'il n'est jamais vraiment épargné héhé )

Je vous souhaite une bonne lecture, et à nouveau de belles vacances si vous y êtes !

June.


À l'extérieur, les deux molosses s'impatientaient, foulant rapidement le sol de leur pas lourd et précis. Chacun avait la taille d'un petit dragon. Ils étaient tous deux très sombres, presque noirs. Seuls leurs yeux jaunes et fiévreux brillaient dans la pénombre. Boules de feu. Leur échine semblait dure, et ils étaient élancés sur des pattes plutôt longues. Ils étaient imposants, à des lieues de Crockdur. Hagrid les avait dénichés pour l'occasion : de petites merveilles selon lui, des bêtes très affectueuses. Il avait tout de suite décidé de les affecter comme gardiens, mais il semblait être le seul capable de caresser les chiens et de jouer avec eux. Draco les épiait d'un air peu convaincu, en dehors de la protection magique. Il se demandait comment faire pour entrer directement dans la gueule du loup sans se faire dévorer d'emblée. Le jeune homme sursauta lorsque la porte s'entrouvrit et qu'un chat en sortit, la démarche surprenante, les yeux fixant fiévreusement son environnement. La première réaction des chiens fut de se jeter sur l'animal en aboyant. Néanmoins, il s'arrêtèrent net à quelques centimètres du félin, qui s'était contenté de les observer.

Draco se demanda l'espace d'un bref instant s'il avait vu un chat. Il se rendit ensuite compte qu'il s'agissait simplement de McGonagall. Intérieurement, il se traita d'idiot. Il remercia également les cours de métamorphose, puis se tapit complètement à plat-ventre, de sorte qu'il ne put plus entrevoir que quelques masses indistinctes et mouvantes à travers les herbes. Mc Gonagall, quant à elle, se servait de ses sens temporairement exacerbés pour guetter l'éventuel individu suspect qu'elle avait cru repérer. Ginny s'était postée près de la porte, inquiète, presque maternelle malgré son jeune âge. Elle aurait voulu tisser un cocon et y mettre tout le monde à l'abri. La mort d' Harry la laissait démunie, et elle aurait aimé qu' il sache ce qu'elle ressentait de son vivant.

McGonagall continua de rôder, jusqu'à coller son nez de chat contre la paroi magique la séparant de l'ennemi potentiel. Ses yeux lui permirent de repérer un infime bruissement d'herbes. Elle émit quelques faibles miaulements, et les chiens rappliquèrent derrière elle, lui obéissant de façon désarmante. À défaut de voir clairement, Draco put percevoir les sons qui lui parurent plutôt menaçants. Il était comme paralysé, incapable de partir parce qu'il savait que ce qu'il retrouverait éventuellement de l'autre côté serait peu réjouissant.

En un clin d'oeil, et sans qu'il n'aie pu réagir d'une quelconque façon, Draco fut retourné sur le dos par une force invisible. Quatre piquets apparurent, et les cordes épaisses qui y étaient solidement arrimées s'enroulèrent autour des chevilles de la victime. Le chat se trouva tout naturellement à ses côtés, observant attentivement le visage de Draco. Un moment de flottement étrange suivit, où McGonagall se lissa les moustaches d'une patte, tout en fixant sur le jeune homme des billes indéchiffrables. Draco, quant à lui, rassemblait ses forces mentales pour poser sur le professeur un regard des plus dédaigneux, ultime recours lors des dangers importants. Sa baguette gisait à présent à terre, et McGonagall reprit sa forme humaine et s'empressa de la reprendre. Celle-ci fut glissée sans ménagement dans une poche apparente dans la robe, qui se résorba aussitôt. À présent, le visage du professeur était plus lisible. La surprise, la désapprobation, la désolation et la colère s'y greffèrent rapidement. Elle porta vivement ses mains au-dessus de sa tête, presque désespérée. C'était la première fois que Draco la voyait dans cet état, et il fallait admettre que c'était très déstabilisant.

Au loin, Mc Gonagall vit que Ginny était rentrée, qu'elle ne guettait plus. Elle poussa un soupir de soulagement : il ne fallait pas que tous se précipitent sur Draco, ou il pourrait se faire tuer très rapidement. La femme se racla inutilement la gorge, et commença, d'un ton professoral qui surprit Draco.

- Monsieur Malefoy, savez-vous qu'il est déconseillé et comment dire, très risqué de s'aventurer sur des terrains si glissants ?

Draco aurait juré entendre le professeur qui lui courait après lorsqu'il n'était encore qu'en première année, le sommant de rentrer à son dortoir au lieu de mettre des rats dans les chaussons des autres élèves. McGonagall s'agenouilla, voyant que le jeune homme restait passif, gardant son éternel dédain aristocratique. Draco s'agita pour la forme, puisque, après tout, les dés étaient déjà jetés. Minerva releva les manches du jeune homme, presque à reculons et se mit à inspecter ses bras. Elle ne put s'empêcher de laisser échapper un hoquet horrifié.

- Alors c'est fait, vous voilà mangemort et votre père, si fier de sa déchéance vous envoie nous espionner ? Vous n'êtes encore qu'un enfant …

La dernière phrase avait été prononcée avec un dépit presque maternel. Minerva, malgré sa dureté apparente, déplorait ce genre de manipulations. Malefoy quitta le dédain pour endosser le masque de la neutralité empreinte de froideur. Il continuait à s'agiter de façon presque ridicule. À vrai dire, il ressemblait actuellement à un ver qui se tortille, ce qui contrastait avec sa personne toute entière.

- Monsieur Malefoy, dès que vous passerez la porte, vous recevrez des démonstrations de dégoût, d'hostilité, et pire encore. J'espère que vous le savez. Il faut que vous sachiez que le jeune Ron Weasley n'hésiterait pas à vous tuer.

Draco planta ses yeux dans ceux de la femme. Il aurait voulu lui dire qu'il avait été prisonnier durant toutes ces années, que le fonctionnement des mangemorts l'avait broyé tout entier.

- Qu'il essaie. Qu'il essaie de me tuer.

- Oh mais faites le malin, il n'y a pas que lui. Je crois même que la plupart des personnes présentes n'hésiterait pas une seule seconde si l'occasion leur était donnée.

- Je croyais que vous étiez pacifiques.

Les deux protagonistes étaient forts à ce jeu. Ils parlaient calmement, tout en laissant insidieusement passer de profondes émotions derrière les mots. Le choc était toujours rude, mais ils n'en laissaient rien paraître.

- Nous n'allons en aucun cas rester les bras ballants lors d'une attaque. L'attaque amène la riposte de l'autre côté. Nous n'avons pas le choix, voilà tout. Il est regrettable que votre père aie décidé que vous preniez la relève. Je suis certaine que, malgré vos innombrables défauts, vous auriez pu finir autrement.

Feignant toujours le calme olympien, Draco manifestait pourtant en son for intérieur des signes d'impatience. En effet, il détestait discuter tout en n'étant pas debout, face à son interlocuteur, une baguette prête à être dégainée. Deux baguettes contre un sorcier qui n'avait plus la sienne, voilà qui était loin d'être équitable.

- Finir autrement, vous dites ? Je n'ai pas encore fini, il me reste encore tout à construire.

- Tout dépend vers quel mouvement vous déciderez de construire. Vous n'êtes encore qu'un jeune homme qui, aussi rusé soit-il, se laisse toutefois prendre bien facilement dans des filets. C'est comme si vous vous étiez livré à nous.

Le ver se tortilla de plus belle en s'égosillant :

- Je ne me suis pas livré à vous !

McGonagall esquissa un demi-sourire amer, et Draco se sentit ridicule. Il fallait admettre que la femme avait raison. Il s'était lancé presque volontairement dans cette démarche. Il aurait très bien pu s'enfuir, vivre l'errance toute sa vie, rejeté des deux côtés. Au lieu de ça, il avait préféré écouter son père et courir droit à l'anéantissement. Le voilà à présent au même point qu' Hermione face à Bellatrix, sauf que, cette fois, l'instigatrice de cette capture était bien moins effrayante.

La femme considéra avec sévérité les liens qui emprisonnaient sa proie. Elle jeta à nouveau quelques regards anxieux vers la porte, craignant une éventuelle arrivée intempestive. Une brève lueur d'amusement passa dans ses yeux lorsqu'elle sortit de sa poche la plume gigotante. Effectivement, la torture était d'un autre genre … McGonagall insonorisa le périmètre. La plume gigotante se mit à chatouiller Draco sous les aisselles, puis poursuivit son ascension. Celui-ci demeura tout d'abord stoïque, contractant les muscles de son corps en vue de résister. Toutefois, cela ne dura pas longtemps. Au bout d'une dizaine de minutes, les picotements et tressaillements affluaient et ne cessaient de s'intensifier. Les commissures des lèvres se relevaient irrésistiblement, et le premier éclat de rire commença à se former dans la bouche de Draco. Le fait de ne pas pouvoir se mouvoir et s'échapper était d'autant plus terrible. Satisfaite, la voix de McGonagall se superposa aux rires inhabituels du jeune homme. Elle lui posa de nombreuses questions, auxquelles il refusa tout d'abord de répondre. D'un geste de la main, le professeur intensifia le rythme de la plume. À présent, Draco pleurait de rire, hoquetait, et, malgré cela, voulait à tout prix que les choses se calment et s'arrêtent. Il finit par avouer certaines vérités minimes, par bribes de mots.

- Arrêtez ! Arrêtez, ahahahah, je vous en prie !

McGonagall regarda très sérieusement Draco.

- Donc, vous préférez la manière forte, celle que Bellatrix Lestrange utilise si souvent ?

Affolé, Draco roula des yeux. Il perdait dangereusement de sa superbe, à chaque seconde.

- Non … Ahahahah !

Sans crier gare, McGonagall reprit la plume et la rangea. Les muscles du jeune homme se relâchèrent.

- Voilà. Je crains que nous ne puissions rester dehors jusqu'à des heures impossibles. Je crois que nous allons devoir rentrer …

Le verbe « rentrer » avait toujours revêtu une consonance menaçante pour Draco. Renter au manoir, rentrer dans les rangs, rentrer …

La porte s'ouvrit brusquement et, s'il avait pu se mouvoir, Draco aurait eu le réflexe de se cacher le visage avec les mains. Minerva pencha légèrement la tête de côté, lèvres pincées. Elle considéra la silhouette de Dumbledore avec un soulagement certain. L'homme arriva presque majestueusement, d'un pas lent et précis. Son visage, qui se faisait plus net au fur et à mesure, était impénétrable. Il ne s'agissait pas d'une neutralité contrôlée : a contrario de Draco, le directeur avait été en mesure d'acquérir une sagesse qui l'englobait, même dans les moments difficiles. Dumbledore faisait face aux crises en réfléchissant, ou en s'isolant. L'homme au nez aquilin s'arrêta devant Minerva, sans même accorder un seul regard au jeune prisonnier. Il l'entraîna doucement par le bras, un peu à l'écart.

- J'ai réussi à faire diversion en demandant à Hagrid d'apprendre à tout le monde le tarot moldu. Tout le monde est captivé et ouvre des yeux ébahis …

Interloquée, Minerva lança un coup d'oeil au directeur.

- Ainsi, vous saviez pour l'intrus ? Vous saviez, avant même que je ne mette ma patte de chat dehors, qu'il s'agissait de Draco ?

Les yeux de Dumbledore pétillèrent. Il ressemblait à un enfant fier d'avoir mis en place une farce qui fonctionnait.

- Bien entendu, Minerva. Je voulais que le jeune Draco se trahisse lui-même. Je n'avais surtout pas l'intention d'aller voir, ou tout le monde m'aurait suivi d'emblée.

McGonagall sourit. Elle avait le don de se laisser berner à chaque fois par Albus. Néanmoins, elle pensait à la victime.

- Qu'allons nous faire de lui ? J'ai utilisé la plume gigotante pour le faire parler. Il n'a donné que quelques informations, non primordiales.

Albus se frotta pensivement la joue, comme s'il voulait se rassurer.

- Je crains fort, Minerva, qu'il ne nous faille mener Draco à la fosse aux lions.

Sur ces mots, il retourna vers le jeune homme, et esquissa un geste en direction de Minerva, signifiant qu'il désirait rester seul avec Draco. La voix du vieil homme s'éleva, plus forte qu'à l'accoutumée, et le serpentard ne put s'empêcher de tressaillir.

- Monsieur Malefoy, voyez-vous toutes les précautions que nous prenons pour que vous ne vous fassiez pas tuer ? Nous aurions très bien pu employer la manière forte. Vous souvenez-vous, lorsque j'ai pris votre défense par rapport à votre père, dans la salle commune ?

Draco s'en souvenait très bien. Il se contenta de cligner des yeux face au vieil homme accroupi devant lui, dont la barbe menaçait de traîner au sol. Dumbledore poursuivit.

- Ce jour là, j'ai dit à tout le monde que vous n'étiez pas un mangemort. Est-ce toujours le cas ? Je pensais que vous étiez ne serait-ce qu'un peu à nos côtés, par rapport à Severus. Je le pensais, par rapport aux quelques actions alliées que vous aviez effectuées. Maintenant, je vois que vous n'hésitez pas à vous cacher dans les hautes herbes pour nous espionner … Dites-moi, Draco, que vous n'êtes pas un mangemort. Dites-le moi. Cela me permettrait de me dire qu'il reste encore quelque chose de bon à sauver en vous.

Draco cligna une nouvelle fois des yeux, et vit, pour la deuxième fois, une main relever sa manche. Le regard orné de ridules contempla avec attention la marque, suivant les lignes et les contours de ce corps étranger greffé sur une chair qui n'avait plus la possibilité d'être innocente. Dumbledore secoua lentement sa tête de droite à gauche, comme s'il cherchait à chasser quelque petite créature volante nuisible. Il fit précautionneusement glisser la manche sur le bras.

- Et lorsque je vous ai demandé de veiller sur Hermione, pour la protéger de Bellatrix ? Il me semble qu'à présent, Hermione en a assez vu. Vous vous étiez acquitté de cette tâche, mais à partir du moment où le majordome a été vous rechercher à Poudlard, vous avez suivi aveuglément les ordres de votre père. Ron avait dit vrai, vous avez la marque. Vous auriez pu vous enfuir, protester, vous battre à nos côtés ou tout simplement être un espion infiltré, comme Severus. Non, vous avez préféré vous laisser le choix. Il n'y a pas de choix, Draco. Personne n'est tout à fait bon, ou totalement mauvais. Seulement, parfois, se laisser porter au gré de ce que les événements et les gens attendent de vous n'est pas nécessairement une bonne chose …

Dumbledore lissa sa barbe de la main, et observa le bout gris argenté qui traînait à terre. Il fixa ensuite à nouveau son attention sur Draco, qui, au fur et à mesure de la conversation, avait laissé dériver son regard jusqu'à ce que celui-ci se concentre actuellement sur ses pieds. Le jeune homme se maudissait, mais, en entendant ces brusques vérités, les paroles bourdonnaient à sa tête, le sang affluait à ses tempes. C'en était trop. Sa mère lui avait déjà arraché de force sa protection, et voilà que ce vieux sage, ce vieux fou, se mettait à lui dire toute la vérité. Celui-ci se mettait d'ailleurs à poursuivre sa torture, conscient de l'impact que celle-ci avait sur Draco.

- Si vous voulez prétendre à de quelconques aspirations, veillez à ce qu'elles ne soient, cette fois, pas dictées par votre père. Veillez à ce que votre esprit soit clair, à ce que vous sachiez parfaitement ce que vous voulez. Soyez pleinement conscient de vos actes, soyez maître de vous-même …

Draco releva ses yeux pour affronter ceux du vieil homme. Il se heurta à un mur érigé très haut, à une tour dont la clé était patiemment gardée, de jour en jour. Il ouvrit la bouche et se retrouva coi pendant quelques secondes. Il savait qu'il allait répondre comme un morveux, mais il ne put s'empêcher de répliquer. Il prit bien soin de cracher les mots, d'y mettre de l'impact, de la violence pour que ceux-ci résonnent plus durement encore, pour qu'ils reflètent sa hargne.

- De toute façon, qu'est-ce que vous en avez à faire de ce que je deviens ? Je pourrais me détruire, et tout le monde ferait la fête pendant des jours. Tout comme je me fiche de ce que vous et vos amis devenez. Je crois que nous sommes quittes, n'est-ce pas ?

Dumbledore sourit d'un air désabusé.

- Malefoy, Malefoy … Toujours cette pulsion d'autodestruction, n'est-ce pas ? Incorrigible Malefoy.

Draco se mit à penser l'espace d'un instant que c'était tout juste si le directeur n'allait pas lui tapoter gentiment sur la tête, comme il l'aurait fait pour un animal.

- Assez parlé, dit assez brusquement le directeur.

Il se tourna vers Minerva et lui fit signe de revenir. Celle-ci s' exécuta. Avant qu'il ne puisse comprendre quoique ce soit, Draco se retrouva debout, entre les deux professeurs qui le tenaient par les épaules. Les piquets et les liens avaient disparu, ne restaient que deux liens de plantes magiques qui maintenaient les mains du jeune homme solidement attachées derrière son dos. Ses jambes pouvaient à présent se mouvoir. Les idées empoisonnées ricochaient et venaient se loger dans son crâne à la manière de petites balles de plomb, insérées à intervalles réguliers. Un seul visage se dessinait nettement, au fur et à mesure des pas,celui de Weasley. Jamais il n'aurait cru un jour le craindre, mais peut-être que ce moment était venu, à présent.

Les trois silhouettes traversèrent la paroi magique avec aisance, et le sang commençait à battre dangereusement aux tempes de Draco.

Enfin, ils ouvrirent la porte.