Bonjour

Voici le 37ème chapitre ! On approche de la fin et les choses s'arrangent pour de bon.

Merci Elyrine pour la correction. Merci à vous pour vos messages et votre fidélité !

Bonne lecture et à jeudi

Sydney8201

Musique du chapitre :

Please forgive me de Bryan Adams

(Les paroles sont parfaites ... vraiment ...)

Chapitre 37 : Souvenirs

« La vie est tellement ironique ; il faut avoir connu la tristesse afin de savourer le bonheur, le bruit afin d'apprécier le silence et l'absence afin de profiter de la présence. »

Anonyme

Dean avait toujours eu conscience de l'ironie de la vie. Il avait été témoin de sa cruauté, parfois. Elle l'avait privé trop jeune de sa mère. Puis lui avait pris son père sans le tuer mais en lui retirant tout amour à son égard parce qu'il ne parvenait à surmonter le deuil de la femme de sa vie. Elle lui avait offert un petit répit en mettant Castiel sur son chemin. Lui avait offert ensuite une fille merveilleuse qu'il aimait de tout son cœur. Plus qu'il ne le croyait possible. Et quand il avait enfin cru qu'il était sorti d'affaire, qu'il avait eu son quota de malheur pour toute son existence, elle avait placé sur sa route un chauffard qui lui avait retiré ses souvenirs. La vie, du moins la sienne, ressemblait à des montagnes russes qui offraient une descente spectaculaire après une montée trop lente. Il en avait assez des hauts et des bas. Il en avait assez de ne pas savoir sur quel pied danser.

Il avait toujours fait en sorte d'affronter les épreuves avec le plus d'énergie et de courage possible. Il avait lutté de toutes ses forces pour survivre à chaque nouvelle chute. Et il avait réussi une nouvelle fois. Malgré son accident et son amnésie, il était parvenu à se reconstruire. Il ne s'était pas laissé abattre. Il avait repris sa vie en main. Et il était logique en fin de compte qu'il se retrouve face à une nouvelle complication au moment où il pensait enfin que tout était rentré dans l'ordre.

Castel et lui commençaient doucement à organiser leur deuxième mariage. Ils avaient annoncé leur projet à leurs proches et avaient reçu leurs encouragements et leurs félicitations. Lyra était ravie à l'idée d'assister au mariage de ses parents quand elle n'avait pas pu assister au premier. Tout allait pour le mieux pour eux.

Dean préparait une nouvelle exposition. La première depuis son réveil. Il avait réalisé tout une série d'œuvres inspirées entièrement par son accident et son amnésie. Certains portraits étaient volontairement flous. Il en avait peint plusieurs de Castiel. Les premiers ne représentaient qu'une vague silhouette. Puis le visage devenait de plus en plus précis au fil des œuvres. Jusqu'à ce que son mari soit parfaitement reconnaissable sur la toile. Il voulait que les gens puissent comprendre en partie ce qu'il avait vécu et continuait de vivre. Il n'était pas entièrement sûr que ses œuvres allaient plaire. La directrice de la galerie semblait enthousiaste. Castiel lui avait assuré que ce serait un succès. Tout le monde semblait ravi de le voir exposer à nouveau. Et malgré la peur qui le tenaillait, Dean était impatient également.

Jess avait fini par accoucher de son bébé, un petit garçon qu'ils avaient prénommé Ted. Dean était fou de bonheur pour son frère. Il était un oncle comblé même si le bébé n'avait encore que quelques jours. Il l'aimait déjà de tout son cœur.

Castiel et lui s'entendaient à merveille et Dean tombait un peu plus amoureux encore de lui à chaque journée passée à ses côtés. Ils avaient repris une routine qui fonctionnait. Lyra était retournée à l'école avec de bonnes résolutions et l'ordre de rapporter à un adulte si toutefois quiconque faisait une réflexion méchante sur ses pères.

C'était parfait. Et parce que tout allait merveilleusement bien, Dean aurait dû se montrer méfiant. Il aurait du savoir que quelque chose finirait par tourner mal. Il n'y avait pas pensé parce qu'il pensait réellement avoir le droit de savourer son bonheur après tout ce qu'il avait traversé jusque-là.

Ce ne fut pas le cas. Il sortait tout juste de la galerie où il venait de faire une dernière vérification avant l'exposition qui devait avoir lieu quelques jours plus tard quand tout bascula à nouveau. Il avait son téléphone dans la main pour prévenir Castiel de son retour et l'informer qu'il passait récupérer leur commande chez le traiteur chinois quand il entendit un cri derrière lui.

Il n'aurait pas su dire s'il lui était adressé ou ce qui était dit. Il leva la tête de son écran de téléphone et se tourna en direction du bruit. Il entendit alors un bruit de frein, un nouveau cri puis ressentit une violente douleur dans les jambes.

Il ne réalisa pas immédiatement ce qui venait de lui arriver. Brusquement, il sentit qu'il quittait le sol et volait. Il heurta quelque chose de métallique avant de tomber en arrière. Le temps sembla se suspendre. Il eut la sensation qu'il volait pendant des heures entières quand la scène ne dura probablement que quelques secondes. Il sentit qu'il lâchait son téléphone et eut le temps de penser qu'il n'avait pas envoyé le message à Castiel et que son mari allait sans doute s'inquiéter. Puis il retomba violemment au sol sur le dos et l'arrière de son crâne heurta le goudron.

Une violente douleur lui transperça la tête et il eut la sensation de crier. Il n'aurait pas pu le jurer. Autour de lui, il entendait des gens parler, une femme pleurer, et quelqu'un appeler à l'aide sans doute au téléphone.

Il tenta de prononcer le nom de Castiel. Il avait besoin que quelqu'un le prévienne. Besoin qu'on l'avertisse qu'il allait avoir du retour. Il tenta également de rouvrir les yeux mais n'y parvint pas. Il comprit alors ce qui venait de se passer et l'ironie de la situation lui aurait probablement arraché un sourire s'il avait pu bouger. Il venait de se faire renverser par une voiture. Il avait eu un nouvel accident. La boucle était bouclée en fin de compte. Un premier accident lui avait ôté ses souvenirs. Il avait lutté pour se reconstruire malgré tout et un second accident allait probablement lui coûter la vie au moment où il était heureux à nouveau. Il ne comprenait pas pourquoi le destin semblait aussi enclin à s'acharner sur lui. Pourquoi il n'avait pas le droit au bonheur quand il faisait en sorte de le trouver malgré tout. Il avait probablement dû faire quelque chose de terrible dans une vie antérieure. Il ne voyait pas d'autres explication.

Il était étonné de ne pas avoir perdu connaissance. Il aurait préféré. Car il souffrait atrocement. Il avait mal au crâne et aux jambes. Son dos le lançait également. Il avait froid. Le sol était mouillé sous lui et il sentait l'humidité transpercer ses vêtements. Il avait besoin qu'on le bouge. Qu'on le couvre peut-être. Il était presque sûr qu'il saignait de l'arrière du crâne et d'au moins une de ses jambes. Il avait probablement de multiples fractures. La façon dont sa tête avait heurté le sol n'était pas bon. Il en savait suffisamment à présent sur les chocs à la tête pour être convaincu que celui allait probablement lui être fatale.

Il avait besoin de voir Castiel une dernière fois. Il avait besoin de lui demander de veiller sur Lyra et de refaire sa vie. Il voulait lui demander de ne pas l'oublier pour autant. Il avait tellement de choses à dire mais pas suffisamment de temps.

Une nouvelle douleur lui transperça le crâne et cette fois, il s'entendit hurler. Autour de lui, les gens continuaient à affluer. Il n'avait pas besoin de les voir. Il pouvait sentir leurs présences. Il espérait que quelqu'un avait prévenu les secours.

Il devait s'accrocher et ne pas perdre connaissance. Il avait besoin d'attendre qu'on appelle Castiel avant de lâcher prise. Il refusait de mourir sans lui avoir parlé à nouveau.

Il visualisa donc son visage et celui de sa fille pour rester conscient. Il se remémora les derniers jours passés ensemble. Il pouvait sentir qu'il ne tiendrait pas longtemps. Il avait beau se battre. Il manquait de force et d'énergie. Il sombrait peu à peu. Il tenta de prononcer le nom de son mari. Il n'aurait pas su dire s'il avait réussi. Quand il sentit qu'il sombrait pour de bon, il crut entendre des sirènes au loin.

Il ne rêva pas. Il ne vit pas de lumière blanche. Mais il fut convaincu qu'il mourrait car au moment où il lâchait prise, sa vie défila sous ses yeux. Toute sa vie. C'était là toute l'ironie de la chose. Un accident de voiture lui avait volé ses souvenirs et un autre les lui rendait. Il avait suffi d'un coup sur la tête pour qu'il se souvienne enfin de tout. De tous les moments passés avec Castiel. De leur rencontre. De leurs longues soirées quand ils étaient encore amis. De leur premier rendez vous et de leur premier baiser. De leur première fois. Il revit tout ce qui avait suivi ensuite. La demande en mariage. La cérémonie. Les disputes sur leur projet d'avoir ou non un enfant. Sur le moment où ils s'étaient mis d'accord pour adopter un bébé. Sur l'arrivée de Lyra. Ses premiers pas. Ses premiers mots. Il retrouva la mémoire et le pire était qu'il était convaincu qu'il n'aurait jamais la possibilité de le dire à Castiel. Car il était en train de mourir.

Et alors que les images de ces derniers jours clôturaient le film de sa vie, un bip insistant commença à résonner à ses oreilles, le volume augmentant peu à peu. Il n'avait aucune idée de l'origine de ce bruit mais il était particulièrement agaçant. Il lui faisait mal aux oreilles et au crâne. S'il était effectivement mort, il était probablement en enfer. Et dès qu'il le pourrait, il demanderait à quiconque était en charge de l'endroit pourquoi il avait atterri là. Il n'était pas quelqu'un de mauvais. Il avait commis des erreurs mais il n'estimait pas avoir mérité une telle torture pour l'éternité.

Il attendit quelques secondes – ou quelques heures, le temps n'avait pas vraiment de prise là où il se trouvait – avant de tenter à nouveau 'ouvrir les yeux. Il s'attendait à voir les flammes de l'enfer autour de lui et ut surpris de ne voir qu'une affreuse lumière blanche face à lui. Il referma aussitôt les yeux. Il n'était peut-être pas en enfer en fin de compte. Il serra les dents alors que ses yeux le brûlaient et attendit que la douleur disparaisse avant de faire une nouvelle tentative. Quand il les rouvrit enfin, il réussit à voir que la lumière devant lui provenait d'une lampe. Il fut surpris de constater qu'il y avait quelque chose d'aussi banal au paradis.

- Dean ? Mon cœur, est-ce que tu m'entends ?

Pendant une seconde, le jeune homme ne fut pas capable de reconnaître la voix qui s'adressait à lui. Il voulut tourner le visage mais quelque chose bloquait son cou. Il grogna alors que deux mains se posaient sur ses joues et qu'un visage apparaissait dans son champ de vision. Dean le reconnut aussitôt. Castiel. Il ne comprenait pas ce que son mari faisait là. Ou peut être était ce ce dont le paradis était fait. Un visage familier pour l'éternité. Il saurait s'en contenter. Surtout maintenant qu'il avait retrouvé la mémoire pour de bon.

- Dean, réponds-moi.

Le jeune homme n'était pas convaincu d'être en état de parler mais il voulait essayer pour son mari. Il déglutit avec peine avant de se lancer.

- Cas, parvint-il à murmurer.

- C'est moi mon cœur … je … mon Dieu, j'ai eu tellement peur.

Dean ne comprenait pas ce que Castiel était en train de lui dire. Il ne comprenait pas de quoi il pouvait avoir eu aussi peur. Ils avaient l'éternité devant eux à présent. Plus rien ne pourrait jamais les séparer.

- Je suis … mort ? demanda-t-il alors.

Castiel fronça les sourcils avant de secouer vivement la tête. Il avait le visage baigné de larmes et les yeux rouges. Il semblait à la fois inquiet et soulagé.

- Non mon amour … non tu n'es pas mort. Tu as eu un accident. Tu as été renversé par une voiture devant la galerie.

- Un … quoi ?

Il avait du mal à faire le point. Il prit quelques secondes pour se souvenir de ce qui s'était passé avant qu'il ne perde connaissance. Il se souvenait effectivement du bruit des freins, de cris lointains et d'un choc extrêmement violent.

- Je ne suis pas mort ? lança-t-il alors.

- Non Dean tu es vivant. Le choc a été violent mais tu vas t'en sortir. Tu as une fracture à la jambe droite, plusieurs côtes fêlées et une commotion cérébrale. Les médecins veulent te garder quelques jours en observation. Mais tu as eu … disons que d'une certaine manière, tu as eu de la chance. Tu devrais être mort.

Dean sentit alors un immense soulagement l'envahir. Il avait été tellement sûr qu'il était en train de mourir. Il n'en revenait pas d'avoir une seconde chance. Une troisième d'ailleurs s'il comptait son précédent accident et ses quatre mois de coma.

- J'étais à la maison avec Lyra quand la police a appelé. J'ai cru … pendant une seconde, j'ai cru qu'ls allaient m'annoncer ta mort. Dean … j'ai eu tellement peur … tu n'as pas idée … je … je ne me souviens même pas avoir fait le chemin jusqu'à l'hôpital.

- Comment … comment ils ont su … qu'ils devaient t'appeler ?

- Tu répétais mon nom en boucle quand les secours sont arrivés. La police a ramassé ton portable et trouvé mon nom dans le répertoire. Ils m'ont appelé aussitôt.

- Oh je …

Dean se souvenait effectivement avoir tenté d'avertir les gens qu'ils devaient contacter son mari. Il se souvenait s'être dit qu'il avait besoin de lui parler une dernière fois. Il avait cru avoir échoué.

- Où est Lyra ? demanda-t-il brusquement.

Elle est avec ton frère. Ils attendent dans la salle d'attente. Gabriel est là aussi. Bobby est en route. On était tous très inquiets pour toi. Mais ils n'ont autorisé qu'une seule personne dans ta chambre. Je devrais sans doute aller les prévenir que tu t'es réveillé.

Dean aurait aimé secouer la tête pour lui signifier qu'il ne souhaitait pas le voir quitter la pièce mais il avait toujours le cou bloqué. Il leva le bras et approchait ses doigts de ce qui le gênait. Quand il effleura quelque chose de plastique, il fronça les sourcils.

- Tu dois encore passer quelques radios et ils veulent que tu restes le plus immobile possible en attendant. Je suis désolé mais la minerve est nécessaire.

- Combien de temps ? demanda Dean.

- Je ne sais pas. Ils ne m'ont pas dit … peut être jusqu'à demain. Ou peut être plus. Je peux aller demander si tu le souhaites.

Ce n'était pas ce que le jeune homme voulait savoir. Il se fichait de la minerve. Il se fichait également d'être cloué sur un lit d'hôpital pour plusieurs jours. Il voulait en revanche savoir depuis combien de temps il était inconscient.

- Non … depuis l'accident, parvint il à dire.

Il retira sa main de la minerve et la laissa retomber sur le matelas. Castiel la lui saisit aussitôt pour la serrer dans la sienne.

- Tu as été inconscient trois heures. Les médecins pensaient que tu ne te réveillerais pas avant demain. Mais ils ne te connaissent pas. Ils ne savent pas combien tu peux être têtu quand tu veux.

Dean sourit faiblement. Il était soulagé d'apprendre qu'il n'avait pas manqué plus de trois heures. Après avoir perdu quatre mois lors de son précédent accident, trois heures ne représentaient pas grand-chose.

- Dean, je vais aller prévenir tout le monde que tu es réveillé. Je vais également demander à ce qu'un médecin vienne te voir. Je vais revenir vite d'accord ?

Dean avait envie de demander à son mari de rester avec lui. Il avait peur de se retrouver seul et de constater alors qu'il ne s'agissait que d'une hallucination. Qu'il était bel et bien mort et en train de subir la pire des tortures. Mais il savait également que ses proches devaient être affreusement inquiet. Il hocha donc la tête et regarda Castiel quitter sa chaise du coin de l'œil. Il l'observait approcher e la porte de sa chambre quand il réalisa quelque chose d'important. Quelque chose qu'il n'avait pas pensé à dire à son mari et qui lui semblait pourtant cruciale.

- Cas, je … je me souviens … je me souviens de toi, lança-t-il difficilement.

Castiel s'immobilisa alors et fit volte-face pour le regarder à nouveau. Il avait les sourcils froncés et ne semblait pas comprendre ce que son mari voulait lui dire.

- Tu veux dire que tu n'es pas … tu n'es pas amnésique à nouveau ? demanda-t-il d'une toute petite voix.

- Non, répliqua Dean aussitôt. Non … je me … je me souviens de tout … de toi … de nous et … je me souviens.

Il espérait avoir été clair cette fois. Il n'avait pas vraiment la force d'en dire plus. A vrai dire, il n'avait plus d'énergie pour quoi que ce soit. Il avait juste envie de fermer les yeux et de dormir pendant plusieurs heures. Mais il ne voulait pas s'endormir avant d'avoir dit à son mari qu'il avait enfin retrouvé la mémoire. Il voulait que Castiel le sache.

- Dean c'est … c'est … de tout ? Tu te souviens de tout ou juste … de certaines choses ?

- De tout, souffla Dean. Je me souviens de tout. Je suis désolé.

Il ne savait pas vraiment pourquoi il s'excusait. Sans doute pas d'avoir retrouvé la mémoire. Non. Peut-être de ne pas avoir réussi avant. D'avoir eu besoin d'un nouvel accident pour que cela se produise. D'avoir fait peur à son mari. D'avoir fait subir tout ceci à sa famille. Tout était confus dans son esprit. Mais la tristesse l'envahit, se mêlant à la culpabilité qu'il ressentait depuis son premier réveil et sans pouvoir s'en empêcher, il éclata aussitôt en sanglots. Castiel abandonna alors son projet d'aller chercher un médecin et se précipita immédiatement à son chevet.

- Dean mon cœur non … ne pleure pas … tu n'as aucune raison de pleurer. C'est un miracle.

- Non, c'est … je suis désolé Cas … désolé que cela ait pris autant de temps et désolé de t'avoir fait peur à nouveau. Je suis tellement désolé et je t'aime … je t'aime comme un fou.

Il ne savait pas d'où lui venait la force de parler à nouveau mais il était soulagé d'en être capable. Il avait tellement de choses à dire à son mari. Tellement de pensées qui se bousculaient dans son esprit et dans lesquelles il avait encore du mal à faire le tri.

- Ce n'est pas de ta faute Dean. Ni cet accident ni le précédent d'ailleurs. Tu ne dois surtout pas t'en vouloir.

- J'étais au téléphone. Je n'ai pas fait attention.

- Tu étais sur le passage piéton et la conductrice ne t'a pas vu. C'est de sa faute pas de la tienne. Et d'ailleurs, même si ce n'était pas le cas, ça n'a aucune importance. L'essentiel est que tu sois en vie et que tu aies retrouvé la mémoire. Tu n'as pas idée du cadeau que tu me fais Dean.

Dean en avait une vague idée. Il n'avait pas fait grand-chose et n'estimait pas avoir accompli quoi que ce soit mais il savait combien son mari devait être soulagé. Il avait appris à composer avec l'amnésie du jeune homme. Mais il n'avait sans doute jamais perdu espoir qu'il finisse par retrouver la mémoire pour de bon.

- J'ai cru que j'étais en train de mourir … je voulais tellement te parler une dernière fois … je me suis accroché à ton visage et à celui de Lyra et ensuite … ensuite, ma vie s'est mise à défiler devant mes yeux et j'ai tout vu. Tout m'est revenu en mémoire brusquement. Je pensais ne jamais pouvoir te le dire.

- Sauf que tu n'es pas mort. Tu es en vie.

Dean ne pleurait plus mais ses joues étaient humides de larmes et commençaient à le démanger. Castiel dut le deviner puisqu'il les essuya aussitôt du revers de la main.

- Lyra va être folle de joie en l'apprenant, commenta Castiel.

En entendant le prénom de sa fille, Dean sentit sa gorge se nouer à nouveau. Mais il ne voulait pas pleurer. Il avait suffisamment pleuré pour toute une vie depuis son premier réveil. Il était temps pour lui de reprendre le dessus.

- Je vous ai fait tellement de mal … je ne … je ne comprends pas comment j'ai pu vous oublier. J'aurais dû me souvenir de vous bien avant aujourd'hui. Je n'avais pas le droit d'oublier mon mari et ma fille !

Maintenant qu'il avait retrouvé la mémoire, Dean ne comprenait pas comment il n'avait pas pu se souvenir de tout avant. Il aimait Castiel et Lyra plus que la vie elle-même. Ils étaient sa famille. Les deux personnes les plus importantes au monde pour lui. Il n'avait pas le droit de les oublier. Il avait la sensation de leur avoir fait faux bond en perdant la mémoire. D'avoir manqué à toutes ses responsabilités. Il était le pire mari et le pire père qui soit. Il ne comprenait pas non plus comment Castiel avait pu composer avec son amnésie sans perdre la tête. A sa place, il aurait eu du mal à canaliser sa colère. Il était presque sûr qu'il aurait pris la fuite dès que possible. Castiel était tellement plus courageux que lui. Réellement plus fort. Il l'admirait.

- Tu ne nous as pas fait de mal Dean. Ne dis pas de bêtises. Tu n'as pas cherché à devenir amnésique et tu as géré la situation avec beaucoup de courage.

- Mais je n'aurais pas dû me retrouver dans cette situation pour commencer. Je conduisais trop vite. Je ne faisais pas attention.

- Parce que tu étais inquiet pour ta fille. Dean, laisse-moi te dire les choses clairement … quoi que tu puisses dire, tu ne me feras pas changer d'avis. Je ne te tiendrais jamais responsable de ce qui est arrivé. Point final. Tu sais que je peux être aussi têtu que toi quand je le veux.

- Mais je …

- Mais tu rien du tout. Ces derniers mois n'ont plus aucune importance. Tu as retrouvé la mémoire et tout ce qui compte à mes yeux.

Dean aurait aimé pouvoir tirer un trait sur tout ce qui c'était passé depuis son réveil. Il aurait aimé pouvoir oublier ces longues semaines passées à ne plus se souvenir qu'il aimait Castiel. Qu'il avait une fille. Il aurait aimé pouvoir effacer ces moments douloureux de sa mémoire. Mais ce n'étai pas aussi simple. Il savait qu'il continuerait à s'en vouloir pendant un long moment. Peut-être même pour toujours.

- J'étais terrifié tu sais, confia t-il alors parce qu'il avait besoin d'en parler.

Castiel avait peut-être envie de tout oublier mais lui avait besoin de s'expliquer. Besoin que son mari comprenne ce qu'il avait pu ressentir durant les premiers jours après son réveil.

- Quand je me suis réveillé et que j'ai enfin compris qu'il ne s'agissait pas d'un cauchemar, j'étais … terrifié. Pas par toi mais … parce que je ne me reconnaissais pas. Je ne parvenais pas à comprendre comment j'avais pu changer à ce point. Je me regardais dans la glace et je ne me voyais pas moi … du moins pas tel que je me souvenais être. Je ne me sentais pas à ma place. J'avais l'impression de vivre la vie d'un autre et j'étais mort de peur.

- C'est normal Dean … n'importe qui aurait été terrifié à ta place.

- Peut être mais j'aurais du pouvoir sentir que je n'avais aucune raison d'avoir peur. J'aurais dû sentir que j'avais choisi cette vie … que j'avais changé parce que j'en avais envie.

Dean se souvenait parfaitement des premiers jours suivant son réveil. Il avait refusé d'admettre que cette nouvelle vie était bien la sienne malgré toutes les preuves qu'il avait. Il avait refusé d'admettre qu'il ait pu tomber amoureux d'un autre homme, souhaité se marier et devenir père. Il avait envisagé de prendre la fuite à de multiples reprises. Il l'avait même fait en partant vivre chez Bobby quelques jours.

- Tu as fini par l'accepter. Tu as juste eu besoin de temps, rappela Castiel d'une voix douce.

- Trop de temps si tu veux mon avis mais ce n'est pas là le plus important. Ce que je veux te dire c'est que … j'ai au moins pu retirer quelque chose de positif de ce cauchemar.

- Ah oui ?

Dean hocha alors la tête. Il fit ensuite signe à Castiel de prendre place à côté de lui sur le lit. Il était probablement trop petit pour deux hommes de leur taille mais il avait besoin que son mari soit proche de lui pour lui dire ce qu'il avait à lui dire. Il voulait pouvoir le murmurer sans avoir peur que Castiel ne puisse pas l'entendre. Ce dernier s'allongea alors à côté de lui et passa un bras autour de sa taille. Il le posa suffisamment bas pour ne pas risquer de lui faire mal et Dean sourit, soulagé par la proximité de l'homme qu'il aimait tant.

- Oui, assura-t-il finalement. Parce qu'au fil des jours, quand j'ai commencé à retomber amoureux de toi et à reprendre ma place dans notre famille, j'ai réalisé que j'avais eu tort en me réveillant. Parce que j'avais peur et que j'étais perdu, je m'accrochais désespérément à l'homme que je me souvenais d'avoir été. Celui qui aimait les femmes et multipliait les conquêtes sans jamais s'attacher. Je pensais aimer cette personne et je voulais le retrouver sans me soucier de ms nouvelles responsabilités. Mais ensuite … j'ai compris que j'avais tort. J'aime la personne que je suis devenu depuis notre rencontre. J'aime l'homme que tu m'as aidé à devenir. C'est lui que je veux être … parce que l'autre moi … celui que je croyais regretter, il était seul et triste. Il était mal dans sa peau et dans sa tête. Le Dean que je suis devenu depuis est tellement plus sûr de lui et heureux Cas. Et je te le dois. Je devrais te le dire plus souvent.

- Tu n'as pas besoin de me le dire pour que je le sache Dean.

C'était vrai et le jeune homme le savait. Ils n'avaient pas besoin de parler pour se comprendre. C'était quelque chose que Dean pensait ne pouvoir avoir qu'avec Sam.

- Et maintenant que je me souviens de tout, on va pouvoir reprendre notre vie là où on l'a laissée avant mon accident.

Il restait la question du renouvellement de leurs vœux. Quand Dean avait redemandé à Castiel de l'épouser, c'était avant tout pour avoir de nouveaux souvenirs de son mariage. Pour avoir quelque chose à quoi se raccrocher si toutefois il ne retrouvait jamais la mémoire. Cela n'avait plus vraiment de sens à présent. Il n'en aurait pas voulu à Castiel s'il lui demandait de tout annuler. Ils n'avaient pas besoin d'une nouvelle cérémonie pour savoir qu'ils s'aimaient mutuellement.

- Et bien sûr, on peut annuler le mariage, souffla-t-il finalement.

Il sentit Castiel se tendre à côté de lui et pendant une seconde, il eut peur d'avoir dit une bêtise. Il maudit alors la minerve qui immobilisait son cou et l'empêchait de voir le visage de son mari. Il aurait été plus facile pour lui de savoir ce qu'il pensait er ressentait s'il pouvait voir ses yeux.

- Ça n'aurait plus vraiment de sens de se marier maintenant que je me souviens de t'avoir épousé la première fois. Et je comprendrais que tu veuilles tout annuler.

- Je ne veux rien annuler Dean. Au contraire, je veux t'épouser à nouveau. Sauf si tu trouves ça stupide.

Dean posa sa main sur le bras de Castiel à défaut de pouvoir le regarder. Il avait besoin de ce contact.

- Non j'en ai envie mais je pensais … je ne sais pas vraiment ce que je pensais à vrai dire. Mais … j'ai cru que tu …

- Dean, arrête de t'inquiéter autant. Je serais honoré de t''épouser à nouveau.

- Ok alors … d'accord.

Ils restèrent ensuite silencieux durant quelques minutes. Dean en profita pour se repasser le fil de sa vie en accéléré dans la tête pour être sûr qu'il ne restait vraiment aucune zone d'ombre. Il se souvint alors de la dispute qu'il avait eu avec Castiel peu de temps avant son accident. Il ne se souvenait pas de s'être excusé pour ce qu'il avait dit à son mari ce soir-là. Il l'avait prévu. Mais la vie en avait décidé autrement.

- Je suis désolé Cas, murmura-t-il alors.

- Dean, je t'ai dit que tu n'avais aucune raison de t'excuser pour ce qui est arrivé après ton accident.

- Non, je ne parlais pas de ça … je veux dire que je suis désolé pour notre dispute. Je voulais m'excuser à l'époque mais j'ai eu cet accident et ensuite je … je ne me souvenais plus de rien alors voilà … désolé.

Leur dispute avait été stupide mais violente. Dean avait su depuis qu'il avait commencé à travailler avec la galerie sur sa nouvelle exposition que son absence pesait sur son couple. Il passait beaucoup trop de temps à travailler là-bas et sans doute pas assez chez lui avec sa famille. Il ne cherchait pas à les fuir et ne l'avait pas fait pour faire du mal à son mari et à sa fille. Il s'était laissé absorbé par son travail sans réellement s'en rendre compte. Et quand Castiel le lui en avait fait le reproche, il savait que son mari avait raison. Il savait qu'il était en tort. Mais il avait refusé de l'admettre. Il s'était senti agressé et sur la défensive. Ce n'était jamais bon pour lui. Cela le poussait généralement à dire et faire des choses stupides. Il avait alors reproché à Castiel de vouloir le garder à la maison. De ne pas respecter son travail. De se ficher de ses rêves et de ses envies. De ne privilégier que les siennes. Il lui avait crié dessus. Ils avaient chambre à part cette nuit-là pour la première fois depuis des années. Il s'était promis de s'excuser. Puis Lyra était tombée malade. La vie avait repris son cours et il avait eu d'autres choses à penser. Jusqu''à cet accident. Il était grand temps pour lui de réparer son erreur. Il savait à présent qu'on pouvait tout perdre en un quart de seconde. Il refusait de gaspiller son temps parce qu'il était trop fier ou trop stupide. Il se promit de toujours dire aux gens qu'il aimait ce qu'il ressentait pour eux. De ne plus rien remettre au lendemain. Car personne ne pouvait lui promettre qu'il serait vivant pour le faire ensuite.

- Je t'ai moi aussi dit des choses méchantes et injustes mon cœur. Je t'ai fait des reproches que je n'aurais jamais dû te faire. J'étais jaloux je crois. Jaloux que tu puisses préférer ton travail et la galerie à ta vie avec nous. J'étai inquiet que tu puisses nous voir comme un boulet que tu trainais. Je savais que c'était stupide mais c'était plus fort que moi. J'ai tellement peur de te perdre Dean. Depuis le premier jour, j'ai peur que tu finisses par réaliser que tu as eu tort de m'épouser. Même si je ne doute pas une seconde que tu m'aimes, j'ai parfois du mal à croire que tu as réellement pu me choisir.

- J'espère que tu n'en doutes plus à présent. Même en étant amnésique et en ayant oublié que je te connaissais, je t'ai tout de même choisi une seconde fois. Et rien ne pourrait me rendre plus heureux que d'être avec vous deux … si je dois abandonner mon travail pour te le prouver, je le ferais sans hésiter une seule seconde.

- Ce n'est pas ce que je te demande … ce n'est pas ce que je voulais te dire lors de notre dispute non plus. Je voulais juste que tu passes un peu plus de temps avec nous. C'est tout. Et franchement, j'ai regretté de t'avoir dit toutes ces choses à la seconde où tu as quitté la pièce. Plus encore quand tu as eu ton accident.

- Cas, j'aime mon travail. J'aime exposer et j'adore la galerie. Mais pas plus que je vous aime vous. Et je n'oublie pas non pus que sans toi, je n'aurais sans doute jamais eu le courage de me lancer. Je sais ce que je te dois.

- Et je sais ce que je te dois aussi. Mon bonheur Dean … cette vie que j'aime tant. C'est à toi que je la dois.

Dean sourit à nouveau puis attrapa le bras de son mari pour porter sa main à sa bouche. Il déposa plusieurs baisers sur chacun de ses doigts avant de la reposer sur son ventre.

- Je pense que cette expérience doit nous servir de leçons à tous les deux. On sait à présent qu'on peut tout perdre en un claquement de doigt. Il est stupide de se disputer pour des choses futiles ou parce qu'on n'a pas pris le temps de parler de ce qui nous ennuie avant. Si tu étais mort dans cet accident, tu serais parti sans que j'aie eu le temps de m'excuser et de te dire que je regrette ce que je t'ai dit.

- Je serais parti en sachant que tu m'aimes. Mais tu as raison sur le fond. Et je veux qu'on se promette de toujours parler de tout même quand on est en colère. Je veux qu'on se dise ce qui ne va pas avant que cela ne se termine en dispute.

- Je te le promets Dean.

Le jeune homme était soulagé de l'entendre. Il voulait que ces longs mois puissent leur être utiles dans l'avenir. Il voulait voir dans son accident un signe du destin. Peut être un moyen que la vie avait trouvé de leur rappeler qu'ils étaient deux idiots et que même amoureux et heureux, il leur arrivait de commettre des erreurs. Ainsi, il n'aurait pas l'impression d'avoir perdu un temps précieux.

- Et je vais continuer de voir Crowley, expliqua-t-il ensuite.

- Si tu estimes en avoir besoin, accepta Castiel sans hésiter.

- Je n'ai plus besoin de lui pour retrouver mes souvenirs mais il a soulevé des points importants durant nos séances. Je ne peux pas ignorer pus longtemps que j'ai encore des problèmes à résoudre.

- Qu'elle que soit ta décision Dean, tu sais que je serais là si tu en as besoin. Je veux juste que tu te sentes bien.

- Et moi je veux enfin laisser derrière moi tout le mal que mon père a pu me faire et ne plus regarder que devant moi. Tu avais peur de représenter un boulet pour moi mais c'est tout le contraire. Tu me tirer en avant continuellement et c'est mon passé qui me retient parfois … c'est lui le boulet à mon pied et je n'en veux plus. J'en ai assez. Si je dois voir un psychologue pour m'en débarrasser alors je le ferais. Je sais à présent que je n'ai pas à en avoir honte.

Il avait admis sa maladie. Sa dépression. Il savait à présent qu'il existait des moyes de lutter contre. Castiel l'aidait beaucoup. Lyra aussi. Mais ils ne pouvaient pas accomplir de miracles. Il avait encore besoin de l'aide d'un professionnel pour guérir pour de bon.

- Tu sais … j'espère que je pourrais vite quitter cet hôpital.

- Les médecins ne te laisseront partir que lorsqu'ils seront sûr que tu vas bien. Il est inutile de précipiter les choses. On a tout le temps devant nous.

- Bien sûr mais je … je dois admettre que je suis un peu frustré de ne pas pouvoir … disons fêter comme il se doit le fait que j'ai retrouvé la mémoire. Et puis il y a également le fait qu'on se soit disputé et qu'on n'ait pas pu se réconcilier comme on le fait d'habitude. C'est frustrant.

Castiel rit alors pendant quelques secondes et Dean fut heureux de voir qu'il avait obtenu ce qu'il cherchait. Il voulait faire retomber la pression et alléger quelque peu l'atmosphère autour deux. Ils avaient toutes les raisons d'être heureux et de rire à présent. Ils avaient affronté une épreuve horrible et en étaient sortis grandis.

- Je doute que tu sois apte à faire quoi que ce soit de physique pendant encore quelques mois, souligna Castiel en agitant sa main en direction de ses jambes.

Dean haussa les épaules.

- Ce n'est une fracture qui va nous arrêter. Il suffira qu'on se montre intelligent et créatif. Ce que nous sommes la plupart du temps. Et si cela peut te rassurer, je te promets de rester allongé et immobile. Je te laisserais faire tout le travail.

- Tu dis ça comme si c'était une torture pour moi.

- Oh non, crois-moi, je sais combien tu aimes être celui qui est en charge des choses quand on est au lit.

Dean se souvint alors de la discussion qu'ils avaient eu quand ils avaient pris un bain ensemble quelques jours plus tôt. Il se souvint de la promesse qu'ils s'étaient fait d'établir ensemble une liste de ce qu'ils avaient envie d'expérimenter. Ils n'avaient pas encore trouvé le temps de le faire. Mais il avait bien l'intention de remettre le sujet sur le tapis quand il serait remis sur pied.

- Je devrais vraiment aller chercher un médecin. Et je devrais aller prévenir tout le monde que tu es réveillé.

Dean savait bien que c'était nécessaire. Mais il n'était pas encore prêt à laisser son mari le quitter. Même s'il ne serait probablement parti que quelques minutes. Il avait la sensation de l'avoir tout juste retrouvé après une longue absence. Il avait besoin d'un moment pour se convaincre qu'il ne rêvait pas.

- Tu le feras … mais pour le moment, j'ai besoin que tu m'accordes quelques minutes de plus. S'il te plait …

- Bien sûr Dean.

Le jeune homme sourit alors et ferma les yeux. Il savait qu'il ne pourrait pas ignorer le monde extérieur éternellement. Il n'en avait d'ailleurs pas envie. Il voulait serrer sa fille dans ses bras et lui annoncer la bonne nouvelle. Il voulait voir le soulagement sur le visage de son frère et de Gabriel. Mais il n'était pas encore totalement prêt à affronter ce qui allait suivre. Les longues heures à l'hôpital. Les examens en tout genre. La convalescence puis la rééducation. Il avait encore besoin d'ignorer tout cela pendant un moment. Histoire de rassembler suffisamment de courage pour faire face à la réalité. Et cette énergie, seul Castiel était capable de la lui donner. C'était toujours ainsi que cela avait fonctionné entre eux. Quand ils ne se sentaient pas dans leurs assiettes, l'autre se chargeait de les porter aussi longtemps que nécessaire. C'était pour cela que leur couple était aussi solide. Pour cela que Dean était convaincu qu'ils seraient toujours ensemble.

- Je t'aime Cas, souffla-t-il alors en resserrant un peu plus son emprise sur le bras de son mari.

Ce dernier déposa un rapide baiser sur sa joue.

- Je t'aime aussi, assura-t-il en retour.

Dean avait beau se souvenir de l'avoir entendu le dire des centaines de fois, il ne put s'empêcher de sourire comme un idiot en l'entendant à nouveau. Car ces quelques mots avaient une signification particulière pour lui après ce qu'ils avaient traversé. Ils sonnaient plus vrais encore. Plus forts. Plus sincères peut être. Il était facile de dire à quelqu'un qu'on l'aimait quand tout allait bien. Facile de tenir ses promesses quand on n'avait aucune épreuve à affronter. Mais beaucoup revenaient sur ces mots à la première difficulté. Castiel était resté et avait continué à les prononcer encore et encore même quand son mari ne se souvenait pas de lui. Même quand l'avenir était incertain pour eux deux. Cela rendait ses paroles plus vraies qu'avant. Dean en avait conscience. Peu de couple survivaient aux épreuves. Peu de couple aurait su surmonter ce qu'ils avaient surmonté ces derniers mois. Et entendre Castiel lu dire qu'il l'aimait maintenant était en fin de compte la conclusion parfaite à cette histoire. A aucun moment il n'avait semblé sur le point de baisser les bras. C'était lui qui avait maintenu leur couple à flots. Et il avait u le faire contre vents et marrées. Il était incroyablement fort. Dean l'admirait comme jamais il n'avait pensé un jour admirer quelqu'un. Il se promit de le lui dire bientôt. Mais pour le moment le silence semblait plus approprié. Ils avaient besoin de calme. D'assimiler ce nouveau changement chacun de leur côté avant de le faire partager à tout le monde. Car c'état ainsi que tout avait commencé. Dean savait que sa vie avait réellement débuté le jour où il avait décidé d'ouvrir son cœur à Castiel. Ou peut-être avant … le jour de leur rencontre. Il n'en avait simplement pas eu conscience à l'époque. Ce moment à deux clôturait un chapitre de leur vie. Pas le plus heureux et pas le plus simple. Mis un chapitre essentiel sans doute pour qu'ils ouvrent les yeux sur la chance qu'ils avaient. Dean ne pourrait plus en douter dans l'avenir. Pas quand il avait failli tout perdre.

Il n'aurait pas su dire quand il s'endormit. Mais après quelques minutes passées à apprécier la proximité de Castiel et le silence de sa chambre d'hôpital, il finit par sentir le sommeil s'emparer de lui. Il lutta contre une seconde avant de choisit de s'y abandonner. Il 'n'avait aucune raison d'avoir peur. Il savait que Castiel serait là à son réveil comme il avait été là à chaque seconde de chaque journée depuis qu'ils étaient ensemble. Et Dean avait besoin de repos pour affronter tout ce qui l'attendait à présent. Il sombra donc dans le sommeil le cœur léger et l'esprit apaisé. Réellement apaisé. Pour la première depuis de longs mois.