Comme promis, voici la suite !
La prochaine demain !
Réponses aux reviews anonymes :
Manon : Le but de faire en quelque sorte deux fictions en une était totalement voulu, je suis contente que ça te plaise ! Merci beaucoup pour ta review, j'espère que tu continuerais à adorer détester Drago quelques temps ;). Bonne lecture.
Audrey : Je n'en veux jamais à ceux qui ne mettent pas toujours de reviews, puisque je ne le fais pas moi-même. En tout cas, merci beaucoup d'avoir pris le temps de laisser une review, et surtout merci pour tes adorables compliments. J'espère que ce nouveau chapitre te plaira !
L'immense maison de Malefoy était plongée dans un profond silence depuis le départ d'Harry, la veille au soir. Il n'avait pas dormi de la nuit, faisant les cent pas dans son salon.
Il savait bien qu'Hermione lui en voulait, il savait également que Ginny et Ron lui reprochaient son départ par égard pour la brune, alors il s'était bêtement raccroché au fait qu'Harry ne connaissait pas la façon abjecte donc il avait traité sa meilleure amie.
Son ignorance l'avait rassuré, avait rendu son retour plus facile. Mais tout cela n'avait plus lieu d'être maintenant. Il n'aurait jamais du revenir. Il était bien en France, entre Théodore et Rose. Loin de l'Angleterre, loin des problèmes, loin de tous ses douloureux souvenirs.
Il avait choisi la facilité en partant en France, quatre ans auparavant. Il en avait complètement conscience, mais il était parti pour leur éviter de souffrir. Et il se rendait compte qu'il avait lamentablement échoué.
Qu'Hermione le déteste, il s'y était attendu parce qu'il l'avait voulu. Que Ginny lui en veuille pour son départ, il s'y était préparé, mais c'était elle qui l'avait invitée à son mariage, alors il n'était pas si loin d'être pardonné. Ron était toujours demeuré son ami, le seul à qui il avait écrit, le seul avec qui il avait gardé contact. Mais Ron ne lui avait jamais totalement pardonné de lui avoir volé son Hermione pour au final l'abandonner lâchement.
Et maintenant, Harry le détestait aussi. Et ses raisons étaient louables, il le savait. Tous avaient de bonnes raisons de le haïr. Il était parti en le sachant, mais jamais il n'aurait cru revenir. Jusqu'à ce qu'il reçoive cette invitation, dans son appartement en plein cœur de Paris. Quand il avait vu la chouette qui attendait sagement au bord de la fenêtre, il avait hésité à ouvrir. Il ne recevait jamais de courrier, hormis de Ron et cet oiseau n'appartenait pas au rouquin.
Il avait décacheté la lettre en tremblant et l'invitation, à son nom, l'avait profondément touchée. Ils ne l'avaient pas oublié. Et pourtant, après une longue – et houleuse – conversation avec Théodore, il avait décidé de ne pas y aller.
C'était avant qu'il ne l'entende. Il avait appelé Ron pour lui faire par de sa décision, avec un téléphone moldu, et il avait discerné Sa voix de l'autre côté. Elle avait pris le téléphone, suite aux explications minables du rouquin, et elle lui avait parlé, à lui, pensant s'adresser à cette Jessie dont il entendait parler tous les jours. Elle lui avait dit trois phrases et, paniqué, il avait raccroché. D'une peur idiote qu'elle reconnaisse son souffle, où qu'elle découvre par magie que c'était lui, à l'autre bout du combiné.
Il avait raccroché et c'était à cet instant qu'il avait mesuré pleinement à quel point elle lui manquait.
Il se souvenait du regard de Théodore, quand il avait compris que quelque chose l'avait fait changer d'avis. Il lui avait dit « Si nous rentrons, c'est pour elle ? ».
Il n'avait pas répondu. Il n'avait pas envie de répondre à ça. Il remarquait avec horreur qu'alors qu'il avait tout fait pour s'éloigner d'Angleterre, elle était la raison qui le poussait à revenir.
Il n'avait pas oublié qu'elle avait été la seule à savoir faire battre son cœur.
Il n'avait pas oublié non plus qu'il l'avait traitée comme toutes les autres, en la laissant à moitié nue après l'amour.
Il l'avait enlevée à Ron, il ne l'avait voulue que pour lui, pour, quand enfin elle l'aimait également, la laisser seule et désemparée.
Il aurait voulu mourir pour ça.
Théodore était directement allé voir ses parents. Lui avait insisté pour se rendre à Poudlard. Il voulait voir Blaise. Il ne savait même pas où on l'avait enterré, alors il avait décidé d'aller au dernier endroit où il l'avait vu, mort.
Il avait atterri dans la Forêt Interdite, surpris de pouvoir transplaner. Mais après tout, ils n'étaient plus en guerre et les protections du château avaient du saisir ses bonnes intentions. Quelques centaures l'avaient dévisagé gravement. C'était alors qu'il arrivait enfin à la lisière de la forêt qu'il avait vu Harry, arrivant vers lui en courant, le souffle court.
Et tout avait été si vite qu'il n'avait rien pu prévoir.
Et comme il n'avait pas dormi et que ses projets d'aller voir Blaise avaient été ruinés, il avait résolu d'y aller ce jour-là.
Les énormes cernes qui marquaient ses yeux lui renvoyèrent l'image d'un inconnu quand il se regarda dans la glace en sortant. Il poussa un profond soupir et transplana. Ron lui avait appris que Blaise avait été enterré dans le village sorcier où ils avaient grandi tous les deux. Et il connaissait ce cimetière par cœur puisqu'il contenait le caveau des Malefoy où ses propres parents reposaient également.
Il marcha au hasard parmi les allées, ses pensées naviguant entre sa mère et son défunt ami. S'il était parti, c'était aussi pour oublier tout ça, mais à peine avait-il posé le pied sur le sol anglais qu'il avait senti tous ses souvenirs qu'il avait refoulés lui revenir en pleine figure avec une violence inouïe.
Enfin, il trouva la pierre tombale. Elle était simple, grise et il y était inscrit « Blaise Zabini, mort en héros. 1980 – 1997. »
Il s'assit face à la tombe, le cœur lourd et perdit la notion du temps. Peut-être était-il resté assis ainsi pendant des heures, il n'en savait plus rien mais quand il reprit ses esprits, le vent était devenu violent et des feuilles volaient autour de lui.
Et il pleurait. Depuis quand n'avait-il pas pleuré ? En réalité, il le savait très bien. La dernière fois qu'il avait pleuré, c'était le soir de la bataille finale. Malgré l'agitation, il avait réussi à se trouver un endroit pour être seul. Tout en haut de la Tour d'Astronomie.
Il s'y était réfugié pour penser à ce qui s'était passé en l'espace de quelques heures, et il avait pleuré. Il avait compris que sa vie ne serait plus jamais la même. Ses blessures étaient déjà guéries, mais il était toujours couvert de sang. Son sang et celui du monstre qui l'avait détruit et qui l'avait condamné à l'enfer.
S'il persistait encore une once de doute dans son esprit quant à son départ, elle s'était envolée ce soir-là.
- Tu dois me trouver horrible de ne venir que maintenant après ce que tu as fait pour moi, dit-il à l'attention de Blaise. J'ai eu une vie bien remplie ces dernières années. Et j'ai fait beaucoup d'erreurs, beaucoup de déçus. Je suppose que ne pas être venu plus tôt n'est qu'une déception de plus à mon actif. Je ne sais pas vraiment comment j'en suis arrivé là. A une époque, tu étais mon seul ami et quand j'en ai enfin eu, je les ai tous laissés tomber les uns après les autres. Je crois que quoique je dise, ça ne servira à rien. Il n'y a des choses que je ne peux plus réparer. Je suis désolé, Blaise. De n'être pas venu avant, d'avoir agi comme un enfant avec toi de ton vivant, d'être un abruti qui ne sait que faire souffrir tout le monde. Je t'aime, mon frère.
Du bout des doigts, il caressa la pierre froide et se releva, les yeux embués. Il se retourna et fit un bon en arrière. Harry se tenait face à lui, un bouquet de fleurs dans les mains.
Drago ne pipa mot, honteux d'être vu dans une telle situation. Le cimetière était désert quand il était arrivé, et il s'était enfermé dans une bulle, si bien qu'il ne l'avait pas entendu arriver.
Harry le contourna, l'ignorant superbement, et posa le bouquet sur la tombe de Blaise.
- Harry, murmura Drago.
- Je n'ai pas envie de te parler, rétorqua le brun, fronçant les sourcils.
- Je sais, et tu en as tous les droits, mais j'aimerais t'expliquer…
- Que veux-tu expliquer, Drago ? Que tu t'es foutu d'Hermione ? Que tu l'as baisée, puis jetée comme une vulgaire prostituée ?
- Ce n'était pas du tout ce que je voulais, protesta l'ancien Serpentard, déstabilisé par la virulence du survivant.
- Et comment tu appelles ça, alors ?
- Je l'aimais, Harry, soupira Drago. Je n'ai jamais voulu la faire souffrir, mais je devais partir. Je n'avais pas le choix.
- On a toujours le choix, cracha son ami (s'il l'était toujours).
- Eh bien alors, j'ai fait le choix de partir, s'exclama le blond, levant le ton sans le vouloir. Mais j'avais une bonne raison et je suis prêt à te la donner, si tu m'en laisses l'occasion. Je ne te demande pas le pardon, mais seulement de l'indulgence, ou de la compréhension. Si tu me laissais t'expliquer, peut-être pourrais-tu essayer de comprendre pourquoi je suis parti. S'il te plaît…
Harry ne répondit pas tout de suite, surpris par son discours. Il l'observa en silence, ses yeux rougis par les larmes, ses cernes violâtres démontrant sa fatigue, ses joues creusées, ses mains tremblantes. Qu'était devenu le Drago sûr de lui d'il y a quelques années ?
C'était sans doute cette question qui guida sa réponse.
- Je t'écoute, souffla Harry, ses yeux pétillants de curiosité.
.
Hermione avait besoin de passer ses nerfs sur quelqu'un. Elle se trouvait minable de n'avoir pas mis plus de virulence dans sa confrontation avec Drago. Elle aurait voulu le frapper, lui arracher la tête même, mais elle n'en avait pas eu la force. Elle s'était retrouvée face à lui comme une enfant punie face à ses parents.
Il avait encore tant de pouvoir sur elle.
Et puis, elle avait repensé à ce que Parkinson avait dit, quand elle l'avait croisée à la librairie. Et comme elle avait besoin de quelqu'un sur qui passer la colère qu'elle n'avait pu déverser sur Drago, elle avait décidé d'aller voir Ron.
Elle n'avait pas envie de donner raison à Pansy, mais l'ancienne Serpentard était tout de même parvenue à la faire douter. Elle était donc en chemin pour le bureau de Ron, au département des Aurors. Elle marchait d'un pas assuré, et répétait dans sa tête un discours qu'elle avait préalablement préparé. Pourtant, elle savait qu'elle ne le réciterait pas. Elle savait qu'elle réagirait en fonction de Ron et que, donc, son discours serait inutile. Mais cela lui donnait du courage, alors elle continuait à s'imaginer lui crier dessus.
Elle espérait tellement que Parkinson avait menti…
Quand elle arriva devant son bureau, elle entra sans toquer, comme elle l'avait toujours fait, mais resta immobile. Ron était bien là, et sur ses genoux était installée la fameuse Jessie, celle dont elle avait tant entendu parler sans jamais la voir.
La dite Jessie se mit à rougir violemment et se leva d'un bond, ses joues virant à un rose prononcé.
- Bonjour, dit simplement Hermione en lui souriant. Tu dois être Jessie ? Je suis Hermione, ça me fait plaisir de te rencontrer enfin !
La petite amie de Ron releva la tête et lui adressa un sourire timide.
- Ca me fait plaisir aussi !
- Tu n'as pas à être timide avec moi tu sais, s'exclama Hermione avec enthousiasme. Et puis, c'est pareil pour l'histoire du mariage, ce serait vraiment bien que tu viennes avec Ron, n'hésite surtout pas.
- Mais je n'ai jamais hésité, répondit Jessie, surprise.
Hermione haussa un sourcil, surprise et se tourna vers Ron, dont les joues étaient brutalement devenues écarlates, puis elle reporta son attention sur Jessie.
- Tu n'as jamais dit à Ron que tu avais peur de venir parce que tu pensais que je te détestais ?
- Quoi ? s'étonna Jessie. Bien sûr que non ! C'est la première fois qu'on se voit, pourquoi aurais-je pensé que tu me détestais ?
Hermione fronça les sourcils et baissa les yeux.
- C'était lui, n'est-ce pas ?
Ni Ron ni Jessie ne lui répondirent, et le silence pesa entre eux, tendu.
- Peux-tu nous laisser seuls, s'il te plaît ?
Elle s'adressait à Jessie et son ton était sans appel, si bien que la jeune femme attrapa sa veste, embrassa son petit ami et quitta précipitamment le bureau.
- C'était lui ? répéta Hermione, hésitant entre colère et chagrin. Tu lui parlais à lui ? Parkinson avait raison, en fait. Pendant tout ce temps, tu savais exactement où il était, tu avais encore des contacts avec lui. Et tu ne m'as jamais rien dit. Tu m'as vue pleurer pendant des mois à cause de lui, tu m'as vue incapable de faire confiance aux hommes qui m'approchaient, tu m'as vue espérer son retour pendant des mois. Et tu n'as jamais rien dit.
Elle n'avait pas haussé la voix et Ron se demanda s'il ne l'aurait pas préféré énervée. Sa voix était si morne, si abattue qu'il regretta instantanément la promesse qu'il avait faite à Drago, quatre années plus tôt.
Il se leva et voulut l'approcher, mais elle l'arrêta d'un geste de la main.
- Hermione, soupira-t-il. Je lui avais promis.
- Et alors ? Qu'a-t-il jamais fait pour toi ? hurla-t-elle, ses yeux lançant des éclairs. Qu'est-ce que tu lui dois exactement ? A-t-il mérité que tu mentes pour lui ? Que tu me trahisses pour lui ? A-t-il mérité l'attention que vous lui portez tous ? A-t-il mérité que vous soyez toujours amis avec lui comme s'il n'était pas parti pendant plus de quatre années ? A-t-il mérité d'avoir simplement des amis ? Non ! Il n'a rien mérité de tout ça. Il a fui lâchement, puisque c'est ce qu'il est : un lâche !
Ses cheveux semblaient s'être dressés sur sa tête et elle criait franchement à présent, la rage s'insinuant dans ses veines. Elle ne pouvait pas croire ce qu'elle venait d'apprendre.
Aveuglée par la rage, elle n'avait même pas vu Drago arriver. Le blond s'était arrêté dans l'encablure de la porte, et il l'écoutait sa haine pour lui, immobile.
- Pourquoi vous refusez tous de voir qu'il se fiche pas mal de vous ? Il ne pense qu'à lui, il n'a toujours pensé qu'à lui ! Il a toujours fait passer sa personne avant le reste, et il continuera à le faire parce que c'est ce qu'il est ! Un égoïste, lâche et puéril ! Il n'a pas plus grandi aujourd'hui qu'il y a quatre ans ! Il restera toujours le même gamin égocentrique qui simulait des blessures pour attirer l'attention ! Mais les miennes ne sont pas simulées, Ron. Il m'a blessée, il m'a fait du mal et au lieu de m'aider, tu l'as aidé à s'enfuir et tu m'as regardé souffrir sans rien dire.
Ron ne répondit pas, conscient qu'il risquait d'aggraver son cas et baissa les yeux comme s'il était en face de Molly. Folle de rage, Hermione tourna les talons pour partir et se figea en tombant face à Drago. Il la regardait, cet air impassible qu'il avait toujours affiché dans les moments tragiques et qu'elle détestait désormais.
Elle aurait tant voulu qu'il pleure, qu'il se mette à genoux devant elle pour implorer son pardon. Elle aurait tant aimé refuser ses excuses. Mais il n'avait pas eu cette décence.
Il ne bougeait toujours pas, et elle sentit son sang brûler davantage.
Pourquoi devait-il toujours être si indifférent à tout ce qui l'entourait ?
Elle s'approcha de lui, guidée par la colère, et se posta devant lui, ses yeux lançant des éclairs. Elle le regarda droit dans les yeux, ce qu'elle n'avait pas encore fait depuis qu'il était revenu, et lui assena une gifle si monumentale qu'elle sentit sa main la faire souffrir.
Il posa une main sur sa joue rougie, mais ne parla toujours pas.
- Tu n'es même pas un homme, cracha-t-elle. Tu es toujours un petit garçon apeuré, et c'est pathétique. Tu n'as jamais été courageux, et tu te payes en plus le luxe d'être malhonnête et abject. Sache que tu n'existes plus à mes yeux. Tu es mort.
Et sur ses mots, elle quitta la pièce d'une démarche où transparaissait sa colère. Drago ne bougea pas après son départ, figé, ses derniers mots se répétant en boucle dans son esprit. « Tu es mort ».
C'était ce qu'il avait voulu, mais jamais auparavant il ne l'avait regretté.
.
- Tout va bien, Drago ?
Il venait d'arriver chez lui et il était bien plus pâle qu'à l'accoutumée, d'un blanc presque cadavérique. C'était Rose qui venait de parler.
Elle se tenait assise sur le canapé, devant la cheminée éteinte, un roman dans les mains et elle l'observait, cet air inquiet dans ses yeux bleus. Rose était magnifique, c'était pour ça qu'il l'avait choisie.
- Oui, ne t'inquiète pas.
- Tu ne devais pas voir Ron ?
- J'ai préféré rentrer, dit-il simplement, fatigué de ses questions.
Rose était jolie. Mais c'était tout ce qu'elle était.
- Théo est passé, mais comme tu n'étais pas là, il a dit qu'il reviendrait ce soir.
Et comme pour attester ses propos, un bruit de flammes retentit dans le hall d'entrée. Drago s'y dirigea d'un pas lent, peu enclin à discuter avec Théo. Ce dernier passait son temps à tenter de le convaincre d'avouer la vérité à tout le monde, la vraie raison de son départ, pour qu'il puisse cesser la mascarade qu'il avait monté de toute pièce avec Rose. Mais tous ses efforts étaient restés vains.
- Salut, lâcha Drago d'un ton nonchalant alors que son ami époussetait son pantalon.
Il sortit de la cheminée et se tourna vers le blond.
- J'ai fait des recherches au Ministère. Il est mort.
Drago poussa un soupir de soulagement et passa une main sur son visage, comme pour se réveiller d'un long sommeil.
Il reprit ses esprits et regarda Théodore avec un air apaisé.
- J'ai tout avoué à Harry, dit-il naturellement.
- Et t'a-t-il rejeté ? demanda le brun. A-t-il dit qu'il ne voulait plus jamais te voir ? Ou que tu aurais mieux fait de rester en France ?
- Non, soupira Drago, voyant exactement où il voulait en venir.
- Alors peut-être serait-il temps de le dire à tous tes amis, que les choses soient claires et que tu puisses retrouver ta place auprès d'eux.
Drago soupira, se tournant vers la grande fenêtre qui lui offrait une vue imprenable sur le Londres moldu.
- Peut-être à Ron. Il a le droit de savoir après tout, murmura-t-il, mais l'endroit est d'un calme tel que Théodore entendit tout de même. Il a le droit de savoir pourquoi Hermione le déteste désormais.
- Ce serait un bon début, concéda son ami.
- Je suppose, répondit Drago d'une voix morne. Bien, j'y vais alors.
Il attrapa sa veste sur un porte-manteau et l'enfila. Mais il ne bougea pas pour autant, ses yeux perdus dans le vide. Il n'était pas sûr que Ron comprenne, qu'il accepte la seule raison qu'il avait à lui donner et qui justifiait son départ, et donc sa trahison envers Hermione. Il en doutait profondément et ses mains commencèrent à être pris de tremblements, ce qui n'échappa pas à Théodore.
- As-tu pris ta potion ? demanda-t-il en fronçant les soupirs.
- Oui, Père, ironisa Drago, acide.
- Veux-tu que je vienne avec toi ? reprit Théodore, ignorant son sarcasme.
Il y eut un silence, pendant lequel Drago observa ses mains tremblantes qui semblaient lui rappeler son enfer. Puis il releva les yeux vers son ami – peut-être l'un des seuls qui lui restait- et poussa un profond soupir, les yeux embués. Qu'il était devenu faible en quatre ans, pensa-t-il amèrement.
- Oui, s'il te plaît, murmura-t-il.
Théodore lui prit le bras et ils transplanèrent au Terrier.
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J'espère que ça vous plait toujours !
Bises,
L.
