Un chapitre comme prévu, désolée du retard. Enfin, le voici, et j'espère qu'il vous plaira…Autant vous prévenir que je me suis un peu lâchée à un moment ^^
En premier lieu, un grand merci à ma Beta Demoisel comme toujours
En second temps, bonjour à Mrs. SwanCullen et Imary et CarlieCullen des toutes nouvelles/nouveaux lecteurs. Ravie de voir que ça vous convient et vous convainc.
Enfin, quelques dédicaces :
Darkgaby : tu es content ? tu l'as ton craquage xd
Alinette : je suis sadique, tu n'étais pas au courant ? lool
NaoO : je ferai en sorte d'aller moins vite…Mais c'est vrai que je n'ai pas en tête de faire encore 50chapitres (demande à Demoisel !XD)
CHAPITRE PRECEDENT :CARLISLE POV Je passais alors mon temps dans une maison d'hôtes à plusieurs miles de là, voyant les modifications que subissait Edward: son teint avait pris de la couleur dans les premières heures. Mais derrière ses paupières, je voyais ses yeux rouler, comme s'il tentait d'échapper à quelque chose. Mes doigts sur sa main, j'attendais son réveil, j'attendais la fin de ses douleurs.
Bonne lecture
36-Assez !
EDWARD POV
J'avais laissé ces deux frères se jeter sur moi.
Et Dieu sait que ça avait été difficile.
J'avais senti mon instinct et une soif de sang monter en moi pour me défendre contre l'attaque. Je ne savais pas réellement ce qui m'avait permis de rester immobile alors que je sentais leurs crocs se planter dans ma chair.
Tout ce que je savais, c'est que j'avais des images de Bella sous les yeux, et la sensation de la tenir entre mes bras était persuasive. Et ce, même si je savais que je ne l'aurai pas rapidement près de moi.
Mais presqu'immédiatement, tout était devenu flou alors que je sentais le venin circuler dans mes veines. La douleur s'était insufflée en moi une seconde plus tard, et mes lèvres avaient laissé passer un cri de souffrance. Il me semblait même avoir entendu Carlisle s'approcher, et avec, ses pensées : l'affolement et la douleur de me voir ainsi…Je lus en lui combien il aurait aimé être à ma place, pour m'épargner. Je devais lutter contre la douleur pour être capable de veiller à ce qui ne lui arrive rien.
Mais mon corps et mon esprit ne m'obéissaient plus.
Un moment, j'eus un sursaut de défense. Je devais m'éloigner de ces vampires. Ils prenaient plaisir à me mordre, mais ils n'avaient pas idée de la douleur que cela infligeait. C'était pire que la transformation en vampires parce que mes sens de vampires justement me permettaient de mieux sentir leurs crocs fourrager dans ma chair, d'entendre le déchirement des muscles qu'ils pénétraient…
Je ne savais même pas comment j'avais trouvé la force de serrer les poings, et même de grogner…Il me semblait avoir grogné…Mais je n'étais pas sur, plus rien ne me répondait comme je le voulais.
Et puis, j'avais vu la noirceur, et je l'avais accueillie avec plaisir.
Si je me laissais entraîner dans la nuit, j'allais surement oublier la douleur…
Bien sur, c'était avant de savoir ce que cette nuit allait réellement m'apporter.
Et finalement, je luttai pour en sortir. Depuis combien de temps étais-je là ? C'était la grande question.
Je n'en pouvais plus. Je courais dans tous les sens, ou du moins, j'avais l'impression de courir, parce que mon corps était dur comme de la pierre, raidi et que je n'étais pas sur de ce que je faisais. Pourtant, je savais que si j'arrivais à ne serait-ce que bouger un orteil, j'étais sauvé, parce que Bella serait là pour m'aider à faire le reste. Mais même Bella n'était pas là, au contraire de la douleur qui grossissait en moi.
Une douleur qui prenait différentes formes : et dans l'immédiat, c'était comme si en se remettant en marche, mon système sanguin évacuait la rouille qui s'était posée. Le tout semblait se déplacer dans mes membres et se rejoignait pour un feu de joie dans ma poitrine. En plus, en parlant de poitrine, la mienne était un foyer ardent. Un feu qui était parti de toutes les morsures dont je souffrais, et qui s'était propagé dans tout mon corps pour s'arrêter dans mon torse.
Là, maintenant, je ne voulais plus que m'arracher cette pierre incandescente du corps…
Pourquoi ne le faisait-on pas ?
Je cherchai à me concentrer sur autre chose, mais je ne trouvais rien sur quoi m'appuyer. Je paraissais perdu dans la noirceur, plus capable de quoi que ce soit…Même pas échapper à cette douleur.
Et puis, tout sembla se passer dans ma poitrine. D'un seul coup, un violent coup retentit dans tout mon corps, et quelque chose sembla tenter de s'échapper de ma poitrine. Jusqu'à ce que je réalise qu'il s'agissait de mon cœur. Mon cœur mort depuis près de cent ans qui se remettait à battre. Alors, pour un instant, je ne ressentis plus rien que la joie. J'avais réussi, je redevenais humain…
Mais c'était sans compter que je n'avais pas fini de souffrir. Une fois mon cœur battant à nouveau, je ressentis un second puissant coup qui entraina mon sang encore plus vite dans mes veines. L'accélération de ma circulation sanguine faisait penser à du papier de verre que quelqu'un s'amusait à gratter sur la partie interne de ma peau. Je me serais arraché la peau si j'avais pu rassembler assez de forces pour le faire.
Sans savoir comment, je sus que cela s'apaisait, et de nouvelles sensations se créèrent dans mon corps. J'avais froid. Dans la nuit qui m'entourait, j'aurais dit que quelque chose de léger mais chaud tombait sur moi, et alors, je ne frissonnais plus. Une partie de mon cerveau put analyser ce qui se passait.
Je savais, je ne savais pas comment je pouvais savoir ça, mais c'était le cas, que mon sang et mon cœur reprenaient leurs rôles. A force de les sentir faire en moi, je m'habituais à ça, et la douleur devenait tolérable. De même, mon corps se réchauffait, et la neige des environs était la raison pour laquelle je frissonnais. Je comprenais mieux.
Mais les autres douleurs étaient toujours là.
Il y avait le feu toujours aussi fort qui ralentissait sa course sur certaines parties de mon corps, comme pour s'y acharner, comme si quelqu'un passait des torches sur mon corps blessé.
Et après le feu, il y avait les organes qui se remettaient en fonction. Je les sentais grâce à mes sens développés de vampires. Ils reprenaient vie. Et c'était presque plus douloureux que l'incendie parce que ça faisait réagir tout mon être, et remontait le long de ma colonne vertébrale comme un frisson.
J'avais l'impression de passer mon temps à serrer les mâchoires sur des cris d'agonie.
Enfin, enfin, malgré la persistance de quelques douleurs, je réussis à me concentrer. Je savais que je devais quitter cette nuit. J'y étais depuis trop longtemps…Me semblait-il…Avec panique, je réalisai que je n'avais aucune idée du laps de temps qui s'était écoulé depuis que les jumeaux m'avaient mordu…Il ne devait pas s'être passé plus de quelques heures, n'est-ce pas ? Je ne pouvais décemment pas souffrir depuis plus longtemps…C'était humainement impossible…
Mais, je ne pus y réfléchir plus parce que je souffrais à présent de craquements. Je sentais mes os bouger. Je relevai le haut de mon torse, renversant la tête en arrière, ou du moins, c'était ce que je voulais faire, comme pour étendre mon corps, et oublier la douleur. Mais ça ne fonctionna pas. Je relâchai ma respiration, et réalisai que l'air que je respirais entrait dans mes poumons. La brûlure qui se produisit m'incita à vouloir m'arracher le torse. Mon corps n'avait plus l'habitude de l'habitude de nécessiter d'air pour fonctionner, et encore moins de le sentir entrer dans mes poumons et dans mes muscles. C'était devenu un élément étranger, et je mourais d'envie de l'extirper de moi.
La douleur était trop insupportable pour que je recommence l'expérience. Je fermai la bouche et rêvai d'en faire autant avec mon nez.
Bien sur, ça n'arrangea rien, sembla-t-il.
« Mon dieu ! Edward ! »La voix de Bella. Mon cœur bondit de joie dans ma poitrine. Elle était là. Elle allait m'aider…
J'ouvris la bouche pour lui répondre, ou du moins je crus le faire. Pourquoi n'y parvenais-je pas ? Je devais lui dire que j'étais là, et que j'avais besoin d'elle…
« Edward, pitié, pitié, reviens »
Mais je revenais…C'était pour ça que j'étais ici. Pour revenir auprès d'elle pour toujours.
« Edward Cullen, fais-moi le plaisir d'avaler cet air ! »Ordonna-t-elle en pointant son doigt sur moi.
« Ca fait trop mal »Me plains-je et elle s'approcha encore. Je souris et tendis la main pour la prendre dans mes bras. Mais je n'y réussis pas.
« Je t'en prie…Tu n'as pas fait tout ça pour ne pas accepter de respirer… Souviens-toi, c'est un réflexe »Supplia-t-elle.
Alors j'obéis.
L'air pénétra violemment dans mes poumons et l'incendie fut encore plus insupportable.
C'était trop, bien trop.
« Je sais que c'est dur. Mais tu dois y arriver…J'ai besoin de toi Edward »Demanda Bella, ses cheveux volaient derrière elle, et je reconnus la hauteur sur laquelle nous n'étions pas allés depuis si longtemps…
Je réalisai aussi que la douleur passait à présent. Tout était redevenu de purs réflexes : le cœur qui bat, le sang qui coule dans les veines, et l'air dans les poumons…Je souris et je vis Bella en faire autant.
« Je t'aime, Edward »
Je sentis alors encore une autre douleur dans ma tête. Le feu avait remonté mon corps et finissait son travail de tortionnaire dans mon crâne, dans ma mâchoire, dans mon esprit. J'aurais aimé secouer la tête, la tenir entre mes mains, et me recroqueviller…
J'aurais aimé ouvrir les yeux, pour ôter ses sensations de brûlure.
J'aurais aimé m'arracher la mâchoire, elle était comme maintenu dans un étau et malaxée.
« Ca va aller, Edward…Je t'en prie, tiens bon »
Bella était à mes côtés à présent, et malgré la douleur, je pus me concentrer assez pour la voir, la tenir.
Elle posa sa main sur ma joue, et toute la douleur disparut.
Je relevai les yeux sur elle, en souriant…
…Je croisai le regard de Carlisle alors que c'était les prunelles de Bella que j'étais persuadé de trouver en face de moi à mon réveil.
« Edward »Sourit-il, soulagé.
BELLA POV
Je me réveillai avec le sourire aux lèvres.
Tout n'avait été qu'un cauchemar, la preuve était que j'avais Edward à mes côtés. Je l'avais senti contre moi, près de moi toute la nuit.
Lentement, je me tournai vers l'autre côté du lit, persuadée de le trouver là.
Mais ma main ne rencontra que les draps froids et vides.
Je me redressai d'un bond, et regardai autour de moi, désorientée. Edward avait eu du mal à respirer cette nuit, mais je l'avais aidé, et il s'était réveillé. Et il devait se trouver auprès de moi… N'est-ce pas ?
Et puis, je réalisai que je ne me souvenais pas m'être couchée. Je fermai les yeux, cherchant à comprendre ce qui se passait.
Mon dernier souvenir ? Mon retour de jogging la veille, avec Emmett et Rose. Emmett avait été dur, mais je savais que c'était pour mon bien. En plus, il m'avait redonnée espoir de voir Edward.
Alors comment avais-je fini au lit ? Dans mon appartement ?
Et pourquoi avais-je rêvé qu'Edward était torturé ?
Perdue, je me rallongeai sous ma couette. Et tout me revint.
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« Alice a des visions contradictoires concernant le retour d'Edward »
C'était la phrase que Jazz avait prononcé, celle qui m'avait explosée en pleine tête. Je me souvins que je n'avais plus senti mes jambes, que tout avait tourné autour de moi. Je m'étais laissée tomber au sol, brisée.
Je ne pouvais pas accepter ça. Ca ne pouvait pas être vrai.
Edward allait revenir, il le devait. N'était-ce pas ce qu'Emmett avait assuré ? N'était-ce pas ce que toute la famille croyait depuis la semaine passée ?
Sans m'en rendre compte, j'avais libéré les larmes qui avaient élu domicile dans mes yeux depuis plusieurs jours mais que je refusais de laisser couler. Cette fois, elles s'étaient échappées, et je n'avais rien fait pour les en empêcher. A quoi bon ? L'homme que j'aimais risquait de ne pas revenir, j'avais le droit de pleurer.
J'avais senti des bras autour de mes épaules, je m'y étais réfugiée. Personne ne semblait à l'aise, personne ne semblait savoir quoi faire. Alors nous étions restés un moment dans le salon, avec cette peur de ne pas revoir Edward et Carlisle.
J'avais espéré que quelqu'un allait m'expliquer pourquoi ils étaient partis, mais ce ne fut pas le cas.
Quand je repris enfin pied, je relevai la tête vers eux. Et je rencontrai les mêmes sentiments dans leurs yeux que ceux que je ressentais : la peine, la peur et la colère.
« Qu'est-ce que tu vois, Alice ? »Demandai-je et je vis son hésitation.
« Alice »Réclama Rose en me tendant une main. Je lui souris et me redressai. Alors je me rendis compte que c'était Esme qui m'avait prise dans ses bras.
Son visage représentait les angoisses qu'elle pouvait avoir. Je gardai son bras accroché au mien, nécessitant le réconfort qu'elle m'offrait.
« Je ne sais pas dans quel état ils vont rentrer. Et je ne sais pas dans combien de temps…Tout change. Une fois je les vois ici ce week-end, d'autres, ils ne reviennent pas »
Nous eûmes tous un sursaut de panique à ces propos.
« Comment ça, ils ne reviennent pas ? »La voix d'Esme se voulait réconfortante, mais on entendait la souffrance qu'elle ressentait à cette perspective.
Alice resta silencieuse et j'étais persuadée qu'elle parlait avec sa famille, trop bas pour que j'entende. Je sentis une vague de calme en moi, et regardai Jasper dans les yeux. Je ne voulais pas qu'il minimise mes sentiments.
« Tu devrais le lui dire »Exigea Rose et je me tournai vers Alice, attendant avec impatience qu'elle prenne sa décision.
Elle soupira, puis annonça
« Ils risquent d'être tués »
« Non »Suppliai-je en m'asseyant tant bien que mal sur le fauteuil à deux pas de moi.
« Voyons, on ne tue pas Edward aussi facilement ! »Emmett tenta de paraître enthousiaste, mais personne n'y adhéra.
« La bonne nouvelle, c'est que je vois plus souvent leur retour indemne que l'inverse »Assura Alice, et c'était quelque peu réconfortant.
Mais pas assez.
Un autre moment s'était passé dans le silence, où nous cherchions tous le regard des autres pour y trouver du réconfort, une promesse…
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En émergeant de sous ma couette, je réalisai que la veille j'avais du m'endormir dans le salon, et quelqu'un m'avait portée jusque dans mon lit.
Je m'assis, et passai la main dans mes cheveux, les tirant en arrière.
Tout cela n'expliquait pas pourquoi j'avais rêvé d'Edward de cette manière, et pourquoi ça avait été si réelle…Que vivait-il ?
En me préparant, je réfléchissais toujours à ce que cela voulait dire, mais sans avoir de solution.
Je plaçais la broche des Cullen sur le tissu qu'Alice m'avait confectionnée pour mes poignets quand j'entendis quelqu'un dans l'appartement. Et je sus qu'il n'y avait que deux personnes qui pouvaient faire ça : Alice, ou Emmett.
« J'arrive »Informai-je le ou la vampire en passant une brosse dans mes cheveux.
« Dépêche, Bells, on a beaucoup à faire »La voix d'Emmett retentit près de la salle de bain, et je faillis lâcher ma brosse tellement je ne m'attendais pas à l'entendre si proche.
En moins de deux j'étais sortie, et le regardai avec étonnement. Ca faisait presque une semaine qu'il ne m'avait pas appelé 'Bells', parce qu'il savait que je n'étais pas d'humeur enjouée. En le voyant, assis sur le pied de mon lit-quel sans gêne, alors !- je ne pus retenir un sourire. Il avait une casquette, la visière sur le côté, et souriait de toutes ses dents.
Evidemment, communicative comme était son humeur, je souris en descendant les quelques marches qui menait à mon salon.
« Bien dormi ? »Demanda-t-il en me suivant, et je m'étonnai toujours de ne pas l'entendre faire du bruit, alors qu'il n'était pas du genre discret avec sa carrure.
« Moyen »Avouai-je, et il se posta devant moi, un air inquisiteur sur le visage. « Tu as prévu quelque chose ? »Je me détournai de son regard mais il ne fut pas dupe, à en juger par le soupir qu'il laissa échapper.
« Ouais, je ferai bien une partie de hand »
« Emmett… »Commençai-je, mais il m'interrompit.
« Bella, je…Il est hors de question que je te laisse te morfondre »Fit-il en se dandinant quelque peu.
Je souris devant l'air gêné qu'il prenait. Après tout, j'avais besoin de me défouler, un match de hand ne pouvait pas me faire de mal.
« On retrouve les autres quelque part ? »
« En fait, personne n'est tenté »
« Mais alors ? »
« Ouais, bon, c'est pas un vrai match…Ca serait plutôt un ensemble de passes »
« Je te remercie, Em, mais je ne veux pas que tu te sentes obligé »
« Rien du tout ! Amène-toi, il y a un peu de marche avant d'arriver au terrain »
Et il sortit de mon appartement, ne se préoccupant pas si je le suivais ou non. J'attrapai un jogging pour remplacer mon jean, puis descendis.
Emmett m'attendait dans le hall, un sac contenant surement des balles, dans la main.
« Fais attention »Conseilla Jasper en indiquant son frère d'un mouvement de la tête. J'hochai la tête, et nous sortîmes.
Emmett faisait attention à prendre un chemin accessible à l'humaine que j'étais, il m'aidait à monter les parois par lesquelles nous étions obligés de passer…En un mot, il était prévenant. Bien sur, j'avais le droit à quelques réflexions idiotes de temps à autres, mais sinon, chacun de nous restait silencieux.
« Voilà »S'extasia-t-il quand nous arrivâmes devant un terrain qui aurait pu être un terrain de rave party. Il posa le sac de balles à ses pieds, et se tourna vers moi « C'est-il pas beau ? Un terrain rien que pour nous »
Je souris en secouant la tête.
« Toi, tu veux te venger de moi ! »Remarquai-je et il se pointa du doigt d'un air faussement blessé.
« Ce n'est pas mon genre »
« Mouais »
« Mais, en effet, tu me dois une revanche. Je te signale que la dernière fois qu'on a joué tu m'as foutu la honte »
« Comment moi, une petite humaine de rien du tout, ai-je pu oser faire ça ? »Ricanai-je en avançant.
« C'est bien la question que je me pose »Assura-t-il, et je m'arrêtai pour me tourner vers lui.
Il avait une balle dans les mains, et souriait. Mais je commençais à connaître cette famille pour savoir qu'il était quand même inquiet.
« Merci, Em »
« Je t'en prie, Bella. Tu es de la famille, et je commençais vraiment à me morfondre de te voir dans cet état. Alors, hier soir, quand tu as craqué, je me suis dit qu'il était temps pour toi de reprendre des activités en famille »
Il posa un doigt sur ma joue, et me regarda dans les yeux. Il voulait me prouver que je pouvais lui faire confiance.
Je souris et il déclara
« Alors, petite humaine de rien du tout, à nous deux ! »
Il se déplaça de quelques pas, ce qui correspondait quand même à quelques mètres pour moi, et me lança la balle.
« Tu vois les deux plots ? C'est les buts…Et c'est chacun pour soi »Je me tournai vers les plots en question, me rendant compte qu'ils étaient à l'endroit où nous avions laissé le sac.
« Et qu'est-ce que je gagne quand je t'aurai mis ta pâtée ? »Demandai-je en commençant à jouer avec la balle, la faisant rebondir au sol.
« Hum…C'est vrai qu'il faut une motivation…Disons que je m'inclinerai devant toi si tu réussis au bout de…Deux heures à me battre »
Parce qu'il croyait qu'en deux heures je n'allais pas tenir la route ? J'acquiesçai un sourire aux lèvres
« T'es cuit, Em…Et puis, tu le feras devant tout le monde, hein ? »
« Si tu veux ! Mais, quand j'aurai gagné, tu n'auras plus le droit de rester seule »Je souris, je n'y perdais pas de toute façon.
Alors, je me dirigeai sans prévenir vers les buts improvisés.
« Hey ! »S'écria Emmett derrière moi.
Mais bien sur, il intercepta la balle avant que je puisse réagir et marqua le premier point.
« Un ! Zéro ! »Applaudit-il, et je secouai la tête, amusée.
Après tout, j'avais besoin de ça. Je savais qu'il avait raison. Je ne pouvais plus rester ainsi, je devais remonter la tête hors de l'eau. Au fond de moi, je savais que j'allais revoir Edward, et donc je ne pouvais pas me renfermer sur moi-même, et avoir à recommencer avec lui tout ce que j'avais déjà fait.
Je me reconcentrai sur le jeu, Emmett marquant un autre point.
Alors, je décidai de prendre les choses en main, et jouai avec lui. J'avais la balle, et je fis tout pour la garder un maximum de temps. Alors que je tournai sur moi-même, je le vis du coin de l'œil qui se dirigeait sur mon côté. Je partis à l'opposé, et en trois pas parvins aux buts. Je marquai un premier point sous son regard outré.
« Deux-Un »Souris-je, fière de moi.
Bien sur, je savais que si j'avais réussi à faire ça, c'était parce qu'Emmett n'utilisait pas entièrement sa force de vampire, me laissant une chance de mener le jeu un peu, et non pas le subir.
« Tu vas voir si tu feras encore la maligne longtemps »Menaça-t-il en prenant la balle, et s'éloignant à plusieurs dizaines de mètres de là, vers le milieu du terrain.
Je le suivis en souriant, et compris sa manœuvre rapidement. Il m'éloignait un maximum des buts, de façon que même en y mettant toute ma volonté, je ne risquais pas d'atteindre les buts sans qu'il ait pu réagir. Je souris, et m'arrêtai à une distance raisonnable.
« Tu fuis petite humaine ? »Ironisa-t-il, et je me contentai de croiser les bras, le narguant.
Alors, il fit quelques acrobaties avec la balle, et évidemment, je ne pouvais pas m'empêcher de rire devant ses pitreries. Et puis, soudain, il se dirigea comme un boulet de canon vers les buts. J'eus à peine le temps de me mettre sur son chemin, de viser la balle, et de frapper dedans. La force de la douleur que je ressentis me surprit, mais j'avais la balle, et c'était ce que je voulais. Je souris en voyant l'air incrédule inscrit sur son visage, et me tournai vers les buts. Je ne pus les atteindre. J'étais ceinturée par deux bras puissants qui me soulevèrent de terre. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine, inquiet.
« Attends un peu »
Tout en me tenant d'un bras ferme, il tentait de me reprendre la balle.
« Je ne suis pas sur que ça soit correcte, monsieur-le-vampire-qui-ne-ferait-pas-peur-à-une-mouche »Réussis-je à rire en serrant la balle le plus contre moi, occultant l'effort inutile de mon coeur.
« Ah ouais ? Tu le prends comme ça ? »
Il me relâcha soudainement, me retourna pour que je le voie et planta son regard dans le mien en grondant férocement.
En le voyant ainsi, je ne pus retenir des frissons apeurés, et sentis mes épaules se vouter.
« Ok, ok »Fis-je d'une petite voix totalement effrayée. Et malgré moi, des images de mon passé refirent surface à la limite de ma conscience.
« Je ne voulais pas t'effrayer à ce point, Bells »S'excusa-t-il alors que je me sentais pâlir.
« Hum, hum »Tentai-je de sourire.
Emmett retira ses mains de mes épaules, et me laissa reprendre mon souffle. Quand je ne sentis plus les frissons dans mon dos, je le regardai dans les yeux
« Désolée. Ca faisait longtemps… »
« Ouais, et puis, t'es habituée à ce qu'on joue, et à ce qu'on rit…Pas à nous entendre gronder…Pardonne-moi »
« Ce n'est rien »
Il sembla hésiter quant à la marche à suivre, mais je ne voulais pas qu'il s'arrête d'être lui-même sous prétexte que son côté vampire m'effrayait et me rappelait de mauvais souvenirs. Je pris la décision avant lui
« Il doit me rester quelques minutes pour te foutre ta raclée »
Et juste comme ça, le malaise passa.
« Dans tes rêves ! »
Mais je vis, au cours des dernières minutes, qu'Emmett ne mettait pas autant d'entrain à se laisser aller. Il semblait faire encore plus attention à ses mouvements et à ce qu'il disait.
« Huit-Six »Déclara-t-il à la fin du temps qu'il nous avait donné.
Et je le vis gonfler la poitrine.
« Ok, ok. Tu as gagné »
« Et sans tricher ! »Fit-il avec assurance. Je m'étouffai à ses propos et il leva les yeux au ciel « Oh ça va ! T'es pas mieux ! »Il me pointa du doigt alors qu'il remballait son sac sur son épaule.
« Moi ? Mais je suis une pauvre humaine innocente »Je battis des paupières comme pour étayer mes propos et il partit d'un grand éclat de rire.
Nous rentrâmes chez nous, sous le signe de la bonne humeur.
****
La bonne humeur fut d'ailleurs ce qui caractérisa ma journée.
Je n'arrivais pas à y croire, en une journée, j'avais réussi à reprendre ma vie comme avant…A rire avec ma famille, à râler contre les envies surréalistes d'Alice dans un magasin de vêtements…Je m'étais retrouvée telle que j'avais l'habitude d'être depuis que je connaissais les Cullen.
Ou plutôt, depuis que j'avais rencontré Alice Cullen !
J'étais dans une énième cabine d'essayage de ce magasin aux prix exorbitants, et Alice, ma meilleure amie, avait décidé que je devais trouver une tenue particulière pour un événement particulier qu'elle avait refusé de nommer.
« Alice !! »M'écriai-je en voyant la longueur, ou l'absence de longueur de cette robe bustier. Elle était jolie, je ne disais pas, mais c'était absolument immettable.
« Oh ! Bella ! »S'extasia-t-elle en ouvrant le rideau de la cabine.
« Si tu me dis que c'est ce que tu as vu, je t'égorge ! »Prévins-je en la pointant du doigt.
Elle se contenta de me sourire. Bon d'accord, ma menace ne valait rien, mais elle pouvait au moins faire semblant de me prendre au sérieux. Je rebaissai les mains le long de mon corps, cherchant vainement à étendre la robe.
« Ne fais pas ça ! Tu es absolument superbe »Assura-t-elle en me tirant hors de la cabine, surement avait-elle peur que je la retire sous ses yeux. D'ailleurs, j'en rêvais. J'y mettrais toute mon énergie, et je tirerais comme une dingue sur le tissu, quitte à le déformer…Juste pour le plaisir de voir Alice perdre ses moyens, parce qu'on savait tous son amour pour les vêtements…
Alors que j'imaginais des manières de rendre Alice dingue, elle me faisait tourner et retourner devant un grand miroir, en vantant ci et ça de cette robe.
« Non, finalement, ce n'est pas ce que je cherche »Décréta-t-elle en se détournant de la vendeuse qui se croyait meilleure conseillère.
« Alors, on y va ? »Espérai-je, et je crus recevoir une balle en plein cœur en voyant les yeux meurtriers d'Alice. « Non, peut-être pas tout de suite, tu as raison »Maugréai-je en retournant dans la cabine.
Une seconde après, une main me tendit une jupe et un chemisier. J'avouai que je préférais ça à une robe. J'enfilai le tout, et souris devant le nouveau choix. La souple jupe noire arrivait au genou, et le chemisier bleu nuit dessinait doucement ma poitrine. J'hochai la tête au moment où Alice ouvrait le rideau.
Elle resta muette un instant, à tel point que je pensais que j'allais devoir la secouer.
« Bella… »Elle releva les yeux sur moi, et je me rendis compte qu'elle venait d'avoir une vision. Elle sourit et vint se jeter dans mes bras. « Oh ! Bella ! Oh Bella !! »
Puis elle s'écarta et me signifia de ne pas me changer. Donc je gardais ces vêtements sur le dos ?
Qu'avait-elle vu ?
Je sortis à sa suite, et vis qu'elle me tendait une paire d'escarpins noirs.
« Alice, que se passe-t-il ? »
« On doit rentrer…On emmène tout ça »Dit-elle à la vendeuse qui acquiesça et alla faire les paquets.
« Alice, tu es malade ! »
« Viens »Exigea-t-elle en me prenant la main.
Et en moins de quelques minutes, on avait trouvé Jasper, Emmett et Rose dans un concessionnaire de voitures. Rose parlait mécanique, et Emmett et Jazz reluquaient les femmes qui passaient avec leurs maris.
« Que se passe-t-il ? »Demanda Jasper en se tournant vers nous.
« Alors là ! Demande-lui »Répondis-je alors qu'Alice me lâchait enfin les mains.
« Ok, on y va »Répondit-il à Alice, et je levai les yeux au ciel. Ne pouvaient-ils pas parler normalement, à un niveau sonore qui était accessible aux humains ?
Je vis le regard ennuyé de Rose, et le clin d'œil d'Emmett. Cette fois, c'était sur, il se tramait quelque chose.
« Alice »Appelai-je alors qu'ils s'éloignaient vers la sortie, me laissant derrière. Ils se tournèrent vers moi, les sourcils levés. « Dis-moi ce qui se passe »Suppliai-je, elle dansa jusqu'à moi en souriant
« Fais-moi confiance, Bella. Tu préfères que je ne dise rien »
« Mais… »
Elle ne me répondit pas, et je les suivis, suspicieuse.
Peu après, on était en route pour chez nous. Alice était toujours aussi surexcitée, et refusait de me dire quoi que ce soit. Alors, je posais les questions qui me brulaient la langue, dans ma tête.
Que pouvait-elle avoir vu de si urgent qui m'avait empêché de me changer ? J'étais bien dans cette tenue, mais j'aurais aimé rentrer à la maison avec mon jean et mon vieux t-shirt sur le dos, au moins, je n'aurais pas eu l'impression qu'Alice jouait à la poupée avec moi…
Enfin, Alice ralentit pour pouvoir se garer devant la maison et je vis les voitures. Il y avait celle de Rose qui était déjà garée. Et comme je ne les avais pas vus devant nous quand Alice nous ramenait, ça voulait dire que Rose avait roulé encore plus vite que d'habitude pour nous devancer.
Mes doigts se crispèrent sur l'accoudoir de la portière, et je tournai les yeux vers Alice. Elle souriait.
C'était bien la voiture de Carlisle, celle qui était garée un peu plus loin. Mon cœur s'emballa dans ma poitrine, alors que je sortais en courant presque de la Porsche d'Alice.
Je ne savais pas si elle me suivait, et je n'en avais rien à faire.
Carlisle était de retour, donc IL était de retour.
Sans même y penser, j'étais déjà dans le salon, tous me regardaient en souriant, mais mes yeux furent attirés par les siens. Il souriait, mais je voyais qu'il était un peu tendu. Je fis un pas, incapable de parler. Il était là. Depuis le temps que je l'attendais, je l'avais enfin à nouveau devant moi, et je pouvais enfin sentir ses bras autour de moi.
« Edward »Fis-je, la voix enrouée d'émotions.
NOTE : et voilà, encore désolée d'avoir mis si longtemps pour poster, mais bon, ça a été dur dur ces derniers jours…Et encore, je ne suis pas sur de poster dimanche (ok, je vais me faire lyncher, je dois être sado,lol)…Mais bon, je ferai de mon mieux, quitte à ce que ça soit tard.
En tout cas, comme toujours j'attends vos avis et conseils.
bsx
