Le chapitre 37...waouh! Et dire que quand j'ai commencé cette fic, je pensais qu'elle serait courte. Je m'étonne toujours d'être arrivée aussi loin et de toujours vous intéresser.
Réponses aux reviews puis on attaque:
Aliena : Tes review me font rire: à chaque fois, j'ai l'impression que tu perds tes mots et qu'il ne te reste plus que des onomatopées. ^^
Tillie 231: Magnussen est bien une réincarnation, mais n'oublions pas que le pauvre s'est pris une balle dans la tête grâce à ce cher Sherlock. Il ne peut donc plus rien faire. Mais on en saura un peu plus sur lui dans ce chapitre.
Julindy: Et oui on part dans le registre épique maintenant. ^^
Le chapitre sera très axé sur les pensées et les sentiments de Loki. J'emploierai souvent le verbe "aimer" mais il ne s'agit pas d'amour dans le terme sexuel (attirance physique). Loki aime Béatrice parce qu'elle est comme lui d'une certaine manière et parce qu'elle le comprend vraiment.
Rating M au cas où pour cause de torture.
Chapitre 36
Imitation game,
Jeu de dupes, dieu des mensonges
Loki s'était toujours considéré comme un maître en matière de torture. Force était de rendre à César ce qui appartenait à César ou dans le cas présent à Sauron. Odin lui-même aurait eu fort à faire face à cette âme retorse, tordue et déchirée. Cela faisait à peine une demi-heure que Moriarty questionnait Lucas, mais pour Loki, cela lui semblait une éternité, une trop longue éternité. Les cris de Lucas n'étaient pas nombreux mais ils vous déchiraient les entrailles, même pour un dieu. Surtout pour un dieu qui aimait une mortelle comme une partie de lui-même.
Sauron reposa un instant la lanière de cuir cloutée qu'il utilisait pour allumer une cigarette. Il tira une bouffée qu'il relâcha ensuite lentement dans le visage de l'agent. Il aimait qu'on lui résiste; il n'avait que plus de plaisir à briser ensuite la personne, à en faire un pantin vide qui ne savait plus rien faire sans qu'il en tire les ficelles. Ils ne pouvaient même plus baiser sans qu'il ne leur permette. Il s'était entraîné sur les mortels qui lui servaient de parents, puis sur son frère. James avait été une belle première réussite. Son jouet préféré... Malheureusement, il avait fallu qu'il y ait ces maudits Holmes. Son oeuvre détruite par des mortels encore une fois...Mais il avait été patient. Grâce à l'expérience James, il savait de qui il devait se défier. Et Mycroft Holmes n'était qu'un homme, tout comme son frère. Tôt ou tard, il ferait une erreur et il serait à sa merci, comme ce mortel maintenant. Cependant... cependant, il devait rester prudent. Ne pas aller trop vite comme Melkor encore une fois. Il faut dire que ce dernier n'avait pas supporté la punition que ces crétins de Valars lui avaient affligée. Un dieu enfermé dans un corps de motel. Quelle infamie! Lui-même haïssait son enveloppe corporelle mais ce qu'il avait fait à Morgoth était abominable. Ce corps si faible que même sa vue était mauvaise. Sa rage avait été terrible quand son maître l'avait retrouvé et s'était présenté à lui sous cette apparence. Mais Morgoth, qui se faisait appeler désormais Magnussen, n'avait rien perdu de son désir de détruire ce monde. Il savait même qu'il ne lui suffisait de pas grand chose pour que le chaos se répande. C'était tellement simple avec ces mortels qui n'avaient plus de valeurs, plus de figure à laquelle se rallier.
Mais tout s'était arrêté alors même qu'il semblait pouvoir récupérer sa puissance d'antan. Sauron ne connaissait pas d'autres sentiments que la rage, la haine et le dégoût, le mépris pour la vie. Ces sentiments avaient explosé avec une violence qu'il n'avait été que trop heureux de retrouver pendant un court moment. Les valars ne pourraient pas de nouveau sauver le monde qu'ils avaient créé: leurs héros étaient partis. Aussi avait-il décidé d'achever la tâche de son maître. Et aucun humain ne pourrait arrêter cela. Ils...brûleraient dans les ruines de leur monde.
Il tira une nouvelle bouffée avant d'obliger son invité à faire de même. Lui redressant la tête, il l'empêcha d'expirer la fumée. L'agent du MI-6 commença à s'étouffer tandis qu'il maintenait sa bouche et ses narines fermées. Quand la peau de Lucas vira au violet, il relâcha la pression. La tête de l'espion retomba lourdement sur son épaule tandis qu'il recrachait l'air vicié qui lui brûlait les poumons. Sur ses tatouages, des filets de sang coulaient. L'Ancien des jours semblait avoir ouvert des vannes secrètes dans son corps pour inonder le monde sous le liquide carmin. La douleur s'était logée dans chaque recoin de son être, mais il la connaissait déjà. Il pouvait tenir. Pour Béatrice, pour Loki qui, tout en assistant à ce triste spectacle, s'était dédoublé et se trouvait aussi dans les laboratoires. Il fallait gagner du temps. Sauron n'avait rien remarqué et personne n'avait encore eu le temps de prévenir le mégalomane. Et certainement, n'auraient-il jamais le temps...
Lucas aurait pu douter de Loki mais s'il le faisait, cela créerait une première brèche dans ses résistances, une brèche qui pourrait être plus que suffisante pour le mettre à terre.
Il se mordit brusquement la lèvre inférieure la faisant saigner encore un peu plus. Ne pas hurler, ne pas hurler...Sauron appliquait avec douceur le bout de sa cigarette allumée sur chacune ds menottes qu'il avait tatouées dans son dos, lui faisant sentir la chaleur contre sa peau jusqu'à ce qu'elle soit insupportable. Puis il la retirait un court instant avant de brusquement l'appuyer contre sa peau.
"Je ne vous mentirai pas: vous n'avez aucune chance de vous en sortir. Vous m'appartenez maintenant. Mais vous pouvez arrêter cela, vous avec le pouvoir de faire cesser la souffrance. Répondez juste à cette question..."
Il s'adressait aussi bien à Loki qu'à Lucas. Il se décidait enfin à prendre ce qu'il voulait après avoir joué avec leurs nerfs comme un chat joue avec une souris.
"Pourquoi envoyer aussi peu de personnes pour m'arrêter ? Pourquoi vous alors que ce pays dispose d'agents bien plus performants ?"
Le monde était brouillé pour Lucas, brouillé et brûlant. La voix de Moriarty se mêlait à celle des russes dans son esprit. Mais il refusait de céder. Béatrice était là avec lui. Le souvenir de la douceur de sa peau éloignait la douleur de la brûlure. Le fantôme de sa voix chassait la proposition mensongère de Sauron qui semblait si tentante. Comme toujours, elle veillait sur lui. Comme toujours, il la protègerait. Thorin avait échoué à empêcher le mal de s'approcher de Bilbo. Lucas ne pouvait pas se permettre cette erreur.
Moriarty, ne percevant aucune coopération, attrapa de nouveau le visage de l'espion. Lorsqu'il sentit qu'il le forçait à ouvrir la bouche, Lucas lui laissa croire qu'il allait obéir. Sauron commit l'imprudence de glisser le bout de son index dans son orifice. Lucas le mordit. De toutes ses forces.
Mais Sauron savait tout aussi bien gérer la douleur que lui. Son sang commençait à couler dans la gorge de l'espion. Son bourreau cependant, approcha doucement le bout rougeoyant de sa cigarette de son oeil. Dans un réflexe, Lucas ferma les yeux et relâcha ses mâchoires. La chaleur brûlante s'éloigna immédiatement. Mais son soulagement fut de courte durée puisque le fouet clouté frappa son torse et érafla son visage. Une fois, deux fois, trois fois... Et Sauron ne donnait même pas l'impression d'exprimer de la colère ou de se venger. Il semblait détaché mais ce n'était qu'une apparence. Loki voyait cette lumière malsaine allumée dans son regard, cette même lueur que Thanos avait eu lui aussi quand il brisait son corps. Cette leur de perversité qui annonçait clairement que Sauron se moquait bien d'avoir des réponses, que cela n'était qu'une excuse pour aller plus loin dans la folie, dans la douleur.
Loki était un dieu. Seule une entité supérieure pouvait le briser. Et Sauron, malgré toute sa malice, n'était qu'un homme. Lui ne risquait rien, ce n'était pas le cas pour Lucas. Et pourtant, Loki dut admettre que celui qui était le plus fort entre eux deux, c'était bien Lucas. Il méprisait les fous qui se dressaient contre le mal seulement armés de leur courage parce qu'ils finissaient impitoyablement broyés. Il les méprisaient parce qu'ils en aimaient deux: sa mère et Béatrice. Sa mère avait donné sa vie en se dressant contre le mal. Béatrice pouvait mourir à tout moment. Et cela le torturait. Béatrice mourait si Lucas venait à être tué. Et lui sombrerait.
Il n'avait pas le choix.
"Ce sont les meilleurs, contrairement à ce que vous croyez." répondit-il "Ils ont des talents que d'autres non pas. C'est pour ça qu'ils ont été choisis."
"Non..."souffla Lucas qui l'entendait au travers du brouillard de souffrance dans lequel il se noyait.
Mais l'intervention de Loki eut le mérite de détourner l'attention de leur ennemi qui laissa tomber sa cigarette et l'écrasa.
"Des talents, vous dîtes..."
Il s'éloigna de Lucas. Chaque pas qu'il faisait dans sa direction soulageait toujours un peu plus la conscience de Loki. Sauron alluma sa tablette et ouvrit un dossier.
"Evelyne Brody, traductrice. John Corcoran, ancien lieutenant de sa Majesté et formateur au MI-6. John Watson, ancien fusilier du 5th Northumberland. Mary Watson, ancienne tueuse à gage. Sherlock Holmes qu'on ne présente plus...Ils n'ont rien de particulier...sauf...sauf s'ils sont dans le même cas que moi." se moqua Moriarty
"Vous supposez que ce sont des...réincarnations ?" demanda Loki
"Oh, mon cher...ne faites pas l'erreur de me sous-estimer. Je sais que vous les connaissez, que vous les côtoyez de très près. Vous savez très bien qui ils sont réellement. Cette Mary Watson...elle a combattu avec Elendil, son père et les hommes du Gondor autrefois, lors de la dernière alliance entre les hommes et les elfes. Sherlock Holmes doit aussi en faire partie, sinon comment aurait-il pu mettre en déroute mon frère." supposa-t-il
La question avait eut l'effet escompté. Sauron avait cru déceler la crainte de Loki. Il n'avait pas vu le piège que ce dernier lui tendait. Maintenant, Loki reprenait l'avantage de la situation. Sauron ne savait pas exactement qui était réincarné ou non. L'information parvint aussi à Lucas qui mit quelques minutes à comprendre.
Loki regarda attentivement les dossiers. Ils étaient récents et surtout, le plus grave, officiels. Ces informations étaient sensées rester secrètes. Elles étaient protégées. Les seuls qui pouvaient y avoir accès étaient les supérieurs de leur groupe. La taupe n'était pas l'un des leurs mais bel et bien quelqu'un de l'entourage de Mycroft Holmes ! Et il fallait que, ironie du sort, ce soit lui, le dieu du mensonge qui fasse cette découverte.
Et qui mieux que lui pour être le traître aux yeux des autres ?
Il ne pourrait plus les mettre en garde, ils ne le croiraient pas. Il serait de nouveau rejeté par tous. Sauf par Sauron qui l'accueillait à bras ouverts comme un fils prodigue.
Il continua de regarder les profils de ses amis qu'il allait condamner. Car oui, quoi qu'on puisse dire, ils étaient devenus ses amis. Cependant, il remarque bien rapidement quelque chose qui raviva en lui l'espoir.
"Auriez-vous des connaissances qui ne seraient pas parvenues à moi ?" demanda calmement Sauron
Lucas redressa péniblement la tête pour regarder le dieu du mensonge. Ce dernier donnait tous les signes qui prouvaient que Sauron saurait tout d'ici quelques minutes. Le désespoir s'abattit sur les épaules de l'espion. Béatrice...
" Nous vous avons mis sur écoute. Ils savent que vous allez faire exploser des bombes à Edimbourg aujourd'hui. Ce qui les a poussés à préparer une intervention ici car leurs hackers n'ont pas encore réussi à pénétrer Mordor. Ils ont cependant pirater votre boîte mail et ont vidé vos comptes en banques."
"Eh bien voilà. Ce n'était pas si compliqué. Je suppose que votre gentil pantin a installé quelques micros ici et là. Mais le problème sera rapidement réglé." déclara-t-il en envoyant deux messages, l'un pour ordonner à ses hommes à la ferme de lui ramener Sherlock et Mary vivants, l'autre pour demander à ce que les micros dissimulés soient récupérés et détruits.
Il récupéra sa tablette avant de sortir. Sur le palier de la cellule, il se tourna vers Loki et désigna Lucas du menton.
"Faites-le couiner encore un peu. Et achever de briser son esprit, on en fera un bon Uruk-kaï." ordonna-t-il en sortant
Loki et Lucas restèrent seuls. Lucas redressa difficilement la tête. Au moment où il allait parler, de la bile remonta dans son œsophage et il vomit une mixture rougeâtre dans laquelle surnageaient des caillots de sang. Sauron avait demandé à deux anciens orques au début de l'interrogatoire de le "mettre dans de bonnes dispositions". Il respira laborieusement et douloureusement. Il n'osait compter le nombre de côtes cassées qu'il pouvait avoir.
"Comment avez-vous pu ? Elle vous fait confiance. Je vous...faisais... confiance...grâce à elle." lui reprocha-t-il
Loki s'approcha de lui.
"Je n'ai pas trahi Béatrice..."
"Elle doit...être morte dans le meilleur des cas ! Vous l'avez... abandonnée !"
"Non ! Il ne sait pas...Sauron ne sait pas pour Béatrice. Il n'a jamais su. Et personne ne sait qu'elle est avec nous."
Lucas n'eut pas la force de parler ou de lever les yeux. A peine avait-il entendu les paroles du dieu. Sa femme avait sûrement été tuée. Que lui importait désormais cette mission ?
"Lucas! Béa n'apparaît nul part. Elle n'existe pas ! Aux yeux de Sauron, et même de toute autre menace, elle est invisible."
"Quoi ?"
Loki se souvint d'une sortie avec Béatrice et sa collègue Darcy. Le soldat avait été avec eux. D'ailleurs c'était lui qui lui avait fait manger son premier hotdog. Béatrice les avait emmenés dans une librairie pour une raison quelconque. Elle avait fait des achats qu'elle avait payé avec une carte bancaire.
Une parmi cinq autres.
Toutes avec un nom différent.
Il avait cherché à en savoir plus sur ce détail qui ne lui semblait pas courant chez les autres mortels. C'est là que la jeune femme lui avait expliqué qu'au regard de sa situation, elle pouvait devoir à tout moment disparaître si jamais un réincarné du mauvais côté de la barrière la reconnaissait. Elle avait sciemment choisi de n'être personne pour pouvoir survivre et surtout, continuer de faire partie du jeu.
"Ulysse a dupé Polyphème en disant n'être Personne. Ca lui a sauvé la vie. Tu dois pouvoir comprendre: c'est mentir ou mourir."
De nouveau, tout reposait sur un être à qui on ne prêtait guère attention. De nouveau seul un hobbit pourrait mettre à bas le Seigneur des ténèbres.
Mais, après tout, Béatrice n'était-elle pas la mieux placée pour les sortir de l'enfer?
Avis ?
A la semaine prochaine.
