Bonjour à tous !
Après des congés agités en Gensokyo, on repart dans les pays shinobis. Les choses avancent avec le passage à l'action de notre organisation criminelle préférée.
Merci à tous ceux qui me lisent et à tous ceux qui me laissent des reviews. N'hésitez pas à me faire part de vos remarques.
Bonne lecture à tous et j'espère que ce chapitre sera à la hauteur de vos attentes.
Disclaimer : Naruto appartient à Masashi Kishimoto. Touhou Project appartient à ZUN.
Chapitre 35 : Massacre dans le désert
L'équipe huit, dirigée par Yuhi Kurenai, la plus célèbre utilisatrice de Genjutsu de Konoha, était une escouade spécialement conçue pour la reconnaissance et la traque. Ce trio était formé pour épier les ennemis, surveiller discrètement les menaces potentielles et surtout ne pas se faire remarquer.
Cette équipe faisait la fierté de ceux l'ayant composé, puisque l'entraînement drastique qui leur avait été donné, avait permis à ces jeunes shinobis d'accéder rapidement au grade de chûnin et leur réputation n'était plus à faire dans le village.
Kiba était l'un des meilleurs pisteurs, capable de reconnaître une odeur à des kilomètres. Si le jeune homme avait gagné en maturité, il n'en restait pas moins encore un peu fanfaron, trait de caractère que les autres avaient appris à utiliser contre lui pour s'amuser à ses dépens. Cependant, son odorat s'était considérablement amélioré. Une fois, il avait même fait remarquer à Kurenai qu'elle devrait moins fréquenter Asuma, puisqu'elle avait une légère odeur de nicotine. Ce commentaire, bien que véridique, était extrêmement malvenu. Kurenai n'appréciant pas que l'on se mêle de sa vie sentimentale, la remarque valut au pauvre genin de se retrouver prisonnier d'une terrible illusion.
Shino était toujours aussi calme et réfléchi, dissimulant ses expressions et ses pensées derrière ses lunettes sombres et son large manteau. Comme tous les Aburame, il disposait d'une armée d'insectes, qui lui permettaient de pister ses cibles et de reconnaître le terrain sans avoir à se mettre à découvert. Ses essaims étaient également pratiques pour éliminer une cible isolée, ses meurtres silencieux étant d'une discrétion rarement égalée, tout en ne répandant pas le sang odorant.
Ami, la seule personne ne provenant pas d'un clan shinobi, s'était spécialisée dans les genjutsus. Suite aux examens chûnin, la jeune fille avait souffert de la destruction de ses tympans. Tsunade avait réussi à la soigner à la perfection et cette expérience avait été une occasion pour la motiver à maîtriser ce sens à la perfection. La brune avait récupéré certaines techniques de Kurenai, avant d'inventer les siennes. Elle utilisait de subtiles techniques sur une vaste zone pour couvrir ses camarades et les protéger, modifiant leur position aux yeux de ceux qui n'étaient pas dans un rayon de dix mètres autour d'eux.
L'équipe collaborait bien et malgré les appréhensions initiales, ils avaient fini par être soudés et ils étaient un bon modèle pour de nombreux jeunes élèves qui observaient leurs aînés. Le trio, toujours sous l'autorité de Yûhi Kurenai, était actuellement en mission à Suna.
C'était leur allié, le Yondaime Kazekage en personne, qui avait fait appel à leurs services.
Deux ans après l'invasion d'Orochimaru, la surprenante décision du Kazekage avait été accueillie avec circonspection. Certes, il était impossible de ne pas admettre qu'il planifiait la perte de Sarutobi, mais sa véritable cible avait été le seigneur féodal du pays du vent.
Face à l'intérêt supérieur de l'Etat, le pays du feu avait considéré que leur allié avait joué ses cartes, choisissant de ne pas prévenir Konoha, pour éviter qu'Orochimaru ne se doute de quelque chose. Après tout, les traîtres ne se définissaient pas par leurs idées, mais par ceux qu'ils trahissaient et au final, c'était Orochimaru qui avait été trahi. Sans la troup de Suna, nul doute que les dégâts et le nombre de morts auraient été beaucoup plus importants.
Konoha ne voulait pas perdre son seul allié de longue date dans les nations élémentaires. La mort du daimyô du pays du vent ne les concernait pas. Il s'agissait d'une affaire interne aux affaires du pays du vent. Le meurtre commis par le Kazekage, bien qu'il ait été public et sur leur territoire, n'était pas de leur ressort.
Ainsi, Suna avait recommencé à prospérer avec l'arrivée au pouvoir d'un nouveau seigneur féodal qui s'était frotté les mains après avoir hérité de la place de son vieux père. Ce daimyô avait décidé de confier ses missions à Suna et non à Konoha. Le village caché dans les feuilles n'avait rien dit, acceptant ce changement pour éviter de dégrader davantage leurs relations. De son coté, le Kazekage avait décidé de jouer la transparence avec son homologue du pays du feu, refusant que le doute ne trouble davantage leur alliance.
L'équipe de Kurenai avait donc été convoquée pour assister celle de Baki, afin de pister deux mystérieux mercenaires qui s'étaient introduits dans le désert, à l'endroit précis ou le chakra maudit de l'Ichibi se concentrait.
Le Kazekage souhaitait évidemment récupérer le démon à une queue, afin d'obtenir un moyen de pression efficace, mais il comptait d'abord le sceller dans une veille théière pour mieux pouvoir le transporter et le sceller dans un environnement sécurisé.
Etant donné leur faiblesse, les dirigeants de Suna n'avaient plus grand chose à perdre. S'ils devaient sacrifier un peu de leur fierté et faire appel à des étrangers pour récupérer leur bijuu, cela vaudrait le coup.
Les shinobis de Konoha devaient s'assurer que la voie serait libre, afin que l'escouade de Baki sécurise le terrain. Les shinobis ne devaient intervenir qu'en dernier recours, pour protéger les moines de Suna qui maîtrisaient le fûinjutsu secret permettant de sceller un bijû.
L'équipe huit rencontra leur contact dans le village aux maisons ocre. Le jônin de Suna était un homme dissimulant la moitié de son visage, ce qui avait le don d'attirer les regards. Les cicatrices couvrant la moitié visible de son visage avaient cependant le don de dissuader les gens de chercher à découvrir ce qui se cachait sous ce voile.
Baki était accompagné de ses élèves. La fille du Kazekage était toujours la même, avec sa peau hâlée et ses cheveux blonds coiffés en quatre couettes. La garce qui avait brisé Ino et qui avait ensuite été humiliée, avait toujours un petit sourire, tandis qu'elle caressait son éventail. Derrière elle, une jeune kunoichi aux cheveux châtains, qui répondait au nom de Sari, échangeait quelques mots avec le garçon au bonnet de chat. Les retrouvailles furent d'une froideur telle, qu'elles rafraîchirent l'atmosphère, ce qui aurait pu être le bienvenu dans une autre occasion.
Les six jeunes, ainsi que leurs senseis, mirent leurs sentiments de coté, échangeant leurs informateurs avec professionnalisme. Peu de temps après, ils reçurent la visite d'un informateur, venu en compagnie de l'un des anciens du village.
- Baki-san, salua t-il avec respect, malgré qu'ils soient du même grade, nous avons confirmation que les deux mercenaires dans le désert sont des membres de l'organisation Akatsuki et qu'ils cherchent eux aussi à capturer Ichibi. leurs manteaux confirment nos doutes et ils n'ont pas pris la peine de se faire discrets. L'un des deux a même révélé son identité en tuant les gardiens du désert.
- Qui est-ce ? questionna Baki en fronçant le seul sourcil visible sur son visage voilé. Qui pourrait vaincre si facilement les marionnettistes ?
- Mon petit fils, soupira la vieille femme qui les accompagnait. Il s'agit du nukenin Akasuna no Sasori. Je viendrais avec vous, vous aurez besoin de toute l'aide disponible et j'ai un compte à régler avec lui. C'est un ennemi redoutable, c'est lui qui a créé la moitié de nos marionnettes et il est également l'homme qui a tué le Sandaime Kazekage.
Bien que certains puissent douter de l'utilité d'avoir une vieille femme avec soi, nier l'aide d'un vétéran qui connaissait les techniques de son ennemi était parfaitement stupide. Surtout si son ennemi était un shinobi de rang S.
Dans le désert, non loin des cadavres d'une escouade de Suna, deux silhouettes avançaient calmement. L'une était d'une taille normale, tandis que la seconde, plus petite, ressemblait à un animal, laissant des traces semblables à celles d'un gastéropode.
Les deux déserteurs atteignirent enfin le cœur du désert, ce lieu mythique baigné d'une aura sanglante. A cet endroit, ils virent le sable s'agiter, alors que la bête à une queue se régénérait, concentrant son chakra afin de reprendre une forme corporelle entière.
- Dépéchez-vous, Tobi, grogna le déserteur dont le visage était caché par un foulard noir. Je déteste attendre et je déteste qu'on me fasse attendre.
- Patience, siffla le nukenin au masque orange. C'est presque prêt. Nos ennemis devraient être sur nos traces, espérons que Kakuzu et Hidan seront prêts.
Les deux déserteurs restèrent sur place, multipliant les sceaux et la rédaction de parchemins il ne restait plus que quelques heures avant la réapparition du bijû à une queue.
A quelques kilomètres, dans les étendues de sable qui semblaient ne pas avoir de limites, les deux équipes envoyées par le Kazekage firent face à un duo intimidant. L'un des deux hommes était cagoulé, ne laissant voir que ses yeux verts, injectés de sang. L'autre avait le profil du parfait pervers, exposant ses muscles devant toutes les filles, alors que ses yeux mauves luisaient d'une folie alternant entre deux irrépressibles envies, celles de tuer et celle de violer.
Face à ces deux membres de l'Akatsuki, les ninjas de Suna proposèrent de se séparer. Comme ils connaissaient parfaitement le désert, pourtant dépourvu de points de repère clairs, ils iraient poursuivre le groupe formé de Sasori et de son complice, tandis que les ninjas de Konoha affronteraient le duo mystérieux.
Alors que Baki et ses élèves poursuivaient leur route, Kurenai dispersa son équipe dans leur formation défensive longuement travaillée.
Hidan sourit, saisissant sa faux avant de se jeter sur Kurenai, sans la moindre stratégie. Le déserteur était agile et violent, frappant avec frénésie, ne se souciant même pas des coups qu'ilspourrait recevoir. La kunoichi croisa le regard mauve du nukenin et en profita pour le plonger dans une illusion.
Profitant de la faiblesse du nukenin, Kurenai dégaina son kunai et l'égorgea d'un seul geste, reculant pour éviter l'éclaboussure de sang.
Le nukenin de rang S, membre de l'Akatsuki, s'effondra au sol. Visiblement, la réputation de ces mercenaires était très surfaite.
Hidan jura avant de se redresser, devant des regards incrédules. Le coup porté par Kurenai était pourtant mortel, mais désormais, seule une légère ligne de sang était visible sur sa gorge.
- Je suis immortel, salope ! hurla t-il avant de reprendre sa faux et de se ruer en direction de Kiba.
Son partenaire, Kakuzu, avait des aptitudes et une expérience qui le rendaient naturellement résistant aux genjutsus. Ce serait lui qui s'occupait de Kurenai. En plus, ce corps se vendrait une fortune au marché noir.
Hidan était rapide, sa faux fendait l'air en sifflant, mais Kiba n'était pas entièrement humain. Comme tous les Inuzuka, il était à moitié canin et possédait un instinct animal, lui permettant de sentir d'ou proviendrait le prochain coup
Kiba n'était pas seul. Son fidèle compagnon et ami, Akamaru, était toujours avec lui. Ces deux-là vivaient ensemble, mangeaient ensemble et dormaient ensemble, jamais ils ne se séparaient. Le grand chien au poil blanc chargea Hidan de flanc, tandis que Kiba utilisait sa fameuse technique du Gatsûga, formant un tourbillon.
Malheureusement, si l'attaque était rapide, elle offrait une mauvaise visibilité. Si l'ennemi esquivait, Kiba n'aurait pas le temps de corriger sa trajectoire. Pire encore, Hidan pouvait profiter de ce petit délai pour contrer l'attaque, puisqu'il ne craignait pas d'être touché.
Ce fut ce qui se produisit.
Hidan esquiva la tornade de Kiba, avant de lancer sa faux dans la masse, mais son attaque échoua de justesse, puisque le manche fut attrapé en plein vol par Akamaru. Furieux, le nukenin tira sur la corde reliée à sa faux, mais les crocs du chien tinrent bon. L'animal tira, luttant contre Hidan, donnant à son maître le temps de charger le déserteur.
L'homme aux cheveux gominés sentit alors ses muscles se déformer, ses os se craqueler, alors qu'il était éjecté à plusieurs mètres.
Sans perdre de temps, le déserteur se releva et contre-attaqua, mais alors que sa faux allait décapiter l'Inuzuka, Kiba disparut dans un brouillard flou.
Furieux, Hidan recula et regarda autour de lui. La jeune fille discrète, qui était restée en arrière durant tout le combat, était sans doute une utilisatrice de ces maudites illusions.
Le nukenin esquiva une nouvelle attaque, envoyant également un violent coup de pied au cabot qui le mordait. Il profita de ce répit pour se tourner vers la jeune fille et d'envoyer un kunai explosif dans sa direction.
L'arme fut esquivée, mais l'explosion projeta des nuées de sable dans les yeux de la kunoichi. Ami brisa sa concentration, frottant ses paupières pour chasser les grains de sable qui irritaient ses yeux.
Hidan profita de ce répit pour manœuvrer son arme en direction du véritable shinobi. Après un échange de coup, le déserteur furieux accéléra encore son rythme et ses trois lames frappèrent Kiba. L'une des pointes acérées griffa le bras gauche de son adversaire, faisant perler le sang à l'odeur métallique.
Le déserteur sourit. Une goutte de sang souillait sa lame et c'était suffisant pour accomplir son rituel. Il recula de quelques pas, avant de froncer les sourcils. Il avait espéré utiliser sa technique maudite, nécessitant d'accomplir son rituel de sang, mais il avait oublié un détail. Leur terrain de combat désertique était couvert de sable et le sang qui devait constituer sa marque serait absorbé. Sans oublier qu'il ne pourrait pas tracer de figures dans un matériau aussi meuble.
Furieux de ne pas pouvoir honorer Jashin, Hidan repassa à l'action, tandis que Ami réussissait à se reprendre pour employer ses stratégies contre l'adversaire de Kiba.
Kurenai et Shino affrontaient un adversaire autrement plus dangereux. Kakuzu réfléchissait beaucoup plus et beaucoup plus rapidement. Il répondait aux vagues d'insectes par d'immenses rafales de flammes, déblayant les environs, tout en vitrifiant le sable impacté par ses volées incinérant tout sur leur passage.
La jônin aux cheveux d'ébène bondit en arrière, esquivant une nouvelle vague ardente. Face à cette impasse, puisque aucun des deux ne réussissait à prendre l'avantage, le déserteur retira sa cape. Satisfait des regards horrifiés de ses ennemis, il dévoila son corps couturé de cicatrices, sur lequel figurait quatre masques, qui se décrochèrent.
Kakuzu sourit, alors que sa bouche laissait régurgiter une immonde flopée de fils gris. Le nukenin laissa ses masques émerger et prendre l'apparence de créatures humanoïdes, faites de fils noirs.
L'un de ses masques projeta une vague foudroyante, carbonisant les insectes de Shino qui volaient et qui tentaient de drainer ces immondes silhouettes de leur chakra.
Malheureusement pour lui, une partie des insectes avaient survécu et Shino n'avait pas fait émerger toute sa colonie. Il avait gardé une partie de la ruche en réserve.
Le nukenin fronça les sourcils, alors que Shino parvenait à envoyer ses minuscules insectes dans le masque le plus proche, s'insinuant dans de minuscules fissures pour drainer le chakra du cœur s'y trouvant.
Tandis que la forme s'écroulait et que le masque grimaçant tombait au sol, le nonagénaire de l'Akatsuki resta d'un calme absolu. Il fronça les sourcils, alors qu'il sentait que cet adversaire serait redoutable.
- Tu as détruit un de mes masques, gronda t-il, laissant sa colère monter. Tu es doué, je te l'accorde, le dernier à m'avoir fait autant de dommages était Senju Hashirama. Cependant, j'ai gagné en expérience depuis ce combat contre le Shodaime Hokage.
Kakuzu combina le feu et le vent, préparant un assaut dévastateur.
- Katon, Zukokku ! annonça t-il en crachant un flot embrasé qui surprit tout le monde par sa vitesse.
La déflagration couvrait un large espace, mais elle était attisée par le vent qui la poussa en direction des deux combattants.
Kurenai esquiva de justesse, mais même hors du cône de flammes, elle n'était pas en sécurité. Elle fut fouettée par l'air en mouvement et elle s'écroula rapidement, grièvement brûlée par l'air surchauffé.
La kunoichi se redressa, ne prêtant pas attention à ses fins doigts et à ses bras, couverts de cloques et de tâches brunes, serrant les dents à cause de la douleur que son corps lui renvoyait.
- Ton élève est mort, déclara Kakuzu en lui montrant le cadavre calciné gisant sur le sable transformé en verre. Maintenant, tu vas remplacer le cœur qu'il a détruit !
Kakuzu profita de l'état de faiblesse de Kurenai pour la vaincre. Vif comme la foudre et mobile comme l'eau, il détacha ses bras, projetant ses membres qui saisirent Kurenai à la gorge, avant de la ligoter efficacement. Puis, le déserteur enfonça les fils grisâtres dans la poitrine de la maîtresse aux genjutsus, tranchant la chair et brisant les côtes, avant de lui arracher le cœur.
Le déserteur greffa l'organe palpitant dans son masque endommagé, afin de retrouver sa maîtrise de l'élément Raiton. Puis, il avisa le cadavre aux traits défigurés par les brûlures, avant de le sceller. Yuhi Kurenai valait une fortune sur le marché noir, la prime sur sa tête était conséquente.
Kakuzu sifflota quelques secondes, songeant à ses profits. Il se retourna vers son partenaire et sa gaieté disparut d'un coup, remplacée par une profonde lassitude, exprimée par un soupir devant la scène à laquelle il assistait.
- Qu'est-ce que tu fais ? grogna t-il en voyant Hidan porter la jeune fille brune sur son épaule. Tues-là, qu'on en finisse !
- Hors de question, grogna Hidan. Je la garde !
Ami était inconsciente, solidement ligotée, baillonnée et aveuglée par son bandeau frontal, qui couvrait également ses oreilles. Totalement immobilisée, elle n'avait aucun espoir de se détacher d'elle-même et ne pourrait même pas repérer les environs, tous ses sens étant neutralisés.
- Qu'est-ce que tu veux en faire ? grogna le déserteur. Elle n'a aucune valeur.
- Je n'ai pas pu prier aujourd'hui, déclara Hidan, je ferais le rituel avec elle, une fois que nous serons à la base. Mais avant, j'en profiterais un peu pour me défouler sur cette pétasse. Un véritable homme comme moi a certains besoins, mais je suppose que les vieillards comme toi n'ont plus de vigueur depuis longtemps.
Kakuzu grogna, avant de tourner les talons. La base était encore à plusieurs heures de marche et si tout se passait bien, les deux autres les y retrouveraient.
Le soir même, les deux membres de l'Akatsuki attendaient dans une sombre grotte. Hidan arborait un sourire extatique, alors qu'il revêtait sa cape. Dans un coin de la grotte, son partenaire distingua un cadavre violé et mutilé au-delà de toute reconnaissance. Visiblement, cette kunoichi avait été soigneusement brisée, ses doigts broyés et ses dents arrachées témoignaient de tout le sadisme dont pouvait faire preuve le nukenin. La mort provoquée par le sacrifice au nom de Jashin avait probablement du lui apparaître comme une libération.
La porte de pierre s'ouvrit légèrement, laissant apparaître un homme seul, vêtu de la sinistre cape de l'organisation.
A cet instant, les bagues des trois membres s'illuminèrent, laissant apparaître une silhouette éthérée, d'une couleur changeante. Seuls ses yeux lilas, ornés de cercles concentriques, étaient visibles.
- Au rapport, ordonna t-il.
- La mission est un succès, déclara l'homme masqué. Ichibi est capturé.
Le sinistre être masqué cligna des yeux, laissant apparaître son sharingan. L'air tourbillonna devant lui, alors que le tanuki du désert apparaissait, paralysé.
- Sasori est mort, avoua t-il. Il a été tué par sa grand-mère. Il a cependant réussi à nous donner une information capitale.
Le chef hocha la tête, enchaînant les signes d'une technique d'invocation, avant de claquer ses mains contre le sol.
Une immense statue émergea, semblable à un être à peine humain, sculpté par un artiste fou n'ayant qu'une vague idée de ce à quoi ressemblait un homme. La monstruosité pétrifiée tendait ses mains enchaînés vers le haut.
Les trois hommes présents se hissèrent sur les doigts tendus, tandis que des projections de leurs camarades apparaissaient aux autres extrémités.
- Nous vous écoutons, déclara le chef. Kakuzu, Hidan ?
- Rien de spécial, déclara le trésorier. Nous avons éliminé l'équipe de Konoha venue en renfort et nous irons récupérer l'argent des primes le plus tôt possible.
Le chef se tourna vers l'autre nukenin.
- Et toi, Tobi ?
- Nous avons capturé Ichibi, répéta t-il de sa voix froide. Sasori est mort lors de son combat, mais il a avoué que dans dix jours, il avait rendez-vous avec un de ses espions à Kusa, sur le grand pont. Il avait gardé des contacts avec Orochimaru.
- Intéressant, ajouta une silhouette trapue avec une large épée. On pourrait obtenir de quoi faire payer ce serpent et récupérer sa bague. Personne ne peut se moquer impunément de l'Akatsuki.
- Effectivement, reprit le chef. Cependant, une basse vengeance ne ferait que retarder nos plans. Une fois le bijû scellé, Itachi et Kisame iront recruter une personne pour remplacer Sasori, j'ai déjà le candidat en tête. Après, vous vous rendrez tous les deux à Kumo, ou vous attend le jinchûriki de Nibi. Mais pour le moment, préparez-vous à sceller Ichibi.
Les nukenins firent glisser leur chakra dans les doigts épais, tandis que le mors bâillonnant la statue tombait.
- Fuuin no jutsu. Genryû Kyûfûjin ! s'exclama le leader de l'organisation criminelle.
Une masse de chakra bleutée émergea de la gueule de la statue, formant neuf dragons qui se ruèrent sur le tanuki assoupi.
Une fois entouré, l'animal se réveilla brusquement et hurla, mais il était asservi par le puissant chakra qui arrachait des lambeaux écarlates. A chaque instant, l'énergie de l'impuissante bête du désert s'amenuisait, ses mouvements se firent plus lents, alors que son chakra était drainé par la statue.
Deux longues journées plus tard, lorsque le dernier volute d'énergie fut absorbé, la statue disparut dans un écran de fumée.
Tobi exulta intérieurement. Bien que son visage soit masqué, le fait qu'il écarquillait son unique œil avec son sharingan activé, dénotait son avidité de puissance.
Enfin, après toutes ces années de préparation, de planification et d'observation, le premier bijû venait d'être scellé. Plus que huit et il pourrait enfin ressusciter le Jûbi.
