Disclaimers : Oui, oui, oui… Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer. Idem pour l'intrigue, et tout ça…

Remerciements : Tout le monde, pour changer… Lecteurs, Reviewers, Correcteur, Collègues sur Fanfiction…

Note : Voilà (enfin), l'un des chapitres les plus attendus (je crois). Au début où j'ai commencé à l'écrire, je l'aimais bien… Beaucoup… disons, jusqu'à ma 4ème page Word. Après… Je ne sais pas. Je ne trouve pas que les dialogues soient essentiels, mais, en même temps, je ne pouvais pas ne pas les mettre. Gros dilemme, donc. Bref. On verra bien selon ce que vous en pensez ). Merci à David Bowie de m'avoir accompagnée du premier au dernier mot de ce chapitre. Tiens, je lui dédie ce chapitre.


J'étais en plein soleil, et Bella se tenait devant moi. Je n'osai respirer, par crainte de briser le silence, ce moment, hors du temps et de la réalité, qui nous était offert. Je la regardai, mes yeux plongés dans les siens, bien plus calmes que mes pensées. Ne rien lui dire, rester ainsi, comme si elle seule avait le pouvoir de décider du futur. Je la regardai.

Ses yeux s'étaient écarquillés, et je n'avais pas vu le mouvement de repli qu'elle avait effectué, tout en douceur. Ses lèvres étaient légèrement entrouvertes, une invitation inconsciente. Sa peau était pale, pale sous le soleil qui me rendait inhumain. Je mesurai sa fragilité à son souffle, toujours plus rapide. Elle me regardait, et je la fixai. Comme un cercle que nous ne pouvions briser. Sans savoir que ce serait le cas, toujours. Elle ne souriait pas, non. Trop dur. C'était trop dur. De comprendre, d'apprendre. De douter, et d'avoir le temps de savoir. Trop dur de ne plus se fier à ce que l'on croyait.

Je fis un pas en avant. Pas essentiel. Pas pour moi, mais pour elle. La voir se rapprocher, même si j'étais le seul à effectuer un mouvement. La voir trembler, non pas pour elle, mais pour moi. Les yeux baissés sur ma main tendue, j'avançais. Rien n'existait, rien qui put me briser. J'étais seul, seul et non plus solitaire. Je ne me sentais pas faire un pas, un autre encore, et pourtant, chaque seconde je me rapprochai d'elle. Je levai le visage alors qu'elle n'était plus qu'à quelques mètres. Sa lèvre, sa lèvre inférieure, qui tremblait. Sa main, qui se levait, lentement, pour se cacher, pour réaliser. Ne plus avoir peur. Plus d'un sentiment, qu'elle ne pouvait révéler. Les paupières qui se baissent. Dépit, incertitude. Tristesse. Sans une larme qui perle. Je la regardai, toujours. Je ne savais pas quoi faire. Elle s'approcha.

Et je reculai. Réflexe pur, réflexe malencontreux. Elle se mordit la lèvre, plus encore. J'attendis. Dans la peur. Sentant. Je ne voulais pas. Elle releva les yeux, alors que je me rapprochai. Silencieusement, pour ne pas l'effrayer. Ne pas lui montrer que j'étais sans doute plus apeuré qu'elle. Et elle sourit. Non pas de ce sourire que j'avais tant de fois rêvé de voir se dessiner sur son visage à cause de moi, grâce à moi. Un sourire confiant, que jamais je n'avais vu, ni sur son visage, ni sur aucun autre. Et elle pleura. Sans doute ne le sut-elle même pas.

Une larme roula sur sa joue, translucide. Improbable. Je la regardai glisse le long de son visage, suivant ses mouvements avec plus d'attention qu'un peintre devant son modèle. J'étais la larme qui roulait sur ses traits, l'effleurant sans la voir, favorisé sans savoir pourquoi.

Si mon cœur avait battu, il aurait manqué un battement. Un, plus d'un sans doute. Je ne sus combien de temps je restai ainsi, les yeux sur son visage, ni combien de temps j'aurais pu encore le demeurer. N'ayant plus aucune conscience du temps, je me contentai de surveiller le rythme affolé de son cœur. Battant, pas en moi, mais pour moi. C'était déjà trop.

Je m'assis. Mes jambes ne me portaient plus, plus rien ne m'aidait. Rien pour me raccrocher, reprendre ce souffle dont je n'avais pas besoin. J'effleurai de mes doigts l'herbe humide, la sentant fraîche sous moi, douce et rude à la fois. Je quittai Bella des yeux. Ne pas être trop présent. Ne pas laisser les sentiments prendre le dessus sur la raison. Parce que ce n'était pas son sang que je voulais.

J'avais essayé de m'en convaincre, pendant trop de jours. Pendant trop de semaines, passées à l'ignorer parce que je ne me sentais pas capable de supporte cette odeur, l'odeur de son sang battant dans ses veines. Jusqu'à ses joues rougies, jusqu'à ses mains tremblantes. J'avais été sur, pendant tant de jours, que seule une faim entièrement rassasiée me permettrait de lui tenir compagnie. Mais je n'avais pas faim de sang.

Et c'était la première fois.

Elle s'assit à coté de moi, alors que je serrai les lèvres. Sans bruit, elle aussi. Ses mains se posèrent sur le sol, à quelques centimètres des miennes. Sans s'approcher.

C'était la moindre des choses que j'aurais voulu être capable de faire. J'avais pris ma faim comme prétexte à mes propres peurs, à mes doutes. A ma couardise. Il était tellement facile de se retrancher derrière sa nature, d'en faire un bouclier impénétrable.

Mais je n'avais plus le droit. Je n'avais plus à penser au travers de mes besoins. Il me suffisait d'écouter ce que je n'avais jamais pensé posséder.

Je m'allongeai. Il était plus facile de contempler le ciel que son propre esprit. Je vis clairement son visage, quelques secondes, et je l'imprimai derrière mes yeux. Elle était heureuse. Presque autant que moi.

Elle s'assit, les bras repliés autour des genoux, et je la contemplai, les yeux à moitié clos. Elle le savait, mais elle faisait semblant de ne pas s'en rendre compte. Comme honteuse.

Nous restâmes quelques instants sans parler. Ses yeux tombaient sur moi, souvent, bien plus souvent qu'elle ne l'aurait voulu. Je percevais, à chaque fois, les battements irréguliers de son cœur. Et je souriais. Je savais, sans le croire vraiment, qu'elle éprouvait quelque chose de semblable, bien que certainement pas aussi fort que moi. J'avais douté, pendant trop longtemps, composé pour elle ce que je ne pouvais l'entendre dire. J'avais espéré. Il n'était pas possible qu'elle m'aime autant que je le faisais.

Aimer. Mettre un mot sur des sentiments. Ce n'était pas aussi dur que ce que j'aurais cru. Peut-être parce que je l'avais accepté, enfin. Que je savais que je pouvais croire en moi, quelques instants au moins.

Elle me regardait. J'aurais rougi si je l'avais pu. Rougi non pas de honte, mais de joie. L'expression de ses yeux était douce, d'une douceur que je ne lui avais jamais vue. Qui m'était réservée, comme j'aimais à le penser. Je lui souriais en retour, trop confus pour articuler la moindre parole cohérente. Alors, je chantai.

Doucement.

Ce que j'avais trop longtemps gardé sur le papier, ce que j'avais couché, sur des lignes et des lignes, au temps où je ne croyais pas en la possibilité d'un « nous ». Je chantai, et elle me regardait. Je crois qu'en cet instant, nous n'avions pas besoin de mots. Je n'en avais pas besoin.

Nous restâmes un temps qui me sembla court, si court, ainsi. Elle s'approcha, lentement, trop lentement pour que je ne remarque pas son mouvement. Elle le savait, mais elle s'en moquait. Elle s'approcha, et je pus sentir la chaleur de son corps à quelques centimètres du mien, si froid. Elle me regarda quelques minutes de plus, sans rougir. Je le lui aurais permis.

Elle leva la main. Je n'avais pu prévoir son geste. Si je l'avais pu, je ne l'aurais sans doute pas arrêtée. Pour savoir. Juste un instant.

Elle posa son doigt sur le dos de ma main, doucement. Je frissonnai. Résistai à l'envie de lui arracher ma main. J'avais peur, trop peur. Mais je ne voulais pas passer sur ce moment.

Je frissonnai parce que je ne savais que trop bien ce que ce geste pouvait signifier. Elle me sourit, sans s'interrompre.

-Que dis-tu ?

Elle chuchotait, et moi-même je dus tendre l'oreille pour l'entendre. Je souris. A mon tour.

-Je chante.

-Ah ?

Je laissai passer quelques secondes.

-Trop bas pour que tu puisses l'entendre. Pour toi.

Il me sembla l'entendre soupirer. C'était les premiers mots que nous prononcions depuis bien longtemps.

Et son contact m'était toujours aussi agréable. Avec douceur, elle passa son pouce sur tout le dos de ma main, timidement. Comme si elle hésitait à s'approcher autant de moi. Elle baissa les yeux vers moi.

-Je ne t'effraie pas ?

Je gardai ce ton, le même ton que celui sur lequel nous avions entamé notre conversation. Il y avait deux silences. Celui qu'on ne pouvait briser à voix basse, et le véritable silence. Je préférai le premier. Nous étions faits pour le second.

Je voulais savoir. Elle me semblait confiante, trop confiante. Non pas que cela me déplut. J'aurais pu hurler de joie, lui sauter au cou. Mais cela, cela ne convenait pas au moment. Juste savoir. Rien ne pourrait entamer ma joie.

-Pas plus que d'habitude.

Je souris, plus encore. J'aimais ce moment.

-Je t'embête ?

Je mis quelques instants à saisir le sens de sa question, avant d'écarquiller les yeux. Non. Elle… Elle ne pouvait pas savoir. Je ne pourrais même pas le lui dire.

-Tu n'imagines pas les sensations que tu me procures.

Comme si elle avait compris ce que je disais, une part de ce que j'avais dit, sa main remonta lentement le long de mon bras. Des picotements étranges me parcoururent tout entier. Je soupirai. Je ne comprenais pas. Je ne savais pas moi-même. La chaleur qui alors se concentrait dans ma main se propagea dans le reste de mon corps, et je m'arrêtai de respirer. Je ne connaissais pas encore cette sensation, ce bonheur quasi total provoqué par un geste aussi simple…

Son autre main se posa, presque aussi doucement que la première, sur mon poignet. Par pur réflexe, une fois de plus, je retournai ma paume, la lui présentant. Bella recula, un peu surprise. Je soupirai. Encore une fois.

-Désolé. J'ai tendance à me laisser aller à ma véritable nature avec toi.

Elle me sourit, sans relever. Je soupirai, mais de soulagement cette fois-ci. Elle joua quelques instants avec mon articulation, les yeux plongés dans les miens. Je ne voulais pas détourner le regard en premier… Perdre un seul instant… Mais elle non plus.

-Dis-moi à quoi tu penses. L'ignorer est si étrange.

J'espérai détourner son regard, que je puisse la contempler sans qu'elle se doute de rien. Elle sourit, de ce petit sourire de coté que je ne connaissais que trop bien. En même temps, je pensai mes mots. La voir proche, à tel point que je la laisserai… Décider de tout pour moi… Et ne pas comprendre, ne pas savoir ce qu'elle pensait, de moi, de tout. De moi, surtout.

-Je te signale que c'est notre lot commun, à nous autres.

Je tiquai. Un peu. Je le savais. Et elle ne quittait pas mes yeux.

J'en étais flatté. Heureux. Et désolé.

-Votre existence est dure.

Je me laissais prendre à mon propre jeu. Je voulais savoir, vraiment.

-Je pense que j'aurais aimé savoir ce que toi, tu penses.

Je la regardai. Sans comprendre, et en comprenant trop bien à la fois. Ce qui ne changeait rien.

Je pouvais lui avouer. Ou bien la laisser se questionner.

Comme elle le faisait avec moi.

-Et ?

Trop facile. Me mordre les lèvres. Essayer d'être parfait, de répondre à chacun de ses désirs. Dur, trop dur, pour pouvoir concilier avec tout cela mon humanité. Ce qu'il en restait. Ce qu'il me restait.

-Je songeai que j'aurais aimé croire en ta réalité. Ne pas avoir peur.

-Je ne veux pas que tu aies peur.

Je ne pouvais rien dire d'autre. Ni l'assurer que rien ne lui arriverait, ni la laisser douter.

-Pour être exacte, la peur ne me préoccupe pas tant que ça. Bien qu'elle ne soit pas négligeable.

Je me tournai vers elle, me redressant à demi. Elle eut un mouvement de recul, et je lui souris. Un peu crispé cependant. Sans avoir compris un mot de ce qu'elle venait de dire.

-Que crains-tu ?

J'étais trop proche, trop proche d'elle, et je le savais, sans l'en rendre compte. J'avais du mal à me maîtriser. Nos visages étaient proches, trop proches, nos lèvres se touchaient presque. Je ne pouvais pas… Je n'étais pas prêt. Il y avait certaines choses que je voulais mais que je ne pouvais pas obtenir. Je la regardai, quelques secondes. Elle semblait perdue dans ses pensées, sans bouger, les yeux fixes. Je me reculai alors. Je ne savais que trop bien l'effet que je pouvais produire sur elle, comme sur les autres humains. Et je ne voulais pas qu'elle en fasse les frais.

Je me relevai. Abandonnant son odeur à contrecœur. Je ne pouvais pas faire autrement, si je voulais garder un tant soit peu le contrôle de la situation. Alors, je la laissais, à la fois frustré et certain d'avoir fait le seul bon choix qui s'imposait à moi.

Je m'éloignai. Pour respirer. Loin de son odeur si… particulière.

-Désolée.

Elle chuchotait, s'excusant de quelque chose dont elle n'était absolument pas responsable. Je la regardai, plus confus qu'elle ne le serait jamais.

-Donne-moi juste un moment.

Je ne pouvais plus sourire. Plus parler, à peine. Déçu de moi.

Je revins vers elle au bout de quelques minutes. Les jambes encore tremblantes. De ce qui avait failli arriver. Un moment d'inattention. Je n'en avais pas le droit.

-Désolé.

Elle avait l'air si triste… J'aurais voulu la prendre dans mes bras, oui. Vraiment. La réconforter. C'était moi, moi le seul responsable dans ce… Ce « conflit ». J'étais le seul à avoir le droit de m'excuser.

-Comprendrais-tu si je te disais n'être qu'un homme ?

Elle sourit. Moi aussi. Non, en fait.

La joie qui avait transparu sur ses lèvres recula aussi vite qu'elle y était venue. Je m'en voulais. Je le savais, je savais qu'elle mourait de peur sans vouloir me l'avouer, me donner un signe qui le confirmerait.

J'allais briser ma fierté, même si pour cela je me faisais mal, mal à moi aussi. Il ne fallait pas, il ne fallait plus que nous ayons confiance ainsi l'un dans l'autre.

Je me levai, et elle me suivit des yeux. J'étais heureux, heureux de pouvoir lui montrer comme elle était démunie face à moi. Pour la première fois, je pouvais lui avouer ce qui nous séparait.

-Je suis le meilleur prédateur au monde, n'est-ce pas ?

Elle me fixait. Toujours. Les yeux grands ouverts. Un peu tristes.

-Tout en moi t'attire. Ma voix, mes traits, mon odeur !

Elle se mordit la lèvre.

Je n'avais pas prévu ça. Pas prévu de le dire.

Et la façon dont elle me regardait.

C'était vrai. Tout ce que je disais était vrai. Dans une certaine mesure.

-Comme si j'avais besoin de ça.

Je m'éloignai encore. Elle avait besoin de comprendre.

Je m'approchai d'un arbre. Rapidement. Lui arrachait une branche, une… Oui, une branche. La lançai.

Elle me regarda, étonnée.

Je riais.

D'un rire forcé.

-Tu ne pourrais pas m'échapper.

Un regard. Distrait.

-Tu ne pourrais pas me résister.

Je me rapprochai d'elle.

Me reprochai mon attitude provocatrice.

-N'aie pas peur. Je te promets…

Dur. Trop dur.

Vrai ?

-Je te promets de ne jamais te faire de mal.

Etre sur. Qu'elle soit sure.

-N'aie pas peur.

Jamais.

Plus jamais. Plus de moi.

-S'il te plait. Pardonne-moi. Tu m'as pris au dépourvu, c'est tout. Je vais être sage, maintenant.

Un regard.

Apeuré.

Le pire qu'elle aurait pu m'offrir.

J'eus mal. Trop mal.

-Je n'ai pas soif, aujourd'hui.

Souris, Bella, souris. Offre moi n'importe quoi, mais pas cette tristesse que je lis au fond de tes yeux. Ne me laisse pas croire que tu m'as cru. Ne me laisse pas croire que tu ne peux entendre que le mensonge. Que tu ne peux comprendre que la raison, cette raison que je ne possède plus.

Parle, Bella. Pas pour moi, Bella. Pour toi… Toi seule. Ne t'endors, plus, ne pense plus à la peur.

-Ça va aller ?

Je pose ma main sur la tienne, Bella. Je fais ce que tu as fait tout à l'heure. Ce à quoi je n'ai pas pu résister. C'est fini, c'est fini maintenant.

-Où en étions-nous, avant que je me comporte aussi mal ?

-Très franchement, j'ai oublié.

Un sourire.

J'avais gagné.

-Je crois que nous parlions de ce qui provoquait ta peur, en dehors des raisons évidentes.

-Ah oui.

Un demi-sourire.

-Alors ?

Le contact de ses doigts sur ma peau, comme pour me faire oublier. Comme si je le pouvais.

-La patience n'est pas mon fort.

Plus maintenant.

-J'ai peur, parce que, pour des raisons évidentes, je ne peux pas rester avec toi. Or, j'ai peur d'en avoir envie de manière démesurée.

Sourire. Parce que c'est la seule solution.

-Oui.

Oui.

-Oui, désirer ma compagnie est effectivement effrayant. Et vraiment pas dans ton intérêt. J'aurais du m'éloigner depuis longtemps.

J'ai essayé, Bella, je le jure. J'ai essayé. Et j'ai failli.

-Il faudrait que je parte, là, tout de suite. Hélas, je ne suis pas certain d'en avoir la force.

J'étais même sur de ne pas l'avoir. Et pourtant, pourtant, elle me fixait encore, comme si elle espérait un geste, un sourire qui… Finirait tout.

-Je ne veux pas que tu t'en ailles.

Elle avait pris une petite voix, cette petite voix qu'elle n'utilisait que quand elle doutait.

-Voilà exactement pourquoi je devrais m'y résoudre. Ne t'inquiètes pas, va. Je suis égoïste. Je désire trop ta compagnie pour être raisonnable.

-J'en suis heureux.

-C'est mal !

Mais j'en étais heureux.

Je retirai ma main. Pour ne pas lui donner trop d'espoirs, mais en gardant quand même à l'esprit son contact, si doux sur ma peau.

-Ce n'est pas seulement ta compagnie que je désire, ne l'oublie jamais. Rappelle-toi que je représente un danger sans égal pour toi. Que je suis la menace absolue.

Je disais la vérité. Je la voyais pâlir un peu, un peu plus à chacun de mes mots. Je n'avais pas voulu la blesser, je ne le voulais jamais. J'étais maladroit, bien trop maladroit pour… Etre humain.

-Je ne suis pas certaine de comprendre.

Alors, je lui expliquai.

Lentement, avec des mots simples. Des mots que j'espérais pouvoir employer sans me trahir, sans trahir ma pensée. Des mots qui m'aideraient à devenir aussi franc qu'elle.

Elle me sourit.

-Serais-tu en train de me suggérer que je suis comme une dose d'héroïne ?

-Exactement.

Nous rîmes. Nous passâmes par des sujets plus graves, moins drôles. Plus adultes. A la vérité.

-Il est trop tard, à présent. Même là, tout de suite. Alors que nous sommes sans témoins.

Elle me regarda sans comprendre.

-Et pourquoi donc ?

-Isabella…

Je réfléchis. Il allait falloir que je le lui dise, un jour ou l'autre. Il semblait que ce jour soit arrivé, plus tôt que prévu.

-Bella…. Je ne me supporterais plus si je le faisais. Tu ne devines pas à quel point cela m'a torturé. T'imaginer immobile, blanche, froide…

Comme dans les visions d'Alice.

-Ne plus jamais te voir rougir, ne plus jamais revoir cet éclat d'intuition allumer tes yeux quand tu pressens mes mensonges… Ce serait intolérable. Tu es désormais l'élément le plus important de ma vie. De toute ma vie.

Je m'arrêtai. Parce que je n'avais plus de souffle, et parce que je craignais déjà d'en avoir trop dit. Ses yeux étaient froids, trop froids pour que j'y lise quoi que ce soit.

J'attendis. Une réponse. Je ne respirai pas.

Je lui avais dit… A ma façon.

-Tu sais ce que je ressens pour toi. Je suis ici… Ce qui, en gros, signifie que je préfèrerais mourir que de te perdre. Je suis une idiote.

Je la regardai s'empêtrer dans ses explications. Si touchantes…

Et alors, seulement ensuite, je réalisai ce qu'elle venait de dire.

Je tremblai.

Je frissonnai.

Elle m'aimait. Aussi.

Trouver quelque chose à dire, rapidement, pour ne pas laisser le silence s'installer. Vivre.

-Tu l'es.

J'attendis quelques instants.

-Et… Le lion s'éprit de l'agneau.

Elle détourna les yeux. Une légère rougeur sur le visage.

-Quel imbécile cet agneau.

Un sourire. Le mien.

-Que fou, ce lion… Quel masochiste.

Le sien.


PS : C'était donc un long chapitre par rapport à ce que je fais d'habitude… Et ce que je ferais dorénavant. Désolée, mais je suis en manque de temps.

Prochaine Publication : Au mieux Week-end prochain. Au pire dans deux semaines.

Merci encore,

Elveleie.