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Leurs quelques invités étaient partis. Lily, Remus et Severus étaient rentrés pour aller récupérer Harry et Marygold chez Alice et Frank.
Dans la maison redevenue silencieuse et assoupie ne restaient plus que Sirius e Elizabeth. Cette dernière avait voulu achever de débarrasser la vaisselle restante mais Kreattur s'y était fermement opposé.
« Le maître a besoin de Madame. C'est la responsabilité de Madame de veiller sur le maître. » déclara-t-il sobrement.
C'était bien la première fois qu'un elfe de maison outrepassait ses droits et donnait des conseils à un sorcier. Elizabeth appréciait Kreattur de plus en plus.
Elle suivit son conseil et chercha Sirius dans la demeure. Elle paraissait si froide, si vide qu'Elizabeth frissonna. Ne le trouvant pas au rez-de-chaussée, elle monta à l'étage. Sirius n'était pas dans sa chambre ni dans celle de sa mère. Elle aperçut une porte ornée d'un fanion serpentard. Elle était entrouverte. Avec elle, c'était le passé qui s'entrouvrait. Elizabeth sentit une boule dans sa gorge grossir. Depuis qu'ils avaient récupéré le médaillon, ils n'avaient pas évoqué le sort de Regulus. Elle avait été cruelle avec Sirius : malgré tout ce qu'elle lui avait dit, Regulus restait son petit frère et il l'avait perdu. Sirius avait perdu tant de monde et tant de choses.
Elizabeth toqua doucement à la porte. Sirius était assis sur l'ancien lit de son frère. A la main il tenait une vieille écharpe verte et grise. Les couleurs avaient passé. Il releva la tête quand il l'entendit et repoussa ses longes mèches à l'arrière de son crâne.
Comment faisait-elle ? A chaque fois qu'il avait l'impression de sombrer, elle surgissait pour lui permettre de s'accrocher au présent et à la vie.
Silencieusement, il écarta le bras pour l'inviter à le rejoindre. Elle s'assit contre lui et glissa son bras autour de sa taille. Sa chaleur apaisa quelque peu l'étreinte glacée qui ne le lâchait plus depuis qu'ils avaient mis Walburga en terre. Il posa sa tête sur son épaule. Automatiquement, Elizabeth glissa sa main dans ses cheveux et massa son crâne. Au début de leur relation, il avait bien remarqué à quel point elle semblait fascinée malgré elle par sa chevelure noire. Cela l'amusait mais quand elle avait commencé à glisser ses doigts dans sa chevelure sans gêne quand ils s'embrassaient ou quand ils faisaient l'amour, ce geste était devenu pour lui une marque avérée des sentiments que sa compagne éprouvait pour lui.
Il ferma les yeux sans chercher à combattre le chagrin. Face à elle, il n'avait pas besoin de porter un masque.
Quand elle sentit une larme tomber sur sa clavicule, Beth embrassa le front de son compagnon.
« Ne m'abandonne pas. » chuchota-t-il d'une voix fêlée.
C'était la voix d'un homme qu'on avait laissé trop longtemps seul face à ses démons. Elle sentait toute sa fragilité mais il n'était pas question qu'elle mente. Quand la vie les rattraperait, cela le briserait.
« Aussi longtemps que je le pourrai, je serai à tes côtés. » promit-elle.
Cette promesse-là, elle pouvait la tenir.
Sirius redressa la tête. Beth ressentit immédiatement le manque de chaleur et de contact. Mais il avait harponné son regard et ses yeux orageux la regardait comme toute femme aurait désiré être regardée par la personne qu'elle aimait.
« Aussi longtemps. » répéta-il doucement.
Beth acquiesça et caressa la joue piquante de son amant. Sirius cueillit son visage entre ses mains et le rapprocha du sien. Il colla son front contre le sien. Son souffle vint caresser la peau et les lèvres de la jeune femme. Elle glissa ses bras autour de son cou. Elle refusait que Sirius ressente cette solitude et cette douleur qui naissait de la perte.
Elle avait aimé Severus. Aujourd'hui, elle avait parfois le vertige devant l'amour que lui portait Sirius. Elle avait l'impression de ne pas en mériter autant mais elle aurait menti en disant qu'elle n'éprouvait rien pour le maraudeur. L'aimer était parfois la seule chose qui lui faisait savourer le fait de vivre.
Ses pensées, ses préoccupations et sa tristesse volèrent en éclats quand il posa ses lèvres sur les siennes. Ses lèvres douces contrastaient avec le piquant de sa barbe et cela enflammait ses sens. Elle emmêla de nouveau ses doigts dans ses cheveux pour l'attirer plus près d'elle encore. Elle voulait s'enivrer de son parfum. Sirius n'était pas en reste : dans toute cette douleur, il cherchait à s'arrimer à elle pour ne pas partir à la dérive. Beth n'était pas parfaite. Elle était solitaire, distante, cruelle sans le vouloir. Elle était cassée. Tout comme lui. Beth n'était pas parfaite mais elle était ce qu'il lui fallait. Ses grandes mains glissèrent dans ses cheveux châtains, les ébouriffant pour faire fuir cette image policée qu'elle offrait à tous avant de descendre le long de sa nuque. Son odeur et son goût réveillèrent son corps et il se sentit à l'étroit dans ses vêtements.
Elizabeth se rapprocha encore de Sirius, sans rompre ce baiser. Chaque fois qu'il posait les lèvres sur elle, elle oubliait et elle s'oubliait avec bonheur. Il avait ce pouvoir unique de la libérer. Elle vint s'assoir sur ses hanches, réalisant sans peine combien il la désirait. Ce contact était ce qu'elle désirait le plus. Mais c'était à Sirius qu'elle devait d'abord penser.
Ce dernier avait posé ses mains sur le corsage en crépon noir et retraçait ses courbes, serrant de plus en plus fort sa taille contre lui. Lorsqu'il commença à ouvrir ses boutons, elle en fit de même avec sa chemise.
« Emmène-moi dans ta chambre. » chuchota-t-elle contre ses lèvres.
Sirius grommela quelque chose d'incompréhensible avant de se relever en la portant contre lui. Elizabeth serra sa taille de ses jambes, accentuant la friction entre ses jambes.
Sans jamais cesser de s'embrasser, ils traversèrent maladroitement le couloir. Tandis qu'elle caressait son torse, Sirius l'appuya contre le mur du couloir et acheva définitivement d'ouvrir son corsage. Dessous, elle portait une sage combinaison de satin noire. Ses lèvres glissèrent de bouche à son cou qu'il chercha à marquer pour s'assurer qu'elle était bien avec lui. Alors qu'elle soupirait et gémissait, une de ses mains eut la chance de trouver la poignée de la chambre de son amant. D'un mouvement pressé et erratique, elle la tourna. Sirius ne reposa Beth que lorsqu'ils furent entrés. La jeune femme fit tomber sa robe d'un mouvement d'épaule tandis que l'ancien maraudeur se débarrassait de sa chemise. Sirius ferma la porte et s'adossa contre le montant en bois. Ils restèrent figés un instant. Lentement Elizabeth leva la main avant de faire glisser une bretelle puis l'autre. Sa combinaison tomba au sol. En simple sous-vêtement, elle tendit les mains à Sirius. Un rayon de soleil passa entre les rideaux rouges de sa chambre, nimbant sa silhouette d'or et d'écarlate. Sirius s'avança lentement vers elle, la démarche semblable à celle d'un fauve. Elizabeth l'attendait, le regard brillant. Il attrapa une de ses mains et l'attira à lui. Il releva son menton et caressa du pouce la ligne de sa mâchoire. Elle écarta doucement les lèvres dans un appel au baiser. Il se pencha de nouveau vers elle et cueillit ses lèvres. La force de son baiser et le contrôle qu'il exerçait sur sa langue firent tourner la tête à la jeune femme qui crut que ses jambes allaient lâcher. Ses mains parcoururent de nouveau le torse de Sirius, suivant les lignes de ses tatouages, griffant légèrement ses tétons avant de descendre ouvrir le bouton de son pantalon de costume qu'elle ouvrit rapidement. Pas en reste, Sirius avait dégrafé son soutien-gorge qu'il lui retira doucement, se délectant de sa chair de poule.
Rapidement leurs derniers vêtements tombèrent au sol et les peaux se trouvèrent de nouveau. Ballet de caresses aériennes. Danse des mains et des langues qui encore et toujours exploraient, quittaient, revenaient dans cette contrée merveilleuse qu'était le corps de l'autre.
Sirius s'enivrait d'Elizabeth comme il l'aurait fait avec le meilleur Whisky Pur Feu. Elizabeth se complaisait dans la fièvre que Sirius faisait naître dans son corps et qu'il contrôlait selon son bon vouloir.
Lentement, il l'allongea sur le lit. La pâleur de sa peau tranchait sur le tissu rougeoyant du couvre-lit, comme l'aurait fait un collier de perles sur le velours d'une boîte à bijoux. Ses soupirs et sn corps étaient son havre, son port d'attache. Quand elle l'appela, il ne put résister et il se glissa doucement en elle, savourant chaque contact qui se faisait entre leurs deux corps. Quand il était en elle, il était chez lui.
Sans un mot, seulement avec des regards, ils communiaient leur amour. Les caresses d'Elizabeth, ses encouragements, ses parois qui se resserraient doucement autour de lui, le rapprochant de plus en plus de sa chute était tout ce dont il avait besoin.
Ses mouvements de va et vient la faisaient peu à peu s'élever hors du monde. Tout son corps se tendait, chaque caresse lui faisait peu à peu perdre ses repères : elle n'était plus que sensations. Tout semblait démultiplié : le parfum musqué de Sirius, le goût de sa peau et de sa bouche, la rugosité des vieux draps de son lit d'adolescent contre son dos, la friction doucement douloureuse entre ses cuisses et cette attente, ce besoin sauvage et impérieux de se sentir comblée…Plus son plaisir grimpait, plus elle sentait Sirius se laisser aller aux instincts sauvages de cette danse éternelle pour se précipiter sur leur fin. Elle attrapa ses mains et lia ses doigts aux siens avant de relever ses bras au-dessus de sa tête pour coller sa bouche à la sienne et unir leurs deux souffles.
Faire l'amour avec Elizabeth, c'était redécouvrir sans fin le corps de la femme et ses propres désirs. Sirius n'était plus guidé que par ses propres sentiments et son désir. Son odeur, sa douceur et sa voix l'éblouissaient. Alors qu'il la laissait l'attirer à elle et qu'il sentit ses parois se contractait autour de lui, il se laissa aller à son tour à la jouissance.
Cette dernière noya la peur de l'abandon, ne laissant que l'apaisement et l'amour sincère d'un homme pour une femme et d'une femme pour un homme.
