Bonjour,
Voici le 37ème chapitre et Dean prend une grande décision. Nouvelle scène de sexe également.
Merci de me lire, de m'écrire, de m'être fidèles ...
Bonne lecture et à jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
I dare you to move de Switchfoot
Chapitre 37 : Grande décision
« Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour créer du nouveau, et non pas pour se battre contre l'ancien »
Dan Millan
Dean avait enfin la vie dont il pensait ne jamais avoir rêvée mais qu'il avait l'espoir d'avoir un jour. Il s'était interdit d'être heureux durant les trois années qui avaient suivi Jason. Il avait eu le cœur brisé et il était persuadé que sa seule chance d'être en couple lui avait définitivement échappé. Il pensait ne pas être de ceux qui entretenaient une relation sérieuse. Qu'il ne le serait jamais. Et il avait fini par oublier tous les rêves que l'adolescent de seize ans qu'il avait un jour été avait eus. Avant Jason, il imaginait son futur avec un homme à ses côtés. Il s'imaginait vieillissant accompagné de la personne qu'il aimerait de tout son cœur. Dont il serait aimé en retour. Mais Dean avait vu son rêve brisé par la cruauté de Jason. Par les mots qu'il avait prononcés et que Dean avait bêtement crus.
Mais maintenant qu'il était avec Castiel, ces trois dernières années étaient effacées. Et il était redevenu l'adolescent de seize ans optimiste et rêveur que Jason avait rencontré et détruit pièce après pièce.
Dean ne savait pas trop comment se comporter avec son petit ami. Il n'avait jamais réellement été en couple. Il avait partagé trois années avec un homme. Mais ils n'étaient pas réellement dans une relation sérieuse. Jason ne le voyait que lorsqu'il l'avait décidé. Ils ne partageaient pas grand chose d'autre que du sexe. Dean ne parlait jamais à son « petit ami » de ses projets d'avenir, de ses rêves ou de ses espoirs. Ils se voyaient, couchaient ensemble puis se séparaient. A l'époque, Dean avait cru que c'était ainsi qu'une relation entre deux hommes se passait. Que c'était tout ce qu'il était en droit de demander et d'espérer. Ses amis et son frère avaient tenté de lui faire comprendre qu'il se trompait. Mais il aimait Jason et il avait envie de lui faire confiance. Il avait eu des doutes bien sûr. Il avait toutefois choisi de les ignorer.
Mais à présent qu'il avait enfin trouvé l'amour, il comprenait combien il avait eu tort. Etre avec Castiel était totalement différent d'être avec Jason. Le jeune étudiant n'était pas là que pour le sexe. Même si c'était de toute évidence une partie importante de leur relation. Il était là aussi et surtout quand Dean avait besoin de parler. Quand il avait besoin de conseils ou d'une opinion extérieure. Il était là pour regarder des films idiots à la télévision en le serrant dans ses bras. Ils allaient manger en ville ensemble. Allaient au cinéma. Ils passaient des soirées entières à ne faire que s'embrasser. Sans jamais chercher à aller plus loin. Leur histoire avait commencé par du sexe mais elle était devenue bien plus.
Dean était conscient d'avoir une chance incroyable. Il était également conscient d'avoir trouvé chez Castiel quelque chose que d'autres passaient leur vie à attendre sans jamais le trouver. Il n'était toujours pas totalement sûr de le mériter. Il avait commis beaucoup d'erreurs par le passé. Il n'avait pas forcément toujours fait les bons choix. Et il avait pourtant reçu un cadeau inestimable. Peut être aurait il été plus juste qu'il soit offert à d'autres avant lui. Mais il n'avait pas pour autant l'intention de le refuser. Il était amoureux de Castiel et heureux avec lui. Il avait envie d'en profiter.
Cela faisait maintenant deux semaines qu'ils étaient officiellement un couple. Ils en avaient parlé chacun de leur côté à ceux qui leur étaient proches. Tous avaient semblé heureux pour eux. Dean était surpris de voir à quel point la nouvelle les ravissait. Sans les surprendre. De toute évidence, ses amis avaient compris avant lui que c'était ainsi que tout devait se finir pour eux.
Cela avait été deux semaines merveilleuses qu'ils avaient passé ensemble à chaque fois qu'ils avaient du temps libre. Castiel en avait moins que Dean bien sûr. Ses études étaient importantes et il voulait les réussir. Le jeune homme, quant à lui, avait enfin quitté son travail. Il avait été triste en annonçant son départ à ses collègues. Mais il avait été considérablement soulagé à l'idée de ne plus être considéré comme un morceau de viande par ses clients. De ne plus être regardé avec envie ou tripoté à la moindre occasion.
Dean avait toujours vécu en espérant attirer le désir des hommes qui l'entouraient. Quand on avait envie de lui, il se sentait important. Il se sentait vivant. Mais à présent, il n'y avait plus que le regard de Castiel qui comptait. Plus que son désir qu'il souhaitait attisé. Les autres n'avaient plus aucune importance.
Et c'était un changement auquel Dean ne s'était pas attendu. Il avait toujours cru qu'il finirait sa vie seul. Qu'il aurait des conquêtes d'un soir mais rien de plus. Et à présent, il était de l'autre côté de la barrière. Il était parmi ceux qui croyaient en l'avenir à deux. Qui n'étaient plus jamais seuls. Il était devenu comme Sam.
Dean continuait parfois d'avoir peur de tous les changements qui s'opéraient en lui. Il avait paniqué à plusieurs reprises durant ces deux semaines. Il se posait alors des questions. Doutait d'avoir quoi que ce soit à donner à son petit ami. Mais Castiel était à chaque fois là pour le rassurer. Il trouvait toujours les bons mots. Et le sexe qui suivait était généralement génial.
Dean savait que les choses ne seraient jamais parfaites. Il avait un passif lourd qu'il continuerait de porter et de traîner derrière lui. Mais il avait envie de changement. Et cela impliquait qu'il se concentre uniquement sur ce qui se trouvait devant et plus sur ce qu'il avait laissé derrière lui.
En plus des changements que le jeune homme constatait dans sa vie amoureuse, il avait envie d'évoluer également sur le plan professionnel. Il n'avait aucun diplôme ni aucune qualification. Il avait été serveur durant trois années mais il ne voulait pas en faire une carrière. Il voulait trouver quelque chose qui le passionnerait vraiment et tout faire pour réussir dans ce domaine. Il n'était pas contre l'idée de reprendre ses études si nécessaire. A vrai dire, il était prêt à tout. Mais il avait également besoin d'argent pour continuer à vivre de façon indépendante. Il refusait d'être entretenu par Castiel. Et il était définitivement trop tôt pour emménager avec lui. Il trouva donc un café au centre ville qui accepta de l'embaucher à mi temps pour payer son loyer après deux semaines sans rien faire. Cela lui laissait suffisamment de temps libre pour s'interroger sur son avenir et trouver ce qu'il souhaitait en faire. Cela lui laissait également suffisamment de moments à passer avec Castiel.
Reprendre un rythme plus « normal » après des années passées à travailler uniquement de nuit n'était pas simple. Dean eut besoin de quelques jours pour s'habituer. Mais il finit par tomber dans une routine qui le réconfortait.
Tout rentrait enfin dans l'ordre dans sa vie. Il avait encore beaucoup de réponses à trouver mais il était confiant.
Il était dans son salon, le nez plongé dans plusieurs brochures sur les programmes qu'offraient les universités du coin quand son téléphone sonna sur la table basse. Castiel devait avoir fini ses cours mais il devait repasser chez lui chercher certaines notes avant de venir le rejoindre. Dean savait que ce n'était pas lui qui l'appelait.
Le jeune homme attrapa le portable rapidement, légèrement anxieux quant à la nature de l'appel. Sam avait pris l'habitude de lui envoyer des messages pour communiquer et Charlie débarquait généralement chez lui sans prendre la peine de l'appeler avant. Un coup de fil était synonyme de mauvaise nouvelle. Et Dean était terrifié à l'idée que quelque chose vienne troubler le bonheur qu'il avait récemment trouvé. Il ne pourrait pas se tenir à l'écart du monde extérieur éternellement. Il espérait juste pouvoir s'en préserver pendant encore quelques semaines.
Le nom de Garth était affiché sur l'écran quand il approcha le téléphone de son visage. Dean prit une grande inspiration avant de décrocher.
- Hé Garth.
- Hola Amigo, lança son ami d'une voix forte.
Dean posa les brochures à côté de lui sur le canapé avant d'étendre ses jambes devant lui. Il était pied nu et le carrelage était froid. Il choisit donc de poser ses pieds sur la table basse.
- Tout va comme tu veux ? Demanda t-il alors pour engager la conversation.
Il savait que Garth devait avoir une bonne raison de l'appeler. Il ne le faisait que très rarement. Et Dean l'avait vu ce matin à l'hôpital. Steve leur avait annoncé qu'il pouvait rentrer chez lui à condition de ne pas être seul. Charlie avait proposé d'emménager temporairement avec lui. C'était la meilleure solution. Garth ne pouvait pas rester à l'hôpital éternellement. Il était toujours terrifié et faisait de nombreux cauchemars. Mais il était physiquement guéri et rien ne justifiait un séjour prolongé.
- Plus ou moins, répondit Garth après de longues secondes.
Dean avait toujours connu son ami rempli d'espoir et positif. Il ne l'avait jamais vu en colère. Pas plus qu'il ne l'avait vu douter de ses positions et de ses convictions depuis qu'ils étaient amis. Mais après son agression, il avait considérablement changé. Et à la réponse qu'il donna à Dean, le jeune homme sut aussitôt que quelque chose clochait réellement.
- OK, dis moi tout, encouragea t-il Garth.
Il entendit ce dernier soupirer longuement à l'autre bout du fil. Il espérait que Charlie était avec lui. Il détestait l'idée de le savoir seul à cet instant précis. Le jeune homme hésita à lui proposer de venir le voir pour discuter face à face. Mais il était presque sûr que son ami préférerait le faire sans être confronté directement à lui. Les mauvaises nouvelles étaient plus faciles à annoncer par téléphone.
- La police vient de partir et ils … ils ont trouvé ceux qui m'ont … ils les ont retrouvés Dean.
Le jeune homme n'avait pas besoin que son ami lui en dise plus pour savoir de qui il voulait parler. Les salopards qui l'avaient agressé avaient été identifiés. C'était une bonne nouvelle. Ca aurait du rendre son ami fou de joie. Mais son ton laissait à penser qu'il y avait plus.
- Ils les ont interrogés mais ils … ils ont menti. C'était évident qu'ils le feraient mais j'espérais … je crois que j'espérais bêtement qu'on me croit moi. Après tout, c'est moi qui suis cloué dans un lit d'hôpital depuis plusieurs semaines.
Dean avait déjà assisté à des situations similaires. Garth n'était pas le premier à être agressé et à être ensuite accusé d'en être responsable. On ne prenait jamais le témoignage d'un jeune homosexuel en considération. Les gens pensaient toujours qu'il avait fait quelque chose pour pousser ses agresseurs à lui faire du mal. Garth ne ferait pas exception et Dean pouvait déjà sentir la colère monter en lui.
- Les fils de putes, jura t-il entre ses dents.
Ce n'était pas constructif mais c'était plus fort que lui. D'ordinaire, il parvenait à contrôler ses réactions dans ce type de situation. Mais cette fois, c'était différent. Principalement parce que cela concernait un de ses meilleurs amis.
- Comme tu dis oui, approuva Garth.
- Qu'est ce la police va faire ?
Dean connaissait déjà la réponse. Il savait parfaitement comment cette histoire allait se terminer. Il avait bêtement espéré que les choses seraient différentes cette fois ci. Mais il avait toujours su, au plus profond de lui, qu'ils n'obtiendraient jamais gain de cause.
- Ils ont pris leur déposition. D'après eux, j'ai donné le premier coup. Je les ai provoqués et ils n'ont fait que se défendre. Bien sûr, ils sont plusieurs et c'est eux contre moi. Peu importe que je sois le seul à être blessé. Ils pensent qu'il s'agit de légitime défense. Ils m'ont même dit que j'avais de la chance que mes agresseurs ne portent pas plainte contre moi.
Dean écarta une seconde le téléphone de son oreille pour le poser contre son front. Il ferma ensuite les yeux et tenta de se calmer. Il avait la respiration saccadée et une furieuse envie d'hurler. Il ne comprenait pas comment le monde pouvait être aussi aveugle. Comment il était possible que personne n'ouvre enfin les yeux sur ce qui se passait vraiment. Les choses n'auraient jamais du se terminer ainsi. Garth méritait tellement mieux que de voir la faute reposer sur lui. Il avait été agressé et était à présent terrifié à l'idée de se retrouver seul. Mais les gens continuaient de penser que tout était de sa faute. Que c'était bien fait pour lui.
- Dean ? Hé Dean ?
La voix de son ami le tira aussitôt de ses songes et le jeune homme retira son téléphone de son front pour le coller à nouveau contre son oreille.
- Je suis là Garth, je suis … je suis tellement désolé.
- Pourquoi vieux ? Ce n'est pas de ta faute, déclara son ami calmement.
Dean savait bien qu'il ne pouvait rien faire pour son ami. Du moins rien légalement parlant. Il n'avait pas le pouvoir de changer les choses. Il ne pouvait pas convaincre les policiers de croire Garth. Pas plus qu'il ne pouvait le défendre contre l'avocat que ses agresseurs engageraient à coup sûr si toutefois ils décidaient de les poursuivre. Mais il détestait se sentir impuissant. Il s'en voulait de ne pas pouvoir en faire plus.
- C'est juste que je … j'aurais préféré être à ta place. Tu ne méritais pas … tu ne méritais pas ça.
- Parce que toi tu le mérites peut être ?
Dean haussa les épaules. Il voyait Garth comme une des personnes les plus gentilles au monde. Il était toujours souriant. Serviable et prêt à tout pour les gens qu'il aimait. Il avait foi en l'humanité et il n'avait jamais été agressif. Il n'avait jamais rien fait de mal. Dean, quant à lui, estimait avoir commis des erreurs graves par le passé. Il avait blessé des gens biens. Et il n'avait jamais payé pour ce qu'il avait fait. Il était totalement injuste que Garth soit celui qui ait été agressé. Il aurait paru plus normal que Dean soit à sa place. Ne serait ce que parce qu'il était celui qui était toujours sur le devant de la scène. Mais à la place, son ami vivait un cauchemar éveillé quand lui s'endormait paisiblement dans les bras de l'homme qu'il aimait.
- Sans doute plus que toi, murmura t-il finalement.
Il entendit Garth soupirer à l'autre bout du fil et il sut aussitôt que son ami allait lui reprocher ce qu'il venait de dire. Il savait combien ses proches détestaient l'entendre tenir ces propos. Ils avaient probablement raison. Mais c'était plus fort que lui.
- Ecoute Dean, je sais ce que tu penses et je t'interdis de t'engager sur cette voie là. Je n'ai pas appelé pour te faire des reproches. Juste pour te tenir au courant. On savait tous les deux que les choses se termineraient ainsi et puisqu'on ne peut rien faire contre, il nous faut l'accepter. Je vais bien … je vais m'en sortir. Je ne les laisserais pas gagner.
Dean se retint alors difficilement de dire qu'ils avaient déjà gagné. Qu'ils avaient obtenu exactement ce qu'ils cherchaient. Leur but n'avait pas été de tuer Garth. Si c'était le cas, le jeune homme serait mort avant l'arrivée des secours. Ils avaient voulu faire passer un message. Instiller la peur chez Garth. Pour le faire douter de ce qu'il était. Pour le pousser à avoir suffisamment peur pour se cacher à nouveau. Ils avaient gagné et Dean en avait assez de perdre à chaque fois.
- J'aimerais pouvoir faire plus, concéda t-il alors à la place.
- Et moi j'aimerais avoir un million de dollars mais … puisqu'on ne peut pas toujours obtenir ce qu'on désire, je vais me contenter de ce que j'ai … en l'occurrence une vie à vivre et des amis pour s'occuper de moi.
Dean ne put s'empêcher de sourire devant le petit éclair d'optimisme de son ami. C'était le Garth qu'il connaissait. Celui qui le faisait rire même quand la situation était désespérée. Peut être les choses n'étaient elles pas aussi graves si Garth était encore capable de plaisanter.
- Tu veux que je vienne ? Demanda t-il alors.
- Inutile, Charlie sera là dans une minute et je sais que tu attends Castiel. Je ne voudrais surtout pas t'empêcher de t'envoyer en l'air avec ton petit ami simplement pour me tenir la main pendant que je sortirais de l'hôpital.
- Au risque de te décevoir, je suis dans le regret de te dire que Cas et moi partageons plus que du sexe … et que je peux parfaitement me retenir de lui sauter dessus dès qu'il franchit le seuil de ma porte.
Ce n'était pas un mensonge mais ce n'était pas non plus l'entière vérité. Le jeune homme avait les pires difficultés du monde à ne pas sauter sur son petit ami à chaque fois qu'il le voyait. Il aimait les moments passés à discuter de tout et de rien ou à regarder la télévision ensemble. Mais ils en étaient encore au tout début de leur relation et le sexe tenait une part importante dans leur vie. Ils avaient parfois du mal à ne pas se toucher. A ne pas s'embrasser. Dean doutait que cela cesse bientôt. Il avait un petit ami totalement irrésistible. Personne ne pouvait lui en vouloir d'avoir constamment envie de lui.
- Dean, s'il te plait. Je vis ma vie sexuelle par procuration et à travers toi. Ne gâche pas tout.
- Tu sais, je devrais probablement trouver extrêmement perturbant que tu puisses passer autant de temps à penser à Cas et à moi de cette façon là.
Il entendit Garth rire et il sourit, satisfait. Ils devaient accepter la mauvaise nouvelle et passer à autre chose. Ne surtout pas se laisser abattre.
- Ce n'est pas de ma faute si vous êtes extrêmement sexys tous les deux et si en conséquence, je ne peux pas m'empêcher de penser à la façon qu'il doit avoir de te prendre par …
- Ok, ok, je raccroche, le coupa Dean avant que Garth n'ait le temps de dire quelque chose qui risquait de le mettre extrêmement mal à l'aise.
Son ami se tut alors mais Dean pouvait imaginer le sourire qui étirait ses lèvres. Il en avait bien besoin après tout ce qu'il avait vécu ces derniers temps.
- Je dois te laisser de toute façon. Charlie va arriver et … Dean, merci pour tout vieux. Je t'aime tu le sais ?
Garth n'avait aucune difficulté à mettre des mots sur ce qu'il ressentait. C'était quelque chose qu'il avait toujours été à l'aise pour faire. Dean l'enviait pour ça. Il avait évolué mais il avait encore quelques difficultés à mettre des mots sur ce qu'il ressentait.
- Je t'aime aussi, souffla t-il après quelques secondes.
Garth lui souhaita ensuite une bonne soirée avant de raccrocher. Dean resta de longues secondes immobile, son téléphone toujours collé à son oreille. Il était toujours en colère mais la fin de sa conversation avec Garth lui avait fait du bien.
Il finit par reposer son portable sur la table basse avant de se tourner sur le canapé pour s'allonger. Il avait besoin de réfléchir à ce qu'il venait d'apprendre. Il savait qu'il ne pouvait rien faire pour Garth. Il n'avait pas le pouvoir de changer les choses. Mais il avait envie d'être utile. Il avait envie de faire enfin quelque chose de significatif. Il adorait l'association et savait qu'il aidait des jeunes quand il s'y rendait. Ses manifestations avaient également de l'impact. Mais ce n'était pas suffisant. Ca ne le serait jamais.
Dean ferma les yeux avant de poser son bras sur son visage. Il était peut être temps pour lui de se poser les bonnes questions. Il était sur le point de prendre un nouveau départ et il avait enfin une chance d'accomplir quelque chose de réellement important.
Sam serait bientôt avocat et Dean savait que son frère prendrait la défense des gens comme Garth. Il serait probablement le seul mais il ne baisserait pas les bras. Dean aurait aimé pouvoir en faire autant. Bien sûr, il ne s'imaginait pas devenir avocat à son tour. Il serait incapable de rester suffisamment calme pour écouter des salopards plaider la cause de meurtriers ou d'agresseurs. Il ne serait jamais suffisamment solide pour accepter les décisions qu'il jugerait injustes. Non. Il devait trouver autre chose.
Le jeune homme retira son bras de son visage et reprit les brochures universitaires à côté de lui. Il les feuilleta rapidement avant de s'arrêter sur l'une d'entre elles. Il sentit alors son cœur s'accélérer en lisant le cursus qu'elle proposait.
Dean savait qu'il ne pouvait pas affronter ceux qui faisaient du mal aux innocents sans leur mettre son poing dans la figure. Mais il avait terriblement envie d'aider les victimes à se reconstruire. Un peu à la manière de ce qu'il faisait au sein de l'association. Mais à une échelle plus large. Pas uniquement pour des homosexuels qu'on avait rejetés ou maltraités. Il voulait le faire pour tous ceux qui souffraient et dont on refusait d'entendre la voix. Le jeune homme aurait du y penser avant. Il était évident qu'il n'avait qu'une seule option pour accomplir ce travail. Qu'une seule carrière pour se sentir enfin réellement utile.
Dean se redressa brusquement alors que la décision s'imposait à lui sans qu'il ait besoin d'y réfléchir. Il serra la brochure dans sa main, son cœur battant la chamade dans sa poitrine.
Il était concentré sur ce qu'il lisait quand la porte de son appartement s'ouvrit, le faisant sursauter. Il avait donné une clef de chez lui à Castiel pour que le jeune étudiant puisse venir l'attendre quand il finissait plus tard. Il en avait une également de l'appartement de son petit ami pour les mêmes raisons.
Dean leva les yeux de sa brochure et prit une seconde pour observer Castiel. Il avait été attiré physiquement par lui à la minute où il l'avait vu. Il aurait fallu qu'il soit aveugle pour ne pas réaliser à quel point le jeune étudiant était séduisant. Et il était tout à fait son style. Grand et élancé. Les yeux d'un bleu absolument incroyable. Une bouche aux lèvres charnues et roses pâles. Des cheveux presque noirs dans lesquels il aimait passer ses doigts encore et encore. Dean aimait tout chez son petit ami. De ses mains aux longs doigts élégants à ses jambes finement musclées. Il aimait son torse et son ventre plat et ferme. Il aimait ses bras. Castiel était moins musclé que lui mais il avait le corps d'un coureur de fond. Fin et solide. Dean avait le souffle coupé à chaque fois qu'il le voyait. Peu importait qu'il l'ait vu nu à plusieurs reprises. Peu importait qu'il sache exactement ce qui se cachait sous ses vêtements. Il continuait à être bouleversé quand ses yeux se posaient sur lui.
Il lui fallut donc, comme à chaque fois, quelques secondes pour reprendre ses esprits et être capable de parler. Son petit ami utilisa ce temps pour s'approcher de lui.
- Tu es là tôt, constata alors Dean en posant les brochures qu'il tenait toujours sur ses cuisses.
Castiel fronça les sourcils avant de jeter un coup d'oeil à sa montre.
- Pas vraiment non. Je suis à l'heure.
Dean leva alors les yeux vers l'horloge au dessus de sa télévision et réalisa que son petit ami disait vrai. De toute évidence, il avait été distrait par ses lectures et n'avait pas vu le temps passer. Il hocha alors la tête avant de se lever du canapé pour encercler la taille de Castiel de ses bras. Il déposa un baiser sur sa bouche puis un sur son nez. C'était leur façon de se dire bonjour. Une tradition que Dean ne voulait surtout jamais abandonner.
- C'était comment ta journée ?
Le jeune homme posait toujours cette question. Il aurait voulu pouvoir passer chaque minute de chaque journée avec son petit ami. Mais ils avaient chacun des obligations. Il devait donc se contenter de ce que Castiel lui racontait en rentrant.
- Comme toutes les autres avant. Enrichissante mais tu m'as manqué.
Dean sourit alors. Il aimait l'idée que Castiel n'aimait pas plus que lui quand ils étaient séparés. Il réalisait ces derniers temps combien le jeune étudiant avait évolué lui aussi. Quand il l'avait rencontré, il était timide et visiblement mal dans sa peau. Il n'envisageait pas d'être en couple avec un autre homme. Mais à présent, il était parfaitement à l'aise dans leur histoire. Et cela l'avait aidé également à s'accepter totalement.
- Tu m'as manqué aussi mais j'ai du nouveau, expliqua Dean en reculant pour tendre les brochures des universités qu'il consultait quelques minutes plus tôt.
Castiel les prit et les regarda rapidement avant de reporter son attention sur son petit ami. Ce dernier se rassit sur les canapé en tailleur et tapota le coussin à côté de lui pour inviter Castiel à s'asseoir à son tour.
- Garth m'a appelé tout à l'heure. La police a retrouvé les types qui l'ont agressé et … de toute évidence, ils ont préféré croire leur version des faits plutôt que la sienne. Ils ne seront pas arrêtés … pas jugés et Garth … il dit que tout va bien mais je sais qu'il est mort de peur. Il est terrifié à l'idée que ça recommence et il ne peut pas rester seul. J'ai l'impression … j'ai l'impression qu'ils ont gagné et ça me rend fou de rage.
Castiel était assis à côté de lui à présent. Il se tourna vers Dean pour pouvoir le regarder dans les yeux avant de poser une main sur sa cuisse. Le jeune étudiant la recouvrit de la sienne avant de soupirer longuement.
- Quand j'ai raccroché, je me suis dit que je voulais faire quelque chose … quelque chose de vraiment significatif. Je sais que l'association est importante et je ne compte pas laisser tomber mais … je veux être plus utile encore.
Il était sensiblement nerveux à l'idée de parler de son projet à Castiel. C'était idiot. Son petit ami le soutiendrait très certainement. Mais il avait peur de ne pas être à la hauteur. Peur que le jeune étudiant le pense aussi. Il n'était pas du tout sûr d'être capable de suivre des études durant aussi longtemps. Pas sûr d'être suffisamment intelligent pour obtenir un diplôme. La motivation qu'il ressentait ne suffirait pas. Il allait devoir également faire marcher son cerveau. Et ce n'était pas quelque chose qu'il avait beaucoup fait ces dernières années.
- Tu pourrais suivre un cursus en droit comme Sam. Devenir avocat pour combattre ces salopards. Je suis sûr que tu serais brillant.
La confiance que Castiel avait en lui était probablement aveuglée par ses sentiments. Mais elle lui faisait chaud au cœur.
- Je ne pourrais pas devenir avocat, assura t-il.
Castiel ouvrit la bouche pour protester mais Dean l'en empêcha en enchaînant aussitôt.
- Pas parce que j'estime ne pas en être capable … intellectuellement parlant même si j'ai quelques doutes. Non. Je sais que je ne pourrais jamais rester assis à côté des enfoirés comme eux et les écouter se défendre et mentir. Je finirais par leur coller mon poing dans la figure et ça n'arrangerait certainement pas les choses. Sam est nettement plus calme que moi et il sera parfait dans ce rôle. A vrai dire, je … je pensais à quelque chose qui ne me confronterait pas aux agresseurs mais uniquement aux victimes. Un métier qui me permettrait de les aider à se remettre sur pied et à se reconstruire comme je le fais à l'association mais … pas uniquement pour les homosexuels. Pour tous les autres aussi … pour ceux dont on refuse d'entendre la voix. Qui ont besoin qu'on les guide pour retrouver le bon chemin. Un peu comme tu l'as fait avec moi.
Castiel fronça les sourcils mais fit signe à Dean de continuer d'un geste de la main. Le jeune homme ne se fit pas prier.
- Je veux devenir psychologue, déclara t-il alors en détournant les yeux.
Pendant une seconde, Castiel ne dit rien. Dean ne put alors pas s'empêcher de penser que son petit ami doutait de ses capacités à réaliser son rêve. Mais rapidement, le jeune étudiant lui attrapa le visage de sa main libre pour le forcer à le regarder. Il avait un large sourire sur les lèvres et ses yeux brillaient.
- C'est une idée géniale Dean. Parfaite.
- Je ne dis pas que je suis capable de réussir parce que je ne suis vraiment pas sûr d'être suffisamment intelligent pour obtenir mon diplôme mais …
- Mais rien du tout, le coupa Castiel d'une voix forte. Tu vas réussir. Même si je dois t'y forcer.
La détermination de son petit ami arracha un sourire à Dean. Il se pencha alors dans sa direction pour l'embrasser rapidement sur la bouche.
- Tu sais que je t'aime hein ?
Castiel hocha la tête et Dean l'embrassa à nouveau. Il enfouit ensuite son visage dans son cou en se remettant sur les genoux pour que cela ne soit pas trop inconfortable pour son dos. Castiel l'entoura aussitôt de ses bras avant de déposer un baiser sur le sommet de son crâne.
- Tu feras de grandes choses Dean Winchester. Je sais qu'un futur brillant se profile à l'horizon pour toi. Et je suis fier de pouvoir te considérer comme mon petit ami.
- Quand on habitera ensemble, on pourra l'écrire sur notre boîte aux lettres. Docteur Novak et Docteur Winchester. Ca sonne plutôt pas mal non ?
Ils n'avaient jamais évoqué leur avenir de la sorte. Ils parlaient tous les deux d'un futur qu'ils partageraient ensemble mais ils n'avaient pas encore discuté des aspects concrets de leur relation. Dean était terrifié à l'idée que cela ravive certaines de ses peurs et Castiel semblait vouloir le ménager. Mais le jeune homme était convaincu qu'ils finiraient par vivre ensemble. Par se marier aussi. Même si ce ne serait jamais officiel.
- Ca sonne merveilleusement bien Dean, confirma Castiel.
Ils restèrent ensuite de longues secondes en silence avant que le jeune homme ne recule pour pouvoir regarder son petit ami dans les yeux.
- J'ai envie de … j'ai beaucoup réfléchi et j'aimerais assez que l'on rende tout cela officiel, expliqua t-il alors.
Castiel sembla ne pas comprendre réellement ce qu'il entendait par là. Il fronça les sourcils en inclinant la tête sur le côté comme à chaque fois que quelque chose lui échappait. Dean trouvait cela adorable. Mais il avait tendance à penser la même chose de tout ce que son petit ami faisait. Il n'était probablement pas très objectif le concernant.
- Officiel comment ? Demanda finalement Castiel d'une voix bizarrement aiguë.
Dean réalisa alors que ses propos étaient ambigus et qu'ils pouvaient signifier quelque chose qu'ils n'étaient définitivement pas prêts à faire. Il s'empressa donc de s'expliquer.
- Pas officiel comme un mariage ou même comme un emménagement ensemble … même si j'espère qu'on finira par le faire … non ...plutôt comme … comme rencontrer ta sœur et son mari en tant que ton petit ami. Et sortir avec Sam et Jess en tant que couple. Je veux … je veux que tout le monde sache que nous sommes ensemble.
- Tout le monde le sait déjà, rappela Castiel en souriant.
C'était vrai. Dean avait déjà annoncé la nouvelle à ses amis et à son frère. Castiel, de son côté, en avait parlé à sa sœur. Mais quand ils sortaient tous les deux, ils étaient seuls. Dean avait envie d'une relation de couple normale. De rendez vous à quatre avec Sam et Jess, Hannah et Balthazar. Il voulait que leur histoire soit reconnue de tous. Qu'ils soient vus comme une unité et plus uniquement comme deux individus distincts qui couchaient ensemble. Il voulait devenir Dean et Cas.
- Je sais oui mais … on a tout fait à l'envers et … je veux rectifier cela. Je veux que tu me présentes à ta famille et je veux en faire de même avec la mienne. Et si tu le veux bien, dans un avenir proche, j'aimerais aussi te présenter Bobby. Je suis sûr qu'il va t'adorer.
Dean avait souvent évoqué l'ancien ami de son père avec Castiel. Il lui avait expliqué qu'il avait été là à la mort de John. Qu'il avait accepté Dean comme il était. Qu'il se fichait totalement de son homosexualité. Bobby serait ravi de rencontrer son petit ami. Même s'il risquait de lui faire passer un véritable interrogatoire.
- J'en serais honoré, assura Castiel.
Dean sentit alors son cœur s'accélérer à cette perspective. C'était un grand pas en avant pour lui mais également pour Castiel. Et il avait envie de lui faire comprendre combien cela comptait pour lui. Il ne voyait qu'un seul moyen d'y parvenir. Il sourit avant de descendre du canapé pour se mettre à genoux entre les jambes de son petit ami. Ce dernier posa aussitôt ses mains sur ses épaules alors que Dean détachait la ceinture puis le bouton de son jean.
- Dean, souffla Castiel d'une voix plus rauque encore que d'ordinaire.
Le jeune homme tira sur son jean jusqu'à ce que son petit ami se soulève pour lui permettre de le lui baisser au milieu des cuisses. Il attrapa ensuite son sexe dans sa main droite et commença des mouvements de hauts en bas. Ils en étaient arrivés à un point de leur histoire où Castiel était totalement à l'aise avec l'aspect physique de leur relation. Il ne se montrait plus aussi timide ou gauche. Il assumait pleinement ce qu'il voulait. Et alors que Dean faisait en sorte de s'assurer que son corps était partant, le jeune étudiant remonta une de ses mains dans son cou puis sur sa joue.
- Dean, répéta t-il ensuite.
Cela semblait être la seule chose qu'il était capable de dire. Et le jeune homme adorait ça. Il adorait l'idée d'être responsable de son état. Il se sentait important quand Castiel réagissait ainsi.
Le jeune homme continua ses mouvements durant quelques secondes avant de baisser son visage pour prendre le sexe de Castiel dans sa bouche. Il utilisa sa langue pour en caresser l'intégralité avant de baisser un peu plus la tête. Quand il sentit le sexe de Castiel heurter le fond de sa gorge, il commença à respirer par le nez. Il savait que son petit ami adorait cela. Il aimait l'idée d'être dans sa bouche. C'était évident à la manière qu'il eut d'appuyer sur sa joue avec la paume de sa main pour se sentir à l'intérieur. C'était érotique et incroyablement excitant. Dean dut détacher les boutons de son jean pour relâcher un peu de la pression que le tissu exerçait sur son propre sexe.
- Dean, Dean, oh Dean, gémit alors Castiel au dessus de lui.
Le jeune homme savait combien il était doué dans ce qu'il faisait. Il n'en tirait aucune satisfaction ni aucune fierté. Il n'aimait pas repenser à tous les hommes avec lesquels il s'était exercé dans ce domaine. Avec Castiel, toutefois, c'était différent. Quand il était ainsi à genoux devant son petit ami, il ne se sentait pas utilisé. Bien au contraire. Il était adoré et aimé. Vénéré presque. Et cela le rendait heureux comme jamais avant.
Le jeune homme commença alors à bouger son visage de haut en bas, appliquant ici et là une pression importante du bout de sa langue. Il savait exactement ce que Castiel aimait. Ce qu'il préférait et ce qu'il trouvait inconfortable. Il ne voulait pas faire durer le plaisir plus que nécessaire. Il ne cherchait pas à le pousser dans ses derniers retranchements pour le forcer à lui faire l'amour sauvagement sur son canapé. Il voulait uniquement lui procurer un maximum de plaisir. Lui faire comprendre combien il appréciait sa confiance et toutes les choses qu'il faisait quotidiennement pour lui. Il doutait de toute façon de pouvoir retenir son propre orgasme, son bas ventre semblant s'embraser au fil des secondes. Il glissa une main dans son jean pour libérer son sexe et commença à se masturber au même rythme que ses allées et venues sur le sexe de son petit ami.
C'était parfait. C'était quelque chose que Dean voulait recommencer des centaines … des milliers de fois. Il aimait l'odeur de Castiel. Le goût qu'il avait et la sensation de son sexe dans sa bouche. Ca n'avait jamais été aussi fort avant. Personne ne lui avait procuré des sensations aussi intenses avant Castiel.
- Dean, je vais … commença ce dernier avant de pousser un long gémissement.
Le jeune homme accéléra alors le rythme de sa main. Il sentit son orgasme le transpercer au moment même où Castiel se répandait longuement dans sa bouche. Dean avala tout ce qu'il lui offrit avant de relâcher son sexe. Il posa ensuite son front contre le genou de son petit ami. Il avait le souffle court et le cœur qui battait fort dans sa poitrine. Castiel respirait lui aussi bruyamment. Ils allaient avoir besoin de quelques minutes pour retrouver leur calme. Mais ça en valait la peine.
- Je ne l'avais pas vu venir, commenta finalement Castiel.
Dean rit une seconde contre sa jambe avant de se redresser sur ses genoux. Il essuya sa main sur son tee shirt avant de poser ses yeux sur le visage de son petit ami. Il avait les joues rouges et un sourire béat sur les lèvres.
- Je voulais juste te remercier, expliqua t-il.
- Me remercier pourquoi ?
Dean reboutonna son jean avant se lever. Il s'installa ensuite sur les cuisses de Castiel en s'assurant de ne pas exercer de pression sur son sexe hypersensible. Il posa alors ses mains de chaque côté du visage de son petit ami.
- Pour tout. Pour être là et pour être comme tu es. Oh et pour avoir envie de rencontrer Bobby.
Castiel hocha doucement la tête et Dean ne put se retenir de l'embrasser. Il laissa sa langue parcourir l'intérieur de la bouche du jeune étudiant avec tendresse avant de reculer son visage pour appuyer son front contre celui de Castiel.
- Pour avoir confiance en moi et ne pas rire de mon projet. Pour me soutenir dans toutes les situations. Pour m'aimer malgré mes défauts et mon passé. Pour avoir réussi à me faire croire en l'amour à nouveau. Pour m'avoir reconstruit avec patience et même si j'ai probablement été un patient déplorable. Pour …
Dean n'eut pas le temps de finir sa liste. Il n'en était même qu'au tout début. Mais Castiel semblait décidé à ne pas le laisser terminer puisqu'il le fit taire en l'embrassant sur la bouche. Dean devait reconnaître qu'il était probablement inutile d'en dire plus. Le message était passé. C'était là l'essentiel.
- Tu sais, ton habitude de me couper la parole devrait probablement m'énerver mais quand tu le fais comme ça … je ne trouve bizarrement rien à y redire, déclara Dean quand ils se séparèrent.
Castiel rit une seconde avant de prendre la parole à son tour.
- Tu ne me laisses pas vraiment le choix. Tu as la fâcheuse habitude de parler pour ne rien dire.
Dean ne doutait pas une seconde que son petit ami avait compris l'importance de ce qu'il avait cherché à lui dire. Mais il voulait rendre ce moment un peu plus léger en plaisantant et le jeune homme n'avait pas l'intention de l'en empêcher. Ils savaient tous les deux qu'ils avaient traversé l'enfer. Mais ils s'en étaient sortis et il était inutile d'en discuter encore et encore.
- Je ne parle pas pour ne rien dire … c'est toi qui ne sait pas apprécier ce que je dis, protesta Dean, amusé.
Castiel secoua la tête en riant avant d'attirer Dean à lui pour le serrer dans ses bras. Le jeune homme se laissa faire aussitôt. C'était ces petits moments de tendresse qui rendaient sa relation avec Castiel tellement différente de celle qu'il avait eue avec Jason. Son ex n'avait jamais pris le temps de lui prouver ses sentiments en le serrant contre lui. Ils couchaient ensemble puis se séparaient pour vaquer à leurs occupations. Ils dormaient parfois dans le même lit mais jamais Jason ne le gardait contre lui. Cela aurait probablement du lui faire comprendre que quelque chose clochait. Mais Dean était stupide, naïf et amoureux à l'époque. Il avait cru que c'était normal. Avec Castiel, il apprenait enfin ce qu'être aimé signifiait réellement. Tout lui semblait nouveau dans les bras de son petit ami. Il avait la sensation d'avoir seize ans pour la seconde fois. De connaître sa première histoire d'amour. D'être innocent et presque vierge. Il oubliait tout le reste quand Castiel le tenait dans ses bras.
- Tu crois vraiment que j'en suis capable ? Demanda finalement le jeune homme en gardant les yeux fermés.
Il n'avait pas besoin de se montrer plus précis. Il savait que Castiel comprendrait parfaitement ce qu'il sous entendait par là. Le jeune étudiant commença à caresser son dos avant de répondre.
- Je ne le crois pas Dean, je le sais, répondit il alors.
Le jeune homme aurait pu lui demander de le répéter encore et encore. Il aurait sans doute besoin de l'entendre à nouveau quand il aurait commencer ses cours. Et sans doute ne l'aurait il pas cru quelques semaines plus tôt. Mais après toutes les preuves que Castiel lui avait fournies, il n'avait pas besoin qu'il le dise deux fois. Pas besoin qu'il cherche à le convaincre. Il le croyait. Il savait que son petit ami ne cherchait pas uniquement à le réconforter. A lui faire plaisir. Castiel était honnête et sincère. Il ne lui mentait jamais.
- Je t'aime Cas.
- Je t'aime Dean.
Le jeune homme sourit alors en enfouissant un peu plus encore son visage dans le cou de son petit ami. Il n'avait plus envie de parler. Il voulait juste rester dans les bras de Castiel pendant un moment. Laisser la chaleur de son corps et ses caresses lui rappeler combien il était aimé et soutenu. Combien il avait de la chance. Il avait vécu six années compliquées mais en quelque semaines, Castiel avait réussi à effacer les souffrances que Dean avait subies. Il avait soigné ses blessures et effacé certaines de ses cicatrices. Le jeune homme allait passer sa vie à tout faire pour le remercier. Et il était impatient de voir ce que l'avenir leur réservait. Il était sûr que ce serait parfait.
