Par avance : Que de retard mais il faut me comprendre, être obligé de suivre les dialogues du livre est particulièrement casse-bonbon. Mais parce que je veux mener ce projet à terme (du moins jusqu'à la fin du tome), et à cause d'une certaine pression cordiale qu'exerce une certaine lectrice qui se reconnaître aisément, je me suis motivé pour écrire. Et je dois avouer que le résultat n'est pas vraiment exceptionnel. Ce chapitre était plus une contrainte qu'autre chose. J'ai essayé d'en faire ressortir quelque chose d'utile et finalement c'est un peu le bordel. Enfin pour moi. Donc je ne sais pas ce que vous allez en penser...
Et pi tiens, je vais faire comme Brume Froide, je remercie mes fidèles lectrices titemaya (qui poste des reviews depuis trèèès longtemps), Natsuki, Leia Tortoise (qui a pris très gentiment un peu de son temps au milieu de toutes ses geekeries pour se rattraper) et enfin Brume Froide elle-même qui me motive pas mal. A Natsuki d'ailleurs, je réponds à la précédente review brièvement : le chapitre n'est pas arrivé si vite désolé hahaha ! Hum... Et tu n'es pas la seule à m'avoir dis qu'elle étaient quand même héroïques. C'est vrai mais c'est pas non plus du niveau potterien ! :D
Et sinon, un petit SONDAGE ! Il m'est apparu en relisant mon premier tome, que je suis une véritable quiche en ce qui concerne la cohérence. La raison ? Morgan a tout simplement deux Patronus différents au fil du récit (c'est honteux). Pour ma défense, il m'est très difficile de me faire une idée sur l'apparence du Patronus d'une fille aussi complexe. Alors du coup, je vous le demande, préférez-vous que Morgan ait un patronus de faucon, ou d'araignée ? Voire un autre Patronus si vous avez des idées, n'hésitez pas à me les donner, ça fera un peu d'interactivité ! J'invite même les timides lecteurs qui ne se montrent jamais à se manifester. Bonne lecture !
POTTER LE SURVIVANT – ELEKTRA SILVERY
Tandis que je restais prostrée derrière la stèle, veillant à ne pas laisser un centimètre de ma robe dépasser du contour de la pierre tombale, Morgan me décrivait via le miroir ce qui se passait de sa voix la plus basse. Queudver attacha Harry a une tombe puis amena un chaudron face à lui et y mit le feu. Soudain Morgan eut une mine horrifiée et retira le miroir de son angle de vue en déglutissant.
« Quoi ? m'enquis-je, inquiète.
Morgan fronça les sourcils et mit sa main devant sa bouche.
– V… Voldie. Il… Il ne ressemble à rien. Je n'ai pas tout vu, mais… C'est une sorte d'enfant avec des écailles noires, il est tout difforme… Nom d'un chaudron, mais d'où il revient ?
Je ne sus quoi répondre et me contentai d'imaginer la créature infâme qui se tenait devant Harry Potter. Morgan reprit son observation et m'indiqua que Voldemort était maintenant dans le chaudron qui bouillonnait. Puis Pettigrow entama une incantation :
– Que les ossements du père, donnés en toute ignorance, fassent renaître le fils !
– Il vient de balancer des os dans le chaudron… Ceux du père de Voldie ? Je me demande s'il était humain…
Pettigrow poursuivit mais en sanglotant :
– Que la chair – du serviteur –donnée vo… volontairement – fasse – revivre – son maître.
Il y eut un silence puis un cri et enfin un « plouf ».
Je me tournai vivement vers Morgan qui semblait perturbée. Elle dit lentement :
– Il vient de se couper la main… Il vient de se mutiler… pour Voldemort. Cet homme n'a aucune fierté…
Il était intéressant de constater que Morgan se souciait plus de l'absence de fierté du serviteur que de ses chances de survie après s'être charcuté de la sorte. J'étais de mon côté parcourue de frissons. Un élève mort, une créature immonde, une mutilation… La scène devenait franchement glauque, même après ce que j'avais déjà vécu. L'atmosphère était d'ailleurs horriblement lourde, tout comme ce jour.
– Q-Que le sang de l'ennemi, poursuivit tant bien que mal Pettigrow, pris par la force… ressuscite celui qui le combat.
Morgan plissa les yeux.
– Je ne vois pas bien ce qu'il fait. Il va vers le chaudron, il y verse un truc… C'est un véritable feu d'artifice.
– C'est une incantation, tout ça. Mais pour quoi faire ?
– Tu ne veux peut-être pas te l'avouer, mais c'est pour la raison la plus évidente qui puisse exister.
Je serrai les dents un moment puis dis :
– Il renaît…
– Oui, cette chose est un Voldemort incomplet. Et là… Ah, il y a de la vapeur… Et…
Morgan inspira à fond et se força à rester calme.
– Ca y est… Il est là…
Les yeux de mon amie brillaient de mille feux. Je ne sus dire si elle était fascinée, terrifiée ou enragée. Mais elle fixait avidement son miroir. Puis elle déclara doucement :
– Je me souviens… Je pensais que c'était impossible… Mais je me souviens. Un souvenir vague, primaire, flou. J'étais un bébé. Et il m'a regardée, l'air à la fois méprisant et dédaigneux. Je suppose que je l'ai vu quand j'ai reçu la marque…
– Tu as grandi avec cette marque ? Tu l'as eu toute ta vie ?
– Il faut croire. Je ne sais pas exactement quand je l'ai reçue. Mais aussi loin que remonte ma mémoire, je l'ai toujours eue. Une bénédiction de Voldie.
Par la suite, Voldemort jeta un œil à la marque de Petigrow pour remarquer qu'elle brillait d'un halo noir. Il prétendit alors qu'il allait pouvoir faire le tri entre les vrais fidèles et ceux qui avaient déserté. Ou ceux qui étaient morts, pensai-je.
C'est alors que Morgan et moi eûmes droit à une révélation : Voldemort parla de son père. Un père non-sorcier. Nous nous regardâmes, éberluées. C'était impensable.
– Mes parents ne m'ont jamais parlé de ça ! siffla Morgan. C'est un sacré scoop ! Même si ça ne change pas grand-chose… Un sang-mêlé, qui l'eut cru…
De la façon dont il en parlait, Voldemort regrettait clairement son côté Moldu. Ce qui se comprenait à moitié, vu que son père avait abandonné sa mère dès qu'il avait appris qu'elle était une sorcière. Un triste scénario qui avait du se répéter dans bien d'autres foyers. Puis Voldemort évoqua sa « vraie famille ». Morgan se raidit alors d'un coup et prit un air paniqué. Je vis ses yeux scruter tout autour de nous à une vitesse impressionnante. Je sentais qu'elle analysait chaque détail qu'elle voyait. Il y eut deux craquements un peu plus loin et elle se crispa. Puis elle se pencha vers moi et susurra à toute vitesse :
– On bouge vers le mausolée là-bas. Reste le dos baissé. Et déplace-toi le plus vite que tu peux.
Puis elle partit en trombe le dos courbé vers le mausolée dans un rythme parfaitement rapide. Je la suivis tant bien que mal même si mon niveau était loin d'égaler le sien. Lorsque j'arrivais près du mausolée, délabré et sans grille à son entrée, Morgan était déjà à l'intérieur et me tira violemment à l'intérieur tout en me réceptionnant avec délicatesse. Elle s'assit ensuite derrière le tombeau qui était lui en assez bon état et chuchota :
– Si les Mangemorts débarquent, ça va être en transplanant. Ils pourraient débarquer juste devant notre tronche, il fallait trouver une meilleure cachette.
– Y avait pas un serpent avec Voldemort ? fis-je remarquer. Les serpents sentent les vibrations, il pourrait nous avoir perçu en train de courir.
Morgan resta muette devant ma réflexion tandis qu'un autre craquement se faisait entendre, puis déclara d'un air désolé :
– J'y avais pas pensé. Mais bon, avec la foule de fidèles qui s'amasse…
– C'est ça les craquements ?
– En effet. Impossible d'être discret avec ce truc… Bon, taisons-nous et écoutons. »
Voldemort donna apparemment une nouvelle main à Queudver, ce que je ne pus qu'imaginer puisque nous en étions réduites au son. Puis le Seigneur des Ténèbres passa ses troupes en revue et notamment…
–… Lucius… Tu m'as déçu. J'attends de toi une plus grande fidélité à l'avenir.
A ce moment, malgré la situation, je pus observer une Morgan jubilatoire.
– Oh tiens, Lucius. L'innocent Lucius. C'est une si douce mélodie que d'entendre Voldie te demander plus de fidélité. Je vais pouvoir charrier davantage le fiston.
Je ne pus réprimer un petit sourire. Alors même que nous étions en sursis à quelques mètres du Seigneur des Ténèbres et de tous ses sbires, Morgan pouvait encore faire sa fanfaronne. J'aurais pu trouver ça inconséquent. Mais c'était pour moi rassurant. Morgan était un véritable repère et tant qu'elle restait ce qu'elle était, le monde tournait rond. Comme pour confirmer ce que je pensais, je mis ma main sur son épaule. Elle fut d'abord surprise et regarda mes doigts la tapoter, puis elle eut un petit sourire sans rien ajouter. Ca aurait sans doute été superflu.
Voldemort finissait pendant ce temps-là de faire sa revue.
– Ce sont les Lestrange qui devraient se trouver ici. Mais ils sont enfermé à Azkaban. Ils ont été fidèles. Ils ont préféré renoncer à leur liberté plutôt que de me renier.
Morgan à la mention du cas de Bellatrix Lestrange, regarda en l'air avec un air perdu et un très léger sourire. Je n'arrivai pas à savoir exactement ce qu'elle pouvait penser de sa marraine, mais j'étais certain que quelque part, elle l'admirait. Ce qui me fit un peu peur et me rappela que malgré sa fragilité relationnelle, Morgan n'était pas une tendre.
Au final, j'eus quelques noms à prendre pour référence : Avery, Nott, Crabbe, Goyle, Malefoy et Macnair. Je pensai alors à quelqu'un qui n'avait pas été cité.
– Norrington n'est pas là ? demandai-je.
Morgan prit un air sombre et dit d'un air blasé :
– Oh, tu peux être sûr qu'il est dans les rangs. Mais c'est quelqu'un de discret, et c'est aussi quelqu'un d'irréprochable – selon les critères de Voldemort bien sûr. Il ne sera pas cité.
Voldemort partit ensuite dans un monologue sur le pourquoi du comment de sa survie. Enfin, si on pouvait appeler ça une survie. Ainsi Potter n'était pas directement le responsable de la disparition de Voldemort. C'était le sacrifice de sa mère associée à de la magie qui avait renvoyé le sort de mort sur le Seigneur des Ténèbres. Il évoqua une de ses expériences qui l'avait plus ou moins approché l'immortalité, ce pourquoi son esprit ne disparut pas après sa « mort », expérience que je connais aujourd'hui très bien. Réduit à presque rien, Voldemort avait ensuite pris possession d'un professeur de Poudlard – je ne pus que frissonner en pensant à Voldemort s'introduisant dans mon corps et mon esprit – et avait tenté de s'emparer de la Pierre Philosophale.
– C'était donc ça, fit Morgan en se frottant le menton. Lorsque j'étais en première année, le professeur Quirell, le prof de défense contre les forces du mal, a disparu soudainement. Ce devait être lui la victime de Voldie.
J'acquiesçai en me demandant quelles autres sombres choses pouvaient se passer à Poudlard alors que nous n'en avions pas conscience. J'étais peut-être en danger permanent, mais au moins j'étais mise au parfum de toute l'histoire. Une information cependant restait imprécise. Voldemort avait truqué le Tournoi des Trois Sorciers pour que Harry se retrouve candidat et qu'il gagne la dernière épreuve pour finalement s'emparer de la Coupe – que Morgan et moi avions touché également. Et pour ce faire, il avait utilisé un agent infiltré dans Poudlard dont il ne révélait pas l'identité. J'écoutai le discours du mage noir dans l'espoir d'avoir cette info, mais Morgan fut plus vive et siffla tout bas :
– Mais oui ! C'est Maugrey !
– Hein ? C'est pas plausible ! Tu connais sa réputation !
– Oui mais ce n'est pas le vrai Maugrey ! Comme je te le disais !
– Mais… On le voit tous les jours ! Tu voudrais dire que l'espion porte son déguisement tous les jours ?
– Il doit prendre du Polynectar régulièrement. Maintenant qu'on a l'info, je vais pouvoir le confondre.
Je soupirai. L'affection que je pouvais avoir pour la Morgan fanfaronne avait ses limites et il fallait bien que je la recadre de temps en temps.
– Morgan…
– Oui ?
– Revois tes priorités.
– Euh… Pas faux.
– On est coincées on ne sait où dans un mausolée avec Voldemort et ses lèche-bottes juste à côté. Cette situation est critique.
– Ca n'est pas une raison pour ne pas se réjouir de toutes les informations qu'on collecte.
Je me détendis un peu et grognai :
– Tu n'as pas tort. Je n'aurais jamais cru pouvoir en apprendre autant sur les secrets de Voldemort en une demi-heure. On est dans une situation… Wow. J'ai du mal à… à envisager, en fait. Parce que là, le monde des sorciers tout entier est en danger, non ?
Morgan me toisa un moment avec une certaine appréhension puis préféra regarder ailleurs en me répondant :
– C'est le monde entier qui est en danger. Voldemort est un taré. Lorsqu'il aura la main mise sur le monde sorcier, c'est les Moldus qui vont manger. Oh, pardon, les non-sorciers.
– T'en fais pas, je n'ai pas trop la tête à te reprendre là maintenant. Alors c'est… le début de la fin ? Puisqu'on ne… Puisqu'on garde ça pour nous… Je veux dire, Morgan, sois réaliste. Tu ne pourras pas faire ça toute seule. Et me regarde pas avec ce sourire, même avec moi en plus, on ne s'en sortira pas plus.
– Il n'y a pas que nous. Tu crois qu'à l'époque de son règne de terreur, Voldemort n'avait pas d'ennemis ? C'est peut-être le début d'une période peu joyeuse, mais ce n'est pas la fin, loin de là. C'est le début d'un combat.
Je resserrai mes jambes contre moi et regardai le sol avec un air peu glorieux.
– Mais je ne veux pas d'un combat, moi. Je pensais que ce monde était un peu bizarre mais paisible, et il devient plus infernal que le monde des non-sorciers en une nuit.
– Dis-toi que c'est comme une aventure, mais en plus pimenté.
– Oh bah c'est sûr, vu qu'on risque de mourir.
Morgan eut un rire jaune.
– En ce qui me concerne, je n'accorde plus tellement d'importance à ma propre vie depuis que mes parents sont morts. Ou pour être plus exact, ça ne me dérange pas de me mettre en danger de mort. J'ai besoin de ces sensations, de vivre pleinement, de mettre mon existence en jeu pour la sentir en moi.
– Tu es accroc à l'adrénaline en somme.
– La quoi ?
– Euh… Laisse tomber.
– Mmh… Quoiqu'il en soit, même si mettre ma vie en jeu ne me dérange pas, quand je pense que la tienne l'est aussi, ça me met tout de suite… mal à l'aise, j'ai des frissons, des angoisses. Mais ça c'est quand j'y pense à froid. Quand j'ai entendu la voix de Voldemort tout à l'heure, j'ai… j'ai craqué. Je n'ai pas pu me contrôler.
– Ne reparlons pas de ça, c'est inutile. Tu as fais le bon choix, c'est suffisant. Nos vies sont peut-être en danger, mais je te fais pleinement confiance pour nous garder en vie. Et si jamais tu perds encore la tête… Le petit coup de poing.
Morgan sourit doucement en me regardant de ses yeux noirs de jais. Puis elle secoua la tête et dit avec un rire nerveux :
– On est en train de parler de nous alors que le sort du monde se joue peut-être là-dehors. On ferait peut-être bien d'écouter.
J'acquiesçai sans rien ajouter et c'est alors qu'une phrase de Voldemort vint fortement nous perturber.
– A présent, Queudver, détache-le et rends-lui sa baguette magique.
Morgan et moi restâmes bouche bée quelques secondes avant que Morgan ne fronce un sourcil et secoue la tête.
– Voldie a son pire ennemi en face de lui, celui qui l'a… tué, on va dire, et il lui propose un duel ? Il pourrait l'exécuter ou le torturer tranquillement… Mais non, il se sent obligé de le combattre en duel. Il est… waow… C'est un tel niveau de vanité, de prétention et d'autosatisfaction… Même si je ferais sans doute pareil à sa place.
Je haussai un sourcil en me disant que les mêmes idées pouvaient traverser la tête de Morgan et Voldemort. Depuis notre cachette, nous entendîmes d'abord quelques bruits difficiles à identifier puis Voldemort encouragea Harry à le combattre comme le père Potter l'avait fait. Ceci avant d'entendre Harry gémir. Morgan dit aussitôt avec un air sombre :
– Doloris…
Je me crispai en entendant les cris de douleur de Harry. Ce sort était atroce rien qu'à l'écoute. On ne pouvait pas vraiment imaginer l'effet que ça faisait. Tout en écoutant Harry gémir, je regardai Morgan et repensai à une sombre anecdote datant de l'année précédente. A l'époque où je connaissais à peine Morgan, je m'étais méfiée d'elle et pour combattre l'admiration naturelle que j'avais pour elle, je lui avais demandé en face si elle n'était pas en train de me piéger. Elle m'avait alors menacé de me lancer Doloris en prétendant se conformer à l'image que je me faisais d'elle et j'étais certaine que si je ne m'étais pas forcée à lui expliquer pourquoi je lui posais cette question, elle serait allée jusqu'au bout. J'analysai alors seulement ce soir-là la raison profonde de sa menace.
Alors que je regardais une Morgan plus gênée qu'apeurée par les cris de Potter, je me rendis compte qu'à cette époque déjà, Morgan s'était attachée à moi au point que ma méfiance lui semblait une trahison. J'étais déjà quelqu'un d'unique pour elle et sa déception l'avait mise hors d'elle. Ca avait à la fois quelque chose d'infantile, de terrifiant et d'attendrissant.
Les cris de douleur prirent fin et Voldemort demanda alors :
– On va faire une petite pause. Ca t'a fait mal, n'est-ce pas, Harry ? Tu n'aimerais pas que je recommence, je crois.
Silence de plomb.
– Je t'ai demandé si tu aimerais que je recommence. Réponds-moi ! Impero !
Morgan se redressa d'un coup puis déclara d'un air concentré :
– C'est le moment de voir si tu as des tripes, mon petit Potter. Allez, bats-toi, ne laisse pas ce bâtard te maîtriser, accroche-toi !
– JE NE REPONDRAI RIEN DU TOUT, hurla finalement Potter.
Morgan frappa son genoux du poing avec un air triomphant.
– Ouais ! Bien envoyé, Potter !
Voldemort annonça ensuite qu'il allait enseigner à Harry l'obéissance, il y eut un échange de sorts puis il sembla que Harry s'était caché. Enfin chacun d'eux prononça une formule en même temps :
– Expelliarmus !
– Avada Kedavra !
Alors que Morgan et moi, assises dans le tombeau, nous interrogions mutuellement du regard sur l'issue du duel, une lumière dorée commença à pénétrer par les meurtrières du tombeau puis l'éclaira complètement. Morgan se leva immédiatement et alla voir à travers l'une des meurtrières.
– C'est quoi ce bordel ?!
Vu que mon amie prenait le risque, et que j'étais tout aussi curieuse, je collai ma tête contre la sienne pour regarder à travers le trou dans la pierre. Vu la lumière aveuglante qui jaillissait d'une sorte d'arc électrique entre les baguettes de Harry et du Seigneur des Ténèbres, les Mangemorts ne risquaient pas de nous voir. Je pus alors découvrir le véritable aspect de Voldemort, une espèce de mix entre un serpent et un humain : chauve, sans nez, les yeux d'un rouge lumineux, grand et mince… J'étais plus révulsée qu'intimidée par le personnage.
Les deux adversaires s'élevèrent dans les airs tandis que des boules dorées se formaient le long de l'arc et commençaient à aller vers Harry qui avait visiblement du mal à tenir sa baguette. Morgan souffla alors :
– Mais c'est quoi ce bordeeeel ?!
– Tu n'as jamais entendu parler d'un truc comme ça ?
– Non, je n'ai strictement aucune idée de ce qui se passe. C'est… Je sais pas, ça doit avoir un rapport avec le lien qui existe entre les deux là. Ils ont fait leur sort en même temps… ça a du provoquer une réaction de baguette à baguette… Aaaah, mais j'oubliais qu'ils avaient le même modèle. Ca a peut-être un rapport avec ça. En tout cas ces boules dorées qui vont vers Potter ne m'inspirent pas confiance et il a l'air d'avoir du mal à maîtriser sa baguette. Ah… Ca s'inverse.
Lorsque la première boule dorée arriva au bout du lien du côté de Voldemort, des hurlements de douleur se firent entendre avec un étrange écho puis j'écarquillai les yeux en voyant ce qui sortit de la baguette sous une forme brumeuse.
– Euh… Morgan ?
– Oui, Finey… Je vois la même chose que toi.
– C'est le fantôme de Diggory, ça, non ?
– Non, c'est pas pareil. Ca serait plus… un résidus de l'âme de Diggory. Même si j'ai aucune idée de comment ça peut exister.
– Voldemort l'a tué, alors il avait pris son âme ?
– Je peux rien affirmer mais ça me semble une bonne hypothèse.
Le « pseudo-fantôme » de Cédric Diggory alla se placer entre les deux sorciers et sembla encourager Harry tandis qu'une autre boule touchait la baguette de Voldemort, libérant le fantôme d'une vieil homme que ni moi ni Morgan ne connaissions et qui alla se poster à côté de Diggory. Il y eut ensuite une femme à l'air distrait, puis ce fut le tour d'une autre femme , plus jeune et dont je m'extasiai devant la beauté.
– Elle est magnifique…
Morgan eut un petit rire puis dit avec douceur :
– Margaret Finey, je vous présente Lily Potter, anciennement Lily Evans.
– C'est… C'est elle ?! Wow…
C'était donc à elle que McGonagall m'avait comparée. Sacrément flatteur.
– On revient en arrière dans le temps, remarqua Morgan. Les morts là… Diggory d'abord, puis le vieux, puis sans doute Bertha Jorkins vu ce que Voldie a raconté tout à l'heure. Après… On arrive ensuite au moment où il est « mort ». La mère de Potter s'est sacrifiée en dernier pour sauver la vie de son enfant, elle a donné sa vie pour lui. Le sens du sacrifice…
Je n'en étais pas certaine, mais je crus déceler de la jalousie dans la ton de mon amie à ce moment-là. J'appris plus tard que cette impression était parfaitement juste.
– Et donc, logiquement, poursuivit Morgan avec toujours ce ton étrange, c'est au tour du père Potter, mort juste avant en tentant de protéger Harry lui aussi… Le voilà.
Je vis une sorte de réplique adulte de Harry sortir de la baguette, passant de brume informe à silhouette fantomatique argentée.
– Il a même les cheveux ébouriffés dis-donc.
– Oui. Mes parents étaient à Poudlard en même temps. Je ne me rappelle pas vraiment de ce qu'ils en disaient, mais ils ne l'aimaient pas. Pas plus que ses potes, notamment Sirius Black qui était en quelque sorte un traître aux yeux de mes parents, parce qu'il trainait avec les Gryffondors. Quelles conneries… Ah ?
Harry leva sa baguette, détruisant ainsi le lien et le dôme doré qui s'était formé autour des deux adversaires. Alors qu'il tombait à terre et se mettait à courir vers le cadavre de Diggory, Voldemort était bloqué par les fantômes qui se massaient autour de lui. Alors seulement le mage noir donna l'ordre à ses sous-fifres de stupéfixer le fuyard. Harry parvint tout de même à rejoindre le cadavre de son ami et utilisa un sortilège d'attraction pour s'emparer du Portoloin et repartir. Comment il avait su que le Portoloin marchait dans l'autre sens, impossible de le savoir. Peut-être un des fantômes… Enfin ce qui comptait…
– Harry s'est enfui ! Il a survécu ! m'écriai-je tout bas.
– Oui et avec le Portoloin. Nous sommes coincées ici.
– Oh. M… Mince, j'avais pas pensé à ça… On va faire quoi ?
– On verra quand ils seront tous partis. Ouh, Voldie est très très furieux.
Voldemort vociférait des reproches à ses subalternes.
– Bande d'incapables ! Pauvres larves ! Votre petite vie tranquille vous a ramolli à ce point ? Aucun d'entre vous n'a été fichu de le stupéfixer ! Il s'est enfui ! Je l'avais ! Il était à moi ! Raah ! Vous !
Il se tourna vers les fantômes qui commençaient à devenir de plus en plus transparent et leur lança toutes sortes de sort, dont le trio des sortilèges impardonnables, mais tout leur passa au travers. Il les agressa alors verbalement :
– Vous deux ! Les Potter ! J'ai d'autres cartes en main ! Et si Potter ne passe pas le premier, s'il est protégé par Dumbledore et toute sa clique, rassurez-vous, j'en aurai d'autres avant ! A commencer par votre fidèle ami Sirius Black ! Les Mangemorts sont de retour et les choses vont vite changer ! Le Ministère tombera, mes fidèles seront libérés et le temps de la terreur reviendra. Votre sacrifice n'aura servi à rien.
Mais Lily et James avaient un sourire confiant sur le visage. Ils ne dirent rien. Ils se tournèrent en revanche vers Queudver qui leur tourna aussitôt le dos, l'air visiblement chamboulé. Après tout, il les avait trahi. Il les avait vendu à Voldemort. Les fantômes finirent par se dissiper. Voldemort se calma alors légèrement mais c'est d'une voix exceptionnellement sifflante qu'il ordonna :
– Retrouvez tous les absents et tenez-vous prêts à agir ! Gardez vos couvertures pour le moment, je vous contacterai en temps voulu. J'ai d'abord quelques affaires à récupérer. Queudver, tu viens avec moi !
– O-Oui, maître, répondit le concerné en tremblant.
– Vous avez tous intérêt à être moins décevant par la suite où je serai tenté de resserrer mon cercle de fidèles d'une manière drastique !
Et il transplana. Les Mangemorts semblèrent aussitôt se détendre et ils commencèrent à se parler entre eux à voix basse. Je n'entendis rien de distinct, mais leur ton était de toute évidence soit morne soit stressé.
Morgan m'incita à me baisser et nous nous affalâmes contre le mur. Je secouai la tête :
– Ils ont presque l'air de regretter son retour… Pas si « fidèles » que ça, les Mangemorts…
– Eh bien… C'est un peu complexe. Ceux qui l'ont suivi la première fois était des fidèles comme tu dis, ça c'est certain. Des fans du sang pur, des psychopathes ou des opportunistes qui voyaient l'occasion d'être au top, ou bien encore des amoureuses…
Elle baissa les yeux en fronçant les sourcils, comme si elle avait quelque chose sur le cœur.
– Des… des amoureuses ?
– Oui, fit Morgan entre ses dents. Bellatrix, ma marraine. Elle… Elle ne l'a jamais dis clairement mais ça se voit quand elle en parle. Qu'elle est stupide…
Cette idée semblait torturer Morgan. Mon amie aimait sa marraine, ce qui pouvait se comprendre vu que Bellatrix n'avait plus eu qu'elle une fois ses parents disparus, mais elle semblait également dérangée par certains aspects de sa personne – et notamment ces sentiments amoureux, ce qui pouvait aisément se comprendre.
Morgan soupira puis dit d'une voix soudain triste :
– Et puis… Margaret…
– O… Oui ?
– Tu t'es rendue compte d'un truc ? L'année dernière, le soir où Black s'est enfui… Je… Je tenais Pettigrow. J'aurais pu le capturer et le livrer à Dumbledore. Sans lui… Voldemort n'aurait pas…
Elle mit sa main sur son visage, apparemment honteuse.
– C'est ma faute. Je l'ai laissé filer parce que je voulais retrouver Voldemort et le tuer. Mais là, en l'ayant vu renaître en pleine forme, puissant… Je me dis que c'était la pire connerie de ma vie. Je suis une imbécile, Margaret, une véritable conne. J'ai fais passer mon envie de vengeance avant, sans me rendre compte… A ce moment-là, je ne voyais pas le désastre que ça pourrait causer, ça ne me semblait pas si… grave. Putain !
Elle crispa ses mains autour de son crâne et je vis son corps secoué d'un sanglot. Je ne savais pas quoi faire. Morgan avait raison. J'avais là une raison formidable de lui en vouloir. Même si c'était indirect, le fait que tout était en train de dégénérer, que le futur semblait si sombre, c'était sa faute. J'aurais pu ne pas lui adresser la parole, l'ignorer et même m'écarter de celle dont la vanité, l'égoïsme et la prétention avait causé la renaissance de ce démon.
Mais ce ne fut pas ce que j'eus en tête. Je voyais Morgan, juste à côté de moi, en train de pleurer. Elle se sentait mal. Et c'était ça le plus important. C'était ça que je retenais. Cette personne, plus proche de moi qu'aucune autre à Poudlard, souffrait.
Alors doucement je mis ma main sur son épaule la plus éloignée pour l'attirer contre moi et mis ma tête contre son épaule libre. Après quelques minutes à chercher de quoi la réconforter, je me mis face à elle et après quelques secondes d'hésitation, lui prit délicatement le visage de mes deux mains pour le mettre face au mien et chuchotai :
– Ne mets pas tout sur ton dos, Morgan. Même si Queudver avait été arrêté, Voldemort n'aurait-il pas trouvé un autre moyen ? Tu l'as entendu. Il y a eu le professeur qu'il a possédé pour atteindre la Pierre Philosophale, tu m'as parlé aussi de ce livre étrange où une partie de Voldemort était enfermée. Si ce n'était pas par Queudver, il aurait trouvé un autre moyen de revenir à la vie. Il avait un espion à Poudlard, le faux Maugrey !
– Mais même ça, Margaret, rétorqua Morgan en reniflant, je n'ai rien fait ! J'avais des soupçons !
– Justement, tu ne pouvais pas agir sans preuve ! Maintenant, tu as ces preuves. Tu m'as dis tout à l'heure que nous ne pouvions rien quand Diggory est mort. C'est la même chose ici, on ne pouvait rien faire. Et tu ne pouvais pas savoir. Alors arrête, s'il te plaît, arrête de pleurer. Tu es celle qui me permet de tenir depuis qu'on est arrivé ici. Si ça n'avait pas été toi… J'ai besoin de ce roc que tu es, de cette adolescente fanfaronne et parfois irresponsable. Ressaisis-toi. J'ai… J'ai besoin de toi.
Morgan releva ses yeux larmoyants vers moi et eut un sourire triste.
– Tu aurais pu m'enfoncer encore plus, tu aurais pu me dire que je l'avais cherché, que c'était bien ma faute. Et pourtant… Tu me soutiens, tu essayes de me réconforter…
– Evidemment… Je ne vais pas te laisser t'enfonce et souffrir. On est partenaires, ça marche dans les deux sens…
Je crus voir alors passer je ne sais combien d'émotions dans ses yeux. Elle eut un sanglot, secoua brièvement la tête puis prit ma la tête entre ses mains pour la ramener à elle et m'embrassa. Encore une fois, ce n'était qu'un contact entre nos lèvres, mais il me sembla que cette fois Morgan y mettait plus d'intensité. Le monde cessa de tourner pendant un court intervalle et je profitai de ce lien si fort qui passait par ce contact. Le baiser dura une dizaine de seconde avant que Morgan n'y mette fin en suçant légèrement la lèvre inférieure. Puis elle se recula d'un coup pour sécher ses larmes. Sa voix était encore tremblante mais son ton déjà plus sûr.
– Je pleure beaucoup depuis qu'on est arrivés. Ca doit être le choc, l'ambiance tout ça, il faut que je me reprenne.
Elle se mit des baffes sur les joues. Je croisai les bras et dit avec un sourire en coin :
– Oui, je compte sur toi pour nous sortir de là. Parce que c'est quand même toi qui nous a fourré là-dedans.
Morgan me regarda dans les yeux et vit que c'était plus une raillerie qu'un reproche. Elle eut alors un ricanement et dit :
– T'inquiète, je vais trouver. On ne te l'a pas dit, on m'appelle la sorcière de toutes les situations. Un problème ? Je trouve la solution. Pas toujours très vite et pas toujours avec subtilité, mais une solution quand même.
– J'attends de voir.
– Déjà, on va voir ce que font nos copains les Mangemorts. Je sortirai bien pour faire un petit coucou, normalement je suis des leurs, mais… Ca serait vraiment, vraiment trop suspect. On va plutôt attendre qu'ils partent.
Au même moment, des craquements se firent entendre. Les mages noirs transplanaient. Il n'y eut plus finalement que quelques bruits que j'attribuai à la forêt environnante. C'est alors que j'entendis une voix féminine familière hurler :
– Police ! Jetez vos baguettes sur le sol ! Maintenant ! »
Le chapitre suivant sera entièrement original (ouf pour moi) avec le retour d'un perso dont je suis sûr tout le monde aura oublié l'identité (je suis tellement lent à poster mes chapitres, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même...)
