Hello tout le monde, ici Kirua, l'écrivain. Deux jours après mon chapitre 36, voici la suite. Je vais essayer de reprendre un rythme d'écriture soutenu, maintenant que certaines choses ont disparus de mes occupations premières, donc bonne lecture à tous.


Chapitre 37

La furie meurtrière

d'un Lémurian

Il existe plusieurs stades de colère. La frustration, l'agacement, la colère, la fureur, la haine, la folie meurtrière et le Sadisme. Piers le Lémurian n'en était à aucun de ces sept stades colériques. Non, il était loin devant, très loin. Jamais quelqu'un n'aurait pu plus désirer la mort d'autrui que Piers voulait la mort de Conservato en cet instant précis.

Mais pas seulement la mort, il voulait briser tout ses os, le dépecer vivant, réduire petit à petit son corps en lambeaux sanguinolents et faire durer la souffrance pas un jour, pas une semaine mais des années durant, autant de temps qu'il a été berné, trahis!

« Les préceptes Lémurian sont de "ne jamais Haïr qui que ce soit, même avec une bonne raison". En soit, je respecte cette règle, je ne te hais pas, Conservato, cela va BIEN AU DELA de la haine! Je vais t'anéantir! »

Et a ce moment, il bondit. Quel bond! On dit souvent que la peur et l'amour donnent des ailes mais il y avait une chose qui en offraient de bien plus fortes, la haine. De toute sa fureur, il incanta son attaque Iceberg d'Or et commença à creuser l'énorme bout de glace emprisonnant Conservato. Puis la glace explosa, provoquant une longue entaille dans la cuisse de l'ancien.

Celui ci n'en avait d'ailleurs cure, il souriait toujours et semblait rajeunir à mesure que le temps passait. A la fin, il avait adopté la forme d'une jeune femme un peu fatiguée. Une jeune femme aux cheveux bleus océan, un regard vert émeraude remplis de compassion et vêtue d'une belle robe turquoise la mettant en valeur, elle semblait gentille et douce.

Piers écarquilla les yeux d'horreur, cet enfoiré... Il osait... Il OSAIT prendre l'apparence de sa mère après l'avoir tuée! Cette fois, un enfoiré pareil méritait PIRE que la mort, il allait le laisser vivant, le plonger dans une souffrance éternelle!

« Conservato... Tu... Ta bassesse ne connait donc aucune limites? Je vais t'occire! »

De loin, seul Vlad, Ivan Et Piers se battaient. Vlad et Ivan car ils le devaient et Piers car son honneur était en jeu. Il n'avait aucune chance de triompher mais il se relevait. Il n'avait aucune chance de le menacer mais il se relevait. Il n'avait aucune chance de le tuer mais il essayait encore et encore, peu importe le nombre de fois qu'il était envoyé à terre.

Et alors que tout semblait être contre le Mystique de mercure, celui ci se déplaça. A son passage, tous entendirent un « boom » retentissant, il venait, en un instant de franchir le mur du son!

« Ca ressemble à cette fois, au passage de la soie... » Remarqua Pavel, assez décontenancé.

Cela voudrait-il dire que son compagnon venait d'obtenir son éveil maximal? Cela voulait donc dire qu'il fallait que l'éveil soit provoqué par quelque chose en particulier et qu'il dépendait de la personne? En ce cas, quel est la signification de cet éveil pour Piers, que représente-t-il? Et pourquoi maintenant?

Le fait était que maintenant, Conservato semblait s'affoler, il ne parvenait à bloquer les amples assauts que de justesse et son arme virait au rouge petit à petit, ce n'était pas naturel... Piers était un mystique de mercure, pourquoi son arme brûlerait celle de son adversaire? Plus il y réfléchissait, moins Thélos comprenait.

Ivan voyais ce que ça pourrait être, une réaction calorifique à un frottement de l'air mais en pratique, il fallait une vitesse terrible pour un poids aberrant pour provoquer des ondes de chaleur, ce qui voulait dire que Piers bougeait à une vitesse suppérieur à celle du son, et de loin, peut être même plus vite que la lumière.

Conservato paraît à droite, esquivait en se baissant, semblait débordé par la trop grande vitesse de son adversaire, et à un moment, perdit un bras. L'autre suivit pratiquement instantanément. Et avant d'avoir pu réagir, il fut littéralement tranché en deux. Le lémurian déguisé, sous la surprise et la douleur, écarquilla les yeux de souffrance avant de s'écrouler par terre.

Pourtant, loin d'avoir rompu le contrôle mental, les deux pauvres innocents redoublèrent d'ardeur, contraignant Ivan et Vlad à y aller à fond. Les larmes aux yeux, le coeur lourd, les deux combattants se battaient pourtant avec une détermination farouche. Plus rien n'aurait pu les sauver en cet instant précis, il fallait les tuer tout les deux...

« Pyroclasme »

Le jeune adepte de Jupiter écarquilla les yeux de surprise. C'était bien son maître qui venait de faire ça? Ce n'était pourtant pas un mystique! La surprise ne s'arrêta pas là, Hammett incanta un sort d'incinération que Ivan repoussa à grande peine via Ouragan.

Du côté de Vlad, c'était aussi la stupéfaction. Dora enchainait les Ragnarock comme si elle avait vingt ans et possédait un grand pouvoir. Il devait danser entre les attaques pour limiter la casse, mais certains coups passaient sa garde, comme celui qu'il n'avait pas prévu en cet instant même, que sa mère invoqua sous ses pieds.

« Grande Gaïa »

Heureusement qu'il avait eu des réflexes, sinon, nul doute qu'il aurait été tué par la technique. En effet, il avait réussit à contrer cela d'un Odyssée en direction du sol, ce qui l'éjecta vers l'arrière. Décidément, comme si son état moral ne suffisait pas, Vlad devait se jeter à corps perdu dans la bataille. Puisqu'il en était ainsi, il allait sortir son As.

« Silex, Petra, Sel, Basalte, j'en appelle à votre pouvoir, j'invoque la fin du monde, j'invoque APOCALY¨PSE! »

Très haut dans le ciel, il s'élevait. Un être qui devait avoir trait au divin, à la vue de ses immenses ailes d'un blanc de neige. Nulle parcelle de peau était à nue, il était un gigantesque soldat avec une armure ciel dégagé, un casque surplombé de deux cornes marrons, un espadon dans sa main droite et un sceptre embouté d'une tête de lion dans l'autre.

Sans nul doute possible, il était impressionnant et imposait une forme de respect. Le guerrier dirigea son sceptre vers le sol et s'apprête à tirer.

« Charbon, Dum, Hephaistos, Aurore, Effusion, Aelo, Euros, Khamsin, j'en appelle à votre puissance absolue, j'invoque le seigneur de mort Catastrophe! »

Stupéfaction, de nouveau. Ils avaient aussi des Djiins? Ce n'était pas possible... Pourtant, loin dans le ciel, un chevalier à l'armure couleur obsidienne attaqua brusquement Apocalypse qui fut éjecté. S'en suivit un violent combat aérien qui sembla se finir dans le monde des chimères. Sur le sommet du phare, aucune des deux invocations n'avaient eu d'effet.

Ca, ça compliquait les choses. S'ils pouvaient aussi utiliser les Djiins, la situation était PIRE que ce qu'il aurait prévu. Ivan tenta bien de bloquer la psynergie de son maître en invoquant son Djiin Sirocco. Mais étrangement, cela ne fit aucun effet. Ce djiin marchait tout le temps, mais là il ne marchait pas... Etait-ce possible que ce fut lié au fait qu'Hammet ne soit pas un mystique?

Question stupide, il se servait de la Psynergie... Alors qu'elle aurait du être bloquée... Et tandis que Ivan ruminait, son maître était retourné à l'attaque. Par réflexe, le mystique tendit son arme pour se protéger... Et empala le vieil homme de tout son long. Sous le poids, le mystique dut ramener son arme à lui et sentit du sang couler sur sa main. Du sang et des larmes.

Des larmes de Ivan, des larmes de son adversaire. De tristesse, de délivrance, Ivan sentait son coeur se déchirer, comme s'il avait été sauvagement piétiné. De ses propres mains, il avait porté l'épée Tisiphone mettant fin à la vie de son père adoptif.

Comme il aurait aimé mourir en cet instant, juste être avec son maître par delà la vie et la mort, ne jamais le quitter... Il lui était bien trop cher pour le laisser mourir ainsi. Hélas, NI Sofia NI Piers ne pouvaient soigner le vieil homme, son coeur battait déjà de plus en plus faiblement... TROP faiblement!

« I...Van...? Au son de sa voix, Ivan crut éclater en larmes.
-Ou-oui maître Hammett...? Qu-Que voulez vous?

-Merci... De m'avoir libéré, merci mon enfant... »

La gorge de l'adepte de Jupiter se nouait un peu plus à chaque syllabe que son mentor marmonnait. Et il sentait sa main glisser un peu sur ses cheveux blonds. Ivan laissa la lame planté dans le corps de son tuteur et le secoua, légèrement d'abord puis plein d'entrain pour le garder en vie. Sofia faisait ce qu'elle pouvait, la blessure semblait s'améliorer, rétrécir mais le vieil homme ne reprenait pas de couleur pour autant.

Ivan se figea. Sous ses mains, il pesait plus que Jamais, son cœur ne battait plus... Hammett venait de décéder juste sous leurs yeux impuissants. Se demandant si c'était un rêve, le jeune garçon se planta un poignard dans le bras en faisant gicler son sang. Sofia, Horrifiée, se dépêcha de soigner l'estafilade de l'outil et serra Ivan contre elle pour tenter de le réconforter.

Sous le choc, il ne résista pas une seconde à l'étreinte de son amie et pleura douloureusement sur son épaule, il venait de perdre une partie de son âme, elle lui avait été violemment arrachée, jamais il ne pourrait se remettre de ce meurtre. Il pleurait, de désespoir, de chagrin, de rage, il déversait son flot de souffrance sur l'épaule de la douce mystique de Mercure.

Piers regardait la scène et grinçait des dents. Conservato avait vraiment été capable d'une belle ignominie... Il était mort mais cette dernière ne le rendait pas plus heureux, il tenait réellement à lui infliger au centuple ce qu'il venait de se passer, pour lui, pour Ivan, pour Vlad.

« Eh bien, je suis surpris, je ne savais pas que vous pourriez gagner, je vous ai sous-estimé. »

Tous se remirent instantanément en garde... Ce n'était pas possible, c'était bien... Et sous leurs yeux ébahis, le cadavre de Conservato se ramollit, verdit, pour devenir un humanoïde vert.

« Mon DoppelGänger vous a amusé? Pour cette fois, je vous laisse faire, mais nous nous reverrons, foi de Conservato. »

Et sans que personne ne l'ait vu, il s'en alla dans un écho de rire s'éloignant de plus en plus. Ivan se sentit tressaillir et le Lémurian...

Il posa ses deux mains sur sa tête, tomba à genoux et poussa un hurlement sonore, à s'en déchirer les cordes vocales, un cri de douleur.