Trop d'Amour Te Tuera
35 – « Almost lovers always do »
Severus ramena Lorena à la Salle sur Demande, car il savait que c'était là qu'elle voulait être. Une fois seuls dans la Salle, Severus la prit dans ses bras et il commença à l'embrasser dans le cou. Lorena tenta de le repousser mais ses propres sens la rattrapèrent et elle finit par l'embrasser avec passion, tous les deux submergés par leur sensualité.
"Je croyais vous ne vouliez plus de… contact intime avec moi, Professeur."
"La donne a changé, Lorena. Nous allons être fiancés l'un à l'autre dans quelques jours et…"
"Et ?"
"Je te désire toujours, plus que jamais, Lorena." Il resserra son étreinte autour d'elle.
"Le Professeur Dumbledore a dit que vous resteriez dans vos appartements et moi, dans mon dortoir." Son ton était ferme et déterminé.
"Ce qui ne veut pas dire qu'on nous interdit de faire l'amour ensemble," dit-il d'une voix soyeuse, profonde, sensuelle.
Lorena hésita, ce qu'il remarqua immédiatement. "Quoi ?" demanda-t-il.
Elle se sentit gênée et baissa la tête. "Dis-moi, Lorena."
Elle resta silencieuse et se contenta de rougir, détournant la tête. "Je croyais que tu aimais le sexe avec moi."
Elle trouva le courage de répondre. "Oui, j'aimais. Mais vous avez été si brutal avec moi ce matin que…" Elle s'arrêta. "Vous m'avez violée. Oui, c'est ce que vous avez fait." Elle baissa la tête encore une fois. "Je ne voulais pas mais vous… vous avez continué… et vous m'avez fait mal ! J'ai dit "non" mais vous n'avez pas écouté ! Comment… comment pourrais-je vous faire confiance maintenant ?"
Severus comprenait son inquiétude. Il se souvenait de son père qui battait sa mère et lui faire des choses qu'un jeune enfant ne pouvait comprendre. Avec l'âge, la maturité – et après quelques orgies avec les Mangemorts aussi – il avait compris alors ce que son père avait fait à sa mère. Il avait pris d'elle ce qu'il avait désiré et eu besoin en tant qu'homme – qu'elle l'ait aimé ou pas. "Je te veux, Lorena. J'ai besoin de toi. Je suis conscient que mon comportement avec toi ce matin n'a pas été gentil, mais tu le sais, je ne suis pas un homme gentil. En dépit de ce que tu peux penser de moi, je ne suis pas l'homme gentil, doux, aimable, que tu crois que je suis." Je suis comme mon père ! La réalité de cette situation le frappa et il se haït pendant quelques secondes.
"Je le sais mais quand même. Je sais que dans le fond, vous êtes ce que vous prétendez ne pas être. Mais je crois que j'aurai besoin d'un peu de temps avant que nous puissions… Je vous en prie… Professeur… En attendant, laissez moi seulement tranquille. Nous prêterons ce Serment mais… donnez moi du temps. S'il vous plaît."
Lorena voulait lui échapper. Elle l'aimait, elle en était certaine, mais elle avait peur de sa brutalité.
Le Maître des Potions était ému par sa demande. Peut-être que je devrais ajouter ça à la liste des points pour lesquels je vais m'engager à tenir par le Serment Inviolable… "Nous prendrons notre temps, Lorena. J'ai besoin de ta confiance. Sinon, nous ne survivrons jamais lorsque nous serons confrontés ensemble au Seigneur des Ténèbres."
Elle leva la tête vers lui et commença à caresser sa poitrine. "J'ai peur, Professeur."
Il resserra son étreinte encore plus. "Je comprends. Ca ira. Tu as tout à fait le droit d'avoir peur de lui. C'est le cas de tout le monde. Y compris du mien. Il te faut seulement le cacher et c'est pourquoi il est essentiel que tu maîtrises l'Occlumencie. A partir du moment que tu es ma compagne, même en secret, tu devras cacher ta peur et tout autre détail qu'il pourrait utiliser comme levier contre toi. Contre toi et contre moi. Et contre notre enfant."
"Est-ce que vous serez… doux ?"
Il leva un sourcil. "Pour nos leçons d'Occlumencie ?"
"Oui…" finit-elle par dire dans un murmure.
"Oui, je le serai, Lorena. Je veux que tu sois en sécurité, je te veux pour mienne. Je… ne ressens pas de l'amour pour toi, tu le sais. Mais je m'excuse pour ma brutalité de ce matin. Je me suis laissé emporté par ma passion et tout le désir, l'envie, le besoin, la convoitise charnelle que je ressens pour toi. Je ne peux rien te promettre mais je ferai de mon mieux pour que cela ne se reproduise pas à l'avenir."
"Cela n'arrivera pas, Professeur. Je ne laisserai pas ça arriver de nouveau. Je ne veux pas…" Elle bafouilla. "Je ne veux pas… avoir de contact intime avec vous pour le moment. S'il vous plaît. Lâchez-moi."
"Pour le moment ?"
"Oui. J'ai besoin de temps… après ce que vous m'avez fait ce matin." Son ton était froid et sec.
Il se peut que j'aie besoin plus que de temps. Il se peut que je ne revienne jamais à toi – même si je t'aime, Severus.
Elle avait raison. Severus lui caressa la joue. Quelque chose de fugace passa en lui. Son tempérament passionné avait pris le dessus ce matin-là, ainsi que sa convoitise, son désir, son envie, son besoin, ses sens. A moins que ce fût… de l'amour ? De l'amour qui l'aurait transporté bien trop loin ? Non, l'amour était un sentiment pur, dévoué, altruiste. Tout comme ce qu'il avait ressenti pour Lily. Plutôt l'opposé de ce qu'il ressentait pour Lorena. Elle éprouvait de l'amour pour lui. Il n'éprouvait que du désir pour elle. Une convoitise charnelle, du désir, de l'envie, du besoin, du manque. Une litanie que ses sens ne connaissaient que trop bien.
Elle frissonna à son toucher, mais elle n'aurait pas pu dire pourquoi. "Vous pouvez garder la passion, Professeur. Vous pouvez garder le désir et même la convoitise aussi. C'est seulement que… que je n'en veux pas maintenant. Je ne sais pas quoi en faire. Je ne sais pas quoi faire de vous. Avec vous. S'il vous plaît… Gardez seulement la brutalité et la violence pour le Seigneur des Ténèbres, c'est tout. Promettez-moi."
"Oui, Lorena, je le promets." Sur ces paroles, Severus embrassa les lèvres de la jeune femme, d'abord doucement, puis avec de plus en plus de passion. Il sentit sa chair d'homme se durcir dans son pantalon, il la désirait comme un fou. Elle avait senti sa protubérance sous ses robes aussi. Elle se sépara de lui rapidement.
"Je vous en prie, non, Professeur ! N'allez pas croire que… que ce Serment vous donnera des droits sur moi. De ce que j'en ai compris, il ne vous donnera que des devoirs." Elle se sépara de lui, lui tournant le dos, revenant au piano. Elle s'y assit et ses doigts touchèrent le clavier, y cherchant leurs repères. Elle l'aimait mais elle ne faisait pas confiance à ses sens, à sa passion. Elle avait appris de la manière forte comment il pouvait se conduire réellement.
"Est-ce que vous voulez que je joue quelque chose pour vous ?" Un changement de sujet était le bienvenu.
Le Maître des Potions regarda sa montre. Il leur restait environ deux heures avant que n'arrivent les étudiants. "Oui… tout ce que tu connais et aimes."
Elle lui sourit et continua au piano. D'un geste de sa baguette, Severus élargit le petit banc qu'elle utilisait, afin qu'ils puissent s'y asseoir tous les deux. Elle comprit ce qu'il avait en tête. Il posa seulement une main sur le bas de son dos pendant qu'elle jouait. Pour la première fois, il ressentirait directement les émotions de la jeune femme.
"Joue pour moi ce que tu as joué ce matin, lorsque je t'ai retrouvée."
Lorena tourna la tête vers lui rapidement, ses sourcils se fronçant comme si elle n'avait pas compris.
"Celle qui dit "Goodbye my almost lover"… Je veux que tu joues et chantes celle-là." La bouche de Severus était tout proche de son cou, elle pouvait sentir son souffle sur son oreille.
"Pourquoi ?"
"Je suis ton "almost lover", tu ne crois pas ? Ton "hopeless dream", ta "luckless romance", qui "brings you heartache", tu ne crois pas ? Joue-la pour moi, s'il te plaît, Lorena…" fit-il de sa voix soyeuse et profonde. Il lui embrassa le lobe de l'oreille, puis le cou.
Lorena perçut le danger. Elle savait combien Severus Rogue était un dangereux sorcier, il pouvait faire du mal, même à elle, elle avait déjà eu un goût de sa violence. Elle voulait lui dire qu'il devait la lâcher. Mais elle en était incapable. Il y avait quelque chose de tendre dans son toucher cette fois-ci auquel elle ne pouvait dire non. Elle réalisa que c'étaient ses propres sens qui l'empêchaient de le faire.
"Professeur ! Lâchez-moi !" finit-elle par parvenir à dire. Ses doigts pressèrent les touches sur le piano dans un accord disharmonieux et plein de colère. Lorena contrôla l'angoisse due à sa proximité du mage noir. Elle devait admettre qu'elle avait peur de lui, en particulier depuis qu'il l'avait forcée ce matin même.
Lorena essaya de ne pas y penser et puisa son courage dans son amour pour lui. Ses doigts filèrent sur le clavier et elle commença à chantonner la chanson, et même à chanter le refrain qu'elle avait mémorisé. Elle était surprise de constater qu'il avait mémorisé certaines des paroles aussi.
Quand elle eut fini la chanson, elle resta silencieuse, attentive à son prochain geste. Elle pouvait sentir la main de l'homme sur le bas de son dos, sa bouche sur son cou, à y effleurer la peau dans une touche délicate qui la fit frissonner. Son autre main se retrouva sur la cuisse de la jeune femme.
"C'est bon de sentir tes émotions lorsque tu chantes, Lorena," murmura Severus. "C'est comme… quand nous faisons l'amour, toi et moi…" Sa voix la fit fondre complètement.
Elle tourna la tête vers lui. "S'il vous plaît, Professeur…" Severus n'écouta pas et attrapa ses lèvres pour un baiser passionné. Lorena céda à son étreinte, ses mains quittèrent le clavier, pour le saisir, se soumettant à lui. Il avait raison – le cœur de Lorena battait la chamade, son corps le voulait, une ruée puissante d'amour monta en elle, de son ventre jusqu'à la tête, la balayant comme un orgasme. Elle la lui renvoya et leur étreinte se resserra, s'agrippant l'un à l'autre comme si leur vie en dépendait.
Ils se séparèrent, hors d'haleine à cause de leur baiser. "Je te désire, Lorena, comme je n'ai jamais voulu une femme auparavant. Je ne veux pas être ton "almost lover"."
Tu me désires mais tu ne m'aimes pas, songea-t-elle. "S'il vous plaît, Professeur… Non…" murmura-t-elle. Tu me désires mais tu m'as prise de force. Qu'est-ce que je vais faire avec ça ? Avec l'amour que j'éprouve pour toi ? Comment puis-je te faire confiance désormais ?
"Je sais, Lorena," répondit-il doucement. Il ne savait pas quoi faire avec les sentiments de la jeune femme. Avec ce sentiment-là en particulier. Il pouvait affronter sa colère, sa haine, son chagrin, son angoisse, ses peurs. Mais son amour… il en était moins sûr. Cet amour qu'avait Lorena pour lui possédait une qualité – c'était un amour inconditionnel – qui le rendait unique. Il n'avait jamais rencontré une telle dévotion – sauf peut-être la dévotion qu'il avait lui-même nourrie pour Lily pendant de longues années, bien après sa mort.
Mais là, se tenait une jeune femme de presque 18 ans, une vierge qu'il avait faite sienne, qui lui avait sauvé la vie, prête à lui faire don de sa vie pour le ramener à la vie. Elle l'aimait d'une façon qu'elle ne pouvait pas imaginer, qu'il ne pouvait pas ressentir, qu'il ne pouvait pas rendre en retour. L'amour de Lorena était pur et sensuel, brûlant et réconfortant, inconditionnel et non-partagé.
Et là il était, un des symboles du mal pour beaucoup, pourtant prêt à affronter le danger et à risquer sa vie pour le Plus Grand Bien, l'esclave de deux maîtres manipulateurs, lui l'objet d'un tel amour, sur le point de se lier avec elle dans un Serment Inviolable. Tout cela pour elle.
Pour le moment, Severus Rogue était seulement heureux de la tenir dans ses bras et de la posséder dans un baiser profond, langoureux et passionné, percevant une émotion venant d'elle qu'il n'éprouvait pas, qu'il ne pouvait pas ressentir par lui-même. Il ne savait pas quand elle serait de nouveau sienne, mais il estima que le Serment constituerait un bon départ. Après tout, elle pourrait changer d'avis, concernant le côté physique de leur relation. Il serait un "almost lover" auquel elle ne pourrait dire "goodbye".
Lorena continua à jouer. Elle joua tout ce qu'elle connaissait et termina avec l'Adagio pour Cordes que Severus et elle aimaient tant. Elle jouait de son violon, debout. Il se tenait derrière elle, ses mains sur la taille de la jeune femme, afin de ne pas l'entraver dans ses mouvements pendant qu'elle jouait. Elle pouvait sentir son souffle sur son cou et quelque part, elle en fut émue.
Elle pouvait sentir ses mains sur elle, ainsi que le flot de pensées et d'émotions entre leurs contacts physiques respectifs. Il en allait de même pour Severus qui pouvait percevoir toute la concentration et l'émotion de la jeune musicienne le balayer. Le rituel de virginité avait doté Severus de talents en télépathie de contact, tandis que celle de Lorena s'était développée.
Il perçut son amour pour lui, mais aussi combien elle avait peur de le perdre en réalité. Malgré tout, elle avait peur de lui aussi. Ses sentiments pour lui étaient totalement ambivalents. Elle avait peur de lui mais elle avait aussi peur pour lui. Les épouvantards ne faisaient pas de bruit mais quelque part il se demanda si l'Adagio pour Cordes ne faisait pas partie de l'arrière-plan de son épouvantard.
Severus resta silencieux, sa prise sur elle se resserrant après chaque crescendo. Il s'émerveilla de la capacité de la jeune femme à pouvoir à la fois se concentrer et à laisser l'émotion la submerger. Il pouvait la sentir pleurer dans son âme. Mais elle avait une maîtrise de soi suffisante pour ne pas compromettre l'interprétation, comme si elle pouvait canaliser la concentration et l'émotion dans deux chemins différents.
L'émotion montait entre eux deux. A présent, Severus avait noué ses mains sur le ventre de Lorena, la tenant tout contre lui. Cela ne l'empêchait pas de jouer. En fait, son corps se moulait exactement tout contre le sien et elle se sentait bien de jouer ainsi.
Puis elle s'arrêta pendant quelques secondes à la fin du crescendo. Elle était sur le point de reprendre le morceau, lorsqu'elle sentit quelque chose de mouillé lui couler le long du cou. Elle ne pouvait pas le supporter plus longtemps. Elle tourna la tête vers lui et comprit ce qu'il se passait.
"Vous pleurez, Professeur ?" demanda-t-elle doucement.
Il ne répondit pas, il la serra seulement plus fort tout contre lui. Délicatement, la bouche de Lorena trouva la joue de l'homme. Elle eut confirmation que l'humidité dans son cou était bien faite des larmes de Severus. Elle n'arrivait pas y croire et elle était contente de constater qu'il pouvait lâcher prise un petit peu, de cette manière-là. Elle posa un baiser sur sa joue, goûtant sur ses lèvres les larmes de son partenaire. Je t'aime, Severus… Malgré tout ce que tu m'as fait, je t'aime.
Severus perçut sa pensée d'une manière ou d'une autre. Il n'avait jamais rien ressenti de tel auparavant – excepté lorsqu'il avait pleuré encore et encore sur la perte et la mort de Lily. Mais cette fois, ses larmes étaient d'une autre nature. Bonheur. Sérénité. Amour ? Il ne savait pas si l'on pouvait l'appeler ainsi.
"S'il te plaît… Continue à jouer…" implora-t-il d'une voix rauque, la gorge contractée par l'émotion, comme si sa vie même en dépendait. "Continue la magie, s'il te plaît…"
Lorena sourit. Elle recommença à jouer, son âme aussi légère qu'une plume, aussi chaude qu'une journée de printemps, plus vivante que jamais. Une ruée puissante d'amour parvint à Severus. Elle le sentit relâcher une respiration profonde, qui ressemblait à une douce brise sur sa peau. Peut-être qu'à partir de maintenant, il commencerait à guérir et à aimer...
J'espère avoir gardé Severus plausible, "in character" – je voulais montrer qu'il ne sait pas lui-même sur quel pied danser en ce qui concerne ses propres sentiments envers Lorena. Nous savons tous qu'il n'est pas très bon quand il s'agit de faire face à ce type de sentiments, malgré le fait qu'il se montre très sûr de lui en général. N'hésitez pas à me dire si vous êtes d'accord ou pas, et pourquoi.
La chanson est Almost Loverpar A Fine Frenzy. J'ai gardé en anglais les paroles que cite Severus. Je trouvais que ça sonnait mieux. Pour cette raison aussi, j'ai laissé le titre du chapitre comme à l'origine. Voici la traduction :
"Almost lovers always do" : la plupart des amants le font
"almost lover" : [mon] presque amant
"hopeless dream" : [mon] rêve sans espoir
"luckless romance" : [mon] malchanceuse romance
"brings you heartache" : [qui] fait souffrir ton coeur
Merci de laisser des revues ! Pleins de revues et d'encouragements ! J'en ai besoin en ce moment. Je réponds aux revues non-anonymes et je remercie d'avance les lecteurs/lectrices qui laissent des revues anonymes, auxquelles je ne peux malheureusement pas répondre, malgré toute leur pertinence.
