Bonjour tout le monde,

Comment allez-vous ? Je vous remercie pour toutes vos reviews ! La cap des 900 reviews va bientôt être dépassée. J'ai trop hâte que vous lisiez ce chapitre et que vous me disiez ce que vous en pensez. Nous entrons dans la dernière partie de l'histoire...

Bonne lecture, Patmol25


L'incorrigible attraction

Chapitre 36

Les yeux posés sur La Manche déchaînée, Harry était certain de pouvoir du jour au lendemain déménagé dans la maison de Tom à Hastings. Il adorait cet endroit. Il s'y sentait bien, comme à la maison. Même dans l'appartement de Londres, quelque chose lui disait toujours qu'il était chez Tom. Mais là… C'était étrange mais l'odeur iodée, le bruit des vagues se fracassant sur les falaises pas loin, le cri des mouettes tout cela participait à le faire aimer chaque fois un peu plus ce pied à terre dans le sud de l'Angleterre.

Ses partiels s'étaient terminés la veille au soir et à présent, il était en vacances. Du moins, en pré-vacances, car il continuait à aller quinze heures par semaine en stage chez Lucius Malefoy. Mais il n'avait plus cours à Westminster jusqu'à la rentrée de septembre. Être en vacances à la fin du mois de mai était un avantage non négligeable d'être étudiant à l'université. Mi-juillet, il aurait quatre semaines de congé du cabinet et peut-être, pour l'instant son patron ne lui en avait pas touché un mot, il reprendrait son stage rémunéré à la mi-août.

Harry laissa un sourire éclore sur son visage, les coudes appuyés contre le muret en pierre bordant la terrasse de la maison à l'étage. Ses examens s'étaient plus ou moins bien passés même s'il était certain d'avoir une note très moyenne en français. Au téléphone, peu après la sortie de son examen, Tom lui avait proposé de l'emmener en France pendant les vacances pour l'aider à améliorer son niveau dans cette langue. Harry avait ri, amusé et enchanté par l'idée sans savoir si son amant était sérieux ou non.

Pour fêter l'arrivée des vacances, ses amis et lui s'étaient réunis la veille au soir dans un pub de la capitale. Ron et lui avaient beaucoup discuté et ri, brisant la dernière glace entre eux. Hermione s'était enthousiasmée de les voir se rapprocher de nouveau mais la présence de Zabini avait renfrogné Harry et Ron. Certes, pas pour les mêmes raisons. Le métisse, tenant Hermione contre lui, ne lui avait lancé aucun regard goguenard. La proximité de Viktor l'en avait sûrement empêché. Harry était furieux de voir le garçon poursuivre sa relation avec sa meilleure amie malgré ses mises en garde mais il ignorait comment alerter Hermione à son sujet.

La seule fois où il avait tenté de lui dire que Blaise Zabini lui paraissait louche, l'étudiante en droite avait froncé les sourcils, méfiante. Elle avait exigé davantage d'explications mais Harry s'était contenté de bredouiller, incapable de trouver comment justifier ses propos. Hermione s'était fâchée, persuadée qu'il s'alliait à Ron et à ses critiques à peine voilées sur son petit-ami. Harry avait tenté de se défendre, en vain, avant de laisser tomber le sujet. Mais il ne quittait jamais du regard Zabini quand il était près de sa meilleure amie. Tout en sachant pertinemment qu'ils se fréquentaient tous les deux, sans d'autres personnes.

Drago avait également participé à leur petite soirée improvisée, entraîné bon-gré mal-gré par son très proche ami, Blaise. Le blond était bien moins à l'aise que lui dans les relations sociales et il avait peiné à faire la conversation normalement avec le reste du groupe. Heureusement, Harry l'avait rapidement inclus dans les discussions. Il appréciait beaucoup Drago et son tempérament cynique et arrogant. Sa façon d'être avait tendance à prendre ses propres amis de court mais même Hermione avait fini par rire aux simagrées du blond.

En rentrant chez lui, Harry s'était endormi le sourire aux lèvres. Pour fêter la fin de ses examens et le début de ses demies vacances, Tom lui avait proposé de passer la nuit de samedi à dimanche à Hastings. L'homme s'était excusé de ne pas pouvoir être disponible avant le début de soirée mais il lui avait proposé de se rendre lui-même à Hastings dans l'après-midi en compagnie de Goyle. Harry avait accepté, satisfait de pouvoir passer un peu plus de temps dans la demeure.

Un sourire éclaira son visage en repensant au trajet dans la voiture du garde du corps. Ça avait été assez étrange car Goyle n'était pas un grand bavard. Harry avait fait mine de se reposer, heureux de voir l'homme avaler les kilomètres à grande vitesse. Mis à part des grognements et des monosyllabes, il n'était pas parvenu à arracher grand-chose à son chauffeur et garde du corps.

Dès son arrivée dans la demeure, Harry avait enfilé sa tenue de jogging et était parti sur la plage pour courir pas moins de dix kilomètres. Goyle l'avait suivi mais la montagne de muscles qu'il était n'était pas assez endurante pour supporter un tel effort physique. Intérieurement mort de rire, Harry avait ralenti le rythme. Pour l'une des rares fois, Harry avait reçu un sourire de remerciement de la part de Goyle et ils avaient terminé la course en trottinant. Ça avait été un moment assez cocasse et Harry avait hâte de le raconter à Tom.

Pour le moment, le soleil se couchait lentement et Harry, un verre de soda à la main, attendait l'arrivée de son amant. Il s'arracha de la contemplation de la mer agitée et alla s'étendre sur un transat disposé sur la terrasse. Il posa son verre sur un petit guéridon et ses yeux se fermèrent d'eux-mêmes, appréciant la douceur de cette fin du mois de mai. C'était si agréable ! Après tant de stress dû aux examens, il avait vraiment besoin de se détendre.

Ce fut des lèvres humides dans son cou qui le réveillèrent. Harry sursauta, ses grands yeux verts brillant de surprise. Son regard tomba dans celui renversant de Tom et il entrouvrit les lèvres pour le saluer. Mais son amant ne lui laissa pas le temps de prononcer le moindre mot. Il fondit sur lui et sa langue s'enfonça dans sa bouche dans un mouvement impétueux. Tom s'assit à califourchon au-dessus de lui, ses mains se posant de chaque côté de sa tête.

« Bonsoir, » dit Harry d'une voix rauque au moment où Tom se recula doucement. « Tu es là depuis longtemps ? »

« Suffisamment longtemps pour avoir eu envie de te réveiller de la plus délicieuse des manières, » répondit son amant avec un rictus aux lèvres. « Je suis un peu déçu que tu ne profites pas de cette immense tranquillité autour de nous pour ne pas te reposer complètement nu sur cette terrasse. »

« Oh ? » s'enquit faussement le plus jeune, les sourcils un peu froncés. « Tu vas avoir l'ignoble tâche de me défeuiller alors. Je suis sûr que c'est une véritable torture pour toi. »

Un sourire lubrique aux lèvres, Tom laissa échapper un ricanement qui envoya des ondes de plaisir dans l'ensemble du corps de Harry. Ce dernier se lécha les lèvres, encore chamboulé par son réveil inattendu et il laissa Tom lui ôter son tee-shirt sans la moindre délicatesse. Il se redressa pour être assis et ses propres mains allèrent rapidement déboutonner la chemise noire de l'homme. Il la fit glisser sur les épaules carrées de Tom et la sensualité du mouvement du tissu sur sa peau pâle lui arracha un grognement appréciatif.

Tom ne lui laissa pas le loisir de le contempler car il se releva, retrouvant la terre ferme suffisamment longtemps pour se débarrasser de son pantalon à pince et ôter le jean de Harry avec rapidité. Tous les deux furent en un instant nus et Harry frissonna quand une légère brise vint caresser son corps. C'était incroyablement érotique et son sexe pulsait déjà violemment. Tom n'était pas en reste car son érection luisait déjà de plaisir et il se remit au-dessus de lui, sa main s'enroulant aussitôt autour de son pénis.

Harry laissa échapper un gémissement sonore, quelque peu surpris par la froideur des mains de son amant. Il rejeta la tête en arrière quand Tom entama un mouvement de vas et viens délicieux et il le laissa le pousser en arrière jusqu'à ce qu'il soit correctement allongé. Tom était visiblement avide car il s'occupa aussitôt de son anus pour le préparer à recevoir sa propre érection. Harry, sentant deux doigts s'insinuer en lui, gigota doucement mais le plaisir de la masturbation était telle – notamment après quatre jours sans sexe – qu'il oublia rapidement l'inconfort. Tom se plaça près de son entrée et le pénétra avec lenteur. Tous les deux se retrouvèrent le souffle coupé, se fixant les yeux dans les yeux.

« Tom, » geignit Harry en fermant à demi les yeux. « C'est trop bon. Continue ! »

« Tu es impatient mon petit lion, » susurra Tom en se penchant vers son visage. « Laisse-moi voir tes yeux remplis de désir et de plaisir. »

Harry s'efforça de garder les yeux ouverts alors même que le plaisir le transcendait de l'intérieur. Il savait combien Tom aimait observer ses yeux lorsqu'ils faisaient l'amour. Tom grogna au-dessus de lui, accélérant ses coups de butoirs avec force. Harry, les jambes posées sur les épaules de Tom, s'accrocha à son dos, ses doigts s'enfonçant et griffant sa peau. Faire l'amour avec Tom dans un tel cadre le fit aimer encore plus le lieu.

Incapable de se retenir plus longtemps, Harry sentit l'orgasme grandir en lui. Il voulut prévenir Tom mais la jouissance lui bloqua la respiration dans sa poitrine. Le plaisir explosa dans sa poitrine et il se tendit, la bouche ouverte dans un cri silencieux. Puis, il éjacula violemment entre eux deux. Tom sourit, d'un de ses sourires particulièrement fier de lui-même, et accéléra un peu plus la cadence avant de lui-même se répandre dans son antre dans un mélange de grognements de plaisir. Le silence retomba sur la terrasse, seulement entrecoupé par leurs respirations rapides.

« Dis-donc mon lionceau, tu devais avoir drôlement envie de sexe pour jouir aussi rapidement, » le taquina Tom, toujours au-dessus de lui et maintenu par l'appui de ses coudes pour ne pas l'écraser.

« Va te faire voir Jedusor, » répliqua Harry, les joues empourprées. « Tu m'as pris par surprise. »

« Et tu sais que j'adore te prendre. »

Harry roula des yeux face au jeu de mots graveleux de son amant mais un sourire plein de joie éclaira son visage. Il appréciait voir combien Tom s'était détendu, mois après mois, auprès de lui. À présent, il était tout à fait capable de sourire, de faire des blagues et de rire devant lui sans ressentir son habituel besoin de garder un masque froid et impassible. Bon, Tom Jedusor n'était certainement pas la personne la plus marrante de ses connaissances mais il se sentait privilégié de pouvoir le voir sous cet angle.

Au bout de quelques secondes, Tom se décala et il parvint à s'allonger à ses côtés. Harry gigota un moment jusqu'à se blottir correctement sur lui et ils purent tous les deux se tenir étroitement serrés l'un contre l'autre sur le bain de soleil. Tom tendit la main pour attraper le plaid posé sur le second transat et il les en couvrit habilement tous les deux. Une fois la chaleur de leur précédente activité dissipée, il ne faisait pas assez chaud pour rester entièrement nus ainsi.

Ils restèrent ainsi, blottis l'un contre l'autre sans discuter. Harry ferma de nouveau les yeux, sa tête posée sur la poitrine de Tom. Il sourit doucement en songeant aux muscles fermes le maintenant contre l'homme. Il pourrait rester ainsi des heures, simplement étreint par son amant. Il s'amusa à frotter distraitement ses pieds contre ceux de l'autre homme tandis que celui-ci passait une main lâche dans ses cheveux noirs jais.

« Tu es parvenu au bout de tout ce que tu avais à faire à Londres ? » demanda Harry à mi-voix.

« Nous nous rapprochons de plus en plus de la cachette de Greyback, » lui révéla Tom d'une voix excitée. « Severus a un talent inouï pour les recherches de ce genre. Ça fait des semaines que nous bossons sur ça. Le jour où je vais le trouver et l'avoir en face de moi, je vais me faire un plaisir de lui pointer mon arme droit sur le front et de l'abattre sans la moindre hésitation. »

Harry se raidit aux propos durs et cruels de son amant. Il n'avait aucun doute sur la véracité de ceux-ci et ce n'était même pas une découverte mais pourtant, il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir profondément mal à l'aise de connaître cette guérilla urbaine sans intervenir pour y mettre un terme. Il releva la tête pour croiser le regard de son amant dans lequel brilla un éclair de confusion.

« Je ne voulais pas être aussi brutal, » admit Tom du bout des lèvres en continuait à lui caresser les cheveux. « Mais Greyback me titille les nerfs depuis bien trop de temps pour que je me sente encore clément à son égard. Ce n'est plus seulement une histoire de drogues. C'est à présent un règlement de compte entre nous deux. »

« Est-ce vraiment nécessaire d'en arriver là ? » demanda Harry, toujours raide dans les bras de l'homme. « Peut-être qu'il est possible de livrer des informations à son sujet et sur son trafic de cocaïne à la police de façon anonyme. Elle fera le nécessaire pour le mettre hors d'état de nuire. »

Tom lâcha un ricanement sec qui, malgré lui, glaça les entrailles de Harry.

« Si Fenrir Greyback atterrit en prison, il n'aura plus grand-chose à perdre. Il sera coupable de tant de crimes que, pour quelques années de moins, il se fera un malin plaisir à dévoiler la plus petite information me concernant, te concernant mais également mes hommes et mes propres affaires, » dit Tom en secouant la tête. « Je dois l'empêcher de parler. »

L'idée que Greyback puisse révéler le lien de Tom avec la mafia, son propre lien avec Tom le figea et il demeura un moment sonné par cette éventualité. Même s'il s'habituait de plus en plus à ce monde criminel, Harry persistait trop à voir encore les choses sous un prisme plus juste et légal. Sauf qu'il était lui-même bien trop impliqué dans cela à présent pour ne pas prendre en considération le risque de voir Tom être découvert en tant que patron de la mafia.

« Il vit vraiment terré quelque part ? » chuchota t-il en relâchant ses muscles.

« Fenrir Greyback est comme un loup-garou qui ne sort que la nuit et seulement pour arpenter les forêts sombres où il est très difficile de voir à travers les arbres, » grogna Tom, les yeux plissés. « Mais comme ces bestioles là, arrive un jour où la pleine lune l'affaiblit et il est de plus en plus facile pour nous de nous rapprocher de son terrier. »

« Pourquoi n'a t-il pas fait le choix comme toi d'avoir une entreprise ou un boulot du côté… légal plutôt que de vivre caché de la sorte ? »

« Car il n'a pas l'intelligence ni le charisme nécessaire pour se fondre dans la masse comme j'ai pu le faire sans éveiller de soupçons. »

Harry ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel face à l'arrogance de son amant mais il garda les lèvres closes, retenant la remarque acerbe lui brûlant pourtant la gorge.

« Ce n'est pas toujours simple de jongler entre les deux versants mais ça a des avantages d'être tant connu sur la scène publique, » reconnut Tom sans s'offusquer de son silence dubitatif. « La police n'irait pas imaginer en premier lieu un riche entrepreneur et très généreux avec les associations caritatives comme le patron de la mafia londonienne. Sans oublier que beaucoup de personnes haut placées n'ont aucun scrupule à tremper dans mes affaires. »

« Tant que ça ? » marmonna Harry en haussant un sourcil sceptique.

« Tu n'en as pas la moindre idée et un jour, ils seront forcés d'intercéder en ma faveur en souvenir de tous mes services rendus, » ajouta t-il, un rictus aux lèvres. « Greyback a un très bon réseau dans le monde criminel et délinquant. Je ne peux que le reconnaître mais j'ai moi-même beaucoup de connaissances dans ce secteur et j'ai l'avantage de connaître des juges, des avocats, des chefs d'entreprise et bien d'autres personnalités qui n'ont jamais refusé un de mes services. »

Harry resta silencieux, ne sachant que répondre à cela. Connaître Tom lui avait permis de prendre davantage conscience de tout ce qui pouvait se jouer loin de la conscience publique. C'était assez effrayant de découvrir cette partie de la réalité et en même temps, il se sentait plus fort et plus ancré dans le concret en le sachant. C'était, en plus de cela, un atout considérable pour lui qui travaillait dans un cabinet de conseils en communication.

« Je ne peux pas croire qu'il y ait tant de personnes véreuses autour de nous sans qu'on le sache, » soupira Harry fataliste.

« Je suis étonné que ton père ne t'ait jamais confié cela avec le métier qu'il fait. Il doit bien en avoir conscience. »

Comme à chaque fois que sa famille était évoquée, un léger malaise naquit entre eux. Harry était touché par la façon dont Tom était prévenant envers les siens, tentant de les inclure dans leur vie même si ce n'était concrètement pas le cas. Il savait combien sa famille était importante pour lui.

« Il avait trop à cœur de me protéger. Il a longtemps refusé de me parler concrètement de son travail. Comme si j'allais me briser, » grommela Harry en roulant des yeux. « Je ne t'explique pas combien j'ai du me battre pour sortir avec mes amis quand j'étais ado. Mon père est un putain de paranoïaque qui, s'il avait pu, m'aurait enfermé dans une tour d'ivoire pour me protéger. »

« Je ne dois pas avoir beaucoup de choses en commun avec ton père mais je dois t'avouer que je le rejoins sur ce point là, » confia Tom en souriant légèrement. « Et je suis très content de voir combien tu as été protégé. Ça m'a permis de te connaître tout à fait innocent. »

« Je ne suis pas naïf ! Il a tenté de me protéger mais il a bien un jour été forcé de me laisser un peu de liberté, » s'écria aussitôt Harry avant de se taire brusquement, comprenant là où Tom voulait en venir. « Oh. Tu parles du sexe là ? »

« Peut-être n'aurais-tu pas été aussi vierge s'il t'avait moins protégé, » confirma Tom.

Les joues de Harry rougirent et il fusilla du regard son amant. Pourquoi parvenait-il toujours à lui rappeler son inexpérience en matière de sexe ? Si Tom s'en réjouissait constamment, Harry trouvait parfois cela gênant. Il craignait toujours de ne pas être un amant suffisamment performant pour le satisfaire et il n'avait aucun point de comparaison.

« L'idée que je sois le seul à te toucher ainsi, à te connaître ainsi me comble de bonheur, » ajouta l'homme en fanfaronnant.

« C'est sûr que je ne peux pas en dire de même te concernant. »

Son attaque eut le mérite de prendre Tom par surprise et son amant tourna un regard confus vers lui. Il arqua ensuite un sourcil étonné avant qu'un sourire narquois – et particulièrement arrogant – ne fleurisse sur ses lèvres.

« Tout à fait mais j'avais trente ans au moment où nous nous sommes connus, » rappela t-il. « J'ai quelques années – et quelques coups – d'avance sur toi. L'idée que quelqu'un d'autre t'aie défloré m'aurait été insupportable. »

Harry ignora la dernière phrase en balayant l'air d'un mouvement de la main et il se redressa pour regarder un peu mieux son amant.

« Tu… Tu as eu beaucoup de personnes avant moi ? »

Les yeux marrons-rouges de Tom se plissèrent légèrement mais Harry soutint son regard sans sourciller. Cette question le taraudait depuis des mois mais il n'avait jamais osé la poser de vive voix à Tom. Les propos de son ami Drago lors du repas chez les parents de celui-ci lui revinrent en mémoire et il voulait désespérément en savoir plus sur Tom et ses anciens amants qui n'avaient, selon le blond, jamais assisté à un repas officiellement.

« Je n'étais plus vierge c'est certain, » éluda Tom en haussant les épaules.

« C'est-à-dire ? »

« En quoi est-ce important ? Je ne les ai pas compté. »

« Tu ne les as pas compté ? » s'étrangla Harry en écarquillant les yeux. « Oh mon dieu ! Mais tu dois avoir couché avec beaucoup de personnes si tu n'es même pas capable de me donner un nombre. »

A un autre moment, Harry se serait horrifié de sa propre voix aiguë mais il resta cloué sur place par l'embarras qui grandit dans les yeux de Tom. Non, sérieusement ? Il n'était pas naïf au point de croire que Tom avait eu seulement deux ou trois amant mais tout de même… Autant ?

« Tu as eu beaucoup de relations sérieuses, » constata t-il, l'amertume glissant malgré tout en lui.

« Je n'ai jamais au de relation sérieuse, » contredit aussitôt Tom. « Des coups d'un soir ou des coups réguliers mais rien de vraiment sérieux. »

Alors Drago ne lui mentait pas… Mais malgré tout, Harry ne parvenait pas à être entièrement rassuré. Suffisait-il à Tom ?

« Je t'avais informé de ma méconnaissance de la vie de couple, n'est-ce pas ? Ça ne devrait pas être une grande surprise pour toi. »

« Je ne suis pas surpris. Je suis juste… Inquiet. Après avoir connu tant d'autres mecs, je ne comprends pas ce que tu fais avec moi. Il y a six mois, je n'avais même jamais masturbé quelqu'un ! »

« Et c'est incroyable comme tu t'es montré talentueux dans ton apprentissage, » confia Tom en le faisant rougir. « Tu sais très bien pourquoi je suis avec toi, Harry. Ne me le fais pas répéter. »

Harry savait parfaitement que Tom lui demandait de ne pas le forcer à lui offrir une seconde déclaration d'amour. Harry était quelque peu dépassé par la réticence de Tom à prononcer les mots je t'aime mais il s'efforçait d'accepter cela. Il n'en avait guère le choix de toute façon et il était déjà très heureux d'avoir pu les entendre une fois quitter les lèvres de Tom. Peut-être était-il… Non, il était même le seul à avoir eu le droit à ces mots là.

« Et si nous laissions le travail et les autres de côté à présent pour se concentrer uniquement sur le fait que tu m'as privé de ton corps et de ta présence pendant ces quinze derniers jours pour d'insignifiants examens ? »

« Ce ne sont pas d'insignifiants examens ! » protesta t-il en roulant des yeux. « Et je te rappelle que nous nous sommes vus plusieurs fois au cours de ces deux semaines ! »

Harry se dégagea de l'étreinte de Tom et se mit debout, entièrement nu, amusé par la moue sceptique – et presque boudeuse – de son amant. Il arracha le plaid cachant la nudité de l'homme et l'enroula autour de lui. Il devait reconnaître que l'approche des examens l'avait rendu quelque peu nerveux et il s'était exclusivement concentré sur cela. Il avait décliné plusieurs invitations à le rejoindre chez lui, conscient de ne pas pouvoir étudier s'il avait le malheur de passer la porte d'entrée du duplex.

« J'avais besoin de temps pour vraiment réviser, » ajouta t-il en récupérant ses vêtements traînant sur le sol de la terrasse. « Je suis déjà certain d'avoir raté mon partiel en français. Je vais tout juste avoir la moyenne j'en suis certain. »

« C'est déjà mieux que rien d'avoir la moyenne, » relativisa Tom en se levant à son tour. « Et puis, je suis sérieux en te proposant d'aller quelques jours en France pendant les vacances d'été. J'ai visité quelques régions sympathiques là-bas. »

« Tu voudrais que l'on parte en vacances tous les deux ? »

Son cœur s'accéléra en posant cette question et il évita soigneusement de regarder l'homme, repliant inutilement ses vêtements. Depuis qu'ils s'étaient remis ensemble – à pas progressifs – suite à la fusillade de février, Tom et lui étaient peu sortis en couple. Voir pas du tout. Et il se souvenait encore amèrement de leur dernière sortie à la librairie qui s'était fini dans les larmes et les cris.

Ils ne voulaient pas que leur relation, ayant déjà attiré l'attention de Greyback, ne soit davantage visible. Harry regrettait le cours laps de temps durant lequel ils étaient sortis au cinéma, au restaurant, au pub sans trop se poser de questions. À présent, c'était bien plus compliqué et leurs seules sorties à deux se faisaient chez les Malefoy, à Hastings ou au Club Serpentard à la limite. Passer des vacances hors de Londres, hors du pays même, serait l'occasion pour eux de vivre enfin normalement leur relation.

« Pourquoi pas. Il suffit d'acheter un billet d'avion et de préparer deux valises. Nous pourrons partir le temps que tu le souhaites. Il te suffira de prétendre à tes parents que tu pars avec des amis par exemple. »

« C'est une très bonne idée, » confia Harry en rougissant. « J'aimerais beaucoup. »

« J'organiserai cela prochainement alors, » conclut Tom dans un sourire bref.

Le reste de la soirée se déroula très bien. Ils mangèrent un plat préparé par Winky, la maîtresse de maison qui prenait soin de la demeure en l'absence de Tom et qui passait aux fourneaux quand il le lui demandait. Harry appréciait beaucoup la femme timide et elle le lui rendait bien par des sourires amicaux mais discrets. Tom n'était franchement pas un patron très agréable et Harry qui profitait des services de la femme s'efforçait de contrebalancer cela. Ensuite, ils regardèrent un film et Harry vida un pot de glace au chocolat entier sous le regard sceptique de Tom.

Puis, au lit, ils firent de nouveau l'amour en prenant cette fois-ci davantage leur temps. Tom l'avait beaucoup taquiné à ce sujet avant de se taire quand Harry avait rétorqué que lui non plus n'avait pas duré très longtemps après son propre orgasme. Vexé, Tom s'était appliqué à lui montrer combien de temps – et ce fut long bon sang – il était capable de lui faire l'amour. Quand ils parvinrent enfin au terme de cette partie de jambe en l'air exténuante, Harry enfila le tee-shirt de Tom et son boxer tandis que celui-ci se contentait de mettre un pantalon de pyjama, restant torse-nu.

À peine posa t-il la tête sur l'oreiller que Harry s'endormit, le sourire aux lèvres.

Ce fut d'abord la porte claquant contre le mur de la chambre qui le réveilla et au moment où il bondit, le cœur battant à toute allure, il entendit Tom pousser un juron. Assis sur le lit, tout était flou autour de lui. Il ne voyait que des masses noires se détacher de la pénombre de la pièce et il poussa un hurlement strident, terrifié.

« POLICE ! NE BOUGEZ PAS ! »

En entendant ces mots, le cœur de Harry chuta dans son estomac et son cri s'étouffa dans sa gorge. Il tâtonna sur la table de chevet pour attraper ses lunettes. Ses oreilles sifflaient.

« J'AI DIS NE BOUGEZ PAS ! LES MAINS EN L'AIR. »

Tremblant de tous ses membres, Harry posa rapidement ses lunettes sur son nez puis il leva les mains en l'air, la bouche grande ouverte. Les lumières de la chambre s'allumèrent et Harry, les jambes emmêlées dans le drap fin recouvrant Tom et lui, recula jusqu'à se cogner contre la tête de lit. Face à lui se tenait pas moins de dix policiers en gilet pare-balles et la tête recouverte d'un casque, armés jusqu'aux dents. Dix fusils étaient pointés sur Tom et lui et ses yeux s'embuèrent de larmes.

Oh mon dieu !

Le reste se passa en un quart de secondes. Trois hommes fondirent sur Tom, le jetèrent au sol avec violence, lui arrachant un grognement et face contre terre, il se fit menotter. Harry haleta à la vision de son amant à genoux, les bras menottés derrière son dos mais il n'eut pas le temps de s'émouvoir de la scène. Deux hommes le soulevèrent littéralement du lit et le posèrent au sol puis son souffle s'accéléra davantage quand le métal froid des menottes s'enroula autour de ses poignets, l'immobilisant efficacement.

« Quel est ton nom ? » cria un homme au-dessus de sa tête en le secouant.

« Lâchez-le ! » éructa Tom en le regardant par-dessus l'autre côté du lit, ses yeux brillants de rage. « Lâchez-le ! »

Harry nota distraitement que les premiers mots de son amant le concernait mais la peur qui s'était ouverte en lui était si profonde qu'il resta muet, le choc inscrit sur le visage. Il tressaillit quand un des policiers enroula un de ses bras autour du cou de Tom pour le maintenir immobile et Harry ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais ses oreilles continuaient de siffler horriblement.

Les dix hommes bougèrent d'un pas pour laisser passer trois autres policiers et en les voyant, Harry ne sut pas ce qui fut le déclencheur des larmes glissant sur ses joues.

Le fait d'avoir été réveillé en sursaut de la sorte par la police ?

Le fait d'être à terre et menotté comme l'était Tom ?

Ou le fait de tomber sur le visage découvert de son père, de son parrain et de leur patron, Alastor Maugrey ?

Dans tous les cas, son souffle se bloqua un peu plus dans sa poitrine et il haleta quand les larmes jaillirent de ses yeux. La voix de James Potter n'était qu'un murmure quand elle s'éleva dans le silence choqué de la pièce – car la ressemblance entre eux deux était évidente pour toutes les personnes présentes – mais Harry eut l'impression de l'entendre hurler à ses oreilles.

« Harry ? »


Bonne semaine :)