Bonsoir la compagnie !
Comme vous pouvez le voir, j'ai fait des prouesses, le chapitre est arrivé super vite ! C'est grâce à tous vos encouragements :D
RAR :
Claire'addict : Merci pour tes encouragements, je sors progressivement la tête de l'eau et surtout de la sinusite^^ J'ai eu une semaine assez nulle avec une migraine de trois jours, histoire de parfaire le tout^^ Mais heureusement ça va mieux :D Comme tu dis, il manque pas grand-chose pour qu'ils soient père et fils, dans ce nouveau chapitre, on franchit encore une étape… Au fait, j'ai corrigé toutes les petites fautes qui s'étaient glissées dans le chapitre précédent ! Plein de bisous pour toi et bonne lecture xD
Chapitre 34 : Plus jamais seul !
OcclumancieHarry se leva de bonne heure, il avait passé une nuit agréable. Après avoir pris une douche rapide, il descendit dans la cuisine préparer le petit déjeuner. Le fait d'avoir les mains occupées calmait sa nervosité. Comme il était très en avance, il avait préparé de la pâte à crêpes. Une dizaine de crêpes encore chaudes était empilée dans une assiette près du feu dans une autre poêle, deux tranches de jambon cuisaient à feu doux. Severus descendit une demi-heure plus tard, il félicita Harry pour le petit déjeuner. Le Gryffondor se servit un verre de jus de citrouille tandis que son père faisait couler du café. Harry piocha une crêpe dans l'assiette et sirota doucement son jus de citrouille. Même si Severus avait plus appétit que son fils, une dizaine de crêpes resta. Ils les gardèrent pour le déjeuner.
C'était vraiment excellent, complimenta Severus, tandis qu'il séchait et rangeait la vaisselle d'un coup de baguette magique.
Merci, Sev'rus, répondit le jeune homme en secouant la tête.
Lorsque tout fut rangé, Severus et Harry montèrent au deuxième étage, dans une salle encore inconnue d'Harry. La pièce était lumineuse et spacieuse, c'était un salon avec de grands canapés et fauteuils, un peu semblable à celui du rez-de-chaussée. Mais, celui-ci était un dans des tons de bleu, allant des plus clairs aux plus sombres. Une partie des murs était recouverte de livres, Harry se demanda combien de livres possédait Severus dans cette maison. Dans chaque pièce où il allait, il y avait au moins une bibliothèque sans parler de la gigantesque pièce, aux proportions élastiques, qui rivalisait sans difficulté avec le domaine de Madame Pince. Severus ne disait rien, il laissa à Harry le temps d'observer le salon. Les canapés étaient revêtus d'une étoffe bleu marine qui ressemblait à du velours, les coutures étaient faites avec un fil argenté. De nombreux coussins étaient déposés sur les canapés fauteuil, leur couleur était toujours en harmonie avec le reste ses éléments du salon. Chacun avait un pompon argenté qui pendait à chaque angle. Harry leva les yeux vers le plafond, il remarqua avec stupéfaction que le plafond était enchanté. Comme dans la Grande Salle de Poudlard, il représentait le ciel.
- J'ai pensé que nous pourrions nous entraîner ici, déclare Severus. L'atmosphère est calme et sera propice à l'Occlumancie.
- Oui, je crois que c'est parfait répondit Harry avec un large sourire.
En pénétrant dans ce salon, il avait oublié toutes ses craintes, le rappel de la leçon Occlumancie le fit tressaillir de peur, mais il tenta au mieux de ne pas se laisser emporter par ce sentiment.
- Comme promis, commença Severus, je ne vais pas utiliser ma baguette. Pour te prouver que je ne mens pas, je vais la déposer ici.
En disant cela, et s'avança vers une petite commode, qui était près de la fenêtre, et il dépose le bâton de bois sombre. Harry hocha la tête, soulagé de voir que les cours ne seraient pas comme l'an passé.
- Tu n'auras pas besoin de toi non plus de ta baguette, ajouta Severus. Mais si tu veux, tu peux la garder sur toi.
- Je préfère la garder, répondit Gryffondor.
Après cela, Severus scruta les canapés d'un air interrogateur, il réfléchissait encore à ce qu'il allait faire, peu désireux de reproduire le désastre des précédents cours d'Occlumancie. Quand il eut la sensation que tout était prêt, il dit à Harry :
- Maintenant, tu vas t'allonger, ordonna Rogue. Tu peux te mettre par terre ou sur un canapé, comme tu veux.
Harry hésita un bref instant avant de s'installer sur la moquette épaisse du salon.
- C'est bon, là ? demanda-t-il.
- Oui très bien, commenta le professeur.
Harry fixait Rogue avec de grands yeux apeurés, il était peu rassuré d'être couché alors que l'homme le toisait de tout sa hauteur. Severus n'en fit pas grand cas et rapprocha un fauteuil d'Harry.
- Maintenant, ferme les yeux. Je ne veux pas que tu les rouvres avant que je ne te l'ordonne.
La voix de Severus était sévère, mais Harry ne releva aucune trace de méchanceté. Par contre, cela lui coûta de fermer les yeux sans savoir ce qui allait se passer. Après une longue hésitation, il consentit à fermer les yeux. Severus soupira doucement et lui demanda :
- A quoi penses-tu ?
- A ce qui va se passer, avoua le Survivant.
- Que ressens-tu ? enchaîna Rogue.
- Hum…, murmura Harry, je me sens angoissé, là, dit-il en montrant sa poitrine.
- Tu as peur ?
- Oui, un peu, confessa-t-il à demi-mot.
Severus eut un petit rire en entendant la réponse de son fils, il lui dit d'une voix grave.
- Un peu ? De quoi as-tu peur ?
- Que vous rentriez dans ma tête.
Harry s'était relevé en se disant cela, Severus lui ordonna fermement de se recoucher. Harry attendit avec crainte que son père lui réponde.
- J'ai promis que je n'utiliserais pas ma baguette, répéta lentement Rogue, je ne vais pas trahir ma promesse.
- Oui, mais je suis sûr que vous pouvez le faire avec un informulé, répliqua le plus jeune.
- C'est vrai, mais je ne le ferai pas, assura-t-il. Qu'est-ce-qui t'effraie dans le fait que je pénètre ton esprit ? La douleur du sort ou ce que je pourrais voir ?
Harry fronça les sourcils, décontenancé par la question de son père. Il n'avait pas envisagé la chose sous cet angle-là.
- Hum… je ne sais pas trop, balbutia-t-il.
- Réfléchis et réponds-moi, j'ai tout mon temps.
Harry respira fort, il gonfla ses poumons avant de soupirer. Il entendit Rogue se lever et il tourna la tête, gardant les yeux clos.
- De ce que vous pouvez voir dans ma tête, déclara-t-il finalement.
- Tôt ou tard, il faudra bien que je sache ce que tu ne veux pas me dire.
Il retourna s'asseoir dans le fauteuil près d'Harry, il lui ordonna se relever.
- Tu peux ouvrir les yeux, morveux ! lança Severus en levant les yeux au ciel.
Il lui demanda ensuite de s'installer sur le canapé.
- Entre un Maître Occlumens et son apprenti, une relation particulière se développe, déclara Severus comme s'il faisait un cours. Cette relation est basée sur la confiance, le Maître doit avoir accès à l'intégralité de l'esprit de l'élève, dit-il en insistant sur la fin de la phrase.
Il jeta un regard transperçant à Harry, qui baissa aussitôt les yeux, comme brûlé par l'intensité des prunelles de son père.
- C'est pour cette raison que le Maître ne peut pas avoir une multitude d'apprentis, la relation se crée peu à peu, et, à la fin de l'apprentissage, Maître et élève peuvent communiquer d'esprit à esprit sans avoir recours à la parole et quelle que soit la distance qui les sépare. Un lien est formé, un lien qui repose que la confiance mutuelle. L'an dernier, poursuivit-il après une pause, j'étais réticent à te donner des cours parce que je n'avais pas envie de créer de lien avec ton esprit. Néanmoins, j'ai eu la confirmation lors de ton escapade au Ministère que le lien avait été entamé. Lorsque je te recherchais, j'ai fait appel à mon Occlumancie pour te retrouver…
- Et vous m'avez parlé dans ma tête, compléta Harry avec ahurissement.
Il n'avait jamais eu conscience d'avoir créé le moindre lien magique avec Rogue.
- Maintenant, continua le Maître des Potions, j'ai besoin de ta confiance, sans cela, ces cours sont inutiles.
Le ton de Severus fut plus cassant que ce qu'il avait désiré, aussi, il ajouta d'une voix plus douce :
- On peut attendre quelques jours, tu as peut-être besoin de réfléchir un peu avant de prendre une décision. C'est à toi de voir ce que tu désires : ne plus faire de cauchemars ? Limiter la présence du Seigneur des Ténèbres dans ton esprit ? Ou bien rester comme tu es. J'ai aussi l'intention de te donner des cours de magie noire, mais sache que je ne le ferai pas si tu ne contrôles pas ton esprit.
Harry le regarda avec surprise. Il avait parlé de cours de magie noire ? Cela semblait démentiel pour Harry. Il allait enfin apprendre à se défendre ! Il se leva comme si un ressort avait été placé sous son siège et se recoucha sur le sol.
- Je suis prêt, déclara-t-il.
- Je ne veux pas que ce soit la décision impulsive d'un Gryffondor et que dans une heure ou une semaine tu changes d'avis, répliqua sèchement Rogue.
- Non, j'ai décidé, je suis prêt, affirma le Survivant.
Severus s'autorisa un petit sourire, il était satisfait de son petit discours.
- Je vous fais confiance, ajouta Harry d'une voix qui ne tremblait pas.
Pourtant, au fond de lui, le doute persistait encore un peu, prêt à se réveiller au moindre faux pas de son père.
- Maintenant, tu vas faire le vide dans ton esprit, chasser toutes les pensées qui le parasitent.
- Mais comment ? demanda aussitôt Harry.
- En te détendant, répondit Rogue d'un ton qui signifiait clairement pour lui que c'était une évidence.
Harry grimaça, ça y était, le cours avait à peine commencé qu'il n'arrivait pas à faire ce qu'on lui demandait. Il se mit à tortiller ses doigts, à les entortiller sur le bas de son tee-shirt. La main fraîche de Severus ne tarda pas à se poser sur la sienne, elle déplia les doigts tendus et posa la main de l'adolescent sur la moquette.
Harry, je ne vais pas te manger, se moqua gentiment Severus.
Oui, mais je n'y arrive pas ! se plaint le jeune sorcier.
Qu'est-ce-qui se passe dans ton esprit ?
Harry tourna la tête vers lui et lui avoua avec un air coupable que dès qu'il ne faisait rien, un flot de pensées venait envahir son esprit. Severus hocha la tête sans rien dire.
- Quel genre de pensées ? interrogea-t-il.
- Eh bien, je pense à Vol-Vous-Savez-Qui, à Sirius, Cédric, à la guerre, à la prophétie, aux Dursley…, hum, à vous et à moi.
- Ça fait beaucoup de pensées en même temps, dit Severus avec un petit rire. Je ne croyais pas qu'un Gryffondor pouvait penser autant.
Harry se releva et regarda son père d'un air courroucé, il s'apprêtait à répliquer quand il remarqua le mince sourire sur les lèvres de Rogue.
- Vous plaisantez, c'est ça ?
Severus lui répondit avec un grognement qu'Harry interpréta comme un oui.
- Pour éviter d'avoir trop de pensées dans ton esprit, il y a plusieurs solutions. Je vais t'en montrer unece matin et je veux que tu l'appliques chaque soir avant de te coucher. Cela t'aidera à t'endormir et permettra de chasser les idées négatives avant le sommeil qui peuvent alimenter tes cauchemars. Tu me fais confiance ?
- Oui.
- Bien, allonge-toi, s'il-te-plaît, le pria-t-il.
Harry s'exécuta immédiatement. Severus quitta son fauteuil et vint se mettre à genoux à côté de son fils qui le regardait intensément.
- Je mets ma main là, expliqua-t-il en mettant sa main à quelques centimètres du ventre de son fils. Tu vas respirer et toucher avec ton ventre ma main pendant trois secondes, puis expirer doucement. Tu es prêt ?
Harry lui dit que oui et il commença à respirer.
- Un, deux, trois, relâche, compta son père.
L'exercice dura plusieurs minutes, Harry se concentrait sur la voix de son père et sur son ventre, oubliant progressivement Sirius, Voldemort, Cédric et tout ce qui emplissait généralement son cerveau. Il sentit ses yeux papillonner, l'exercice lui donnait envie de dormir.
- Ça marche ! s'écria-t-il.
- Chut, petit, murmura Severus, reste bien concentré.
L'homme remonta sa main pour forcer Harry à respirer encore plus profondément, il lui annonça qu'il devrait garder sa respiration cinq secondes. Harry ne répondit rien, il était complètement absorbé par l'exercice, il ferma les yeux de lui-même, il n'avait même plus besoin de se forcer à chasser les pensées hors de son esprit. Il lui semblait que pour la première fois depuis longtemps, il ne pensait à rien. La fatigue s'empara de lui, ses muscles se relâchèrent. Severus le remarqua, mais il ne dit rien, au contraire, il poursuivit l'exercice pour voir jusqu'où l'abandon d'Harry pouvait aller. Quelques minutes plus tard, il entendit la respiration profonde du gamin, il enleva sa main, persuadé qu'il dormait.
Si ça continue, je vais m'endormir, souffla Harry.
On va arrêter l'exercice, alors, répliqua Severus.
Malgré ses lunettes, Harry eut le regard vague quand il rouvrit les yeux. Il bâilla et se redressa.
Comment te sens-tu ? interrogea Severus.
Bien, waouh, vraiment bien, s'écria-t-il avec enthousiasme. Ça fait longtemps que je ne me suis pas senti aussi bien ! Je ne sais pas, ça fait au moins… C'est trop génial ce que tu m'as… v-vous m'avez, se corrigea Harry, montré.
Le cœur de Severus manqua un battement, une sensation de chaleur envahit sa poitrine.
Tu as le droit de me tutoyer, Harry, répondit Severus aussi calmement qu'il le put.
Harry se contenta d'hocher la tête d'un air penaud, comme il faisait toujours quand il était mal à l'aise. Severus lui lança un regard perçant qui augmenta le malaise du jeune homme, puis il se tourna pour aller récupérer sa baguette. Il annonça à Harry qu'ils en avaient fait assez pour la journée, il lui demanda de descendre au premier étage pour poursuivre l'entraînement en défense.
Cette après-midi, tu viendras faire une potion, il y en aura pour une heure et ensuite tu pourras profiter de la fin de journée à ton gré.
Harry acquiesça et ils descendirent à l'étage inférieur. Severus montra à son fils quelques nouveaux sortilèges de défense et Harry pratiqua jusqu'à midi. Harry progressait rapidement, son potentiel magique était assez impressionnant pour un garçon de son âge, Severus supposait aussi que le temps qu'ils avaient passé ensemble avait renforcé la magie du gosse. Il avait remarqué depuis quelques jours que la magie d'Harry s'était affermie, il attribuait cela à la confiance qui s'était établie entre eux depuis peu. Severus ne faisait pas de compliments directs à Harry, mais l'adolescent commençait à connaître son père. A la fin de l'entraînement, il décela une bribe de satisfaction de son père quand celui-là lui déclara d'un ton neutre qu'il s'était bien débrouillé.
Harry partit prendre une douche pendant que Severus préparait le repas, quand Harry descendit dans la cuisine, une quinzaine de minutes plus tard, il constata que le déjeuner n'allait pas être excellent. Severus apporta les deux steaks trop cuits, ses pommettes étaient rosées.
- Je les avais oublié, j'étais parti dans mon laboratoire écrire quelques notes, s'excusa-t-il.
- C'est pas grave, c'est bon quand même, offrit le plus jeune d'un ton gentil.
Harry avala la dernière bouchée de son steak avec un peu d'eau, c'était vraiment très sec. Mais il ne s'en serait jamais plaint, chez les Dursley, il n'aurait pas rechigné à manger de la viande trop cuite, même calcinée.
- Sev'rus ? dit Harry après s'être raclé la gorge.
L'homme leva les yeux vers lui, Harry remarqua une fois de plus l'intensité de ce regard, il lui donnait l'impression d'exister, d'être important pour quelqu'un, il avait vu la même lueur dans les yeux de Sirius. Bien sûr, il l'avait vue aussi chez les Weasley, dans les yeux d'Hermione, dans ceux de ses parents et même dans ceux de Lisa. Mais là, il ne pouvait s'empêcher de penser à Sirius.
- Harry ? répéta pour la troisième fois Severus.
- Ah ! sursauta le Gryffondor. Qu'est-ce qui se passe ?
- Tu m'as appelé par mon prénom et depuis tu as le regard vague, tu étais perdu dans tes pensées, expliqua Rogue d'un ton soucieux.
- Désolé, murmura- t-il, je réfléchissais.
- Que voulais-tu me demander ?
Harry toussota et répondit à sa question :
- Je me demandais, comme on a commencé les cours d'Occlumancie, comment on va faire pour … hum…, mes confessions et tout ça… Vous comprenez ?
- A vrai dire, je n'ai rien compris à ton charabia, fais une phrase, par Merlin ! jura le Maître des Potions en levant les yeux au ciel.
Harry prit une grande bouffée d'air pour se donner du courage et essaya de reformuler ce qu'il voulait dire :
- Je me suis engagé à vous raconter des trucs sur ma vie, reprit-il, alors je me demande comment ça va se passer. Je dois vous parler tous les jours ou bien, vous voulez le faire une fois de temps en temps, comme si j'allais chez un Psychomage ?
- C'est à toi de voir, dans tous les cas, je tiens à en savoir plus sur toi. Essaie d'y penser.
Les pensées d'Harry se mirent à vagabonder. Valait-il mieux en raconter un petit bout chaque jour ou tout déballer d'un seul coup ? Le dire petit à petit prolongeait sa douleur dans le temps et l'obligeait à revivre tout ça chaque jour. En même temps, tout dire en une fois lui semblait impossible et vraiment difficile. Pourtant les confidences de la veille ne lui avaient pas laissé un goût amer, il se sentait pas plus mal, même un peu mieux. Severus débarrassa la table après avoir vainement demandé à Harry s'il voulait une crêpe en dessert. Le gosse l'avait délibérément ignoré. Severus n'aimait pas cela, il n'aimait pas quand son fils se plongeait dans ce mutisme inquiétant, son regard se voilait et il partait à des kilomètres de là. Il termina de ranger la dernière assiette et constata qu'Harry n'avait pas bougé d'un poil. Il se demanda si faire des potions avec si peu de concentration ne serait pas dangereux. Il pensa qu'il surveillerait étroitement le chaudron du gamin et qu'après tout, faire une potion, pourrait attirer ses pensées ailleurs. Il secoua énergiquement Harry par l'épaule et lui demanda de le suivre.
Harry secoua la tête quand il se vit attablé devant un chaudron vide, il prit conscience qu'il y avait un blanc dans son cerveau entre la fin du steak et cet instant-là. Severus lui remit la recette et il s'installa à côté de lui pour brasser une autre potion.
Comme le Maître des potions l'avait pensé, Harry se mit sérieusement au travail pour ne pas faire exploser le chaudron.
- Taille les feuilles plus finement, lui conseilla-t-il.
Harry ne sursauta pas et obéit en silence. A ce moment-là, Severus prit conscience des progrès qui s'étaient faits doucement entre eux, il y a quelques semaines, Harry était encore mort de peur à l'idée de concocter une potion à côté de lui.
Une heure plus tard, le rouge et or transvasa le contenu de son chaudron dans différentes fioles. Son père examina son travail et lui dit :
- Elle est presque parfaite, tes racines de gingembre étaient coupées un peu trop grossièrement, c'est pour cela qu'elle est un peu plus foncée qu'indiqué sur le livre. Très bien, tu peux y aller si tu veux.
- Vous faites quoi ? demanda Harry.
- Je suis en train de préparer un baume cicatrisant, expliqua Rogue. C'est le baume que j'ai appliqué sur tes blessures quand nous sommes arrivés à Poudlard.
Harry lui demanda si cette potion était au programme des Aspic.
- Non, on l'étudie dans les études supérieures, répondit Severus. Elle est assez complexe à réaliser.
Harry se contenta d'un « ah » qui fit sourire Severus, le Gryffondor remarqua le sourire de son père et lui demanda ce qui le faisait rire.
- Quand tu es gêné ou surpris, tu dis toujours « ah », dit Severus.
- Oh, répliqua Harry.
- Parfois ce n'est pas « ah », mais « oh », fit remarquer le Maître des Potions.
Harry pouffa devant son propre manque d'éloquence. Au lieu de s'en aller, il déplaça son tabouret et le mit en face de son père, de l'autre côté de la table de travail. Il s'accouda et posa son menton dans sa main. Severus releva la tête et le dévisagea avec étonnement :
- Tu ne veux pas aller dehors, te promener ?
- Ah, ça vous dérange que je reste, je vais m'en aller, dit précipitamment Harry en se levant.
- Tu peux rester, si tu veux, lui répondit Severus d'un ton un peu bourru.
Alors, Harry se rassit en face de lui et observa ses gestes. Ils ressemblaient à ceux d'Hermione quand elle faisait des potions.
- Pourquoi vous ne faites jamais de potions devant les élèves ? interrogea Harry.
- Parce que je dois surveiller qu'ils ne fassent pas exploser leurs chaudrons, il est difficile de faire des potions complexes et surveiller une trentaine de chaudrons.
Harry lui répondit qu'il n'avait pas pensé que c'était difficile de faire les deux choses en même temps. Pourtant, au fond de lui, il ne pouvait se retenir de penser que Rogue serait beaucoup plus populaire et qu'il ferait beaucoup plus aimer sa matière s'il pratiquait avec ses élèves. Il ne put s'empêcher de le dire à l'homme qui lui répondit :
- Je ne cherche pas à être populaire, Harry, répondit-il sèchement.
- Oui, je sais, se moqua le rouge et or, vous voulez passer pour le méchant et tout ça, mais au fond, vous êtes un type bien.
Devant l'expression mécontente de son père il ajouta en bombant le torse :
- Je le sais moi !
- Je ne suis pas quelqu'un de bien, Harry, crois-moi, soupira Severus.
- Arrêtez ça ! s'écria Harry. Vous avez peut-être été un Mangemort, vous avez sans doute tué plein de gens et fait des choses que je ne peux même pas imaginer, mais vous m'avez sauvé la vie. Croyez-moi, ça rattrape tout, vous avez sauvé le Garçon-Qui-A-Survécu !
Severus eut un rire sinistre qui glaça le sang d'Harry.
- J'ai tué bien plus de gens que tu ne peux l'imaginer.
- Sev'rus, moi aussi j'ai tué des gens ! J'ai bien tué maman, James, Cédric, Sirius ! Vous voulez que je continue ? On peut rajouter Maugrey, Vernon et Marge. Et les gens disent que je suis quelqu'un de bien, ils m'adulent et j'ai pas le quart de vos compétences et de votre courage !
- Je t'interdis de te reprocher leur mort ! ordonna impétueusement Rogue.
- Pourtant c'est la vérité ! rétorqua le plus jeune.
Harry baissa les yeux, submergé par un flot d'émotions, il sentit une larme glisser sur ses cils et menacer de tomber sur sa joue. Severus soupira et sortit sa baguette, il lança un sort de stase sur son chaudron et s'approcha de son fils.
- Tu n'es en rien responsable de tous ces malheurs, lui dit-il d'un ton ferme. Je ne veux pas que tu te sentes coupable.
Harry ne le regarda pas, mais il haussa les épaules, peu convaincu par le petit discours de son père. Severus le prit par les épaules et le fit pivoter vers lui. Harry leva les yeux. Ils étaient voilés par la douleur. Entre ses larmes silencieuses, il posa sa main sur son cœur et dit à Severus :
- Ç-ça fait m-mal, là.
- Oh, je sais, enfant, chuchota l'adulte.
Penser à son passer faisait exactement le même effet à Severus. Harry agrippa avec force le bras de Rogue, son cœur était meurtri par la douleur, il ne cherchait même plus à la dissimuler. Il lui semblait que Severus était la personne la mieux placée pour l'écouter, bien plus qu'un foutu Psychomage ou que Dumbledore lui-même. Une main de Rogue s'était glissée dans son dos, elle le frottait doucement, comme pour l'apaiser un peu.
- P-pa-pa, piailla Harry, Papa !
- Harry, mon bébé !
Le feu brûlait la poitrine de Rogue, son vieux cœur disloqué n'avait pas ressenti autant de sentiments depuis trop longtemps pour résister à la tempête Harry. Son enfant était trop chamboulé pour qu'il reste de marbre. La respiration d'Harry était laborieuse, il ne savait d'où venait cette soudaine crise de panique.
- P-papa, je crois que c'est le moment, souffla-t-il. J'ai besoin … j'ai besoin de …
Sa main se resserra autour du bras de Rogue, Harry ressemblait plus à un moribond qui s'accroche à la vie qu'à un adolescent dans la force de l'âge.
- J'ai b-besoin de t-toi, pleura-t-il.
Son cœur cognait fort dans sa poitrine, les coups allaient jusqu'à sa tête. Il ne voyait plus que les deux obsidiennes qui brillaient dans le néant. Il ne voyait plus que ces obsidiennes immobiles qui lui inspiraient confiance.
- J'ai besoin de te parler, je vais mourir sinon.
Sa voix était forte, malgré les larmes. Il savait à présent ce qu'il voulait. Bientôt, il ne vit plus rien, il ne vit plus les deux obsidiennes, mais le noir du manteau de son père. Il ne s'était même pas rendu compte que son père l'avait attiré dans ses bras, il se sentit aussitôt un peu soulagé. Il était dans son cocon. Il entendait la voix de Severus qui lui murmurait des paroles douces, qu'il avait attendues toute son enfance. Il se laissa bercer avec cette tendre litanie, il ne voulait pas que ça s'arrête.
« Harry… mon enfant… »
Un sanglot bruyant s'échappa de sa gorge. Il entendit son père soupirer et lui dire « Oh, Harry, … petit, oui, papa est là ».
Le plus grand rêve d'Harry se réalisait, il avait l'intime conviction qu'il ne serait plus jamais seul.
A suivre…
J'espère que vous avez aimé ce chapitre, il fait plus de 4200 mots^^ On dirait pas comme ça, mais ils y sont !
Voilà ! Je vous souhaite une bonne semaine :) Et je me souhaite plein de reviews ^^
Bisous
Claire
PS: Je vous re-invite à découvrir la fic de Sevylover: Des vies gâchées"...
