Disclaimer : Ni Severus, ni aucun des personnages de cette histoire ne sont à moi, sauf Ioann, Milo, Ivanna, Sergueï, Henrique, Elidjah, Owen et Connors.
Béta : BettyMars
Zarakinel, merci pour ta fidélité et tes reviews chapitres après chapitres.
Et oui, les relations père/fils ne sont pas évidentes. Sirius et Harry viennent de le découvrir. De son côté, malgré son côté enfantin en famille, Draco affiche un caractère plus mature. Mais il a un petit frère qu'il a du soutenir depuis de nombreuses années, alors qu'Harry est fils unique :)
On m'a demandé si je parlerais des cours sur le patronus pour Harry. La réponse est oui et elle arrivera comme dans l'original, après les vacances de Noël.
Maintenant, après avoir vu Noël du côté Harry, allons faire un tour du côté des Septentard … histoire de découvrir quel est ce cadeau qui mérite que Draco se passer d'argent de poche … mais cette journée sera-t-elle aussi joyeuse et agréable qu'elle le devrait ? A vous de lire et d'en savoir plus.
NOTE: Comme je vous avez prévenu, je vais décaler la prochaine publication car je ne vais pas pouvoir faire autrement. Noël est une période très chargée professionnellement pour moi donc je préfère décaler que d'oublier. Aussi nous nous retrouvons Mercredi 29 Décembre pour la suite.
Passez tous de bonnes fêtes de noël, mangez bien (mais évitez tout de même la crise de foie) et que le père noël vous gâte autant que possible ;)
Bonne lecture et à dans 15 jours.
Phrase défi de ma bêta : Pompéi.
Chapitre 36 : Heurt.
Lorsqu'il ouvrit les yeux en ce matin de Noël, Draco se sentit perdu. Où était-il ? Quand était-il ? Et pourquoi donc voyait-il le dessous de son lit, avec tous ses moutons de poussière, alors qu'il aurait du voir les rideaux du baldaquin ? Avec un affolement certain, il se redressa en se demandant comment il avait pu tomber de son lit sans s'en apercevoir. Il allait devenir fou. Puis ses yeux se posèrent sur la silhouette de Ioann qui disparaissait sous la couette, ne laissant dépasser qu'une touffe de cheveux noirs plus décoiffée que jamais. Il fronça les sourcils en tentant de se creuser sa cervelle fatiguée pour donner une signification au délire qu'il découvrait. Et puis d'un coup, il eut comme une illumination. Avec soulagement, il se rallongea sur son matelas. Car oui, il n'était pas couché sur le sol dur et froid mais sur son matelas.
Avec un sourire, il se pelotonna sous sa couverture décidant qu'il pouvait bien flemmarder un peu. La veille ils avaient veillé tard. Et Draco se dit qu'il passerait bien des réveillons aussi géniaux tous les ans. Etant donné l'effectif réduit dans leur maison, Blaise, Ioann et lui avaient décidé de passer la soirée dans le dortoir des deux plus âgés et d'en faire l'équivalent d'une soirée pyjamas. Si cela arrivait régulièrement aux deux frères au Manoir ou Impasse du Tisseur, jamais encore ils ne l'avaient fait avec un de leurs amis. Blaise avait tout de suite été partant, se disant que ce genre de choses, avec l'héritier Malfoy, était un évènement à ne surtout pas manquer. Ils avaient également proposé à Tracey de les rejoindre mais elle avait juste tourné les talons avant de partir dans les quartiers des filles. Pas plus perturbés, ils avaient défait trois lits dont ils avaient posé les matelas au sol. Evidement cela avait tourné à la bataille d'oreillers et de chatouilles. Ce furent des coups secs à la porte qui les arrêtèrent avant de complètement transformer la chambre en champ de bataille.
Draco se retourna dans les couvertures pour regarder de l'autre coté. Une autre touffe de cheveux dépassait de l'autre matelas. Des cheveux mi-longs et assez emmêlés. Les trois garçons avaient été surpris de voir que finalement Tracey avait décidé de venir les rejoindre. Mais Blaise l'avait attrapé par le bras pour l'attirer dans le centre de la pièce pour la mettre à l'aise. Elle l'avait fusillé du regard en lui donnant un coup de coude lui indiquant qu'elle était assez grande pour avancer toute seule. Ils avaient alors attrapé un quatrième matelas et les avaient tous placé en croix au milieu du dortoir. Puis, ils s'y étaient allongés tout en remontant bien au niveau de la tête de leur lit improvisé afin de jouer aux cartes explosives en restant au chaud sous les couvertures.
Le blond sourit en lui-même en repensant à cette excellente soirée qu'ils avaient passée avant de s'endormir sur place. Il releva la tête en entendant Blaise, qui était en face de lui, ronchonner dans son sommeil. Il jeta un œil aux cartes abandonnées et dont il n'était pas sûr qu'ils en retrouvent l'intégralité du paquet tant elles étaient éparpillées. Puis son regard dériva vers la carafe de jus de citrouille qu'ils avaient demandée aux elfes pour faire passer la quantité astronomique de bonbons et chocolats qu'ils avaient avalés. Il manqua de ricaner en pensant que grâce à Blaise, ils avaient appris à jouer au poker et qu'ils avaient utilisé les sucreries pour miser jusqu'à ce qu'ils en aient trop avalées pour pouvoir jouer convenablement. Le noir avait alors proposé un strip-poker mais Tracey l'avait menacé de lui laver la bouche avec du savon s'il osait dire une autre idiotie de ce genre.
Oui, ils avaient vraiment passé une très bonne soirée et Draco espérait qu'ils pourraient remettre ça d'autre fois, avec Vincent et Grégory. Ces deux là avaient beau donner une image idiote et gloutonne d'eux même, ils étaient de bons amis loyaux. Ils auraient pu les rejeter, Ioann et lui, depuis longtemps à cause de leur père. Un peu comme Théodore qui était plus réservé dans son amitié. Mais non. Dès le début ils avaient pris son frère sous leurs ailes et n'avaient jamais douté une seule fois de leurs actions. Draco laissa échapper un rire en pensant que tout le monde pensait qu'il n'avait qu'un frère et des suivants, alors qu'il avait en fait de très bons camarades. Comme quoi il ne fallait pas toujours se fier aux apparences. Mais son rire se perdit lorsqu'il lui déclencha une vive douleur à la tête.
Il n'en avait parlé à personne, mais si cela s'était un peu calmé quelque temps, les migraines revenaient de plus en plus fréquemment. Ioann s'en doutait, bien sûr. Draco se sentit mal en pensant qu'il ne pouvait rien cacher à son frère et que pourtant il ne lui avait rien dit pour Pré-au-Lard. Mais le plus difficile était qu'il savait que Ioann avait compris qu'il lui mentait. Mais il avait promis à Potter de se taire. Oh ce n'était pas par respect pour le Gryffondor. Mais c'était parce qu'il n'avait qu'une parole et qu'il faisait toujours attention à la tenir.
Il grimaça un peu plus. Réfléchir ne lui apportait vraiment rien de bon, sauf d'accentuer sa douleur. Aussi, il attrapa sa baguette posée par terre à côté de son matelas, et murmura un Accio sur une de ses potions. C'était un sort qu'ils apprendraient un an plus tard mais que son père lui avait appris depuis un certain temps. Avec Ioann et les crises de panique qu'il faisait régulièrement, c'était un avantage que de savoir ce sort. Il ne lui restait que deux fioles et au train où ça allait, il n'en aurait pas assez pour finir les vacances. Il avala une dose en fermant les yeux, savourant le soulagement presque immédiat que cela lui apporta. Puis dans un soupir, il s'installa confortablement sous les draps avant de soulever doucement ses paupières.
Il se redressa d'un coup en écarquillant les yeux. Pourquoi donc était-il couché par terre ? Etait-il tombé de son lit sans s'en rendre compte ? Il se retourna et tomba sur l'image de Ioann, Blaise et Tracey dormant tranquillement autour de lui et il se demanda ce qu'il se passait. Il chercha dans sa mémoire, soudainement affolé d'avoir perdu des souvenirs qui semblaient importants. Puis tout lui revint d'un coup et il paniqua. Sa gorge se serra et son souffle se fit plus court. Quelque chose semblait se serrer progressivement autour de son cœur. Comme une main osseuse qui voudrait en faire de la poussière. Avoir des absences, des trous de mémoire et des maux de tête, c'était son lot depuis plus de six mois. Mais c'était la première fois qu'il oubliait la même chose par deux fois avant de retrouver ses souvenirs.
Mais avant qu'une crise d'angoisse ne l'envahisse totalement, un grognement lui fit tourner la tête. Ioann frottait inconsciemment son nez contre son oreiller et Draco se dit qu'il allait se réveiller sous peu. Ce qui ne tarda pas. Le visage froissé et encore endormi du plus jeune se releva en même temps qu'il clignait des paupières. Un soupir lui échappa alors qu'il s'étirait avant de rattraper sa couette et de la serrer contre lui. Puis il regarda devant lui en fronçant les sourcils avant de tourner la tête. Quand il croisa son regard, il fut d'abord étonné avant de lui sourire.
- 'lut Dray.
- Salut Moustique.
- Joyeux Noëëëëël, bâilla-t-il.
- Oui, joyeux Noël à toi aussi, rigola le blond en tendant la main pour lui ébouriffer un peu plus les cheveux.
- Z'êtes obligés de faire tant de bruit ? Grogna Blaise qui s'enfonça dans les draps.
- Bonne nuit à toi aussi Blaise, ricana le blond qui avait complètement repris le dessus.
- Hey mais c'est Noël ! S'écria le noir en se redressant d'un coup. Et donc il y a les cadeaux !
- Ferme là Zabini, grogna Tracey en se redressant.
Elle attrapa le pull qu'elle avait posé pour dormir et l'enfila tout en baillant allégrement. Puis elle regarda autour d'elle. Elle eut un petit sourire en coin en pensant qu'elle était restée toute la nuit dans le dortoir des garçons et qu'elle pourrait faire bisquer Pansy en fanfaronnant qu'elle avait passé la nuit avec Malfoy. Sûr que son amie allait en faire une syncope ! Mais elle se garderait bien de lui dire qu'elle avait passé l'une des meilleures soirées qu'elle ait connue. Elle regarda Ioann se jeter sur Blaise qui lui-même était à deux doigts de plonger dans le tas de cadeaux qui s'empilaient dans un coin. Le noir râla après les petits gnomes trop collants qui l'empêchaient de prendre son bain de papiers brillants et nœuds soyeux. Le plus jeune lui répondit qu'il trouvait les grands dadais stupides dès le matin, tout en le tenant fermement par le fond du pyjama pour le retenir.
Brusquement Blaise bascula en avant et tomba lourdement sur le matelas de Tracey. Sauf que Ioann n'avait pas lâché son vêtement et qu'il se retrouva les fesses à l'air juste sous le nez de la jeune fille. Celle-ci eu un mouvement de recul et une grimace alors que Blaise remontait vivement son pantalon, le nez toujours enfoncé dans les couvertures. Puis il se redressa vivement en se tournant vers Ioann.
- Alors ça, tu vas me le payer !
- Même pas peur ! Répondit Ioann en se levant lui aussi, les mains sur les hanches.
Cela sembla donner le départ à une course poursuite entre les deux garçons. Ioann rigola en sautant par-dessus le lit de Vincent alors que Blaise pestait derrière lui. Draco sauta brusquement hors de son matelas un instant avant que celui-ci ne se fasse piétiner par une horde de deux chiens enragés. Tracey tenta de faire quelques croche-pieds à l'un ou à l'autre histoire de pimenter la lutte. Ce à quoi le blond riposta en lui lançant un oreiller.
- Touche pas à mon frère, vieille sorcière !
- Non mais il se prend pour qui l'avorton ! Répondit Tracey en le regardant avec une fureur teintée d'amusement.
Bientôt la course devint généralisée, tout le monde courant après tout le monde et ne sachant plus pourquoi. Ils finirent par s'effondrer, étouffés par leurs rires, tous les quatre sur l'un des matelas. Et quand Tracey, toute à sa joie se tourna vers Draco pour lui faire un grand sourire si inhabituel chez elle, celui-ci sentit quelque chose bouger dans son ventre. Mais il ne put s'attarder plus là-dessus que déjà Blaise criait un « cadeau » avant de se précipiter vers le tas qui avait miraculeusement été épargné par la tempête d'adolescents énergiques.
Très rapidement, la pile de présents diminua alors que celle des papiers froissés et déchirés augmentait. Ioann resta un moment en extase devant le cadeau de son frère. Il en perdit sa voix et se contenta de se jeter à son cou. Il savait que c'était un objet peu courant et que par conséquent, son prix était relativement élevé. Puis quand il se releva, il lui en tendit une partie avant de courir dans le couloir en serrant l'autre contre son cœur. Là il s'arrêta et s'appuya contre la porte avant de regarder son cadeau. Puis il l'activa avant de s'écrier.
- Dray ? Dray tu m'entends ?
- Crie pas Ioann, je t'entends même à travers la porte, rouspéta le visage de son frère qui venait d'apparaitre dans son miroir.
Toujours aussi excité, il retourna dans la chambre en rigolant. Il sautilla tout autour des trois autres.
- Ça marche ça marche !
- Et tu en doutais ? Tu croyais vraiment que je t'aurais offert des miroirs à double sens s'ils ne fonctionnaient pas ? Non mais tu me prends pour qui, Snape ? Répondit Draco en retroussant son nez et en levant le menton d'un air supérieur.
- C'est un super cadeau ! Reprit Ioann sans en tenir compte, avant de se jeter dans ses bras en le faisant basculer au sol.
Le blond éclata de rire à son comportement et lui rappela qu'il n'était pas digne d'un Serpentard. Ce à quoi le plus petit répondit qu'il s'en foutait étant donné qu'il était le seul Serpentard à avoir des amis dans toutes les autres maisons. Tracey n'était pas quelqu'un de très démonstratif. Sans compter que si elle avait déjà défendu Ioann face à Pansy, c'était principalement pour le plaisir de perturber son amie. Mais depuis la veille, elle découvrait une autre facette de ce garçon. En fait non, elle découvrait progressivement que ces trois garçons là étaient très complices et qu'il était agréable de les côtoyer. Elle avait cru devoir passer les fêtes seules à s'ennuyer et c'était tout le contraire. Elle se fit la réflexion que ce dortoir devait cacher encore beaucoup d'autres secrets mais qu'elle était finalement très contente que Malfoy et Snape acceptent sa présence en cette période festive. La magie de Noël réalisait bien des choses.
Draco manqua de pousser un grand cri quand il découvrit que son père lui avait offert une réservation pour assister à un entrainement des joueurs de l'équipe Anglaise de Quidditch. Il savait que son père faisait ce qu'il fallait pour que toute la famille assiste à la coupe du monde qui aurait lieu quelque mois plus tard, mais il ne s'attendait pas à pouvoir approcher les joueurs d'aussi près. Blaise le secoua vivement en lui demandant s'il prenait racine ou s'il leur montrait le présent qui le rendait aussi intelligent qu'un plant de choux fleurs. Le blond le bouscula en retour mais leur annonça la grande nouvelle.
- C'est génial ! Oncle Lus a vraiment tapé fort là ! Par contre t'as intérêt à ne pas oublier ton miroir, hein ! Que je veux tout voir moi aussi !
- T'inquiète, et si tu es gentil, je te rapporterais peut-être un autographe.
- C'est la moindre des choses ! S'écria Ioann avec humeur avant de sourire.
Il était content pour son frère. Bien sûr, il aurait voulu faire parti de l'expédition car ils avaient toujours tout fait à deux. Mais il n'était pas jaloux. Il ne savait que trop bien que les cadeaux matériels n'égaleraient jamais les cadeaux que la vie lui faisait. D'ailleurs il ouvrit avec un plaisir non simulé les friandises que ses amis lui avaient envoyées. Ils avaient dû se concerter car chacun avait acheté une sorte qu'il aimait sans qu'il ne reçoive de doublon. Par contre il éclata en sanglots devant le cadeau de son père. Tracey se sentit mal à l'aise. Ce n'était pas des situations qu'elle avait l'habitude de vivre. Blaise sembla inquiet mais laissa Draco gérer ce nouveau souci. Souci qui n'en était finalement pas un. Le blond, qui serrait son frère dans ses bras, regarda le présent pour voir qu'il s'agissait d'une chevalière. Elle était en argent et un serpent, gueule ouverte, était gravé sur le dessus. De son corps fin, il représentait la lettre S. S comme Snape… Mais Draco s'étonna de voir qu'il était bien trop grand pour que son frère puisse le porter. Il attrapa la carte et la lit avant de resserrer son étreinte et de recommencer sa lecture à voix haute.
« Mon cœur,
Quelques jours avant que je ne quitte la Russie pour revenir en Angleterre, ta mère m'avait offert cette chevalière afin que je pense toujours à elle. Je ne peux me permettre de la porter et de l'abimer à cause des potions. Mais cela me blesse de la savoir enfermer dans son écrin, dans mes affaires. Aussi je t'en fais cadeau. Elle est trop grande pour toi. Mais si tu en as l'envie, et avec cette chaine qui me vient de ma mère, tu pourras toujours la porter autour du cou. Je ne doute pas un instant que ta maman aurait été satisfaite qu'elle te revienne.
Joyeux Noël Ioann.
Papa. »
Draco savait que Ioann n'avait jamais attaché une importance démesurée aux cadeaux matériels comme de nombreux enfants gâtés le feraient. Il appréciait bien plus de passer du temps avec sa famille que de recevoir des présents. Bien sûr, il connaissait la valeur des choses et ne dénigrait aucun cadeau. Il en prenait toujours grand soin. D'ailleurs, le Vif d'Or qu'il lui avait offert il y avait plus de sept ans était toujours exposé avec soin dans les étagères de son frère. C'était le premier cadeau qu'il lui avait fait, c'était l'un des premiers cadeaux qu'il avait reçu après avoir souffert tant de temps avec son tuteur. Le blond savait que son frère avait gardé tous ses présents. Même les habits trop petits qu'il ne pouvait plus enfiler avaient été rangés dans une malle qu'il gardait précieusement dans sa chambre, Impasse du Tisseur. Mais cette chevalière venait de sa maman. Et c'était pour lui une grande preuve d'amour que de lui en confier la garde. Et Draco n'avait pas besoin que Ioann lui dise pour le comprendre.
Blaise aussi avait compris que ce cadeau là était très spécial. Une bague venant de sa mère décédée qu'il avait à peine connue était un vrai trésor. Il s'approcha des deux frères et ébouriffa les cheveux déjà très ébouriffés du plus jeune.
- Tu vois, avec ça tu ne seras jamais seul. Ta maman sera toujours avec toi, lui dit-il d'une voix tranquille avant d'ajouter afin de détendre l'atmosphère. Mais tu monopolises l'attention et personne n'a vu que j'avais reçu une nouvelle robe de sorcier qui fera concurrence à Messire Malfoy.
- Dans tes rêves, Zabini. Tu ne m'arriverais pas à la cheville même si je portais des fringues de clochard !
Ioann ricana doucement à les voir s'affronter du regard. Puis il sécha ses larmes d'un coup de manche avant d'attraper la chevalière dans sa main. Draco lui attrapa pour lui accrocher la chaine autour du cou avant de lui faire un clin d'œil et de repartir ouvrir les cadeaux. Tracey leur montra la collection de livres qu'elle avait reçu ce qui attira une grimace au blond et au noir. Ioann la regarda rouspéter après eux pour leur manque d'intérêt pour cette noble passion qui était la littérature. Il sourit en les voyant répondre que c'était bien un truc de filles de prendre des livres d'amour pour de l'art. Et il rigola quand elle jeta un des mocassins neufs de Blaise à la figure de Draco. Il caressa doucement la chevalière qui reposait sur sa poitrine avant de se secouer et de repartir à l'ouverture des cadeaux. Et lorsqu'il ouvrit celui de Lucius et Narcissa, il s'attira un triple sifflement stupéfaction. Lui ne put que rester bouche bée. Devant lui, posé sur le papier kraft qui l'emballait, trônait un Eclair de Feu flambant neuf et gravé de son nom.
- Oh Merlin ! S'écria Tracey éberluée.
- Putain ! C'est un vrai ? Lâcha Blaise les yeux écarquillés.
- Non il est en chocolat, lui répondit la jeune fille en roulant des yeux, bien sûr que c'est un vrai. T'es vraiment un abruti Zabini.
- Oh ça va hein. Retourne à ses bouquins Davis. Va rêver du prince charmant et laisse les vrais hommes entre eux !
- Des vrais hommes ? Où ça ? Moi je ne vois qu'un débile mental, un gosse capricieux et un lutin du père Noël.
- Et c'est qui le débile mental ? S'insurgea Blaise.
- Pourquoi tu le demandes vu que tu t'es reconnu.
- Alors écoute-moi bien, la morue, …
Draco les regarda faire en secouant la tête. Mais il se détourna bien vite de leur dispute pour reporter son attention sur Ioann qui n'avait pas quitté son nouveau balai des yeux et qui le caressait avec un plaisir évident.
- Mon père te gâte, Moustique.
- Et toi il te pourrit, lui répondit Ioann avec un regard rieur.
- Tais-toi donc. En tout cas, t'as intérêt à faire des merveilles au prochain match. Parce que là tu n'auras plus d'excuses.
Les deux garçons se sourirent avec joie alors que derrière eux, Tracey, assise sur le ventre de Blaise, était en train d'essayer de l'étouffer avec un oreiller.
Un peu plus tard dans la matinée, Lucius était venu rendre visite à Severus. Il avait passé un réveil des plus agréables avec sa femme et cela s'était prolongé jusqu'à ce qu'elle décide d'aller rendre visite à ses protégés de l'hôpital. Bien évidement, il avait refusé de l'accompagner d'autant plus qu'elle avait revêtu une longue robe rouge à col et manches en plumes blanches et d'un bonnet de lutin. Il avait argué qu'il ne supportait pas de la voir avec autant de rouge sur elle et avait fui chez son ami. Severus s'était d'ailleurs moqué de sa réaction. Mais pas trop longtemps pour une fois. Il l'avait ensuite grandement remercié de son cadeau pour Ioann. En effet, lorsque son ami lui avait dit qu'il se chargeait de remplacer le balai de son garçon, Severus ne s'était pas attendu à ce qu'il achète un Eclair de Feu.
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Lucius balaya les remerciements d'un mouvement de main avant d'avouer qu'il n'était pas venu le voir sans arrières pensées. Le brun le regarda suspicieusement en se demandant ce qui allait lui tomber sur le coin du nez. Mais finalement, sa contribution n'était que minime. Lucius voulait rendre visite à son fils et il lui demandait de lui prêter son bureau. C'était largement à sa portée. Le blond appela Dobby pour qu'il aille prévenir le garçon. L'elfe revint rapidement pour signaler que son petit Maître allait arriver. Il était avec Ioann et deux amis et ils essayaient le nouveau balai. Les deux adultes continuèrent donc à s'échanger des nouvelles tout en rejoignant le bureau. Ils durent attendre un certain temps avant qu'une tornade brune débarque dans la pièce et que Lucius se retrouve avec un Ioann en mode Koala dans les bras.
- Joyeux Noël Oncle Lus ! Merci pour le balai ! Merci merci merci !
- Ravi que ça te plaise mon grand. Joyeux Noël à toi aussi. Mais tu sais que tu commences à peser ? Salazar que tu grandis vite, soupira Lucius en le reposant au sol. Bonjour Draco, bon Noël à toi aussi, mon fils.
- Joyeux Noël papa, répondit le petit blond en étreignant son père.
- Allez viens Ioann, Lucius doit parler à Draco. Nous, nous allons réveiller deux journalistes qui n'ont pas encore daigné penser à nous, déclara Severus en passant son bras autour des épaules de son fils.
Severus avait été ravi, lors du petit déjeuner, du fait que très peu d'élèves soient restés au château. En effet, Ioann était venu se câliner contre lui pour le remercier de son cadeau lorsqu'ils étaient arrivés dans la Grande Salle. Il savait que son cadeau plairait. Il l'avait longtemps gardé en se demandant quand serait le meilleur moment pour lui offrir. Mais après l'affaire de l'article de Skeeter, il s'était dit que c'était le moment parfait.
Quand les deux Snape furent partis, Lucius demanda à Draco ce qu'il avait reçu pour Noël et sourit de le voir si enthousiaste de rencontrer les joueurs de l'équipe Anglaise. Puis il s'enquit de sa santé. Même si le garçon lui affirma qu'il allait bien, il décela dans son comportement qu'il s'agissait d'un mensonge.
- Draco, ta santé n'est pas un jeu. Si ça ne va pas, il faut le dire, dit-il en lui attrapant le menton pour le regarder dans les yeux.
- Mais ça va bien papa. J'ai toujours quelques maux de tête mais ça va.
- Promet moi d'aller voir Poppy si jamais ça ne va pas.
- Je te le promets.
- Bien. Draco, si je suis venu aujourd'hui, c'est également pour une autre chose. Une affaire importante pour laquelle j'ai besoin de ton avis en premier et de ton accord, si possible.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda le garçon, intrigué de tant de mystères.
- Te rappelles-tu qu'il y a quelques années, la mère t'avait annoncé que tu allais avoir un petit frère ou une petite sœur ?
- Oui. Mais ce n'est pas arrivé à cause de l'attaque de maman. Papa… vous allez avoir un bébé ? Demanda Draco en fronçant les sourcils.
- Non. Ce n'est pas possible et tu le sais.
- Alors pourquoi tu parles de ça ?
- Parce que ta mère et moi avions attendu cet enfant avec impatience. Draco, tu es le fruit de notre amour. Tu es la preuve de ce qui nous uni, Narcissa et moi. Je n'ai pas été correct avec toi quand tu étais enfant et c'est l'un de mes plus grands regrets. Mais j'ai appris. Tu m'as appris ce qu'être père signifiait. Nous avons beaucoup d'amour pour toi, n'en doute jamais. Mais nous en avions également pour cet enfant qu'on nous a enlevé.
- Papa, qu'est-ce que tu veux dire ? J'aime pas quand tu parles comme ça.
- Ta mère regrette de ne pas avoir pu donner la vie à d'autres enfants et je le regrette aussi. J'ai beaucoup réfléchi et je viens t'en parler avant d'en faire part à ta mère car j'aimerais avoir ton approbation afin qu'elle ne soit pas blessée par ton refus. Je souhaiterais que notre famille s'agrandisse et que nous adoptions un petit garçon ou une petite fille qui a perdu la sienne.
- Mais vous avez Ioann ! C'est mon frère et vous l'aimez non ? Alors pourquoi adopter quelqu'un d'autre !
- Ioann est ton frère, Draco, mais il n'est pas notre enfant. Il a déjà un père et nous ne sommes que son oncle et sa tante. Ce n'est pas la même chose. Il y a sept ans tu étais content qu'il y ait un autre enfant à la maison, non ?
- Oui mais c'était avant ! On est bien maintenant. J'aime ma famille comme ça, je veux personne d'autre ! J'ai déjà un frère et je ne veux pas le partager avec quelqu'un d'autre ! Je ne veux pas que vous aimiez quelqu'un d'autre plus que moi ! S'écria Draco en haletant.
Il voulait bien partager tout ce qu'il avait avec Ioann. Parce que quelque chose de fort, bien plus que les liens du sang, les unissait. Et puis ils avaient presque le même âge. Que ce passerait-il si ses parents adoptaient ? Un petit bébé leur accaparerait tout leur temps et ils n'en auraient plus pour lui. Après tout il était grand maintenant. Et s'ils adoptaient un enfant de quelques années ? Pourquoi voulaient-ils donc un autre enfant ? C'était à cause de sa commotion ? Est-ce qu'il leur posait trop de problèmes qu'ils préféraient se trouver un autre enfant et l'abandonner ? Draco ferma les yeux alors que la migraine revenait en force. Merlin non, pas maintenant et pas devant son père qui même s'il disait le contraire, préfèrerait apparemment se débarrasser d'un fils malade. Il ne vit donc pas le regard inquiet de Lucius qui le regardait se frotter machinalement la tempe.
- Draco ? Est-ce que tu vas bien ?
- Oui je vais bien, s'écria-t-il en rouvrant les yeux. JE VAIS TRES BIEN ET TU ME REMPLACERAS PAS PAR UN AUTRE !
L'adolescent sortit précipitamment du bureau de son parrain en claquant la porte et courut à travers les couloirs. Il voulait partir loin de cet endroit maudit.
Lucius s'appuya contre le dossier en soupirant. En temps normal il n'aurait jamais laissé Draco lui parler sur ce ton là. Mais les circonstances étaient spéciales et malgré tout, il ne pouvait pas lui en vouloir. Voilà pourquoi il n'avait pas parler de cette adoption avec Narcissa. Il savait pertinemment qu'elle serait d'accord pour donner une nouvelle famille à un enfant orphelin. Mais c'était la réaction de Draco qu'il craignait. Et il avait eu raison. Il allait devoir lui laisser du temps pour y réfléchir et ensuite il le proposerait à sa femme. Mais il ne le ferait pas tant que l'adolescent était sous le coup de la colère. Décidant qu'il avait besoin d'un bon thé bien chaud, il prit la direction des appartements de Severus. Il y trouva sans surprise, son ami et son fils, tranquillement installés dans le canapé.
- Draco est parti ? Demanda Ioann en se penchant pour vérifier qu'il n'était pas derrière Lucius.
- Oui. Nous avons eu une discussion mouvementée et il est parti en colère.
- Oh. Je vais aller voir où il est alors. A tout à l'heure papa, au revoir Oncle Lus.
Après avoir embrassé les deux hommes, le garçon sortit en se demandant où son frère avait pu aller. Il croisa la Dame Grise qui lui indiqua qu'il était monté dans les étages.
- Il l'a mal pris ?
- Le mot est faible. Même le Vésuve, quand il a enseveli Pompéi, n'était pas aussi en colère.
- Il fallait s'y attendre.
- Il a pourtant bien accepté Ioann, pourquoi pas un autre ?
- Tu oublies que justement il ne l'avait pas bien accepté. Il a fallu que Sergueï revienne et fasse du mal à Ioann pour que Draco change de regard.
- Que dois-je faire alors ? Adopter un enfant et le mettre en danger pour que mon fils biologique l'accepte ? S'exaspéra Lucius.
- Bien sûr que non, trancha la voix ferme de Severus. Laisse-lui du temps pour avaler et digérer la nouvelle.
- S'il le fait.
- Il a treize ans et commence à se chercher. Toi, tu arrives le jour de Noël pour bousculer sa vie avec la venue possible d'un autre enfant. Comment voulais-tu qu'il le prenne ?
- Il m'a dit qu'il ne voulait pas que je le remplace par un autre.
- Quoi qu'il dise, n'oublie jamais qu'il n'a pas oublié ce que tu lui avais fait endurer quand il était petit. Il avait accepté les différentes grossesses de Narcissa parce qu'il était plus jeune, et que ce n'était pas la même chose. Le fait de vouloir adopter doit lui faire penser que vous ne voulez plus de lui.
- C'est faux. Je lui ai d'ailleurs dit que cela ne changerait rien pour lui.
- Ce qui est aussi faux. Cela changera forcement quelque chose. Evidement vous l'aimerez toujours autant mais pour lui, il devra vous partager. Et tu oublies une autre chose. Il n'accepte pas les conséquences de sa commotion. Il se sent diminué et faible.
- Et il prend ce que je viens de lui dire comme une preuve qu'on ne l'aime plus autant qu'avant parce qu'il est différent. Salazar…
- Laisse-lui le temps et montre-lui que pour vous cela ne change rien qu'il ait des migraines chroniques ou des absences de temps en temps. Et plutôt que de protéger ta femme d'un refus de votre fils, soutiens Draco avec l'aide de Narcissa.
- Sauf qu'elle ne supportera pas que je lui parle d'adoption si ça ne se concrétise pas. Ce qui arrivera si Draco ne le veut pas.
- Ta femme est plus forte que tu ne l'imagines. N'oublie pas que tu as épousé une Black. Elle sera flattée et très contente de savoir que tu penses à agrandir votre famille même avec un enfant qui n'est pas de votre sang. Mais elle comprendra la réaction de Draco. Pour l'instant, c'est ton fils qui a le plus besoin de ton soutien. Et elle saura quoi faire pour l'aider à retrouver une bonne image de lui. Ensuite, il pourra plus facilement accepter le reste.
- Comment fais-tu pour aussi bien connaitre mon fils ?
- Je le vois évoluer tous les jours. Et je fournis Poppy pour ses potions. Je sais donc qu'il en prend en quantité non négligeable alors qu'il n'en parle jamais.
- Non négligeable ? S'inquiéta Lucius.
- Ecoute, Poppy attends le prochain contrôle qu'elle doit lui faire passer dans une semaine pour vous en parler. Mais la dernière fois, elle a trouvé que son état s'était sensiblement dégradé. Elle pense qu'il serait bon qu'il voit un Neuromage à St Mangouste.
- Pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt ?
- Parce que son état aurait très bien pu être une conséquence du stress qu'il a subi en même temps que Ioann depuis l'affaire Skeeter. Elle voulait attendre de voir si après deux semaines de vacances tranquilles, son bilan était le même ou s'était amélioré.
- Je comprends d'autant mieux sa réaction de tout à l'heure. Il ne va pas bien physiquement. Il est blessé dans sa dignité et il est persuadé d'être impotent voire même un poids. Je rajoute à ses craintes une potentielle adoption. Et en prime je suis persuadé de lui avoir déclenché une nouvelle migraine. Comment puis-je seulement penser à avoir un autre enfant alors que je ne vois même pas la souffrance de mon fils.
- Tu la vois Lucius, mais tu n'es pas sur place. Maintenant que tu as compris, tu pourras mieux l'aider. Mais pour cela arrête de te torturer. Tu es devenu un bon père, n'en doute pas.
Alors que Lucius rentrait chez lui bien plus perturbé qu'il ne l'aurait voulu, dans une salle vide, Ioann écoutait les récriminations de Draco. Mais derrière la colère, il voyait bien la détresse. Le blond faisait le fort, l'insensible et l'arrogant, mais il n'était qu'un garçon bourré de doutes et qui vivait mal sa maladie. Alors il le laissa exploser. Il sentit son cœur se serrer en comprenant que Lucius et Narcissa voulaient un autre enfant. Parce que comme Draco, il avait l'impression qu'il allait perdre quelque chose dans cette action. Un peu de l'amour de sa famille qui partirait au nouveau membre de la famille. Une fois que Draco se fut calmé, il le serra contre lui. Il le rassura en lui disant que tout le monde l'aimait toujours autant même s'il avait quelques petits problèmes de santé. Et que même s'il devenait complètement amnésique, il resterait toujours un fils, un frère ou un neveu. Cela apaisa un peu le blond. Finalement ils rejoignirent Blaise et Tracey dans la Salle Commune pour tenter de finir la journée aussi bien qu'elle avait commencé. Les deux amis remarquèrent bien que Draco n'était pas au mieux de sa forme mais firent comme si de rien n'était. Ce que leur camarade apprécia grandement.
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Mardi 28 Décembre 1993.
Tracey pestait. Elle avait voulu aller à la bibliothèque mais s'était trouvé devant porte close. Avec le départ en vacances de Madame Pince, c'était Rusard qui ouvrait cet endroit et visiblement ce jour là, il avait décidé de ne pas le faire. Si seulement elle pouvait faire exploser cette porte ! Elle avait besoin de faire une recherche pour un de ses devoirs et évidemment le destin était contre elle. Mais qu'à cela ne tienne, elle allait trouver son directeur de Maison et lui expliquer son problème. Elle avait confiance, cette maudite bibliothèque serait rapidement ouverte.
Mais alors qu'elle se dirigeait vers l'escalier principal, son regard fut attiré par un mouvement dans un couloir adjacent. Elle ne mit qu'une demi-seconde pour voir qu'il s'agissait de Draco. Elle se demanda où Snape pouvait bien être mais cela ne l'affola pas plus que cela. Elle avait une mission et comptait bien la mener à son bout. Mais elle stoppa quelques pas plus loin avant de se retourner vers son camarade. Elle s'approcha doucement avant de s'arrêter. Draco était debout devant l'une des fenêtres. Il n'y avait rien de spécial, mais quelque chose la rendait mal à l'aise.
- Malfoy ?
Le blond ne bougea pas et continua de regarder l'extérieur. Pourtant il n'avait pas l'air d'y voir quelque chose de passionnant. Il avait juste les yeux dans le vague. Elle s'approcha un peu plus.
- Hey, Malfoy !
Cette fois, il réagit. Il regarda autour de lui avant de se fixer sur elle. Puis il releva un sourcil étonné. Mais son regard était étrange et le sentiment de malaise s'accentua chez Tracey.
- Ça va pas ?
- Je vais bien, merci. Et toi ?
- Euh, ça va. Mais ce n'est pas moi qui suis plantée comme une Mandragore devant cette fenêtre.
- Une Mandragore ?
- Ah oui, sûr que tu aurais préféré que je parle de rosier, hein, monsieur aime les belles plantes, ironisa-t-elle.
- Excuse moi, je ne comprends pas tout ce que tu dis. Je vais te laisser.
- Tu me fais quoi là Malfoy ?
- Malfoy ? C'est une plante aussi ?
Tracey le dévisagea cherchant à savoir pourquoi il se moquait d'elle ainsi.
- Ce n'est pas drôle, grogna-t-elle.
- Désolé. Je …enfin je crois que je suis … que … en fait je ne sais pas trop.
- Hey Draco, tu me fais quoi là ? répéta-t-elle en commençant à s'inquiéter.
- Draco ? C'est mon nom ?
- Oui….
- C'est un nom étrange. Et toi tu t'appelles comment ?
- Je … Tracey. Tracey Davis. Enfin mais tu le sais ça !
- Oh. Alors on se connait ? On est ami ?
- Oui. Enfin je crois. Merde Draco, dis-moi que tu me fais une blague là et que tu te souviens de toi, de moi et du reste.
- Me souvenir ? J'étais là. Je sais pas pourquoi. Je crois que je marchais et j'ai vu qu'il neigeait. C'est beau la neige.
- Et avant, tu faisais quoi ? Chuchota-t-elle d'une voix tremblante de peur.
- Avant ? Avant quoi ? Je marchais et …
Draco ferma les yeux et fronça les sourcils. Que faisait-il avant ? Il marchait. Mais on ne pouvait marcher indéfiniment, alors que fait-il avant ? Il rouvrit les yeux et regarda la neige. Une chouette passa devant ses yeux. Elle était toute blanche et portait un parchemin à sa patte. C'était étrange. Pourtant les amis de Potter étaient avec lui et son tuteur était là aussi… avait-il d'autres membres de sa famille à l'extérieur ? Pourquoi pas après tout. Ioann et lui en avait bien. Il se retourna et tomba dans le regard inquiet de Tracey.
- Un problème Davis ? Demanda-t-il avec ironie.
- Un problème ? Un problème ? Pauvre con, ça t'amuse de me faire peur comme ça ?
- Quoi ? Je n'ai rien fait. Je voulais voir si Ioann avait fini son entretient avec Black, je m'arrête pour regarder la neige et tu m'agresses. Je ne sais pas ce que tu as mangé, mais apparemment ça ne te rend pas aimable !
- Ça fait cinq minutes que je te parle. Ça fait cinq minutes que tu réagis comme si t'étais un amnésique qui ne se rappelle même plus de son nom et tout ça pour quoi ? Pour te foutre de moi ?
Tracey bouillait. Et pourtant quelque chose fit tomber sa colère. Le regard écarquillé et apeuré de Draco sûrement, assorti à son blêmissement.
- Malfoy, ça va ?
- Oui… non… non ça va pas en fait….
- T'es pas en train de me refaire le coup de l'amnésique hein ? Deux fois ça ne prendra pas.
Mais elle se demanda tout de même où s'arrêtait la blague et où commençait la vérité. Elle le vit grimacer en se tenant la tête avant de chanceler. Elle lui agrippa le bras et l'aida à s'asseoir. Non, son camarade n'avait joué aucune comédie. Elle ne savait pas encore ce qu'il s'était passé, mais elle sentait bien qu'il avait un gros problème.
- Tu veux que j'aille chercher quelqu'un ? Snape ? L'infirmière ?
- Oui, mais reste un peu avec moi avant, lâcha-t-il dans un souffle.
- Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Je… tu ne diras rien hein ?
- Comment ça je ne dirais rien ? Bien sûr que si ! Il faut bien que j'en parle à Pomfresh si je dois aller la chercher !
- Oui, non, mais aux autres … à Ioann…
- Aux autres ? Reprit-elle en réfléchissant. Non. Je ne dirais rien.
- D'accord. Tu te rappelles de la Chambres de Secrets ?
- Pas beaucoup, mais ce dont je me souviens me suffit amplement.
- J'ai pris un mauvais coup à la tête ce jour là.
- Ah oui, Londubat s'est occupé de toi.
- En fait ce n'est pas passé. J'ai des migraines et des absences de temps en temps.
- Alors là c'était…
- Une absence je pense.
- C'était une sacrée absence alors. Merde mais tu ne reconnaissais même plus ton nom !
- Je crois que … je crois que ça s'aggrave ce que j'ai.
- Pourquoi tu n'en parles pas à Pomfresh ?
- Parce que … parce que j'ai peur. Peur de ce qu'elle va me dire. Peur qu'elle ne puisse rien faire et qu'un jour je perde totalement la tête.
- Mais c'est ce qui arrivera si tu ne fais rien. Qui est au courant pour ça ?
- Mes parents, l'infirmière, tous les profs je suppose, Ioann et je crois que Blaise se doute de quelque chose.
- Il faut que tu te soignes Draco. Tu ne peux pas laisser trainer ça. Plus tu attends et plus ça va empirer. Allez viens, je t'emmène à l'infirmerie.
- Pourquoi tu fais ça ?
- Parce qu'on est amis non ? Parce que moi je ne dors pas dans un dortoir avec trois garçons si je ne suis pas un minimum amis avec eux. Même pour Noël, lui lança-t-elle en relevant le nez et en le toisant.
- A vrai dire, à l'origine on t'avait proposé de venir par politesse pour ne pas que tu sois seule. Mais je reconnais que pour une fille t'es pas mal et que tu n'as pas ton pareil pour moucher Blaise.
- Pour flatter l'égo des jeunes filles t'as encore du progrès à faire. Le tact, tu connais ? Et pourtant on aurait pu attendre mieux d'un gars qui câline le lutin du père Noël tout le temps. Bouge tes fesses Malfoy, j'ai pas que ça à faire. J'ai une bibliothèque à faire ouvrir, alors plus vite tu seras à l'infirmerie, plus vite je pourrais lancer Snape aux basques de Rusard.
- Et toi tu as la délicatesse d'un Troll. Et lâche mon bras Davis, je ne vais pas m'effondrer comme une fillette.
- Et là je suis censée te croire ? Parce qu'il y a quelques minutes t'étais bien content que je t'empêche de t'étaler au sol comme une crotte d'Hippogriffe ! Et puis, si tu ne veux pas accélérer, je peux toujours t'envoyer mon pied dans l'arrière train. Ça marche bien avec Miss Teigne, alors sur toi ça devrait aussi le faire.
Et ce fut en lui tirant vivement le bras qu'elle le traina quelques étages plus bas. Poppy les regarda entrer avec étonnement mais son humeur devint moins légère lorsqu'il raconta ce qu'il venait de lui arriver, appuyé par le témoignage de Tracey. Elle le fit allonger sur un lit et renvoya la jeune fille à ses occupations. Elle lui demanda si cela lui arrivait souvent, s'il avait la migraine et tout un tas d'autres questions auxquelles il répondit, cette fois, sans se défiler. Puis, quelques sorts de diagnostique plus tard, elle avait toujours son air sérieux. Elle s'assit sur le lit et Draco sentit son cœur s'affoler. Si tout allait bien, elle lui aurait fait un sourire et aurait blagué avec lui de sa mauvaise aventure. Ce n'était pas le cas et cette peur qui lui tordait les entrailles depuis quelques temps ne le lâcha pas. Alors il attendit avec anxiété que le couperet tombe.
