Ah! Depuis le temps où je voulais poster ce chapitre... ENFIN! J'espère que le "scandale" que je vous avais promis sera à la hauteur de vos attentes... Vous l'apprendrez à la fin du chapitre, mais d'ici là, vous avez du contenu pour vous sustenter... ;)


Chapitre 37 - Un scandale à Poudlard


Les onze heures du soir ne tarderaient pas à s'afficher sur les horloges de Poudlard, mais Hermione n'avait pas la patience de laisser ces cinq minutes restantes aboutir à son signal. Littéralement frigorifiée, la préfète avait considérablement accéléré le pas afin de rejoindre la porte secrète menant à la chambre de préfet du Serpentard le plus rapidement possible. Quelle folie lui était donc passée par la tête pour endurer ce froid hivernal durant une heure complète sans être couverte? Sûrement avait-elle besoin de se faire mordre la peau par le vent glacial afin de remettre ses idées en place, car dans un quelconque autre cas, elle aurait plutôt choyé une place confortable devant un feu de foyer. N'empêche qu'elle ne tarderait pas à se procurer cette douce équivalence dans les bras de Drago.

La gargouille du cerbère lui apparut soudainement comme étant une statue représentant la plus magnifique des Vélanes. L'énervement qui l'habitait avait définitivement eu raison d'elle, car ce qui gardait la porte secrète n'était en aucun cas porteur d'une telle beauté. N'y portant cependant aucune importance particulière, elle ne fit que la contourner afin d'enfin faire face au battant qui la séparait de Drago. Sans prendre une seule seconde de plus, son poing alla marteler la surface de la porte avec légèreté, chose qui s'avéra à être plutôt impressionnante face à l'agitation qui l'animait.

Le même bruit de verrou métallique de lors de sa première visite retentit de l'autre côté. Hermione sourit et baissa la tête. Elle avait encore froid, mais la chaleur que son cœur dégageait grâce à ses mouvements prompts appliquait une nuance contrastante.

La porte s'ouvrit. La préfète leva les yeux puis étira davantage ses lèvres en apercevant le visage romanesque de Drago. En y étant invitée, elle franchit le seuil de la porte et pénétra enfin dans le repère du serpent.

À peine eut-elle entendu la porte se refermer derrière elle que deux mains chaudes saisirent ses épaules en pratiquant de faibles mouvements de haut en bas. Le contact de sa peau contre la sienne provoqua chez elle une vive sensation de brûlure à cause du contraste de température, mais un étrange frisson tendit son échine dorsale. En sentant le torse de Drago se presser contre son dos, Hermione abaissa tranquillement les paupières en lui offrant son cou. Le Serpentard ne le se fit pas dire deux fois avant d'approcher sa bouche de sa peau, et le souffle chaleureux que la jeune femme y perçut avant qu'il n'y dépose ses lèvres lui fit un bien fou. Suite à cette offrande, il se mit à parsemer sa nuque de baiser sensuel, pressant délicatement ses lèvres en savourant le froid qu'il y ressentait.

- Hum… gémit-il tout bas. Ta peau est glacée…

Le bas-ventre d'Hermione était déjà en agonie. Ces baisers électrisaient chaque pore de sa peau et envoyaient des signaux nerveux tout droit où le désir avait déjà pointé le bout de son nez. Lentement, pour ne pas laisser son corps mourir sous cette délicieuse torture, elle pivota sur elle-même jusqu'à se retrouver en face-à-face avec Drago.

- J'ai attendu tout en haut de la tour d'astronomie, lui expliqua-t-elle alors qu'il entoura sa taille de ses bras.

- Drôle d'idée, déclara-t-il en arborant les vestiges d'un sourire amusé. Pourquoi là-bas?

- Ça ne t'évoque dont rien?

Pris de court, Drago s'empressa de farfouiller dans sa mémoire dans l'espoir que ce qu'il semblait avoir oublié ne soit pas un détail important. Une image de lui et Hermione, au tout début de cette histoire qui les unissait maintenant, lui vint alors à l'esprit. Il sourit.

- Oui, je me souviens, se rattrapa-t-il de justesse. Excuse-moi, il y a plusieurs trucs qui me sont sortis de la tête depuis quelques temps…

- Ne t'en fais pas, rassura Hermione en posant ses mains sur ses avant-bras.

- Je me rappelle cependant sans problème que tu as oublié tes bouquins, la dernière fois que tu es venue dans ma chambre.

D'un coup de menton, il désigna le coin d'un bureau où gisaient quelques livres scolaires. Hermione, y jetant un œil, sembla ébahie par cette découverte.

- Je m'en souviens également, signala-t-elle en se promettant de ne pas les oublier une deuxième fois lorsqu'elle quitterait cette chambre. Je me souviens de l'entière situation, en fait.

Drago fut secoué d'un rire jaune en repensant à Pansy qui les avait très brutalement réveillés, ce matin-là.

- As-tu réussi à te débarrasser d'elle, cette fois-là?

- Je ne crois pas que je puisse y arriver un jour, se plaignit-il en roulant les yeux.

- Je suis certaine que tu en serais capable, le contredit-elle en pinçant un sourire tacite.

Le garçon haussa un sourcil. Sa grimace mesquine avait attisé sa curiosité.

- Tu insinues quoi par là? demanda Drago en se séparant paresseusement d'Hermione.

D'un pas nonchalant, il alla s'asseoir sur le lit qu'ils avaient tous deux déjà partagé, les pieds logés au sol. D'un sourire attentif et tout aussi attendri qu'ils l'avaient tous été depuis leurs retrouvailles, il croisa les doigts entre ses jambes. Hermione se retourna puis fit quelques pas dans sa direction.

- Tu sais très bien ce que je pense de toi, non? le provoqua-t-elle en préservant son attitude espiègle. J'ignore si tu te souviens de ça?

Cette fois-ci, ce détail parut être complètement étranger à son égard. Fuyant une quelconque réflexion, il esquissa une moue à la fois intriguée et interrogatrice.

- Non, sur ce coup-ci, je crois que tu m'as eu…

- Je disais que tu étais arrogant, insupportable, méprisant et prétentieux.

Incrédule, le Serpentard fronça les sourcils et grimaça d'incompréhension. Il semblait trouver ces quatre qualificatifs plutôt rigolos et inadéquats pour sa personne.

- Tu m'as déjà dit ça? Directement? Comment se fait-il que tu sois encore vivante?

Hermione éclata d'un rire sonore. Drago, qui aurait en temps normal trouvé cette réplique plutôt banale, imita tout de même la jeune Gryffondor, séduit par son humeur contagieuse.

- Idiot, le nargua-t-elle en s'approchant davantage de lui. Tu ne t'en souviens vraiment pas? Ça ne fait pas si longtemps que ça, pourtant.

- Tes voyages temporels sont très éprouvants pour mon état d'esprit, se défendit-il en tentant sa main vers Hermione.

- Je m'en souviens bien, moi, répliqua-t-elle en la saisissant aussitôt. Ce n'est pas une excuse.

- Nous n'avons pas passé à travers les mêmes choses.

Plus ou moins en accord avec cette défense, la préfète haussa un sourcil. Le Serpentard, regrettant aussitôt ses paroles, pinça les lèvres.

- Je retire ce que je viens de dire.

De la main avec laquelle il eut capturé celle de la lionne, il l'attira vers lui. Drago élargit l'ouverture de ses jambes afin de lui permettre de se coller entièrement à son corps puis entoura ensuite ses hanches de ses bras. Le visage à la hauteur de sa poitrine, il calla doucement son menton entre ses côtes en étirant le cou vers le haut. Aussitôt ensuite, Hermione baissa les yeux afin de rencontrer son regard. Elle posa ses mains délicates sur sa nuque, là où elle entreprit de jouer timidement avec ses cheveux.

Pendant plus de quelques secondes, ils ne firent que se regarder avec toute la tendresse du monde. Les mains jointes de Drago, dans le bas du dos de la jeune femme, se mirent à caresser la peau sous sa chemise qu'il eut retirée de sa jupe à cet endroit précise. Quant à Hermione, les siennes voyageaient de sa nuque jusqu'à son front, faisant glisser ses mèches d'un platine si intense qu'ils en étaient presque blanches entre ses doigts. Il était si beau… si beau…

- Il faudrait qu'on discute, nous deux, tu ne crois pas? proposa-t-elle en brisant le silence.

- Ce n'est pas ça que nous faisons depuis le tout début?

- Discuter sérieusement, je veux dire, se corrigea-t-elle en réalisant qu'elle n'avait pas été très claire. Discuter de sujets importants…

- Ce que je t'ai dit à la bibliothèque, ce n'était pas important, selon toi?

Se quereller? Pas question! Hermione se sentit soudainement nerveuse à l'idée que le blondinet interprète mal ce qu'elle se voulait se lui partager. Instantanément, elle changea la direction du vent :

- Ce n'est pas ça que je voulais dire…

- Comme? le coupa-t-elle.

Heureusement, il ne montrait aucune marque d'agressivité ou de colère. Le ton de sa voix qu'il eut adopté se montra toutefois très peu coopératif dans cette démarche d'entreprendre une « discussion sérieuse ».

- Pardon? fit Hermione en haussant un sourcil.

- Tu dis vouloir parler de sujets importants… Comme quoi? Lesquels?

Elle hésita à approfondir ses propos, n'ayant aucune envie qu'il s'énerve. Étant cependant avide d'information, elle ne put s'empêcher de tenter une approche :

- De ta situation, par exemple…

Drago brisa le contact visuel en soupirant bruyamment. Il baissa la tête, cédant la place qu'avait occupé son menton sur la poitrine d'Hermione à son front. Presque aussitôt ensuite, il reprit sa position initiale. Non, effectivement, l'envie n'égayait guère son visage.

- Là? Maintenant? poussa-t-il avec un très apparent désintérêt.

- J'ai tellement de questions à te poser… se justifia-t-elle dans l'espoir qu'il accepte.

- Tu ne pourrais pas les mettre en veilleuse durant l'espace d'une soirée? Je n'ai aucunement l'envie d'aborder de tels sujets… Pas maintenant, du moins.

Encore une fois, il ne parut pas le moins du monde irrité par cette tentative de communication, mais le manque d'intérêt qu'il démontrait face à ces sujets pourtant substantiels agaça superficiellement la Gryffondor. Elle ne le démontra pas, néanmoins. Tout comme elle, Drago ne semblait pas du tout être tenté par l'introduction d'une quelconque dispute entre eux. Cependant, Hermione, tenace, poussa sa chance encore un peu plus loin :

- Certains sont plutôt urgents, non?

- Je n'en doute aucunement. Disons juste que l'idée de passer une soirée à tes côtés me tente beaucoup plus que de discuter « boulot ».

Cette fois-ci, elle abandonna toutes ses charges. Après une telle réplique, il n'était plus question d'insister. Drago avait raison. Bientôt, elle se traita mentalement de tous les noms d'avoir déjà, à peine une heure après leurs retrouvailles, tenté de subtiliser quelques mots sur leur situation. Oui, elle voulait connaître les dernières nouvelles aux propos du Serpentard. Oui, elle voulait entrer en connaissance de sa mission. Oui, elle voulait savoir ce qu'ils avaient l'intention de faire pour tenter de se protéger de la menace qu'était devenu Rogue à leur égard... Or, tout ça pouvait bien attendre au lendemain.

- « Boulot »… rapporta Hermione en constatant la pauvreté du terme évoqué.

- C'était du sarcasme…

- J'en avais pris note, lui indiqua-t-elle en ricanant.

Il l'imita, à son grand soulagement. Le petit froid qui s'était brièvement installé entre eux se dissipa alors. Se sentant un peu bête de tasser le sujet comme on tassait d'ordinaire une vieille chaussette trouée et malodorante, Drago s'obligea à la rassurer :

- Peu importe ce que tu voulais me dire, je peux toutefois te certifier que tu es dorénavant en sécurité. Plus jamais Rogue n'aura l'occasion de te faire du mal.

Rogue… Ils finiraient tôt ou tard par se croiser, lui et Hermione… Ou si, par chance, ce cas ne survenait pas, il entendrait inévitablement parler de son réveil miraculeux par l'entremise des bouches potineuses de ses élèves bien rapidement. Tenterait-il de la rendre invalide par un autre moyen? Sûrement, car ses parents, quand le temps viendrait pour eux de l'apprendre également, ne seraient certainement pas ravis d'apprendre que Rogue avait fait défaut à sa tâche. Vraiment pas, même… Pour la première fois de sa vie, Drago envia Potter et Weasley de connaître dans les plus fidèles détails l'information qui avait voyagé entre ses parents et Rogue au sujet du sort d'Hermione.

Sans l'avoir souhaité, le moral de Drago chuta considérablement. Depuis déjà un moment, il avait retiré son menton de la niche qu'il avait improvisée sur le corps d'Hermione afin de mieux soutenir son regard sans nécessairement lui imposer un torticolis. Elle, fort intriguée par son ton éloquent pour de si délicates paroles, fronça les sourcils au-dessus du faible tourment qui teinta ses prunelles noisette.

- Comment peux-tu en être certain?

- Car je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour préserver ta sécurité.

Ces promesses… Elles étaient souvent lancées sans grande signification véritable, simplement dans le but de rassurer ou de prouver une fidélité sans faille. Hermione savait que Drago ne pouvait pas faire tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher Rogue d'agir, mais elle savait, en revanche, qu'il était sincère dans sa démarche pour témoigner de son dévouement envers elle. Juste ce fait, la préfète le déchiffra comme un second « je t'aime » de sa part. Encore ce même fait, il l'émut tout autant que ces trois mots qu'il avait eu l'audace de lui dédier après toutes les dures épreuves qu'ils avaient traversées main dans la main, conscients que d'autres suivraient bien rapidement.

Touchée, elle lui sourit en passant une centième main caressante dans ses cheveux. Il était inutile de parler ; son regard pouvait certainement communiquer toute la reconnaissance et l'affection qu'elle éprouvait pour sa personne. Oui, elle le vit, d'ailleurs. Ses yeux habituellement si bleus, si gris, si métalliques et froids, reflet d'un paysage d'hiver et de glace, ils s'étaient maintenant réchauffés pour offrir leur support à un automne naissant.

Il usa alors inconsciemment de son regard intimidant. Pénétrant et intense, il semblait presque en train de lire son âme au travers de ses yeux.

- J'ai été te rendre une petite visite, lorsque tu étais sous l'effet du somnifère.

- Vraiment? Tu as pris une grosse chance…

- Durant la nuit.

Hermione ravala la suite de sa phrase qu'elle n'eut pu compléter. La bouche entrouverte, elle haussa les sourcils en hochant faiblement la tête. Les ballades nocturnes devenaient si habituelles pour ses trois fréquentations usuelles qu'elle ne se donna plus la peine de les réprimander, lui, Harry et Ron, sur cette violation d'une des nombreuses règles assiégées à Poudlard. Elle-même en effectuait à l'occasion, donc… De toute façon, Drago ne lui avait sûrement pas fait part de ce détail pour se faire dicter une bonne conduite. Rejetant le débat sur ses principes dans un tiroir mental qu'elle referma à clé, la jeune femme interpréta ses mots sous un autre angle ; alors ainsi, il s'était déplacé en pleine nuit pour aller rejoindre son corps inerte… Son cœur se réchauffa.

Une des mains de Drago se détacha alors de son dos pour aller rejoindre le visage de la préfète. De son pouce et son index, il écarta les cheveux qui fermaient son visage de manière trop étroite pour la beauté qui s'en étendait.

- C'est exactement à ce moment là que j'ai réalisé à quel point tu es magnifique…

Un coup nerveux, telle une novice, la frappa droit au cœur. Tout en baissant le menton, elle pinça un rire timide qui sonna mignonnement aux oreilles du vert et argent. Il sourit. Sa main précédemment occupée à dégager ses cheveux, alla épouser la courbe de sa joue qu'il caressa de son pouce. Cette tendresse infinie, dont Hermione doutait d'arriver à s'habituer à recevoir par son intermédiaire, la convia à clore ses paupières, chose qu'elle ne fit durer que quelques petites secondes. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle décolla instantanément vers une autre planète tandis qu'il reposa sa main au creux de son dos.

Tranquillement, les mains de Drago se firent plus baladeuses. Étant au départ logées dans le creux du dos la jeune Gryffondor, il les fit glisser tout au long des os définis de ses hanches pour finalement atteindre son ventre. Au passage, elles retirèrent entièrement sa chemise qui était coincée sous la taille ajustée de sa jupe. Sans cesser de caresser son ventre, il suréleva sinueusement le tissu en faisant grimper ses doigts sur sa peau chaude. Puis, lorsqu'il s'offrit enfin à la hauteur de son visage, Drago l'en approcha afin de déposer ses lèvres tout près de son nombril. Lentement, il relogea ses mains dans son dos.

Se sentant faiblir, la jeune femme ferma les yeux en poussant un long soupir apaisé. Ses mains allèrent appliquer une douce pression sur la tête du Serpentard afin qu'il approfondisse ses baisers fiévreux, ce qu'il fit instantanément. Progressivement, ses lèvres devinrent plus désireuses, plus gourmandes. Joignant ses doigts à cet élan de passion, ils quittèrent leur confort afin d'aller se poser sur les boutons du chemisier d'Hermione. Tout en allongeant ses caresses orales, il le déboutonna entièrement puis l'ouvrit finalement en dégageant ses épaules de ce morceau de vêtement. Il glissa paresseusement le long de ses bras immobiles et s'effondra négligemment sur le sol.

Là, Drago se leva d'un trait direct en capturant la bouche d'Hermione de la sienne, comme électrisé par la vision presque entièrement dénudée de son buste finement taillé. Sa douceur s'était muée en fougue, et maintenant, ses gestes étaient fermes et convoiteux. Une main sur les fesses de sa conquête, l'autre attirait son visage vers le sien quoiqu'il y fût déjà plaqué. Ce baiser, il voulait l'approfondir. La lionne également fut secouée d'une certaine ardeur ; ses bras s'enserrèrent très étroitement autour du cou du Serpentard, et sa réponse à son baiser était d'une soif qu'elle ne se connaissait pas.

Une délivrance. Voilà comment les deux amoureux auraient pu qualifier cet échange voluptueux. Drago Malefoy avait besoin d'Hermione Granger, et Hermione Granger avait besoin de Drago Malefoy. Ils auraient pu maintenant tenter de mettre fin à leur relation en définitive, mais cette abstention n'aurait été qu'un échec. Ce n'était plus la peine de tenter de fuir l'inévitable. Ils s'accrochaient l'un à l'autre comme s'ils s'accrochaient à la raison de poursuivre ce chemin qui, malgré leurs efforts, plongeait tout droit vers un abîme prochain.

De ses bras puissants, le blondinet la souleva par la taille et Hermione comprit aussitôt que c'était une invitation pour elle d'entourer la sienne de ses jambes. Après s'être exécutée, elle sentit les mains de Drago empoigner ses fesses, les palper, et ses doigts glisser entre ses cuisses tandis qu'ils allongèrent démesurément leur baiser. Les caresses qui couvraient le bas de son corps jouaient dangereusement avec la force de ses jambes qu'elle sentait faiblir jusqu'au point de ne bientôt plus pouvoir supporter le poids de tout son corps. Puis, comme si Drago avait perçu cet affaissement lent, il laissa choir son dos à l'aveuglette sur son lit en gardant Hermione bien étroitement liée à lui.

Au-dessus, la Gryffondor se convulsa soudainement à se découvrir détenteur des rênes. Mais, encore une fois, – Hermione se mit à croire que son talent pour l'occlumencie était réellement très développé – Drago sauva la situation en effectuant une rapide transition des positions, se retrouvant par conséquent étendu sur elle. À peine y fut-il qu'il s'y retira aussitôt, repositionnant ses pieds au sol entre les jambes ouvertes de la jeune femme dont les orteils frôlaient le parquet. En possession du contrôle entier, le blondinet planta un genou sur le matelas afin de soutenir son corps en suspens par-dessus celui d'Hermione tandis que le pied de son autre jambe restait plaqué au plancher. Enchaînant sans interposer une seule seconde de répit, il fléchit ses bras qu'il avait positionnés de chaque côté de la tête de sa déesse afin de l'embrasser furieusement. Sa langue, presque obscène, pratiqua des mouvements qu'Hermione ne put suivre par le tumulte de sensations qu'elle provoqua dans tout son corps. Elle ne fit qu'accrocher ses bras aux épaules de son homme dans l'intention de le rapprocher d'elle.

Mais Drago ne se plia pas à son désir. Sa bouche dériva de la sienne afin d'aller entamer une route incongrue vers sa mâchoire, puis plus haut vers son oreille, et plus bas pour atteindre son cou, tracer la forme de ses clavicules, de ses épaules qu'il mordit superficiellement, sa poitrine dont ses mains se retinrent tenacement pour ne pas arracher son soutien-gorge, puis descendre encore et encore et encore. Se retrouvant pratiquement à genou entre ses jambes, le Serpentard glissa ses doigts en dessous de la taille de sa jupe sans lambiner avant de la faire glisser le long de ses jambes. Prestement, il retira également son bas collant envers lequel il avait étoffé une haine particulière depuis sa dernière rencontre sur ce même lit. Le jetant au bout de ses bras, Drago se redressa pour se pencher de nouveau vers la bouche entrouverte de son amante, mais il s'obligea cependant à admirer le spectacle pratiquement nu qui s'offrait à lui. Splendide, elle était splendide…

Hermione ouvrit enfin les yeux qu'elle avait fermés depuis que le blondinet eut quitté sa bouche pour parcourir son corps de ses lèvres. Entrouverte, cette dernière était aussi sèche que pouvait l'être un désert aride. Cette déshydratation s'amplifia encore davantage lorsqu'elle vit Drago se redresser afin de déboutonner sa chemise avec rudesse. N'étant cependant pas dans un état pour supporter une quelconque forme de patience, il abandonna sa démarche qui réclamait beaucoup trop de minutie et la retira prestement à la manière d'un chandail. Une fois qu'il l'eut jetée au bout de ses bras, il se pencha de nouveau sur Hermione afin de la couvrir de baiser.

Rapidement, le Serpentard se retrouva sans pantalon, d'ores couvert que d'un caleçon léger. Sa bouche avait retrouvé le chemin qu'il avait emprunté pour se rendre à sa poitrine, et maintenant, ses mains s'étaient faufilées entre son dos et le matelas en tentant tant bien que mal de dégrafer son soutien-gorge. Ayant compris le message subtil que lançaient les grognements mécontents du jeune blondinet, Hermione poussa un ricanement distrait, perdue dans un cinéma d'émotions charnelles, puis se cambra légèrement. Une grande arche ainsi créée en dessous d'elle, Drago atteignit aisément l'attache qu'il défit en un jeu de doigts habile tout en se délectant du goût de la peau tendue de son ventre qui s'offrait ouvertement à lui grâce à sa position.

Devinant qu'il avait enfin accompli cette lourde tâche, Hermione se laissa choir sans retenue sur le matelas. Drago la rejoignit aussitôt et pressa son torse nu contre celui qu'il ne tarderait pas à entièrement dévoiler à ses yeux. Son visage à la hauteur du sien, il introduisit furtivement sa langue entre les lèvres de sa partenaire, massant ses lèvres en les pressant contre ses dents. La main que la jeune femme balança soudainement sur sa nuque l'invita avec autorité à changer de cible ; d'une pression suppliante, elle tentait de signaler au vert et argent que son désir se trouvait plus bas. Sans se faire prier, il s'exécuta. Les doigts agiles qui s'agitaient précédemment dans les cheveux désordonnés de la jeune femme s'infiltrèrent sous les bonnets de son soutien-gorge qu'il maintint en place afin de repousser le moment magique où il rencontrerait les deux merveilles qu'il désirait ardemment chérir de sa bouche, de ses lèvres, de sa langue… La surface de sa peau rencontra les mamelons satinés mais durcis d'Hermione qui sublima un gémissement de délectation. Poussé par ce petit son discret qui s'avéra à provoquer en lui un ouragan d'excitation, Drago dégagea rapidement ses mains afin de retirer les étoffes qui recouvraient ses seins.

Ses yeux contemplèrent avec ivresse les pointes rosées qui dominaient ses deux méandres de chair divine. Puis, son regard prit de l'ampleur, admirant le buste dénudé de la jeune femme à sa pleine grandeur. Hermione l'observait étirer sa contemplation et se sentit devenir de plus en plus inconfortable au fil des secondes. Bien qu'elle fût autrefois exposée à ce même regard grisé, cette rupture de sa chasteté éveilla encore en elle ce sentiment de ne pas être suffisamment belle pour Drago. Ses pensées s'évaporèrent cependant bien rapidement lorsque la bouche de son amant revint à la charge. Sans prévenir, des lèvres voraces se ruèrent sur le dôme de son sein droit, englobant sa plénitude en pratiquant un massage sensationnel. Elle gémit en envoyant sa tête rouler contre le matelas tandis que ses deux mains, devenues incontrôlées, agrippèrent les cheveux de Drago avec une brutalité involontaire. Saisi par cette ardeur enivrante, le Serpentard répéta ses caresses orales avec une nouvelle frénésie, dégusta sa peau salée tel un homme en quête de nourriture depuis de vaines semaines, courtisa la cime de sa gorge gonflée par le plaisir qui incendiait son corps…

Puis sa trajectoire dériva du point culminant qui avait rendue Hermione totalement hors circuit. Sans cesser de mouvoir ses lèvres sur sa peau, elles tracèrent une route directe vers son nombril, le contourna, puis descendirent dangereusement près de son entrejambe enflammé. La préfète se crispa instantanément, inconfortable de savoir son visage si près de son intimité. Elle se détendit alors largement lorsqu'elle le sentit entamer une remontée vers sa hanche alors que ses mains s'attardaient encore sur sa poitrine. Retombant dans son agréable torpeur, ses doigts allèrent rejoindre ceux de Drago afin de les entrecroiser amoureusement. Sans hésiter, il participa à son geste, et cette union de leur part imposa un court moment où leurs yeux se toisèrent avec passion, sensualité, mais surtout érotisme. Tandis qu'Hermione releva le haut de son corps en s'appuyant sur ses coudes pour mieux l'observer agir dans toute sa tendresse, le Serpentard, lui, reprit les baisers qu'il fusionnait au corps de sa douce en descendant de nouveau vers son entre-jambe.

Plus il descendait, plus sont corps se dégageait de celui d'Hermione. Bientôt, il ne fut plus que sur le sol, accroupi entre les cuisses que sa déesse avait mécaniquement refermées lorsque son visage avait abouti tout près de sa zone d'inconfort. De son regard brûlant, Drago se mit à embrasser le dessus de ses cuisses en faisant glisser ses mains sur ses hanches, puis sous ses fesses plaquées contre le lit pour finalement effleurer la douceur de ses mollets soyeux. Ses genoux devinrent captifs de ses lèvres durant la subtile infiltration de ses mains entre ses cuisses. Sachant pertinemment qu'il se voulait de les écarter pour se donner un libre chemin vers son sexe, Hermione les figèrent dans le marbre, et ce même lorsque le jeune homme concrétisa ses doutes.

Amusé, Drago ne put s'empêcher de ricaner face à son obstination. Subrepticement, il se faufila jusqu'à sa bouche, là où il déposa un baiser exalté. Pendant ce même temps, sa main effectua une ouverture délibérée des jambes de sa conquête. Elle céda à contrecœur.

- Je ne crois pas… hésita-t-elle avec embarras lorsqu'il pratiqua, pour la troisième fois, une descente vers l'endroit de ses fantasmes.

De nouveau, il poussa un faible rictus. Il remonta une seconde fois et posa sur ses lèvres une caresse tranquillisante. Puis une autre. Et une autre. Que de fins et doux baisers qui finirent par accrocher chez Hermione un sourire séduit.

- Laisse-moi faire, murmura-t-il en approchant sa bouche de son oreille.

Sa main retirait tranquillement le dernier morceau qui recouvrait son corps. Finalement, la petite culotte d'Hermione alla se perdre en quelque part dans la chambre du préfet.

- Tu vas aimer, susurra-t-il d'une voix douloureusement sensuelle alors que des doigts caressèrent la proximité de son sexe. Laisse-moi faire…

Les yeux fermés, la jeune femme déglutit nerveusement puis écarta finalement les cuisses en effectuant une très vaste ouverture en guise d'adhésion. Celui-ci déposa alors un baiser tout près de son oreille, puis descendit à son cou, remonta vers sa mâchoire offerte, puis redescendit de nouveau vers sa poitrine. Il lécha goulument la pointe des seins bombés de sa douce tout en les pelotant puis alla ensuite embrasser son ventre. Son nombril suivit, puis le corps d'Hermione se crispa soudainement sous lui au moment où sa bouche atteignit son bas-ventre. Ses cuisses se mirent à vibrer faiblement en retenant une envie ardente de se refermer tel un coquillage, mais Drago alla apaiser ses turbulences en poursuivant sa danse buccale en leur intérieure. Lentement, progressivement, ses lèvres se glissèrent là où se générait l'entière anxiété de la lionne.

Contrairement à ce qu'elle aurait cru ressentir, Hermione pouvait aisément supporter cette douce torture. Drago s'y prenait à merveille, mais au moment où sa bouche ne fut qu'au seuil de son puits de charmes, il se retira. Sa bouche quitta sa peau. Durant quelques secondes, aucun autre mouvement que la caresse incessante de ses mains ne se sentit sur son corps, mais la jeune femme connaissait parfaitement cette tactique. La dernière fois qu'il avait allongé une pause aussi douloureuse que celle-ci lors d'un tel moment, ce fut pour martyriser son corps en un retour destructif. Alerte aux prochains mouvements, Hermione préserva l'obscurité de ses paupières closes afin de se promettre une envolée droit au septième ciel lorsque Drago déciderait de…

Un choc électrique la fit frémir. Instantanément, le corps frêle de la lionne se cambra avec violence, comme si des ficelles invisibles l'avaient brutalement attirée vers le haut. Tandis qu'elle poussa un couinement aigu et soufflé, elle tenta de contrôler les frissons multiples que la langue du Serpentard venait tout juste de déclencher ; son extrémité s'était glissée entre les deux parois humides de son entrejambe et les découvrait maintenant en y appliquant une pression cruelle. Dessinant une voie directe vers le point de chair dominant, Hermione sentit son corps se redresser par degré, comme si la langue experte du garçon agissait à la manière d'un levier. Puis, lorsqu'elle fut suspendue au bout de ses bras tendus, Drago couvrit entièrement son clitoris de ses lèvres entre lesquelles sa langue ne cessa pas pour autant de dorloter la partie sensible. Un gémissement languissant résonna dans la chambre. Son menton se mit à trembler lorsqu'elle laissa mollement sa tête pendre entre ses omoplates. À ce même moment, Drago utilisa ses deux mains afin de soulever les jambes de sa déesse. Sans réticence, elle exécuta les ordres manuels qu'elle recevait de son amant, fléchissant suffisamment les genoux afin que ses pieds puissent reposer sur le matelas. Ainsi, le sexe lubrifié de la jeune femme s'ouvrit à lui telle une coquille s'épanouissant.

Le corps d'Hermione n'était plus qu'un amas de sensations physiques et mentales voluptueuses. Son esprit n'était plus. Ses mains peinaient à soutenir son corps redressé qui désirait obstinément que ses yeux mi-clos toisent le serpent effectuer cette torture luxurieuse. Elle n'avait plus la notion du spatio-temporel, mais en revanche, elle pouvait parfaitement sentir la température devenue excessivement insupportable. Ses cordes vocales étaient libérées de toute retenue, et les délectations orales qu'elle poussait inconsciemment semblaient être inexistantes à ses oreilles. Tout vrombissait. Ses yeux étaient couverts d'un flou déstabilisant qui s'accentuait au fil des coups de couteau qu'elle recevait droit sur son entrejambe. Elle était si engourdie qu'elle ne perçut qu'à peine les deux doigts que Drago inséra dans sa gîte lisse et sirupeuse. Ce n'est que lorsqu'il cessa tout en un claquement de doigt qu'elle revint enfin à ses esprits.

Elle n'eut même pas le temps de réagir face à ce repos que le blondinet était revenu à sa hauteur, plaquant son corps contre le sien et son membre durci entre ses jambes. D'une force autoritaire, il poussa Hermione à se déplacer sur le lit afin qu'ils obtiennent un plus large confort. Une fois bien lovés au centre parfait du lit du préfet-en-chef, Drago s'appropria la bouche de la Gryffondor de ses lèvres mêlées au goût particulier de son désir. Elle grimaça imperceptiblement mais n'y accorda pas d'attention singulière, optant plutôt pour l'approfondissement de ce baiser qu'elle sentait comme le plus libidinal jamais échangé jusqu'à présent. Enserrant étroitement ses bras autour de son cou, elle sentit son sexe s'irriter légèrement contre le tissu inconfortable du caleçon de Drago. Ses doigts allèrent donc à sa rencontre, là où elle le lui retira avec l'aide jointe de son propriétaire.

Les deux amants étaient entièrement nus, enfin. Ils avaient chaud, et leur corps suintait comme s'ils avaient passé des heures et des heures innombrables dans un sauna brûlant. Se sentant enfin libéré d'un poids considérable, le jeune homme effectua un changement brutal de leur position. Maintenant au-dessus de son partenaire, Hermione s'attaqua au cou tendu du Serpentard qui haletait. Ses mains voyageaient sur ses épaules, sur sa poitrine ferme, sur son torse puissant et sécurisant, puis s'autorisa même à descendre un peu plus bas, là où elle n'avait jamais osé poser ni les yeux, ni ses doigts. Ne sachant pas à quoi s'attendre dans ses touchés prochains, elle tenta de camoufler sa gêne en enfouissant son visage au creux de son cou, là où elle mordillait une peau rouge de fièvre.

Le sexe tendu de Drago se couvrit subitement d'une main novice qui se mit à le caresser maladroitement. Il ferma les yeux en enfouissant une main dans les cheveux emmêlés de sa douce tandis que l'autre reposait nonchalamment contre le lit, crispée, raide. Hermione exécutait un va-et-vient lent et lourd, malaisé d'avoir en main un membre en érection qu'elle se surprit à désirer bientôt en elle. Mais, au fil des secondes, les faibles soupirs et gémissements que Drago poussait la mirent en confiance jusqu'à lui en procurer une fougue suffisamment puissante pour qu'il se mette à en trembler.

Soudainement, il captura son poignet d'une main afin de la lui retirer et reporta son visage au sien, là où ils échangèrent un baiser bouillonnant de désir. Ses doigts s'agrippèrent alors aux fesses de sa partenaire sur lesquelles il appliqua pression afin qu'elles s'abaissent au niveau de son sexe. Lentement, Hermione s'exécuta, puis sursauta lorsqu'elle sentit l'extrémité lisse de sa virilité se nicher au creux de l'entrée des profondeurs de son entrejambe. Se détendant au maximum qu'elle le put, elle laissa Drago mener cette intrusion qui se fit graduellement en arrachant à tous deux un soupir qui suivait l'étendue de la pénétration. Son buste collé contre le torse nu du Serpentard, Hermione gloussa bruyamment lorsqu'il appliqua une dernière rude pression sur ses fesses afin que sa verge gonflée atteigne finalement les parois étroites de son coquillage de chair.

En gloussant, la lionne avait brusquement relevé le haut de son corps. Par ce geste violent, Drago s'immobilisa et ouvrit aussitôt les yeux afin de porter sur elle un regard attentionné et alerte. En y découvrant une expression douloureuse contractée sous son rideau de cheveux désordonnés, il se mit à caresser ses cuisses sans esquisser un quelconque autre mouvement dans l'espoir que ce petit geste qui contrastait avec la passion des précédents attire ses yeux dans les siens. Effectivement, comme il l'eut espéré, Hermione leva la tête pour encrer son regard brumeux dans les glaciers du sien. Aussitôt, elle se détendit. Ses mains fines étaient posées sur le ventre du garçon, guettant un moment inconfortable où elle se forcerait à se retirer de cette intrusion imposante.

En s'aidant de ses bras, Drago releva légèrement son torse pour finalement garder support sur ses coudes. Là, il déposa une main vaillante sur la joue de sa déesse. Elle lui sourit tendrement juste avant qu'il ne l'invite à se joindre à la danse lascive de leur bassin.

Cette matérialisation de l'amour déconnecta les deux tourtereaux des réalités du monde. Hermione atteignit le nirvana bien rapidement grâce à sa position qui ne cessait de stimuler le point de chair sensible à l'extrême, et Drago eut pris le dessus suite à sa grande perte d'énergie. Quelques instants ensuite, après avoir pratiqué de furieux coups de bassin qui lui instaurèrent de violentes crampes, il se déversa en elle en un grand râle de jouissance, agrippant ses mains aux couvertures sous lui afin de contrôler le régal sensoriel qui s'éprit de son corps en entier. Après un léger moment de répit l'un sur l'autre, il se retira, la laissa rejoindre ses bras comme à la toute première fois.

Encore ensuite, la jeune femme déposait de doux baisers au creux du cou de Drago. Lui, il gardait les paupières closes, savourant le calme et la paix du moment qu'il avait la chance de partager avec la personne qui faisait battre son cœur et ce, sans se soucier des regards indiscrets qui risquaient de les voir ensemble, dans les bras l'un de l'autre. Tandis qu'un bras entourait son corps par dessous, la main de l'autre était posée sur sa hanche et pratiquait de très légers mouvements de ses doigts paresseux. Il était bien, trop bien…

Mais puisque la paix n'était que chose éphémère, ses pensées se troublèrent bien rapidement…

Rogue…? Rogue, lui? Le lendemain, lorsqu'ils se réveilleraient pour aller prendre leur petit-déjeuner dans la Grande Salle, Rogue apercevrait Hermione, c'était inévitable… Ou si ce n'était pas à ce moment ni dans cette situation, il finirait tout de même par la voir… Éveillée, autre part que dans le lit dans lequel elle était destinée à passer un temps considérable durant l'accomplissement de sa mission… Que ferait-il, lorsqu'il la verrait? Tenterait-il de remédier au défaut que Drago avait imposé dans son plan jugé parfait? Était-il d'abord déjà au courant? Est-ce que ses propres parents étaient entrés en connaissance de ce retournement de situation? Voldemort le savait-il, lui? Savaient-ils que quelqu'un, en l'occurrence lui-même, avait saccagé leur stratégie? Si oui, ils connaissaient donc le responsable de cette faille. Drago était dans le trouble jusqu'au cou, tout comme Hermione. Mais qu'avait-il le pouvoir de faire? Contrairement à Rogue, contrairement à ses parents, contrairement à Lord Voldemort, lui, il était faible et instable. Il n'était qu'un pantin attaché à des cordes qui se faisait malmener sans avoir la possibilité de faire que dalle sauf d'exécuter des ordres…

Les minutes passèrent, puis un instant qui paru s'étendre sur quelques heures. Hermione sentit graduellement son propre corps s'alourdir jusqu'à se faire capturer par le sommeil, la tête légère. Même lorsqu'elle fut endormie, elle eut l'étrange impression d'encore sentir les caresses du Serpentard, ses mains valser sur sa peau chaude, la chaleur de son torse y pénétrer à travers ses pores, les battements de son cœur résonner entre les cloisons de son cerveau… À un moment, elle sentit ces sensations la quitter tranquillement, comme si le garant de cette tendresse se hissait hors du lit, mais la fatigue fut telle que rien n'eut le pouvoir de la tirer de son sommeil.

Une lumière crue perça ses paupières, la forçant à couvrir ce faisceau éblouissant d'une main faible. Tout en prenant un temps méticuleux pour ne pas s'aveugler, Hermione ouvrit les yeux pour découvrir par la fenêtre un magnifique paysage ensoleillé. Le matin, déjà. Pourtant, si la préfète devait se baser sur son niveau de fatigue actuel, elle aurait pu jurer que la nuit venait tout juste de verser son encre.

Nonchalamment, elle s'étira sur toute sa longueur, allant de ce même mouvement porter une main désireuse d'une étreinte vers Drago… qui n'était pas là.

Palpant le vide, elle tourna la tête vers la place que le Serpentard aurait dû occuper à ses côtés, mais elle était vacante. Les couvertures semblaient s'être déplacées lors d'un départ subit.

Avec la paresse du matin, elle se redressa dans le lit. La pièce était baignée dans une lumière jaune éclatante, lui donnant un tout autre aspect que l'ambiance sensuelle et élégante dans laquelle elle fut surplombée la soirée d'avant. En y repensant, Hermione sourit rêveusement, le visage encore gonflé par le sommeil. D'une main, elle rehaussa le drap d'un blanc maculé qui avait découvert ses seins puis s'assit en tailleur en dessous de ce voile délicat. D'un rapide survol de la chambre, Drago ne semblait pas y être.

- Drago?

Aucune réponse. Elle aurait tant aimé pouvoir s'envelopper de ses bras en ce matin si agréable... À défaut d'en être le cas, elle se couvrit entièrement du drap qu'elle avait tenu entre ses mains.

- Drago? Es-tu là?

Que de silence. Peut-être était-il dans la salle de bain? Hermione se glissa à contrecœur hors du lit puis arracha doucement le drap de l'amas de confort qu'il était devenu pour l'entourer autour de son corps, au niveau de ses aisselles. En passant près de la fenêtre, elle s'y arrêta quelques secondes pour se délecter de la chaleur confortable que lui envoyait le soleil. Du haut de l'étage où elle se trouvait, elle se réjouit à voir que la neige se faisait de plus en plus rare.

D'un pas traînant, elle se rendit à la salle de bain, là où elle passa une tête timide par le cadre de porte afin d'y jeter un œil.

- Drago?

Vide. Pas de Drago. Ni dans la chambre, ni dans la salle de bain. L'idée soudaine de se trouver seule dans la chambre privée du préfet-en-chef de Serpentard lui déplut alors autant que si elle se serait trouvée au beau milieu de leur salle commune. D'un geste automatique, elle pivota sur elle-même en cherchant des yeux les vêtements du blondinet. Là, juste à côté du lit, elle aperçut sa chemise déboutonnée à demie et ses chaussettes. Pas de caleçon, ni de pantalon. Inévitablement, il était sorti. Mais… seul? Sans l'attendre? Sans la réveiller? Tout en sachant qu'une Gryffondor dans la chambre d'un Serpentard n'était pas chose commune, d'autant plus que très peu recommandable? Progressivement, un malaise mêlé d'un pressentiment mauvais se mit à tirailler son estomac.

Sans tarder, elle jeta sur le lit le drap qui l'eut couvert en substitut de robe afin d'enfiler ses propres vêtements d'une vitesse éclair. La minute qui suivit, elle eut déjà quitté la chambre et se dirigeait maintenant vers la Grande Salle.

Au fil de ses pas, son angoisse s'aggravait. Que diable voulait signifier ces expressions sépulcrales sur les quelques visages qu'elle croisait? Pourquoi le tumulte des corridors était moins retentissant qu'à l'ordinaire? Il était pourtant bientôt l'heure des cours…

Lorsqu'elle déboula les escaliers avec presse, elle se surprit à pénétrer dans un étonnant nuage lugubre dénué de joie ; tout semblait gris, fade, morose. Beaucoup d'étudiants semblaient choqués, et une sourde crainte secoua fébrilement ses entrailles en les découvrant uniquement Serpentard. Parmi ceux qu'elle croisa sur son chemin, aucun Poufsouffle, Serdaigle et Gryffondor ne semblait partager le fléau d'accablement qui s'était abattu sur la maison des serpents. Tout comme la lionne, ils dévisageaient les verts et argent avec une totale incompréhension. Hermione fut donc largement soulagée de constater qu'elle n'était pas la seule à trouver cette ambiance étrange et inhabituelle.

Arrivée devant l'immense porte de la Grande Salle, son pas ralentit soudainement. Pas très loin d'où elle se trouvait, elle distingua un visage qui lui était étrangement familier en pleine discussion avec une horde de gens qui ne faisait certainement pas partie du personnel de Poudlard. Des caméras, des plumes, des parchemins, mais surtout… des airs affligés et consternés. S'arrêtant au bas de l'escalier, elle plissa les yeux et grimaça soudainement d'incrédulité.

Scrimgeour, le Ministre de la Magie. Lui-même, en personne. Ici, à Poudlard.

Quelque chose d'anormal s'était produite. Quelque chose d'anormalement grave.

Sentant graduellement la panique s'emparer de ses sens sans en connaître la raison exacte, Hermione agita la tête dans tous les sens dans l'espoir de trouver une explication sur le visage des étudiants qui s'étaient arrêtés pour toiser les responsables du ministère avec circonspection. À son grand désespoir, chacun semblait tout aussi ignorant qu'elle ne l'était.

Elle se fraya alors un chemin parmi la petite foule en dessinant une ligne droite vers le portail de la Grande Salle. Là, elle jeta un œil à la table des professeurs et se soulagea à constater que Rogue n'y était pas. D'ailleurs, aucun professeur n'y était ; la longue table était déserte, ce qui était tout aussi inhabituel que l'était la situation globale. Pas même Dumbledore ou McGonagall n'y étaient. Donc, en étirant une analyse méticuleuse de la table des Serpentard, elle se dirigea vers la sienne d'un pas excessivement rapide. Pas de Drago, mais un trop-plein de Serpentard scandalisés, encore. Son cœur la faisait atrocement souffrir face à cette énigme.

- Où est-ce que tu étais, Hermione? poussa Harry aussitôt qu'elle s'assit brusquement sur son banc. Nous avons passé la soirée à t'attendre!

- Qu'est-ce qui se passe ici? lança-t-elle avec gravité en ignorant sa question.

- On ne le sait pas, déclara Harry avec agacement. On nous fait lésiner depuis presqu'une heure! Apparemment, Dumbledore a une annonce grave à nous faire… Dis-moi, tu étais avec Malefoy, hier soir?

- Vous l'avez vu, ce matin? précipita-t-elle soudainement, avide.

- Non! s'impatienta Harry en grimaçant. Étais-tu avec lui, hier, bon sang?

- Avez-vous remarqué, à l'entrée? ajouta la préfète sans se calmer pour autant. Scrimgeour est présent, en personne! Ainsi que toute une panoplie de gens du ministère! Il y a même les médias!

- On a bien remarqué! fit Ron, apparemment tout aussi intéressé qu'elle (Harry lui lança un regard ahuri face à son absence de solidarité). Ceux qui semblent être au courant de ce qu'il se passe ne veulent absolument rien dévoiler à quiconque, même les professeurs…

- Ça a clairement un lien avec les Serpentard, expliqua-t-elle sous le regard incrédule de ses deux amis. Voyez par vous-mêmes ; ils semblent totalement scandalisés!

Les Serpentard dans un tel état, l'étrange absence de Drago, la présence du personnel du ministère et celle des médias… Hermione craignait que le tout soit parfaitement lié. Et si quelque chose de grave était arrivée à Drago? Et si, durant la nuit, il avait quitté sa chambre pour se rendre nul-ne-sait-trop-où, qu'un événement tragique était survenu et l'y avait impliqué? Ce fait expliquerait très bien son manque… et par la même occasion, expliquerait également l'attitude majoritairement catastrophée des Serpentard puisqu'il en était lui-même un. Par surcroît, l'assistance de Scrimgeour et des médias aurait parfaitement leur place dans cette calamité… De plus, puisqu'Harry venait tout juste d'affirmer qu'ils ne l'avaient pas croisé ce matin même, peut-être que… Non, non, ne pas dramatiser! Ne-pas-dra-ma-ti-ser!

- Quelque chose a dû arriver à l'un d'entre eux… proposa Ron en jetant sur la table des serpents un regard malaisé. Si seulement Dumbledore venait faire son annonce!

Autour d'elle, l'agitation se faisait plus que tangible. Sa tête se mit à bourdonner sous tant de mots, tant de bruits et de sons qui se bousculaient entre les murs de la salle devenue bizarrement étroite. Sa nervosité était vive, et son inquiétude, chauffée à blanc.

Drago… Où était-il? Que se passait-il…?

Sa tête menaçait d'exploser à tout instant… et cette impression s'intensifia brusquement lorsqu'un objet non identifié y largua tout son poids. Le souffle minimement coupé, la préfète leva les yeux vers le ciel fictif de la Grande Salle en portant une main sur le haut de son crâne et y vit une multitude – plus qu'à l'ordinaire – de hiboux et de chouettes voler dans tous les sens en laissant tomber des tonnes et des tonnes d'exemplaires de journaux. Reposant alors son regard sur ce qui avait chuté sur sa tête, elle captura prestement La Gazette du sorcier entre ses mains dans l'espoir d'y apprendre une quelconque information qui aurait peut-être lieu d'être en rapport avec ce qu'il se passait actuellement dans leur école. Plusieurs élèves l'avaient imitée.

Son cœur rata un bond lorsqu'elle lut, à la une, « Un second scandale trouble la tranquillité de Poudlard ». En arrachant presque les pages du journal, elle en tourna quelques unes pour finalement s'arrêter à celles qui traitaient de ce titre peu rassurant. Deux photos mouvantes agrémentaient un texte qui occupait la moitié d'une page.

Les secondes passèrent, et Harry et Ron se sentirent devenir très à l'étroit parmi les exclamations et les gloussements scandalisées qui retentissaient partout autour d'eux. D'un regard circulaire, les deux garçons remarquèrent qu'ils étaient presque les seuls qui n'avaient pas le nez cloué à deux pouces de La Gazette. Perplexes, ils reportèrent leur attention sur Hermione qui venait tout juste d'abaisser le journal en le refermant. Son visage était devenu marbre. Elle devint blême, translucide, transparente. Cet éventail d'opacités s'effectua en deux secondes seulement.

- Quoi? couina Harry, piqué, tandis que Ron arracha le journal des mains de la lionne avec hâte.

Elle étira un silence pendant lequel l'information complétait sa route jusqu'à son cerveau encore sous l'influence d'un réveil rapidement effectué.

- Rogue, répondit-elle simplement sans esquisser le moindre mouvement.

Harry se tut, attentif. Ron cessa de manipuler le journal de sa brutalité impatiente et toisa maintenant leur amie avec cette même attention. Figés. Leurs yeux étaient aussi ronds que quatre Vif d'Or. Ils étaient littéralement pendus à ses lèvres.

- Il a été assassiné.


Des théories! Des théories!

La suite viendra dimanche prochain, ou samedi... ou peut-être lundi! Je suis actuellement en fin de session, les deux pieds directement plantés dedans, donc j'espère que je saurai respecter le temps que je m'autorise à étirer...

Plus que cinq chapitres avant la fin... snifff...