Bonjour à tous,
alors tout d'abord, je vous le dis, c'est encore un petit miracle que ce chapitre arrive à temps. Les vacances, c'est pas de tout repos :-)
Un grand merci à Sarhtorian pour la correction rapide et attentive. Et vraiment rapide.
Bref, la suite sans plus attendre.
Aurélia
Un grand merci pour tes comms, sur Kise et cette fic. Je suis ravie que ça te plaise :-)
Un chapitre pas si calme t'attend...
C.C. Fan de tous
tu as 15 ans, tu pourrais être un de mes élèves :-) N'hésite pas à te créer un compte sur le site, ça nous permettra d'échanger par MP comme je le fais avec mes lecteurs les plus fidèles :-)
La suite en espérant qu'elle te plaise toujours autant.
Le chapitre suivant n'est pas si calme que ceux que j'écris en fin de match. Mais ça viendra au prochain chapitre...
Bonne lecture
France/ Japon
105-109
La foule acclame, de toutes ses forces, l'équipe nationale qui vient d'accéder au dernier carré de la compétition.
Un ticket pour les demi-finales !
Louise se tourne un court instant vers le banc adverse. Ferry et ses joueurs sont encore sous le choc de leur défaite. Elle se permet un sourire où se mêlent sa joie d'avoir gagné et son soulagement de ne pas être à sa place…
Elle n'aurait jamais osé regarder en face ses joueurs ni ses amis s'ils avaient perdu face à une telle équipe, face à un tel basket.
Sur le terrain, ses joueurs profitent des applaudissements de la foule dans une euphorie bien méritée et sur le banc, ses joueurs se lèvent pour les rejoindre.
Après un rapide « Tu peux marcher ? » suivi d'un regard incertain, elle voit Murasakibara soulever littéralement Izuki du sol pour le caler sur son épaule pour rejoindre les autres sur le terrain.
Dominant la scène sur l'épaule droite du grand pivot, Izuki regarde la foule avec l'attitude d'un enfant timide qui n'a pas vraiment l'impression d'avoir mérité ni sa place ni l'ovation du public qui reprend son nom à chaque fois un peu plus fort avant d'éclater en un tonnerre d'applaudissements pour le meneur.
Louise sent son portable vibrer dans sa poche.
A moins d'une minute d'intervalle, elle avait reçu les messages de félicitations de ses amis allant du sobre Belle victoire de Baptiste à l'explosion de joie et de smileys et autres signes délirants de Lucas.
Félicitations ! On a regardé le match avec toute l'équipe et on a tous apprécié le spectacle ! On a trop hâte de voir le match suivant
Une photo jointe au message montre toute l'équipe des Cavs' faire un grand sourire. Y a même leur coach qui regarde calmement l'objectif et Louise lève les yeux au ciel en se demandant comment l'infatigable Lucas avait dû les convaincre de tous suivre le match !
Beau match et une victoire plus que méritée. Midorima et Kise ont été magiques ! Steph' a dit que leur duo nous ressemblait sur le terrain Dis à Izuki qu'il a été incroyable. J'espère qu'il sera vite de nouveau sur pied et j'ai hâte de vous voir face à l'Argentine !
Joël, comme toujours attentif aux autres, n'a pas oublié le prix de cette victoire.
Il y a aussi une photo de Joël et Stephen Curry en train de faire le V de la victoire au moment même du coup de sifflet final.
Puis c'est celui de Jonas :
Je ne sais pas ce qui me fait le plus plaisir, la tête de Ferry ou ta victoire ! Bravo ! Félicite Aomine et Kagami pour moi, ils ont été incroyables ! Dis-leur que j'ai hâte de leur botter les fesses sur le terrain la prochaine fois !
Le tout suivi de smileys plus qu'explicites que Louise n'a encore jamais vu…
Le dernier est celui de Stéphane et elle sourit en le lisant :
Bravo à ton équipe, c'est une belle victoire. T'as intérêt à mettre Kagami sur le terrain au prochain match ou ma coach va me tomber dessus !
Attaché au message, il y a la photo de Becky Hammon prise à son insu, en train de croiser les bras avec un air sérieux, voire énervé, lorsque Kagami était resté sur le banc pendant le dernier quart temps.
Sous la photo, Stéphane a rajouté :
Si tu oses lui parler de tes entraînements de parkour, je me vengerai…
Louise se demande bien comment elle pourrait lui dire quoi que ce soit…
Puis elle relève la tête, voyant la cohorte de journalistes qui s'approche. Il y en a un ou deux dans le lot qu'elle connait bien, ce sont des journalistes français qui n'avaient pas hésité à lui planter un couteau dans le dos en adoptant bien vite le point de vue de Ferry.
Elle les ignore superbement et répond à quelques questions des journalistes japonais qui sont encore plus nombreux qu'au premier match.
Elle voit d'un œil l'attention des journalistes français se tourner vers Ferry. Les vautours ont bien vite changé de cible, pense-t-elle. Mais elle n'est pas assez magnanime pour ne pas sourire devant la situation.
Elle envoie ses joueurs à la douche et la journaliste de , qui l'avait interrogé le premier jour, l'approche, une véritable célébrité dans le petit monde du basket.
Prudemment, Louise accepte les félicitations et s'étonne lorsque la journaliste l'invite pour la petite émission qu'ils allaient faire le soir même sur le bilan des deux matchs de la journée et pour partager son avis sur les deux matchs à venir.
Un honneur qu'elle ne peut refuser. Mais elle connait un peu trop bien les journalistes pour ne pas se méfier.
Elle accepte et retourne à ses joueurs pour un dernier debrief.
Vestiaires de l'équipe du Japon
Encore perché sur les hauteurs de l'épaule du géant de l'équipe, Izuki tapote gentiment sur le bras de Murasakibara :
- Est-ce que tu pourrais me reposer ?
- Nope, dit-il nonchalamment.
- Laisse-le descendre, Atsushi, dit Himuro, une demi seconde avant qu'Akashi n'intervienne.
Murasakibara obtempère en posant presque délicatement Izuki sur le banc des vestiaires et Takao se précipite pour aider Izuki à se diriger vers la douche.
Une aide qu'Izuki refuse vivement :
- J'ai la jambe en vrac, je ne suis pas paralysé !
Aomine se pose à ses côtés, épuisé par le match :
- Ben moi, je ne suis pas sûr d'y arriver tout seul à la douche.
Ceux qui en ont encore la force rigolent une seconde mais tous les joueurs qui sortent du terrain sont trop morts de fatigue pour réagir plus longtemps. Kise et Kuroko sont presque endormis l'un sur l'autre dans un équilibre plus qu'instable, Midorima est soutenu par Takao qui n'ose même pas se moquer et Akashi ne tient debout que par la force de sa volonté.
Mais vu les regards que lui lancent ses équipiers, il doit être dans un état plus pitoyable qu'il ne l'imagine.
Il finit par s'asseoir lui aussi sur le banc, regardant les douches qui lui paraissent soudain bien éloignées.
- Ca avait beau être des enfoirés, dit Kagami, ils étaient sacrément bons, ces français.
- Oui, acquiesce Akashi, mais on a fini par gagner, tous ensemble.
Tous partagent le même sourire à cette simple idée et Aomine s'étire sur le banc pour s'appuyer contre Kuroko à moitié endormi :
- Je vais fermer les yeux juste cinq minutes…
Il a à peine terminé sa phrase qu'il dort à poings fermés, le sourire aux lèvres, rêvant de cet endroit magique où des dizaines de joueurs sont bien meilleurs que lui…
Salle commune de l'hôtel Okura
Dieu merci, le prochain match est dans deux jours, pense Louise devant l'état de fatigue de ses joueurs. Elle avait décidé de reporter son debrief et se contente de leur transmettre les petits mots de ses amis en leur montrant les photos.
Même épuisés, ses joueurs sourient avec enthousiasme en observant les commentaires et les photos. Celle des Cavs allument des éclairs dans le regard d'Aomine, Izuki, Kise et Midorima regardent plus d'une fois celle de Stephen Curry et Joël tandis que Kagami n'en revient toujours pas de la réaction de la grande Becky Hammon à son égard.
Puis, elle balaye du regard la tablée des joueurs heureux mais épuisés :
- C'est une nouvelle marche, dit-elle. N'oubliez surtout pas que nous avons fait le plus facile. Je ne vois pas l'Argentine perdre face à la Chine et ne vous fiez pas à leur côté bon enfant, ils sont redoutables, ils ne lâcheront rien.
Cette simple affirmation allume des feux d'artifice dans les yeux de ses joueurs.
- Nous ferons le debrief de la partie et de celle à venir demain matin. Vous devez absolument vous reposer ce soir. Demain, nous irons voir dans l'après-midi le match Argentine/Chine.
Ses joueurs la regardent comme si elle leur avait fait le plus beau des cadeaux mais leur état les empêche d'exulter comme ils l'auraient voulu.
Louise jette un œil à sa montre.
Elle allait devoir se rendre aux studios de et oui, cela la rendait plus nerveuse qu'elle ne l'aurait dû.
Après sa défaite lors de la dernière coupe du monde, elle avait été invitée à plusieurs émissions sur le basket et les journalistes s'étaient fait un malin plaisir de déformer à loisir tous ses propos, la faisant passer pour une jeune arrogante à peine polie.
Les mots faussement mielleux de Ferry n'avaient rien arrangé.
Cacher sa nervosité aurait été plus simple si Akashi en face d'elle ne lui jetait, de temps en temps, quelques regards inquiets alors qu'elle triture nerveusement son jersey aux couleurs de l'équipe japonaise.
- J'espère que je ne fais pas une erreur en acceptant cette interview, dit-elle presque pour elle-même.
- Je sais que tout va bien se passer, dit Akashi.
A cet instant, Louise a une petite idée de l'effet que son capitaine a sur ces joueurs sur le terrain. Ce calme et cette sensation presque euphorisante que son simple regard dispense sans compter la rend de nouveau confiante.
Cleveland
Lucas allume l'écran pour regarder l'Emission de qui rythme le petit monde de la planète basket avec une emphase et un rythme comme seuls les américains savent le faire. A ses côtés, LeBron James est vraiment curieux de voir le résumé de la journée.
Alors que le générique de l'émission se termine, sur le plateau, la journaliste qui commence son petit topo sur la journée n'est pas seule.
Elle est accompagnée, sur sa gauche, de l'imposant Sean Miller, le coach des USA, drapé dans son jersey blanc, portant fièrement les couleurs de l'Amérique et, sur sa droite, de Louise qui porte la veste noire qui arbore discrètement le drapeau du Japon sur le cœur.
- Aujourd'hui, dit la présentatrice, j'ai invité les deux coachs des équipes qui ont accédé aux demi-finales de la coupe, Sean Miller que l'on ne présente plus et Louise Hugo représentant la petite sensation du moment, le petit qui est en train de se faire un nom, le Japon.
La journaliste n'a pas eu le temps de finir son speech que Lucas avait déjà envoyé des textos à tous ses amis pour les prévenir de la présence de Louise dans l'émission.
Précaution inutile puisqu'ils étaient déjà tous devant leur écran.
La première partie de l'émission est consacrée aux Etats-Unis et pour être tout à fait honnête, l'équipe n'avait encore rencontré aucune équipe sérieuse et n'avait même pas encore sorti ses titulaires sur le terrain. L'intérêt des images projetées sur les victoires contre la Corée et le Brésil est plus que limité en terme d'analyse. L'écart au score, malgré le fait que seule l'équipe B avait joué est trop grand pour en tirer quelques leçons.
Lucas remarque que Louise est nerveuse. Et il comprend sans peine lorsqu'il se remémore les émissions françaises qui avaient si mal tournées.
Mais l'ailier des Cavaliers est confiant, les américains ont peut-être leurs défauts mais cette petitesse d'esprit qu'avait démontré les français face à Louise n'en fait pas partie.
Malgré son âge, elle avait fait ses preuves et la journaliste allait en tenir compte.
La caméra revient sur la journaliste qui se tourne vers ses deux invités :
- Je ne sais pas si vous êtes au courant, dit-elle, mais vous êtes les deux seuls coachs a avoir gagné cette coupe en tant que joueur…
Louise est un peu étonnée mais ce n'est au final pas si surprenant. Les Etats-Unis avaient presque gagné toutes les coupes, toutes les compétitions, pas étonnant que le coach des US l'ait aussi gagné.
- Et, continue-t-elle, si vous vous retrouvez en finale tous les deux, ce sera la première fois que deux coachs se retrouvent de nouveau en finale.
- Mais pas avec le même pays, dit Miller, définitivement une première.
Louise sourit un peu gênée :
- Il y a deux ans, j'avais une équipe exceptionnelle…
Au même moment, aux quatre coins du monde, ses amis partagent le même sourire.
- Il nous a manqué presque rien pour aller jusqu'au bout.
Des images de la finale perdue sont diffusées à l'écran…
- Et ce petit rien qui nous manquait, je l'ai trouvé dans cette équipe. Alors elle aurait pu être de n'importe quelle nationalité, j'aurai accepté deux fois plutôt qu'une de m'en occuper.
Cette fois, des images du match France/Japon envahissent l'écran avant de revenir sur le plateau. Miller prend la parole :
- Je dois vous avouer que j'ai toujours un intérêt particulier pour le pays hôte, dit-il. J'ai donc regardé pas mal de matchs de cette fameuse génération miracle et j'en avais conclu deux choses. Pour le Japon, ces joueurs sont hors normes, un peu en-dessous du niveau de mes propres joueurs mais suffisants pour que je sois obligé de jouer à fond. Mais ils n'avaient aucune cohésion en tant qu'équipe et je les voyais franchir un tour s'ils ne tombaient pas face à une équipe sérieuse.
Cette fois, des images du match contre l'Espagne semblent contredire les propos du coach américain.
- Puis, j'ai vu votre nom en tant que coach. Alors je savais que vous feriez partie des meilleurs. Parce que la seule chose qui manquait à cette équipe du Japon, c'est le travail d'équipe. Et c'est exactement ce que vous savez apporter à un groupe. Et c'est une chose que vous avez réussi à transmettre à tous vos joueurs qui jouent chez nous. Ils ne jouent plus sous vos ordres mais ils ont su chacun s'adapter et se fondre dans leurs équipes respectives pour les mener au plus haut. Mes joueurs d'il y a deux ans ont peut-être gagné la coupe mais ils n'ont pas autant brillé que vos joueurs en NBA.
Cette fois, ce sont des images de Joël chez les Warriors, Lucas chez les Cavs et Stéphane chez les Spurs qui se succèdent sur des actions clés de certains matchs.
- Alors, continue Miller, je vous ai pris au sérieux dès la première minute. Je n'ai pas été surpris par le fait que vous gagniez contre l'Espagne ou la France. Et je pense que vous avez toutes vos chances face à l'Argentine.
- N'oubliez pas la Chine, reprend la journaliste, le match n'est pas encore joué.
Et dans un parfait unisson, les deux coachs répliquent :
- La Chine n'a aucune chance face à l'Argentine.
Un peu gênée d'être aussi expéditive, Louise ajoute :
- La Chine est une équipe endurante, avec un mental d'acier et un excellent esprit d'équipe. Mais en face, ils sont meilleurs.
- On a perdu contre eux aux qualifs, dit simplement Miller.
Pas besoin d'en dire plus.
- L'autre quart, continue la journaliste, opposera la Russie à la Serbie. Le vainqueur sera votre futur adversaire, dit-elle en se tournant vers Miller.
- Les deux équipes sont redoutables, dit-il, et ont un style totalement opposé.
- La meilleure défense du championnat contre l'une des meilleures attaques, acquiesce Louise. Deux groupes très différents mais tout aussi soudés et constants. Ce sera un match passionnant. Si je devais faire un pronostic, je pense que la Serbie a une toute petite longueur d'avance sur le terrain. Son match contre le Canada n'a pas été trop difficile alors que la Russie sort d'un match compliqué contre l'Uruguay qui s'est révélé bien meilleur que je ne le croyais. Mais rien n'est joué.
Miller acquiesce d'un simple hochement de tête ses propos alors que l'écran diffuse la deuxième prolongation du match où la Russie avait arraché sa qualification sur un buzzer beater.
- A partir de maintenant, dit Louise, il n'y aura plus aucun match facile pour personne.
Même la volubile journaliste reste une seconde sans voix devant les regards des deux coachs qui se jaugent.
- Il est vrai que le tirage au sort a été particulièrement dur pour vous. Vous n'avez eu que des matchs face à des équipes sérieuses et vous avez déjà dévoilé plus que vous ne l'auriez souhaité de vos atouts.
La journaliste reprend avec enthousiasme les images des deux matchs du Japon qui tournent sur l'écran.
- Vos titulaires ont tous des qualités indéniables. Ils ont réussi à taper dans l'œil des plus grands.
Louise se permet un petit sourire en pensant à ses amis qui avaient sûrement dû gentiment forcer leurs illustres équipiers à regarder les matchs pendant que les deux fameux tweets de LeBron James et Stephen Curry passent à l'écran.
- A vrai dire, dit Miller, celui qui m'impressionne le plus en tant que coach, c'est votre ailier blond, le copycat. C'est un véritable joker qui multiplie toutes les possibilités de jeu d'une façon vertigineuse.
De nouveau, les images de Kise copiant Aomine contre l'Espagne, puis Midorima contre la France défilent.
- Le style de votre numéro 8 est impressionnant mais j'en connais plein des joueurs comme lui, continue Miller. Celui de votre arrière est vraiment incroyable. Je peux presque sentir l'influence de l'arrière des Warriors sur lui, il a vraiment progressé. Mais ce qui m'étonne encore plus, c'est d'arriver à copier si parfaitement les deux car ces deux styles sont aux antipodes l'un de l'autre. Il m'impressionne, votre Kise Ryota.
Dans la salle commune de l'hôtel Okura, l'ailier blond du Japon est pour une fois sans voix, figé devant l'écran…
- Et en termes de jeu, continue Miller, votre capitaine a aussi été vraiment grandiose contre l'Espagne. Je ne vous cache pas qu'il y a deux équipes que je redoutais plus que les autres avant le début de la compétition, l'Argentine et l'Espagne. L'Argentine car ils ont prouvé qu'ils pouvaient nous battre et l'Espagne car la supériorité physique ne suffit pas contre une équipe comme l'Espagne. Sanchez est un joueur imprévisible et pourtant vous, votre capitaine et vous, vous l'avez battu tous les deux à son propre jeu. C'était un vrai show. Et une preuve supplémentaire que je dois me méfier de votre équipe.
Louise, qui a déjà affronté et perdu contre le coach américain, sait que contrairement à nombre de ses compatriotes, il ne prend jamais rien pour acquis, qu'il ne méprise jamais ses adversaires et qu'il agit toujours de manière réfléchie.
Un coach redoutable, d'une humilité troublante pour le coach de la plus grande nation du basket et qui ne se fait pas avoir par les apparences. Quelqu'un qui lui parle d'égal à égal, de coach à coach, dont les équipes ont atteint le même niveau dans la compétition. Quelqu'un qui mérite son plus grand respect.
- De mon côté, dit Louise, j'ai vraiment été impressionnée par votre match de qualification contre le Brésil. Voir comment se comporte une équipe qui n'a pas l'habitude de perdre juste après une défaite est toujours particulièrement révélateur. Vous avez su vous relever, réaffirmer vos positions et ne rien lâcher. Tout le monde sait que l'équipe des USA est ultra favorite. Mais votre défaite vous a rendu bien plus que ça, elle a donné à vos joueurs une urgence et une précision impressionnantes que vous avez su admirablement utiliser pendant le match suivant, vous aviez l'insatiable soif de victoire de ceux qui ont connu l'échec. Votre équipe est bien meilleure encore que celle que vous m'avez opposée il y a deux ans. Mais…
L'attention des caméras, de la journaliste est complètement sur Louise :
- … vous ne nous faîtes pas peur.
Extra scene
En sortant du plateau, Miller s'approche de Louise avec un petit sourire plus détendu :
- Je voulais vous remercier pour une chose un peu plus personnelle, commence-t-il.
Louise, prudente, écoute la suite avec attention.
- J'ai parié avec Michael que vous gagneriez contre l'Espagne et grâce à vous, j'ai le plus incroyable des messages de répondeur du monde…
D'une main, il lui demande son portable qu'elle lui donne d'une main un peu hésitante. Il compose son numéro et appelle. Le coach américain laisse son portable sonner avec un grand sourire enfantin et Louise, curieuse écoute le message.
Une voix plate que tout joueur de basket reconnaîtrait n'importe où se met à ânonner platement :
« Vous êtes bien sur le répondeur de Sean Miller, le plus grand, le plus incroyable des joueurs de basket… Sérieusement Sean… Et le plus grand coach du monde, si si…Bref, laissez votre message à l'incroyable Sean Miller après le bip »
Louise ouvre des yeux grands comme des soucoupes en fixant le coach qui rit comme un enfant :
- Michael… Jordan…
Note de l'auteur : L'entraîneur des USA pour l'équipe des moins de 19 ans est bien Sean Miller. Mais je ne suis pas sûre qu'il ait dans son portable le numéro de Michael Jordan :-)
Et personnellement, j'ai déjà joué en championnat de France (de go) contre une personne détestable, que personne ne peut supporter et qui joue souvent des coups tordus et malhonnêtes.
Tous mes amis sont passés pendant la partie pour m'encourager.
J'ai gagné, de belle manière il est vrai, cette partie.
Mais ma crainte première n'était pas de perdre mais d'affronter le regard de mes amis qui m'avaient encouragé pour que je gagne.
J'aurai eu tellement honte. Je comprends tout à fait le soulagement de Louise quand elle gagne.
