Ouhla, ouhla, vous entendez ça? C'est le son de la fanfare qui annonce le nouveau chapitre! ON COMMENCE LES ÉPREUVES DE LA TERRE BRÛLÉE! YAHOUUUUUU! (enfin pour nous, parce que j'en connais d'autres qui vont bien en baver!^^ Allez allez, on les encourage ces petits blocards qu'on aime tous tendrement! Clap clap clap bien fort!)
Ahlalala, je suis toute contente de pouvoir entamer la deuxième épreuve! C'est dingue qu'on en soit déjà arrivé là! Et tout ça, essentiellement grâce à vous, bande de petits cloportes (ben quoi, c'est mignon un cloporte!)! MERCIIIIIIIIIIIIIII JE NE SAIS PAS COMBIEN DE FOIS POUR VOTRE SOUTIEN! CA DÉPASSE LES LIMITES DE MON ENTENDEMENT!
Bon, sur ce, je vous laisse contempler le désastre qui va suivre, non sans vous rappelez que James Dashner ici absent est toujours le seul et unique détenteur des droits d'auteur de La Terre Brûlée... Mais bon, j'ai bon espoir d'arriver à changer ça!... Un jour!... Peut-être!... Si je ne suis pas morte avant... Ou si la terre n'est pas ravagée par des éruptions solaires qui entraînerait une maladie terrible nommé... LA BRAISE! ... Enfin vous voyez quoi!^^
Gloire à Newt, aimez-le comme votre propre fils (ou mari... Oui, c'est peut-être encore mieux vu comme ça! *baaaaave* THOMAS-BRODIE SANGSTER *re-baaaaave*) et bonne lecture!
Je fixai le mur derrière le bouclier invisible qui s'était confortablement réinstallé dans la nuit en serrant ma gourde. Je n'en pouvais plus d'attendre. J'avais envie de courir autour de la pièce en hurlant pour évacuer le trop-plein d'émotions qui bouillonnaient en moi. Je ne desserrais pas les dents, parce que je savais que si j'ouvrais la bouche, j'allais réduire les tympans de tout le monde à néant en moins de deux. Minho annonça alors :
-Il nous reste trois minutes. Vous êtes tous décidés à venir ?
Presque tout le monde hocha la tête.
-Personne n'a changé d'avis pendant la nuit ? Parce que c'est maintenant ou jamais. Une fois en chemin, si un tocard décide de se dégonfler et de faire demi-tour, je vous garantis qu'il repartira avec le nez cassé et les noisettes en compote.
J'entendis un léger gémissement et me tordit le cou pour m'apercevoir qu'il provenait de Newt, aux côtés de Thomas.
-Ça te pose un problème, Newt ? demanda Minho sans prendre de gants
Je ne pus m'empêcher de froncer un peu les sourcils. Il a le droit d'être sur le nerf, mais pas de se défouler sur Newt… Enfin, je veux dire, il peut être stressé, mais ce n'est pas une raison pour s'en prendre à autrui quoi !... Et surtout pas à Newt !
-Heu… Non. J'admirais tes talents de leader, c'est tout. répondit Newt un peu surprit
-Qu'est-ce que tu lis ici, tête de pioche ? demanda Minho en nous montrant son zoli tatouaze
Newt rougit d'un air gêné.
-On sait que tu es le chef, Minho. Écrase.
-Non, toi, écrase. On n'a pas beaucoup de temps. Alors boucle-là !
-C'est pas bientôt fini cet étalage de virilité complexée, patron ? lançai-je d'une voix claire, fatiguée que j'étais de l'entendre se la péter
-Ne me cherche pas la petiote. C'est pas parce que t'es une fille que je me retiendrai de te taper si tu l'ouvres trop.
-Mais bon sang, tu vas te calmer mec ?! m'énervai-je
Il allait répliquer quand un des blocards nous fit remarquer qu'il était six heures pile. Et à ces mots, le mur invisible disparut, et un pan du mur d'en face était devenu tout gris.
-C'est super moche… constatai-je, ce qui fit pouffer mes quelques voisins malgré la situation
-Allez ! Ne traînez pas. On a cinq minutes pour traverser. Je vais passer le premier. Toi, le dernier. Assure-toi bien qu'on n'oublie personne. ordonna Minho à Thomas
Minho marqua une pause devant le transplat, avant de lancer un « à tout à l'heure bande de tocards ! ». Puis il disparut dans le mur. On se mit tous à la queue-leu-leu en silence. Quand mon tour arriva, je pris une grande bouffée d'air, lançai un dernier regard dépité à ma « chambre », elle allait vraiment me manquer, et m'enfonçais dans le… Truc moche. La même sensation de froid m'envahie, comme quand j'avais plongé dans le trou des griffeurs. J'avais gardé les yeux ouverts pendant le « voyage », aussi je n'ai pas compris pourquoi je ne voyais rien d'autre que du noir. Peut-être que j'étais morte en passant dans ce transplat ? Peut-être que les créateurs avaient changé les coordonnées de celui-ci juste pour moi de manière à m'envoyer crever au fin fond d'un trou ?
-Maudit créateurs, grommelai-je avant de hurler, attendez un peu que je vous attrape !
-Hé, ne me crie pas dans les oreilles ! fit une voix, que je reconnu comme étant celle de Jack
-Oh, alors je ne suis pas seule et paumée ?
-Nan.
-A la bonne heure ! m'exclamai-je, soulagée
Puis je sentis une main m'agripper le T-shirt et je poussai un hurlement de surprise
-Alice ? C'est toi ?
-Newt ?! La vache, tu m'as fichue une de ces frousse, tocard !
-Désolé… On y voit rien ici…
-J'avais remarqué. répondis-je, sarcastique, mais je pense que tu peux te risquer à lâcher mon T-shirt maintenant… A mon humble avis on ne va pas s'envoler…
-Euh… Ouais, pardon. murmura-t-il
-Qu'est-ce qui se passe au fond ? hurla Minho
-C'est Newt qui a peur du noir ! lui répondis-je du tac au tac
-Hé ! Je ne te permets pas ! râla ce dernier
-Tu crois vraiment que j'ai besoin d'un contrat signé avec écrit « lu et approuvé » pour pouvoir te ridiculiser publiquement ?
-Silence dans le fond ! J'ai vraiment pas envie de vous entendre palabrer pendant trois plombes, surtout si c'est pour vous crêper le chignon, bande de mégères !
Je pestai silencieusement contre ce rabat-joie de Minho et j'entendis Newt ruminer dans sa barbe. Le chef annonça qu'on allait commencer à faire le compte pour voir si tout le monde était là. C'est ce qu'on fit donc, mais la voix de Thomas retentie soudain :
-Hé ! appelait-il, paniqué. Hé, les gars…
Je l'entendis trébucher sur un pauvre bougre et me retint d'exploser de rire et de me foutre de leur poire. Minho ordonna de nouveau le silence.
-Tout le monde est là ? demanda Thomas
-On était en train de s'aligner bien sagement pour se compter jusqu'à ce que tu débarques comme un chien dans un jeu de quille. On n'a plus qu'à recommencer. Un ! cria Minho
-Deux ! répondit Thomas
Et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'Aris arrive à vingt. Bizarrement, la peur qui m'étreignait s'était évaporée, et je commençais à trouver la situation plutôt sympa. C'aurait été flippant si j'avais été toute seule, mais là, avec les blocards, c'était limite tordant ! On ne se voyait pas, et on devait faire fonctionner nos sens, on hurlait à plein poumon dans les oreilles du voisin sans le faire exprès, on écrasait le pied de quelqu'un, on se cognait, on s'appelait, enfin voilà quoi. L'éclate totale. Et puis, on ne voyait que dalle, donc on pouvait tout s'imaginer. Peut-être qu'on était dans un champ de fleur ! Ou un magasin de jouet ! Ou une boutique de bonbons ! Ou le salon du chocolat ! Il suffisait de faire un minimum fonctionner son imagination. Je trouvais ça drôlement fun en tout cas ! La curiosité et l'envie d'explorer m'envahirent. Mon excitation était à son comble.
-Bon, c'est quand qu'on y va ? demandai-je en trépignant
-Newt, assomme-la pour moi, tu seras un chou. répondit simplement Minho
Je lui tirai la langue et me rappelais seulement après qu'il ne pouvait pas le voir. Je sentis la main de Newt se poser sur mon épaule et il me murmura à l'oreille de me calmer. Je lui aurais bien jeté un regard noir, mais ça n'aurait pas eu grand intérêt… Puis la voix de Thomas nous fit remarquer avec une sagesse extrême :
-Dommage qu'on n'ait pas de lampe torche.
-Merci pour cette évidence, Thomas, rétorqua Minho. Très bien, écoutez-moi. On est dans une espèce de couloir. Je peux sentir les murs de chaque côté et, à l'oreille, je dirai que, pour la plupart d'entre vous, vous êtes à ma droite. Thomas, tu te tiens juste à l'endroit par lequel on est arrivés. Je crois qu'il vaut mieux éviter de repasser dans ce trans-machin-truc-chouette, alors guidez-vous à ma voix et rapprochez-vous de moi. On n'a pas le choix il faut suivre le couloir dans ce sens et voir où il mène.
-Génial ! Qu'est-ce qu'on attend, allons-y ! Sus à l'inconnu ! déclarai-je en sautillant sur place avant de me mettre à marcher tranquillement dans la direction de la voix de Minho
-Newt, je ne t'avais pas demandé quelque chose concernant le cas ?
-Je m'en charge dès que je la retrouve ! promit Newt
Je dégluti et accélérais un peu le pas, au cas où il ne rigolerait pas (on n'est jamais trop prudent). Je réussi à trouver un mur, et marchais en laissant ma main glisser sur celui-ci. On avança en silence, seul quelques murmures des blocards entre eux venaient chatouiller mes humbles oreilles. Je n'arrêtais pas de penser à ce transplat étrange. Est-ce que si j'avais laissé ma main à l'intérieur elle aurait été coupée quand le transplat se serait refermé ? Et est-ce qu'on aurait pu voir ma main de l'autre côté du réfectoire ou bien aurait-elle été perdu dans le transplat ? J'avais l'impression de n'avoir passé qu'une fine couche en le traversant, mais cela voulait-il dire qu'on avait juste traversé un mur, ou qu'au contraire on avait fait des centaines de kilomètres ? Comment ça marchait dans ce cas ? On voyageait vitesse lumière ? On se téléportait ? Que de question ! Il fallait absolument que j'harcèle un de ces créateurs avec, la prochaine fois que j'en verrais un. Je devais savoir !
On progressait, je ne saurais dire si on allait vite ou pas, si on avançait beaucoup ou pas, mais en tout cas on marchait. Difficile de savoir combien de kilomètres on avait déjà parcouru. On se contentait de longer le mur. A un moment, alors que je commençais à m'ennuyer ferme, je sentis le souffle de Newt dans mon cou, et sa voix me susurra :
-Peut-être qu'il y a des scaralames sur les murs. J'ai cru sentir quelque chose me frôler la main tout à l'heure.
L'effet fut immédiat. Je lâchai le mur et fit un bond de trois mètres en hurlant (comprenez-moi, JE HAIS LES SCARALASMES). Newt explosa franchement de rire, et c'est là, et seulement là, que je compris qu'il se fichait de moi… En plus, s'il y avait eu des scaralasmes, on aurait vu les lumières de leurs clignotants ! Il devait vraiment s'ennuyer lui aussi pour se divertir de manière aussi… Vicieuse !
-Newt ! Espèce de gros naze ! lui hurlai-je
-QU'EST-CE QUE J'AI DIS TOUT A L'HEURE VOUS DEUX ?! JE NE VEUX PAS VOUS ENTENDRE ! ALICE, SI TU NE TE CALME PAS TOUT DE SUITE, JE VIENS TE CHERCHER PAR LA PEAU DES FESSES ET TU FINIS LE TRAJET SUR LES MAINS !
-Mais, c'est pas juste, c'est la faute de Newt ! tentai-je de me justifier pendant que celui-ci ricanait toujours
-JE NE VEUX PAS LE SAVOIR ! ENCORE UNE SCÈNE DE CE GENRE ET TU PEUX DIRE ADIEU A LA VIE !
Je grommelai que c'était vraiment pas juste, et qu'on croirait entendre Alby, avant de retrouver le mur et de reprendre ma route. Newt continuai de s'étouffer de rire derrière moi. Histoire de me venger un peu, je me plaquais soudainement au mur et tendis ma jambe. Il ne le vit pas venir évidemment (en même temps, dans le noir…) et poussa un petit cri de surprise avant de se croûter lamentablement. J'entendis les blocards qui suivaient s'arrêter précipitamment pour éviter de tomber également et explosai franchement de rire.
-T'avais raison Newt, c'est vraiment trop drôle ! lâchai-je entre deux hoquets de rire
-VOUS LE FAITES EXPRÈS OU QUOI VOUS DEUX ?! brailla Minho d'un ton exaspéré
Newt ne répondit rien, moi non plus parce que j'étais trop morte de rire. Mais je m'arrêtais instantanément quand Newt, ce fourbe, me fit une splendide balayette (sérieusement… Il arrive à viser dans le noir ?!). Je prononçais un « m'enfin ! » choqué avant de me m'écraser à mon tour… Sur Newt. Qui lâcha un « ourf » douloureux.
-Tel est pris qui croyait prendre, tocard ! lui répliquai-je, satisfaite
-Ça va, ça va, t'as gagnée, maintenant vas-t-en ! Tu me compresse les poumons !
-Hum, j'hésite, je suis bien là moi, finalement.
-Alice…
-ALICE ! JE TE PRÉVIENS, CETTE FOIS J'ARRIVE ! TU VAS L'AVOIR TA CORRECTION MA COCOTTE ! lança Minho que j'entendis faire demi-tour et se diriger vers nous à tâtons
-Gloups…
Je tentai de me relever, mais Newt essaya de faire de même en même temps, et on s'emmêla les pinceaux plus qu'autre chose. Finalement, une main me ferme me saisit par le col :
-J'en ai vraiment assez de vos chamailleries à tous les deux ! me cria Minho dans les oreilles. Ça commence à bien faire, soit vous vous calmez une bonne fois pour toute, SOIT JE PÈTE UN VRAI CÂBLE ET VOUS VOUS RETROUVEZ SIX PIEDS SOUS TERRE ! JE SUIS ASSEZ CLAIR COMME CA ?!
Je hochai la tête, mais je me rappelai juste après qu'encore une fois, ça ne servait à rien puisqu'il faisait noir… Je soupirai donc un « oui, mais c'est la faute de Newt ». Minho soupira également d'un air las, alors que Newt se remettais à pouffer comme le sale petit cafard malveillant qu'il était. Le chef me lâcha et repartis après avoir lancé une dernière menace :
-La prochaine fois, je n'hésiterais plus. Couic. Et c'est valable pour tous les deux.
Les autres blocards semblaient eux-mêmes plutôt hilares (bien qu'ils semblaient faire tout ce qui étaient en leur pouvoir pour se retenir de rire haut et fort). Je me réinstallais, main contre le mur, en grommelant que y'en avait quand même franchement marre que ça tombe toujours sur moi et que la vie était super trop pas juste avec la pauvre petite Alice. On reprit la marche calmement, et le silence retomba mollement.
Au début, c'était marrant, mais là, je commençais à en avoir vraiment ma claque de cet endroit. J'étais en train de me demander si on ne faisait pas carrément du surplace, quand un murmure se fit entendre. Ça ne me disait rien qui vaille.
-Vous avez entendu ça ? cria Minho
Je tendis de nouveau l'oreille, tout le monde s'arrêta et on attendit dans un silence tendu. Au bout d'un moment, une voix éraillée résonna de nouveau, mais je ne compris pas tout, je saisis juste « dernière chance ». Je sentis un frisson me parcourir, qu'est-ce que c'était encore que ça ? Puis le mot variable me vint à l'esprit.
-Vous avez saisi quelque chose ? demanda Newt derrière moi
-Un ou deux mots, annonça Winston. J'ai eu l'impression d'entendre vers le milieu : « demi-tour ».
-Oui, moi aussi, ajouta Chris
-Moi j'ai cru saisir « dernière chance ». déclarai-je
-Vos gueules, tous, et cette fois tâchez d'écouter sérieusement ! ordonna Minho
Je me reconcentrais de toute mes forces et ouvris grand les oreilles. La voix ne tarda pas à recommencer :
-C'est votre dernière chance. Faites demi-tour et vous éviterez la découpe.
Super engageant…
-J'adore le WICKED… soupirai-je alors que les autres commençaient à paniquer et à se poser des questions.
-Il n'y a qu'à continuer ! cria Thomas à Minho, je n'en peux plus de cet endroit. On continue !
-Une minute. La voix a dit que c'était notre dernière chance. On devrait au moins y réfléchir. lança Poêle-à-frire
-Oui, ajouta Jack, on ferait peut-être mieux de l'écouter.
-Pas question. Rappelez-vous ce que nous a dit le type derrière son bureau. Que ceux qui retourneraient sur leurs pas connaîtraient une mort horrible. rappela Thomas
-Et alors ? reprit Poêle-à-frire. Pourquoi aurait-il plus raison que ce type qui chuchote ? Comment savoir lequel il faut écouter ?
-Mais, tu veux faire quoi de toute façon ? Rester toute ta vie dans ce tunnel noir, sans vivres, pour retrouver un pov' transplat qui s'est probablement refermé et qui ne t'aurais ramené que dans un réfectoire barricadé de partout et y mourir de faim ? Tu trouve vraiment que c'est une suggestion raisonnable ? rétorquai-je à mon tour
-Elle n'a pas tord, ça n'a aucun intérêt. Je parie que c'est juste une manière de nous mettre à l'épreuve. Il faut continuer. termina Thomas
-Ils ont raison, approuva Minho. Venez, on repart.
Je m'apprêtais à m'exécuter bon pied, bon œil, mais la voix recommença aussitôt à nous foutre les jetons avec une remarque rassurante de son cru :
-Vous êtes fichus. Vous allez vous faire découper. Vous allez tous mourir.
Je frissonnai malgré moi. Cette voix me fichait la trouille, mais on n'avait vraiment pas que ça à faire que d'écouter un idiot qui nous suggérait de rebrousser chemin dans un cul-de-sac. Tout le monde se remit donc à marcher. Et que ça te serve de leçon, illustre inconnu qui s'amuse à faire peur aux honnêtes gens !
Au fur et à mesure qu'on avançait, l'air s'épaississait, et il faisait de plus en plus chaud. Je me mis à tousser avec toute cette poussière. J'entendis quelqu'un éternuer. A un moment, Newt se cogna dans ma petite personne, mais je ne relevai pas et lui non plus. C'est alors qu'un hurlement strident retenti. D'abord surprit, le cri se mua en pure terreur. Je reconnu la voix de Frankie, c'était un trancheur que je ne connaissais pas tant que ça, mais avec qui j'avais déjà conversé une ou deux fois parce qu'il adorait grimper dans les arbres lui aussi. J'entendis quelqu'un accourir vers lui et je devinai que c'était probablement Thomas. Je me rapprochai jusqu'à toucher l'épaule du garçon.
-Qu'est-ce qu'il a ? lui demandai-je
-Je n'en sais rien, il n'arrête pas de se débattre, c'est tout ce que je constate. Puis il y eut du mouvement et je compris qu'il lui avait sauté dessus et qu'il le plaquait au sol. Les cris finirent par s'estomper étrangement, comme si on venait de lui mettre un bocal sur la tête. C'était plus que louche toute cette affaire.
-Thomas ! Qu'est-ce qu'il se passe à la fin ?!
Il ne répondit rien. Quelque chose avait dû arriver. J'entendis alors un bruit sourd, puis un roulement, comme une boule de bowling sur la piste.
-C'est quoi ça encore ? Thomas ! Mais mec, réponds bon sang !
Les autres commencèrent à se joindre à moi et à questionner Thomas. Ce dernier finit par se relever d'un coup, je le sentis juste devant moi.
-Thomas ? (voilà que Minho s'y mettait aussi), Thomas ! Que s'est-il passé ?
-Je… Aucune idée. Qui c'était le garçon qui est tombé en hurlant ?
-Frankie, je crois. lui répondit Winston. Il était juste à côté de moi, on parlait, et tout à coup il s'est fait happer par quelque chose. Oui, c'était lui, j'en suis sûr.
Décidément, ce qui semblait marrant au début virait au cauchemar, comme d'habitude… Je sentis l'effroi me serrer les entrailles.
-Que s'est-il passé ? répéta Minho
J'avais de moins en moins envie de connaître la réponse.
-Ecoute, je l'ai entendu crier, et j'ai couru l'aider. Je lui ai sauté dessus et j'ai essayé de lui immobiliser les bras, le temps de découvrir ce qu'il avait. Ensuite, j'ai voulu l'empoigner par les cheveux, et là…
Je dégluti malgré moi. Je n'allais pas aimer du tout…
-Eh bien, quoi ? insista Minho
Thomas gémit avant de reprendre :
-Il n'avait plus de tête. A la place, j'ai senti une… Grosse… Boule en métal. Je te jure que c'est vrai. Comme s'il avait la tête prise dans… Une grosse boule en métal !
Je savais qu'il disait vrai. Je me figeai d'horreur, et me mis à claquer des dents malgré le fond d'air chaud. Ce que j'avais entendu rouler, c'était la tête de Frankie dans une boule en métal. Ça paraissait ridicule. Et c'en était d'autant plus terrible. Pour le coup j'avais vraiment peur, et ce tunnel noir ne m'apparut plus du tout comme un « truc fun ». Une terreur sans nom s'empara de moi. J'aurais voulu partir au plus vite de cet endroit sinistre.
-Tu n'as pas entendu rouler quelque chose, après qu'il a cessé de gueuler ? Je crois qu'elle a dû partir… reprit Thomas
-Je l'ai ! s'écria Newt. Je l'ai entendue cogner le mur. Elle est toute poisseuse… On dirait du sang.
J'avais très envie de lui crier de lâcher cette chose tout de suite, c'était vraiment trop glauque. Mais je ne parvins même pas à ouvrir la bouche en m'imaginant Newt en train de manipuler la tête de Frankie à l'aveuglette sans trop savoir ce qu'il se passait. Un vrai thriller psychologique.
-Elle est grosse comment ? demanda Minho
Tout le monde posa un tas de question en même temps.
-Vos gueules ! hurla Newt, puis il répondit à Minho : je n'en sais rien. Plus grosse qu'une foutue tête, c'est sûr. Et elle est ronde c'est une sphère parfaite.
Thomas reprit la parole, et prononça les mots que j'attendais secrètement (mon sauveur !) :
-Il ne faut pas rester ici. Il faut se tailler, maintenant !
-On devrait peut-être faire demi-tour, proposa Gus, cette boule a carrément décapité Frankie… Comme avait dit le vieux.
Non on devrait pas ! Pensai-je avec fureur. Il m'avait écouté ou pas tout à l'heure ? Faire demi-tour était aussi inutile que donner un os à ronger à une pâquerette !
-Pas question, répondit Minho, aussi furax que moi. Pas question ! Thomas a raison. Assez discuté. Écartez-vous les uns des autres et courez. Baissez la tête, et si vous sentez un truc s'approcher, cognez dessus de toutes vos forces.
Il n'y eut aucun commentaire. On se remit en place et on courut. Moi qui détestais ça, je n'avais jamais été si heureuse de le faire ! Plus vite on partirait, mieux ce serait ! Une autre victime se fit prendre, mais personne ne s'arrêta. On ne pouvait rien faire pour lui, hélas, il fallait continuer et faire fi de notre bonne conscience. Je ne sais pas combien de temps on a couru, mais l'adrénaline m'avait fait tenir bien plus longtemps que dans le labyrinthe lors de mon essai de course à pied. Tout le monde se mit à haleter, et Poêle-à-frire finit par demander :
-Pourquoi on s'arrête ?
-Parce que j'ai failli me casser les chevilles sur un obstacle ! râla Minho, je crois qu'il y a un escalier.
-Pour de vrai ? demandai-je pleine d'espoir
-Si je te le dis ! répliqua-t-il
-Eh bien on n'a qu'à le monter ! s'écria Poêle-à-frire
-Tu crois ? fit Minho, sarcastique. Qu'est-ce qu'on ferait sans toi Poêle-à-frire ? Sérieusement.
Je soupirai d'un air las et entendit Minho commencer à gravir les marches. Puis un deuxième blocard s'avança et petit à petit je me retrouvai moi aussi à monter les escaliers. Par réflexe, je comptai les marches. Une, deux, trois…. Trente-huit, trente-neuf… Cinquante-douze... Quatre-vingt-vingt... Plonk, c'est trop long.
-Aïe ! cria Minho alors qu'un bruit métallique se faisait entendre
Puis, il y eut une espèce de ramdam pas possible et tout le monde finit par se calmer.
-Tu n'as rien ? demanda un Newt inquiet (je craque, il est vraiment trop !)
-Qu'est-ce que… Tu as touché ? s'enquit Thomas
-Ou cogné ? proposai-je à mon tour
-Le foutu plafond, tiens ! pesta Minho. On est arrivés tout en haut, et il n'y a aucun... Attendez ! Je crois que j'ai trouvé…
J'entendis comme un « clic », et d'un coup, les abysses se transformèrent en flammes aveuglantes.
