Auteur : Kitake Neru

Traductrice : Hermi-ko


Titre : Le temps reprend son cours

Résumé : Après quatre ans, son temps à elle reprend son cours.

Note de l'auteur : Emo. OOC Hiruma. Inspiré par Iryu de Team Medical Dragon. Se passe dans le futur. Avec Mamori une infirmière et Hiruma pas à l'horizon.


« Est-ce que vous avez vu les nouveaux internes aujourd'hui, les filles ? » S'exclama l'infirmière Michiru en serrant le dossier d'un patient contre sa poitrine. « Il y en a qui ressemble vachement à Tomohisa Yamashita ! »

« Pas possible ! » S'exclamèrent surexcitées les autres filles et Shizuka hocha la tête. « Et il y en a un autre ! S'il change de coiffure on dirait Rain ! »

« WOW ! »

Mamori soupira et sourit. « N'êtes-vous pas un peu trop optimistes ? Ce ne sont que des internes, vous savez. Ils ne sont pas encore riches. »

« Ah, Mamo-kaasan, quelle rabat-joie tu fais, » la taquina Michiru. « On ne peut pas s'en empêcher kaasan, nous sommes toutes célibataires et désespérées ici ! »

« Ouais, pas comme Mamo-kaasan qui est déjà casée. » Shizuka fit bouger ses sourcils et Mamori fit légèrement la grimace. Ça devait être la Providence, se disait-elle. Même dans un environnement peu familier, le nom de « Mamo-kaasan » lui collait à la peau. Même certains patients avaient commencé à l'appeler comme ça.

« Au fait, comment va ton petit copain ? » Demanda Shizuka. « Toujours à l'étranger ? Je pensais qu'il revenait bientôt, non ? »

Mamori toucha du doigt son portable dans sa poche de poitrine. « Hum… 'Bientôt' est plutôt ambigu. Enfin, ce n'est pas comme si je l'attendais. Il est toujours bien trop pris par son travail pour penser à moi.

Quel mensonge !

« Bon les filles ce sont que des rumeurs, mais vous savez ce que j'ai entendu ? » Tatsuki changea rapidement de sujet. « L'hôpital a été revendu ! »

« Non, c'est vrai ? »

« Ouais, j'ai entendu dire que notre nouveau directeur allait venir nous rencontrer. Je sais rien de … »

« Excusez-moi, » lâcha un jeune homme en entrant dans la pièce et toutes les infirmières retinrent leur souffle. Quel beau gosse !

Mamori l'étudia. Il avait une certaine ressemblance à cette idole des Johnny. A la différence près qu'il paraissait plus intelligent.

« Euh, je suis un nouvel interne dans ce département, » se présenta-t-il timidement. « Takada Fumitsugu. Enchanté. »

Mamori jeta un coup d'œil à sa montre et fit un grand sourire au nouvel interne, ne réalisant pas qu'elle le faisait rougir. « Bienvenue, docteur. Moi c'est Mamori Anezaki. Je vais laisser les filles se présenter. »

« Où vas-tu, Mamo-kaasan ? » L'interrogea Shizuka et Mamori lui montra son portable. « C'est l'heure du coup de fil. »

Shizuka hocha la tête, comprenant.

Takada la regarda partir. « Du coup de fil ? »

« De son petit ami, » lui sourit Michiru. « Désolée, mais Mamo-kaasan est prise. Dommage, hein ? »


Pendant ce temps Mamori sortit dans les jardins de l'hôpital et fit le décompte des secondes. *Cinq… Quatre… Trois… Deux…*

Son téléphone vibra violemment et Mamori prit aussitôt l'appel. « Tu as deux secondes d'avance, » lâcha-t-elle.

Le gloussement chaleureux qui lui répondit la fit sourire.

« Je ne suis pas une machine, femme. »

« Je n'ai jamais dit ça. Comment ça se passe en Amérique ? »

« Super. Ces putains d'viocques ne veulent qu'une chose, c'est me vendre leurs actions. L'accord devrait bientôt être finalisé mais les formalités font vraiment chier. »

Son cœur sombra quelque peu. A l'entendre dire, il était encore occupé. « … Tu as encore beaucoup de choses à faire, n'est-ce pas ? »

« … Tu n'as pas l'air très contente. »

Elle se demanda si elle devait tourner autour du pot ou aller droit au but. De toute façon ça serait douloureux. « Je ne t'ai pas vu depuis longtemps, tu sais. » Elle fit tourner d'un air absent le colifichet de son téléphone autour de son index. « Je me demandais juste si je te verrai avant mes trente ans, » essaya-t-elle de plaisanter.

Il y eut un moment de silence et Mamori se tortilla un peu sur le banc de pierre.

« Ne te mets pas à pleurer maintenant. Attends que je rentre, d'accord ? » Son ton était plus doux mais toujours aussi brusque et âpre. Mamori essaya de rire même si son cœur se serrait dans sa poitrine. *Il me connait trop bien…* « Si je dois attendre aussi longtemps alors je pleurerai comme une madeleine ! »

« J'ai promis que je serai bientôt de retour. »

*Et j'ai promis que je t'attendrai, qu'importe le temps que tu mettrais avant de revenir* Se souvient Mamori. *Ce jour-là, quand tu es parti, tu m'as dit de croire en toi*

« Je te crois, » murmura-t-elle, les larmes commençant à lui monter aux yeux. « Je crois que je te verrai de nouveau. »

« Je vais raccrocher maintenant, j'arrive à un hôpital. »

Elle sauta sur ses pieds. *Un hôpital ? Il est blessé ?* « Tu es malade ? »

Il gloussa soudainement et Mamori eut une drôle d'impression. Le son était différent, pas plein de statiques. C'était clair et ça lui rappelait des souvenirs : un son d'il y a quatre ans.

Ça lui semblait venir de derrière elle.

« Non, j'ai acheté un hôpital. »

Son cœur sauta dans sa cage thoracique et Mamori se retourna, lâchant son téléphone.

Se tenant derrière elle était la personne qu'elle avait vu seulement en rêves. Sa gorge s'assécha et elle avança la main pour toucher sans y croire son manteau.

Il était réel.

Son caquètement aussi.

Son sourire… oh mon dieu son sourire était réel. Elle prit enfin conscience de ce qu'il se passait et Mamori le poussa, prise d'une rage ridicule : « Tu es sensé être aux USA ! »

« Je suis rentré hier, » Hiruma remit le portable dans sa poche et elle le poussa de nouveau. « Et qu'en est-il de l'accord ? Tu n'étais pas sensé acheter une compagnie d'électroniques ? »

« L'accord était finalisé avant que je rentre. Les formalités sont du ressort de mon assistant, » ses traits s'adoucirent et il lui prit les poignets avant qu'elle ne le pousse de nouveau. « Je suis rentré, Mamori. »

Mamori leva les yeux sur lui. « Tu te moquais de moi, hein ? Tu savais combien j'étais énervée ? Youichi espèce d'andouille ! »

« Est-ce là quatre ans de rage ? » Il semblait amusé et Mamori ne pouvait pas s'empêcher de pleurer. « Ne fais pas des plaisanteries à des moments pareils ! Tu m'as vraiment beaucoup manqué ! »

Il relâcha ses poignets et elle lui rentra dedans, le serrant très fort dans ses bras. *Rien n'avait changé* pensa-t-elle. *Il est toujours pareil, sent toujours pareil, agit toujours pareil…*

Et comme si les quatre ans n'étaient jamais arrivés, elle avait l'impression qu'elle se tenait encore dans le hall des départs, l'enlaçant comme pour la dernière fois. « Baka Youichi, » soupira-t-elle et il lui rendit avec embarras son câlin. Même après quatre ans, il n'avait toujours pas l'habitude de la câliner. « Putain d'manager. »

« Je suis une infirmière désormais. »

« Pas quand le nouvel hôpital pour enfants sera terminé. Tu seras alors une fichue directrice. »

Elle renifla et s'écarta. « Est-ce que c'est une blague ? »

« Est-ce que tu me vois rire ? »

Mamori s'essuya les yeux et ne put pas s'empêcher de sourire. Ça lui faisait un bien fou de le voir de nouveau, de se batailler avec lui face à face et de sentir sa présence.

Il caqueta brusquement. « Alors où est la madeleine ? »

Mamori vira au rouge et le tapa d'un air taquin dans l'épaule. « Je te l'ai dit, ne fais pas de blagues à un moment pareil ! »

« Ouais, » sourit-il et il l'imita : « Et tu m'as vraiment beaucoup manqué ! »


Note de l'auteur : C'est un final des plus gnangnan mais je ne pouvais pas résister^^'