Hellow ! Alors... ce chapitre aurait du sortir pour Noël mais finalement j'ai mis plus de temps que prévue pour le peaufiner ^^'
Tout d'abord, je m'excuse grandement et vous autorise à me sacrifier sur un bûcher pour vous avoir laisser avec une fin pareille la dernière fois !
Il est désormais temps de passer aux choses sérieuses... C'est l'heure des Ré-Ré-Ré-Révélations ! *Musique Yu-Gi-Oh !*
D'ailleurs, pour cette fois, je ne vais même pas répondre à vos Review et vous laisser avec ce dernier chapitre du Tome 5 !
Une PotterHeart à Poudlard
Chap 33 : La mort d'Alia.
Sirius n'aimait pas cet endroit. Cette pièce du département des mystères où il avait retrouvé son filleul lui avait fait mauvaise impression dès qu'il y avait mis les pieds. Et quelque chose lui disait que l'énorme Arche en bas des gradins était la cause de son mal-être. Dès qu'il l'avait vu, au milieu des sorts et des maléfices, il en avait eu des frissons.
Une petite voix dans sa tête lui avait murmuré qu'il aurait mieux fait d'écouter Alia.
Il avait été surpris lorsque la petite elfe de son amie était apparue dans son salon et avait demandé à lui parler en privé. Il n'avait compris que trop tard qu'elle cherchait en fait à l'éloigner des membres de l'Ordres ! Lorsque la nouvelle arriva comme quoi Harry et un groupe d'élèves étaient au département des Mystères à se battre contre des Mangemorts, la petite elfe s'était arrangée pour intercepter le message d'alerte de Maugrey et le transférer à tous les autres membres de l'Ordre. Tous sauf Sirius.
Et cette petite mascarade avait marché. Pendant dix minutes. Puis, mu par ce même instinct qu'il aurait bientôt face à l'Arche, Sirius avait eu un mauvais pressentiment. Il avait voulu joindre Remus. Tonks. Maugrey. Pourquoi ? Aucune idée. Juste l'impression qu'il devait les appeler. Qu'ils étaient au courant de quelque chose de vital.
Ou de mortel.
Si un centaure avait été là, il aurait ricané en expliquant que le destin reprenait tout simplement son cours. Que la mort appelait ses victimes comme une sirène enjôleuse. Ils avaient prévenu cet être d'un autre monde que les choses se dérouleraient ainsi malgré ses efforts, et c'est précisément ce qui fit douter notre ex surveillante. Alia avait tout prévu. Sauf le pouvoir du destin. Après tout, elle n'avait jamais cru en une quelconque entité supérieure. C'était limite si elle ne se prenait pas elle-même pour un Dieu à connaître exactement ce qui arriverais dans le futur à la ligne de mot près !
Mais sa petite balade en forêt l'avait fait douter... Et elle avait décidé de vérifier le bon déroulement de ses plans. Bien lui en pris.
Lorsqu'elle avait débarqué au 12 Square Grimmaud depuis la cheminé du bureau d'Ombrage, elle tomba nez à nez avec un Sirius en colère et une Waemy en pleure.
-Pitié Monsieur ! La Maîtresse a demandé à Waemy de vous empêcher de partir ! Waemy ne peut pas décevoir sa Maîtresse !
-Alia ! S'écria l'adulte en la voyant sortir de l'âtre. Harry est au département des Mystères ! Maugrey et les autres y sont déjà, je les rejoins !
-Non ! Sirius attends !
La brune se jeta alors sur lui avant même qu'il n'ait le temps de sortir sa baguette.
-C'est trop dangereux ! Tu ne dois pas y aller !
-Écarte-toi ! Je dois aller les aider ! Ils ont besoin de moi !
-NON ! Tu... Si tu y vas, tu vas mourir !
Mais l'homme n'écoutait plus. Il n'avait qu'une seule idée en tête : sauver son filleul. Il la repoussa plutôt brutalement et transplanna. Alia se retrouva donc seule dans cette maison miteuse avec comme seul bruit, le tic-tac de l'horloge et les pleurs de Waemy.
-Waemy est désolée... Waemy n'a pas pu aider la Maîtresse... Waemy a échoué...
Alia ne l'écoutait pas. Elle réfléchissait à toute allure. Comment faire ? Elle n'avait plus aucun contrôle sur la situation. Sirius était au Département des Mystères. Il risquait de se faire tuer... Non, il allait se faire tuer ! Mais elle avait bien prévenu Dumbledore de comment tout allait se passer, il savait que Sirius était la personne la plus en danger, il ferait tout pour empêcher sa mort... Et s'il échouait ? "Échouer"... Waemy avait échoué. Alia aussi. Qu'est-ce qui empêcherais Dumbledore d'échouer à son tour ? Les centaures avaient raison, le destin semblait se remettre en place. Il voulait que Sirius meure. Sirius ou quelqu'un d'autre. Comment savoir qui risquait de mourir ? Harry ? Remus ? Tonks ? Qui sait ?
Attendre ici en silence était bien trop difficile...
-Waemy. Waemy regarde-moi.
Alia s'accroupit devant sa petite elfe qui pleurait toutes les larmes de son corps et se retenait de toutes ses forces de ne pas s'essuyer sur les manches de sa robe azur. Alia lui attrapa les mains tout en sortant un mouvoir en papier d'une de ses poches et entrepris d'essuyer les sanglots de son amie.
-Waemy, j'ai besoin de ton aide. Essaye de te calmer d'accord ? Tu es avec moi ?
-O-oui...
La petite elfe renifla fort en s'emparant du mouchoir. Alia posa alors ses mains sur ses épaules et la regarda dans les yeux.
-Waemy j'ai besoin que tu m'emmènes là-bas.
-Là-bas... ? Répéta la petite elfe sans comprendre.
-Au Ministère.
Les yeux rose pâle s'agrandirent de terreur.
-Non ! Maîtresse ! C'est bien trop dangereux ! Il y a de méchants hommes là-bas ! La Maîtresse ne peut pas y aller ! Waemy ne peut pas y emmener la Maîtresse ! Waemy ne pourra pas bien protéger la Maîtresse !
-Écoute moi Waemy ! J'ai besoin d'y aller, c'est important !
-Non !
La petite elfe se débattait entre les mains de son Maître comme si l'on cherchait à lui faire du mal. Elle voulait se téléporter ailleurs. Loin de sa Maîtresse avant que celle-ci ne lui demande de l'emmener à l'abattoir. Jamais une Moldue ne pourrait s'en sortir là-bas.
Mais Alia ne la laissa pas partir.
-Waemy ! Waemy écoute-moi, c'est un ordre !
La petite elfe arrêta de se débattre, tremblant de tous ses membres dans les bras de sa Maîtresse et pleurant aussi bruyamment que possible comme si elle voulait s'empêcher d'entendre les ordres absolus.
-Waemy... À Poudlard, dans le dortoir de Harry, il y a une cape. Une cape d'invisibilité cachée dans ses affaires. Je veux que tu trouves cette cape et que tu la ramènes immédiatement ici d'accord ?
-Da... d'accord... Maîtresse...
Et entre deux sanglots à vous fendre l'âme, la petite elfe se retrouva délivré de la prise d'Alia et disparu dans un craquement sonore.
Alia se retrouva seule pendant quelques minutes, avant que Waemy ne revienne avec la cape d'invisibilité de la Mort. Puis elles plongèrent toutes les deux au cœur des ténèbres.
Des sorts fusaient dans tous les sens. On se croirait en pleine guerre mondiale sous les coups de feu. Alia et Waemy s'étaient réfugiées dans un coin reculé de la salle, en haut des gradins et avaient été submergées par la terreur du combat. Tout n'était que cri et souffrance. À peine eue-t-elle posée les pieds dans la salle qu'Alia avait voulu partir. Se mettre à l'abri. Fuir. Vite et loin. Waemy avait érigé une barrière autour de la cape pour les protéger des tirs perdus, mais cela ne servirait plus à rien si elles se faisaient découvrir.
Du coin de l'œil, l'elfe veillait sur son Maître. Jamais elle ne permettrait qu'il ne lui soit fait du mal. Elle serait prête à mourir pour sa Maîtresse. Quelle idiotie de l'avoir emmené. Waemy s'en voudrait toute sa vie d'avoir mis sa Maîtresse autant en danger !
D'un coup, entre deux sorts croisés, Alia aperçu ce qu'elle cherchait. En bas de leur position, au centre des gradins de pierre, se trouvait un monticule avec une immense Arche de pierre recouverte d'un voile surnaturel. Et devant ce voile, se battait Sirius et Bellatrix.
Cela allait arriver. Maintenant. Elle le savait. La scène était comme dans ses souvenirs. Sirius allait mourir. Et elle n'aurait rien pu faire pour l'en empêcher. Elle aurait échoué.
Encore.
Waemy n'avait rien pu faire. Sa Maîtresse lui avait sifflé un ordre à travers les hurlements du champ de bataille. Malgré les cris et le sifflement des sorts, la petite elfe avait très bien entendue. Elle ne pouvait pas faire semblant, elle ne pouvait pas désobéir. Elle avait fermé les yeux et laissé échapper les dernières larmes que son corps pouvait encore produire, tandis que cet ordre raisonnait à ses oreilles.
-Waemy. Rentre à la maison.
La petite elfe disparue alors. Dans un bruit de craquement sinistre. Comme si la mort venait de mettre ses derniers rouages en marche.
Bellatrix ne comprenait plus rien. Elle qui s'amusait dans un duel mortel avec son détestable cousin, voilà que ce dernier lui avait offert une ouverture. Elle avait saisi sa chance. Le sort d'un vert mortel avait fusé vers le visage provocateur de son cousin. Elle allait enfin lui effacer ce stupide sourire ! C'est alors qu'elle apparue. Une femme sortie de nulle part juste devant sa cible. La folle Mangemort vit son rayon de magie s'enfoncer dans le dos de cette inconnue qui resta un moment sans bouger, à peine retenue par les bras de Sirius.
Puis la silhouette bascula. Et tomba à travers l'Arche.
Alia sentis le sort la toucher. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle ne ressenti aucune douleur. La cape d'Harry gisait à ses pieds et elle eue le temps de relever la tête, pour contempler sa victoire. Sirius était là. Il était vivant. Il la regardait d'un air profondément choqué, surpris de la trouver là.
Alors Alia sourit. Avec ce qui lui restait de vie, elle envoya un signe mental au destin, lui adressant un magnifique doit tout en se sentant tomber à travers le néant.
-J'ai réussi...
Rien.
Il n'y avait plus rien.
Alia voguait à travers un néant total. La voilà morte.
Quel étrange sentiment étais-ce que la mort. Elle qui pensait se retrouver dans un lieu tous blanc tel la gare de King's Cross, elle n'était en fait nul part. Seul le néant l'avait accueilli. Un néant ni froid, ni chaud. Elle n'avait même plus de corps pour savoir si elle était debout sur ses pieds, ou voguant tel un esprit perdu. Où devait-elle aller ? Que devait-elle faire ? Avait-il quelque chose à faire ? Ou bien devait-elle juste rester comme cela, inerte à tout jamais ?
Pourtant, soudainement, elle eue l'impression d'être quelque part. L'impression que le néant avait désormais une couleur. Oui. C'était blanc. Elle avait eu du mal à le voir, mais c'était bien vrai. Le néant était devenu blanc. Avant même de s'en rendre compte, elle avait des pieds. Et elle marchait le long d'un chemin. Ou d'un quai. C'était cela, c'était un quai. Le quai d'une rame de métro. Tout était blanc. Les murs, le plafond. Elle voyait plus loin une sorte de passerelle pour atteindre le quai d'en face et des escaliers. Sur le mur nu, se trouvait un panneau. Elle connaissait ce panneau. Tout comme elle connaissait ses lieux. C'était un métro à Marseille. L'arrêt de métro de la Blancarde. Elle le savait. Elle en était sûre. Elle reconnaissait ce lieu, d'un blanc étincelant au plafond si haut qu'on se demandait s'il s'agissait vraiment d'un métro sous-terrain. Pourtant, quelque chose sonnait faux. Tout était trop blanc. Trop vide. Trop silencieux.
Dans un coin de sa tête, Alia se rappela des paroles de Dumbledore lorsqu'Harry était mort. Il devait prendre un train. Pour partir.
Sitôt cette pensée effleura l'esprit d'Alia qu'elle entendit un son. Comme un grondement dans les entrailles de la terre. Puis un souffle de vent sembla lui effleurer la peau sans qu'elle ne ressente rien.
Le métro arrivait. Il ne lui restait plus... qu'a monter dedans...
Alia ouvrit les yeux. Mais il faisait tellement noir qu'elle se demanda si elle n'était pas devenue aveugle.
Elle ne pouvait pas bouger. Comme si tout son corps pesait bien trop lourd pour sa seule force. Elle cligna des yeux, essayant de percevoir quelque chose dans ce nuage étrange qui lui comprimait l'esprit. C'était comme se réveiller après un long rêve. Quand la réalité vous semble encore lointaine et floue. Au bout d'un moment, la vision sembla revenir à la brune et elle remarqua qu'elle était allongée dans un lit. Les draps étaient propres et lisses, avec une odeur de savon diffuse. Alia voulut tourner la tête, mais tout ce qu'elle fit, c'est tirer sur un câble. S'arrêtant sur cette sensation désagréable, elle essaya plutôt de lever son bras jusqu'à son visage. Un tube en plastique était posé sous son nez comme pour l'aider à respirer et un autre partait de son coude et s'étirait jusqu'à une étrange machine près de son lit. Elle était donc dans un hôpital ? Impossible de voir plus loin que la plante de ses pieds tellement le lieu où elle se trouvait était sombre.
Ignorant ses muscles ankylosés qui semblaient ne plus avoir servi depuis des siècles, elle se redressa sur ses coudes. Ce simple geste réussi à lui faire lâcher un râle de douleur, puis elle poussa la souffrance plus loin en faisant pivoter son torse vers sa droite. Là, sur une table de chevet, se trouvait un vase dont elle n'arrivait pas à savoir s'il était vide ou plein, et l'ombre de ce qui semblait être une chaise.
C'est alors qu'elle entendit un son. Tout comme la première fois qu'elle avait ouvert les yeux, ce bruit lui sembla si étrange. Comme irréel. Le son du tissu qui ondule et quelqu'un qui s'approche. Ainsi, même sans le voir, Alia ressentit la présence de l'autre, qui sembla s'arrêter net à quelques pas d'elle.
-M-Maîtresse ?...
Alia reconnue cette voix aussitôt. Comment l'oublier.
-Wae... my... Dit-elle d'une voix aussi sèche que roque.
La suite fut confuse. L'elfe de maison explosa en une multitude de bruits divers et varié. On entendait des pleurs, des rires, des cris de joie et de soulagement. Alia senti le petit corps chaud se jeter dans ses bras en essayant de lui faire le moins de mal possible et la brune la serra aussi fort que ses muscles le lui permettait.
-Je suis là Waemy... Je suis là...
Les cris de la petite elfe avait vite fait de réveiller Madame Pomfresh qui débarqua en trombe en tirant les rideaux. S'en suivi un examen minutieux de plusieurs minutes durant lesquelles Alia la bombarda de questions. Mais Madame Pomfresh refusa de répondre à aucune d'entre elle. Se contentant de finir son examen en silence, tout en lançant quelques regards étranges vers notre brune. La seule information qu'Alia pu glaner fut la date. Trois jours après la bataille du Ministère. Elle était resté dans le coma trois jours entiers...
Au bout d'un moment, elle repartit en laissant le rideau ouvert. Comme elle avait allumé la lumière, Alia pu aisément reconnaître l'infirmerie de Poudlard. Elle se souvient du jour où elle y avait accompagné Drago... et Hermione. Si on lui avait dit qu'un jour, ce serait elle qu'on mettrait dans un lit...
À sa droite, se trouvait l'énorme machine à laquelle elle était reliée par des câbles. Elle était en tout point semblable aux machines qu'on voyait dans les films ou les séries comme Docteur House. Que faisait ce genre d'appareil Moldue dans l'Infirmerie du Château ? Alia en avait une petite idée...
Elle avait des millions de questions à poser, malheureusement, sa petite elfe de maison était bien trop sous le choc de retrouver sa Maîtresse pour lui donner les réponses qu'elle attendait. Mais arriva bien vite quelqu'un qui pus tout lui raconter.
Appelé par Madame Pomfresh dès qu'elle eut fini son examen, Albus Dumbledore arriva dans l'infirmerie.
-Je suis désolé.
Alia regardait le directeur qui venait de s'excuser avec l'air le plus sincère qu'elle n'ait jamais vu.
-Tout est arrivé par ma faute... Si seulement... Je vous avais fait confiance...
-Comment ça ? De quoi parlez-vous ?
-De ce qui s'est passé au Ministère... Et de tout ce qui est arrivé avant...
Le directeur prit une grande inspiration. Waemy leur avaient porté du thé et des gâteaux, mais aucun des deux n'avait voulu y toucher. Le directeur avait gentiment demandé à la petite elfe de le laisser seule avec sa Maîtresse et Waemy s'était exécuté après avoir eu l'autorisation d'Alia.
-Que s'est-il passé... Commença Alia. Au ministère. Quand je me suis interposé entre Sirius et le sort de mort ?
-Vous avez été touché... Merlin que cela à été horrible... Toute la salle s'est arrêtée quand nous avons entendu le cri de Black. Nous vous avons vu passer au travers du voile de la mort... Et...
-... Et ?
-Et vous êtes réapparu de l'autre côté. Vous écrasant sur le sol.
Alia écarquilla les yeux si grands qu'elle s'en fit mal à la tête.
-QUOI ?!
Oh ça devait être magnifique !
Je me suis étalée... devant tout le monde ? C'te honte...
-Que savez-vous sur cette Arche, Alia. Commença Dumbledore en changeant de sujet.
-Heu ben... Que c'est un passage vers le monde des morts ?
-Exacte... Et normalement, passer au travers du voile vous offre un voyage direct pour l'au-delà... Ors, vous êtes passé au travers, et avez survécu.
-C'est...
-Impossible ? Inexplicable ? Complètement fou ? Allez-y, je vous en prie, j'ai déjà utilisé tous les adjectif possible et imaginable.
Alia resta silencieuse un moment. Essayant de digérer l'information.
-Pourtant, j'ai pris le sort...
-Oh oui. Cela aussi, c'est plus qu'étrange... J'avais déjà entendu parler de ce genre de sacrifice, mais en général, c'est la personne protégée qui survit... Pas le sacrifice. Lily et Harry Potter en sont des preuves directes.
Alia n'écoutait même plus le directeur. Son esprit mettait les pièces du puzzle dans le bon ordre. Enfin, tout cela prenait sens...
-Je n'arrive pas à croire... Que j'ai pu douter de vous...
-Pardon ?
Alia fixa à nouveau son attention sur le directeur qui semblait en proie à un gros problème de conscience.
-Je vous ai abandonné... Je me suis dit que, même en connaissant le futur, vous ne faisiez rien pour empêcher son déroulement. Je me suis dit que le destin allait arriver quoi que l'on face. Je me suis dit, mieux vaux laisser faire les choses pour être sûr de notre victoire, plutôt qu'essayer de tout modifier et peut-être empirer les choses... C'est pour ça que je n'ai rien fait après votre renvoi. Je me suis dit que comme ça, les choses reprendraient leur cours normal... J'avais besoin de sentir que je contrôlais la situation, plutôt que de vous confier l'avenir du monde sorcier.
Le vieil homme semblait désemparé. Alia ne l'avait jamais vu aussi seul et faible de sa vie... Aujourd'hui, il ne ressemblait plus qu'à un vieil homme complètement dépassé par la situation.
Alia avait de plus en plus de mal à soutenir la vision que lui offrait le directeur. Elle laissait son regard se perdre dans les rideaux blancs qui les séparaient du reste de l'infirmerie.
-Vous l'avez sauvé vous savez ? Continua Dumbledore avec un sourire plus triste qu'autre chose. Vous avez sauvé Sirius.
-Je sais.
-Non, vous ne savez pas.
L'homme se redressa sur sa chaise et Alia tourna la tête dans sa direction. Leurs regards se croisèrent. Les yeux bleus, tristes et suppliants, et les yeux marron, vides et lasses.
-Vous vous êtes sacrifié pour le sauver. Désormais, Bellatrix Lestrange ne pourra plus jamais attenter à la vie de Sirius Black.
Les mots restèrent un moment en suspension dans l'air, comme une promesse trop belle pour être vraie.
-Mais... Commença la brune. Ce n'est pas un vrai sacrifice. Je suis toujours en vie...
-Et vous savez pourquoi n'est-ce pas ?
Alia ne répondit pas, son regard se perdit une nouvelle fois dans les rideaux blancs.
-Saviez-vous, avant de vous mettre devant le tir de Lestrange, que vous étiez insensible à la magie ?
Voilà, il l'avait dit. C'était la vérité. Elle le savait.
-Je crois... qu'au fond de moi, je l'avais toujours su... Mais ce n'est pas en me disant que je survivrais peut-être que je me suis interposé. Je voulais surtout prouver, que je pouvais faire quelque chose pour changer ce monde. Que j'existais, et que je n'étais pas impuissante.
-Si c'était vraiment votre état d'esprit, alors, Sirius bénéficie désormais de votre protection.
Le silence se fit à nouveau. Seuls les bips énervants de la machine qui semblaient parfois se détraquer à cause de la trop grande quantité de magie des lieux, venait troubler leur quiétude.
Alia se dit que ce n'était plus si étonnant de trouver cette machine à ses côtés, puisque les sorts de guérisons n'avaient aucun effet sur elle. Est-ce que le fait qu'une telle machine fonctionne voulait-il dire que tous les objets électronique proche de la surveillante pourront fonctionner ? Sympa comme super pouvoir... Elle sourit en imaginant Madame Pomfresh galérer avec l'utilisation d'une machine Moldue pour maintenir ses signes vitaux en bon état durant son coma...
Dire qu'elle s'était évanouie uniquement sous le coup de l'émotion et de la peur de mourir... On avait déjà fait plus glorieux !
-J'ai tout de même... une question. Continua Dumbledore.
-Je vous écoute.
-Il y a deux ans... Lorsque vous étiez venue me voir dans mon bureau pour me proposer notre contrat... Est-ce que vous le saviez déjà ?
Alia sourit. Un sourire triste comme jamais le directeur n'avait eu l'habitude de voir. Elle savait parfaitement de quoi parlait le Directeur. Il en avait mis du temps à comprendre.
-Bien sûr.
-Alors... ce contrat était truqué.
-Totalement ! Je savais parfaitement que vous ne pourrez jamais me renvoyer chez moi.
Alia se redressa légèrement sur ses oreillers et arrangea ses cheveux tout en continuant son discours.
-Je le savais, tout comme j'ai compris avec le temps que je semblais repousser la magie. Mon ordinateur et téléphone portable n'avaient aucune difficulté à fonctionner malgré les ondes magiques des Poudlard. Et pourtant, Waemy avait pu utiliser sa magie pour maintenir la batterie au maximum en permanence. Preuve que, quelque part, j'étais sensible à la magie des elfes. Pareil pour le transplannage. Waemy peut m'emmener où elle veut, tout comme je peux utiliser le réseau de cheminées, mais je mettrais ma main à couper que je ne bougerais pas de ma place si vous essayez de me faire transplanner avec vous.
Alia fit une pause. Elle avait l'impression d'être à deux doigts de pleurer, mais qu'aucunes larmes ne venaient perler à ses yeux secs.
-Quand je pense... à chez moi... à mes amies et ma famille. À toutes ses choses que l'on avait prévue de faire. À nos vacances ensembles. À nos futures études. À nos projets d'avenir... Quand je repense à tout ça... je me souviens juste que je ne pourrais plus jamais retourner à mon ancienne vie...
Alia leva sa main devant elle, comme pour attraper les poussières qui filtraient à travers la lumière. L'aube commençait à pointer le bout de son nez, elle voyait les fins rayons de soleil d'été traverser les hautes fenêtres de l'infirmerie.
-Jamais... car ce putain de métro m'a tué.
Été 2016. Marseille. France. Station de métro La Blancarde.
-Ima nanjika oshiete, Yume to itte dakishimete
Je fredonne doucement les paroles de l'opening tout en faisant attention à ne pas me faire entendre des personnes présentes. D'habitude, je ne chante pas en public. Pour la simple et bonne raison que la plupart de mes musiques sont soit en anglais soit en japonais. Deux langues que je ne sais pratiquement pas parler. Mais là, c'est différant. Il s'agit de la seule chanson japonaise que je connaisse par cœur. Enfin, je n'ai pas trop de mérite. Elle a un tempo lent et est assez répétitive… C'est l'openning de ma série préférée.
-Tomari kaketa atashi no konoro o ugokashite
Le métro arrive enfin, je l'entends gronder dans la galerie. Ça tombe bien, je n'en peux déjà plus d'attendre ! Il fait tellement chaud… Mais je sais que la suite sera pire. Prendre le métro marseillais jusqu'à la gare Saint Charles en plein mois d'août, n'était pas à proprement parlé, une partie de plaisir. Je tire un peu sur mon T-shirt, sous ma salopette courte, pour m'éventer tout en remontant mon sac à dos en jeans sur mes épaules. Le souffle d'air du métro précède son arrivé, comme une brise salvatrice. Je récupère donc la pochette de mon ordinateur à mes pieds et fait un pas vers le quai, la musique toujours à fond dans mes écouteurs.
-Onegai…
Quelque chose ne va pas. Je le comprends immédiatement en voyant le métro sortir du tunnel comme un missile ! Il percute le mur de fin du tunnel dans un bruit assourdissant. Comme dans un cauchemar, le monstre de métal quitte les rails et se fait éjecter sur le quai où se trouvent des dizaines de Marseillais. Tout le monde est bien trop surpris pour régir. Et avant même que je n'ai pu pousser le moindre cri, la carcasse de métal s'abat sur moi, me brisant comme une vague de mort.
Waemy posa le plateau sur la table de chevet de sa Maîtresse. Cette dernière n'avait plus dit un mot depuis le départ du directeur du château. Waemy détestait voir sa Maîtresse comme ça, mais elle ne pouvait que respecter son silence.
-Si la Maîtresse le veut. La Maîtresse peut pleurer. Dit-elle de sa petite voix. Sûrement que la Maîtresse se sentirait mieux si elle évacue ce qu'elle a sur le cœur...
Alia lui sourit tendrement sans rien ajouté. C'est alors qu'un grand bruit résonna dans l'infirmerie. Le rideau blanc qui les isolait du reste des lieux fut tiré, les faisant sursauter, et le visage furieux de Severus apparu devant eux.
-Alia...
Le professeur de potion semblait dans un état impossible. Jamais la petite elfe ne l'avait vu aussi hors de lui. Par instinct, elle se plaça entre lui et sa Maîtresse, mais cette dernière posa une main rassurante sur la tête de la petite elfe.
-Tout va bien Waemy... Peux-tu nous laisser un instant ?
La petite elfe hocha la tête, bien que pas très rassuré de laisser un homme aussi en colère avec sa chère Maîtresse, puis sauta du lit pour disparaître derrière les rideaux.
Les deux adultes restèrent ainsi un moment, en silence, sans qu'aucun n'ose prendre la parole.
Severus sembla essayer de se calmer un peu, mais ses efforts ne durèrent pas longtemps.
-Pourquoi tu as fait ça ?
-Il va falloir être plus précis Sev'...
-Je ne plaisante pas Alia. Pourquoi tu y es allé ? C'était de loin la chose la plus dangereuse que tu n'aies jamais faite !
-Dumbledore t'a tout raconté ?
-Dumbledore ? Ne te fous pas de moi ! Tout l'Ordre sait ce qu'il s'est passé au Ministère ! Tu y es allé sans aucune arme ni protection et tu t'es interposé entre Black et un sortilège de mort !
-Et tu veux savoir quoi au juste ?
-Pourquoi ?! Hurla l'autre. Pourquoi tu y es allé ? Pourquoi t'être interposé ? Pourquoi tu n'es pas... Pourquoi...
Pourquoi tu n'es pas morte ?
Comme si son soudain éclat de voix l'avait vidé de toutes ses forces, le noiraud peinait maintenant à trouver ses mots. Alia lui offrit un sourire désolé et lui proposa de s'asseoir sur la chaise. Ce qu'il fit. Pour se relever juste après.
-Je n'arrive pas à croire que tu sois aussi inconsciente ! Tu aurais pu mourir ! Tu... tu aurais dû mourir...
-Severus, calme-toi. T'énerver comme ça n'avancera pas les choses. Assis-toi et je te raconterais tout.
-Tout ?
Il la regarda dans les yeux. Alia soutient son regard dans lequel il ne lisait plus aucuns mensonges.
-Tout.
Il retourna s'asseoir, fixant cette femme qu'il considérait comme son amie. L'heure des révélations était arrivée. Il se devait de l'écouter le plus attentivement possible.
-Tout d'abord Severus... Sache que ce que je vais te dire va te paraître complètement fou. Je veux que tu m'écoutes jusqu'au bout avant de poser la moindre question.
-C'est d'accord.
Alia prit une grande respiration... et se lança.
Elle raconta tout. Son année de naissance. Sa vie dans un monde dépourvu de magie. Les romans Harry Potter. Les films. Son amour pour cette histoire fictive. Son accident. Sa mort...
Son arrivée dans ce monde il y a deux ans et le pacte qu'elle avait passé avec Dumbledore. Sauver les victimes de la Guerre pendant qu'il chercherait un moyen de la ramener chez elle. Elle lui dit qu'elle n'était pas voyante, qu'elle connaissait juste ces histoires, car dans son monde d'origine, elle les avait lus et relus des centaines de fois. Elle lui dit qu'elle connaissait tout son passé. Sa vie d'enfant avec Lily. Son amour. Sa traîtrise. Sa peine. Ses remords. Sa volonté de rédemption. Tout.
Quand elle eut fini son récit, Severus resta encore longtemps dans le silence. Son visage ne laissait transparaître aucune émotion. Enfin, il finit par se redresser et laisser son regard se perdre dans les rideaux blancs.
-Et tout ça... Tu ne l'as jamais dit à personne...
-Jamais vraiment... en entier...
-Pas même à Dumbledore ?
-Dumbledore savait que je ne venais pas de ce monde. Mais... Je ne lui avais pas dit pour... le métro. Pas avant il y a quelques heures.
-Je vois.
Le professeur retourna dans le silence. Un silence pesant. Alia se surprit à se tordre les mains, mue par un stress qu'elle n'avait plus l'habitude de ressentir.
-Tu... tu me crois n'est-ce pas ?
Severus daigna enfin tourner son regard vers elle. Leurs yeux se croisèrent à nouveau, et tout comme elle avait été franche avec lui, il fut franc avec elle.
-Oui. Je te crois.
-Alors... Pourquoi semble-tu... si déçu ?
Le noiraud soupira. Passant une main dans ses cheveux gras et relevant son visage vers les rideaux qui semblaient être la chose la plus passionnante du monde.
-C'est juste que je me dis... qu'en fin de compte tu n'as jamais fait confiance en personne. Malgré tes beaux discours. Tu étais toujours seule à te battre.
Alia senti un poids horrible lui tomber sur la poitrine. Comme si son cœur venait de se figer dans une prison de pierres. Elle chercha à croiser le regard de Severus, mais ce dernier l'évitait.
-C'est faux ! Je te fais confiance ! Severus, tu es la personne en qui je fais le plus confiance dans ce château ! Tu dois me croire !
Mais l'autre ne la regardait même plus. Comme un noyé cherchant une bouée, Alia se pencha en avant pour attraper la main de son ami.
Ce geste surprit le professeur de potion, mais il se laissa faire.
-Tu te trompes Sev'... Moi, plus que n'importe qui en ce monde, sais en qui je peux placer ma confiance. Je vous connais. Tous. Je connais vos passés, vos futurs, vos buts et vos rêves. Si je n'ai rien dis ce n'est pas par manque de confiance Severus. Non. C'était pour vous protéger. Je suis morte une fois, sans rien accomplir dans ma vie d'avant. Ici, je me sens importante et utile. Je ferai tout pour sauver ceux qui le méritent. Et personne... Personne, répétât-elle plus fort. Personne ne mérite d'être sauvé plus que toi Severus.
Le noiraud la regarda enfin dans les yeux. Merlin... Qu'il aimerait croire à ses paroles. Comment quelqu'un qui savait tout de lui, à quel point il avait péché... Comment pouvait-on lui accorder ainsi le pardon ? Le méritait-il vraiment ? Au fond de lui, il voulait y croire. Il voulait rencontrer l'homme qui se reflétait dans les yeux d'Alia. L'image d'un homme qui méritait de vivre et d'être heureux. Il voulait toucher à ce bonheur qu'elle semblait lui autoriser.
Alia le regardait en silence, les yeux humides. Il voyait les larmes perler enfin à la surface de sa carapace. Elle qui avait tout perdu, qui avait été envoyé dans un monde différent, si lointain de son monde a elle. Elle avait dû garder la tête haute et assumer. Même si derrière, elle tremblait de peur comme un enfant lâché dans le monde des adultes. Merlin que Severus connaissait ce regard... C'était exactement le même que le siens.
Severus se leva alors de sa chaise et vient s'asseoir sur le bord du lit de son amie.
-Viens. Dit-il dans un murmure.
D'une main qui se voulait rassurante, il approcha Alia de son épaule où elle se laissa glisser. Au chaud dans cette étreinte si longtemps attendu, elle commença enfin à pleurer. Elle pleura pour sa famille. Elle pleura pour ses amies. Elle pleura toute sa peine et sa peur. Elle était terrorisée. Depuis le premier jour, à chaque seconde de chaque instant, elle avait peur. On lui donnait des objectifs bien trop grand qu'elle ne pensait jamais atteindre. Et elle devait les affronter seule.
Plus maintenant. Maintenant elle pouvait enfin pleurer sur l'épaule de quelqu'un. Maintenant elle avait des amis à qui se confier. Des personnes pour l'aider dans sa tâche.
Tout en la serrant contre lui, Severus se promis de ne jamais l'abandonner. Quoi qu'il arrive, il serait là. Et ensemble, ils gagneront cette guerre.
Ensemble, ils vaincront les ténèbres.
[Fin du Tome 5]
Voilà voilà... Comme promis, les révélations tant attendues depuis le commencement de cette fic ! Autre chose aussi que je n'ai pas eu le temps de dire ici mais qu'il faut savoir : depuis que Alia a été transportée dans le monde de HP, elle est capable de parler et écrire toutes les langues dans lesquelles les livres d'Harry Potter ont été traduit. Ce qui comporte donc l'Anglais (langue d'origine) et le Japonais. Je voulais qu'elle puisse vraiment communiquer avec les autres personnages sans passer par toute cette phase d'apprentissage de la langue (c'est cheaté, vous pouvez le dire) ce qui signifie donc qu'Alia est capable de parler et écrire couramment, pas moins de 79 langues ! (Ouais... totalement cheaté...)
Si vous avez des questions, n'hésitez surtout pas à les poser en Review ou MP, le prochain chapitre commencera par Alia qui répondra aux questions des membres de l'Ordre, je me servirais donc de vos interrogations pour écrire ce passage ^^
J'espère que ce chapitre vous aura plus et je vous dis à la prochaine soit en 2018 ! Bonne fêtes à vous mes petits PotterHeart !
