Bonjour

Voici le chapitre 37. Il marque la dernière apparition de Benny dans cette histoire. On approche à grand pas de la fin de cette histoire. Je suis actuellement en train d'en écrire une autre.

Merci de continuer à me lire et à m'écrire. Vous êtes formidables.

Bonne lecture et à jeudi

Sydney8201

Musique du chapitre :

Titanium de Madilyn Bailey

Chapitre 37 : Victoire

« Se battre ne suffit pas. C'est le courage qu'on met dans le combat qui en détermine l'issue. C'est le courage qui remporte la victoire. »

George Marshall

Trenton ne leur avait même pas laissé une chance de repasser à l'hôtel pour se changer, prendre une douche ou dormir quelques heures. Il semblait avoir peur qu'ils prennent la fuite ou mettent au point un plan pour duper le FBI. Ce qui était ridicule. Castiel était déterminé à parler. Il ne cacherait rien. Il savait exactement ce qu'il devait faire pour obtenir ce qu'il désirait. Et il ne voulait rien aussi fort qu'il ne souhaitait pouvoir vivre une vie normale avec l'homme qu'il aimait.

Pour cela, il allait devoir tout dire. Parler de chaque contrat. De chaque client. Des dirigeants impliqués. Des sociétés fictives. Des différents trafics. Il n'avait pas peur de parler. Il n'avait même pas vraiment honte de son implication. Il estimait que tout ceci faisait aujourd'hui parti de son passé. Il ne le reniait pas mais il voulait s'en détacher et passer enfin à autre chose.

Dean fut autorisé à l'accompagner à sa grande surprise. Il avait pensé que Trenton chercherait à les séparer. Peut être pour les interroger chacun de leur côté et s'assurer que leurs deux discours collaient. Mais visiblement, son petit ami ne serait pas questionné. Il savait certaines choses mais pas suffisamment pour être intéressant. Castiel était leur seule cible et leur témoin clef. Il serait le seul à passer sur le grill.

Ils furent conduits à l'antenne locale du FBI. Benny les y attendait, entouré de plusieurs autres agents. Il ne salua ni Castiel ni Dean. Il avait le visage fermé et les yeux froids. Il était évident qu'il n'aimait pas l'idée d'être là ou d'avoir à parler à Castiel. On l'avait probablement contraint à le faire puisqu'il était celui qui avait passé le marché avec lui.

Dean sembla sensiblement blessé que son ancien coéquipier et ami ne lui adresse même pas un petit signe de la main ou de la tête. Castiel plaça une main dans le bas de son dos quand ils pénétrèrent dans le bâtiment pour lui assurer qu'il avait compris et qu'il était là pour lui. Il ne pouvait pas se permettre beaucoup plus ainsi entouré d'une dizaine d'agents de FBI. Il se promit toutefois de réconforter le jeune homme plus longuement quand ils seraient enfin seuls.

Benny les conduisit dans une salle d'interrogatoire au dernier étage puis les laissa seul le temps d'aller récupérer le matériel nécessaire à l'enregistrement de l'entrevue. Dean prit place en bout de table pour ne pas risquer d'être dans le champ de vision de la caméra. Castiel, quant à lui, s'installa sur une chaise faisant face à une autre, dos à la glace sans teint derrière laquelle des agents curieux devaient probablement se presser pour observer l'entrevue.

Il ne pouvait pas prendre le jeune homme dans ses bras ou l'embrasser comme il en avait envie sans que tous ces témoins le voient faire. Il n'avait pas honte de sa relation avec le jeune homme. Mais il ne voulait pas se donner en spectacle non plus. Et il était sûr que Dean ressentait la même chose.

Il se contentèrent donc de se regarder dans les yeux. Ils n'avaient pas vraiment besoin de mots pour se comprendre de toute façon. Un regard suffisait. Il lut dans les yeux de son petit ami qu'il était stressé mais également soulagé. Qu'il était impatient que tout soit enfin fini et qu'il était fatigué par leur journée. Il lui sourit pour lui faire comprendre qu'il allait bien de son côté. Il savait que son petit ami était également inquiet pour lui.

Benny finit par revenir après quelques minutes. Il avait un café dans la main et un bloc note dans l'autre. Un homme se tenait derrière lui avec une caméra et un dictaphone. Castiel les regarda installer le matériel. Il reporta ensuite son attention sur Benny quand l'autre agent eut quitté la pièce.

Pendant une seconde, il eut envie de lui demander s'il pouvait avoir un café lui aussi. Lui rappeler qu'il était malpoli de ne pas en proposer un. Il ne voulait toutefois pas braquer Benny plus qu'il ne l'était déjà. Et il voulait également faire en sorte que Dean soit fier de lui. Il devait se montrer sous son meilleur jour même si ce n'était pas facile quand il était face à quelqu'un d'aussi ouvertement hostile.

Benny déclencha finalement la caméra puis donna la date, l'heure et le lieu à haute voix. Il demanda ensuite à Castiel de décliner son identité. Une fois tout ceci fait, Benny rappela que Castiel était sous serment et qu'il s'engageait à dire la vérité. Il rappela l'existence du marché passé entre eux puis rappela qu'en cas de témoignage satisfaisant, Castiel se verrait accorder l'immunité conformément au document signé.

C'était la procédure et Castiel la connaissait déjà. Il ne s'agissait pas de son premier interrogatoire. Cette fois, il comptait parler. Jusque là, il était toujours resté silencieux. Il avait fait quelques plaisanteries et provoquer son interlocuteur pour qu'on le laisse tranquille. Mais la situation était différente cette fois. Castiel avait tout intérêt à parler. Il jouait gros dans cette histoire.

Benny ne perdit pas une seconde de plus et, après avoir annoncé qu'ils étaient surveillés par son supérieur et que tout ce qui serait dit dans cette pièce serait ensuite utilisé durant le procès, il commença à poser des questions à Castiel.

Les premières étaient uniquement vouées à planter le décor. Castiel dut expliquer sa fonction au sein de l'organisation, ses relations avec Crowley et la façon dont il l'avait rencontré. Il n'omit aucun détail et répondit sans cacher la moindre information.

Benny prit quelques notes bien que l'entrevue soit filmée. Il semblait avoir besoin de quelque chose pour l'occuper. Il ne regardait pas Castiel dans les yeux. Il avait le regard braqué sur sa feuille de papier. Il n'avait pas non plus jeté le moindre coup d'œil à Dean depuis son arrivée dans la pièce. Castiel savait que son attitude blessait son petit ami mais il ne pouvait pas le lui faire remarquer. Ce n'était pas le sujet de leur discussion.

Ils rentrèrent ensuite doucement dans le vif du sujet. Castiel commença à donner des noms. Il lista tous les endroits qui servaient de cachette pour les employés de Crowley ou de cache pour leur marchandise. Il donna les noms de leurs clients, de leurs partenaires et de leurs fournisseurs. Il lista ensuite les sociétés dont Crowley se servait pour blanchir son argent puis le nom de banques aux États Unis ou ailleurs qui détenaient leurs comptes en banque.

Une heure s'écoula durant laquelle il parla sans réellement s'interrompre. Il retraça les quinze dernières années de sa vie sans omettre le moindre détail. Il parla des meurtres. Des tortures et des trafics auxquels il avait participés. Il fit en sorte que le lien avec Crowley soit évident. Il n'épargna pas ni son ancien mentor ni les personnes avec lesquelles il avait été amené à travailler un jour. Il finit par donner le nom de plusieurs personnes haut placées – politique ou chefs d'entreprises – pour qui il avait travaillé ou qui avait accepté de les couvrir contre une belle somme d'argent.

Quand la deuxième heure se termina, il était épuisé et il avait la gorge sèche. Mais il avait fini de parler et il était plutôt satisfait. Il se tut donc et regarda Benny. Il ne savait pas si l'agent avait d'autres questions pour lui ou s'il était lui aussi content de tout ce qu'il avait dit. Il avait toujours les yeux sur son bloc note et ne semblait pas avoir envie de reprendre la parole.

Castiel lui laissa quelques secondes mais, quand il fut évident qu'il ne dirait rien, il rompit le silence.

- Je vous ai dit tout ce que je sais. Je témoignerais au procès si vous le jugez nécessaire. Mais je ne peux pas faire plus aujourd'hui et je dois vous avouer que je suis épuisé alors … si vous avez une question, posez la. Sinon, je pense qu'on en a fini.

Benny releva finalement le nez de son bloc note. Il avait toujours le visage aussi fermé et les yeux aussi sombres.

Je suis le seul ici à pouvoir décider si nous en avons fini ou non. Et je ne suis pas sûr que vous m'ayez tout dit.

- Benny, lança alors Dean, visiblement agacé par l'attitude de son ancien coéquipier.

Monsieur Winchester, vous n'êtes ici que parce que nous vous en avons accordé le droit et je pourrais vous faire sortir sans problème. Je vous prierais donc de ne pas intervenir puisque tout ceci ne vous concerne pas. Et quand vous vous adressez à moi, j'aimerais assez que vous m'appeliez Agent Laffite.

Benny avait dit tout cela sans regarder Dean. Il avait choisi de le vouvoyer et de le remettre à sa place pour lui faire du mal. Castiel savait que son attitude n'avait rien à voir avec les gens qui les écoutaient ou avec la présence d'une caméra dans la pièce. Il sentit aussitôt la colère monter en lui. Benny avait le droit de le détester. Mais il ne pouvait pas manquer ainsi de respect envers son petit ami. Dean ne le méritait clairement pas.

- Monsieur Winchester ? Répéta Dean, visiblement surpris lui aussi par la façon dont son ancien ami s'adressait à lui.

- Cet entrevue ne sera terminé que lorsque je l'aurais décidé. Et une nouvelle fois, je ne suis pas encore complètement sûr que vous m'ayez tout dit.

Benny semblait déterminé à ignorer Dean au maximum. Du coin de l'œil, Castiel vit le jeune homme baisser les yeux et serrer les poings. Il était blessé et vexé. Il aurait peut être été préférable qu'il ne soit pas là en fin de compte.

- Je vous ai dit tout ce que je savais. Je vous ai donné tous les noms et toutes les informations en ma possession. Je ne vois pas ce que vous voulez de plus, lâcha t-il alors.

Vous avez travaillé quinze ans avec Fergus Mac Leod et vous allez me faire croire que ce sont les seules choses que vous en avez retiré ? Vous étiez son bras droit et son successeur.

- J'étais l'un de ses bras droit. Et peut être envisageait-il de faire de moi son successeur mais il ne me disait pas tout pour autant. Il va falloir obtenir le reste des informations directement auprès de lui. Mais il me semble que vous en savez suffisamment pour le faire plonger. C'était notre deal. J'ai respecté ma part du marché. A vous d'en faire autant.

Benny ricana alors une seconde. Il serrait son stylo dans sa main et semblait lui aussi avoir du mal à rester calme. Il ne pouvait toutefois pas s'emporter tant que la caméra les filmait. Il devait lui aussi se montrer sous son meilleur jour. Il était évident que ce n'était pas plus simple pour lui que ça ne l'était pour Castiel.

- Vous trouvez peut être tout cela drôle Agent Laffite ou peut être cherchez vous juste à vous donner un air mais dans tous les cas, je n'ai rien de plus à vous dire. Et je suis convaincu que vous le savez aussi. Mais parce que vous ne m'aimez pas … parce que vous m'en voulez pour Dean, vous essayez de me piéger et de rendre notre accord caduque. Vous faites de tout ceci une histoire personnelle.

Benny le dévisagea alors longuement avant de tendre la main pour couper la caméra. Il laissa ensuite retomber son bras sur la table puis haussa les épaules.

- Je fais mon travail Monsieur Novak. On m'a confié la tâche de vous faire parler et c'est exactement ce que j'ai l'intention de faire. Est-ce que je suis enchanté par l'idée ? Non. Bien sur que non. Mais je n'ai jamais laissé mes sentiments ou mes émotions s'immiscer dans mon travail et je ne vais certainement pas commencer aujourd'hui.

- Et pourtant, je suis convaincu que vous n'auriez jamais agi de la sorte si j'avais été quelqu'un d'autre ou si Dean n'avait pas été impliqué.

- Monsieur Winchester n'a rien à …

- Il a tout à voir dans cette histoire. Le simple fait que vous vous adressiez à lui en employant son nom de famille quand vous lui avez dit à maintes reprises qu'il était votre meilleur ami … votre frère … est une preuve suffisante. Vous êtes en colère contre lui et contre moi. Et vous vous vengez.

Castiel était sûr qu'il avait vu juste. Il était convaincu que Benny aurait agi différemment avec un autre. Il avait besoin de le lui dire. Il ressentait également le besoin de défendre son petit ami. Il ne méritait pas d'être traité ainsi. Il avait fait en partie le deuil de son amitié avec Benny mais il avait toutefois espéré que les choses se passeraient bien durant l'interrogatoire. Castiel l'avait espéré pour lui aussi. Il était furieux de constater que Benny n'était pas capable de mettre leur passif de côté pour se comporter correctement avec lui.

- Que j'ai pu un jour considérer Monsieur Winchester comme un ami n'a rien à voir dans cette histoire. Il n'est pas question de lui et moi mais de vous. Vous avez demandé l'immunité contre des informations. Vous l'avez obtenu. Mais en échange, nous avons besoin que sous soyez totalement honnête avec nous. Et ce n'est définitivement pas l'impression que vous me donnez.

- Qu'est-ce que tu attends de lui exactement Benny ? Demanda alors Dean.

Castiel tourna les yeux vers lui et sentit son cœur se briser en constatant la douleur évidente sur son visage.

- Agent Laffite, rectifia Benny sans le regarder.

- Non, désolé mais tu es et tu resteras Benny pour moi. On a travaillé ensemble durant des années et si on n'est peut être plus ami aujourd'hui, contrairement à toi, je ne l'ai pas oublié. Et je sais que tu es en colère contre moi. Je sais que tu as envie de me faire payer le fait de l'avoir choisi lui plutôt que toi mais … tu n'as pas le droit de le faire au travers de cet interrogatoire et en t'en prenant à Castiel. Tu es en colère contre moi ? Insulte moi. Hurle moi dessus ou frappe moi. Mais ne dirige pas cette colère contre lui. Et ne fais pas comme si tu étais supérieur à nous.

- Dean, souffla alors Castiel qui pouvait sentir que son petit ami n'en avait pas fini.

Il comprenait sa colère et son emportement. Mais il était inutile de s'énerver ainsi alors qu'ils étaient observés. Cela ne ferait que braquer Benny un peu plus encore et compliquer une situation qui l'était déjà suffisamment.

- Non Cas, je ne peux pas rester là sans rien dire et le laisser nous manquer de respect. Je … il t'a dit tout ce qu'il savait. Si tu n'étais pas aveuglé par ta colère, tu le sauras toi aussi. Qu'est-ce que tu attends de plus hein ? Le nom de l'assassin de Kennedy ? Tu es ridicule.

Castiel jeta un coup d'œil à Benny. Il semblait fou de rage à présent.

- Est-ce qu'il s'agissait d'une plaisanterie ? Demanda t-il en regardant enfin Dean pour la première fois depuis son arrivée dans la pièce. Est-ce que tu essaies d'être drôle ? Parce que crois-moi. Tu ne l'es pas.

Il était revenu au tutoiement. C'était une preuve que les propos de Dean l'avaient atteint. Ce n'était pas forcément une bonne chose. Si Castiel voulait le voir souffrir pour son comportement ridicule, il ne voulait surtout pas que cela puisse ensuite retomber sur son petit ami. Il voulait épargner Dean à tout prix.

- On devrait peut être revenir à mon interrogatoire non ? Lança t-il conscient qu'il avait perdu le contrôle de la situation et désireux de le reprendre.

Dean semblait déterminé à régler ses comptes avec Benny. Mais si c'était compréhensible, c'était également stupide de sa part. Il ne gagnerait rien à l'énerver. Il aurait été préférable d'en rester là et de partir. Mais le jeune homme était têtu et Castiel doutait de pouvoir le faire changer d'avis maintenant qu'il était lancé.

- Ou peut être devrait-on t'interroger toi ? Répliqua Benny en se tournant entièrement vers Dean.

Le jeune homme fronça les sourcils, surpris. Benny lui sourit alors avant d'hausser les épaules.

Tu n'as pas demandé à passer un marché avec nous. Tu n'as pas pensé à demander ton immunité en plus de la sienne. Et quelque chose me dit que tu as commis des choses répréhensibles durant ces derniers mois. As-tu vraiment envie que je commence à te poser des questions ? Tout ce que tu seras amené à dire serait ensuite retenu contre toi. Il me semble que tu dois le savoir non ?

Dean pâlit brusquement et Castiel le vit frissonner. Il avait peur. Et il avait toutes les raisons d'être effrayé. Benny avait raison. Ils n'avaient pas pensé à demander l'immunité pour le jeune homme. A vrai dire, Castiel n'avait pas imaginé une seconde qu'il pourrait être impliqué ou interrogé. C'était une erreur. Dean s'était rendu complice des crimes de Castiel depuis leur fuite. Et en conséquence, il pouvait parfaitement être présenté devant un juge et condamné à une peine de prison. Ils auraient probablement du le voir venir.

- Je n'ai pas demandé l'immunité parce que je ne croyais pas que tu serais capable de me faire ça. Visiblement, je me suis trompé.

- On ne connaît jamais vraiment quelqu'un hein Dean ? Moi je croyais que tu étais mon ami et je me suis trompé aussi. Ce sont des choses qui arrivent.

Benny en revenait à quelque chose de personnel et Castiel espérait que cela jouerait contre lui. Que les questions qu'ils poseraient peut être à Dean seraient irrecevables en raison de ce qu'il venait de dire. Il n'en était toutefois pas certain puisque la caméra était éteinte. Il doutait que les agents présents derrière la vitre oseraient s'opposer à Benny. Aucun ne choisirait de soutenir Dean et la parole de Castiel n'avait aucune importance. S'ils voulaient faire couler Dean, ils le feraient et personne ne pourrait les en empêcher.

- Tu veux m'interroger ? Tu veux me faire parler de tout ce dont j'ai été témoin depuis tous ces mois et que je n'ai pas dénoncé ? Tu veux faire de moi leur complice ? Vas-y … ne te gêne surtout pas. On sait tous les deux que tu as de quoi me faire plonger pour plusieurs années et je ne peux sans doute rien faire pour t'en empêcher.

- Dean, intervint Castiel parce que son petit ami étaient en train de se condamner lui même en tenant de tels propos.

Le jeune homme leva une main dans sa direction pour le faire taire.

- Non Cas … c'est entre lui et moi. Il est grand temps qu'on mette tout ceci au clair.

Il laissa retomber son bras sur sa cuisse avant d'enchaîner.

- J'ai effectivement couvert ses agissements. J'ai fermé les yeux sur ses crimes et ceux de ses anciens associés. J'ai moi même participé à certains rendez vous et j'ai même été jusqu'à livrer des colis à certains de leurs clients. Je l'ai fait parce que je l'aimais et je sais que ce n'est pas une excuse et qu'un juge n'en tiendrait pas compte. Je sais que je suis coupable et je sais que je mérite sans doute la prison.

Il s'interrompit une seconde pour reprendre son souffle avant d'enchaîner.

- J'ai été kidnappé et torturé par son ancien bras droit. J'ai souffert et j'en garderais les séquelles jusqu'à la fin de ma vie. Mais je lui reste fidèle malgré tout et je sais que tu ne peux pas comprendre. Je sais que tu l'acceptes pas. Et je sais que c'est pour ça que tu te comportes ainsi. Je ne t'en veux même pas.

Castiel jeta un coup d'œil à Benny. Il ne souriait plus. Il observait tantôt Dean et tantôt la glace sans teint derrière laquelle d'autres agents entendaient eux aussi la confession de son ancien coéquipier. Il semblait bien moins sûr de lui brusquement. Peut être regrettait-il à présent d'avoir poussé le jeune homme à parler. Peut être était-il conscient que la situation lui échappait.

- Tu peux allumer cette caméra et me faire parler. Je te dirais tout. Tu as sans doute du mal à le croire mais je n'ai pas l'intention de mentir ou de me parjurer. Je te dirais tout ce que tu veux savoir. Je ne cacherais rien. Mais avant d'en arriver là, tu devrais te poser les bonnes questions. Et tu devrais repenser à nos conversations … à ce qu'on s'est dit à ma sortie de prison ou quand tu es venu me voir à l'hôpital. Plutôt que te demander ce que je sais, tu devrais plutôt te demander ce que toi tu savais … et ce que toi tu as choisi de garder pour toi tout ce temps.

Benny le foudroya alors du regard et pendant une seconde, Castiel eut peur qu'il se lève pour coller son poing dans le visage de Dean. Il était évident qu'il n'appréciait clairement pas le chantage de son ancien coéquipier. Les menaces. Car si Castiel n'avait pas tous les détails de leurs conversations, il en savait suffisamment pour savoir que Benny avait lui aussi des choses à se reprocher. Et qu'il risquait gros si toutefois Dean choisissait de parler. Il voyait où son petit ami voulait en venir en disant tout cela. Il n'était toutefois pas sûr qu'il s'agisse de la meilleure idée.

- Qu'est-ce que tu sous entends exactement ? Demanda finalement Benny.

Dean haussa les épaules sans le quitter des yeux. Il ne voulait pas le dire clairement. Castiel était presque sûr que son petit ami ne voulait pas réellement dénoncer son ancien coéquipier. Mais, poussé dans ses derniers retranchements, il finirait par le faire. C'était exactement ce qu'il voulait que Benny comprenne.

- A ton avis ? Ne joue pas les idiots Benny. On sait tous les deux que tu es tout sauf stupide. Tu sais parfaitement ce que je veux dire. Mais je suis convaincu que tu n'as pas envie que je le dise à haute voix. Combien de tes collègues nous écoutent en ce moment même ? Combien sont à l'affût du moindre de mes mots ? Lesquels parleront ensuite à tes supérieurs ? Lesquels choisiront de te couvrir ?

Castiel savait parfaitement comment cela fonctionnait au sein de la police ou du FBI. Ils ne dénonçaient jamais l'un des leurs. Ils couvraient les erreurs et se serraient les coudes. Ils pensaient devoir être solidaires face à leurs vrais ennemis. Mais il suffisait d'un officier plus honnête ou simplement zélé pour que ce que Dean savait parvienne aux oreilles des supérieurs de Benny. Ils n'en feraient peut être rien. Ils ne l'enverraient pas en prison. Mais il risquait d'être ensuite traité comme un paria. Ce qui était presque pire quand on attachait autant d'importance à sa carrière.

- J'ai travaillé avec toi et je sais comment cela fonctionne entre agents. Je sais que la plupart d'entre eux ne diront rien. Ils te trouveront des excuses. Mais je sais aussi que tu tiens à ton image. Tu as toujours été honnête et droit. Tu n'as pas envie que ta réputation puisse être ternie. Parce que crois-moi Benny … si je commence à parler, je doute de pouvoir m'interrompre. Je dirais tout. A toi de voir si tu veux courir ce risque ou non.

Benny se mordilla la lèvre inférieure une seconde en étudiant le visage de Dean. Il semblait avoir besoin de quelques secondes pour déterminer si son ancien coéquipier était réellement prêt à mettre ses menaces à exécution. Il finit par secouer la tête en croisant ses bras sur son torse.

- Tu n'oserais pas, souffla t-il alors.

Dean sourit alors en inclinant la tête sur le côté. C'était un geste qu'il avait emprunté à Castiel. Il ne semblait pas déstabilisé par ce que Benny venait de dire. Il avait sans doute une idée derrière la tête. Il savait très certainement déjà ce qu'il allait lui répondre. Il était bien plus intelligent et plus futé que son ancien coéquipier.

- Non tu as raison … l'idée ne m'aurait sans doute pas traversé l'esprit il y a encore quelques minutes. Je n'aurais jamais songé à dénoncer mon ami. Car crois-le ou non, je te considérais toujours comme un ami quand je suis arrivé ici.

- Alors pourquoi me menacer ? Demanda Benny.

Dean jeta un coup d'œil à Castiel. La réponse était évidente. Il était étonnant que Benny ne la connaisse pas déjà.

Pour Castiel. Je te l'ai déjà dit … si je dois choisir entre lui et toi, je le choisirais lui sans hésiter une seconde. Peu importe ce qu'il a pu faire par le passé et peu importe les menaces ou les dangers qui pèsent sur lui … il ne me trahira jamais. Il ne m'imposera jamais quoi que ce soit. Il ne me mettra jamais en porte à faux. Il fera toujours en sorte de me protéger. C'est pour ça que mon choix est aussi simple.

- Donc tu serais prêt à ruiner ma carrière pour sauver la vie d'un criminel ?

Dean hocha la tête sans hésiter une seconde.

- Je serais prêt à tout pour Castiel. Je donnerais ma vie pour lui parce qu'il donnera la sienne pour moi. Et si tu ne m'avais pas menacé, je n'aurais imaginé en faire de même. Tu récoltes ce que tu as semé Benny. Tu ne devrais pas être étonné.

Castiel était touché par ce qu'il entendait. Comment aurait-il pu ne pas l'être ? Il était satisfait de voir que Dean avait compris. Qu'il ne doutait plus de tout ce dont il était capable pour lui. Il était également heureux de voir que le jeune homme était parfaitement prêt à tout sacrifier pour lui. Il n'aimait toutefois pas l'idée qu'il soit prêt à se faire emprisonner pour lui. Il n'aimait pas l'idée qu'il se mette ainsi en danger.

- Et pourtant, je suis étonné. Je suis étonné parce que je ne te reconnais plus. Avant tout ça, tu n'aurais jamais envisagé de vendre l'un des tiens.

- L'un des miens ? Benny … je ne suis plus un agent du FBI depuis un moment maintenant. Je ne vous dois plus rien. Je ne te dois plus rien. Les miens comme tu dis … les miens sont ma famille … mes amis … et Castiel. C'est pour eux que je suis prêt à tout. Quiconque choisira de tenter de leur faire du mal aura à faire à moi. Et crois moi, je peux être vraiment cruel quand on touche à ceux que j'aime.

Benny l'observa quelques secondes de plus avant de se lever finalement de sa chaise. Il soupira ensuite longuement puis prit la direction de la porte. Il posa la main sur la poignée avant de regarder Dean une dernière fois par dessus son épaule.

- Je reviens dans une seconde, jeta t-il avant de sortir.

Dean le regarda refermer la porte derrière lui avant de tourner le visage vers Castiel. Ce dernier était à la fois impressionné et furieux par ce que Dean avait fait.

- Je suis persuadé que tout ira bien, assura le jeune homme en souriant.

Castiel hocha la tête avant de fermer les yeux une seconde pour se masser l'arrête du nez. Il ne voulait pas crier sur le jeune homme ou même lui faire savoir qu'il était en colère contre lui. Il estimait que sa réaction était injuste quand il était évident que son petit ami avait agi ainsi avant tout pour le protéger. Il était donc préférable pour lui qu'il reste silencieux. Mais ce n'était pas simple quand il sentait la colère monter en lui.

- Hé Cas … est-ce que ça va ? Demanda Dean en saisissant sa main par dessus la table.

Castiel rouvrit les yeux pour le regarder. Il semblait inquiet à présent. Et il détestait en être la cause. Mais il ne parvenait pas à reprendre le contrôle sur ses émotions.

- Tu n'aurais pas du dire tout ça … prendre ce risque. Ça aurait pu mal tourner … ça pourrait encore mal tourner. Qu'est-ce qu'on fera s'il choisit d'ignorer tes menaces et de t'interroger ?

Dean fronça les sourcils, visiblement surpris que la colère de Castiel soit dirigée contre lui et non pas contre Benny. Il ne semblait pas avoir la moindre idée de ce que son attitude avait déclenché chez son petit ami.

- Je connais Benny. Il ne le fera pas. Il me déteste sans doute à cet instant précis mais … on a longtemps été amis. On a travaillé ensemble. On a été extrêmement proche. Il ne l'a pas oublié.

- J'ai moi aussi longtemps travaillé avec Gabriel et je pensais comme toi … que notre passé suffirait à le dissuader de s'en prendre à moi. C'était une erreur grossière qui a manqué de te coûter la vie. Je n'ai pas l'intention de laisser la même chose arriver avec Benny.

- Donc tu es en colère contre moi parce tu penses que j'ai commis une erreur comme celle que tu estimes avoir commise avec Gabriel ?

- Je suis en colère … je suis en colère parce que tu t'es mis en danger et que je déteste te savoir en danger.

Dean hocha alors la tête avant de se passer une main sur le visage. Il semblait avoir besoin de rassembler ses idées avant de reprendre la parole. Il finit par soupirer. Il aurait probablement continué à parler et à justifier ses agissements si Benny ne l'avait pas coupé dans son élan en rentrant dans la pièce à nouveau. Il avait un dossier sous le bras et un verre d'eau dans la main. Il les observa une seconde avant de jeter les documents sur la table et de se rasseoir sur sa chaise.

- Voici une copie de l'accord validé par mes supérieurs. Ils sont satisfaits par ce qu'ils ont et ils pensent que cela suffira à faire plonger Crowley et ses acolytes, déclara t-il avant de tendre le verre d'eau à Castiel.

Ce dernier l'observa une seconde, les sourcils froncés. Il le prit toutefois après un moment et en but aussitôt une longue gorgée. Il avait beaucoup parlé et il avait la gorge sèche.

- Merci, souffla t-il en reposant le verre sur la table.

- Je suis également venu m'excuser. Ma mère m'a mieux élevé que ça. J'ai été malpoli et injuste. Mes supérieurs n'étaient pas vraiment satisfaits de mon comportement et …voilà, je m'excuse.

Castiel était presque sûr que ces excuses n'étaient pas sincères. Il pouvait le deviner dans la façon dont Benny le regardait. Il ne faisait que ce qu'on lui avait ordonné de faire. Ses patrons refusaient de prendre le risque de perdre leur témoin clef.

- Vous n'avez pas le droit de quitter le pays jusqu'au procès. Nous avons donné votre identité à la police des frontières et à Interpol. Si vous tentez de vous enfuir, on vous retrouvera. Il serait également préférable que vous restiez dans le coin jusqu'au procès. Mais vous êtes libre d'aller et venir à votre guise.

- Il est toujours recherché, rappela Dean d'une voix froide.

Benny hocha la tête puis ouvrit le dossier sur la table. Il contenait plusieurs documents. Castiel aurait probablement du les lire pour s'assurer qu'ils étaient bons mais il préférait garder les yeux sur Benny.

- Quelqu'un est en train de retirer votre nom de la liste des personnes recherchées. Vous serez inscrits sur celle des témoins protégés. Nous ferons une annonce publique dès la fin du procès. Vous serez présenté comme l'homme qui aura réussi à faire tomber une organisation criminelle importante et nous présenterons des excuses officielles pour vous laver de tout soupçon.

Castiel attendait ce moment avec impatience. Il n'attachait pas particulièrement d'importance aux excuses publiques. Il n'en avait pas besoin. Mais il avait hâte de ne plus être un homme recherché. Hâte de pouvoir aller et venir à sa guise. D'être à nouveau libre de remonter les rues avec Dean.

- Bien sur, cet accord sera caduque si vous tentez de vous enfuir ou si vous prenez contact avec un de vos anciens associés. Si votre témoignage ne colle pas avec celui que nous avons enregistré aujourd'hui, vous partirez aussitôt en prison. Est-ce que je suis clair ?

- Parfaitement clair, assura Castiel en souriant.

Benny referma alors le dossier puis le poussa en direction de Castiel. Il jeta ensuite un rapide coup d'œil à Dean avant de se lever une nouvelle fois de sa chaise.

Cette entrevue est terminée, lança t-il alors.

Castiel se leva de sa chaise et attendit que Dean en fasse de même. Il avait le sentiment que Benny n'en avait pas fini avec eux. Mais puisqu'il semblait déterminé à rester silencieux, ils ne servaient à rien d'attendre.

Il allait inviter Dean à le suivre quand il vit Benny faire un geste de la main en direction de la vitre sans teint. Il semblait vouloir faire comprendre à qui se trouvait derrière qu'il devait partir.

Castiel secoua la tête. Il avait vu juste. Benny n'en avait pas fini avec eux. Il avait juste attendu qu'ils soient seuls pour leur parler.

- Une dernière chose avant que vous ne partiez, souffla t-il alors.

Castiel était presque sûr que ce que Benny allait leur dire ne le concernait pas. C'était à Dean qu'il voulait parler. Il fit donc un pas sur le coté et saisit la main de son petit ami pour lui apporter du soutien.

- Vous avez obtenu ce que vous vouliez et je ne peux que m'incliner. Vous avez gagné. Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais jeté ce papier à la poubelle et je t'aurais arrêté Novak. Mais j'ai des ordres et je vais les suivre à la lettre. Je ne tenterais rien.

Castiel hocha la tête pour signifier qu'il l'avait entendu et compris. A côté de lui, Dean étai tendu mais attentif.

- Quant à toi Dean, ne te trompe pas … ce qui s'est passé aujourd'hui … ce que tu as sous entendu et ce dont tu m'as menacé … je ne l'oublierais pas. On n'est plus amis toi et moi. On n'est plus rien. Je ne veux plus jamais entendre parler de toi. Je ne veux plus jamais te voir ou entendre ta voix. En ce qui me concerne, tu es mort.

Benny était sincère et ses mots étaient incroyablement durs. Ils étaient également définitifs. Il ne reviendrait pas dessus. Castiel le savait et Dean devait également l'avoir compris. Il avait perdu son ancien coéquipier pour de bon.

- C'est compris, assura Dean.

Il se dirigea ensuite vers la porte, Castiel sur les talons. Il ne lui avait pas lâché la main. Il semblait avoir besoin de ce contact pour tenir le coup. Il était évident que les paroles de Benny l'avait blessé.

- Tu ne vas même pas chercher à me convaincre que j'ai tort ? Demanda Benny dans leur dos.

Dean ouvrit la porte de la salle d'interrogatoire avant de tourner le visage en direction de son ancien coéquipier.

- Non, je ne vais pas le faire. Parce que contrairement à toi Benny, je respecte tes choix. Tu ne veux plus me voir. C'est ta décision et je ne peux que l'accepter. J'aurais préféré que les choses se terminent différemment bien sûr mais … tu es adulte et tu es capable de prendre tes propres décisions. Je ne vois pas de quel droit je pourrais me permettre de te dire que tu as tort.

Castiel ne savait pas si Benny avait dit cela en espérant voir Dean se battre pour conserver son amitié ou s'il l'avait dit uniquement pour lui faire du mal. A vrai dire, il doutait que cela change quoi que ce soit. Il n'y avait plus aucun espoir d'apaisement entre Dean et Benny. C'était ainsi et le jeune homme semblait l'avoir compris.

- Partez, jeta l'agent du FBI après quelques secondes.

Dean ne se fit pas prier. Il franchit la porte aussitôt et sans lâcher la main de Castiel. Il l'entraîna dans le couloir sans se soucier des agents qui les regardaient passer avec curiosité. Castiel se fichait lui aussi pas mal de ce qu'ils pouvaient penser d'eux à cet instant précis. Il ne pensait qu'à une chose. Son petit ami. L'état dans lequel il pouvait se trouver à cet instant précis.

Ils montèrent dans l'ascenseur toujours en silence. Il était heureusement vide. Dean regarda les portes se refermer alors que Castiel n'avait d'yeux que pour lui. Quand l'ascenseur entama sa descente, Dean appuya sur le bouton « stop » pour l'arrêter. Castiel ouvrit la bouche pour lui demander ce qu'il faisait mais le jeune homme lui coupa l'herbe sous les pieds en prenant la parole avant lui.

- Quel fils de pute ! S'écria t-il.

Dean, souffla Castiel pour le calmer.

Il pouvait sentir sa colère dans la façon dont il se tenait. La tension dans ses muscles. Il était fou de rage. Et Castiel ne savait pas vraiment comment faire pour le calmer.

- Je suis tellement stupide Cas … je voulais croire … j'avais vraiment envie de croire que les choses pourraient s'arranger après tout ça. Qu'il comprendrait que mes choix .. mes décisions n'étaient pas dirigées contre lui. Que je t'avais choisi parce que je t'aime et que je refuse de vivre sans toi … pas parce que je voulais lui faire du mal. Je pensais qu'il existait encore une chance de sauver notre amitié.

- Il finira peut être par changer d'avis, tenta Castiel même s'il avait du mal à y croire lui même.

Dean secoua la tête avant de se passer une main sur le visage. Il n'était pas dupe non plus. Il était évident que Benny ne reviendrait pas. Il ne s'excuserait pas. Et Dean ne pourrait jamais lui pardonner de l'avoir ainsi menacé.

- Non, c'est fini. Ce qu'il a fait … ce qu'il a dit … il le pensait. Et il est temps pour moi de l'accepter. Notre amitié est morte. Je vais devoir en faire mon deuil.

- Je suis désolé Dean, assura Castiel sincèrement.

Il savait que la situation n'était pas facile pour le jeune homme. Il assumait pleinement ses choix et il ne les regrettait pas. Mais il avait perdu un ami aujourd'hui. Sans doute son meilleur ami. Il allait sans doute avoir besoin de quelques temps pour s'en remettre.

- Tu n'es plus en colère contre moi alors ? Demanda le jeune homme après quelques secondes.

Castiel voyait clair dans son jeu. Il voulait changer de sujet. Et si Castiel savait qu'ils auraient besoin de reparler de Benny plus tard, il était tout à fait prêt à donner à son petit ami ce dont il avait besoin pour le moment.

- Si, je le suis toujours un peu. J'ai détesté te voir courir un tel risque inutilement. Je ne pourrais jamais supporter de te voir en danger. Et tant que tu te mets toi même dans une telle situation ça continuera probablement à m'énerver.

Dean se tourna alors pour pouvoir le regarder droit dans les yeux. L'ascenseur était toujours arrêté et Castiel se demandait si quelqu'un finirait par les interpeler via l'interphone ou si personne n'avait encore remarqué qu'il ne fonctionnait pas. Il chassa toutefois cette idée de sa tête quand Dean posa sa main libre sur sa joue.

- Inutilement ? Cas, tu ne comprends donc rien.

Castiel fronça les sourcils, surpris par ce que son petit ami lui disait.

C'est peut être ainsi que tu as analysé mon comportement mais tu as tort. Je n'ai pas choisi de me mettre en danger juste pour le plaisir. Je l'ai fait pour toi. Pour te protéger et parce que tu es ma priorité. Tu es ma famille au même titre que Sam. Je ferais toujours tout ce qui est en mon pouvoir pour vous protéger. Je donnerais ma vie pour vous. Et si je dois finir en prison pour toi, je le ferais. Personne n'a le droit de s'en prendre à toi. Personne.

Castiel sourit alors. Il ne pourrait probablement jamais cesser d'être inquiet à chaque fois que son petit ami chercherait à le protéger. Mais il comprenait mieux pourquoi il l'avait fait. Et il réalisait qu'à sa place, il aurait très certainement agi de la même manière Il n'avait pas le droit d'être en colère.

- Je suis désolé. Je ne voulais pas te donner l'impression que je te reprochais ton comportement. Je suis juste … je n'aime pas l'idée que tu puisses courir le moindre risque. Tu es bien trop important pour moi.

- Et tu l'es tout autant pour moi. Mais il va falloir que tu acceptes cet aspect de ma personnalité parce que je ne changerais pas. Je veillerais toujours sur les gens que j'aime. Et je t'aime plus que tout au monde.

Castiel acquiesça avant d'embrasser Dean sur la bouche. Le jeune homme le laissa faire, puis, quand ils se séparèrent, il remit l'ascenseur en marche.

- Si je mets de coté la colère que j'ai ressenti, je dois reconnaître que je t'ai trouvé sexy tu sais. Cette façon que tu as eu de menacer Benny … de le remettre à sa place … tu étais incroyable.

Dean secoua la tête, visiblement amusé. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent alors et le jeune homme en sortit, entrainant toujours Castiel derrière lui par la main.

- Attends qu'on soit à l'hôtel et peut être que je te laisserais me prouver combien tu m'as trouvé sexy, jeta t-il alors.

Il ajouta un clin d'œil à ses propos, arrachant un petit rire à Castiel. Ils quittèrent ensuite le bâtiment main dans la main sous le regard curieux des agents présents et des passants. Castiel ne leur prêta pas plus attention qu'à ceux qui les avaient regardé à l'étage. A cet instant précis comme à beaucoup d'autres d'ailleurs, il n'avait d'yeux que pour Dean. Et qu'une seule idée en tête. La façon dont il allait lui prouver combien il était sexy et combien Castiel l'aimait. Et peu importait ce que quiconque et particulièrement Benny pouvait en dire ou en penser.