La bêtise des Sorciers
Halloween arriva rapidement et comme l'année précédente, le Gang décida de ne pas se rendre au banquet. Ils prévinrent le professeur Flitwick qui leur fit livrer leurs repas dans la salle commune et annoncèrent leur absence à leurs amis. En entendant leurs raisons, surtout celle d'Harry, tous s'accordèrent à dire qu'il n'avait pas tort et ils respectèrent leur jour de deuil.
Mais pas tous.
Excédés de ne pas l'avoir trouvé à Halloween pour pouvoir manger ensemble des bonbons toute la soirée, Ginny et Ron avaient littéralement sauté sur Harry quand il apparut le lendemain au petit déjeuner.
-Mais où étais-tu ? hurla Ron dans la Grande Salle
-Bonjour Weasley, fit Harry, vraiment las.
Le brun avait passé une très mauvaise nuit. Le jour des Morts lui avait fait penser à celle de ses parents et conjugué à la présence des Dementors, il n'avait fait que cauchemars sur cauchemars. Constatant son état lamentable, il s'était résigné à prendre une dose de potion d'Energie mais pour autant, il n'était pas assez en forme pour écouter les divagations des Weasley.
-Tu étais où, hier ? exigea de savoir Ron
-Dans ma salle commune, répondit Harry en prenant place.
-Pourquoi tu n'es pas venu au banquet ? s'indigna Ron. Il y avait plein de choses à manger !
-Pas envie, fit Harry en haussant des épaules.
-Mais c'était obligatoire ! réagit Ginny. Et puis, on avait prévu de passer la soirée ensemble tout en mangeant des bonbons !
-Rectification, intervint Hermione. Ce n'est pas une obligation d'assister au banquet d'Halloween. Il faut juste que le directeur soit prévenu.
-Mais le professeur Dumbledore ne le savait pas ! affirma Ron
-Parce que tu es dans son bureau aussi ? cingla Neville. Nous ne parlions pas de lui mais du directeur de notre maison. Qui sait parfaitement que sauf événement majeur, aucun d'entre n'assisterait au banquet d'Halloween.
-Mais pourquoi ? se plaignit Ginny. C'est une fête en ton honneur ! Parce que tu as vaincu Tu Sais Qui !
En ayant vraiment marre, Harry se leva et fixa les deux Weasley alors qu'un silence de mort planait dans la salle.
-C'est également l'anniversaire du jour où mes parents ont été assassinés, déclara sèchement Harry. Le jour où mon père a lutté jusqu'au bout pour empêcher Voldemort de rentrer chez lui. Le jour où ma mère s'est sacrifiée pour que je puisse vivre. Le jour où toute ma vie a basculé. Le jour où j'ai perdu ma famille. Pour vous, c'est peut-être un jour de fête, mais pour moi, c'est et ça restera un jour de deuil. Deuil de tout ce que j'ai perdu cette nuit-là. Si vous ne pouvez pas comprendre ça, alors c'est votre problème. Je ne suis pas là pour faire ce que vous voulez. Au cas où vous l'aurez oublié, je suis un être humain qui peut penser et qui ressent des émotions. Pas une vulgaire marionnette avec laquelle vous pouvez jouer et martyriser.
Harry quitta la salle sans un mot, suivi de très près d'Hermione, Draco et Neville qui fusillèrent du regard les deux rouquins avant de partir.
Du haut de son siège, Dumbledore rageait. Encore une fois, les Weasley avaient réussi à se mettre à dos Harry Potter ! Il était bien tenté de les mettre sous Imperium mais le changement de comportement serait trop flagrant et s'il venait à être découvert, il perdrait son poste.
Quant à Severus, il était fier de son fils. Avec les mots qu'il fallait, il avait craché à la figure des Weasley qu'ils ne pourraient jamais le manipuler. Certes, il était prévu que le quatuor soit suffisamment proche d'eux pour connaître une partie des plans de Dumbledore mais les roux mettaient à rude épreuve la patience des enfants. Couper définitivement les ponts avec eux semblait être une bonne solution.
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Remus se remémorait encore avec stupeur la scène du matin. Dans ses autres cours, il avait noté que Perceval, Fred et Georges étaient de vrais Weasley, avec leurs défauts comme leurs qualités. Le directeur encensait Ron à chacune de leurs discussions, le désignant comme le meilleur ami qu'Harry pourrait avoir comparé à Draco Malfoy. Mais quand le brun lui avait fait comprendre qu'il fallait se faire une opinion par lui-même, Remus avait regardé avec attention le jeune roux. Et il était tombé de haut. L'adolescent cumulait tous les défauts possibles, à croire qu'on ne lui avait jamais enseigné les limites. Son comportement déplacé qu'il avait avec Harry et complètement ignoble avec Hermione, Draco et Neville montrait clairement qu'il était loin d'être un bon ami, voire un ami tout court. Minerva, qui d'habitude protégeait farouchement ses Lions, semblait même les mépriser. Ou encore Severus, qui avait préféré prendre comme victime attitrée Ron Weasley au lieu du fils de James Potter. L'esclandre du matin avait fait comprendre au loup garou qu'il était loin de savoir tout. Plus jeune, il avait toujours étudié soigneusement la question et là, il avait cru sans réfléchir ce que lui avait dit le professeur Dumbledore. Que le directeur puisse avoir à ce point tort était inimaginable. Mais il lui devait d'avoir eu un toit et un travail pour une année au moins, sans compter la très recherchée Wolfbane, normalement impossible à se procurer et rêve de tous les loups garous.
Il décida de lui laisser le bénéfice du doute. Et de convaincre Harry d'abandonner Draco Malfoy.
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Sirius se rendit dans la Forêt Interdite pour rendre visite à la meute qu'il y avait rencontrée.
Depuis qu'il faisait la navette entre Severus et les loups garous, l'homme s'était fait pas mal d'amis. Par sa forme d'Animagus, il amusait les enfants qui ne se retenaient plus d'utiliser leur force ou leur rapidité pour l'attraper. Les femmes étaient séduites et les hommes trouvaient en lui un Sorcier qui essayait et qui pouvait les comprendre. Albert restait cependant son principalement interlocuteur.
-Tout se passe bien avec Léon ? demanda Sirius
Le Médicomage avait été introduit à la meute quelques semaines auparavant. Tout le monde avait été surpris que l'un des leurs ait pu suivre des études supérieures et cela avait inspiré des vocations. Léon était adoré par tous les membres de la meute.
-Très bien, sourit Albert. Les enfants sont en confiance et il est toujours délicat avec eux. Nous n'avons pas à nous plaindre.
-Et la potion ? demanda Sirius
-Vous ne savez pas ce que fait votre maître de Potions ? s'étonna Albert
-Morgane m'en préserve ! s'exclama Sirius. Si je mets un seul pied dans son labo, je deviendrais un ingrédient pour ses potions chéries ! Et puis, je ne m'y connais pas donc je ne tiens pas à me faire humilier.
-Ce sont vos raisons, sourit Albert. Les enfants ont l'air de bien supporter le traitement. C'est une chance.
-Je peux me renseigner dans les autres meutes à l'étranger pour savoir comment ils gèrent le problème, proposa Sirius.
-Nous vous en demandons déjà trop, protesta Albert.
-Peut-être, haussa des épaules Sirius. Mais ce n'est pas pour autant que vous pouvez quitter le pays. J'en ai la possibilité, personne ne pourra me soupçonner et j'ai envie de vous aider.
-Pour votre ami ? demanda Albert. Mais je ne l'ai toujours pas retrouvé.
-Je sais déjà où il est, annonça Sirius.
-Où ça ? sursauta Albert
-A Hogwarts, déclara sombrement Sirius.
-Dans une école pleine de jeunes Sorciers ? hoqueta Albert. Mais à quoi pense-t-il ? Il pourrait perdre le contrôle à tout moment !
-Je m'en doute, soupira Sirius. Mais je vais gérer le problème, ne vous en faites pas.
-Si je peux vous aider … proposa Albert.
-Lui faire entrer du plomb dans la tête une fois que je l'aurais sorti de là serait bien aimable, fit Sirius.
-Avec plaisir, gronda Albert.
Sirius continua à marmonner dans sa barbe, trouvant de plus en plus d'idées pour faire retrouver à Remus toute sa tête avant de rentrer chez lui.
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Alors qu'ils allaient quitter la salle commune pour se rendre au petit déjeuner, les Ravenclaw eurent la surprise de voir qu'ils ne pouvaient pas partir. Intrigués, les élèves se tournèrent vers les préfets qui malheureusement, n'avaient pas non plus de réponse. Profitant de cet événement, ils décidèrent de s'occuper utilement le temps qu'on leur explique la situation.
Peu après l'heure du début du premier cours, le directeur des Ravenclaw entra dans la salle. D'un signe de tête, il enjoignit les préfets de rassembler tous les élèves dans la salle commune avant de prendre la parole.
-Mes chers aiglons, fit Filius. J'espère que vous avez passé une bonne nuit et que vous avez bien profité de prendre votre premier repas de la journée ici.
Des murmures d'acquiescement s'élevèrent. Les Elfes de maison, avec leur efficacité discrète, avaient dressé des tables avec un buffet pour le petit déjeuner.
-En accord avec le professeur Dumbledore, toutes les maisons ont été fermées cette nuit car il y a eu une intrusion dans l'école, révéla Filius. Le portrait gardien de la Tour Gryffindor a été lacéré de coups de couteau et si l'intrus était effectivement armé, nous ne pouvions pas prendre le risque de voir un élève se faire attaquer. Avec les autres professeurs, nous avons fouillé le château et nous pouvons vous affirmer qu'il n'y a plus aucun danger. Les cours reprendront dans une demi-heure.
La salle explosa en suppositions. Le Gang, quant à lui, se regarda. La tour Gryffindor, attaquée ? Qui voudrait s'en prendre à des enfants ?
-Mr Potter, quelques mots, je vous prie, fit le professeur Flitwick en s'approchant.
-Oui, professeur, fit Harry.
Tous les deux s'éloignèrent dans un coin où le professeur érigea une bulle d'Intimité.
-Je n'ai pas voulu vous emmener loin de vos amis vu que je sais que vous n'êtes pas à l'aise quand vous vous retrouvez seul avec un professeur, sourit Filius.
Harry lui avait rapporté le comportement étrange de Remus qui tenait tant à le voir en tête à tête. Le directeur de Ravenclaw avait fermement rappelé à l'ordre son collègue qui se tenait désormais loin du brun.
-Il y a un problème, professeur ? demanda Harry
-Je ne voulais pas perturber un peu plus vos camarades mais il me fallait vous prévenir, fit Filius. Il semblerait que l'intrus qui s'est enfui ait été à votre recherche. La Grosse Dame nous l'a certifié.
-Mais tout le monde sait que je suis à Ravenclaw ! fronça des sourcils Harry
-Je sais, calma Filius. Je ne sais pas quelles mesures va prendre le directeur mais en attendant, je vais demander au professeur Snape de poser de nouvelles protections avec moi à l'entrée de la salle commune des Ravenclaw. De votre côté, j'imagine que vous n'avez toujours pas enlevé celles que vous aviez posé lors de l'arrivée de miss Weasley ?
-Non, confirma Harry.
-Renforcez-les et trouvez-en de nouvelles, ordonna Filius.
-Vous êtes sûr, professeur ? hésita Harry
-Je ne prendrais pas de risques avec vous, assura Filius. Parce que si je vous en fais prendre, j'en ferais prendre à vos camarades aussi. Et ça, je le refuse.
-Bien professeur, fit Harry.
-Je vous laisse rejoindre vos amis, sourit Filius. Je vous demanderai simplement de ne pas divulguer l'information que je viens de vous donner au reste de la maison.
-Oui professeur, accepta Harry.
-Passez une bonne journée, Mr Potter, salua Filius avant de s'éloigner.
Un seul regard suffit au reste du Gang pour avoir la certitude qu'ils sauront tout de la conversation plus tard.
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Augusta se promenait dans Hogmeade. Ce jour-là était un jour spécial pour le village puisque les élèves d'Hogwarts étaient en sortie. La femme avait été étonnée qu'après l'intrusion dans l'école la semaine précédente, Dumbledore autorise cette sortie. Renseignements pris avec Severus, la surveillance n'avait pas changé d'un iota et de nouvelles consignes n'avaient pas été émises pour éviter des situations dangereuses. Mais le vieil homme n'était pas resté pour autant inactif.
Flash-Back
-Je pense qu'il serait bien de maintenir la sortie à Hogmeade, fit Albus.
-Après cette intrusion ? s'étonna Pomona
-Je pense que c'est une mauvaise blague, affirma Albus. Personne ne peut entrer dans le château comme ça.
-Mais … protesta Minerva.
-Les barrières n'ont pas été franchies par qui que ce soit, persévéra Albus. Nous n'allons pas nous mettre sur le qui-vive pour un petit plaisantin.
Les quatre directeurs étaient loin d'être aussi confiants. Mais seul le directeur avait la main sur les barrières donc s'il affirmait que personne n'était entré …
-Pas d'autres protestations ? demanda Albus pour la forme
Tous hochèrent négativement de la tête.
-Passons, alors, fit Albus. Nous avons toutes les autorisations de sortie ?
-Oui, confirma Minerva. Tous les élèves à partir de la 3e année peuvent aller au village.
-Je pense que suite à l'explosion dans le laboratoire, nous devrions interdire à Harry Potter, Hermione Granger, Draco Malfoy et Neville Longbottom d'y aller, proposa Albus.
Filius monta au créneau.
-Puis-je savoir en quel honneur ? demanda fraîchement Filius. Ils ont écopé de retenues deux fois par semaine jusqu'aux prochaines vacances et j'estime que c'est bien assez.
-Ils n'ont pas à être punis une nouvelle fois, rajouta Minerva. Ils ont compris pourquoi ils étaient en retenue avec Severus mais les interdire d'aller au village serait une injustice.
-Mais c'est eux qui ont le plus de retenues … fit Albus.
-Non, ce n'est pas vrai, coupa Minerva. En ce moment, ce sont Ron et Ginny Weasley qui ont ce triste record. C'est regrettable pour moi de le dire mais si des personnes doivent être encore punies, ce sont bien eux.
-Mais … protesta Albus. Ils ont failli tuer leurs camarades !
-Étourderie de leur part, clarifia Severus. Et j'ai veillé à ce qu'ils ne recommencent plus.
-Mais peu importe le nombre de fois qu'on leur dit, les Weasley continuent toujours, critiqua Pomona. Je les ai repris pour leur langage et les insultes qu'ils lancent tout le temps mais ils ne veulent pas comprendre.
Albus comprit qu'il était temps de faire marche arrière.
-Oubliez ce que je viens de dire, souffla Albus.
Fin Flash-Back
Quand Minerva lui avait raconté cet épisode, Augusta n'avait pu s'empêcher de sourire. Cela faisait du bien de savoir Dumbledore se faire renvoyer dans les cordes.
La présence de la matriarche au village n'était pas due au hasard. Certaines de ses connaissances lui avaient déclaré que sa belle-fille Alice allait se rendre à la sortie. La vieille femme était curieuse. Depuis qu'elle s'était présentée au manoir pour réclamer la garde de son fils au mois d'avril dernier, elle s'attendait à tout moment à ce qu'elle provoque une rencontre. Qu'elle s'y prenne aussi tard voulait dire que Dumbledore ne voulait pas qu'Alice rencontre son fils trop tôt.
-Grand-mère ! salua Neville en l'apercevant
-Bonjour Augusta ! firent Hermione, Draco et Harry
-Bonjour les enfants, sourit Augusta. Vous n'avez pas eu de problèmes pour sortir ?
-Pas vraiment, fit Neville.
-Venez, nous allons prendre une bonne tasse de thé, proposa Augusta.
Le groupe alla s'installer dans un salon de thé qui ne donnait pas sur la rue commerçante et savoura son breuvage. Tout en faisant, ils discutèrent des achats qu'ils avaient faits et des impressions d'Hermione et d'Harry sur leur première visite au village.
-Veuillez m'excuser, fit une voix.
Tous levèrent la tête pour découvrir une femme qui se tenait devant leur table.
-Je suis lady Longbottom et je veux parler à mon fils immédiatement, déclara Alice en se redressant. Laissez-nous.
-Ils resteront là où ils sont, mère, répondit calmement Neville.
-Je suis ta mère et tu dois m'obéir ! s'énerva Alice
-Vous avez cessé de l'être au moment même où grand-mère est venue me récupérer, asséna sèchement Neville. Par ailleurs, le titre de lady Longbottom est détenue par grand-mère et la prochaine sera mon épouse. Vous n'avez jamais été en lice pour l'obtenir, qu'importe ce qu'on aurait pu vous raconter.
Alice recula.
-Je suis une Longbottom ! protesta Alice
-Vous avez épousé mon père, énonça Neville. Mais vous n'avez jamais eu droit aux titres. Puis-je savoir maintenant ce que vous me voulez ?
-Tu es mon fils … fit Alice.
-Heureux de voir que vous vous en êtes souvenue après tout ce temps, railla Neville.
Alice se sentit comme giflée. Augusta aussi lui avait reproché ce fait. Et il semblait que Neville aussi en garde rancune.
-Je veux que tu rentres à la maison, supplia Alice.
-Pourquoi ? demanda Neville, sincèrement intrigué
-Je ne sais pas quelle éducation elle te donne, fit Alice, mais elle n'est clairement pas adaptée.
-Ma grand-mère m'apprend tout ce qu'un jeune lord doit savoir, déclara Neville.
-Elle ne t'apprend pas à te battre, répliqua Alice.
-Est-ce si important ? s'étonna Neville
-Pour ton destin, oui, assura Alice.
-Et à part reprendre le clan Longbottom, quel serait mon destin ? demanda Neville
-La prophétie … fit Alice.
-Puis-je savoir ce que vous faites ici ? siffla Augusta qui revenait des toilettes
-Je voulais voir mon fils ! s'écria Alice
-Vous m'avez vu, fit Neville. Je vous souhaite une bonne journée, mère.
Le regard noir qu'il ajouta la convainquit qu'elle n'aurait pas gain de cause aujourd'hui. Elle tourna donc les talons puis s'en alla. Augusta reprit sa place.
-Elle ne t'a pas trop importunée ? demanda Augusta
-Non grand-mère, secoua la tête Neville. Tu es arrivée juste à temps.
-Que voulait-elle ? demanda Augusta, curieuse
-Que je rentre à la maison, répondit Neville. Elle a déclaré que mon éducation n'était clairement pas adaptée pour mon destin. Et elle a parlé d'une prophétie …
-Je vois, fit lentement Augusta. Je pense qu'il va falloir qu'on se penche vraiment sur ce point.
-Je pense surtout qu'elle ne va pas lâcher l'affaire, fit Neville. Elle semblait vraiment convaincue d'avoir raison.
-Je sais, je l'ai remarqué aussi, confirma Augusta. Je crois que cette année, il faudra que tu évites ce vieux fou, au même titre qu'Harry.
-Pourrait-on savoir ce qu'est cette prophétie ? demanda Harry
-Je vais m'arranger pour que nous en sachions plus pour ces vacances, promit Augusta.
Quelques minutes plus tard, le groupe se sépara et le Gang rentra rapidement dans sa salle commune.
ooooo
Lucius promenait au Ministère de la Magie. Augusta lui avait rapporté la conversation qu'avait eue Neville avec sa mère et il avait compris qu'il devait mettre la main sur cette prophétie qui semblait être au cœur de toute la situation. Il se renseigna discrètement pour savoir comment entrer dans le mythique Département des Mystères et s'aperçut rapidement d'une chose.
-Je te demande pardon ? fit Severus à travers le Miroir à Double Sens
-Un tuteur peut demander la sortie d'une prophétie sur son pupille, répéta Lucius après être rentré chez lui. C'est assez récent.
-Dumbledore ? demanda Severus
-Je n'en suis pas sûr, avoua Lucius. Je vais creuser ça demain.
-Je ne compte pas me dévoiler, rappela Severus. Pas tant que Voldemort et Dumbledore seront encore dans le paysage.
-Je m'en doute, sourit Lucius. Je m'en occupe.
Le blond coupa la communication. Il tira quelques ficelles et réussit à obtenir un rendez-vous avec le directeur du Département lui-même quelques jours plus tard.
Directeur … qui se révéla être directrice.
-Xénia Lovegood, se présenta la directrice. Lord Malfoy, vous allez bien ?
-Parfaitement, merci, salua Lucius. Pardonnez mon audace mais je me souviens que l'une des camarades de mon fils porte le même nom que vous.
-Luna est en 2e année, répondit Xénia. Il s'agit de la fille de mon frère.
-Je comprends, fit Lucius.
-Allons droit au but, déclara Xénia. Pourquoi posez-vous autant de questions sur la section des Prophéties, milord ?
Lucius faillit laisser échapper sa stupéfaction.
-Ne prenez pas cet air étonné, sourit Xénia. Mon service de renseignements est plus que performant, bien que je doive louer votre discrétion. Un autre que moi n'aurait rien vu.
Lucius réfléchit. Il était tenté d'être franc mais il ne se voilait pas la face. Le ministère restait l'un des endroits les plus corrompus de la société magique anglaise. Mais le Département des Mystères avait toujours fait office de vilain petit canard pour être indépendant de tout et de tous.
-J'imagine que vous avez entendu parler de la prophétie qui concernerait le jeune Harry Potter, poursuivit Xénia.
-Comment vous savez ça ? demanda suspicieusement Lucius
-Dès que le jeune Potter se promène dans le monde magique, nous le suivons, avoua sans honte Xénia.
-Pourquoi ? s'étonna Lucius
-Ce n'est pas vraiment lui que nous suivons, précisa Xénia. Mais les hommes de Dumbledore. Heureusement pour vous, ce jeune garçon ne sort pas souvent et quand il le fait, c'est toujours avec lord Black qui n'a pas son pareil pour semer ses poursuivants sans en avoir l'air. Il a de beaux restes de ces années d'Auror.
Lucius se promit d'interroger Sirius. Il était vrai que lorsque qu'ils étaient en Angleterre, parrain et filleul faisaient de nombreuses sorties. Mais jamais l'ancien détenu ne leur avait fait part de cette surveillance constante.
-J'ai l'impression que vous savez beaucoup de choses, fronça des sourcils Lucius.
-Notre département travaille dans le plus grand secret sur la situation de Mr Potter, expliqua Xénia. Survivre à un sortilège de mort à un si jeune âge relève du miracle donc nous nous sommes penchés dessus.
-Pourquoi tout me dire ? demanda Lucius
-Nous savons que vous entretenez des liens étroits avec Sirius Black, par le biais de votre femme, et avec Augusta Longbottom, révéla Xénia. Or, ces deux familles sont également au cœur de notre étude. Votre siège a été ensorcelé pour que vous ne révéliez ces informations qu'à ceux qui sont concernés.
Lucius sursauta. Il s'était fait avoir.
-Pourquoi maintenant ? capitula Lucius
-Parce que nous ne pouvions pas vous contacter directement, soupira Xénia. Vous avez entendu parler de cette nouvelle loi qui permet aux tuteurs de pouvoir demander une prophétie au nom de leur pupille ?
-Oui, confirma Lucius.
-C'est le président du Magenmagot qui l'a adopté, avoua Xénia. Il a appris qu'Alice Longbottom avait lâché le morceau à propos d'une prophétie qui lui tenait vraiment à cœur et il a pris les mesures qui allaient bien. Tout en sachant que toute demande devait passer par lui.
-Il tient à savoir quand Augusta Longbottom allait venir réclamer des explications, comprit Lucius.
-Et la mener sur une fausse piste, continua Xénia. La prophétie a été remplacée.
-Remplacée ?! sursauta Lucius
-Elle ne contient que la première partie de la véritable prophétie, déclara Xénia.
-J'ai bien envie d'étrangler la personne qui a fait cette prophétie, siffla Lucius. Sans elle, nous ne serons pas dans cette situation.
-Oh, mais vous la connaissez, sourit Xénia. Il s'agit du professeur de Divination d'Hogwarts.
Un frisson de sueur froide traversa Lucius. Par les quatre Fondateurs, il s'agissait de la prophétie tronquée que Voldemort avait entendue et qui l'avait poussé à attaquer les Potter ! Celle qui avait décidé Dumbledore à changer tous ses plans d'après Vladimir !
-Qui peut l'entendre ? demanda Lucius
-Le concerné, répondit Xénia. Il suffit qu'il m'écrive une lettre et je lui répondrais personnellement.
Lucius comprit aussitôt la manœuvre. En écrivant directement au chef du département, la demande ne transiterait pas par le président du Magenmagot. Secret garanti.
-Je vais m'arranger, assura Lucius. Prévoyez un rendez-vous pour les prochaines vacances.
-Ce sera fait, sourit Xénia.
-Pourquoi nous aider ? demanda Lucius
-Parce que Dumbledore prend de plus en plus de libertés avec mon département, souffla Xénia. Et aussi avec la société Sorcière. Nous devons l'arrêter au plus vite. Mais vous en saurez plus quand vous reviendrez avec les principaux concernés. Je vous dis à bientôt.
Comprenant qu'il s'était fait congédié, Lucius salua son hôte avant de s'en aller.
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Les vacances de fin d'année approchaient. Sirius venait de rentrer de l'un de ses voyages pour le compte de la meute d'Albert et il était plutôt satisfait des résultats obtenus. Il posa ses bagages que Kreattur s'empressa de vider et alla récupérer son courrier. Il se concentra particulièrement sur une lettre de Narcissa qui lui rappelait qu'il fallait qu'il organise un bal pour fortifier sa place dans la société Sorcière. Sirius soupira. Les mondanités avaient toujours été un calvaire pour lui et les organiser encore plus.
-Pourquoi moi ? geint Sirius
-Un problème ? demanda Walburga
-Le bal mondain, soupira Sirius.
-Tu ne peux t'en passer, rabroua Walburga.
-Je sais, grogna Sirius. Et c'est ça qui me déprime.
-Que comptes-tu faire ? demanda Walburga. Cela ne surprendrait personne que tu n'en fasses pas.
-C'est pour ça que je dois le faire, souffla Sirius. Je dois rappeler que je reste lord Black et je suis toujours présent. Il va falloir restaurer le nom des Black au plus vite.
-Bien dit ! félicita Walburga
-Maintenant, décider de la date … réfléchit Sirius.
Avec l'aide du tableau de sa mère, Sirius organisa la majorité de tous les détails. Il décida de l'organiser après la rentrée des classes, pour ne pas donner de fausses idées à certains.
Il s'intéressa ensuite au reste de son courrier. Il fut ravi de trouver une lettre d'Harry et de son Gang qu'il s'empressa de lire et les lettres habituelles des vautours qui voulaient toujours plus d'argent de sa part. Il écarta distraitement le courrier du Ministère qui voulait son appui sur un sujet quelconque. Puis il ne resta qu'une seule lettre.
Très féminine.
Trop, même.
-Kreattur ! appela Sirius
-Oui, maître Sirius ? répondit Kreattur
-Peux-tu vérifier tous les sorts et potions de ceci ? fit Sirius en lui indiquant la lettre suspecte. Ainsi que l'expéditeur. Bien que j'ai une idée.
-Oui, maître Sirius, fit Kreattur en partant.
Dix minutes plus tard, l'Elfe de maison revint.
-Il y avait un philtre d'amour et une potion de coercition, annonça Kreattur. Et l'expéditeur est une certaine Clotilde.
-Détruis la lettre, ordonna Sirius.
Pendant que Kreattur s'acquittait de sa tâche, l'homme s'enfonça dans son siège. Depuis la fameuse soirée du ministère, Clotilde McGregor ne cessait de le harceler. Curieusement, il la rencontrait à chaque fois qu'il faisait un tour sur Diagon Alley. Les premières fois, il avait cru à des coïncidences mais très vite, il avait compris qu'il était suivi dès qu'il mettait un pied dehors. Il avait noté que le même Sorcier, peu importe les déguisements, le suivait dès qu'il apparaissait au Chaudron Baveur. Il avait tenté une ou deux fois de changer légèrement son apparence pour voir s'il le reconnaîtrait et il s'était avéré qu'on le suivait toujours. Sirius avait ainsi compris qu'on avait sa signature magique et qu'on s'amusait à le suivre ainsi. Et que Clotilde avait accès à ce moyen aussi. Il avait donc pioché dans le coffre familial quelques artefacts proches de « l'illégalité » pour se forger un nouveau personnage et vaquer à ses affaires en toute impunité. Il prenait bien soin de sortir quelques fois à découvert pour ne pas qu'on découvre la supercherie trop tôt.
Pour revenir à Clotilde, quand il avait compris qu'elle le suivait, il avait soigneusement choisi les endroits où il la rencontrerait. D'abord, dans des lieux particulièrement fréquentés, où il pouvait s'éloigner d'elle sans qu'elle ne le remarque et où ses tentatives d'approche étaient vouées à l'échec, et surtout à l'opposé des endroits où Clotilde aimait séduire ses proies. Pour ne pas qu'elle passe à des moyens plus radicaux, il avait laissé la femme l'attraper dans ses filets pour quelques discussions mais jamais plus loin. Il voyait bien qu'elle était de plus en plus irritée mais ça le faisait doucement rigoler.
Mais là, elle passait au niveau au-dessus. D'abord, c'était la première fois qu'elle écrivait et ensuite, c'était la première fois qu'elle s'aidait de la magie.
En clair, elle avait dû se prendre une soufflante de Dumbledore pour ne pas l'avoir dans ses filets.
Sirius n'avait pas l'intention de prendre une épouse tout de suite. Il avait quand même passé dix ans derrière les barreaux et ça n'avait jamais été tout repos. Dans le plus grand secret - mais il pensait que Severus devait s'en douter - il voyait un Psychomage Moldu recommandé par Juan Locke pour lui permettre de tourner la page d'Azkaban. Bien sûr, il l'avait mis sous serment pour plus de sécurité mais cela lui faisait du bien de pouvoir livrer tous ses états d'âme. Et ses nombreux cauchemars s'en retrouvaient apaisés. Une femme qui aurait partagé sa vie aurait du mal à comprendre et Clotilde était comme une reine des abeilles, si ça ne la concernait pas directement, elle n'en avait rien à faire. Et ce n'était pas ce dont avait besoin Sirius.
Le Sorcier se secoua, jetant l'intrigante hors de son esprit. Les fêtes approchaient et il n'avait toujours pas trouvé de cadeaux pour les enfants.
Un petit tour à New York lui ferait le plus grand bien.
ooooo
-Vive les vacances ! soupira Neville à la fin du dernier cours
-C'est sûr, sourit Draco.
Le Gang retourna dans sa salle commune. Les professeurs avaient profité de l'approche des vacances pour les inonder de devoirs à rendre pour la rentrée. Consciencieux, tous les quatre avaient tout soigneusement noté pour s'en débarrasser au plus vite.
Ils allaient se rendre dans la Grande Salle pour le dîner lorsqu'ils furent interceptés par Ron. Ce dernier n'avait plus approché Harry depuis qu'il s'était fait reprendre le lendemain d'Halloween. Quand Fred et Georges l'avaient pris entre quatre yeux pour lui faire comprendre que son comportement avait été abominable, il avait protesté et là, c'était toute la maison Gryffindor qui lui était tombée dessus, lui faisant comprendre que s'il s'en prenait de nouveau à Harry, c'était eux qui lui ferait regretter, et plus seulement le Gang de Bronze. Et depuis, il se tenait tranquille.
Jusqu'à aujourd'hui.
-Salut Harry, fit Ron.
-Weasley, répondit Harry.
Le brun ne faisait même plus d'efforts pour paraître poli avec le rouquin. Il n'avait aucune manière et il avait définitivement coupé les ponts avec lui. Alors pourquoi être cordial ?
-Est-ce que tu vas aller au bal cette année ? demanda Ron. Il parait que c'est génial !
-Quel bal ? demanda Harry, perdu
-Ben celui du Ministère ! s'exclama Ron
Harry, Draco et Neville faillirent s'étouffer.
-Nous ne pouvons pas y aller, trancha Neville.
-Ben si, il parait que le ministre a invité les familles, haussa des épaules Ron. Moi je sais que je vais y aller. Il y aura plein de choses à manger !
Draco étrécit le regard. Il savait par son père que bien que Sang Pur, Arthur Weasley ne préférait pas se rendre aux fêtes mondaines, déjà parce qu'il n'y était pas du tout à l'aise et par ailleurs parce qu'il n'avait pas les moyens de se vêtir à la hauteur des autres convives. Alors si Ron affirmait qu'il allait y aller, soit on avait forcé la main d'Arthur - et d'après son père, ce n'était vraiment pas gagné - soit le chef de la famille Weasley n'était pas encore au courant.
-Nous respectons les coutumes Sang Pur, susurra Draco. Nous ne nous présenterons au bal du Ministère qu'après nos quinze ans. Pas avant.
-Ça se fait plus, balaya Ron. Beaucoup de jeunes viennent au bal.
-Ça, c'est ce que tu crois, cassa Neville. Tu devrais savoir que l'an dernier, très peu de Sang Pur ont emmené leurs enfants au bal. Et dès le début, ma grand-mère et les parents de Draco ont refusé de nous y emmener.
-Je pensais que vous n'aviez pas eu d'invitation, avoua Ron.
-Et si, siffla Draco. Mais ce n'est pas pour ça qu'on va bafouer nos traditions.
-Du calme, tempéra Hermione.
-Tu vas y aller, Harry ? demanda Ron
-Sirius n'a pas jugé bon de m'y emmener l'année dernière, donc je ne crois pas qu'il va le faire cette année, remarqua justement Harry.
-Mais c'est une super fête ! fit Ron
-A laquelle je n'irais pas, point ! affirma Harry. Je vais manger. Au revoir, Weasley.
Le brun tourna des talons et s'en alla. Il pensait que Ron aurait compris qu'il ne voulait plus avoir à faire avec lui mais c'était peine perdue, semblait-il.
Ils s'installèrent pour le repas et commencèrent à manger. Partout autour d'eux, les élèves étaient excités.
-Vous y croyez, vous, que Weasley va aller au bal ? demanda Neville
-Je ne crois pas, fit Draco. Papa m'a toujours dit qu'Arthur Weasley recevait chaque année une invitation mais qu'il ne s'y rendait jamais parce qu'il n'était pas à l'aise dans ces réunions. Et qui dit participer au bal du Ministère veut dire qu'on doit organiser un bal dans la saison. Chose que ne peut pas faire Arthur.
-Et vous ? demanda Hermione
-Nous n'y participerons pas, affirma Draco. La tradition veut qu'on ne se présente à ce bal qu'après son quinzième anniversaire et pas avant. C'est pour cela qu'il se déroule aussi près de la nouvelle année.
-Et puis si c'est pour y rencontrer les deux Weasley qui nous ont prouvé qu'ils n'avaient aucune manière, alors là même pas en rêve, fit Harry.
-Vous en aurez de la chance d'y aller, soupira Hermione.
-Si on y va, ça ne sera pas sans toi, affirma Harry.
-D'ailleurs, je crois que les parents l'ont parfaitement compris, pouffa Neville. Rien que par les cours que tu prends.
-Mais … protesta Hermione.
-Ce n'est pas un jeu, sourit Draco. Ton nom est associé au nôtre, que tu le veuilles ou non. Et on va tout faire pour que tout le monde comprenne que Né Moldu ne veut pas forcément dire incapable dans le monde Sorcier.
Hermione se tut. Elle la première voulait faire comprendre aux Sorciers rétrogrades que les Nés Moldus ne voulaient pas forcément détruire la culture Sorcière mais que si on leur en donnait la chance, ils pourraient totalement l'assimiler.
Elle hocha de la tête et ils passèrent à un autre sujet.
Alors qu'ils se baladaient dans l'école tout en discutant, le Gang rencontra les jumeaux Weasley. Pris d'une inspiration subite, Harry s'arrêta.
-Fred, Georges, je peux vous poser une question ? demanda Harry
-Vas-y, fit Georges.
-Je viens de voir votre frère qui m'a affirmé qu'il allait se rendre au bal du Ministère, annonça Harry. Vous êtes au courant ?
-Ainsi c'est donc vrai, soupira Fred.
-Nous avions entendu cette rumeur et nous pensions que c'était une erreur, souffla Georges.
-Mais si Ron l'a dit, alors il se passe quelque chose à la maison, assura Fred.
-Pourquoi personne de votre famille ne s'y présente ? demanda Draco
-Papa n'aime pas y aller et ce n'est un secret pour personne, fit Fred.
-Même si maman le pousse chaque année à y aller, ajouta Georges.
-Bill, qui est l'aîné, pourrait s'y rendre mais il est comme papa, il ne veut pas s'y rendre et son travail avec Gringotts lui prend trop de temps pour s'intéresser à la politique, reprit Fred.
-Charlie est en Roumanie, renseigna Georges.
-Et il ne quitterait pour rien au monde ses chers dragons, rit Fred.
-Et Percy ? intervint Neville
-Il veut avoir une place sûre avant de se présenter, certifia Fred.
-C'est évident, haussa des épaules Georges.
-Et si Ron avait raison ? demanda Harry. Si vous alliez au Ministère ?
-Nous n'irons pas, affirma Georges. Même si nous n'avons pas d'argent, nous restons quand même des Sang Pur et nous respectons nos traditions.
-Mais je pense que notre mère ne s'encombrera pas de nous pour cette soirée, pronostiqua sombrement Fred.
Le Gang ne put qu'hocher de la tête. Il se souvenait parfaitement de la tentative ratée d'imposer Ginny et Ron lors de l'anniversaire d'Harry. Et ce n'était que la première à laquelle il assistait parmi d'autres. Plusieurs fois par semaine, les deux plus jeunes recevaient des colis de friandises de leur mère sur lesquels ils s'extasiaient à grands cris tout en les ouvrant alors que leurs frères aînés ne recevaient rien, pas même une lettre de leur mère. Ils recevaient uniquement une lettre de leur père une fois par semaine à laquelle ils répondaient avec joie.
-Tu fais bien de nous le confirmer, fit soudain Fred. Nous allons en parler avec papa.
-Se rendre à ce bal n'est pas une décision à prendre à la légère, continua Georges. Et je pense qu'on va en toucher un mot à Bill et Charlie.
-A plus, petits aiglons ! firent les jumeaux en s'en allant
-Vous croyez qu'on a créé une catastrophe ? demanda Harry
-Ça couve depuis un moment, fit Hermione. Toute l'école voit comment Ginny et Ron sont avantagés par rapport aux autres aux yeux du directeur et par rapport à leurs frères à ceux de leur mère. Ça allait finir par exploser.
Le Gang hocha de la tête avant de reprendre son chemin.
ooooo
La majorité de l'école était prête à prendre le train pour rentrer pour les fêtes de fin d'année. Comme d'habitude, le Gang avait fini ses bagages la veille et ne courrait pas partout comme certains à la recherche des dernières affaires à mettre dans leurs malles. Le quatuor s'enferma dans un compartiment où certains de leurs amis vinrent leur rendre visite tout au long du voyage. Théo Nott et Blaise Zabini allèrent même jusqu'à venir avec eux à mi-parcours.
-Un problème ? demanda directement Draco après qu'ils se soient installés
-Les années supérieures commencent à parler, soupira Théo. Ils estiment qu'il est temps que tu rejoignes les vrais Sang Pur.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? ne put s'empêcher Hermione
Théo la regarda de travers.
-Je te signale qu'en ce moment, j'ai plus confiance en elle qu'en toute la maison Slytherin, lâcha froidement Draco.
Pour les deux Vert et Argent, cela voulait tout dire. Si Draco Malfoy, proche de la maison où la majorité de sa famille était passée, déclarait faire plus confiance à une Née Moldue qu'à eux, c'était qu'elle était digne de confiance. Et on n'avait pas intérêt à mettre en doute les décisions d'un Malfoy.
-Ils pensent que te lier avec un Longbottom et un Potter te traînera dans la boue, résuma Blaise, qui avait déjà vu en action l'unité du Gang. Que devenir ami avec un Née Moldue est le summum de la honte. Je te passe les détails.
Le visage de Draco se ferma. Tels qu'il connaissait ces abrutis, ils avaient dû insulter Hermione et dire des choses pas très sympas sur Neville et Harry, tout en croyant les inepties qu'avait vomies Voldemort. Tout à fait réjouissant.
-Qu'ils viennent me prouver que je dois revoir mes amitiés, cracha Draco. Ils n'ont rien fait pour que je les comptes dans mon cercle d'amis. Et en attendant, je serais le prochain lord Malfoy et mes amis également tandis qu'eux devront attendre que leurs cousins meurent pour avoir le titre. Et encore.
Les lignées Malfoy, Longbottom et Potter pouvaient se vanter de n'avoir qu'un enfant par génération tandis que la majorité des enfants des familles les plus importantes de Slytherin devaient littéralement se battre pour avoir ne serait-ce qu'une miette du pouvoir détenu par le chef de famille. En clair, les Slytherin n'étaient pas en position de lui ordonner quoi que ce soit puisque leur position dans la société mondaine n'était même pas assurée alors que celle des trois Sang Pur du Gang si.
-On ne fait que te rapporter ce qui se dit en ce moment, tempéra Blaise. Et personnellement, je ne comprends pas pourquoi ils se focalisent là-dessus. Je trouve que tu as parfaitement raison de faire ce que tu veux. Et que même si Potter est le Survivant, il reste le futur lord d'un clan assez prestigieux pour fermer leur gueule. Et quand je leur ai dit, ils n'ont pas vraiment aimé.
-Je l'ai tiré de là avant qu'ils ne s'en prennent à lui, leva les yeux au ciel Théo.
-Si peu, bouda Blaise.
-En tout cas, fais très attention, prévint Théo. Les Flint tiennent en ce moment les Slytherin et ils ne sont pas contre le fait de te faire comprendre par la force que tu dois rentrer dans le « droit chemin ». Et pour eux, c'est suivre la voie des Death Eaters comme ton père.
Harry retint de justesse un sourire. Lucius vivant, jamais il ne rejoindrait de nouveau le mouvement, indépendamment du fait qu'il soit le meilleur ami de son fils. Et Draco n'était pas prêt de massacrer tout le monde au nom d'un type qui ne le considérerait jamais plus que comme de la chair à canon.
-Et toi, que penses-tu de tout ça ? demanda justement Hermione. Je comprends que Blaise soit là, vu qu'il fait office de vilain petit canard en traînant de plus en plus souvent avec nous mais toi, Nott ?
Théo eut le bon goût de paraître gêné.
-Blaise n'a pas tort, souffla Théo. Les clans Longbottom et Potter ont assez de puissance et sont assez neutres pour se permettre d'être vu avec des Malfoy. En plus, en étant ensemble, le clan Malfoy retrouve en respectabilité aux yeux des Sorciers communs, ce qui doit beaucoup les aider dans leurs affaires.
-Tu sais, tu peux également devenir notre ami, Nott, sourit Harry.
L'adolescent le regarda avec de grands yeux.
-Mais … balbutia Théo. Tu es un Potter ! Tu ne devrais pas dire ce genre de choses ! Que dirait ton tuteur ?
-Sirius comprendra que j'ai besoin de me faire des amis et mes propres choix, sourit Harry. S'il estime que je ferais une erreur en devenant ton ami, il me le dira mais si je persiste, il me laissera faire. Est-ce que j'ai vraiment une raison de ne pas te faire confiance ?
Il était clair que Théo hésitait. D'un point de vue politique, ce serait tout un avantage que de connaître le futur lord Potter en tant que futur lord Nott. Mais cette amitié naissante serait perçue comme une trahison de la part de la plupart des Slytherin. Mais comme le disait Draco, il ne graviterait pas dans les mêmes cercles qu'eux donc il n'aura rien à craindre d'eux une fois sorti de l'école. Quoique, les Vert et Argent n'avaient rien fait pour qu'il se sente bien au sein de ses camarades donc il préférait saisir l'opportunité.
-Bonjour, je m'appelle Théodore Nott, troisième du nom, fit Théo en tendant la main à Harry.
-Enchanté, moi c'est Harry Potter, répondit Harry. Et voici mes amis Neville Longbottom, Draco Malfoy, Hermione Granger et Blaise Zabini.
Tous explosèrent de rire avant de discuter de tout et de rien en dévorant les bonbons apportés.
Quand le train arriva à Londres, tous quittèrent leur uniforme.
-Tu ne portes pas de robe ? s'étonna Théo
-Je ne suis pas à l'aise avec, expliqua Harry. Et puis souviens-toi, avant d'entrer à Hogwarts, je vivais dans le monde Moldu.
-Ce n'était pas … dur ? demanda Théo
-Les Moldus ne sont pas arriérés, assura Harry. La plupart des choses que tu fais par magie, eux peuvent le faire sans. C'est comme si tu allais chez des Sorciers d'un autre pays. Il y a des habitudes qui changent, d'autres non. On ne peut pas comparer le monde Sorcier et le monde Moldu. Ils sont différents, point. Et pour haïr le monde Moldu, il faudrait d'abord le connaître, et non se baser sur des préjugés qui ne sont même pas justes.
Théo recula. Il avait parfaitement compris qu'Harry attaquait ses croyances gobées par ses parents au lieu de se faire ses propres opinions, en réponse à sa raillerie sur le fait qu'un Sorcier préfère porter une tenue Moldue, estimée dégradante par certains puristes, dont son père.
-Avec nous, tu vas apprendre à réfléchir par toi-même, fit Neville. L'avis de tes parents, c'est bien, mais il faut que tu le comprennes avant de dire que c'est ce que tu crois aussi.
Théo hocha de la tête. C'était surtout un travail sur lui-même qu'il devait faire.
Le groupe récupéra ses bagages et descendit sur le quai. Les deux Slytherin saluèrent le quatuor avant de rejoindre leurs parents respectifs. Le Gang attendit que Sirius fasse son apparition - il se proposait systématiquement pour pouvoir les embêter à la vue de tous - lorsqu'une voix les surprit.
-Ah, Harry, tu es là !
-Professeur Lupin ?! s'étonna le Gang
-Pourquoi tu ne m'as pas attendu dans le train ? demanda Remus
-Pourquoi aurais-je dû vous attendre ? demanda sans douceur Harry
-Tu n'es pas au courant ? s'étonna Remus. Je dois t'accompagner jusqu'à chez Sirius.
-Qui vous a dit ça ? demanda Harry
-Eh bien, le directeur m'a dit que Sirius ne pourrait pas te récupérer donc je me suis proposé pour t'accompagner … fit Remus.
-Si je devais être absent à la descente du train, Harry sait qu'il doit m'attendre chez Augusta Longbottom, siffla une voix derrière le groupe.
Tout le monde se retourna pour découvrir Sirius dans toute sa splendeur.
-Sirius … dit Remus d'une voix faible.
-Remus, fit sèchement Sirius en le fusillant du regard. Le directeur ne s'occupe pas de savoir si ses élèves seront pris en charge à la descente du train. Jamais. Et puis, si c'était le cas, Harry ou moi t'auront demandé directement si tu pouvais le faire. Nous ne serons pas passés par le directeur. Prenez vos bagages, les enfants, nous rentrons.
-Sirius … fit Remus.
-Au revoir, Remus, fit Sirius en gardant les dents serrées.
Le groupe partit rapidement, laissant un loup garou abasourdi sur le quai.
