La fin est assez loufoque, je vous le dis tout de suite !



Les fêtes de fin d'années passèrent rapidement, pour le grand bonheur de Séverus qui commençait à saturer de voir les Weasleys dans son salon tous les jours depuis deux jours après Noël. Il avait finalement cédé à Julia et ses enfants qui avaient sauté de joie en sachant que leurs deux amis venaient chez eux. Séverus en profita au passage pour les punir tous les quatre pour la soirée qui avait tournée au désastre le soir du réveillon à cause de leurs blagues. Durant leur séjour chez lui, ils n'avaient rien cassé, juste ennuyé les fées dans le kiosque du jardin, ce qui leur valut une réprimande de la part de Julia et Séverus. Heureusement pour lui, ce soir était le dernier soir où il les verrait et il allait souffler. Ilyas s'était sentit quelque peu exclu du groupe de sorciers qui s'enfermait souvent dans la chambre d'Isolde. Il revenait vers son père en ne faisant rien, s'ennuyant au plus haut point. Séverus avait des devoirs à corriger et à préparer, il ne pouvait pas réellement s'en occuper. Julia lui avait dit d'être plus attentif à son fils pendant les périodes de fêtes, mais il était trop pris par son travail pour jouer avec lui (pourtant, il était assez doué avec les soldats l'autre fois !). Il se trouvait donc dans son bureau quand Ilyas vint le retrouver –comme tous les jours- et s'assit dans le siège en face de lui.

- Papa ?
- Oui... Lui dit Séverus sans lever les yeux de ses copies.
- J'm'ennuie.
- Et bien va jouer avec tes soldats !
- Non. C'est pas marrant, personne veut jouer avec moi !
- Demande à maman.
- Non, maman c'est une fille, elle comprend rien aux soldats ! Tu veux jouer avec moi ?
- Je suis occupé.
- Tu dis toujours ça ! T'es toujours occupé ! Personne veut jouer avec moi ! Personne ne m'aime ! Lança Ilyas en se mettant à pleurer.

Séverus releva la tête et le regarda.

- Ilyas, tu sais très bien que c'est faux ! Tout le monde t'aime. Je ne peux pas m'amuser avec toi pour le moment mais après, je te promets que je jouerais avec toi. En attendant, tu n'as qu'à aller lire un livre...
- Ils sont nuls les livres. C'est pour les bébés ! Je suis pas un bébé !
- Et tu te conduis comme tel ! Alors maintenant, va dans le salon ou aide ta mère tiens. Je suis sûr qu'elle voudra deux mains supplémentaires pour faire son gâteau !
- Elle veut pas, elle dit que c'est trop dangereux pour moi !
- Oui ça je sais que ses gâteaux sont dangereux car ils sont délicieux et qu'on en mangerait quatre d'affilé. Mais je ne pense pas que cela soit aussi dangereux que ça si tu l'aides !
- Mais elle veut pas ! Elle dit que TON gâteau est trop dur à faire !
- Mon gâteau ? Parce que j'ai droit à un gâteau spécial ?
- Oui, nous on en a un et toi tu en as un autre. C'est pas juste !
- Bon, je ne sais plus quoi te dire alors, soit tu patientes, soit tu sors d'ici ! Lui dit Séverus une bonne fois pour toute, à bout de nerfs devant l'entêtement du garçon.

Il replongea dans ses écrits et Ilyas le regarda en fronçant les sourcils.

- Mmmppff ! Lança Ilyas en sautant du fauteuil et en sortant du bureau.

Séverus ne nota même pas le ton reprochant de son fils et continua d'écrire.

- Papa ?
- Quoi encore ?

Séverus regarda Dorian qui entrait dans le bureau.

- Est-ce qu'on pourrait camper ce soir dans le jardin ?
- Et quoi encore ?
- Allez... Il ne fait pas froid dehors, d'ailleurs, il fait toujours beau ici !
- Le jardin n'est pas un terrain de camping !
- Mais on n'abîmera rien, je te le promets !
- Va voir ta mère.
- Je l'ai fait et elle m'a dit de venir te demander. Allez ! Au moins vous aurez la maison pour vous tout seul !
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Lui demanda Séverus en écarquillant un sourcil.
- Rien rien ! Corrigea Dorian. Mais quoi ! On ne va rien faire de mal... on va juste dormir sous une tente !

Séverus se mit à réfléchir. D'un côté Dorian avait raison : Julia et lui ne seraient pas embêtés par les quatre enfants –Ilyas serait au lit de bonne heure- et ils pourraient passer une soirée tranquille. De l'autre, et bien le jardin d'hiver n'était pas un lieu pour camper.

- Allez papa ! On ne cassera rien ! On restera dans la toile de tente et on dormira ! Bon avant on fera des jeux mais après on dormira je te jures !
- Bon très bien ! Mais si jamais vous me faites UNE seule bêtise ou erreur, vous resterez en retenue pendant une semaine !
- Oui ! Merci 'pa !

Dorian repartit aussi vite qu'il était venu. Séverus passa la main sur son visage fatigué et se leva pour aller dans le salon. Il avait assez travaillé pour aujourd'hui. Ilyas était assis dans le canapé en train de jouer avec sa peluche –il avait finalement trouvé une occupation ?

- J'ai terminé d'écrire Ilyas... Lui dit Séverus en s'approchant de lui.

Mais le garçon ne l'écouta pas et se leva en gardant la tête baissée et en s'éloignant vers sa chambre en lançant un autre "Mmmmpfff !"

- C'est toi qui voulais que je joue avec toi ! Lui dit Séverus en fronçant les sourcils.

La porte de la chambre claqua et Séverus resta bouche bée devant l'attitude de son fils. Il entra dans la cuisine et trouva Julia qui enfournait un gâteau dans le four.

- Ca sent bon... Lui dit-il en venant l'enlacer par la taille.
- C'est toi qui a envoyé Ilyas pour m'aider à faire la cuisine ?
- Il ne savait pas quoi faire...
- Je ne veux pas qu'il m'aide à faire TON gâteau. On ne sait jamais...
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire de me faire un gâteau spécialement pour moi ?
- Parce que je veux tester quelque chose... mais tu verras ce soir ! Lui dit Julia en se libérant de ses bras.

Séverus se retourna et regarda le plan de travail. Il y avait une fiole dessus qu'il ne connaissait pas. Il s'en approcha et la prit dans les mains.

- Qu'est-ce que c'est ? Lui demanda-t-il.

Julia se retourna et écarquilla les sourcils avant de lui prendre la fiole des mains.

- C'est juste pour mettre dans le gâteau. Maintenant sors de ma cuisine et va jouer avec ton fils !
- Mais...
- Dehors ! Le chassa Julia.

Elle le mit dehors, Séverus restant une fois de plus bouche bée devant cette attitude. D'abord son fils et ensuite sa femme. Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous ce soir ? Il vit détaler deux têtes rousses, poursuivies par deux autres aux chevelures sombres.

- Arrêtez de courir dans la maison ! Allez dehors !
- Il faut qu'on aille préparer notre pique-nique ! Lui lança Isolde avant d'entrer avec les autres dans la cuisine.

Séverus sentit le besoin pressent de se détendre. Il alla donc dans la salle de bain et ferma les portes (il y en avait une qui donnait dans sa chambre et une autre dans le couloir) à clé. Il prépara le bain et se plongea dedans quand il fut plein. Il ferma les yeux et se mit à rêver. Il marchait sur un chemin sinueux au milieu d'un paysage imaginaire. Le ciel était rougeoyant et laissait des traînées violettes. Il avançait et entendait une personne marcher à côté de lui. Il tourna la tête mais ne vit personne. Quand il tourna à nouveau la tête, il vit qu'il y avait quelqu'un en face de lui. Il s'arrêta un instant pour détailler le personnage et vit qu'il s'agissait d'une femme. Une femme âgée.

- Venez... L'appela-t-elle.

Séverus avança et se rapprocha de la femme et il la reconnut aussitôt. Ludmina McErnie, celle qui pourrait sauver Ilyas et qui était la prêtresse de la Communauté de l'Oeil du Savoir. Elle le regardait s'approcher et attendit qu'il soit devant elle pour lui parler.

- Vous devez amener votre enfant le soir de la pleine lune. Il faudra que vous le laissiez entre nos mains durant toute cette nuit pour que l'esprit du Krwi le libère de son influence. Amenez une potion de Vireilz avec vous...
- Mais je n'ai pas tous les ingrédients pour la réaliser, la plupart sont introuvables... Protesta Séverus.
- Amenez la si vous voulez que votre fils vive.
- Attendez ! Où puis-je trouver les ingrédients manquant ?
- Allez voir le sorcier Orcius, il vous les donnera.
- Où se trouve-t-il ?
- A l'endroit qui porte son nom.
- L'endroit qui porte son nom ? Où est-ce ?
- Je ne peux pas en dire plus, le temps m'est compté pour parler de la sorte avec vous.
- Envoyez-moi un hibou pour me dire les informations !
- Je ne le puis... Mon corps est au repos jusqu'à la prochaine cérémonie... Apportez ce que je vous dis ou votre fils ne survivra pas à la cérémonie...

Ludmina disparu petit à petit et Séverus se retrouva seul. Le paysage autour de lui se mit à tourner et accélérer de plus en plus, faisant tourner la tête au sorcier. Il ferma les yeux, espérant que cela le calmerait et curieusement, il n'eut plus de sensation de tournis. Il rouvrit les yeux et se retrouva dans son bain, de l'eau tout autour de lui.

- Ludmina ? Appela-t-il.

Bien entendu, il n'eut pas de réponse et il préféra sortir de l'eau. Il entendit qu'on frappait à la porte.

- Séverus ? Qu'est-ce que tu fais ? Ca va refroidir !
- J'arrive ! Répondit Séverus à sa femme en sortant du bain, l'air préoccupé.

Une potion de Vireilz ? Alors qu'il lui manquait la moitié des ingrédients avec lui ? Les autres étaient rares ou extrêmement chers. Il ne pourrait jamais se les approprier. Et s'il ne la faisait pas, Ilyas risquait de ne pas survivre. Comment faire ? Il préféra aller voir du côté de l'Allée des Embrumes et tacher de trouver cet Orcius dont lui avait parlé Ludmina. Il devait certainement avoir un magasin, cela ne pouvait être que ça. Il se sécha et s'habilla rapidement et sortit en trombe de la salle de bain. Julia et Ilyas étaient assis à table et l'attendaient apparemment –les autres enfants pique-niquant dans le jardin sous leur tente.

- Séverus ? Demanda Julia en voyant l'air préoccupé de son époux.
- Je dois partir... Je ne sais pas quand je rentrerais. Ne t'occupes pas de moi, je mangerais en rentrant.
- Quoi ? Mais où est-ce que tu vas ? Lui demanda Julia en se levant.
- Je ne peux pas te le dire. Je vais faire le plus vite possible.
- Il n'y a rien de grave ?
- Non. Juste une chose que j'ai totalement oubliée de faire et qui ne peut pas attendre. A tout à l'heure... Lui dit-il en l'embrassant rapidement.

Il sortit de l'appartement et se précipita dehors. Il transplana jusqu'à l'Allée des Embrumes et avança dans la ruelle qui s'assombrissait à vue d'œil au fur et à mesure que la nuit tombait. Il passa devant le magasin où il était entré avec Ilyas pour parler aux trois sorcières –et où Ludmina devait se trouver- et frappa à la porte. Aucun son ne lui parvint de l'intérieur. Il n'y avait pas de lumière non plus. Il frappa plus fortement mais rien ne remua derrière la porte. Il recula en regardant la vitrine et ne vit rien de plus vivant à l'intérieur. Un sorcier passa derrière lui et Séverus se tourna pour lui parler.

- Où se trouve Orcius ? Demanda-t-il en s'avançant vers le sorcier.

Ce dernier ne lui répondit pas et se contenta de passer son chemin. Séverus ne se laissa pas faire et se planta devant lui en pointant sa baguette magique sur son torse.

- Où est Orcius ? Répéta-t-il en le regardant de son air glacial.
- Plus loin dans la rue ! Laisse-moi ! Lui dit le sorcier d'un ton nonchalant.

Séverus le laissa partir et avança dans la ruelle. Il restait encore des sorciers dans ce coin et les magasins commençaient à fermer. Il pressa le pas en regardant les noms sur les boutiques. Il trouva celui qu'il cherchait alors qu'il allait passer devant sans le voir.

- Orcius, fournisseur d'objets et éléments rares et précieux... Se dit Séverus en lisant le panneau.

Il entra dans la boutique et ne vit rien d'autre que des étalages d'objets plus divers les uns que les autres.

- Je peux vous aider ? Lui demanda une voix graisseuse derrière lui alors qu'il avançait lentement.

Il se retourna et dévisagea l'homme en face de lui. Il était de petite taille, un embonpoint assez important qui lui faisait écarter les jambes pour pouvoir rester debout, le crâne rasé avec des cicatrices de part et d'autre dessus. Il portait une robe de sorcier noire qui descendait jusqu'à ses pieds.

- Je cherche des ingrédients pour une potion de Vireilz. Lui dit Séverus.
- Vous avez de quoi payer ? Lui demanda l'homme en avançant vers le fond de la boutique.
- Je n'ai pas une grande fortune, combien voulez-vous ?
- Qu'est-ce qu'il vous faut ?

Séverus énuméra le noms de trois ingrédients qu'il ne possédait pas et qui lui fallait absolument.

- Ca fera quatre cent galions.
- Combien ? Hurla Séverus.
- On n'en a pas des comme ça tous les jours ! Ils sont rares et très chers. C'est ça ou rien !
- Je ne peux pas ! J'ai une famille à nourrir moi !
- C'est à prendre ou à laisser !
- Ecoutez, la vie de mon fils est en danger et j'ai absolument besoin de faire cette potion, vous pourriez faire quelque chose ! Un prix...
- C'est les affaires ici ! Et si vous voulez pas payer, je ne vous retiens pas !

La porte de la boutique et un homme entra.

- Salut Orcius. J'en ai trouvé un autre. Annonça l'homme à l'adresse du vendeur.
- J'arrive. Va dans l'arrière boutique.

L'homme s'éloigna et laissa Séverus seul avec Orcius.

- Bon, soit vous dites oui soit vous sortez d'ici !
- Je m'en vais... mais vous le regretterez ! Lui dit Séverus d'une voix glaciale.

Il sortit de la boutique et resta cependant devant. Il regarda au travers de la vitrine et entra à nouveau à l'intérieur en silence. Il venait de voir Orcius s'éloigner vers le fond de la boutique et en profita pour jeter un œil. Il avança et se retrouva près de l'endroit où avait disparu Orcius. Il entendait les voix sortant de cet endroit.

- Tu crois qu'on va en tirer combien ?
- Bof, comme ça, je dirais dix galions, mais en le transformant pour le rendre plus présentable on pourra en tirer deux cent galions facile !
- Autant ?
- Eh, c'est des pièces de collection ! Il suffit de les maquiller pour éviter qu'on les reconnaisse et le tour est joué !

Séverus écarquilla les sourcils. Ainsi ce vendeur était un fraudeur qui transformait des objets volés et peu avantageux mais utiles (sinon quel est l'intérêt ?) en objets plus attrayants en les "maquillant"? Il n'en fallut pas plus pour Séverus qui se dirigea vers les étagères où reposaient les ingrédients pour potion. Une pierre de Toash, un bocal de Trière de Sybérie et de la poudre de Salamandre albinos des Indes. Ces trois ingrédients se trouvaient bien devant lui, aussi simple d'accès que ça. Il les prit dans ses mains et les regarda sous toutes les coutures. C'est bien ce qu'il était venu chercher et il s'en étonna, connaissant le vendeur, cela pourrait être n'importe quoi qui aurait été modifié.

- On peut savoir ce que vous faites ? Lui demanda à nouveau la voix derrière lui.

Séverus mit les objets dans sa poche et dévisagea le vendeur qui était accompagné de l'homme.

- Je vois que votre commerce fonctionne bien ! Je dois dire que revendre des objets volés et arrangés porte ses fruits ! Et ceux que je veux, à qui les avez-vous volé ?
- On ne vole pas ! Titus, montre-lui ce qu'on fait aux petits fouineurs dans son genre !

L'autre homme -Titus- s'approcha de Séverus, l'air menaçant et pointa sa baguette sur lui. Il était plutôt du genre armoire à glace et assez impressionnant il fallait le dire. Séverus regarda sur le côté et avant que Titus ne lui lance un sortilège Séverus fit tomber une des étagères sur le colosse.

- Tue-moi cet abruti avant que je ne m'énerve vraiment ! Vociféra Orcius.
- Stupefix ! Lança Séverus sur Titus qui se relevait de sous les décombres de l'étagère.

Orcius pointa sa propre baguette sur Séverus et le dévisagea.

- Tu vas me rendre ce que tu m'as pris et je ne te ferais pas –trop- de mal !
- Je vole des voleurs, c'est un comble non ?
- Ahhh ! Endolo...
- Oubliettes !

Le sort de Séverus fut le plus rapide et vint frapper Orcius qui regarda droit devant lui avec une expression figée.

- Oubliettes ! Lança une seconde fois Séverus sur Titus cette fois.

Les deux voleurs avaient la même expression vide et hagarde et Séverus s'approcha d'eux.

- Vous ne m'avez jamais vu et vous vous êtes battus parce que vous voulez être le premier des deux à dénoncer votre activité au Ministère. Leur dit-il pour renforcer un peu plus l'oubliette.

Il sortit du magasin en souriant ironiquement et transplana à Poudlard. Il se dépêcha de fabriquer la potion –surtout qu'elle devait infuser pendant treize jours et que la prochaine pleine lune serait dans quinze- et regagna ses appartements quelque peu soulagé. Il avait enfin la certitude que son fils allait se sortir de ce mauvais pas très prochainement. La potion infusait à présent et il n'avait même pas eu à débourser le moindre centime. C'est peut-être pour cette raison que Ludmina l'avait envoyé à ce magasin, sachant la stupidité du propriétaire...

Il était près de minuit quand il rentra chez lui. La préparation de la potion l'avait gardé dans son bureau tout le reste de la soirée et il n'était pas mécontent d'aller se restaurer et se coucher. Il trouva toutes les lumières éteintes –évidemment, sa femme n'allait pas l'attendre alors qu'il était partit en coup de vent- et se dirigea vers la cuisine. Julia lui avait laissé une portion du plat du soir et il se servit en le faisant réchauffer. Il prit un morceau du gâteau que Julia avait SPECIALEMENT préparé pour lui (notez que je met de l'importance à certains mots ! lol) et une fois restauré, il se dirigea vers la chambre. Il fut surpris de voir la lumière sous la porte. Il entra et trouva Julia endormie, son livre de chevet –un de ses romans à l'eau de rose, évidemment- posé sur sa poitrine. Il s'approcha d'elle et lui ôta le livre des mains. Il ne savait pourquoi mais il se sentait... bizarre. Comme si des picotements lui parcouraient les veines. Comme s'il se sentait... réchauffé. Julia tourna la tête sur le côté et cela lui donna des frissons le long de son épine dorsale. Il se pencha vers le visage de sa femme et l'embrassa doucement sur les lèvres. Julia ouvrit les yeux et le regarda, encore endormie.

- Où est-ce que tu étais ?
- J'ai préparé la potion qui va sauver Ilyas.
- Quoi ? Une potion ? Mais...
- Chutttt... lui dit-il en posant son doigt sur ses lèvres qu'il se mit à caresser longuement.

Julia le regarda en fronçant les sourcils.

- Séverus ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu sais que tu es très belle ce soir ?
- Ah parce que d'habitude je ne le suis pas ?
- Tu es très envoûtante... Lui dit-il en se penchant vers son cou pour l'embrasser.
- Séverus ?
- Excitante...

Julia le repoussa soudainement et le regarda avec un regard mi-amusé, mi-inquiet.

- Tu as mangé du gâteau ?
- Pourquoi, tu en veux ? Lui dit-il en se penchant à nouveau vers elle.
- Ca alors ! Moi qui croyais que ça ne marcherait pas !
- Quoi donc ? Lui demanda Séverus en commençant à lui enlever le haut de sa chemise de nuit.
- J'ai réussi à fabriquer un aphrodisiaque ! Il marche plutôt bien ! Lui dit-elle en souriant alors qu'il l'embrassait dans le cou.
- Je n'ai pas besoin d'aphrodisiaque pour ça... Lui dit-il en la repoussant sur le lit.

Il fallait dire que son attitude était plus passionnée que jamais ce soir et Julia vit les flammes du désir brûler au fond de son regard noir. Il l'embrassa fougueusement et s'empressa de lui enlever le reste de sa chemise de nuit et ses affaires par la même occasion d'un geste fébrile et énervé. Il s'acharna sur les boutons de sa chemise et finit par en déchirer plusieurs.

- Il est drôlement puissant mon aphrodisiaque... Lança Julia en le voyant aussi agité. Et dire que j'en ai mis que trois gouttes !

Séverus se jeta sur elle et l'embrassa un nouvelle fois avec passion. Il la caressa longuement avant de s'insinuer en elle et de débuter ses mouvements de reins. Julia s'accrocha à lui en écarquillant les sourcils et en faisant les yeux ronds au fur et à mesure qu'il accentuait les coups de reins.

- Oh mon dieu ! (Gensi est pdr !)

Séverus la fit passer sur lui –chose étonnante quand on sait qu'il n'aime pas être en dessous- et la fit s'asseoir sur lui.

- Tu es sûr que tu veux ? Lui demanda Julia qui était assise sur lui.
- Oui... vas-y... Lui dit-il pas du tout essoufflé par ce qu'il venait juste de faire.

Julia posa ses mains sur son torse et débuta son action à son tour, reprenant le dessus sur une position qu'ils avaient faite il y a longtemps et qui avait été désastreuse par la suite. Mais ce soir, Séverus semblait réellement l'apprécier et fermait les yeux en poussant sa femme à accentuer ses mouvements avec ses mains posées sur les hanches.

- Oh mon dieu ! Recommença Julia (je crois que le langage va être limité ce soir ! lol) en soufflant de plaisir.

Elle termina ses coups de reins dans un cri et s'effondra sur Séverus qui, lui, n'avait pas l'air essoufflé le moins du monde. Julia reprenait difficilement ses esprits et releva la tête pour rencontrer celle de son époux qui la regardait, pas du tout déstabilisé.

- C'était... grandiose... Lui dit-elle.
- Et tu n'as rien vu... Lui dit-il avant de l'embrasser une nouvelle fois passionnément.

Julia écarquilla encore plus les yeux alors que Séverus la faisait passer sous lui pour la prendre une seconde fois. Jamais elle n 'avait ressenti ça, bien qu'il lui ai donné du plaisir à chaque fois, mais là c'était... le nirvana ! Au bout de la troisième fois, Julia était vraiment épuisée et reposait les bras en croix, soufflant comme jamais elle ne l'avait fait. Ils étaient sur le sol à ce moment là, leurs corps ayant légèrement dévié de la trajectoire du matelas pendant leurs ébats. Séverus était à ses côtés et soufflait à peine. Il se rapprocha d'elle et Julia commença à s'inquiéter en le voyant toujours habité par cette flamme de désir dans les yeux. Elle se rassit et commença à reculer.

- On va peut-être se calmer là, non ?
- Tu plaisantes ? On vient juste de commencer !

Julia resta la bouche bée et se tourna pour se mettre à quatre pattes et s'éloigner mais Séverus lui attrapa la cheville et se plaça au dessus d'elle. Il l'embrassa dans le cou, le dos, les reins et descendit de plus en plus jusqu'à atteindre le point sensible de Julia qu'il fit soulever du sol pour pouvoir lui donner encore plus de plaisir. Et il repartit dans ses mouvements latéraux -de dos cette fois- sur sa compagne et recommença à la submerger de plaisir.

6 heures du matin. Julia se releva en s'agrippant aux draps, totalement essoufflée, la mine complètement épuisée, les cheveux en bataille. Elle ne resta pas longtemps seule dans cette position, Séverus arriva derrière elle et l'embrassa sur les épaules.

- Oh non ! Pas encore ! Lui dit-elle en écarquillant à nouveau les yeux.
- Je crois que j'ai terminé...
- Au bout de la dixième fois, j'espère bien que tu as terminé ! Je ne vais plus pouvoir marcher pendant deux jours !
- Ce n'est pas de ma faute si ton corps m'enivre ! Lui dit-il en l'embrassant dans le cou.
- Il faut vraiment que je revois les doses de mon aphrodisiaque...
- Quel aphrodisiaque ? Lui demanda Séverus en relevant la tête.
- Celui que j'ai mis dans le gâteau hier...
- Tu as mis un... le gâteau ?

Séverus semblait un peu désorienté.

- Tu as mangé du gâteau hier soir qui contenait un aphrodisiaque et qui t'as rendu très compétent et athlétique cette nuit !
- Tu m'a mis un aphrodisiaque ? Mais je n'en n'ai pas besoin ! Ca ne te suffit pas d'habitude ? Lui dit-il, vexé.
- Mais non ! Je voulais tester ce que j'ai créé sur toit et apparemment c'est extrêmement puissant !
- J'ai fait ton cobaye ? Merci ! Je ne me sers pas de toi quand je veux tester une de mes potions !
- Oh ! Mais il n'y a rien de mal ! C'est juste une potion qui décuple le désir, je ne t'ai pas donné de poison ! Mais je ne comprends pas qu'avec trois gouttes tu as tenu aussi longtemps !
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Lui demanda-t-il en écarquillant un sourcil.
- Ne le prends pas mal mais tu n'as plus vingt ans et ça m'étonnerait que tu réussisses à tenir tout une nuit sans t'arrêter en temps normal !

Séverus se leva et gagna sa place dans le lit.

- Ne te vexes pas ! Et puis je trouve que dix fois c'est trop dans une nuit ! J'ai cru mourir !
- Tu n'avais qu'à arrêter !
- Si j'avais pu ! Je me suis même cachée dans la salle de bain mais tu as réussis à entrer...
- Je ne t'ai pas...
- Non non ! Ce qui est étrange, c'est que tu étais passionné mais doux. Il est vraiment bien cet aphrodisiaque. Il faudrait que je le commercialise..
- Et puis quoi encore ? Je ne tiens pas à être le mari de celle qui fabrique des potions qui décuplent le désir ! Je vais avoir l'air de quoi moi ?

Julia lui sourit et se rapprocha de lui. Elle se coucha à ses côtés et se cala contre lui.

- On devrait peut-être dormir, non ? Lui dit-il au bout d'un moment.
- Attends, hier soir en rentrant tu m'as dit que tu avais une potion pour aider Ilyas. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
- J'ai été dans l'Allée des Embrumes hier soir.
- Hier soir ?
- Oui...

Séverus lui raconta ce qui s'était passé la veille, depuis son bain jusqu'à la petite altercation dans le magasin, ponctuant son récit de bâillements répétitifs, signes de la fatigue après la nuit blanches qu'ils venaient de passer à tester la création de Julia qui ne s'attendait pas à ce résultat. Résultat qui était légèrement faussé à cause d'une main innocente (c'est à vérifier) qui était passée par là pendant la préparation du gâteau et s'était amusée à verser une bonne quantité de la fiole dans la préparation, n'ayant pas apprécié que son père lui dise de le laisser tranquille. Après tout, il voulait faire un gâteau aussi ! Qu'est-ce qu'il y avait de mal à aider sa mère à la préparation d'un gâteau pour son papa ?


Ohlàlàlà ! Je suis complètement allumée moi ! Voilà qu'ils se mettent à l'aphrodisiaque (surtout qu'ils n'en n'ont pas besoin ! ) Quand je dis que j'adore ce gamin ! Il fait toutes les bêtises possibles et inimaginables sans le vouloir (et le savoir dans ce cas !) !!!!
Ca doit être quelque chose le prof de potions qui fait nuit blanche de ce côté là quand même ! Qui l'eut crû ? Heureusement que Julia n'a pas eu l'idée de l'aphro. durant le cours où elle voulait se venger de lui, je n'imagine même pas la tête des élèves ! mdr