- Ce n'est pas mon père, tu es mon père ! Je crache.

- Vraiment Maya, c'est ce que tu penses ? Demande papa.

Je hoche la tête en séchant des larmes qui n'était pas là avant. Je fais un pas en avant et le prends dans mes bras. Il soupire et fait de même.

- Mais je suis ton père, rétorque Billy Black.

Je grogne, il me lâche pas même en Enfer.

Réfléchi, Maya, réfléchit.

Si je peux faire apparaitre les gens dans mon Enfer personnel, je peux aussi les faire disparaître, non ? Ma logique est bonne !

- Est-ce que tu ne voulais vraiment rien à voir avec Billy ? Demande Angie, ou c'était parce que tu as peur ?

- Je n'ai pas peur, je dis, je sais qu'il ne change rien entre papa et moi !

- Non, tu avais peur qu'il le remplace, elle continue.

Je donne un coup d'œil à Billy Black. Angie ou moi, quoi qu'il en soit, n'a pas tord. Cet homme, il est…n'est pas mon père mais il était autre chose. Il aurait pu. Je ne sais pas. Mourir ouvre des perspectives que je ne voyais pas avant. Quand je pense sans ma colère, sans ma haine et ma peur que j'éprouvais contre Billy, je commence à comprendre la situation dans son ensemble. Je savais qu'il ne changeait rien par rapport à ce que j'éprouvais pour papa. Il voulait une chance. Il a été con, la manière dont il la fait et le tempo qu'il a choisi mais il a demandé une chance, pas à être mon père. Il avait juste du mal à comprendre, parce que ma mère ne lui a pas donné la chance d'être mon père, de me connaitre. Je suis heureuse qu'elle l'ait fait. Mais ça ne veut pas forcément dire que lui l'est.

- Je suis désolé, je dis à Billy, j'avais peur. Je me tourne vers papa, je t'ai tellement aimé que quand tu es mort, j'ai eu mal. Si mal papa, je pleure, quand je levais les yeux et que je te regardais, je voyais mon héros. Je ne voulais pas te laisser partir. Je ne voulais pas…je sanglote, tu as laissé un vide en moi que seul Paul a réussi à combler. Tu l'aurais aimé papa, moi je l'aimai…

- Donc tu n'as pas laisser de chance à Billy parce que ça voulait dire me laissé, dit papa en me caressant le dos. Elle est désolée, Billy, il ajoute.

- Je sais, il répond.

- Je n'ai pas oublié que je parle à moi-même en quelque sorte, elle est vraiment bizarre cette thérapie de l'Enfer.

- Je t'aime ma petite louve, il dit doucement comme quand j'étais enfant.

- Moi aussi papa, je suis désolé d'avoir été lâche mais je ne le suis plus maintenant.

Je le serre de toutes mes forces dans mes bras et pleure. C'est un peu comme l'adieu que l'on n'a pas pu avoir. Que je ne me suis jamais donné. Même si je suis morte, je dois le laisser en paix maintenant. Que moi aussi je puisse l'être.

- Au revoir papa.


La lumière me crève les yeux et brûle mon cerveau dès que j'ouvre les paupières. J'ai l'impression d'être en bouillit. J'entends des murmures et des bruits de pas. Qu'est-ce qui m'est arrivé ? J'ai été attaqué par une armée de vampire ou quoi ? Je vais tuer Seb.

- Il y a toujours un prix à payer ! C'est les règles, dit une voix et je la reconnais comme celle de grand-mère.

- Nana, j'appelle et ça sort comme si je pète.

- Chut, chut, elle dit en me caressant la tête. Ramener de l'eau, elle vocifère.

- Maya, c'est bon ma chérie, ça va aller, dit une voix grave que je ne reconnais pas.

Je gémis et des drôles d'odeur me frappent au nez. Ca sent comme des loups garous mais différents. Je dois être vraiment dans le coaltar pour ne pas reconnaître une odeur. J'essaye d'ouvrir les yeux encore une fois mais la gravité m'en empêche.

- Oh mon Dieu, merci, Maya tu es réveillé ! J'entends maman pleurer.

Putain ! J'ai dû me prendre la raclée de ma vie avec ces vampires. Même si je ne m'en souviens pas. Rappelé moi les gars de demander à Seb ce qui arrivé. Ou a mon cousin Vasile.

- Seb n'est pas là, dit une autre voix douce, celle d'Angie.

Ah ! J'ai parlé à haute voix. Oh putain, je suis vraiment à l'ouest pour parler comme ça.

- Ouai, t'es complètement à l'ouest, ricane une autre voix.

Je torture mon cerveau pour la replacé, Peter ? Qu'est-ce qu'il fout là ? Il est parti le mois dernier au Japon pour son stage de pâtisserie. Pour au moins un an.

- Tu es vraiment stone, cousine, il dit doucement.

Une main se place derrière ma tête et mes lèvres rentrent en contact avec un verre. Je m'étouffe à moitié avec l'eau mais je la bois avec la reconnaissance d'un assoiffé dans le désert. Je ne suis vraiment pas en bon état. J'espère que ma langue ne sort pas de ma bouche. Oh putain, ma langue sort de ma bouche ?

- Non, Maya, t'as langue est dans ta bouche, répond la voix mystérieuse.

C'est qui lui ? Il n'est pas de la meute et son odeur est trop chelou. Je retente d'ouvrir les yeux, au début tout est flou avec des silhouettes indistinctes. Mon estomac se tord et fait des bruits très sexy.

- J'ai la dalle, je rouspète avec une voix qui ne donne pas l'impression de sortir de mon trou du cul.

Peter rit de bon cœur et je me rends compte que j'ai encore parlé à voix haute. Je tourne la tête vers lui et je gémis de douleur quand mes os craquent. Ma vue commence à revenir normal.

- Doucement, ma belle, doucement, dit Nana en roumain et en me caressant la tête.

- Comment tu te sens Maya ? Demande une autre voix que je ne reconnais pas.

Pourquoi il y a autant de voix que et d'odeur que je ne reconnais pas ? Je vois enfin maman assise au pied de mon lit, Angie juste à côté de moi qui me tiens une main et Nana de l'autre. Près de la fenêtre il y a un homme à la peau rousse et un jeune homme qui est certainement son fils qui me regarde avec inquiétude. La drôle d'odeur vient de lui. Assis sur une chaise il y a Peter. Je fronce les sourcils. Ses cheveux ont beaucoup poussé depuis le mois dernier. Je tourne mon regard vers maman, elle, elle a coupé les siens. J'ai était dans le coma pendant combien de temps ? Et putain où est Seb ? Et Vasile? C'est quand même mon chef de meute, si je suis dans cet état c'est forcément à cause de lui, il pourrait se pointer.

- Depuis quand tu mets un soutien-gorge Angie ? Je demande perplexe en la détaillant.

Elle rougit et bafouille. Il y a un truc qui m'échappe. Angie a grandi, c'est une ado maintenant. C'est arrivé quand ? Maman a changé, muri, et il a des lignes sur son visage qui n'y était pas avant. Je regarde autour de moi, et je ne reconnais pas la pièce. Où est-ce que je suis ? Et il y a cette odeur et ces gens.

- Maman, je l'appelle.

- Emily, va te monter à manger, elle m'arrête.

Emily ? C'est qui Emily ? Elle soulève sa main gauche et je la saisis quand je vois la bague à son doigt.

- Maman, tu vois quelqu'un ? Je demande. Pourquoi est-ce qu'elle m'a rien dit ? Depuis quand ?

- Maya…elle commence mais s'arrête et regarde Nana avec une expression terrifier .

- Peter, il est où Seb ? Et Vasile ? Je continue de demander. Et c'est qui eux ? Je pointe vers les étrangers.

Le garçon, qui est canon, fait un bruit étrangler, se lève et s'assoie à côté d'Angie. Son odeur si différente de tout ce que je connais me frappe aux narines. Je me retourne vers Peter qui ne semble pas avoir de problème, si c'était un danger il ne l'aurait pas laissé vivre. Il met ses deux grandes mains sur mon visage et m'oblige à le regarder. Il y a des paillettes de chocolat dans ses yeux brus qui fait battre mon cœur plus vite. Sa température est tout aussi chaude que la mienne. Qu'est-ce qu'il est ?

- T'es qui ?

- Tu… Je suis…Tu ne me reconnais pas ? Il demande avec une voix rauque. Il a une douleur infinie dans les yeux.

- Maya, où est-ce que tu crois qu'on est ? Demande Nana avec fermeté.

- Lock Haven, Pennsylvanie, je réponds automatiquement sans détourner les yeux du beau garçon.

- Paul, dit l'autre homme en se levant.

- Je vais le tuer, tout ça c'est de sa faute, il grogne comme un loup.

Je cligne des yeux, un peu surprise. C'est quoi ce bordel ? Je regarde Angie qui commence à pleurer, maman qui me regarde avec effroi, Peter qui me regarde avec beaucoup plus d'attention et Nana qui m'observe comme si elle m'évaluait. Ils ont changé, vieilli, mûri, qu'est-ce qui ce passe ? Merde, les gars aidés moi !

- Maman, je suis resté combien de temps dans le coaltar ? Je demande en fixant Paul, quelque chose m'attire en lui que je ne comprends pas

- 10 jours, répond Paul.

- Ma chérie on n'est pas en Pennsylvanie, on est à la Push, dit maman, c'est une réserve à Washington.

- Quelle année ? Ma voix est étonnamment calme mais à l'intérieur je tremble..

- 2014, sanglote Angie.

Mon cœur s'est arrêté de battre.

J'ai un an de blanc. Un an a disparu de ma vie.

- C'est le prix à payer, chuchote grand-mère.