Hey ! Bon, je vais pas m'attarder, je suis morte à cause des épreuves du bac (et encore, j'en ai passé que deux... Le pire reste à venir, priez pour moi) et je viens de recevoir la liste des bouquins que je dois lire pour la rentrée prochaine, il y en a beaucoup trop, et ça va me coûter beaucoup trop cher, une horreur ! Bref, j'ai finis le chapitre 49, je pense que la troisième partie va être horriblement courte, mais bon, quand on regarde la longueur de la fic en entier, ce n'est peut-être pas plus mal... Donc voilà, bonne lecture, bye~
Réponses aux reviews :
Guest : merci !
Scarlet-Carnival : Hé hé hé... Je ne dirais rien ! Mouhahahahaha ! Et pour les chapitres, je pense que j'aurais un rythme très précis, genre je posterai le mercredi et le dimanche, un truc comme ça ! Ouais, j'espère revenir en pleine forme aussi, et avec le bac, ce serait bien (en vrai normalement je l'ai, c'est surtout la mention bien que je vise). Merci beaucoup beaucoup beaucoup pour tes reviews, ils me font toujours super plaisir !
Rating : ... T ? T+ on va dire (ouais, j'invente des raiting, problem ?)
Arthur leva le poing, prêt à frapper, mais la porte s'ouvrit avant même qu'il n'en est le temps. C'était du Alfred tout craché, ça. Guetter son arrivée et dévaler les escaliers pour venir lui ouvrir. Parfois, Arthur se demandait s'il n'avait pas tout simplement peur qu'un jour, il ne vienne pas, qu'il manque à sa parole et se défile. Autant ne pas se mentir, ce manque de confiance le vexait un peu. Mais il se pouvait aussi que ce soit juste dans le tempérament d'Alfred d'être beaucoup trop impatient pour tout. C'était sûrement ça, plutôt.
-Artie !
-Alfred, soupira-t-il, malgré un léger sourire en coin, quoiqu'un peu crispé.
-Entre, dépêche-toi ! Ma mère est dans la cuisine, elle a stressé toute la journée pour préparer le repas.
-Même si elle ratait un plat, ce serait quand même bon, s'amusa Arthur en pénétrant dans le hall désormais bien connu.
-Je suis bien d'accord ! rit l'Américain. Mattie avait un entrainement de hockey, il sera là dans une petite heure.
-Un entrainement le jour du réveillon ?
-Truc de dernière minute, j'ai pas tout compris.
Arthur esquissa un sourire et balaya l'endroit du regard. C'était beaucoup plus rangé que d'habitude. Pas que ce soit le bordel en temps normal, mais là, pas un grain de poussière en vue.
-Mon père devrait arriver dans une ou deux heures, alors on a le temps. Tu veux qu'on monte regarder un film ? Ou jouer à un jeu ?
-Je te suis.
La mère d'Alfred passa alors la tête par l'encadrement de la porte de cuisine et lui adressa un sourire rayonnant. Elle semblait encore plus belle que d'habitude, bien qu'un peu plus stressée, aussi.
-Arthur ! Ca me fait tellement plaisir que tu aies pu venir !
-Bonjour, merci de m'avoir invité.
-Voyons, c'est normal ! Tu peux venir quand tu veux !
L'Anglais avait encore un peu de mal à se sentir parfaitement à l'aise en la présence de la famille d'Alfred, mais il fallait bien avouer qu'il adorait sa mère. Il lui sourit, un peu plus détendu qu'à son arrivée, et laissa son petit-ami l'entrainer vers l'étage. Son stress revint, tordant nerveusement son estomac. Aujourd'hui, il dormait chez Alfred, comme en attestait le sac sur son épaule, et il n'était pas sûr d'apprécier ça. Mais il avait quand même accepté de venir, parce que c'était Alfred qui avait demandé, et il n'était pas désespéré au point de vouloir subir les hurlements des autres enfants du foyer. Les périodes des fêtes, c'était une horreur. Pas étonnant que tous les adolescents et les quelques jeunes adultes se soient fait la malle là où ils pouvaient. Il croyait savoir qu'Allistor et Gilbert étaient en ville pour une soirée, mais Antonio n'en avait que vaguement parlé, et il n'avait pas demandé plus d'informations que ça. Il s'en foutait, de toute façon. Son frère était beaucoup trop casse-couilles ces derniers temps pour qu'il s'intéresse à son emploi du temps.
-La terre à Artie, tu me reçois ?
-Hm ?
-T'étais dans la lune, s'amusa Alfred.
Ils étaient arrivés dans la chambre du blond, elle aussi un peu plus rangée qu'à l'accoutumé. Comprenez par là qu'il y avait moins de vêtements qui trainaient partout, et il avait même fait l'effort d'ordonner un minimum son bureau.
-Première fois que je vois ta chambre à peu près rangée.
-Elle est carrément bien rangée, tu veux dire !
-J'irais pas jusque-là.
-Tout le monde n'est pas aussi maniaque que toi.
-Je ne suis pas maniaque.
-Si tu le dis. Alors, film ou jeu ?
-Va pour un film. Mais pas un de tes trucs avec des explosions partout et un scénario à la con.
-Un film n'est pas bon sans explosions.
-Ca, c'est un truc typiquement américain… grommela Arthur en posant son sac dans un coin.
-Le vieux stéréotype.
-C'est de ma faute peut-être si tu te limite à des blockbusters un peu nul et des films d'horreur qui t'empêchent de dormir ?
-Je dors très bien après un film d'horreur.
-Menteur.
Arthur se laissa tomber sur le lit, à côté d'Alfred. Ce dernier était en train de fouiller dans sa pile de DVD pour trouver un film potable, et l'Anglais se surprit à admirer son dos. Il ne portait qu'un t'shirt blanc à manche courte qui laissait apparaitre ses biceps puissants, et qui collait suffisamment à son corps pour laisser deviner la musculature assez imposante de son dos. Pendant une brève seconde, il eut envie de poser sa main entre ses omoplates, mais il ne le fit pas. Il n'était pas sûr des conséquences que pouvaient avoir son geste, et il ne voulait prendre aucun risque. Il était peut-être excessif, peut-être totalement à côté de la plaque, mais il préférait quand ce n'était pas lui qui initiait les contacts physiques.
-J'ai… Deux thrillers.
-Lesquels ?
-Hum… « Shutter Island » et « Seven ». Tu connais ?
-Absolument pas.
-Tu veux regarder lequel ?
-Peu importe, le premier qui te passe sous la main.
Etonnamment, Alfred fut très rapide à faire son choix. Il reposa prestement une des jaquettes, et alluma son lecteur DVD. L'autre film devait faire un peu plus peur, ce qui amusa grandement Arthur. Malgré tout ce qu'Alfred voulait bien dire, il avait une peur bleue des films d'horreur, et les thrillers n'étaient pas ce qu'il regardait le plus non plus. Arthur, quant à lui, avait vu très peu de film étant donné qu'au foyer, on était plutôt du genre à passer des dessins animés. Il en avait regardé quelques-uns avec Francis quand il était plus jeune, et plus récemment, il avait regardé des classiques américains avec Alfred. Il ne comprendrait jamais ce goût prononcé pour la démesure, les explosions et les femmes à moitié à poil. Vraiment pas.
L'Américain alluma la télé, et redressa son oreiller pour qu'ils soient installés plus confortablement. Un large sourire illuminait son visage, certainement un effet du réveillon de noël. N'ayant pas été habitué à célébrer cette fête quand il était enfant, il était beaucoup moins impatient et enthousiaste que les gens normaux à l'approche de la fin de l'année. Pour autant, cela ne l'étonnait pas qu'Alfred soit le genre de personne à devenir extatique le vingt-quatre décembre, et ce malgré ses seize, presque dix-sept, ans.
Il frémit lorsque le bras de l'Américain passa autour de ses épaules et l'attira contre lui. Les bandes annonces passaient sur l'écran de la télé, mais Arthur n'y prêtait pas une grande attention, trop concentré sur le contact qu'il avait avec Alfred. Ce n'était pas la première fois qu'il était blottit contre lui, c'était même devenu habituel. La semaine qu'il avait passé à se ronger les sangs pour Allistor avait au moins eu ça de bon : il avait été un peu plus câlin que d'habitude. Pour autant, il ressentait toujours ce mélange étonnant de peur et de curiosité lorsqu'ils se retrouvaient aussi près. Il finirait bien par s'y habituer totalement. Ca finirait par devenir normal. Il n'y penserait plus. C'était juste une question de temps, non ?
Alfred embrassa calmement sa tempe, sa main descendant jusqu'à s'arrêter à sa hanche. Il ne bougea plus par la suite, et Arthur s'autorisa à poser sa tête contre son épaule. Tant que ça n'allait pas plus loin que ça, il pouvait gérer. Le film se lança enfin. Alfred avait choisi « Shutter Island », visiblement, et pour la plus grande joie d'Arthur, il put constater après de longues minutes qu'il n'y avait pas d'explosion toutes les trente secondes. Il ne fallut pas beaucoup de temps avant qu'il ne soit totalement absorbé par le film, tant et si bien qu'il ne remarqua pas la main d'Alfred qui traçait des formes sans sens sur sa cuisse, et il sursauta lorsqu'il entendit la sonnerie de la porte d'entrée se déclencher.
-Ca doit être mon père, marmonna Alfred en attrapant la télécommande pour mettre sur pause.
-Déjà ?
-Ca fait plus d'une heure qu'on regarde le film.
Le sourire amusé de l'Américain le mettait mal à l'aise et le vexait, mais en même temps, il n'arrivait pas à s'énerver. Souplement, Alfred s'extirpa du lit, et lui tendit une main pour l'aider à se lever. Arthur sentait l'angoisse monter doucement en lui. Il n'avait que très peu entendu parler du père du blond, juste assez pour savoir qu'il n'avait pas souhaité avoir la garde de ses enfants parce qu'il voyageait beaucoup, et que le divorce avec sa femme s'était passé plus ou moins sans encombre. Rien de plus.
-Ca va bien se passer, t'en fais pas.
Alfred le guida hors de la chambre, puis en bas. Des bruits de discussion leur parvenaient depuis le salon, et pendant un bref instant, Arthur faillis faire demi-tour, remonter prendre son sac, et se tirer en courant. Mais il ne le fit pas, déjà parce qu'Alfred tenait son poignet, et aussi parce que ce serait incroyablement mal élevé. Il avait des principes, merde !
-Salut p'pa.
Arthur reconnu sans mal l'homme qui se trouvait sur les photos dans la chambre d'Alfred. Il n'avait pas changé, toujours aussi grand et massif, la mâchoire carrée, des yeux bleus très expressifs et des cheveux d'un blond désormais mêlées à des mèches blanches. Autre différence avec les photos de lui datant de l'enfance d'Alfred : quelques rides en plus au coin des yeux et de la bouche, mais il fallait être attentif pour les remarquer. Il se leva du canapé avec un sourire doux mais étrangement douloureux, et tendit la main à son fils. C'était tellement impersonnel qu'Arthur faillit froncer les sourcils, mais se retint juste à temps. Etre poli. Il fallait qu'il soit poli. Ce n'était pas trop compliqué, normalement.
-Comment vas-tu depuis la dernière fois ? Toujours aussi bon au foot ?
-Ca va je crois, on vient de commencer la saison et on est plutôt bien classé.
-Ne soit pas si modeste Alfred, ça ne te va pas.
Arthur faillit sursauter, n'ayant pas remarqué Matthew, pourtant assis juste à côté de sa mère. Il fallait dire que c'était quelque chose qui arrivait souvent, le pauvre était incroyablement timide et discret. Même ses professeurs ne le remarquaient presque jamais, tant et si bien qu'il était souvent noté absent malgré sa présence en cours. Il tenait de son père la même musculature assez impressionnante qu'Alfred, bien qu'il se cache généralement dans des vêtements trop grands pour lui ou des sweats amples. Arthur n'avait jamais compris pourquoi.
-Et les cours ?
Alfred grimaça et passa une main gênée dans ses cheveux.
-Je me débrouille pas trop mal.
Sa mère lui lança un regard qui signifiait clairement « ça ne va pas du tout », et Arthur ne pouvait pas dire le contraire. L'Américain était loin d'être très studieux, et sa moyenne était assez limite. Pourtant, il n'était pas stupide. C'était juste qu'il ne manifestait aucun intérêt pour les cours, et globalement, lui demander de rester assis sur une chaise toute une journée à écouter quelqu'un parler, ce n'était pas pour lui. Il avait beaucoup trop besoin d'action et de se dépenser pour ça. A contrario, il pouvait rester des heures affalé dans son lit à jouer à la console. Le jeune Anglais devait avouer qu'il ne comprenait pas toujours Alfred…
-Ah, p'pa, je te présente Arthur, mon… Ami.
Ah… Il aurait préféré qu'on continue de l'ignorer, il n'avait pas envie de se faire remarquer par ce type qui risquait de lui broyer la main simplement en la serrant. Et puis d'abord, pourquoi Alfred disait qu'ils étaient… Amis ? Ils étaient plus que ça, non ? C'était l'Américain qui n'avait cessé de lui répéter qu'il se prenait la tête pour rien et que oui, ils sortaient ensemble, et là il…
Il croisa le regard d'Alfred, cherchant à la fois des explications et un quelconque signe d'encouragement, et compris à sa tête qu'il était un peu gêné. Bon… Ils en reparleraient plus tard.
-Ravi de te rencontrer, Arthur. Je suis William, le père d'Alfred.
-Enchanté.
Il serra avec une hésitation certaine la main qu'on lui tendait, et fit par réflexe un pas en arrière. Cet homme était effrayant, vraiment. Beaucoup. Plus que tous les gens qu'Arthur avait rencontré jusqu'à présent, à quelques exceptions près. Les exceptions en question s'avérant être les membres même de sa famille, il préféra se concentrer sur autre chose. Mais sérieusement, c'était possible d'être aussi baraqué ? Bon, sa taille concordait avec sa musculature -il faisait quoi, deux mètres ?- mais même !
-Venez vous assoir, on va prendre l'apéritif !
La mère d'Alfred semblait moyennement à l'aise, mais elle s'évertuait à garder un grand sourire. Pendant un bref instant, Arthur se dit qu'elle devait vraiment aimer ses enfants pour s'obliger à inviter chaque année un homme avec qui elle avait divorcé, simplement pour les fêtes.
-Désolé, lui souffla soudain Alfred à l'oreille. Mon père est pas super… Ouvert à ce genre de chose, et ma mère m'a conseillé de ne pas lui dire qu'on était ensemble.
-Tu aurais pu me le dire, soupira Arthur.
-J'y ai pas pensé, désolé.
Bah, ça ne le gênait pas tant que ça. De toute façon, il voyait cet homme pour la première fois, et si tout se passait bien, il ne le reverrait pas avant l'année prochaine. Il se moquait bien qu'il soit au courant ou pas pour lui et Alfred. Il fallait juste qu'il ne fasse pas de gaffe, ce qui ne risquait pas d'arriver étant donné qu'il n'était pas du genre tactile. Aucun risque qu'il ne fasse un geste déplacé inconsidéré. Il alla s'installer à côté de Matthew, alors que l'Américain prenait place à côté de son père. C'était définitivement une ambiance bizarre. Pourtant, Alfred et son frère bavassaient joyeusement avec leur paternel sans aucun souci, lui faisant part de leurs derniers exploits dans leurs sports respectifs ou des cours qu'ils suivaient, et pourtant, Arthur ne se sentait pas à l'aise. Même si leur père était effrayant, il avait l'air gentil et aimant. Il ne s'expliquait pas la drôle de sensation qui montait dans son ventre. C'était peut-être le silence de sa mère. Elle qui semblait toujours si joyeuse et rayonnante se fondait désormais dans le décor, sans un mot.
-Tu es dans la même classe qu'Alfred, Arthur ?
Surprit, l'Anglais manqua de sursauter, et cligna plusieurs fois des yeux. Il perçut le sourire rayonnant d'Alfred, et c'était tellement étrange dans le voir aussi joyeux qu'il mit quelques secondes supplémentaires à se concentrer.
-Hum… Non, je suis en terminal.
-Vraiment ? Comment vous êtes-vous rencontré ?
-Tout le monde connait Artie, sourit Alfred. Il est président du conseil des élèves.
Son père acquiesça, les yeux légèrement agrandis. Appréciateur, visiblement. Comme si c'était une bonne chose que son fils fréquente un élève admis à l'administration de son lycée.
-Tu fais du sport ?
-Non.
-Il est pas très physique, s'amusa l'Américain en lui adressant un discret clin d'œil.
Ils s'étaient trop souvent engueulé et taquiné là-dessus pour qu'Arthur manque la légère provocation de son petit-ami. C'était assez déloyal de sa part, ils étaient en présence de sa famille, Arthur ne pouvait pas rétorquer sous peine de passer pour un impoli.
-Mais j'aide Alfred pour ses leçons, quand j'ai un peu de temps, lâcha-t-il doucement avec un sourire qui se voulait innocent.
La pique fit son effet, Alfred rougit légèrement avant de sourire en coin. Son père hocha la tête, avant de se tourner vers Matthew, qui était au moins aussi silencieux que sa mère depuis quelques minutes. Ils discutèrent de hockey, et des projets du jeune homme. Il comptait faire ses études au Canada, où il était né (Arthur avait toujours un peu de mal à comprendre, mais de ce qu'il avait retenu, Alfred et Matthew n'étaient que demi-frère, bien que né le même jour, ce qui expliquait leurs noms de famille différents et leurs nationalités différentes).
Les discussions continuèrent pendant de longues minutes, chacun mangeait et buvait son apéritif, et doucement, Arthur se détendit. Même la mère d'Alfred semblait plus à l'aise. Ils finirent par passer à table, et comme l'Anglais s'en était douté, tout était incroyablement bon. Francis était un bon cuisiner, mais la mère d'Alfred c'était autre chose. Alfred semblait rayonner et ne cessait de discuter avec son père de tout un tas de chose, rattrapant sûrement l'année qu'ils avaient passé sans se voir. Arthur se sentait un peu de trop, mais en même temps, il n'arrivait pas à se sentir tout à fait mal à l'aise. Juste comme un spectateur. Il n'avait pas l'habitude des repas de famille, c'était même la première fois qu'il assistait à l'un d'eux. Il ne savait pas trop ce qu'il ressentait. Par moment, il croisait le regard d'Alfred, assis en face de lui, et le sourire en coin de l'Américain le faisait immanquablement rougir. Le pire dans tout ça, c'était qu'il était à peu près sûr que cet idiot le faisait exprès.
Il répondit aux quelques questions qu'on lui posa, restant le plus vague possible quant aux détails concernant sa vie privée. Pour une raison ou une autre, il avait toujours un peu honte de dire aux gens qu'il vivait en foyer. Ca amenait toujours des questions auxquelles il ne voulait pas répondre.
-On peut remonter ?
-Allez-y, je vous appellerais pour le dessert.
Alfred remercia bruyamment sa mère et fit signe à Arthur de le suivre. Ce dernier bafouilla quelque chose à mi-chemin entre un remerciement et une excuse, et se leva prestement. Il sentait le regard du père d'Alfred sur lui, et il s'empressa de rejoindre ce dernier dans le hall.
-Alors ? murmura immédiatement l'Américain. Il est cool, hein ?
-Il a l'air… Gentil, oui.
Rayonnant, Alfred le guida à l'étage et s'affala sur son lit. La nuit était tombée depuis longtemps dehors, et seule la télé encore allumée éclairait la pièce. Le film était toujours sur pause, la télécommande échouée quelque part entre les draps.
-Tu t'assois ?
Arthur ne protesta absolument pas et repris sa place contre l'oreiller. Alfred était en train de farfouiller pour retrouver la télécommande égarée, et après quelques secondes, il la brandit enfin et remis le film en marche. Son bras retrouva sa place autour des hanches d'Arthur, qui étrangement, trouvait le contact beaucoup plus dérangeant maintenant. Pas insupportable non plus, mais savoir que son père était à l'étage du dessous et qu'il n'était pas au courant pour leur relation rendait les choses bizarres. Pour autant, il ne protesta pas. Ca restait agréable malgré tout.
Il ne restait qu'une bon quart d'heure de film, et à plusieurs reprises, Arthur sentit Alfred se serrer plus que nécessaire contre lui. Alors comme ça, même les thrillers effrayaient l'Américain… Il n'avait cependant pas envie de le taquiner là-dessus maintenant, et il le laissa juste serrer sa hanche à lui en laisser la trace de ses doigts pour quelques heures. Alfred avait une force démesurée, c'était ce qui faisait de lui un excellent joueur de football américain, et un excellent sportif en général. Le souci, c'était qu'il ne se rendait pas forcément compte qu'il pouvait faire mal aux gens s'il ne faisait pas attention.
Lorsqu'il ne resta plus que cinq minutes de film, Alfred vint frotter son nez contre le cou d'Arthur. Ce dernier sursauta légèrement, surprit. Qu'est-ce qui lui prenait ?!
-Alfred… souffla-t-il.
-Hum ?
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Absolument rien.
Un sourire amusé étirait les lèvres de l'Américain, et Arthur était sûr de ne pas aimer ce regard. Il était trop sombre. A nouveau, Alfred frotta son nez contre son cou, et l'Anglais ferma les yeux, décrochant totalement du film. C'était étrange comme sensation. Pas vraiment violent, même plutôt diffus, peut-être agréable, mais Arthur n'avait juste pas l'habitude. Son esprit se vida doucement, et il serra les dents lorsqu'il sentit quelques baisés être apposés sur sa peau. La main d'Alfred, qui jusque-là était toujours sur sa hanche, se mit à effleurer son dos, son ventre, descendant parfois jusqu'à sa cuisse mais jamais très bas.
Les baisés dans son cou se firent plus insistants et plus nombreux, et il n'avait absolument pas le courage d'arrêter l'Américain. Il n'était même pas sûr d'en avoir envie. Il avait peur, ça c'était clair, mais en même temps il n'arrivait pas à réfléchir à tout ça. Il se laissa également faire lorsqu'Alfred l'aida à s'allonger correctement et vint s'installer sur lui. Un vague glapissement douloureux lui échappa. Cet idiot pesait son poids…
-Désolé…
Arthur entrouvrit les yeux pour tomber sur le visage d'Alfred, qui lui adressa un sourire rassurant.
-Tu peux me le dire si tu veux que j'arrête, tu sais ?
L'Anglais rougit violemment et détourna le regard. Parfois, il avait vraiment honte de se comporter ainsi. Alfred était d'un an son cadet, et pourtant c'était lui qui devait se montrer rassurant et prévenant. Le monde à l'envers.
-Je suis sérieux, Artie. Je ne veux rien faire qui te fasse peur, alors parle-moi.
-Il n'y a rien à dire…
-Menteur.
Alfred lui pinça légèrement le nez, avant de venir embrasser son front. Ca, Arthur connaissait. Il ferma les yeux pour profiter du contact familier, et laissa échapper un léger soupire.
-Tu es une sacrée tête de mule…
-Absolument pas.
Les lèvres d'Alfred vinrent effleurer celles d'Arthur, et ils passèrent quelques secondes à se fixer sans bouger, avant qu'enfin l'Américain ne comble la maigre distance qui les séparait. C'était doux, aimant, comme à chaque fois qu'Alfred l'embrassait. C'était devenu tellement habituel qu'Arthur n'était pas sûr de savoir comment il réagirait si un jour il se montrait plus empressé. Et Dieu savait que cela finirait par arriver. Doucement, il passa ses mains dans les cheveux du plus grand, laissant ses doigts s'emmêler aux mèches et caresser sa tête. Ils restèrent ainsi un petit moment, sans rien faire de plus, juste à s'embrasser, avant qu'à nouveau, Alfred ne descende ses lèvres dans le cou d'Arthur. Il lui fit pencher la tête en arrière pour avoir un meilleur accès, et l'Anglais ne parvint pas à protester. Même si Alfred se montrait doux et prévenant, c'était toujours terrifiant. Assez agréable, après mûres réflexions, mais effrayant.
-Détends-toi… Fais-moi confiance…
-Je te fais confiance, idiot…
-Tu n'en as pas vraiment l'air, là…
Arthur allait répondre, un peu vexé, mais la mère d'Alfred les appela au même moment depuis le rez-de-chaussée.
-Sauvé par le gong, s'amusa l'Américain en se redressant. On y va ?
Le film était désormais fini, comme Arthur put le constater après s'être assis. Il savait qu'il avait les joues rouges et le souffle court, certainement les cheveux en bataille, et il n'y avait absolument aucun moyen qu'il fasse comme si de rien n'était. Pourtant, il allait bien falloir. Il ne fallait pas que le père d'Alfred apprenne qu'ils étaient ensemble. Comment était-il supposé cacher son trouble, exactement ?
-Tu t'inquiète trop, Artie.
-C'est de ta faute.
-He ?! Qu'est-ce que j'ai fait ?
-Comment est-ce que tu veux que ton père ne remarque rien avec la tête que j'ai, idiot ?
Alfred l'examina de haut en bas, avant de passer une main dans les cheveux en désordre d'Arthur, essayant visiblement d'aplatir quelques mèches.
-De toute façon, tu as toujours des épis, ça ne change pas grand-chose… Et c'est juste le dessert, on remonte dans dix minutes.
-Il faut moins de dix minutes pour comprendre que quelque chose n'est pas normal.
Arthur ne comprenait pas exactement pourquoi il s'inquiétait autant. De toute façon, même si le père d'Alfred l'apprenait, qu'est-ce qui allait se passer ? Il n'était pas chez lui, il ne pouvait pas foutre l'Anglais à la porte… Et Alfred semblait être plutôt serein.
-Allez viens, on avisera quand on sera en bas.
-S'il remarque quelque chose…
-Il ne remarquera rien, je te dis !
Sceptique, Arthur suivit tout de même Alfred jusqu'à la salle à manger. Les assiettes à dessert avaient été posé sur la table, et une jolie bûche de noël trônait au milieu de la table. Pour sûr, ça changeait des desserts du foyer…
Arthur reprit sa place en face d'Alfred, les joues légèrement rouges et anxieux. Il s'attendait à tout moment à ce que quelqu'un ne remarque que quelque chose n'allait pas. Pourtant, Alfred avait tranquillement repris une conversation avec son père, sur le basket de ce qu'Arthur en comprenait, et ils semblaient tous les deux l'avoir totalement oublié. Même si c'était un peu vexant, ce n'était pas plus mal. Il mangea sa part de bûche en silence, la tête baissée, honteux comme rarement il l'avait été. Il ne savait même pas pourquoi. Peut-être parce qu'il avait laissé Alfred l'embrasser alors que ses parents étaient à l'étage en-dessous, et qu'ils étaient la veille de noël, et que ce devait être foutrement interdit de faire ce genre de truc un soir pareil. Peut-être aussi tout simplement parce qu'il n'avait pas été foutu de répondre correctement au comportement d'Alfred. S'il l'avait ainsi embrassé dans le cou, c'était qu'il devait y avoir une raison, et lui, tout ce qu'il trouvait à faire, c'était fermer les yeux et attendre. On faisait définitivement mieux. C'était pitoyable… N'importe qui aurait été capable de réagir correctement, et lui il n'était pas foutu de juste… Juste être normal. Même Allistor avait réussis à coucher avec des filles, pourquoi est-ce que lui flippait au moindre contact imprévu ?
-Ne vous couchez pas trop tard, surtout !
Il fut tiré de ses pensées par Alfred qui se levait doucement tout en rassurant sa mère, et leurs regards se croisèrent. L'Américain dû percevoir son trouble puisqu'il fronça sensiblement les sourcils. Arthur se leva maladroitement, remercia la mère d'Alfred pour le repas tout en la complimentant quant à ses talents culinaires, et suivit son petit-ami jusqu'à l'étage. Etonnamment, ce dernier ne dit rien jusqu'à ce qu'ils arrivent dans la chambre, et Arthur sentit l'appréhension lui tordre l'estomac. A peine eu-t-il franchit la porte de la chambre qu'Alfred le serrait dans ses bras à lui en briser les os.
-A… Al… !
-Je suis désolé si je t'ai fait peur.
-Tu m'étouffes… !
-Oh, oui, pardon.
Il desserra sensiblement sa prise sur lui et planta son regard trop bleu dans celui d'Arthur.
-Je suis désolé. Je ne fais pas assez attention, mais c'est la première fois que je sors avec un garçon, et c'est assez différent d'une fille, alors je…
-Tu ne m'as pas fait peur, le coupa doucement Arthur.
Les mots avaient quitté sa bouche avant même qu'il ne puisse y réfléchir, mais il savait que c'était vrai. Il avait été un peu effrayé par les nouvelles sensations, ça c'était sûr, mais il ne lui avait pas fait peur. Il avait confiance en Alfred, il savait qu'il ne lui ferait rien de mal.
-Tu ne m'as pas fait peur, répéta-t-il. C'est juste… Que je sais pas comment…
Il se mordit furieusement la lèvre, incapable de continuer. Incapable de mettre des mots là-dessus. Il ne savait juste pas. Pas comment se comporter, pas quoi dire, pas quoi faire, pas comment le toucher… Il était terriblement maladroit, et si ça ne l'avait pas gêné jusqu'ici, il commençait à en avoir honte. C'était toujours Alfred qui l'embrassait en premier, toujours lui qui mesurait chacun de ses gestes pour ne pas l'effrayer, toujours lui qui proposait de sortir. Arthur avait démesurément peur qu'il ne finisse par se lasser. Qu'il en ait marre de toujours devoir prendre les initiatives.
-Je veux qu'on essaye… souffla-t-il à mi-voix.
Il n'était pas convaincant, il le savait. Il n'était pas sûr de lui, ça c'était clair, et il était terrifié par ce qu'il venait de proposer. Mais malgré tout, il ne voulait pas faire marche arrière. Si c'était le seul moyen pour qu'Alfred reste avec lui, alors…
-Arthur, tu n'as pas à…
-Je veux qu'on essaye, répéta-t-il un peu plus fort. Je… Je pense pas pouvoir aller jusqu'au bout, mais je veux… Qu'on essaye.
Alfred avait les yeux légèrement écarquillés et le regardait comme s'il était devenu fou. Arthur pouvait comprendre. Il avait passé les deux derniers mois à bien lui faire comprendre qu'il ne voulait pas qu'il le tripote trop, il avait fait un nombre hallucinant de crises de panique alors qu'ils ne faisaient rien d'autre que s'embrasser et éventuellement se toucher sans passer sous la ceinture, et voilà qu'il proposait de… Ah, non, ce n'était définitivement pas une bonne idée… Mais il ne voulait et ne pouvait pas revenir sur ce qu'il avait dit. Ce serait trop bizarre. Et il fallait qu'il grandisse, qu'il cesse d'agir comme un gamin idiot. Allistor avait réussi. Il pouvait le faire aussi, il n'y avait pas de raison. Ca ne devait pas être si terrible que ça, après tout. C'était juste lui qui se faisait des films.
-Tu es sûr de toi ?
Il hocha la tête sans lâcher Alfred du regard, en apparence beaucoup plus confiant qu'il ne l'était vraiment. L'Américain sembla hésiter un bref instant, avant d'hocher la tête et de s'approcher.
-D'accord, mais je veux que tu me le dises si tu as peur, ou si tu veux qu'on arrête. A n'importe quel moment. Compris ?
-Je ne suis pas un gamin, grinça Arthur.
-Ce n'est pas une question d'âge, mais je te connais, tu es trop têtu pour me dire ce genre de truc. Alors si tu ne promets pas de me parler, il est hors de question qu'on fasse quoi que ce soit.
Arthur arqua un sourcil, avant de soupirer profondément. Cet idiot accordait beaucoup trop d'importance à des choses qui n'en avaient pas. Malgré tout, il hocha la tête pour lui faire plaisir, et combla lui-même la distance qui les séparait. Il ne savait pas exactement ce qui lui prenait. Ce n'était pas vraiment du courage, il était même plutôt terrifié, mais sa tête était trop vide pour qu'il réfléchisse à ce qu'il faisait. C'était presque comme s'il était résigné, et que quoi qu'il fasse, il ne pourrait pas revenir en arrière. Autant accélérer les choses.
Alfred passa ses bras autour de sa taille et l'attira contre lui, l'embrassant comme rarement il l'avait fait. C'était beaucoup plus empressé, toujours assez doux, mais Arthur sentait que ça ne durerait pas. Il ne savait pas dans quoi il s'était embarqué. Il écarquilla les yeux le temps de s'habituer au changement de rythme, et s'accrocha aux épaules de l'Américain. A ce stade, il ne savait pas du tout où Alfred comptait s'arrêter. Il essaya de se détendre, de ne pas laisser transparaitre son malaise et sa peur, et se laissa pousser jusqu'au lit. Les mains de l'Américain s'appliquaient à caresser lentement ses hanches, remontant sur ses côtes par-dessus la chemise qu'il portait. Ceci étant dit, Arthur les sentait trembler contre lui, et il ne savait pas trop si c'était à cause du désir ou parce qu'Alfred était stressé, lui aussi.
-Tu es sûr que tu veux…
-Arrête de poser des questions, grogna Arthur en se laissant tomber sur le matelas.
Surprit, Alfred sembla hésiter, avant de grimper à quatre pattes au-dessus de lui. A nouveau, Arthur ressentit cette désagréable impression d'être étouffé par une force écrasante. Comme s'il ne pouvait plus s'échapper. Il commençait presque à s'habituer. Il laissa ses mains descendre des épaules d'Alfred pour aller effleurer ses clavicules, descendant plus bas sur son torse sans pour autant aller trop loin non plus. L'Américain retourna embrasser son cou, et Arthur rejeta la tête en arrière pour lui laisser le champ libre. C'était étrange. Vraiment étrange et terrifiant, parce qu'il était tout bonnement incapable de s'arrêter. Il n'était pas dans son corps. Il voyait, sentait, mais son corps réagissait sans lui demander son avis. Il n'arrivait même pas à éprouver une réelle frayeur, une qui se serait vu dans son regard ou qui aurait fait trembler ses mains. Il sentait qu'il avait peur, mais il savait que rien ne la laissait transparaitre. D'ailleurs, la plus grande partit de sa conscience choisissait de l'ignorer aussi, tant et si bien qu'il se sentait plus vide que terrifié. Alors il laissa ses mains passer sur le dos d'Alfred, retraçant la ligne de sa colonne vertébrale, et il hoqueta de surprise lorsque l'Américain s'allongea sur lui.
-Désolé… souffla-t-il contre son oreille.
Arthur ne bougea plus pendant quelques secondes, ses mains au niveau des omoplates du garçon, pas tout à fait sûr de comprendre ce qui se passait. Il écarta sensiblement les cuisses, parce mine de rien les genoux d'Alfred lui faisaient mal, mais rien de plus.
-Si tu veux pas… murmura Alfred, la respiration précipitée. C'est pas grave, je pourrais… Enfin, me débrouiller, mais… Si… Si tu t'en sens capable…
-Pas… Pas de te toucher… Comme ça…
Le bassin d'Alfred se pressa un peu plus fermement contre la cuisse d'Arthur, et il retint son souffle. Il n'était pas sûr de savoir ce qu'il devait penser de tout ça. Il aurait peut-être dû être fier d'avoir réussi à donner une érection à Alfred en si peu de temps, mais il n'était vraiment pas sûr d'être fier de ça.
-Tu n'auras pas besoin… De me toucher, ne t'en fait pas…
Arthur hoqueta et s'accrocha plus fort à Alfred alors qu'il amorçait un vague mouvement contre lui. Il ferma étroitement les yeux et déglutit difficilement. Il n'était peut-être pas prêt pour ça, après tout. Peut-être qu'il ne le serait jamais. Alfred laissa ses mains tremblantes descendre jusqu'à ses cuisses, et il l'aida à s'installer correctement. Arthur ne bougea pas, se laissa faire. Essaya de se concentrer sur quelque chose, n'importe quoi, mais pas les mains qui le touchaient, pas la sensation douloureuse qui grandissait dans son bas-ventre.
-Arthur… Je veux pas te forcer…
La voix d'Alfred était emplie de douleur, d'inquiétude, et Arthur se contenta d'un vague mouvement de main pour lui faire signe de continuer. Il n'était plus sûr de pouvoir parler, et même si c'était le cas, il ne fournirait sûrement aucune réponse cohérente. L'une des mains d'Alfred remonta doucement, passant de sa cuisse à sa ceinture. Arthur se figea.
-Alfred…
-Je ne t'enlève pas ton pantalon, s'empressa-t-il de bredouiller. Juste… Ca doit pas être agréable pour toi… Ce serait mieux si… Si tu l'ouvrais…
Pour le coup, Arthur était plutôt sceptique, mais il était vrai que ça devenait assez douloureux. La peur enfla doucement, et il essaya de croiser le regard d'Alfred. Ce dernier lui sourit doucement et vint embrasser son front.
-Je ne regarde pas, assura-t-il. C'est juste pour que tu sois à l'aise.
Arthur effleura nerveusement la clavicule d'Alfred, en pleine réflexion. Il n'était vraiment pas sûr de vouloir ça. Mais ça faisait partit des choses qu'il fallait qu'il surmonte, et ce n'était pas si terrible que ça, il avait juste à déboucler sa ceinture, défaire un bouton et baisser une fermeture éclair… Il l'avait fait des centaines de fois, devant d'autre garçons au moment de se doucher, Francis, Gilbert et Antonio l'avait vu avec juste un boxer et t'shirt, et son frère, nu, alors…
-Ferme les yeux, lui souffla alors Alfred. Si ça te fait trop peur, tu m'arrêtes.
Son sourire rassurant suffit à convaincre Arthur, et il obéit, bien que tendu. Les mains d'Alfred caressaient respectivement sa cuisse et sa hanche, doucement, lui laissant le temps de bien intégrer ce qu'il faisait. Puis elles disparurent, et un tintement métallique et une légère pression autour de ses hanches lui indiqua qu'il avait commencé à détacher sa ceinture. La pression disparue aussi vite qu'elle était apparue, mais étrangement, Arthur se sentait beaucoup plus tendu maintenant. Les lèvres d'Alfred se posèrent sur sa joue, puis vinrent effleurer les siennes, et il essaya de puiser du réconfort là-dedans.
Il devina qu'il avait défait le bouton lorsque son pantalon devint beaucoup plus lâche autour de ses hanches. Les mains semblèrent soudain beaucoup plus grandes, beaucoup plus rugueuses, beaucoup plus brusques, les lèvres plus sèches et le souffle plus précipité. L'odeur d'alcool lui retourna l'estomac, mais sa gorge était trop serrée pour qu'il puisse recracher quoi que ce soit.
-Arthur, regarde-moi…
Tremblant comme une feuille, il essaya de se débattre, mais il arrivait à peine à lever un bras. Une main se posa sur sa joue, et il se crispa, attendant un coup qui ne vint pas. A la place, la main dériva jusqu'à ses cheveux et les caressa doucement. Il n'aurait jamais fait ça. Incertain, il entrouvrit les yeux et tomba sur le regard trop bleu d'Alfred, qui semblait inquiet.
-Tu veux que j'arrête ? Je peux, si tu veux…
-Non… Continu…
-Arthur, tu as peur, je ne veux pas te…
-Continu. Ca va. Je peux gérer.
Il savait qu'Alfred ne pouvait de toute façon pas s'arrêter. Ca se voyait dans son regard, il en avait trop envie pour pouvoir tout laisser tomber. Il déglutit lourdement mais hocha la tête et termina d'ouvrir le pantalon d'Arthur. Ce dernier hoqueta légèrement et referma les yeux pendant une brève seconde. C'était beaucoup mieux comme ça. La douleur était moins présente. Alfred hésita un vague instant, avant de lui écarter un peu plus les cuisses. L'Anglais rougit violemment et essaya de protester, mais il était trop tard. Alfred se rallongea sur lui, entre ses jambes, leurs bassins pressés l'un contre l'autre. Beaucoup trop d'informations. Beaucoup trop de sensation. Déjà, il y avait le grognement de pur plaisir d'Alfred, mais aussi les mouvements qu'il amorça dès qu'il fut bien installé pour créer plus de frictions, sans parler de ce qu'Arthur ressentait lui-même. Un genre de plaisir inconfortable.
-Alfred… !
-Shht…
L'Américain s'empressa de l'embrasser pour le faire taire, en appui sur ses avant-bras. Arthur avait presque oublié qu'ils n'étaient pas seuls dans la maison. Son malaise grandit encore un peu, mais son esprit était beaucoup trop distrait par ce qu'il ressentait pour vraiment s'en préoccuper. Les mouvements d'Alfred devinrent plus appuyés, plus longs, et il ne se redressa qu'une fois pour ouvrir son propre pantalon. Arthur n'osa pas regarder et préféra détourner le regard, tombant sur les photos accrochées au-dessus du bureau du jeune homme. Il avait beaucoup de mal à comprendre ce qui se passait. A vraiment se figurer ce qu'il était en train de faire. Et sur le coup, ça n'avait aucune importance. Il était partagé entre l'envie que tout s'arrête et le besoin que ça continu.
A plusieurs reprises, il murmura des choses parfaitement incohérentes contre les lèvres d'Alfred, s'accrochant comme à sa vie à ses épaules. Jamais il n'avait remarqué qu'il était à ce point musclé. Mais il ne pouvait désormais plus ignorer ce qu'il sentait bouger sous ses doigts à chaque mouvement. Le souffle d'Alfred s'était considérablement accéléré, et lorsqu'il ne l'embrassait pas, il mordillait son oreille et laissa son nez se perdre dans le cou d'Arthur. Quelques grognements rauques lui échappaient, et Arthur le soupçonnait de se retenir.
-Tu… Tu peux… Accélérer, si tu veux…
-Je vais te faire mal…
-Arrête de… Dire des conneries…
Arthur dû lâcher une épaule d'Alfred pour se mordre furieusement la main lorsque l'Américain le prit au mot et accéléra ses poussées tout en plaquant plus fermement encore son bas-ventre contre le sien. L'Anglais sentait tous ses membres trembler, et il n'était plus sûr que ce soit uniquement à cause de la peur. Mais elle était encore là, ça c'était sûr. Dès qu'il fermait les yeux un bref instant, il se sentait comme plongé ailleurs. Les sensations changeaient du tout au tout, les paroles rassurantes devenaient des insultes, les mains douces devenaient violentes, les baisés devenaient des morsures. Aussi eu-t-il une brusque montée de panique lorsque le plaisir augmenta tellement qu'il fut incapable de garder les yeux ouverts plus longtemps. Non seulement il avait peur de toutes ces sensations qui n'existaient pas et que son cerveau s'appliquait à lui imposer, mais il était également terrifié par la façon dont son corps réagissait, tout simplement. Il n'avait jamais ressenti un truc comme ça avant. Son souffle se bloqua tout net dans sa poitrine, et il crut s'entendre laisser échapper un gémissement pathétique, avant que son corps n'abandonne réellement. Les larmes dévalèrent immédiatement la courbe de ses joues, et des taches blanches envahirent sa vision jusqu'à ce qu'il n'y voie plus rien.
-Arthur… Hey, Artie…
Reprendre contact avec la réalité s'avéra être une tâche très compliquée. Il cligna plusieurs fois des yeux, essaya de tout comprendre en même temps, mais son corps était un amas de sensations toutes plus violentes les unes que les autres.
-Shht… Respire Artie… Tout va bien…
Une main douce passa dans ses cheveux, quelque chose de tiède se posa sur sa joue. Il ne comprenait pas. Il ne savait pas où il était, et sa respiration était trop précipitée pour qu'il se concentre sur quoi que ce soit.
-C'est finit Artie… Tu peux te détendre…
Doucement, sa vision s'éclaircit, et il croisa le regard bleu d'Alfred. Ses yeux semblaient briller, et un sourire étirait ses lèvres.
-Bon retour parmi nous, Artie, s'amusa-t-il.
Il parvint à réguler sa respiration, malgré la sensation de brûlure qui envahissait ses poumons. Il se sentait bizarre. Tout faible. Mais bien, aussi.
-Comment tu te sens ?
-Je… Je sais pas trop… Qu'est-ce que…
-Tu as paniqué. Mais ce n'est pas très grave, c'est même normal je pense.
Arthur cligna quelques fois des yeux, et dévisagea Alfred sans trop comprendre. Ce dernier balança un mouchoir quelque part dans sa chambre et s'allongea à côté de lui, un sourire idiot aux lèvres.
-Tu as été formidable.
-Je n'ai rien fait… souffla Arthur.
Il commençait à se souvenir, à prendre conscience que le tremblement de ses membres était tout simplement dû au fait qu'il avait éjaculé, qu'il avait laissé Alfred se frotter à lui…
-J'ai paniqué… J'ai… Je n'ai vraiment… Vraiment rien fait… C'était… Minable et…
-Ne dis pas ça, le rabroua Alfred en lui pinçant doucement la joue. Pour être honnête je pensais que tu m'arrêterais bien avant, ou que tu ferais un malaise dès que j'aurais commencé à te déshabiller. Tu as été vraiment génial, Artie.
Pas convaincu du tout, Arthur se tourna tant bien que mal sur le côté. Il n'avait pas la force pour se mettre en pyjama. Pour se lever tout court.
-Peux plus bouger… murmura-t-il.
-On va dormir, de toute façon.
-Je suis en jean…
-Enlève-le.
Alfred ne semblait vraiment pas voir de problème, et il se contentait de lui sourire comme un idiot.
-On peut regarder un film avant de dormir, si tu veux. Même un film nul, de toute façon on s'endormira avant la fin, je pense.
Trop fatigué pour débattre, Arthur hocha bêtement la tête, et poussa même jusqu'à se redresser. Il n'avait pas le choix de toute façon, il était trop fatigué pour se changer, et dormir en jean était loin d'être agréable. Et Alfred avait raison, ils allaient dormir, qu'est-ce qui pouvait bien lui arriver ?
Il envoya son pantalon par terre et se laissa retomber sur le lit. Alfred remonta la couverture sur eux, la télécommande dans une main. L'écran de la télé indiquait qu'il avait lancé un film, Arthur n'avais aucune idée duquel, et il s'en foutait.
-Tu veux pas enlever ta chemise, aussi ? proposa Alfred.
-Non, ça ira…
L'Américain ne le força pas et se contenta de retirer son propre pantalon et son t'shirt. Il suspendit cependant son geste, et se tourna vers lui, les joues rouges.
-Ca te gêne pas ? Que je l'enlève.
-Fais ce que tu veux…
Alfred hocha la tête et termina de se déshabiller, restant simplement en boxer. Il se glissa sous les draps, et Arthur se calla contre lui sans s'en rendre compte. Ils n'étaient pas vraiment collés non plus, l'Anglais gardait une certaine distance de sécurité, mais c'était toujours plus près que tout ce qu'ils avaient fait avant. Et c'était aussi la première fois qu'ils dormaient ensemble.
-Bonne nuit, love…
