Chapitre 34 : Nous sommes chez nous

Coucou tout le monde !

Et oui ce n'est pas un rêve voici enfin le dernier chapitre de cette histoire ! Je suis vraiment désolé de ne pas l'avoir posté avant mais j'ai mis un moment à finir cette fic puis ensuite la rentrée enfin bref il est enfin là.

Il s'agit de la version corrigée que je viens de recevoir ! ^^

Je posterai l'épilogue ce week-end surement puisque lui aussi et terminée ! Je tiens aussi à vous remercier pour les nombreuses reviews que j'ai reçus pour le chapitre 33. Je suis heureuse de voir que vous aimez toujours autant.

Bon je vous laisse découvrir la suite et je vous retrouve en bas…


Chapitre 34 : Nous sommes chez nous

PDV Bella

Après le salut d'Edward, le silence s'étira durant de longues secondes.

Personne n'osait réagir. Ni nous, ni notre famille.

Finalement, Esmée étouffa un sanglot et se précipita vers nous. Elle se jeta littéralement sur son fils qui eut juste le temps de poser Carlie au sol avant de réceptionner sa mère.

Ma fille enroula ses bras autour de ma jambe comme si elle avait peur d'être une victime de sa grand-mère.

- Oh je n'y crois pas, oh mon dieu !

Elle serrait Edward comme si sa vie en dépendait et, en regardant la tension qui s'acculait dans ses bras, je me rendais compte qu'il faisait de même.

Elle ne s'écarta de mon mari que plusieurs minutes après et ce fut seulement pour me serrer contre elle à mon tour.

- Mes enfants, mes tout petits !

Elle continua à nous enlacer durant de longues minutes puis elle s'écarta de nous et promena son regard vert, noyé de larmes, sur nos visages puis sur ceux qui nous entouraient.

Bien entendu, ses yeux ne loupèrent ni mon ventre rebondi, ni notre fille qui était littéralement accrochée à moi.

Je jetais un coup d'œil à mon mari qui ne semblait pas plus à l'aise que moi.

- Maman, chuchota Edward en passant sa main dans les cheveux de sa mère.

Esmée renifla avant de détailler durant de longues secondes Carlie.

Autour de nous le silence était si lourd que je suis certaine qu'on aurait entendu la moindre mouche voler dans la pièce.

Soudain, un sanglot me fit tourner la tête. Je plissai les yeux et m'avançai de quelques pas alors que je sentis ma fille me lâcher.

- Bella… murmura Alice en se levant, ce qui précipita la chaise sur le sol.

Je m'élançais vers ma meilleure amie et elle fit de même de son côté. Nous nous retrouvâmes à mi-chemin et je sentis ses bras m'étreindre alors que je faisais de même de mon côté.

Mes sanglots explosèrent tout comme les siens.

- Oh Bell's, ça fait tellement longtemps, si tu savais comme tu m'as manqué… comme vous m'avez manqué.

Elle tourna la tête vers son frère un bref instant avant de revenir vers moi.

- Et toi alors ?! Je suis tellement désolée Alice…

Elle secoua la tête et m'intima l'ordre de me taire.

- Tu as fait ce que tu avais à faire. Pour ta famille…

Un énorme poids se souleva de mes épaules. Sans que j'en aie conscience, depuis trois ans je vivais avec la peur perpétuelle que ma meilleure amie, la personne qui comptait le plus pour moi en dehors de mon mari et de ma fille, ne comprenne pas les choix que j'avais faits.

Mais ce n'était pas le cas.

Je le voyais dans ses yeux. Elle ne m'en voulait pas.

Elle comprenait.

Elle s'éloigna quelques instants avant que Rosalie ne prenne sa place, puis Emmett.

Je vis Irina se précipiter vers Edward. Un à un tout le monde nous serra contre lui.

Tous sauf mon frère qui, lui, tourna les talons et se prépara à sortir de la pièce.

- Jasper ! M'écriai-je en me déplaçant aussi vite que ma condition de femme enceinte me le permettait.

Il se stoppa près de la porte, le dos tourné.

- Je suis désolée, Jazz. Je me doute que tu dois m'en vouloir…

- De quoi ? Répliqua-t-il en se tournant d'un coup vers moi.

Son visage pourtant n'était pas si rouge que ce à quoi je m'attendais.

C'est comme s'il était résigné depuis un moment. Sans doute depuis trois ans.

Au lieu de baisser le regard comme je l'aurais fait auparavant, je ne défaillais pas une seule seconde et le regardais dans les yeux.

Il n'avait pas vraiment changé depuis toutes ces années. Il paraissait juste plus vieux et surtout plus dur que dans mon souvenir.

- D'avoir fait un choix ? D'avoir tout sacrifié pour ta famille ? Je ne pourrais jamais t'en vouloir d'avoir choisi l'amour de ta vie et le père de ton enfant, Bella. J'aurais fait la même chose. Mais… tu es ma petite sœur… et bien que je sache que tu as fait ça pour ton bien… j'ai souffert…

- Oh Jazz…

Je le pris par les épaules et l'attirai à moi.

J'enfouis mon visage dans son cou et respirai son odeur. J'avais l'impression de revenir au bercail après des mois d'exil.

J'aimais plus que tout mon mari et ma fille, mais c'était mon frère et j'avais aussi besoin de lui tout comme d'Alice, d'Esmée de Carlisle et de toutes ses personnes que nous avions laissées derrière nous en prenant la fuite.

Quand nous reprîmes tous les deux contenances, nous avançâmes bras dessus bras dessous vers notre famille.

Edward était entouré par ses sœurs qui ne semblaient pas vouloir le lâcher. Nous formâmes un cercle pour permettre de se voir les uns les autres.

Les yeux de mon mari paraissaient aussi mouillés que les miens.

- On est rentré… murmurai-je avec difficulté.

Il hocha la tête.

- Oui nous sommes rentrés.

Mon mari se dégagea de ses sœurs un instant pour prendre notre fille dans ses bras. Bien que ce n'était pas une enfant farouche, toutes ces personnes qu'elle n'avait jamais vues autour d'elle semblaient l'intimider.

- Mon ange… il lui sourit gentiment et lui caressa les cheveux. C'est notre famille. Papy… mamie… Tatie Alice, Tatie Rosalie, tonton Emmett, tonton Jasper, tatie Irina et tonton Zack.

Puis son regard se porta sur la famille.

- Et je vous présente notre fille Carlie Esmée Cullen.

Notre fille leur lança un sourire dont elle avait le secret et se tortilla pour descendre des bras de son père.

La timidité dont elle avait fait preuve jusque-là sembla s'évanouir.

Elle s'approcha de sa grand-mère Esmée qui parut la femme la plus heureuse quand sa petite fille lui adressa un sourire charmeur.

Pour ce qui était de charmer les gens avec un seul regard, ma fille était le portrait craché de son père. Elle pouvait embobiner n'importe qui et elle le savait, exactement comme son géniteur. Elle en jouait et je me doutais que d'ici quelques années elle nous donnerait des cheveux blancs avec ça.

Esmée s'accroupit devant mon enfant et tendit la main vers elle pour lui caresser les cheveux.

Nous les couvions tous du regard. Le bras d'Edward s'enroula autour de moi et il m'attira contre lui alors que Carlie tendait les bras vers sa grand-mère dont les larmes roulèrent silencieusement sur ses joues quand elle l'attrapa pour la porter.

Elle se releva et Carlisle s'approcha à son tour.

La rencontre avec leur petite fille était quelque chose de vraiment magique à regarder.

Le visage du médecin était rayonnant alors qu'il portait sa main vers la joue de ma fille.

Plusieurs minutes s'écoulèrent avant que quelqu'un ne réagisse. Les uns après les autres ils s'approchèrent de Carlie qui, visiblement, prenait goût à être le centre de l'attention.

Ma princesse souriait à tout le monde et d'un seul coup d'œil réussissait à charmer notre famille.

Les retrouvailles furent bientôt interrompues par un élément perturbateur.

- Alors Bella ? Vous avez remis le couvert avec Ed' ? Me lança ce cher Emmett dont j'avais presque oublié l'humour décapant.

Il désignait mon ventre bien rond qui abritait notre fils.

- Em'… ne commence pas… souffla mon mari en levant les yeux au ciel.

Il resserra son bras autour de moi

- Attend, tu ne penses tout de même pas que je vais rester là sans rien dire… je me rattrape mon vieux.

Il roula des épaules, frappa mon mari à l'épaule, mais son regard était braqué sur moi. Son sourire faussement innocent ne me rassurait honnêtement pas.

Edward ricana à la vue de son meilleur ami, mais je le connaissais assez pour sentir le soulagement qui l'envahissait. Notre famille ne semblait pas nous en vouloir. Pourtant je savais, et mon mari aussi, que la plus grosse partie était encore à faire.

Affronter Charlie.

Je n'étais pas naïve au point de croire qu'il ne saurait rien de notre visite. Sans doute était-il même déjà au courant. Mais je ne pouvais m'empêcher d'avoir peur.

Dieu seul savait comment il était devenu ces trois dernières années.

Mais une chose était certaine, je me battrais bec et ongle pour ma famille. Je ne le laisserais plus jamais m'insulter comme il l'avait fait auparavant.

C'était terminé ! J'étais une adulte, j'avais un mari et une fille, il ne pouvait plus m'atteindre.

- Vous savez que vous avez bien caché votre jeu, tous les deux ! Lança-t-il en s'approchant de nous.

- En même temps, gros débile, c'était un peu fait exprès tu ne penses pas ? Attaqua ma meilleure amie en le regardant avec un air féroce dans le regard.

Le gros nounours visiblement vexé par la pique croisa les bras sur son torse.

- Parce que tu te crois intelligente toi ?

Alice allait répondre, mais sa mère lui coupa l'herbe sous le pied.

- Emmett ! Alice ! On se calme ! Je vous signale qu'il y a des oreilles innocentes ici !

Les deux intéressés jetèrent un regard à ma fille dans les bras de son grand-père avant de se renfrogner.

- Bon, et si nous mangions ?

Sur cette proposition d'Esmée, nous nous mîmes tous à table. Des couverts furent sortis pour nous et bientôt nous nous mîmes à manger et à bavarder comme nous le faisions des années en arrière. Comme si nous n'étions jamais partis.

Sous la table je sentis la main de mon mari s'enrouler autour de la mienne et sa bouche déposer un léger baiser sur ma tempe. Il était aussi heureux que moi.

Nous étions enfin rentrés chez nous après des années loin de notre foyer.

Il était plus de 16 heures quand des coups à la porte se firent entendre. C'est Carlisle qui alla ouvrir, quelques instants plus tard mon père déboula dans le salon des Cullen.

Edward réagit comme un ressort et s'approcha de moi comme pour faire barrière entre mon géniteur et moi. Ma fille était dans les bras de ma meilleure amie et jouait les intéressantes pour que l'on s'occupe d'elle.

Charlie sembla faire un tour d'horizon avant de poser les yeux sur moi. Quand nos prunelles se croisèrent, j'eus l'impression de revenir des années en arrière.

- Bella…, souffla-t-il l'air de ne pas y croire.

Mais cet instant, comme bien d'autre chose, ne dura pas et ses traits se durcirent au moment où il se rendit compte de la présence d'Edward.

Les choses ne changeraient donc jamais apparemment.

- Toi…

Je m'avançais d'un pas et me postais devant lui les mains sur hanches.

- Si tu es venue dans l'intention de créer un esclandre, tu peux partir, Charlie.

Je n'allais pas lui faire le plaisir de l'appeler papa. Pas après ce qu'il nous avait fait.

Il serrait les poings, mais pourtant il se tourna vers moi et il fit un pas en avant. Je sentis les doigts d'Edward se refermer autour de mon poignet comme pour me retenir d'avancer moi aussi.

- Laisse ma fille tranquille, Cullen.

- Charlie, arrête ! Edward est mon mari, je l'ai épousé et nous avons des enfants ensemble. Tu ne peux plus rien faire. Si on est là, c'est pour retrouver notre famille.

- Je suis ta famille, cria-t-il hors de lui. Je suis ton père, bon sang !

Il se détourna et j'entendis un léger reniflement.

- Je ne savais pas qu'un père traitait sa fille comme tu l'as fait il y a trois ans, Charlie.

Mon père se tourna vers mon mari qui fulminait aussi. Je lui avais raconté ce que mon père m'avait fait subir avant qu'il vienne me chercher. Il savait tout dans les moindres détails.

J'avais besoin d'en parler à quelqu'un. Charlie m'avait fait plus de mal qu'il n'en soupçonnerait jamais.

Il était mon père, l'homme que j'avais toujours admiré petite fille, mais il était aussi celui qui m'avait fait aussi le plus souffrir.

Charlie avait les yeux braqués sur ses pieds et était tendu comme un arc. S'il avait pu tuer quelqu'un, il l'aurait sans doute fait. Les choses ne changeraient jamais pour lui. Mais au lieu de me mettre en colère, ça me faisait de la peine parce qu'il allait finir ses jours, seul.

Une larme s'échappa de mes yeux et Edward me serra contre lui comprenant parfaitement que les minces espoirs que j'avais eus auparavant s'effondraient comme un fétu de paille.

- Tu devrais rentrer chez toi Charlie, intervint soudain mon frère en s'approchant de nous. Tu n'as rien à faire ici.

Mon père releva la tête et ses yeux plongèrent dans les miens.

C'est là que je vis à quel point il n'était absolument plus le même. Ses prunelles parlaient pour lui. C'était un homme brisé par le chagrin depuis des années. Mais un homme trop fier pour demander pardon. Ses mots ne franchiraient pas ses lèvres, nous le savions tous les deux.

- Tu m'as traitée de pute ! Tu m'as rabaissée et insultée pendant des semaines. Tu as fait fuir Edward, lui lançais-je alors qu'il se dirigeait vers la porte.

- Il a abusé de toi alors que tu étais si jeune.

J'éclatais de rire, mais je ne trouvais absolument pas ses mots hilarants.

- Tu as vécu ta vie seul, comment pouvais-tu te rendre compte que nous étions amoureux l'un de l'autre ?! J'aime mon mari de chaque fibre de mon être, mais ça, tu es trop bornée pour t'en rendre compte ! Tu crois que j'aurais fui avec lui si je n'étais pas certaine de l'aimer ! Tu es trop borné, trop empêtré dans tes conneries de père à deux balles !

J'étais tellement en colère que j'étais tendue comme un arc.

Trois ans et c'était toujours la même chose ! Je le savais pourtant, mais j'aurais tellement aimé que les choses soient différentes. C'était mon père, bon sang !

- Bella, calme-toi…, intervint soudain Edward m'obligeant à reculer.

Je le repoussai pour me dégager de son emprise et je fis face aux deux hommes que j'aimais, mais qui s'affrontaient malgré tout.

- Comment voudrais-tu que je me calme, Edward ? Criai-je hors de moi. Il t'a frappé, enfermé dans une cellule, menacé, il était à deux doigts de te traîner en justice et de détruire ta vie. Il nous a obligés à vivre cachés durant des années parce qu'on avait peur de lui.

Je me tournais ensuite vers Charlie.

- Regarde cette enfant Charlie, regarde là. C'est ma fille, notre fille ! J'étais enceinte il y a trois ans. Tu étais à deux doigts de détruire sa vie Charlie, tout comme la mienne d'ailleurs. Si je ne m'étais pas enfui, elle n'aurait pas de père à l'heure qu'il est ! Tu as bien failli la priver de son père !

- Bella, m'interpella mon mari en me forçant à me tourner vers lui. Ta tension, le médecin a dit ….

- Je m'en balance de ce que le médecin a dit Edward !

Charlie était cloué au sol alors que je hurlais tout ce que je pouvais. Toute cette rancœur que j'avais gardée enfouie au fond de moi ressortait.

- Pourquoi es-tu aussi borné bon sang ?! J'ai besoin de toi aussi, merde ! Tu es mon père et tu es une partie de moi au même titre que mon mari, ma fille ou mon frère. Pourquoi ne peux-tu pas accepter mes choix, les comprendre ? Pourquoi papa ?!

Une violente contraction fit céder mes jambes et je partis en avant. Je poussai un cri de douleur alors que je voyais le sol se dérober sous mes pieds. Charlie fut le plus réactif puisqu'il m'attrapa au vol et m'empêcha de m'écraser au sol.

Je poussai un deuxième cri quand une autre contraction me saisit.

- Edward, appelai-je en pleurs.

Tout le monde était autour de moi alors que mon père me tenait la tête et que mon mari tombait à genoux près de moi.

- Respire, Bella, me pria Carlisle en se mettant de l'autre côté de moi.

- Mon bébé… Qu'est-ce qu'il se passe ?... Edward, je t'en prie…

- Calme-toi mon ange, calme-toi !

- Il faut que tu respires profondément, Bella ! M'ordonna Carlisle

Une autre contraction me fit hurler de nouveau.

- Maman ! Cria Carlie qui se débattait dans les bras de ma meilleure amie.

Je m'affolais et la douleur dans mon ventre s'accentua. J'étais tétanisée. Mon bébé…

- Bella, tu dois te calmer, ma fille ! Chuchota Charlie en serrant ma tête. Je t'en prie, pense à ton bébé…

- Il faut aller à l'hôpital, déclara Carlisle.

- Quoi ? NON ! Qu'est-ce qui se passe ? Mon bébé ? Comment va mon bébé ?

Personne ne me répondit alors que Carlisle se levait et donnait des ordres, je ne les entendais pas, tellement j'étais paniquée.

Je ne pensais qu'à une seule chose. La santé de mon bébé.

- Tout va bien se passer, ma fille, chuchota Charlie.

Je plongeais dans ses yeux si semblables au mien et à ceux de ma fille. J'avais du mal à le voir à travers mes larmes.

- Je te le promets Bella.

J'attrapai sa main pour la serrer, mais j'étais déjà en train de m'évanouir.

PDV Edward

- Ma voiture de patrouille est devant la porte ! Lança Charlie alors que je soulevais ma femme dans mes bras.

J'entendais les cris de Carlie mais je faisais confiance à ma famille pour s'occuper d'elle.

La priorité était d'abord Bella.

Je courus aussi vite que je pus jusqu'à la voiture de Charlie et je m'installais à l'arrière.

Mon beau-père mit la sirène et démarra sous les chapeaux de roues.

Il ne respecta aucune des limitations de vitesse et il ne fallut que quelques minutes pour atteindre l'hôpital où ma femme fut prise en charge immédiatement.

On me refusa l'entrée et je dus m'arrêter dans la salle d'attente.

J'étais comme fou alors que je fixais l'endroit où Bella avait disparue.

- Bella …
Je me passais la main dans les cheveux et tirais dessus de toutes mes forces.

- Tu devrais t'asseoir, chuchota mon père. Je vais aller voir ce qu'il se passe.

J'étais pétrifiée alors que j'imaginais les pires scénarios pour ma femme et mon enfant.

- Pitié non ! Pas elle …

- Elle va s'en sortir, elle est forte …

Je fermais les yeux et serrais les poings aux mots de Charlie.

J'avais envie de l'anéantir, mais je savais que Bella ne voudrait pas que je frappe son père, comme lui l'avait fait avec moi trois ans auparavant.

Je me levais et arpentais la pièce.

- Tu as failli la briser Charlie. Tu étais censé la protéger et toi tu as failli la détruire.

Il ferma les yeux et s'avachit sur le siège en plastique de la salle d'attente de l'hôpital.

- Elle n'avait que 17 ans, tu en avais 30. C'était ma fille … ma petite fille.

- Ça ne te donnait pas une raison pour l'insulter et la frapper !

Il me fixa durement en se levant.

- Mets-toi à ma place Cullen. Imagine ta fille à 17 ans avec un homme de 30 ans.

Je me révulsais à cette idée et serrais les poings. Charlie se rendit compte de ma réaction à cette pensée et il prit ça pour une victoire.

- J'aurais sans doute réagi comme toi, mais moi j'essayerais au moins d'écouter et de comprendre ! Or tu n'as fait ni l'un ni l'autre !

- Je ne pouvais pas … à l'époque.

Il ne me regardait de nouveau plus.

- Parce que les choses ont changé ?! M'exclamai-je durement.

- Tu ne nous as pas plus laissé de chance aujourd'hui qu'il y a trois ans Charlie.

- C'est faux !

- Alors, pourquoi avoir réagi comme ça ?

Il était l'homme le plus complexe que je connaissais. Il ne savait pas pardonner, il ne savait pas accepter ses erreurs. Il ne savait que se mettre en colère.

- Quand ma fille est née il y a deux ans, je lui ai fait une promesse. Celle de toujours la protéger et d'être là pour elle à chaque moment. J'ai accepté le fait que j'allais sans doute faire des erreurs avec elle comme j'en avais fait avec sa mère. Mais j'apprends, vite tu sais. Et je sais que jamais je ne pourrais lui tourner le dos. Je serai toujours là pour elle, quoi qu'elle puisse faire. Je lui pardonnerai et je sais qu'elle fera la même chose.

Nous n'étions qu'à un mètre l'un de l'autre. Il aurait pu m'atteindre facilement, mais nous n'en étions pas là.

Pour la première fois depuis longtemps, j'étais en train de me rendre compte que nous avions une véritable conversation.

- On se bat pour la même femme Charlie. Je suis devenue un père moi aussi et je peux comprendre, mais je t'en prie, ne la fais pas souffrir plus. Tu lui as fait tellement de mal. Bella a besoin de son père et Carlie de son grand-père.

- Je n'ai pas voulu ce qu'il est arrivé aujourd'hui. Je voulais juste avoir une chance de la serrer contre moi. Mais quand je t'ai vu … j'avais enfin le responsable de cette situation en face de moi. Je n'ai pas perdu seulement ma fille il y a trois ans. Mais mon fils également. Je n'ai pas vu Jasper et Alice depuis des années, sans parler de tes parents qui m'ont tourné le dos.

À ce moment-là, je compris que j'avais deux options. Soit je tendais la main à cet homme qui ne demandait qu'à être pardonné finalement, je faisais le premier pas pour l'accueillir dans notre famille. Soit je le chassais d'ici en sachant que ma femme avait besoin de son père.

- Notre fille s'appelle Carlie Esmée Cullen. C'est Bella qui a trouvé le prénom. Sais-tu comment ?

Il secoua la tête, surpris par mes paroles. Visiblement, il ne comprenait pas où je voulais en venir.

- Carlie comme Carlisle … et … Charlie.

- Elle ne t'a pas oublié depuis trois ans. Elle t'en a voulu, je mentirais en affirmant le contraire, elle t'a même détesté, mais tu as toujours été au fond d'elle. Parce que tu es son père et que je la connais par cœur. Je suis amoureux de ta fille pour toujours. Je l'ai épousé Charlie, je lui ai fait des enfants et je la rends heureuse. Exactement comme elle le fait avec moi. Nous nous aimons.

Je savais qu'il était en train de réfléchir à tout ça. Il était en train de comprendre que j'étais absolument sérieux.

- Jamais je ne l'aurais approché si je n'avais pas nourri des sentiments aussi forts.

Il hocha la tête et me regarda droit dans les yeux sans ciller.

- Je sais. Je suis en train de le comprendre.

Le silence s'éternisa alors qu'il finit par murmurer quelque chose d'inédit pour lui.

- Je suis désolé, Edward.

Je n'aurais jamais pensé entendre ça un jour.

- Je suis désolé également Charlie. Je n'ai jamais voulu ce qui est arrivé.

Il hocha la tête avant de me tendre sa main. Je n'hésitais pas et approchais la mienne. Notre poignée de main était le début d'une réconciliation et d'une acceptation mutuelle.

On ne le faisait pas pour nous, mais pour Bella.

Alors qu'on se relâchait, un médecin s'approcha de nous et dans un même mouvement on lui sauta presque dessus.

- Monsieur Cullen votre femme va bien. Nous l'avons mise sous sédatif pour la faire dormir un peu. Quant à votre bébé, il est toujours dans son ventre et il est en bonne santé. Les contractions ont été provoquées par le stress intense que votre femme a éprouvé. Elle va devoir se reposer pour le reste de sa grossesse, mais rassurez-vous, si elle suit nos indications tout ira bien.

Un soulagement intense m'envahit et je faillis m'écrouler sur le sol. Je sentis des bras puisant me saisirent et m'asseoir sur une chaise en plastique.

- Pouvons-nous la voir docteur ? Demanda mon beau-père près de moi.

- Bien sûr, mais pas longtemps. Elle doit se reposer.

- Edward ? M'appela-t-il quelques instants plus tard.

Je relevai la tête pour pouvoir l'observer attentivement.

- Va la rejoindre, je crois qu'elle doit avoir besoin de toi. Je vais prévenir les autres.

Il s'éloignait déjà vers la sortie.

- Charlie ?

Il se retourna et je lui adressai un sourire.

- Merci.

PDV Bella

Mon bébé était en bonne santé et il était toujours bien au chaud dans mon ventre.

Je ne passais que deux jours à l'hôpital, une fois qu'ils furent rassurés de notre santé.

C'est Edward qui vint me chercher avec Carlie qui ne voulait absolument plus me lâcher depuis que je l'avais retrouvée.

Elle avait eu peur elle aussi et je m'en voulais d'avoir provoqué ça alors que mon mari m'avait mise en garde tout comme mon médecin.

Tout le monde était venu me rendre visite, même mon père.

Il s'était excusé, nous avions parlé un moment avant qu'il se pencha vers moi pour m'embrasser la joue et me serrer contre lui. Comme si je lui avais manqué. Je crois que j'étais la plus heureuse des femmes en cet instant.

Mon mari nous ramenait à la villa Cullen. Carlie chantait dans son siège auto et je ne pouvais m'empêcher de faire comme elle.

Quand nous arrivâmes à destination, Edward fit le tour de la maison et se gara dans le garage qui regroupait une série de voitures. Visiblement, tout le monde était là à nous attendre.

- Edward, soufflai-je quand il m'obligea à m'asseoir dans le fauteuil roulant prêté par l'hôpital.

Je ne protestais pas plus en rencontrant son regard.

Il installa Carlie sur mes genoux et me poussa jusque dans la maison où un concert de Bienvenue se déclencha.

J'éclatais de rire alors que tout le monde vint m'embrasser.

J'enlaçais ma fille quand je me rendis compte que mon mari était non loin de là en grande conversation avec mon père. Quand j'entendis leur rire, je fus émue aux larmes.

- Nous sommes chez nous, mon ange, murmurai-je à Carlie qui jouait avec mes cheveux.

- Avec la famille maman ?

- Oui avec notre famille.

J'embrassais tendrement mon enfant tout en posant une main sur mon ventre bien rond.

Je savais que les choses iraient bien maintenant. Nous étions rentrés au bercail et je savais que nous allions y rester un moment.

Je poussai mon fauteuil vers mon mari et mon père qui s'accroupirent.

- Merci papa, chuchotai-je difficilement en passant une main autour de son cou.

- Je t'aime.

Je lui déposai un baiser sur la joue avant de réitérer la manœuvre avec mon mari.

Les hommes de ma vie se penchèrent et m'embrassèrent à leur tour sur chacune de mes joues sous les rires pleins de promesses de Carlie et de notre famille.

Notre vie commençait enfin.


Et voilà !

Alors qu'en pensez-vous ?

Tout fini bien finalement pour nos héros ! Je ne vais pas les torturer plus longtemps !

Laissez-moi un petit commentaire pour donner votre avis …

Pour l'épilogue, on fera de nouveau un bon en avant et puis ce sera terminer !

A bientôt ! ^^