Bonjour et...
Joyeux Noël à tous !
Bon voilà, aujourd'hui c'est Noël, et donc je me suis dit que c'était une parfaite occasion pour publier un nouveau chapitre. J'espère que vous avez passé un bon réveillon et que vous avez tous été gâtés. Si pour certains ce n'était pas la joie (oui je sais que parfois les repas en famille peuvent être un véritable calvaire malheureusement) alors courage, c'est bientôt fini. Quoi qu'il en soit, j'espère que ce chapitre vous plaira, même si tout n'est pas forcément rose...
Bonne lecture à tous :)
AVERTISSEMENTS : plusieurs scènes comprenant des violences physiques (égorgement, étranglement, ...).
Le premier sentiment que ressentit Lexa dès l'instant où elle se réveilla fut la panique.
Elle ne sentait plus la chaleur du corps de Clarke contre le sien – c'était d'ailleurs sans doute ce qui l'avait réveillée – et sans qu'elle puisse expliquer pourquoi, sa première pensée fut qu'elle était partie. Dès qu'elle ouvrit les yeux, elle tourna la tête à droite et à gauche pour la chercher du regard et voir si elle était toujours dans la pièce. Un soulagement qu'elle avait rarement ressenti la submergea quand ses yeux croisèrent deux petits océans qui l'observaient. Un fin sourire éclaira les traits de la blonde qui était toujours étendue à côté d'elle, mais en retrait.
- Tu es encore plus belle que d'habitude quand tu dors, dit-elle d'une voix enrouée qui prouvait qu'elle était réveillée depuis peu.
- Tu aurais dû te voir hier soir quand tu t'es endormie.
A la surprise de la Native, le sourire de sa compagne disparut.
- Je suis désolée pour hier soir.
Lexa comprit sa réaction mais ne fit aucun commentaire. Elle se contenta de remettre en place derrière l'oreille de la jeune fille une mèche blonde qui envahissait son doux visage.
- J'ai conscience que mon comportement n'était pas habituel et je suis désolée si je t'ai fait peur. Je suis seulement stressée et fatiguée, et je crois que j'ai fini par craquer et décompenser.
La brune ne répondait toujours pas et garda ses yeux plantés dans ceux de Clarke.
- Tu m'en veux ? demanda cette dernière.
- Pas du tout. On peut tous avoir des moments de faiblesse, ce n'est pas de ta faute. Tu te sens mieux qu'hier ?
La fille du Ciel acquiesça d'un hochement de tête.
- Tout ce qui compte c'est que tu ailles bien.
Clarke se crispa légèrement à ces mots, mais Lexa mit cela sur le compte de son état de nerfs. Elle s'approcha d'elle et l'embrassa brièvement, mais avec tendresse. Elle se sépara ensuite d'elle pour mieux revenir l'embrasser, à la commissure des lèvres cette fois, puis sur la joue, et enfin près de l'oreille. La blonde accepta volontiers ces baisers délicats et y répondit en venant déposer ses lèvres sur la ligne de la mâchoire de sa compagne. Elles furent bientôt à nouveau dans les bras l'une de l'autre et échangèrent des caresses et des baisers plus chastes que la veille.
Après quelques instants, Lexa s'éloigna légèrement de Clarke en gardant tout de même ses bras autour de sa taille.
- Il va falloir qu'on se lève.
Pour toute réponse, la jeune fille enfouit son visage dans l'oreiller et par la même occasion dans son cou, faisant ainsi naître un sourire amusé sur son visage.
- On peut rester encore un peu au lit, marmonna-t-elle.
- J'aimerais vraiment, mais il faut que-
- Je ne me sens vraiment pas la force d'y aller, je suis déjà épuisée.
Le ton employé par Clarke avait été cette fois beaucoup plus sérieux et alarma la brune. Cette dernière se recula pour mieux voir le visage de sa compagne et put constater qu'elle ne mentait pas : les traits tirés qu'elle avait remarqués plus tôt et associés à un réveil encore récent n'avaient pas quitté son visage. C'était vrai, elle semblait réellement fatiguée.
- Tu as de la fièvre ? demanda-t-elle immédiatement d'un ton inquiet. Tu ne te sens pas bien ?
- Je ne suis pas malade, ne t'en fais pas. Je pense que j'ai besoin de repos, c'est tout.
La Native ne parut pas convaincue et posa alors sa main sur le front de sa compagne qui leva les yeux au ciel.
- Je vais bien.
- Tu n'as pas l'air d'avoir de fièvre.
- C'est ce que je te dis.
- Tu devrais quand même rester couchée et te reposer.
- C'est ce que je comptais faire, répliqua la blonde avec un sourire malicieux.
Lexa marqua un temps de pause avant de hausser les sourcils.
- Tu essaies de m'inciter à rester avec toi, je me trompe ?
- Peut-être bien, répondit la plus jeune sans perdre son sourire.
- Ce serait avec plaisir, tu le sais.
La brune se redressa vers la fille du Ciel pour l'embrasser rapidement avant de se laisser retomber sur le matelas.
- Malheureusement je ne peux pas.
Clarke fit la moue mais ne protesta pas. Bien entendu, elle savait que sa compagne ne pouvait pas se permettre de paresser au lit, encore moins lors d'un jour comme celui-ci. Mais pour autant, cela n'en restait pas moins frustrant.
- Je suis désolée, s'excusa la Native.
- Tu n'y es pour rien.
Lexa resta silencieuse et regarda sa compagne sans dire un mot. Ce fut cette dernière qui prit finalement la parole après un bref instant de silence :
- Je vais rester ici et essayer de dormir un peu.
La brune hocha la tête en signe d'approbation. Elle sembla hésiter avant de finalement se décider à demander :
- Tu me rejoindras quand tu seras reposée ?
- Bien sûr, répondit Clarke sans hésitation. Je vais faire en sorte de dormir et quand je me sentirai plus en forme, je te rejoindrai.
- Je vais sans doute passer la journée au Dôme jusqu'à ce que les émissaires arrivent.
- Je ne doute pas que je n'aurai aucun mal à trouver quelqu'un qui pourra me dire où est Heda, plaisanta la blonde en lui caressant le visage avant de l'attirer à elle pour un baiser.
Elles s'embrassèrent longuement et en prenant leur temps, avec douceur et tendresse, chacune les mains sur le visage de l'autre. Lorsqu'elles se séparèrent, Lexa caressa doucement le nez de Clarke avec le sien et lui vola un dernier baiser avant de quitter le lit.
- Clexa -
La blonde avait observé sa compagne se mouvoir dans la pièce pendant tout le temps où elle s'était préparée. Pas une seule seconde ses yeux ne l'avaient quittée, comme aimantés. Elle était incapable de regarder ailleurs, comme si Lexa avait pu tout à coup disparaître si elle avait eu le malheur de ne pas la fixer ne serait-ce qu'un instant. La Native ne semblait pas s'en offusquer, bien au contraire. Dès qu'elle croisait les yeux de sa compagne elle lui rendait son regard et lui souriait.
Après plusieurs minutes d'habillage, de maquillage et de préparation, Lexa était finalement prête. Elle était près de la porte et se tourna vers sa compagne. Leurs yeux se trouvèrent immédiatement et ne se quittèrent plus. Après quelques instants d'un silence parfait, la brune avança vers sa compagne. Celle-ci se redressa et se mit assise alors qu'elle était restée allongée jusque-là.
- Repose-toi, souffla la guerrière dont le visage était maintenant assombri par son maquillage.
Clarke ne répondit pas et attendit qu'elle s'approche d'elle, ce qu'elle fit sans plus tarder. Dès que la brune se pencha vers elle, la fille du Ciel posa ses deux mains sur sa nuque pour l'attirer vers elle et posa brusquement et presque brutalement ses lèvres sur les siennes. Lexa fut quelque peu prise au dépourvu, mais elle répondit tout de même à ce baiser.
Alors qu'elles s'embrassaient, elle sentit soudain Clarke trembler. Elle voulut se reculer pour lui demander ce qu'il se passait, mais dès qu'elle tenta de le faire, la jeune fille s'agrippa à elle avec l'énergie du désespoir. Elle l'embrassa ensuite avec plus d'empressement, comme si sa vie en dépendait.
Quand, enfin, elles se séparèrent, elles étaient toutes les deux à bout de souffle. Clarke resta accrochée à la nuque de Lexa, si bien qu'elles respiraient le même air et se trouvaient à seulement quelques centimètres l'une de l'autre. La brune la regarda avec un air inquiet, mais tout à coup, c'était comme si rien ne s'était passé. Les tremblements semblaient s'être envolés, et alors qu'elle s'attendait à découvrir une quelconque inquiétude ou panique sur les traits de sa compagne, celle-ci affichait une expression détendue et sereine. Le contraste avait été tellement brutal qu'elle se demanda si elle n'avait pas rêvé et imaginé ces soubresauts.
Elle fut soudainement arrachée à sa réflexion quand la voix de Clarke s'éleva, emprunte d'émotions mais sûre et maîtrisée malgré tout.
- Ai hod yu in, chuchota-t-elle comme elle aurait chuchoté un secret. (Je t'aime.)
Désemparée, Lexa eut besoin de quelques secondes pour retrouver ses esprits et répondre :
- Ai hod yu in seintaim. (Je t'aime aussi.)
Sur ce, Clarke captura à nouveau ses lèvres entre les siennes. Ce baiser fut tout aussi intense que le précédent et les laissa à nouveau essoufflées.
Quand elles s'éloignèrent l'une de l'autre, Lexa sentit que la blonde le faisait à contrecœur. Ses mains se détendirent difficilement et la lâchèrent pour la laisser se redresser, mais elle en saisit délicatement une. Elle embrassa tendrement sa paume pour lui communiquer ses sentiments et la rassurer, bien qu'aucune trace d'inquiétude n'ait été présente sur son visage. Mais sans qu'elle puisse expliquer pourquoi, elle n'avait pas besoin de cela pour savoir que sa compagne était préoccupée.
- A plus tard, dit-elle d'une voix douce.
Clarke ne répondit pas. Elle déglutit et hocha la tête sans dire un mot, puis elle esquissa un sourire.
Ce fut à regret que Lexa lui lâcha finalement la main. Elle recula de quelques pas sans cesser de la regarder, et ce ne fut que lorsqu'elle arriva à la porte qu'elle se résigna à lui tourner le dos. Elle ne manqua pas de lui lancer un ultime regard avant de quitter la pièce en refermant derrière elle.
- Clexa -
- Nous devrons placer des troupes à cet endroit précis.
Tout en parlant, la Commandante indiqua un point sur l'une des cartes qui étaient éparpillées sur la table.
- La localisation a une réelle importance et devra être scrupuleusement respectée. Un seul dysfonctionnement et tous nos efforts pourraient être réduits à néant. Nous ne pourrons pas nous permettre la moindre erreur.
Elle lança un regard circulaire à ses Lieutenants qui l'écoutaient tous attentivement, puis elle poursuivit.
- Le terrain ne jouera pas à notre avantage. Mais malgré tout, même si Arkadia est un endroit bien gardé, il n'est pas imprenable.
Ses subalternes hochèrent la tête sans dire un mot.
Elle s'apprêtait à poursuivre quand elle entendit soudain les portes de la salle s'ouvrir. Ils levèrent tous la tête à l'unisson, y compris Titus, et reportèrent leur attention sur le garde qui venait d'entrer.
- Pardonnez-moi de vous interrompre, Heda. Les émissaires ennemis sont en chemin. L'une de nos patrouilles les a interceptés, ils sont escortés jusqu'aux portes de la ville en ce moment même.
- Très bien. Ne les laissez surtout pas entrer, qu'ils restent hors des murs.
- Sha, Heda.
Sur ce, l'homme sortit sans attendre et alla transmettre les ordres de la Commandante. Cette dernière congédia ses Lieutenants, bien qu'elle sache pertinemment qu'ils allaient se rendre à l'entrée de la capitale tout comme elle, puis elle quitta les lieux, son conseiller sur les talons.
Alors qu'elle traversait les rues pour aller jusqu'aux portes, elle croisa les derniers réfugiés arrivés quelques heures plus tôt. L'évacuation s'était déroulée sans problème et les villageois les plus vulnérables étaient à présent tous à l'abri, sous la protection directe de la Commandante et surtout des hautes murailles de Polis. Ici, rien ne pourrait leur arriver.
Lexa marchait d'un pas rapide et il ne lui fallut donc que quelques minutes pour arriver à destination. Sans perdre de temps, elle monta au sommet du mur qui surplombait la porte principale. Elle ne fut pas surprise de voir des visages familiers, notamment ceux d'Abby et Marcus, mais aussi de la plupart des amis de Clarke. Ce constat lui rappela alors que sa compagne ne s'était toujours pas montrée. Néanmoins, elle chassa rapidement cette pensée parasite de son esprit. Elle devait pour l'instant se concentrer sur l'essentiel, à savoir les émissaires.
Ces derniers se trouvaient au pied des murailles, entourés par des guerriers natifs bien plus nombreux qu'eux et qui étaient à cheval tandis qu'eux n'avaient ni monture ni un quelconque véhicule. Leurs armes leur avaient été confisquées et s'ils tentaient quoi que ce soit, ils seraient neutralisés dans l'instant.
L'un d'eux se détacha du groupe sous les regards méfiants et vigilants des gardes et s'avança vers la porte. Lorsqu'il fut suffisamment proche de son interlocutrice, il se campa sur ses appuis et planta ses yeux dans les siens avec un air arrogant et dédaigneux.
- Nous avons été envoyés par le Chancelier Pike. Nous sommes ici pour-
- Nous savons pour quelle raison vous êtes ici, l'interrompit la Commandante. Vous pouvez repartir sur-le-champ, dit-elle d'un ton sec et autoritaire.
La véhémence dont elle venait de faire preuve sembla surprendre l'homme puisqu'il ne répondit pas.
- Nous ne céderons pas à vos menaces. Nous ne livrerons aucun d'entre nous.
- Vous êtes stupides, asséna l'émissaire, qui avait visiblement retrouvé son assurance. Tout ce que nous vous demandons, c'est de nous rendre les nôtres. Pourquoi risquer la vie de votre peuple tout entier ?
- C'est vous qui êtes stupides si vous pensez que nous n'avons pas compris quelles étaient vos véritables intention. Vous cherchez à nous diviser pour mieux nous affaiblir.
- Vous vous trompez. Ce n'est absolument pas notre but. Vous, les Natifs, êtes nos ennemis. Nous n'avons rien contre ceux qui se sont joints à vous et nous voulons seulement faire en sorte de les épargner.
- Les épargner ? Vous prétendez donc qu'il ne leur sera fait aucun mal bien qu'ils aient quitté vos rangs ?
- Ils étaient perdus et désorientés, ils ont été manipulés par des gens qui prétendent vouloir leur bien. Les véritables responsables seront punis, les autres auront la vie sauve.
- Je ne crois pas un mot de ce que vous dites.
- Vous devriez.
Le silence s'installa suite à ces paroles. Tout le monde attendit patiemment la réponse de la Commandante qui tarda à venir. Mais lorsqu'elle parla, ce fut d'une voix sûre et d'un ton ferme qui n'exprimait pas la moindre hésitation ni le moindre doute :
- Si vous voulez les emmener avec vous, alors il faudra me passer sur le corps.
Sur ce, la brune s'avança d'un pas. Alors que jusque-là, elle se tenait au même niveau que les autres personnes qui se trouvaient comme elle au sommet des murailles, voire même légèrement en retrait derrière les gardes, elle sortit de la ligne. La main gauche reposant sur la poignée de son sabre, les épaules dressées, le regard droit, elle se décala de façon à se placer devant Abby et Marcus qui se trouvaient non loin d'elle.
Ainsi positionnée, elle exprimait clairement sa volonté de tenir l'engagement qu'elle venait de prendre.
Il ne fallut que quelques secondes pour qu'elle soit imitée par ses camarades.
Lincoln fut le premier à sortir du rang. Il se plaça devant Monty et Nathan, qui étaient côte à côte. Octavia ne tarda pas à en faire autant et à son tour, elle fit barrière de son corps pour protéger Jasper. Ce fut ensuite Niylah qui s'avança pour venir se poster entre Bellamy et leurs ennemis, au grand étonnement du jeune homme qui avait remarqué sans mal l'animosité de tous les Natifs sans exception à son égard depuis son arrivée. Ryder ne tarda pas à en faire autant.
Enfin, celle qui étonna le plus fut Indra. Elle était restée à l'écart jusqu'à présent, si bien que certains n'avaient même pas remarqué sa présence. Mais elle sortit des rangs des guerriers, se dévoilant ainsi à la vue de tous, et vint se camper devant un groupe parmi lequel se trouvaient entre autre Jackson et Sinclair. Les deux hommes furent les premiers surpris et restèrent estomaqués, et la réaction de leurs semblables ne fut pas différente. L'expression qu'affichait la guerrière native était toute aussi sévère et fermée que d'habitude, mais on pouvait y lire à cet instant toute sa détermination : personne ne blesserait ceux qu'elles considéraient maintenant comme ses camarades tant qu'elle serait là.
Toutes les personnes présentes, et notamment les membres du Peuple du Ciel, furent stupéfaites. Abby ne parvenait pas à croire que ce qu'elle voyait était réellement en train de se produire. En voyant la situation entre leurs deux peuples seulement quelques mois en arrière, voire même quelques semaines, qui aurait pu imaginer cela possible un jour ? A cet instant, sa seule pensée était pour sa fille : l'unité que Clarke désirait tant était enfin là, il ne tenait qu'au Peuple du Ciel de tendre la main à son tour pour la rendre entière et complète.
Après qu'un long moment de silence se soit écoulé, la Commandante prit la parole d'une voix forte et ferme :
- Pour vous prouver que nous ne souhaitons pas que cette guerre se poursuive et que nous ne voulons pas faire plus de victimes qu'il n'y en a déjà eues, nous vous laissons repartir sains et saufs. Maintenant allez-vous-en, ne souillez pas nos terres plus longtemps par votre présence.
L'émissaire fulminait. De toute évidence, ce n'était pas la réponse à laquelle il s'attendait, et surtout pas celle qu'il se devait de rapporter. Ses traits se déformèrent sous l'effet de la colère et il cracha ses mots avec mépris :
- Vous n'êtes qu'une bande de dégénérés, les radiations vous ont brûlé le cerveau. Vous allez regretter votre décision, nous allons vous anéantir. Et toi… lança-t-il en regardant la Commandante droit dans les yeux. Tu vas regarder les tiens mourir les uns après les autres, tu seras la dernière et tu nous supplieras d'en finir.
Il eut tout juste le temps de terminer sa phrase avant qu'une lame aiguisée ne l'égorge. Tous ceux qui l'accompagnaient subirent le même sort et pas un n'eut l'occasion de se défendre. En une poignée de secondes, ils eurent tous la gorge tranchée par les armes des guerriers natifs qui les entouraient et s'effondrèrent en émettant des gargouillis sinistres qui cessèrent rapidement quand leur dernier souffle les quitta.
La Commandante avait voulu leur laisser une chance de repartir en vie, mais la provocation de leur meneur avait été celle de trop et ils en avaient tous payé le prix. Elle n'avait pas eu le moindre ordre à donner pour que sa volonté soit faite et elle ne put s'empêcher de tirer une certaine satisfaction de la vision des corps sans vie de ses ennemis.
- Ils ne sont certainement pas venus seuls. Emmenez leurs dépouilles à ceux qui les ont accompagnés et faites-leur comprendre qu'ils subiront tous le même sort s'ils osent s'en prendre une fois de plus à nous.
Les guerriers inclinèrent tous la tête à l'unisson. Ils accrochèrent rapidement les cadavres à la selle de leurs montures à l'aide de cordes, puis ils remontèrent sur le dos de leurs chevaux et les talonnèrent, traînant ainsi derrière eux ce qu'il restait de leurs ennemis.
Si c'était auparavant la surprise qui avait laissé le Peuple du Ciel bouche-bée, ce fut cette fois le choc et l'effroi. Ils réalisaient maintenant que les derniers jours passés en compagnie des Natifs leur avaient fait oublier la violence et la sauvagerie dont ils pouvaient faire preuve. La Commandante avait été plus ou moins clémente jusqu'à maintenant, sans doute influencée par Clarke, mais de toute évidence, elle comptait bien réaffirmer son autorité.
Un simple regard à l'assemblée de la part de la dirigeante de la Coalition suffit à faire comprendre à chacun qu'il était temps de quitter les lieux.
Alors que tout le monde descendait progressivement des murailles et retournait à ses occupations, Lexa parcourut attentivement la foule du regard. Elle inspecta minutieusement chaque visage pour être certaine de ne pas passer à côté de celui qu'elle cherchait, même si elle savait qu'elle aurait pu le reconnaître d'un simple coup d'œil.
- Vous cherchez quelque chose ?
La brune se tourna vivement vers celle qui venait de l'apostropher. Octavia la fixait du regard et attendit patiemment qu'elle réponde.
- Quelqu'un.
- Clarke ?
Lexa ne fut nullement étonnée de voir qu'elle avait deviné et confirma d'un hochement de tête.
- Je ne l'ai pas vue depuis hier, dit Octavia.
- Elle était fatiguée ce matin, elle a préféré prendre du repos et se lever plus tard.
La plus jeune leva les yeux : le ciel avait beau être encombré d'une couche de nuages qui l'opacifiait, le soleil était encore partiellement visible, et il était déjà haut.
- Il est plus de midi, fit-elle remarquer.
La Commandante la fixa avec un air désabusé, se demandant si elle la pensait stupide pour lui préciser quelle heure il était alors qu'elle pouvait le voir elle-même. Mais bien vite, elle vit dans ses yeux bleus une certaine appréhension et comprit alors que tout comme elle, elle trouvait étrange que Clarke ne se soit toujours pas montrée.
- Je vais aller la voir.
Titus, qui se trouvait non loin et avait assisté à la conversation, s'approcha.
- Heda, je ne pense pas que-
- Je suis certaine que vous pourrez vous passer de moi le temps que j'aille chez moi et que je revienne, lança sèchement la Commandante sans le laisser finir.
Le conseiller ne répliqua pas et approuva d'un discret hochement de tête. Lexa se dirigea vers les escaliers menant au pied de la muraille sans ajouter quoi que ce soit, et Niylah et Ryder la suivirent aussitôt.
Quelques minutes plus tard, ils arrivaient chez elle. La brune autorisa ses gardes du corps à entrer mais leur demanda de l'attendre au rez-de-chaussée. Alors qu'ils restaient docilement dans l'entrée, elle gravit les marches d'un pas vif.
La maison semblait totalement vide et le résultat ne fut pas différent lorsqu'elle entra dans la chambre.
Le lit avait été fait et les fourrures étaient soigneusement placées les unes à côté des autres pour le couvrir entièrement. Tout était en ordre dans la pièce, il n'y avait aucune trace de la présence de qui que ce soit.
- Clarke ?
Elle n'obtint aucune réponse et se dirigea alors vers la salle de bains. Malheureusement, elle n'eut pas plus de succès et n'y trouva personne.
Elle commençait à sentir une boule se former dans sa gorge et un poids invisible lui oppresser la poitrine, rendant sa respiration plus difficile. Lorsqu'elle retourna dans la chambre, elle se figea net. Il y avait quelque chose sur le lit qu'elle n'avait pas remarqué en arrivant dans la pièce, sans doute à cause de la précipitation et de l'inquiétude.
Un objet avait été déposé sur l'un des oreillers et avec lui, une feuille de papier pliée en deux. Sans qu'elle puisse expliquer pourquoi, elle se sentit tout à coup terrorisée. Un mauvais pressentiment l'assaillit violemment et la pétrifia sur place. Ce ne fut qu'au prix d'un effort qui lui sembla surhumain qu'elle parvint enfin à bouger. Ses pieds la portèrent lentement vers cet objet qu'elle avait immédiatement reconnu comme étant l'épée qu'elle avait fait forger pour l'offrir à Clarke, celle qui portait le symbole de l'union de leurs deux peuples mais aussi de leur propre amour. Elle se détesta en sentant sa main trembler légèrement quand elle la tendit pour saisir l'arme. Elle avait besoin de la toucher, de la tenir pour être certaine qu'elle ne rêvait pas et ne s'était pas trompée. Cette oppression qui l'empêchait de respirer correctement se fit plus forte encore.
Elle était d'abord revenue chez elle car elle craignait que Clarke ne soit réellement malade et n'ait pas voulu le lui dire le matin même. Elle voulait s'assurer qu'elle allait bien, qu'elle n'avait besoin de rien, car après tout, si personne ne l'avait vue, alors elle était forcément restée chez elles. Elle était certainement exténuée et donc encore en train de dormir pour essayer de récupérer, il n'y avait pas d'autre explication à son absence. Mais maintenant qu'elle avait trouvé la maison vide, une inquiétude sourde et sournoise s'immisçait petit à petit en elle.
Lexa posa délicatement l'épée sur le lit, comme si elle avait pu se casser au moindre geste trop brusque. Puis, elle prit le papier entre ses mains devenues moites et le déplia lentement. Elle put y lire trois simples mots calligraphiés d'une écriture soignée mais qui suffirent à lui couper le souffle. Ces mots voulaient tout dire et rien à la fois, pourtant elle craignait de comprendre quel en était le véritable sens.
« Je suis désolée. »
Elle sentit son sang se glacer dans ses veines et eut la très nette impression que le sol se dérobait sous ses pieds, la faisant basculer et chuter interminablement.
Le silence qui régnait maintenant était assourdissant et menaçait de la rendre folle.
Non, Clarke ne pouvait pas avoir fait une telle chose. Ou plutôt si, et c'était précisément ce qui la terrifiait et paralysait tous ses muscles à cet instant.
Clarke en était capable, et elle l'avait fait.
Lexa ne pouvait pas croire qu'elle ne s'était doutée de rien.
- Clexa -
Clarke avait quitté Polis depuis longtemps et même à pied, elle avait déjà franchi la limite formée par les collines qui entouraient la ville. Elle progressait maintenant entre les arbres qui étaient de plus en plus nombreux et de plus en plus proches les uns des autres.
Depuis qu'elle avait pénétré dans la forêt, elle avait déjà entendu plusieurs bruits qui n'étaient pas ceux que des animaux auraient pu faire, et plusieurs mouvements brusques non loin d'elle avaient attiré son attention. Cette fois, ce fut un craquement de branche qui parvint à ses oreilles. Lassée, elle interrompit sa marche.
Ses épaules étaient décontractées et relâchées. Aucun signe n'indiquait une quelconque peur chez elle, ni même de l'inquiétude. Elle semblait presque sereine et détendue. La vérité était qu'elle savait dans quoi elle s'était aventurée lorsqu'elle avait pris sa décision et qu'elle était à présent résignée. Elle était prête à accepter son sort, quel qu'il soit.
- Vous n'arrivez pas à la cheville du Peuple des Arbres en matière de discrétion et de camouflage.
Comme elle s'y attendait, seul le silence lui répondit, ce qui ne l'empêcha pas de continuer après être restée muette quelques secondes.
- Qui que vous soyez, montrez-vous. Je suis venue me rendre, je n'ai aucune arme sur moi.
Pour prouver ses paroles, elle leva ses mains à hauteur de sa tête de façon à les mettre en évidence.
Un silence de plomb s'installa à nouveau et se prolongea plus longuement que le précédent. Tous les animaux qui peuplaient la forêt et l'animaient en temps normal s'étaient tus. Même le vent s'était arrêté de souffler dans les branches, comme s'il avait voulu faire oublier son existence.
Clarke commençait à penser qu'elle avait rêvé et devenait paranoïaque quand elle entendit tout à coup du bruit provenant des fourrés qui se trouvaient derrière elle. Elle ne prit pas la peine de se retourner et entendit bientôt des pas qui avancèrent vers elle avant de s'arrêter. Ceux qui venaient de dévoiler leur présence étaient apparemment plusieurs, mais un seul d'entre eux s'était approché plus près d'elle, à quelques mètres seulement, si son approximation était exacte.
Elle n'avait pas l'intention de bouger, mais même si elle l'avait voulu, elle n'aurait pas pu. La voix qui s'éleva la pétrifia sur place et lui glaça le sang.
- Mets-toi à genoux, Clarke.
Il lui avait suffi d'une seconde pour reconnaître celui qui venait de parler : Emerson.
On sentait une certaine émotion dans sa voix, une sorte d'excitation mêlée à de l'impatience. Pourtant, elle était sûre et régulière comme elle l'avait toujours été. La jeune fille avait l'impression de revenir plusieurs mois en arrière.
Elle fit ce que lui avait ordonné l'homme sans opposer de résistance.
- Mets tes mains derrière ta tête.
Elle obéit à nouveau et plaça ses mains comme il l'exigeait en déglutissant difficilement.
Une fois que ce fut fait, elle entendit à nouveau des pas derrière elle. La seconde d'après, Emerson apparaissait dans son champ de vision, un pistolet automatique braqué sur elle. Ceux qui l'accompagnaient restèrent dans son dos, mais elle entendit distinctement le bruit de fusils d'assaut qu'on arme et comprit alors qu'au moindre geste, elle se ferait tuer.
Ce fut avec toutes les difficultés du monde que Clarke planta ses yeux dans ceux d'Emerson. Elle était terrifiée, non pas par la situation, mais par cet homme, et elle peinait à soutenir son regard. Elle aurait préféré faire face à n'importe qui plutôt que lui.
- Si tu savais comme j'ai attendu ce moment.
La jeune fille ne répondit pas, mais Emerson ne sembla pas y accorder la moindre importance. Sans baisser son arme, il prit le talkie-walkie qui était accroché à sa ceinture et l'activa.
# Est-ce que tout est en place ?
Il y eut un grésillement suivi d'un bref silence avant que la réponse n'arrive.
# Affirmatif. Mais nous avons un imprévu.
# Quel genre d'imprévu ? grinça Emerson.
# Ceux que nous avions envoyés aux portes de la ville ont été tués. Leurs corps viennent de nous être apportés.
L'homme de la Montagne se crispa et lança un regard noir à la blonde qui était tout aussi surprise que lui de ce qu'elle entendait.
# Nous rapporterons leurs corps à leur famille, répondit Emerson après quelques secondes.
Il se déplaça d'un pas lent pour s'approcher de sa prisonnière, puis il la contourna et s'arrêta juste derrière elle. Son pistolet pointé sur la tête de la blonde, il parla à nouveau à son interlocuteur :
# Qu'en est-il des bombes ?
L'attention de Clarke fut instantanément attirée. Elle se redressa et se crispa brusquement, tout à coup inquiète.
# Tout est prêt. Nous n'attendons que vos ordres.
La jeune fille était prête à questionner Emerson, mais la vérité était qu'elle n'avait pas besoin de cela pour savoir ce qui était en train de se passer, elle l'avait déjà compris.
Octavia avait rapidement raconté ce qu'il s'était passé lorsque Lincoln et elle avaient été faits prisonniers et qu'ils avaient dû assister, impuissants, à la destruction de Ton DC. Clarke n'était pas avec eux à cet instant, elle avait seulement entendu leur récit, et pourtant elle avait l'impression de revivre exactement la même scène.
- Non, souffla-t-elle sur un ton paniqué. Vous pouvez faire ce que vous voulez de moi, mais ne faites pas de mal à qui que ce soit d'autre.
Elle eut tout juste le temps de terminer de parler avant d'être brutalement saisie par la nuque, ce qui lui arracha une plainte étouffée. Elle n'eut même pas le réflexe de retirer ses mains de sa tête, sans doute trop effarée pour y penser.
Emerson l'obligea à se mettre debout, puis à se retourner pour faire face à l'endroit d'où elle venait. D'ici, les arbres et plus loin les collines l'empêchaient de voir ce qu'il voulait qu'elle regarde, mais elle savait pertinemment qu'il s'agissait de Polis. Il passa son bras sous son cou et exerça une pression qui n'était pas suffisante pour l'étouffer mais la fit tout de même paniquer encore plus qu'elle ne l'était déjà, et il plaça le canon de son arme contre sa tempe. D'une voix vibrante de colère, il gronda près de son oreille :
- Tu as assassiné trois cent quatre-vingt-une personnes.
Après avoir prononcé ces quelques mots, il resserra brusquement sa prise autour de son cou, lui arrachant ainsi un cri étouffé. Cette fois, la jeune fille saisit son bras à deux mains pour tenter de se défendre, mais rien n'y fit.
- Mes enfants, mon frère, mes amis.
Clarke commençait à suffoquer, et pourtant Emerson ne semblait pas vouloir relâcher la pression qu'il exerçait sur ses voies respiratoires, bien au contraire.
- Pensais-tu réellement que je serais satisfait avec une seule vie en retour ?
Clarke était incapable de parler, et même si elle avait pu, elle n'aurait eu aucune réponse à donner à cette question qui n'en attendait pas. Emerson enserra brusquement son cou, mais pendant seulement une seconde avant de relâcher, ce qui lui permit de reprendre son souffle tant bien que mal.
- Vous bluffez, dit-elle d'une voix rauque et faible. La sécurité a été renforcée dans toute la ville. Aucun d'entre vous n'a pu entrer pour placer des bombes sans être vu.
- Qui te dit que nous avons eu besoin d'entrer pour cela ?
Désemparée, la blonde ne répondit pas, et Emerson décida donc de lui donner les explications qu'elle n'osait demander :
- La Commandante a fait exactement ce que nous attendions d'elle. Quand l'ordre a été donné d'évacuer les villages et de faire venir les habitants à la capitale, il nous a suffi de dissimuler des bombes dans leurs paquetages. Nous n'avons rien eu à faire, ils se sont chargés de franchir les murs à notre place.
Clarke ne parvenait pas à croire ce qu'elle entendait. C'était impossible, Emerson était forcément en train de mentir. Les paquetages apportés par les réfugiés avaient été fouillés, n'est-ce pas ? Ils avaient forcément été fouillés. Avaient-ils été fouillés ?
- Il faudra que tu remercies Raven de ce qu'elle a fait pour nous en fabriquant ces bombes. Enfin… Si tu en as l'occasion.
Alors qu'elle pouvait maintenant respirer normalement – tout du moins aussi normalement que sa peur le lui permettait – elle suffoqua à nouveau quand l'homme recommença à l'étrangler.
- Tu vas ressentir ce que j'ai ressenti.
Sous le coup d'une rage incontrôlée, il la frappa et lui mit un coup de genou dans le dos. Elle lâcha un cri de douleur mais fit de son mieux pour garder ses esprits.
- Ne faites pas ça ! Il y a des enfants là-bas, et des centaines d'innocents qui n'ont rien à voir avec cette guerre. Vous ne pouvez pas les tuer, ils ne méritent pas un tel sort.
- D'après toi, mon peuple méritait-il le sort auquel tu l'as condamné ?
Un sursaut de colère lui fit resserrer sa prise, obligeant Clarke à relever la tête pour essayer au mieux de ne pas étouffer.
- Je suis venue me rendre, vous avez ce que vous vouliez. C'était moi que vous vouliez, n'est-ce pas ?
- C'était toi que je voulais, oui, et j'étais certain que tu te rendrais. Tu as toujours été si dévouée Clarke, dit-il sur un ton sarcastique et moqueur. Toujours prête à se sacrifier tel un noble chevalier. Parce que ces sauvages t'ont donné ce titre ridicule de Wanheda, tu crois être intouchable ? Tu te trompes. Tu as peut-être été capable d'anéantir tout un peuple d'un simple geste, mais tu ne commandes pas la mort, tu ne la commanderas jamais.
La jeune fille serra les dents mais resta silencieuse. Ses mains étaient si crispées sur le bras qui entourait son cou que ses phalanges en étaient devenues blanches. Pourtant, à chaque fois qu'Emerson l'étranglait, elle ne pouvait absolument rien faire, si ce n'est tenter de préserver son précieux air jusqu'à ce qu'il relâche la pression pour la laisser respirer.
- Supplie-moi de ne pas le faire.
Elle resta muette et ferma les yeux dans une vaine tentative pour échapper à la réalité. Elle sentait que des larmes commençaient à se frayer un chemin entre ses cils mais refusait d'y céder.
- Je t'ai dit de me supplier ! cria Emerson.
- Je vous en supplie, ne faites pas ça, parvint-elle à dire alors qu'elle était sur le point de craquer.
- Plus fort !
- S'IL-VOUS-PLAAAÎT !
Ce dernier cri était déchirant de désespoir. Pourtant, il ne suffit pas à apitoyer l'homme.
- Je vous en prie, dit-elle à nouveau d'une voix faible qui contrastait avec son précédent emportement.
Emerson ne prêta pas la moindre attention à ses supplications. Un rictus mauvais s'était dessiné sur son visage et il savourait maintenant sa victoire.
Mais son sourire disparut instantanément quand Clarke ouvrit la bouche. En désespoir de cause, elle tenta le tout pour le tout et lorsqu'elle ouvrit les yeux, une détermination nouvelle pouvait s'y lire.
- Aaron ne voudrait pas que vous fassiez une chose pareille.
Alors que jusqu'à présent, Emerson contrôlait la situation, il perdit complètement ses moyens en moins d'une seconde.
- NE PRONONCE PAS LE NOM DE MON FILS !
Profitant de cette colère soudaine qui lui avait fait perdre en vigilance, Clarke lui asséna un violent coup de coude dans les côtes. Il accusa le coup et recula de plusieurs pas, lui permettant ainsi de retrouver sa liberté de mouvements. Malheureusement, elle n'eut pas l'occasion de faire quoi que ce soit de plus.
Emerson avait lâché son arme sur le coup, mais cela ne la sauva pas. Une détonation retentit et elle ressentit alors une vive douleur juste au-dessus du genou. Elle n'eut pas besoin de voir la plaie pour savoir que l'un des soldats venait de lui tirer dessus. Sa jambe fléchit brusquement sous le coup de la douleur, mais ce ne fut pas cette blessure qui la fit tomber à terre.
Son adversaire s'était repris plus vite qu'elle ne l'aurait cru et il se jeta donc sur elle. Il la saisit fermement par la taille et la tira brutalement en arrière, si bien qu'elle chuta. Elle parvint à se rattraper avec les mains, mais elle n'eut pas une seconde pour retrouver ses esprits. Emerson s'était déjà précipité sur elle et la retourna face à lui. Elle tenta bien de se débattre et lui cracha même au visage pour tenter de l'éloigner, mais il avait beaucoup plus de force qu'elle et elle ne put donc rien faire. Il s'essuya négligemment puis la plaqua violemment au sol. Le choc lui coupa le souffle et il ne lui laissa pas le temps de réagir. Il bloqua ses jambes avec les siennes et encercla ensuite sans difficulté son cou avec ses mains imposantes.
Cette fois, il ne se contentait pas de faire pression à intervalle régulier comme c'était le cas auparavant, il était véritablement en train de l'étrangler tout en poussant des cris bestiaux effrayants. Clarke tenta vainement de l'arrêter et dans le processus, elle le griffa aux mains et aux poignets, mais plus rien ne semblait pouvoir le stopper.
Alors qu'elle croyait sa dernière heure arrivée, Emerson arrêta de l'étrangler aussi brusquement qu'il avait commencé. Il sembla tout à coup retrouver la raison et secoua la tête de gauche à droite.
- Non… Pas encore, pas maintenant.
Complètement étourdie et tout juste capable de respirer, Clarke ne comprit pas ce qu'il disait.
L'homme se releva et l'obligea à se mettre assise. Puis, il se plaça derrière elle et bloqua à nouveau son cou avec son bras pour prévenir toute tentative de résistance, même si la jeune fille n'était clairement plus en état de se défendre. Il lui releva la tête et s'assura que ses yeux soient tournés vers Polis.
- Tu vas les regarder mourir, siffla-t-il d'une voix basse et menaçante.
Les larmes coulaient maintenant sur le visage de Clarke. Le désespoir lui enserrait la gorge et la poitrine, et elle savait qu'elle ne pouvait maintenant plus rien faire. Pourtant, elle fit une ultime tentative pour supplier une dernière fois, tentative qui se solda par un échec lorsque ses voies respiratoires refusèrent d'émettre le moindre son après avoir été trop malmenées.
Emerson s'empara de son talkie-walkie qui lui avait échappé, tout comme son arme, mais qui était tombé à sa portée. Lorsque ses mots résonnèrent, ce fut comme si Clarke mourait à l'intérieur.
# Allez-y. Je veux voir cette ville et ses occupants partir en fumée.
Ironie du sort, ce fut au moment où la première explosion retentit que la jeune fille put enfin pousser un cri. Son hurlement n'avait rien d'humain, il exprimait simplement la douleur qui l'assaillit avec une violence qu'elle n'aurait pas cru possible. D'autres larmes dégringolèrent sur ses joues et elle préféra fermer les yeux plutôt que d'assister à la destruction de Polis et à la mort de son peuple et de tous ceux qu'elle chérissait.
Emerson avait gagné, il venait de la briser.
Lorsque Clarke ouvrit les yeux, ce fut pour voir de la fumée qui commençait à s'élever de Polis, preuve irréfutable que ce qu'il venait de se passer était bel et bien réel. Pourtant, elle ne parvenait toujours pas à y croire.
Son sacrifice avait été totalement vain. Elle avait cru bien agir, mais elle n'avait rien pu faire. Elle aurait dû savoir que les choses se passeraient ainsi. Finalement, le mieux aurait été que tout son peuple se rende, peut-être alors les habitants de Polis auraient-ils eu une chance d'être épargnés. Mais auraient-ils réellement eu une chance ? Pike et ses partisans n'étaient pas dignes de confiance, ils l'avaient déjà prouvé à de nombreuses reprises, et ils n'auraient certainement pas tenu parole. Ils auraient sans doute attaqué la ville quoi qu'il arrive puisqu'ils en avaient la possibilité. Ils avaient été bien trop naïfs d'imaginer pouvoir se soustraire à leurs menaces de quelque façon que ce soit. Depuis le début, c'était eux qui menaient la danse, pas l'inverse. Mais peut-être les choses pouvaient-elles encore changer.
Si elle menait à bien la mission qu'elle s'était donnée, alors il resterait un infime espoir de mettre un terme à cette guerre. Elle se savait condamnée à présent qu'elle était aux mains de l'ennemi, mais s'il y avait suffisamment de survivants à Polis, peut-être rallieraient-ils les armées natives pour marcher sur Arkadia. S'ils s'en tenaient au plan qu'ils avaient mis au point, alors l'espoir était encore permis. Mais comment être sûre qu'ils le feraient ? S'ils ne voulaient pas suivre la stratégie prévue, qui les y contraindraient si Lexa... Clarke bloqua immédiatement cette pensée et l'empêcha de s'insinuer dans son esprit. Elle savait que si elle la laissait faire, alors cette idée s'enracinerait profondément en elle, l'étoufferait dans sa poigne de fer et la détruirait lentement mais sûrement.
Polis ne pouvait pas avoir été entièrement rasée, même à coups de bombes. Il y aurait des survivants, c'était une certitude, elle devait donc croire que parmi eux se trouveraient ses proches.
Elle fut rappelée à la réalité quand Emerson la saisit brutalement par les cheveux et la tira pour la forcer à se mettre debout. Même si elle fit de son mieux pour la retenir, une plainte lui échappa quand elle fut obligée de s'appuyer sur sa jambe blessée. Ses émotions confuses avaient atténué la douleur jusqu'à maintenant, mais cette fois, elle n'avait plus aucun mal à la sentir.
- Maintenant que j'ai eu ce que je voulais, nous pouvons y aller. Je ne suis pas le seul à vouloir régler mes comptes avec toi.
Clarke ne savait pas à qui il faisait référence, mais elle n'en eut pas besoin pour que la peur lui torde l'estomac. Elle était à sa merci à présent. À défaut de pouvoir espérer être épargnée, elle ne pouvait plus que prier pour que sa fin soit rapide. Mais encore aurait-il fallu qu'elle croie en un quelconque dieu pour pouvoir prier.
Elle ne savait pas à quel moment le camion vers lequel Emerson la poussa était arrivé. Depuis qu'elle avait entendu les explosions, elle était comme anesthésiée, tout lui semblait flou. L'homme ouvrit la porte pour la faire entrer, mais elle retrouva alors quelque peu ses esprits et lutta malgré sa jambe qui la faisait terriblement souffrir. Nullement impressionné, Emerson la plaqua brutalement face à la carrosserie du véhicule.
- Tu ne me laisses pas le choix, dit-il en s'emparant d'une paire de menottes accrochée à sa ceinture.
En une seconde, il lui joignit les deux poignets dans le dos et les entrava. Les bracelets excessivement serrés lui mordirent la peau, mais Clarke ne fit que serrer les dents sans émettre le moindre son.
Une fois qu'elle fut privée de sa liberté de mouvement, son détenteur la poussa à nouveau à l'intérieur et cette fois, elle ne put rien faire. Elle trébucha et tomba sur le sol du camion. A défaut de pouvoir se rattraper avec les mains, elle amortit sa chute du mieux possible en présentant son épaule en premier lorsqu'elle heurta rudement la surface métallique dure et froide. Elle tenta bien de se relever pour faire face à Emerson, mais le temps qu'elle se mette debout, il fermait la porte. Elle se jeta dessus malgré tout et y mit des coups d'épaule, comme si cela avait pu suffire à l'ouvrir.
- Tu viens de tuer des centaines d'innocents, espèce d'enfoiré !
Bien entendu, elle ne reçut aucune réponse. Ce qui ne l'empêcha pas de continuer.
- Tu es un monstre !
- Nous le sommes tous, Clarke.
Après cela, la jeune fille essaya une dernière fois de taper dans la porte avant de finalement cesser ses vaines tentatives pour sortir.
Elle entendit tout juste la voix d'Emerson ordonnant aux soldats qui l'accompagnaient de rejoindre le deuxième camion. Le bruit d'une portière qui fut ouverte avant de claquer parvint sans doute à ses oreilles, mais il se perdit aussitôt dans le brouillard formé par ses idées confuses.
Un premier sanglot échappa à la jeune fille sans qu'elle ne cherche à le retenir. Il fut suivi de près par un deuxième qui, lui, fut modéré par le grondement sourd du moteur qui résonna dans toute la carrosserie. Elle fut ébranlée quand le véhicule se mit en marche et ne chercha pas à se rattraper. Au contraire, elle se laissa misérablement tomber lorsqu'elle perdit l'équilibre. Son épaule heurta la cloison et elle glissa ensuite lentement contre celle-ci. Arrivée au sol, elle se recroquevilla sur elle-même et enfonça sa tête dans ses genoux. Les larmes qui lui brûlaient les yeux depuis plusieurs minutes déjà finirent par avoir raison d'elle et inondèrent sans gêne son visage.
Clarke ne sentait plus les mouvements chaotiques du camion et les heurts à chaque fois que les roues rencontraient un relief sur leur parcours. Elle n'était plus que chagrin, douleur et désespoir. Elle voulait seulement que tout cela cesse. Elle voulait s'endormir et ne jamais voir un autre jour se lever.
Elle sentit son souffle lui échapper sous le coup de la violence des émotions qui l'assaillaient et soudain tout devint trouble, puis complètement noir quand elle perdit brutalement connaissance.
Je suis désolééée, je sais que ce chapitre ne se finit pas très bien, mais j'espère que ça vous aura plu quand même. Je préfère vous prévenir tout de suite, les chapitres à venir ne vont pas être joyeux non plus... Mais vous êtes habitués maintenant je pense, cette fic est assez sombre et le chemin est semé d'embûches pour nos héros, vous le savez bien. Mais comme on dit, après la pluie vient le beau temps, alors gardez espoir !
Je ne peux rien promettre, mais si j'ai le temps, il se pourrait bien que je publie également le chapitre suivant aujourd'hui, alors restez dans le coin ;)
A (très ?) bientôt les Louchettes :)
