Bonjour
Voici le chapitre 35 toujours corrigé par Elyssa. Merci à elle.
Merci également à vous pour vos messages et votre fidélité.
Bonne lecture et à jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Famous last words de Tears for Fears
Chapitre 35 : Patience et encouragements
« La patience adoucit tout mal sans remède. »
Horace
En se réveillant le lendemain de sa discussion avec Dean, Castiel ne se sentait pas mieux. Il avait espéré que la nuit l'aiderait à oublier son chagrin et à passer à autre chose, mais il n'y avait eu aucun miracle. La souffrance était toujours là et les larmes n'étaient pas loin.
Il resta de longues minutes dans son lit à prier pour qu'elle devienne un peu moins forte pour trouver le courage de se lever et d'affronter cette nouvelle journée, mais elle continuait de lui serrer le cœur et de tordre son estomac. Elle lui nouait la gorge et lui donnait l'envie de crier.
Il jeta un coup d'œil à son réveil. Il ne pouvait pas rester au lit plus longtemps. Il devait se préparer et se rendre au cabinet. Il ne voulait pas être en retard. Sa carrière était la seule chose qui lui restait et sur laquelle il avait un semblant de contrôle. Il ne voulait surtout pas la mettre en péril. Il prit donc son courage à deux mains et quitta son lit.
Il prit une douche rapide, avala un café, mais ne parvint pas à manger quoi que ce soit. Son estomac était bien trop noué pour ça. Meg était levée elle aussi. Elle ne tenta pas de lui parler quand elle vit qu'il ne semblait pas enclin à le faire non plus. Elle se contenta de rester avec lui dans la cuisine jusqu'à ce qu'il soit contraint de partir au travail.
Castiel fit le chemin sans prêter une seule fois attention à ce qui l'entourait. Il arriva heureusement sans encombre. Il ne croisa pas Dean dans les couloirs. Il l'aperçut dans son bureau, mais ne le salua pas. Il n'avait pas la force de lui adresser la parole. Il était presque sûr qu'il exploserait en sanglots à la seconde où il entendrait sa voix.
La journée lui sembla incroyablement longue. Il tenta de se concentrer sur son travail, mais il avait du mal à réfléchir. Il adressait à peine la parole à Gabriel. Il ne savait pas si son collègue se doutait que quelque chose clochait ou s'il avait la moindre idée que son problème venait de sa relation avec Dean. Il fut juste soulagé qu'il ne cherche pas à l'interroger sur son état.
Il rentra chez lui sans se sentir mieux. Il avait souvent entendu dire que le temps guérissait toutes les blessures. Il voulait croire qu'il finirait par se sentir mieux. Une journée ne suffisait peut-être pas à atténuer sa souffrance, mais celles qui suivraient y parviendraient forcément. Il avait besoin d'y croire.
Ce ne fut malheureusement pas le cas. Le lendemain, il ne se sentait toujours pas mieux. Il avait rêvé à Dean toute la nuit et quand il le croisa rapidement dans le couloir, il sentit son cœur se serrer dans sa poitrine et sa gorge se nouer à nouveau. Il dut se cacher dans les toilettes pendant une bonne vingtaine de minutes pour retrouver un semblant de calme.
Celui qui avait osé dire que le temps était le meilleur remède était un menteur ou un idiot, ça, après quatre jours identiques écoulés, Castiel ne se sentait toujours pas mieux; c'était peut-être même pire encore. Il avait parfois la sensation de suffoquer quand il apercevait Dean au bureau. Il ne réussissait pas à travailler et son reflet dans le miroir était un peu plus effrayant jour après jour. Il avait des cernes noirs et profonds sous les yeux. Il ne mangea pas assez et il avait la sensation que ses joues se creusaient. Il se voyait dépérir peu à peu et cela l'effrayait.
Il était grand temps pour lui de faire quelque chose. Il ne pouvait pas continuer à espérer que tout finirait par s'arranger. Il était évident que le temps n'aidait pas et que rien ne réussissait réellement à le distraire. Il devait trouver une issue rapidement; il refusait de se laisser aller plus longtemps.
Bien sûr, trouver une solution n'était pas simple. Il ne pouvait pas supplier Dean de lui donner une chance. Il ne pouvait pas se trouver quelqu'un d'autre pour l'aider à oublier. Il ne pouvait pas non plus effacer ses sentiments d'un coup de baguette magique.
Le problème était qu'il voulait cesser de penser à Dean, mais qu'il était contraint de le voir tous les jours. Son patron ne venait jamais lui parler. Il respectait la distance dont Castiel avait besoin, mais le simple fait de l'entrapercevoir dans les couloirs ou dans son bureau était une torture dont le jeune avocat se serait bien passé.
Ce fut finalement Meg qui lui proposa la seule solution envisageable. Peut-être était-il temps pour Castiel de changer de cabinet? Peut-être avait-il besoin de travailler ailleurs et de ne plus être confronté à l'homme qui lui avait brisé le cœur tous les jours?
Le jeune avocat refusa de considérer cette option quand Meg la lui suggéra. Il ne voulait pas partir. Il aimait le cabinet et il avait toujours rêvé d'y faire carrière. Partir serait comme renoncer à ses ambitions. Il voulait croire qu'il existait une autre solution.
Par contre, après une nouvelle semaine passée dans un état qui se dégradait rapide, il fut contraint de reconsidérer l'idée. Bien sûr, il savait que Dean serait déçu. Il le lui avait dit à plusieurs reprises. Il détesterait perdre un excellent élément comme lui. Le cabinet avait besoin de Castiel, mais ce dont le jeune avocat avait besoin lui était de remonter la pente et de se sentir enfin mieux. À ce rythme-là, il continuerait de s'enfoncer jusqu'à être incapable de refaire surface un jour.
Une fois l'idée implantée dans son esprit, il était difficile de penser à autre chose. Castiel ne voulait toutefois pas prendre une décision hâtive et lourde de conséquences sans avoir l'opinion de quelqu'un d'extérieur. Meg n'était pas objective puisqu'elle détestait Dean et cherchait à l'éloigner de Castiel par tous les moyens. Parler à Sam était inenvisageable. Castiel n'avait qu'une seule personne à qui s'adresser : Gabriel. Il était convaincu que son ami et collègue saurait être de bons conseils. Il était grand temps de lui demander ce qui lui ferait à sa place.
Castiel refusait toutefois d'aborder le sujet au cabinet. Il ne voulait surtout pas qu'on puisse les entendre. Il invita donc son collègue à déjeuner pour avoir un semblant d'intimité. Ils choisirent un petit restaurant non loin du cabinet qui avait l'avantage de ne pas être fréquenté par leurs collègues. Gabriel n'interrogea pas son ami sur la raison de son invitation. Il devait toutefois se douter qu'il avait quelque chose d'important à lui dire.
Castiel attendit qu'ils soient installés et servis pour aborder le sujet. Il avait pensé qu'il serait difficile pour lui de tout avouer à son ami, mais, une fois qu'il commença à parler, il ne parvint pas à s'arrêter. Il n'omit aucun détail. S'il voulait obtenir un avis objectif, il devait tout dire.
Gabriel l'écouta sans l'interrompre. Il ne fit pas le moindre commentaire ou la moindre plaisanterie. Il garda les yeux rivés sur Castiel et la bouche close pendant que Castiel lui racontait tout depuis le début. Il lui parla de ses sentiments pour Dean. De leur premier baiser. De l'arrangement qu'ils avaient conclu. Il lui parla de Matt, de Benny et du jour où Sam lui avait dit qu'il était au courant pour eux deux. Il était épuisé et avait la gorge sèche quand il en arriva enfin au pire moment. Il pouvait entendre sa voix trembler quand il expliqua à Gabriel qu'il avait demandé à Dean de prendre une décision les concernant et quand il parla enfin de leur dernière conversation et de ce que son patron avait finalement décidé.
Gabriel ne semblait pas réellement surpris par ce qu'il entendait. Il avait été mis au courant de leur relation juste avant le renvoi de Crowley et il avait dû deviner que les choses n'allaient pas bien entre eux ces derniers temps. Il ne semblait pas non plus porter le moindre jugement sur ce qui était arrivé. Castiel avait eu raison de lui parler. Il était évident que son collègue était la personne idéale pour l'aider à y voir plus clair.
Quand il se tut enfin, Castiel attrapa son verre d'eau et le vida en quelques gorgées. Il leva ensuite les yeux sur Gabriel et attendit. Son collègue semblait perdu dans ses pensées. Il avait sans doute besoin de quelques minutes pour assimiler toutes les informations reçues et tout ce qu'il avait appris. Il finit par se racler la gorge et par hocher la tête avant de prendre enfin la parole.
- C'est dingue… Dean est un idiot si tu veux mon avis. Je veux dire… je l'admire comme avocat, mais comme homme… je dois dire qu'il me déçoit un peu.
Ce n'était pas vraiment ce que Castiel voulait entendre. Il ne cherchait pas à pousser Gabriel à détester Dean. Il voulait savoir ce qu'il devait faire. Il avait besoin de conseils pas de soutien.
- Je ne lui en veux pas, mais c'est… travailler au même endroit que lui et le voir tous les jours… même si c'est juste en coup de vent, c'est devenu trop difficile pour moi. Je ne pense pas que je pourrais oublier ce qui s'est passé tant que je resterais au cabinet.
- Tu vas partir? demanda alors Gabriel en fronçant les sourcils.
Castiel ne le savait pas encore. C'était une possibilité, mais il avait besoin de savoir ce que son ami en pensait avant tout.
- Je n'en ai pas vraiment envie, mais je ne vois pas d'autre option. Je ne peux pas continuer comme ça. Je suis incapable de travailler… je ne réussis pas à me concentrer sur quoi que ce soit et je suis épuisé. J'aimerais trouver une autre solution, mais je suis à court d'idées. Je dois penser à moi avant tout.
Gabriel soupira longuement avant de laisser tomber sa fourchette dans son assiette. Il avait à peine mangé et il semblait avoir brutalement perdu tout appétit. Castiel, de son côté, n'avait de toute façon pas faim.
- Ce n'est pas une bonne idée si tu veux mon avis… et je pense que c'est justement parce que tu voulais connaître mon opinion que tu m'as invité et que tu m'as tout dit. Alors la voilà… tu as tort de l'envisager.
Castiel acquiesça. Il avait d'une certaine manière espéré que Gabriel lui dirait quelque chose de ce genre. Ça ne suffisait bien sûr pas à le convaincre de renoncer, mais il voulait croire que son ami aurait les arguments pour y parvenir.
- Je sais que ça peut paraître un peu radical, mais je suis dans une impasse. J'ai envie de passer à autre chose. J'ai envie d'oublier tout ça et de me sentir mieux, mais je le vois tous les jours. À chaque fois que je parviens à le chasser de mon esprit, je l'aperçois dans un couloir et je replonge. Ce n'est pas vivable, Gabe. C'est une torture et je suis fatigué. J'ai l'impression de me noyer.
Gabriel semblait avoir de la peine pour lui. Castiel ne voulait pas qu'on le plaigne. Il ne voulait pas non plus entendre des platitudes inutiles. Il voulait qu'on lui dise quoi faire. Il en avait assez de chercher la solution seul. Meg avait proposé quelque chose et si, ce n'était pas réellement idéal, c'était aussi et surtout la seule option envisageable. Si Gabriel n'avait pas autre chose à lui proposer, Castiel finirait par donner sa démission. Il était bien trop épuisé pour attendre plus longtemps.
- Je ne sais plus quoi faire pour m'en sortir, avoua le jeune avocat après quelques secondes.
Gabriel jeta un coup d'œil autour d'eux comme pour vérifier qu'ils étaient seuls avant de se pencher en avant, les coudes appuyés sur la table. Il avait l'air sérieux et sûr de lui. Déterminé. Cela rassurait considérablement Castiel.
- Tu aimes le cabinet, non? demanda-t-il alors.
Castiel hocha la tête, mais ne dit rien. C'était évident.
- Tu veux faire une grande carrière. Comme tous ceux qui travaillent avec nous, ton objectif a toujours été de réussir ici et nulle part ailleurs. Tu n'as jamais envisagé de travailler pour quelqu'un d'autre, n'est-ce pas?
Castiel acquiesça à nouveau. C'était bien sûr vrai. Il avait toujours eu pour objectif de se faire une place dans le meilleur cabinet de la ville. Il avait choisi les frères Winchester et n'avait même jamais considéré une autre option. Il voulait faire sa place ici. Il voulait devenir associé. Il voulait devenir l'un des meilleurs et il savait que renoncer maintenant serait un échec important. Par contre, son ambition était-elle plus importante que sa santé mentale et physique? Il n'en était plus vraiment sûr.
- Une grande carrière se battit toujours dans la difficulté. Peu importe qu'on soit particulièrement brillant ou intelligent, on rencontre toujours des obstacles et c'est en trouvant le moyen de les franchir qu'on grandit. Je sais bien que nos situations ne sont pas les mêmes, mais j'ai souvent songé à partir, moi aussi. Je suis resté parce que j'étais convaincu que je ne pourrais jamais me sentir bien ailleurs et je sais qu'il en va de même pour toi. Alors oui, l'obstacle auquel tu fais face te semble insurmontable, mais… si tu trouves le moyen de le franchir ou de le contourner, plus rien ne pourra t'arrêter. Tu as perdu l'homme que tu aimes, mais ton travail… ta carrière… tes ambitions, ils sont tous toujours là. Tu dois te concentrer sur eux avant tout et te faire un peu plus confiance.
Ce que Gabriel disait avait du sens, bien sûr. Castiel était entièrement d'accord avec lui, mais il ne savait pas s'il aurait la force de réussir. Il pouvait sentir qu'il s'affaiblissait. S'il attendait un peu plus, mais échouait quand même, il n'était pas sûr de savoir se relever.
- Je sais que tu as raison… et je sais que c'est ce que je veux, mais… tout est trop douloureux en ce moment pour que je puisse y voir clair.
- Si ta décision était prise, Cas, tu ne m'aurais pas dit tout ça. Tu voulais entendre de ma bouche que ton idée est mauvaise. Je sais que tu as envie de rester. Je sais que partir n'est pas ton idée. C'est la solution de facilité et tu finiras par le regretter. Ne baisse pas les bras maintenant.
Castiel devait reconnaître qu'il était peut-être trop tôt pour prendre une décision aussi radicale. Il était encore possible que les choses s'arrangent. Il lui suffisait d'attendre encore un peu et de s'accrocher. Il n'avait jamais été du genre à baisser les bras face aux difficultés; il était tenace et courageux. Ce à quoi il pensait ne lui ressemblait pas.
- D'ailleurs, si je suis totalement honnête avec toi, je dois te dire que je détesterais te perdre. Tu es un collègue formidable et un très bon ami. J'aime travailler avec toi. Tu rends mes journées un peu moins monotones. Alors si tu ne restes pas pour toi, reste pour moi. Laisse-toi encore quelques jours pour réfléchir et voir si les choses s'arrangent avant de rédiger ta lettre de démission.
Castiel sourit faiblement. Gabriel avait dit tout cela sur le ton de la plaisanterie, mais le jeune avocat pouvait sentir qu'il était sérieux. Il avait réellement peur de le perdre. Castiel n'aimait pas non plus l'idée de ne plus travailler à côté de son ami. Rien ne lui garantissait qu'il pourrait tisser des liens dans un autre cabinet.
- Moi aussi j'aime travailler avec toi et je n'ai pas envie que ça s'arrête.
- Alors, la décision est toute prise. Reste. Je ne suis peut-être pas Dean, mais je suis ton ami et je peux faire en sorte que les choses se passent bien. Je peux être là quand tu en as besoin. Te couvrir quand tu as besoin de prendre l'air ou te servir de bouclier contre Dean. Je ferais tout ce que tu voudras si tu me promets de ne pas partir sans avoir pris le temps de voir comment les choses vont évoluer.
Castiel sentit son sourire s'élargir. Gabriel avait su trouver les mots justes pour le faire se sentir mieux. Il aurait peut-être dû lui parler plus tôt. Il était évident qu'il pouvait compter sur lui. Il ne doutait pas qu'il était capable de tout pour l'aider. Il finit par hocher la tête pour lui signifier son accord.
- Je te promets d'y réfléchir encore un peu. De toute façon, il est trop tôt pour prendre une décision aussi radicale.
- Promets-moi aussi de venir me voir si toutefois tu as de nouveau le moindre doute. On en parlera ensemble. Je ne te laisserais pas prendre de décision seul. Pas quand il est évident que tu as du mal à te montrer lucide… ce qui n'est pas un reproche, loin de là. Je sais que ça ne doit pas être facile pour toi.
Castiel acquiesça à nouveau, déterminé. Gabriel avait raison. Il avait eu tort de ruminer dans son coin et de n'avoir écouté que Meg. Elle avait son intérêt à l'esprit, mais elle ne pouvait pas réellement savoir ce dont il avait besoin. Elle ne comprenait pas combien sa place au cabinet comptait pour lui. Combien il représentait sa chance de faire la grande carrière dont il rêvait depuis toujours. Gabriel, lui, le savait et cela faisait de lui son meilleur allié dans cette histoire.
Il finit par réussir à manger, un peu soulagé après sa conversation avec son ami. Ils n'abordèrent plus le sujet « Dean » durant le reste du repas et parlèrent à la place de tout et de rien. Castiel se sentait mieux quand ils reprirent le chemin du cabinet. Il souffrait toujours et il continuait à se demander s'il parviendrait à surmonter tout ça un jour, mais il avait enfin la sensation de respirer pleinement et il le devait uniquement à Gabriel. Il avait de la chance de l'avoir.
Ils arrivèrent au cabinet peu avant treize heures. Les couloirs étaient relativement vides et quand Castiel jeta un coup d'œil au bureau de Dean sur le chemin, il fut soulagé de voir qu'il n'était pas là. La roue était peut-être enfin en train de tourner.
Il fut surpris quand il rejoignit son bureau de voir Benny qui l'attendait devant les mains dans les poches et le regard perdu quelque part devant lui. Castiel fronça les sourcils en s'approchant. Il ne voyait pas ce que l'ami de son patron faisait là.
- Benny? lança-t-il quand il fut à sa hauteur.
Ce dernier se tourna et lui adressa un large sourire. Il salua Gabriel avant de tendre la main à Castiel. Le jeune avocat la lui serra sans hésiter.
- Je… je ne voudrais pas que tu croies que je ne suis pas content de te voir, mais… je dois reconnaître que je suis surpris.
Benny hocha la tête en souriant toujours. Visiblement, il n'était pas vexé par la question.
- J'aurais peut-être dû appeler, mais j'avais envie de venir vous voir Dean et toi. J'avais besoin de vous parler. J'espère que je ne tombe pas au mauvais moment.
Castiel secoua la tête. Il était content de le voir et sa présence sonnait comme un signe qu'il avait eu raison de reconsidérer un éventuel départ. Benny symbolisait sa réussite au sein de cabinet et tout ce dont il avait envie pour son avenir professionnel; il ne pouvait pas mieux tomber.
- Je ne crois pas que Dean soit là, mais si tu as quelque chose à me dire à moi, je suis tout ouïe.
- Je lui ai déjà parlé, à vrai dire. On est allé déjeuner ensemble et il a dû filer au tribunal ensuite. Il m'a dit que je te trouverais là. On peut peut-être… vous avez du café?
Castiel était soulagé d'apprendre que son patron n'était pas là. Il aurait détesté avoir à s'enfermer dans une pièce avec lui pour écouter ce que Benny avait à leur dire. Il finit par hocher la tête et par faire signe à l'ami de son patron de le suivre. Ils seraient plus à l'aise dans la salle de repos pour parler et il avait bien besoin de café. Il manquait cruellement de sommeil.
- Suis-moi, jeta-t-il en se mettant en route.
Benny fit ce qu'il lui demandait sans perdre son sourire. Il semblait heureux. Différent de l'homme qu'il avait rencontré en prison. La liberté lui avait fait un bien fou et le fait de retrouver Andréa avait certainement aidé. Ce n'était clairement plus le même homme. Castiel était heureux pour lui; il méritait d'être fin heureux. Après tout ce qu'il avait traversé, il méritait de pouvoir sourire. Benny avait été incroyablement courageux pour surmonter les épreuves. Plus fort que bien d'autres. Il était un exemple à suivre. Castiel avait bien besoin de quelqu'un comme lui comme modèle ces derniers temps. Sa venue tombait définitivement à pic.
Une fois arrivé dans la salle de repos, Castiel sortit deux tasses du placard et les remplit de café. Il en tendit ensuite une à Benny avant de l'inviter à s'asseoir à l'une des tables au centre de la pièce. Ils restèrent silencieux durant quelques secondes avant que l'ex-client du jeune avocat ne reprenne finalement la parole.
- La première chose que je suis venu te dire est merci, Castiel. Je voulais te le dire plus tôt, mais tout s'est passé trop vite après le procès. Je dois reconnaître aussi que j'étais totalement absorbé par le retour d'Andrea dans ma vie et… je voulais le faire plus tôt aussi. Je voulais venir vous voir dès notre retour de la Nouvelle Orléans, mais je me suis laissé absorber par tout ce que j'avais à faire pour m'installer ici. Je… bref voilà. Merci pour tout.
Castiel estimait qu'il n'avait pas de remerciements supplémentaires à recevoir de la part de Benny. Il avait juste fait son travail. Ce pour quoi Dean et lui avaient été engagés. D'ailleurs, Benny les avait déjà remerciés juste après le verdict. Castiel n'avait pas besoin de plus.
- Benny, je suis touché que tu sois venu spécialement pour me dire merci, mais je peux t'assurer que ce n'était pas nécessaire. Nous avons fait ce pour quoi tu nous avais engagés. Je suis juste content que tu sois libre et que tu aies pu retrouver Andrea. Tu as bien mérité d'être heureux après tout ce que tu as subi ces dix dernières années. Sincèrement, c'est pour vivre ce genre de moment que j'ai choisi de faire ce métier alors… je pense que je devrais moi te remercier. Tu m'as conforté dans mon choix et tu m'as rappelé pourquoi j'avais opté pour le droit en premier lieu.
Castiel ne mentait pas. Il avait choisi cette voie parce qu'il voulait aider les gens. Il aurait pu devenir médecin ou travailler dans le social. Il avait toutefois opté pour le droit. Beaucoup de ses camarades faisaient ce type d'études uniquement pour gagner un maximum d'argent. Lui l'avait avant tout fait pour sauver des vies et, s'il avait encore quelques hésitations quant à sa spécialisation, il savait à présent qu'il voulait reproduire ce genre d'expérience. Benny l'avait aidé à y voir plus clair.
- Toi me remercier? Castiel, tu m'as sauvé la vie. Dean et toi, vous m'avez redonné espoir. Vous m'avez cru et vous m'avez réuni avec la femme que j'ai toujours aimée. Grâce à vous, je peux entrevoir le futur avec un sourire et une confiance que je ne croyais pas retrouver un jour. Tu n'as pas idée de ce que cela représente.
Castiel hocha la tête avant de boire une gorgée de son café. Il devait reconnaître qu'entendre Benny vanter ainsi ses louanges était agréable. Il aimait sentir qu'il avait fait quelque chose de bien.
- Je sais que tu penses uniquement avoir fait ton travail. Dean m'a tenu des propos similaires, mais, en ce qui me concerne, c'est bien plus que ça. Je sais qu'un autre à votre place aurait tenté de m'aider et peut-être qu'il aurait réussi, mais je ne pense pas qu'il aurait cherché Andrea pendant aussi longtemps. Je ne pense pas qu'il aurait fait en sorte de la convaincre de témoigner. Il ne se serait jamais donné autant de mal. Vous avez fait bien plus que ce pour quoi je vous avais engagé. Vous m'avez rendu ma vie.
Castiel n'était pas sûr qu'un autre avocat n'en aurait pas fait autant. Il avait beaucoup de confrères au moins aussi dévoués que Dean et lui, mais le fait que son patron ait été ami avec Benny dans le passé les avait peut-être poussés à en faire plus. Il n'en était pas sûr. Il acceptait toutefois les propos de Benny parce qu'ils lui faisaient du bien avec tout ce qu'il traversait. Ils étaient exactement ce dont il avait besoin pour se remettre en selle et reprendre le contrôle de sa vie.
- Est-ce que tu sais ce que tu vas faire maintenant? demanda-t-il alors, curieux.
Benny était innocenté et libre, mais il lui restait beaucoup de choses à faire s'il voulait retrouver une vie normale. Il n'en était qu'au début de son parcours et Castiel savait que ce ne serait pas toujours simple.
- Je suppose que je vais commencer par me trouver un travail. Ça ne va pas être simple parce que même si je suis innocent, j'ai passé les dix dernières années en prison et ce n'est pas le genre de choses qu'un employeur recherche. Bien sûr, si on gagne notre procès en réparations, j'aurais suffisamment d'argent pour ne plus avoir à m'inquiéter de l'argent, mais j'ai besoin de travailler. J'ai besoin de faire quelque chose de ma vie. Andrea va rester avec moi et on devrait… si tout se passe bien, on devrait emménager ensemble. Dean m'a proposé de nous trouver un endroit jusqu'à ce que j'ai de quoi le payer moi-même.
Castiel n'était pas étonné de l'apprendre. Son patron n'allait certainement pas abandonner Benny à son sort. Il avait suffisamment d'argent pour les installer et les aider jusqu'à ce que les choses se stabilisent pour eux.
- Je suis vraiment content pour Andrea et toi. Vous semblez réellement fait l'un pour l'autre.
Benny sourit alors. Castiel ne put s'empêcher d'être un peu jaloux en le voyant faire. Benny avait retrouvé la femme qu'il aimait et, malgré leurs dix années de séparation, ils étaient ensemble et amoureux comme au premier jour. C'était incroyable. Un vrai miracle. Lui n'avait clairement pas cette chance. S'il n'enviait pas tout ce que Benny avait vécu jusque-là, il ne pouvait qu'être jaloux en voyant le bonheur qui s'inscrivait sur son visage quand le nom d'Andrea était prononcé.
- Je sais que j'ai de la chance et… justement, cela m'amène à la deuxième chose que je voulais te dire. À vrai dire, je ne pensais pas t'en parler en venant, mais, après avoir parlé avec Dean, j'ai réalisé qu'il était important que je le fasse. Vous m'avez aidé et j'ai envie d'en faire de même pour vous.
Castiel fronça les sourcils, surpris. Il ne voyait pas vraiment où Benny voulait en venir.
- De quoi s'agit-il? l'interrogea-t-il alors.
Benny lui sourit.
- Dean et toi.
Castiel ne put s'empêcher de regarder aussitôt autour d'eux. Ils étaient seuls dans la pièce, mais il n'aimait pas évoquer sa relation avec son patron sur son lieu de travail. Il avait bien trop peur que quelqu'un l'apprenne et s'en serve ensuite contre eux. Il aurait préféré que Benny ne l'évoque pas. Il était toutefois curieux de savoir ce qu'il avait à dire sur le sujet.
- Je sais qu'il y avait quelque chose entre vous. Je pense même l'avoir compris la première fois où je vous ai vu ensemble. C'était évident dans la façon que vous aviez de vous regarder et Dean… il semblait heureux. Il semblait… différent. Un peu comme s'il avait enfin trouvé ce qu'il cherchait encore quand nous étions au lycée. Je sais que tu l'aimes. Je sais aussi que quelque chose a dû se passer récemment. Parce que quand j'ai revu Dean tout à l'heure, il semblait… dévasté. Triste et… j'ai tout de suite compris que cela avait un rapport avec toi.
Castiel hocha alors la tête. Il détestait toujours l'idée d'en parler ouvertement sur son lieu de travail, mais il ne voulait pas empêcher Benny de dire ce qu'il avait à dire. Il connaissait Dean mieux que lui et il serait peut-être en mesure de lui apporter des réponses aux questions qu'il se posait toujours.
- On n'est plus ensemble… je ne sais même pas si on l'a réellement été à un moment. On couchait ensemble, oui, mais… Dean ne voulait rien de plus sérieux et j'ai fini par réaliser que cela me suffisait plus. Je suis tombé amoureux de lui et je lui ai demandé s'il y avait une chance qu'il finisse par… avoir les mêmes sentiments que moi. Il m'a répondu non. On a tout arrêté. Je ne suis pas sûr qu'il y ait quoi que ce soit de plus à dire.
Benny ne semblait pas du même avis que lui. Castiel ne voulait pas reprendre espoir. Il voulait aller de l'avant. Il était toutefois curieux de savoir ce que son ex-client pouvait avoir à lui dire sur le sujet.
- Moi je crois, au contraire, qu'il a déjà des sentiments pour toi, mais je crois qu'il n'est juste pas prêt à l'accepter. Il refuse d'ouvrir les yeux sur ce qu'il ressent parce que c'est trop tôt ou parce qu'il a peur, mais ça ne veut pas dire qu'il n'est pas amoureux de toi. Ça ne veut pas non plus dire qu'il ne finira pas par le comprendre. Je pense que tu ne devrais pas baisser les bras.
Castiel aurait aimé que cela puisse suffire. Il était tout à fait prêt à attendre. Il n'envisageait pas de trouver quelqu'un d'autre. Il ne voulait toutefois pas le faire sans avoir la moindre garantie et les propos de Benny, même s'ils étaient agréables à entendre, ne suffisaient clairement pas à le convaincre.
- Je ne suis pas sûr qu'il sera prêt un jour. Je lui ai dit que j'étais prêt à l'attendre, mais j'avais juste besoin qu'il me promette que ce ne serait pas vain. Qu'il existait une chance pour nous deux. Il semblait sûr de lui quand il m'a dit qu'il ne voulait pas d'une histoire sérieuse. Il veut juste être seul.
Dean lui avait également dit qu'il ne pouvait pas jurer qu'il ne finirait pas par changer d'avis. Castiel avait alors refusé de l'entendre. Espérer inutilement ne ferait que le faire plus souffrir encore.
- Quand j'ai rencontré Dean, il était… mal dans sa peau et il ne s'assumait pas. J'ai tout de suite compris qu'il était gay. Pas parce que ça se lisait sur son visage, mais parce qu'il était évident qu'il avait… disons une forme de béguin pour moi. J'ai voulu l'aider. J'ai fait en sorte qu'il s'accepte. Il avait besoin d'un ami pour lui faire comprendre qu'il n'avait aucune raison de s'inquiéter. Aucune raison de se cacher. Il a fini par me dire qu'il était gay… sans que j'aie à le lui demander ou à le pousser à le faire. J'ai alors cru qu'il avait compris qu'il n'avait aucune raison d'avoir honte. Puis on s'est perdu de vue et… quand je l'ai revu, le jour de notre première rencontre en prison, je l'ai à peine reconnu. Il semblait si sûr de lui. Si… confiant. J'étais content pour lui.
- Je pense que tomber amoureux de Matt l'a aidé, commenta Castiel.
Il continuait de détester l'ex-mari de Dean. Il était en partie responsable de l'échec de leur histoire, mais il ne pouvait pas nier qu'il avait sans doute joué un rôle important dans le fait que Dean avait fini par s'accepter tel qu'il était.
- Sans doute, oui, mais il n'est plus avec lui maintenant et… le Dean auquel j'ai été confronté aujourd'hui ressemblait à l'adolescent que j'ai rencontré il y a dix ans. C'est presque comme s'il était revenu en arrière. Comme si ses doutes étaient tous revenus le hanter. Ce n'est pas de son homosexualité dont il doute aujourd'hui… c'est de lui-même. De son aptitude à se reconstruire et à aimer à nouveau. Il se pose toutes ces questions et il est difficile de trouver des réponses quand on est seul. Je pense qu'avec un peu de temps et le soutien de ses proches, il finira par comprendre. Il a juste besoin d'un peu de temps.
Castiel hocha la tête même s'il n'en était pas aussi sûr que Benny. Bien sûr, il avait envie de le croire. Il voulait toutefois rester réaliste; ne pas trop se laisser envahir par l'espoir. Il voulait avant tout se concentrer sur son travail. Le reste suivrait ou non.
- Je ne te demande pas de me croire, Castiel. On ne se connaît pas et… je sais que ce que je viens de te dire doit te paraître un peu dingue, mais… je te demande de ne pas baisser les bras. Je te demande de continuer à croire en lui. De continuer à croire en vous. Ce n'est pas quelque chose de facile à faire. Je le sais. Je suis passé par là, mais, si toute cette histoire m'a appris quelque chose, c'est qu'il faut continuer à garder espoir. Parce qu'on ne sait jamais de quoi l'avenir sera fait. Parfois, il peut nous apporter tout ce dont on rêvait sans réellement vouloir croire que c'était possible.
Benny avait effectivement dû avoir envie de baisser les bras à de multiples reprises quand il était en prison. Il avait eu la force de continuer à croire, de s'accrocher et il avait eu raison. Il était libre à présent et il avait une deuxième chance. C'était la preuve que le meilleur pouvait parfois émerger des pires situations.
- Si j'avais baissé les bras avant de prendre contact avec vous, je serais probablement encore en prison aujourd'hui… ou pire, je serais mort. Par contre, je suis la preuve vivante que l'espoir n'est pas vain. Quand cela en vaut la peine, il faut s'accrocher et ne jamais cesser d'espérer.
Castiel sourit à son tour. Les propos de Benny lui faisaient chaud au cœur. Il aurait bien sûr aimé entendre des propos similaires dans la bouche de Dean, mais peut-être cela viendrait-il avec le temps. Peut-être avait-il eu tort de prendre son « non » comme définitif. Après tout, Benny le connaissait bien mieux que lui. Il n'avait pas dit cela uniquement pour lui faire plaisir. Il le pensait vraiment et Castiel avait terriblement envie de le croire.
- Dean peut vraiment être un idiot parfois et je sais qu'il est difficile de résister à l'envie de lui dire combien il est stupide, mais il en vaut la peine. C'est quelqu'un… c'est vraiment quelqu'un de bien, Castiel. Quelqu'un qui mérite qu'on se batte pour lui-même si ça peut être frustrant.
Castiel ne pouvait que partager l'avis de Benny sur ce point. Dean valait effectivement la peine qu'on se batte pour lui et qu'on s'accroche. Il était convaincu qu'ils pourraient être heureux ensemble, mais il ne pouvait pas tout faire tout seul. Il avait besoin que son patron fasse aussi un effort de son côté. Sans un signe clair de sa part, il ne pourrait rien. Il avait toutefois envie de lui accorder une nouvelle chance. Il ne le lui dirait pas. Il savait que Dean n'était pas prêt à l'entendre. Il prendrait peur et se sentirait sans nul doute pris au piège. Il se contenterait de l'attendre en silence. Pas éternellement, bien sûr, mais encore un peu. Il n'avait de toute façon pas grand-chose de mieux à faire. Il l'aimait trop pour ne pas y croire encore quelque temps.
- Tu as raison, Dean en vaut la peine. Je… je sais que c'est quelqu'un de bien et je sais que ce n'est pas facile pour lui. Je sais qu'il n'est pas doué quand il s'agit de prendre des décisions le concernant lui personnellement. Il a dû surmonter pas mal d'obstacles ces derniers temps et… j'ai peut-être été trop impatient. Je vais… je vais suivre ton conseil et espérer qu'il finisse par ouvrir les yeux.
Benny lui sourit à nouveau, visiblement soulagé de l'entendre.
- Je suis sûr de moi, Castiel. Si toutefois, ce n'était pas le cas… je te donne carte blanche pour venir me coller ton poing dans la figure. Je ne me débattrais pas, je l'accepterais.
Castiel ne put s'empêcher de rire une seconde, amusé par l'idée. Peu importait comment les choses se termineraient entre Dean et lui. Il n'en voudrait jamais à Benny. Il s'était contenté d'être honnête avec lui; il n'y avait rien de mal à ça.
- Je ne pense pas que je le ferais, mais merci quand même… tu m'as ouvert les yeux sur pas mal de choses que j'avais voulu ignorer jusque-là. J'en avais besoin.
- Tu méritais de le savoir. Tu es quelqu'un de bien toi aussi et j'ai envie de te voir heureux. J'ai envie de te rendre la pareille.
Benny était un homme exceptionnel. Castiel comprenait mieux comment Dean avait pu avoir le béguin pour lui et comment il avait pu devenir ami avec lui. Il n'avait pas eu de chance et avait pris les mauvaises décisions par le passé, mais la prison n'avait pas fait de lui quelqu'un d'amer ou de mauvais. Elle ne l'avait pas changé. C'était un vrai miracle.
- Je suis convaincu que vous finirez par être heureux tous les deux. Je peux le sentir.
- J'espère que tu as raison.
Benny acquiesça avant de terminer son café. Ils continuèrent à parler pendant de longues minutes de tout et de rien. De ce que Benny avait prévu de faire et de l'appartement que Dean leur avait trouvé à Andrea et lui. Ils parèrent également du travail de Castiel et un peu de leur passé respectif. Quand le jeune avocat eut lui aussi fini son café, ils quittèrent la salle de repos ensemble.
Castiel accompagna ensuite Benny jusqu'à l'ascenseur. Il était content d'avoir parlé avec lui. Il pensait aujourd'hui pouvoir dire que son ex-client était devenu un ami. Un de plus. Il n'en revenait pas d'avoir tissé autant de liens ces derniers temps alors qu'il n'avait jamais réussi à s'entendre avec d'autres personnes que Meg avant. Il avait peut-être un peu changé lui aussi. En bien, il espérait.
- Bonne chance pour la suite Benny. N'oublie pas que tu peux compter sur Dean et moi. Si tu as le moindre problème, tu sais où nous trouver.
Benny lui tapota l'épaule plusieurs fois avant de jeter un coup d'œil à l'ascenseur qui venait tout juste d'arriver.
- Bonne chance à toi, Cas. Je peux t'appeler Cas?
- Tu peux m'appeler Cas, oui.
- Bonne chance pour ta carrière et pour… pour tout le reste aussi. Tu peux toi aussi compter sur moi si tu en as besoin.
Castiel lui sourit pour lui signifier qu'il le savait. Il le regarda ensuite monter dans l'ascenseur. Ils se saluèrent de la main avant que les portes ne se referment finalement.
Castiel resta quelque secondes à les fixer sans bouger. Il était incroyable combien la situation avait évolué en quelques heures. Ce matin, il songeait à quitter le cabinet pour s'éloigner de Dean. Maintenant, après avoir parlé à Gabriel et Benny, il était déterminé à rester et à laisser une nouvelle chance à son patron. Il savait d'ores et déjà que Meg n'apprécierait sans doute pas de l'apprendre, mais elle allait devoir l'accepter, car Castiel savait qu'il avait fait le bon choix.
Il rejoignit son bureau le pas léger et le cœur un peu moins lourd. Gabriel l'interrogea aussitôt sur la raison de la venue de Benny. Castiel lui expliqua tout sans omettre le moindre détail. Son ami était à présent impliqué dans toute cette histoire et il méritait d'en connaître les moindres évolutions. Gabriel sembla soulagé d'apprendre que son collègue ne comptait plus partir. Son collègue lui dit, un peu comme Benny l'avait fait, qu'il pouvait compter sur lui s'il avait besoin de parler, de se plaindre ou juste de se changer les idées. Castiel accepta sans hésiter. Il se sentait soutenu et cela était un gros plus.
Il se remit finalement au travail et ne fut pas surpris de constater qu'il était bien plus à même de se concentrer maintenant qu'il avait pris toutes ces décisions. Il réussit à boucler une plaidoirie sur laquelle il bloquait depuis deux jours et parvint également à trouver des éléments importants pour un autre dossier qu'il avait mis en attente. Il se sentait bien et confiant. Il savait que rien n'était encore arrangé, mais l'espoir était revenu.
Il savait que s'y raccrocher était un risque. Il savait qu'il existait toujours une chance qu'il soit déçu, mais il n'était pas seul. Il avait Meg, Gabriel et Benny. Il aurait toujours quelqu'un sur qui s'appuyer si toutefois les choses tournaient mal à nouveau et Dean valait la peine qu'il prenne ce risque. Il méritait que Castiel fasse cet ultime effort. Il lui avait fait du mal en lui donnant sa réponse, mais Castiel ne devait pas oublier tout ce qu'il avait traversé jusque-là; les deux trahisons dont il avait été victime. Il avait juste besoin d'un peu de temps pour ne plus avoir peur que cela se reproduise. Pour comprendre qu'il avait une chance d'être heureux si seulement il ouvrait les yeux.
Castiel ne le laisserait pas tout gâcher. Peu importait le temps qu'il allait devoir attendre. Il avait de quoi s'occuper jusque-là et des gens sur qui compter. C'était l'essentiel.
