Titre Anglais : Harry's Last Hope
Titre Français : Le dernier espoir d'Harry
Auteur : Teachersnape64
Chapitre traduit par : Misschatelle
Bêta traducteur : Remus Lupin James
Bêta Correcteur : Sheltan
Rasing : T
État de la fic en anglais : Fini (53 chap)
État de la fic en français : 37; Traduction :FINI
Disclamer : Rien ne nous appartient sauf la traduction
Résumer : L'été après la mort de Sirius, Harry est rempli de culpabilité. Severus apprend quelque chose du passé qui met en danger Harry. Snape décide de l'adopter et le préparer à la bataille contre Voldemort.
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Bonne lecture et à bientôt pour la suite
Eni et Onarluca
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Chapitre 37 : Maugrey Fol 'Oeil
Lundi matin, Harry fit son entrée dans la Grande Salle. Il avait hâte de revoir ses amis. Mais il n'avait pas été préparé à l'accueil qu'il reçut en traversant les larges portes de bois.
Une nuée d'applaudissements éclata à la table des Gryffondor et Harry réalisa qu'il n'avait vu personne depuis le match de Quidditch. Il prit place à côté d'Hermione et plusieurs camarades lui donnèrent quelques tapes dans le dos en le félicitant. Hermione lui dit que la plupart des gens croyaient qu'il avait été en convalescence suite à sa chute durant la partie. Personne en dehors de Ron, Hermione et Ginny n'était au courant pour Vespa et l'enlèvement. Harry en fut soulagé, cela signifiait moins de questions auxquelles répondre.
Lorsqu'Harry fut finalement laissé tranquille par les autres, Hermione lui demanda ce qui avait mené le professeur Snape à annuler leur visite au manoir.
« J'ai fait quelque chose qui l'a beaucoup fâché. »
Ron et Hermione le regardèrent, attendant des explications.
« Je me suis frayé un chemin dans ses souvenirs et j'ai découvert un passage secret dans le manoir. Il était fâché parce que ce passage mène à Voldemort et il croyait simplement que je suis assez stupide pour aller vers lui. » Harry leva les yeux vers la table des professeurs. Son père était en pleine conversation avec Maugrey et ne semblait pas de bonne humeur.
« Oh Harry, comment as-tu pu faire ça au professeur ? Tu es chanceux qu'il ne t'ait pas puni plus sévèrement, » réprimanda Hermione.
« Alors, qu'est-ce que j'ai manqué dernièrement ? » demanda Harry pour changer de sujet. Il n'allait assurément pas avouer à ses amis que Severus l'avait frappé avec une force qui l'avait jeté au sol.
Ils parlèrent un peu des événements récents, puis Harry leur parla de l'entraînement spécial qu'il devait commencer bientôt. Ron sembla un peu jaloux qu'Harry reçoive des cours privés pour apprendre des sortilèges vraiment géniaux. Harry lui promit toutefois qu'il lui enseignerait tout ce qu'il apprendrait.
Harry était en réalité très nerveux à l'idée d'un entraînement seul avec Maugrey Fol'oeil. Il n'avait pas confiance en lui et ne croyait pas que cet homme ne lui laisse la moindre chance de se reposer. Il se jura de rester à jour dans toutes les lectures que Maugrey lui assignerait, même si cela signifiait moins de temps passé avec ses amis.
Alors qu'ils quittaient la Grande Salle, Ginny les rejoint en vitesse, elle était très jolie avec ses cheveux attachés sur les côtés.
« Hey, Harry, heureuse de te revoir parmi nous ! » Ginny serra Harry dans ses bras. Harry pouvait sentir ses cheveux fraîchement lavés.
« Salut Ginny. Je suis désolé d'avoir dû annuler ce weekend. Severus était fâché contre moi à cause de quelque chose que j'ai fait.
Ginny le regarda avec curiosité, mais ne posa heureusement pas de question.
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Une double période de Potions devint un cauchemar pour les trois Gryffondor. Snape était de très mauvaise humeur et Harry devina que cela avait probablement à voir avec la conversation qu'il avait eue avec Maugrey. Snape enleva des points à toutes les maisons sauf à Serpentard. Lorsqu'Harry ajouta accidentellement trop d'écailles de dragon à ventre bleu et que sa potion se mit à fumer, Snape se dirigea vers lui avec colère.
« Savez-vous lire, Potter ? »
« Oui monsieur. » Harry cherchait à ne pas donner d'excuse à son père pour se fâcher contre lui, après sa gaffe du weekend passé.
« Je m'attends à plus de votre part. » Severus leva sa baguette et la potion disparut complètement. « Dix points de moins à Gryffondor. » Severus ne dit rien d'autre, mais tourna les talons et se dirigea vers un autre désastre imminent.
« Mais qu'est-ce qui ne vas pas chez lui ? » demanda Ron.
« Je crois que Fol 'œil lui tappe sur les nerfs, » répondit Harry en recommençant sa potion.
« J'espère qu'il ne sera pas comme ça pour le reste de l'année, » dit Ron en pointant vers Neville qui, devant le professeur en colère, bégayait une excuse pour sa potion devenue noire.
Lorsque le cours de potions fut terminé, Harry décida de ne pas rester. Il rassembla ses livres et se dirigea vers la sortie avec ses amis. Juste comme il s'apprêtait à sortir, il entendit la voix de son père.
« Potter, venez ici. »
Harry lança vers ses amis un regard de frustration et fit demi-tour pour parler à Severus.
Severus attendit que tout le monde ait quitté la pièce avant de s'en prendre à son fils. Il contourna son bureau et s'arrêta juste devant lui, ses mains croisés devant lui.
« Où avais-tu la tête aujourd'hui ? Sais-tu combien de gens donnent de leur précieux temps pour te donner des cours privés ? Je m'attends à la perfection et à une concentration totale de ta part à partir de maintenant. Si je découvre que tu es quoi que ce soit d'autre qu'excellent, tu en subiras les conséquences. » Severus n'était pas tant en colère, mais surtout très prudent, considérant ce que le futur pouvait réserver à Harry. Il avait entendu le rapport de Maugrey concernant Voldemort, qui offrait une récompense à quiconque lui rapporterait Harry. À l'insu de ce dernier, d'autres Aurors étaient arrivés ce matin pour surveiller l'école et surtout surveiller Harry. L'entraînement spécialisé était sa meilleure défense.
Harry n'arrivait pas à croire que Severus fasse tout un plat de cette histoire. Il avait ruiné un nombre incroyable de potions par le passé et n'avait jamais été réprimandé de cette façon. Peut-être que cet entrainement spécial montait vraiment à la tête du professeur.
« Je suis désolé, je ferai de mon mieux, monsieur, » dit Harry, qui attendit la permission de quitter. Il leva les yeux vers son père et crut voir du regret dans son visage.
« Tu peux y aller. »
Une fois qu'Harry fut parti, Severus ne bougea pas et contempla la tâche qui les attendait. Les gens attendaient tant du jeune garçon et il ignorait si Harry était à la hauteur de cette tâche. Peut-être que McGonagall avait raison en estimant que le garçon s'attendait à ce que son père le tire hors de tout danger. Le manque de concentration d'Harry aujourd'hui l'avait dérangé. Peut-être devrait-il monter la discipline d'un cran ? La vie d'Harry dépendait peut-être bien de la qualité de son apprentissage.
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Après le cours de métamorphose, McGonagall appela Harry à l'avant de la classe.
« Monsieur Potter, j'ai été déçue que vous ne soyez pas en mesure de métamorphoser cette roche. Je ne vois pas pourquoi vous ne seriez pas capable de vous concentrer et réussir cette métamorphose. J'ai bien peur de devoir glisser un mot à Severus concernant votre niveau de concentration. » McGonagall tenait l'une des roches de granite dans sa main.
Harry détestait l'idée que Severus l'apprenne. Il trouvait cela injuste, puisque seulement cinq personnes dans la classe étaient parvenues à accomplir cette tâche. Il se souvint de l'avertissement de Severus un peu plus tôt dans la journée. « Professeur, croyez-vous que je pourrais réessayer ? Je ne voudrais vraiment pas que Severus l'apprenne. »
McGonagall jeta un regard incertain à la roche dans sa main, mais accepta et la tendit à Harry. « Je regrette sincèrement l'incident avec la sœur du professeur Snape. Je m'excuse de ne pas avoir été plus prudente quant à votre sécurité. »
Harry hocha la tête, n'acceptant pas tout à fait ces excuses, mais ne les rejetant pas non plus. Au point où il en était, il voulait seulement passer à autre chose.
Harry plaça la roche sur le bureau du professeur et avança sa baguette. Il tenta de bloquer toutes pensées impertinentes de son esprit et de se concentrer uniquement sur la roche. Il leva sa baguette, « Cave canem ! »
Quelques poils poussèrent sur la roche, mais elle ne se transforma pas en chien comme elle l'aurait dû. Harry essaya de nouveau, mais la roche ne se retrouva qu'avec une minuscule queue. Il paniqua en voyant McGonagall commencer à rassembler ses choses et partir pour le dîner. Il savait qu'elle irait directement voir Severus et lui dirait tout.
Il leva sa baguette à nouveau et cette fois ne se contenta pas d'imaginer le chien dans sa tête, mais y mit aussi avec force les émotions qu'il ressentait, « Cave Canem ! » Cette fois, un gros chien en colère avec une fourrure parsemée d'argent se tint sur le bureau.
McGonagall fut prise au dépourvu, mais revint rapidement à ses esprits. « Très bien, Monsieur Potter. Il semblerait que Severus ait un peu plus de contrôle sur vous que je ne l'aurais cru. » Elle sortit sa baguette et le chien disparut.
Harry la suivit dans le couloir, ravi de ne pas avoir d'ennuis, mais un peu contrarié à l'idée d'être sous le contrôle de Severus.
Pendant le dîner, il jeta un coup d'oeil à la table des professeurs et vit Severus hocher la tête dans sa direction. Il vit que McGonagall avait un grand sourire sur son visage. Le fait qu'elle cherchait à le manipuler en utilisant Severus comme menace le dérangeait. Le seul problème était que cela avait fonctionné. La simple idée de décevoir son père l'avait amené à essayer plus fort. Il tenta d'ignorer ces pensées et termina de manger. Il voulait commencer toutes les lectures qu'il devait faire avant le cours de défense du lendemain avec Maugrey.
§*&o&*§
Le lendemain, Harry, mis les pieds dans le cours de Défense contre les forces du mal avec Ron et Hermione et fut aussitôt jeté au sol par un puissant sortilège. Il bondit sur ses pieds, sortit sa baguette et vit que Ron et Hermione avaient aussi les leurs.
Harry ne remarqua jamais que deux Aurors dans le couloir avaient aussi sorti leurs baguettes pour le protéger.
Tout le monde fut soulagé de voir que Maugrey était celui qui avait jeté le sort. Tout le monde, sauf Harry.
Maugrey se tint à l'avant de la classe, moqueur. « Potter, comment saviez-vous qu'un mangemort ne vous attendait pas dans cette pièce ? Eh, il ne vous a jamais traversé l'esprit d'être sur vos gardes ? »
Harry garda sa baguette à la main en se dirigeant vers sa chaise, tout en se frottant le derrière de la tête, là où il s'était cogné. Tous les autres regardaient Harry, puis leur professeur, avant de revenir sur Harry, s'attendant visiblement à ce que quelque chose se produise.
Maugrey poursuivit le cours comme si de rien n'était et ne dit pas plus de quelques mots à Harry. Lorsqu'il fut temps pour une démonstration du Souffle du Guerrier, Harry sut qu'il serait choisi par le professeur avant même d'être appelé à l'avant.
Harry se tint sur la plateforme surélevée et leva sa baguette devant lui. Il s'était entraîné toute la soirée pour réussir ce bouclier sans hésitation. Lorsque Maugrey lança le premier Souffle du Guerrier vers lui, il fut bloqué avec aise. Cela sembla énerver le professeur, qui en lança trois autres de suite. Harry bloqua chacun d'eux et sentit son énergie se vider et ses boucliers s'affaiblir.
Le professeur appela trois étudiants, tous de Serpentard, incluant Malfoy. Il les chargea de pratiquer leur Souffle du Guerrier sur Harry. Il ne donna à Harry aucune directive sur comment les bloquer et se contenta de reculer pour regarder.
Harry était en position d'attaque lorsque le premier sort fut lancé. Il en bloqua facilement trois de plus, mais se sentit devenir faible. Il y avait quelque chose dans ce bouclier qui le vidait de son énergie à chaque essai.
Les trois Serpentard hochèrent la tête entre eux et lancèrent leurs Souffles du Guerrier vers Harry à l'unisson. Le sort vint vers lui comme une flèche dorée et avec tellement de force qu'Harry put le sentir avant même d'être touché. Son bouclier était en place et il y mit autant d'énergie qu'il le put. Il sut avant même que le sort ne frappe son bouclier que ce dernier ne tiendrait pas. Il vit l'arc de lumière passer au travers du bouclier au ralenti et tenta de se jeter sur le côté afin d'éviter d'être touché. Il perdit son équilibre et fut touché au bras avec un horrible pincement. Il agrippa son bras et laissa accidentellement sa baguette tomber.
Malfoy cria : « Expelliarmus ! »
La baguette d'Harry vola jusqu'à la main du Serpentard. Toute la classe fut sous le choc lorsque Malfoy leva sa baguette et la pointa de nouveau sur Harry, jetant un autre Souffle du Guerrier.
Harry fut touché sur le côté et roula pour se remettre sur ses pieds. Il eut à peine conscience de Ron qui se leva et jeta un sort à Malfoy avant que le professeur n'ait pu l'arrêter. La classe se transforma alors en véritable champ de bataille, les sorts volant d'un côté à l'autre de la pièce. Les étudiants plus faibles se cachèrent sous leur bureau.
Le silence ne régna à nouveau que lorsque Maugrey se leva et cria : « Baissez vos baguettes ! »
Il boita jusqu'à la plateforme et dit à tout le monde de s'assoir. Harry se releva avec peine et tomba de nouveau lorsque son corps ne voulut plus coopérer. Maugrey marcha jusqu'à lui et le releva par le collet de ses robes. « Asseyez-vous, » grogna Maugrey.
Hermione s'avança pour aider Harry et dit : « Il doit aller voir madame Pomfresh, professeur. »
« Il attendra qu'il soit temps pour lui d'y aller, » grogna Maugrey en poussa Harry vers une chaise.
Lorsqu'Harry passa devant Malfoy, il arracha sa baguette des mains du Serpentard. Malfoy lui sourit d'un air victorieux.
Harry se laissa tomber dans son siège, consumé par de la haine envers Maugrey. Il ne comprenait pas pourquoi le professeur ne lui avait pas même montré pourquoi son bouclier avait échoué. L'homme était encore plus fou qu'il ne l'avait cru. Alors c'était ce à quoi il devait s'attendre à chaque jour ? Se faire botter les fesses par Maugrey et Malfoy ! Cela ne se passerait pas ainsi. Il n'allait certainement pas s'avancer comme une victime et simplement attendre d'être attaqué ! Et qu'était-ce que ce Souffle du Guerrier de toute façon ? Son bras le faisait souffrir comme si une centaine d'abeilles l'avaient piqué à l'instant.
Maugrey interrompit ses pensés en utilisant son bouclier comme un exemple de ce qu'il ne fallait pas faire. Harry écouta attentivement afin de savoir ce qu'il aurait dû faire. L'homme ne donna pas le moindre indice à ce sujet et se contenta de dire à quel point le bouclier était mauvais. Harry tenta de contrôler sa colère en se forçant à ne pas regarder Malfoy reconstituer la scène pour ses amis.
Maugrey arrêta Harry à la fin du cours, alors qu'il se dirigeait vers la sortie. « Potter, assurez-vous de dire à Pomfresh le sort que nous avons utilisé. Il y a une potion bien particulière à utiliser contre la douleur causée par ce sort. » Maugrey boita vers la sortie sans rien ajouter.
Le bras d'Harry était si enflé qu'il dû rouler sa manche pour lui donner plus d'espace. Il craignait d'aller voir Pomfresh. Il ne l'avait pas vue depuis l'enlèvement et était toujours un peu en colère contre elle. L'autre option ne le rendait toutefois pas plus heureux. Il pouvait imaginer le visage de Severus lorsqu'il lui dirait qu'il s'était fait botter le derrière par Malfoy. La douleur l'obligea à choisir les cachots et il décida que la déception de son père était probablement une meilleure option que de faire face à Pomfresh.
Lorsqu'il ouvrit la porte de la classe de potions, il entendit son père réprimander quelqu'un et réalisa aussitôt qu'il venait d'interrompre un cours. Il s'arrêta et tenta de sortir discrètement de la classe, mais fut arrêté par la voix de son père.
« Potter, cessez d'errer dans les couloirs et entrez. » Severus vit son fils s'avancer de nouveau dans la classe avec incertitude. Il allait demander à Harry la raison de sa visite, mais vit alors le bras extrêmement enflé qu'Harry tentait de cacher sous sa cape.
« Hum, je peux revenir, professeur ? » demanda Harry, espérant éviter le public composé d'élèves de cinquième année trop curieux.
« Non, viens. » Snape pointa le devant de son bureau. « Laisse-moi voir cette blessure que tu as là. » Snape prit le bras d'Harry et secoua la tête. « À quel sort dois-tu cela ? »
« Maugrey nous apprenait le Souffle du Guerrier, » dit Harry en ignorant les regards persistants.
« Et tu ne t'es pas entraîné à exécuter ton bouclier protecteur avant ? » La voix de Snape sonnait comme s'il avait lui-même raté le bouclier.
« Oui monsieur, je me suis entrainé, » dit Harry, en ajoutant rapidement : « J'ai bloqué le sort de Maugrey trois fois. »
Snape leva un sourcil, comme s'il évaluait le niveau de vérité de cette affirmation. « Ton bras ne reflète pas cela. »
Harry n'allait certainement pas lui dire qui avait lancé le sort qui lui avait causé autant de dommages.
« Severus, euh, je veux dire professeur, pourriez-vous juste me donner une potion contre la douleur ? » Harry jeta un coup d'oeil aux étudiants derrière lui. Ils avaient tous arrêté de concocter leur potion pour écouter leur conversation. Bande de fouines !
Severus se dirigea vers un meuble verrouillé et en extirpa un pot vert rempli de crème. Il tendit le pot à Harry avant de dire : « Tu peux le garder, puisque je suppose que tu en auras besoin dans le futur. Tu dois aussi prendre une potion spéciale contre la douleur de ce sort en particulier. Une seule gorgée est nécessaire. »
Harry se dit qu'une potion éliminant la douleur dans ses côtes et dans son bras semblait être une très bonne idée.
Son père lui tendit un petit contenant de verre avec un liquide vert à l'intérieur et posa une main sur son bras, se rapprochant pour que personne d'autre ne puisse entendre. « J'ai le sentiment que ton entraînement ne deviendra que plus difficile encore. Sois prudent et n'utilise cette potion que lorsque nécessaire. Jamais plus que deux fois par semaine, car elle est connue pour son effet addictif. »
Harry hésita à prendre la potion. Peut-être n'en avait-il pas besoin après tout ? Mais il savait déjà qu'il n'endurerait pas bien longtemps cette douleur dans son bras et dans ses côtes.
Severus posa la potion dans la main d'Harry avant d'ajouter : « Utilise-la avec modération et seulement lorsque vital. Je sais exactement quel genre de douleur le Souffle du Guerrier cause, je crois que tu en as besoin en ce moment. »
Harry serra le contenant dans sa main et l'enfouit dans sa poche. « Merci monsieur. Je suppose que je vous verrai plus tard. Désolé d'avoir interrompu votre cours. »
« Comme je l'ai déjà dit, j'insiste pour que tu viennes dès que tu en as besoin. Ce n'est pas un problème si je suis en train d'enseigner ou si je suis autrement occupé. Tu passes avant tout, » dit Snape d'un ton neutre avant de se retourner vers la classe avec un sourire dédaigneux.
Harry se dit qu'il était agréable d'avoir quelqu'un qui se préoccupe de lui, mais il aurait aimé que Snape ne le dise pas devant toute la classe ! Il baissa la tête en entendant les ricanements de quelques garçons.
Harry se dirigea vers la tour des Gryffondor, impatient de se débarrasser de cette douleur. Lorsqu'il fut en toute sécurité derrière la porte fermée de son dortoir, ses mains tremblaient à cause de la douleur dans son bras et dans ses côtes. Il sortit le contenant de verre de sa poche et avala une petite gorgée. La douleur s'effaça alors comme par magie. Il s'enfonça les doigts dans la crème et l'étendit sur son bras rouge et enflé. Puis il fit la même chose avec ses côtes. Il se sentait tellement mieux, et même un peu euphorique. La sensation le faisait se sentir assez bien pour pratiquer son bouclier protecteur.
Ron trouva Harry dans leur chambre, exerçant le bouclier avec un sourire idiot sur son visage. « Qu'y a-t-il de si drôle, Harry ? J'étais certain de te trouver en colère après ce que ce maniaque de Maugrey t'as fait ? »
« Non, je ne le laisserai pas me démoraliser, » dit Harry, se sentant comme le maître du monde.
« Ça, c'est une bonne attitude. Allez, viens, on va manger. » Ron le regarda avec confusion. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi Harry était si heureux après s'être fait tabasser par Malfoy et Maugrey.
Ron prit place à côté d'Hermione et Harry s'installa face à Ginny. Ils parlèrent du cours de défense contre les forces du mal, Ron et Hermione racontant à Ginny à quel point toute la classe avait été injuste.
Ginny ne lâcha pas Harry des yeux, se disant qu'il n'était pas lui-même. Il semblait un peu déconnecté. Harry la surpris en train de le regarder et il lui offrit un sourire maladroit. Elle baissa les yeux, un rougissement apparaissant sur ses joues. Lorsqu'elle leva les yeux à nouveau, ce fut pour rencontrer ceux d'Harry. Il ne l'avait jamais quittée des yeux et semblait étudier son visage avec un air lointain. Finalement, après un certain temps à être fixée, elle s'étira le bras et le frappa gentiment à l'épaule.
« Qu'est-ce que tu regardes ? J'ai de la nourriture sur mon visage ou quoi ? » Ginny rit en voyant l'expression d'Harry. Il semblait pris au dépourvu, comme s'il n'avait pas voulu la fixer.
«Oh, hum, en fait, j'étais juste en train de penser à quel point tu es parfaite. » Harry s'étira le bras et écarta une mèche de cheveux du visage de Ginny.
Ginny ne sut pas quoi répondre à cela, et n'en eut pas l'occasion de toute façon, puisque son frère prit aussitôt la parole.
« C'est de ma sœur dont tu parles, là ! » Ron grogna et poignarda violemment sa viande avec sa fourchette.
Harry se redressa sur sa chaise et se concentra sur la conversation de nouveau. Son esprit était plutôt embrumé, mais c'était agréable. Il se sentit étrangement heureux tout à coup et il eut l'envie de faire une promenade autour du lac avec Ginny. Ce ne fut que lorsque Ginny lui dit « oui » qu'il comprit qu'il avait posé la question à voix haute.
Ron lui jeta un regard d'avertissement qu'il ignora en se levant et offrant son bras à Ginny. Ils pouvaient entendre leurs amis faire des commentaires obscènes concernant ce qu'ils allaient faire durant cette promenade, mais ils prétendirent tous deux de ne pas les entendre.
Une fois dehors, Ginny prit la main d'Harry dans la sienne. « Harry, tu as l'air étrange ce soir. »
Harry baissa les yeux vers elle avec un sourire espiègle. « Pourquoi ? Parce que j'ai envie de marcher avec la plus belle fille de Poudlard ? » Il fut lui-même surpris par sa propre audace ; ce n'était pas son genre de dire de telles choses à voix haute.
Ginny rougit à nouveau avant de taquiner Harry en retour. « Alors tu trouves que je suis la plus belle fille, mais seulement de Poudlard ? Je ne t'ai pas entendu dire quoi que ce soit à propos de Beauxbâtons. »
« C'est parce que toutes les filles à Beauxbâtons sont si hideuses qu'il serait injuste de te comparer à elles. Elles n'auraient pas la moindre chance contre toi, » dit Harry, mi-sérieux.
« Bonne réponse, Harry. Je crois que passer du temps dans les cachots avec tous ces Serpentard a déteint sur toi. Ils savent certainement comment s'y prendre avec les basses flatteries ! »
À ce moment, ils étaient déjà arrivés au bord du lac. Harry enleva sa cape et l'étendit sur le sol afin qu'ils puissent s'assoir dessus. La température était parfaite, avec une petite brise qui la rendait juste assez chaude pour ne pas avoir besoin de cape. Ils s'assirent l'un à côté de l'autre et regardèrent le Lac Noir. Ginny se rapprocha d'Harry et leva les yeux vers lui avec espoir.
Harry se sentit plus audacieux qu'il ne l'était normalement et il savait que c'était un effet de la potion contre la douleur. Il approcha son visage de celui de Ginny et l'embrassa délicatement sur les lèvres. Il sentit une poussée d'adrénaline se propager dans son corps. C'était la première fois qu'il ressentait cela avec qui que ce soit. Il plaça sa main derrière la tête de Ginny et rapprocha son visage vers le sien. Cette fois, ils s'embrassèrent longuement et profondément, aucun des deux ne désirant y mettre fin.
Ginny observa les yeux vert émeraude tout en caressant la mâchoire d'Harry du bout du doigt. Il était si beau, si terriblement beau qu'elle l'attira vers elle et ils s'embrassèrent à nouveau. Cette fois, ce fut Ginny qui lui tint la nuque, avant de plonger ses doigts dans sa chevelure noire et rebelle. Son cœur bondit lorsqu'elle réalisa qu'ils s'étaient embrassés ! Elle l'avait aimé pendant des années et n'avait jamais cru que cela se produirait, mais voilà qu'ils venaient tout juste de partager un baiser.
Harry s'allongea sur la cape et regarda les étoiles qui faisaient leur apparition dans le ciel noir. Il entraîna Ginny avec lui et elle posa sa tête sur son épaule, étirant un bras sur sa poitrine. Les doigts d'Harry parcoururent sa longue chevelure rousse et en agrippèrent une poignée qu'il porta à son nez. C'était exactement comme dans ses souvenirs de ce matin-là, une odeur sucrée avec une touche de vanille.
Elle leva les yeux vers lui et se déplaça afin de pouvoir l'embrasser à nouveau. Ce fut lorsque leurs lèvres se touchèrent qu'elle réalisa à quel point celles d'Harry étaient douces. Il embrassait mieux que tous les autres garçons avec lesquels elle était sortie auparavant.
Ils n'avaient pas la moindre idée du temps qu'ils avaient passé près du lac, mais ils surent qu'ils y étaient restés plus longtemps que prévu lorsqu'ils entendirent Hermione les appeler. Ils s'assirent et regardèrent derrière eux, et virent Hermione se précipitant vers eux.
« Harry, tu as de gros ennuis ! Professeur Snape dit que tu avais un rendez-vous avec lui il y a une heure et il te cherche partout ! »
« Oh merde ! Je dois commencer mon entraînement spécial en potions ce soir avec lui. Merde ! Est-ce qu'il avait l'air en colère ? » Demanda Harry en se levant et aidant Ginny à faire de même. Il ramassa sa cape et l'enroula autour des épaules de Ginny.
Hermione sembla approuver le geste, mais répondit : « Qu'est-ce que tu crois, Harry ? »
Harry se pencha et embrassa Ginny sur la joue. « Je te verrai plus tard, je dois y aller. »
Hermione et Ginny regardèrent Harry s'éloigner à la course en direction du château.
Hermione ne perdit pas de temps avec son amie. «Alors ? Que s'est-il passé ? »
Ginny en rit, mais n'allait certainement pas partager ce genre de potins. « Disons juste que ces six années d'attentes en ont valu la peine ! »
Les deux jeunes filles rigolèrent en se dirigeant vers la tour des Gryffondor.
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Harry fit son entrée avec hésitation dans les quartiers de Snape, surveillant les alentours comme s'il s'attendait à recevoir le même sort que Maugrey lui avait jeté plus tôt dans la journée. Il vit Severus assis à son bureau avec la tête penchée sur une pile de parchemins. Il attendit devant le bureau, attendant d'être remarqué.
Après quelques longues minutes de malaise, son père leva finalement les yeux, la déception visible sur son visage.
« Notre rendez-vous était il y a exactement soixante-douze minutes. Je vois que tu as tous tes membres alors je sais que tu n'as pas la moindre bonne excuse pour être à ce point en retard. Voudrais-tu te justifier ? »
« Non monsieur. » Harry baissa les yeux, ne souhaitant pas dire à son père ce qu'il avait été en train de faire.
Severus lui jeta un regard consterné. « Je m'attendais à cette réponse. La potion que j'avais prévu de te montrer prendrait plus de temps que nous n'en avons devant nous. Puisque tu ne sembles pas montrer de remords pour ton retard, je suppose qu'une soirée avec Monsieur Rusard serait de mise. »
Harry leva aussitôt les yeux vers son père alors que ce dernier passait devant lui. « Non, aller, papa. »
Severus fit volte-face pour poser son regard sur son fils. « N'essaie pas de m'amadouer, c'est peine perdue. Je te verrai demain après avoir réfléchi à une punition appropriée. Essaie de ne pas te blesser dans ton cours de défense demain, car je serai à une réunion de l'Ordre. Maintenant, va voir Monsieur Rusard à son bureau. » Severus se dirigea vers la porte du laboratoire et la referma derrière lui.
Harry resta immobile au milieu de la pièce, cherchant à comprendre comment il avait pu oublier son rendez-vous et ainsi s'attirer autant d'ennuis auprès de son père. Il se sentait terriblement mal d'avoir raté la rencontre et espérait se racheter d'une façon ou d'une autre. Il sortit un morceau de parchemin du tiroir du bureau et écrit un mot à son père. Il plia le tout et le posa afin que la pointe du pli soit vers le haut. Il ne pourrait pas échapper à l'attention de Severus.
Alors qu'il se dirigeait vers le bureau de Rusard, il resongea à la soirée merveilleuse qu'il avait passé avec Ginny et fut surpris de voir qu'il avait retrouvé le sourire.
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Harry ne put se coucher qu'à deux heures du matin, les mains et les genoux en feu. Il jeta ses lunettes sur la table de chevet. Il était si épuisé après avoir nettoyé en profondeur les deux salles de bains des préfets et quatre autres salles de bains publiques, qu'il s'effondra sur son lit tout habillé et ferma les yeux. Il lui sembla qu'il n'avait dormi que quelques minutes lorsqu'il sentit quelqu'un le secouer en criant qu'il était l'heure de se lever.
Harry ouvrit un oeil et put voir la forme floue de Ron. Il attrapa ses lunettes et les posa sur son nez en sortant de son lit. « Ron, pourquoi tu me réveilles si tôt ? »
« Harry, il n'est pas tôt. Tu as déjà raté le petit déjeuner. Si tu ne te dépêches pas, tu vas être en retard au cours de Défense. »
« Oh, c'est Maugrey qui sera content ! » Harry agrippa quelques vêtements et se précipita vers la salle de bain. Après une douche très rapide, il s'habilla à la hâte et courut jusqu'à la classe de Défense.
Ron et Hermione l'attendaient à la porte, leurs baguettes en main. Harry avait presque oublié l'attaque surprise de la veille, mais il sortit aussitôt sa baguette de sa poche, comme ses amis.
Il érigea un immense bouclier avant de s'avancer vers l'intérieur avec Ron et Hermione à sa suite. Les sorts fusèrent de partout en sa direction. Le bouclier tint, mais Harry dut enfoncer ses pieds dans le sol afin d'éviter d'être renversé par la force des attaques.
Il balaya la pièce du regard, et vit Malfoy, Goyle et Maugrey positionnés stratégiquement à des endroits différents de la classe. Harry ne pouvait être sûr qu'ils avaient terminé de lui jeter des sorts et il tint donc son bouclier en place jusqu'à ce que Maugrey ne prenne la parole.
« Je suppose que vous écoutez ce qu'on vous dit lorsque cela vous convient. Vous pouvez entrer. » Maugrey boita jusqu'à la plateforme et s'arrêta près de son bureau. Lorsque tous les étudiants furent assis, il commença à expliquer aux élèves quel bouclier Harry avait utilisé et contre quels autres sorts il pouvait être utile.
Malfoy leva la main. « Excusez-moi monsieur, mais Potter n'a toujours pas réussi à maîtriser le bouclier contre le Souffle du Guerrier. Je serais ravi d'aider à son apprentissage. » Malfoy offrit un sourire malfaisant à Harry.
« Très bien, Malfoy venez à l'avant. »
Malfoy marcha d'un pas confiant jusqu'à la plateforme, ravi de pouvoir s'en prendre à Potter de nouveau.
« Potter, venez aussi. » Maugrey regarda Harry se diriger vers la plateforme à contrecœur. Le garçon avait l'air fatigué et très amoché. Maugrey se demanda ce qui avait pu lui arriver pour l'épuiser autant.
« Levez vos baguettes, vous pouvez commencer. » Maugrey regarda Potter s'écarter les pieds afin d'avoir un bon équilibre, puis ériger son bouclier.
Malfoy cria avec rage. « Bellatora ! » Le sort heurta le bouclier de Potter en plein centre.
Harry tint son bouclier en place, mais le sentit le vider de son énergie. Le sort se dissipa finalement, juste comme Malfoy en lançait un autre. Cette fois, Harry mit tout ce qu'il avait dans son bouclier. Il vacilla l'espace d'une demi-seconde, mais tint le coup jusqu'à ce que le sort ne cesse d'avoir effet. Juste comme le bouclier tirait à sa fin, Malfoy lança le même sort une autre fois. Harry n'eut pas assez d'énergie en réserve et le bouclier s'effondra très vite. Il parvint à sauter en dehors la trajectoire en ne se faisant toucher légèrement qu'au bras. La douleur était supportable, mais il aurait tout de même espérer ne pas être touché.
Maugrey observa avec intérêt. Il avait vu Potter se battre pour tenir le coup et sut avant même que le bouclier ne cède qu'il serait touché. Il était évident qu'il n'avait pas saisi comment faire un bon bouclier. Il vit le sourire suffisant de Malfoy et se dit qu'il était peut-être temps de le remettre à sa place.
« D'accord Potter, j'aimerais que vous jetiez un Souffle du Guerrier à Malfoy. » Maugrey vit le visage de Malfoy se vider de toute couleur. « Et assurez-vous d'y mettre de la puissance. »
Harry se sentit aussitôt mieux et se redressa, ses épaules jetées vers l'arrière. Il s'écarta les jambes, ignorant la douleur dans son bras, et visa Malfoy. « Bellatora ! »
Le sort s'échappa de la baguette d'Harry et affecta légèrement le bouclier de Malfoy. Ce dernier sembla un peu apeuré, mais tint son bouclier en place malgré l'effort. Bien vite, le sort perdit son effet.
« Potter, vous devez y mettre plus de cœur ! Concentrez-vous et essayez de nouveau. » Maugrey savait que celui-là passerait au travers du bouclier, considérant l'effort que Malfoy avait du mettre pour garder le premier en place.
Harry se concentra, se remémorant plusieurs des terribles choses que Malfoy lui avait dites par le passé. Il leva sa baguette et, cette fois, cria. « BELLATORA ! »
Le sort fissura le bouclier de Malfoy et passa au travers de son bras, heurtant le mur derrière lui. Les pierres du mur virevoltèrent partout dans la classe, laissant un immense trou dans la pierre. Harry érigea le même bouclier pour protéger les étudiants de la classe contre les pierres et tout autre résidu du sort. Le bouclier protégea efficacement ses camarades de classe, les pierres s'y heurtèrent puis tombèrent sur le sol.
Après s'être accroupis, tous les étudiants se relevèrent et applaudirent cette spectaculaire démonstration. Harry posa les yeux sur Malfoy et regarda le Serpentard se tortiller sur le sol, serrant son bras contre lui.
Maugrey fut impressionné par la puissance du garçon. « Très bien, Potter ! Si vous arrivez à reproduire cette performance aux moments cruciaux, tout le monde sera content ! »
Harry trouva difficile d'être satisfait de sa performance en regardant Malfoy souffrir ainsi. Il savait exactement ce que Malfoy ressentait à l'instant. Il leva les yeux vers le professeur, espérant qu'il envoie Malfoy à l'infirmerie rapidement.
Maugrey regarda Malfoy serrer son bras, sifflant quelques jurons à voix basse. Lorsque le garçon lui sembla au bord des larmes, il éleva la voix. « D'accord Malfoy, allez à l'infirmerie. Potter vous y conduira. »
Harry écarquilla les yeux. « Hum, peut-être que quelqu'un d'autre pourrait l'accompagner, monsieur ? »
« Vous lui avez causé cette douleur, vous l'emmenez se faire soigner. Maintenant partez, Potter. »
Merde ! La dernière personne qu'Harry désirait voir était Pomfresh ! Il prit Malfoy par le bras lorsque ce dernier se mit à trembler.
Malfoy se libéra aussitôt. « Ne me touche pas, Potter ! »
Ils longèrent les couloirs en silence. Malfoy était inquiet, car il savait que Pomfresh devrait dire à ses parents ce qui s'était produit. La seule idée de recevoir une lettre de son père faisait croire à Malfoy que l'infirmerie n'était peut-être pas une très bonne idée, après tout.
Harry était en train de chercher une façon d'éviter d'avoir à conduire Malfoy jusqu'à l'infirmerie. La dernière chose qu'il voulait était que Malfoy soit témoin de l'échange entre Pomfresh et lui. Pomfresh ferait certainement un commentaire concernant Vespa.
Malfoy posa les yeux sur le Gryffondor. « Hey, Potter, tu crois que Severus aurait quelque chose pour guérir ça, plutôt que d'aller à l'infirmerie ? »
Harry se rappela que Severus lui avait dit être à une rencontre de l'Ordre pendant le cours de Défense. Mais ce fut alors qu'il prit conscience de sa chance et sourit. « En fait, Severus m'a donné de la crème et une potion hier pour mes blessures. J'en ai encore dans ma chambre. »
Le Serpentard sembla hésiter ; il n'était pas très enthousiaste à l'idée de prendre une potion offerte par Harry Potter. Mais l'idée de recevoir une lettre de son père le poussa à prendre cette chance.
« J'espère pour toi que ce n'est pas une mauvaise blague, Potter ! »
Harry leva les deux mains en l'air. « Je jure que c'est ce que Severus m'a donné hier. »
Ils changèrent de direction et se dirigèrent plutôt vers la tour des Gryffondor. Malfoy tint son bras contre lui, émettant quelques gémissements lorsqu'ils eurent rejoint la tour. Ils s'arrêtèrent devant la Grosse Dame et Harry se tourna vers Malfoy.
« Hum, veux-tu monter, ou est-ce que je monte la chercher et je te l'apporte ? »
Malfoy sembla sur le point de lâcher une réplique cinglante, mais changea d'avis lorsque la douleur se fit sentir une fois de plus.
« Je m'en fiche, Potter. Je veux juste que tu me donnes le foutu remède ! »
Harry savait que le dortoir serait vide pour un certain temps et décida de faire monter Malfoy jusqu'à sa chambre. Il murmura le mot de passe à la Grosse Dame et elle les laissa entrer.
Malfoy entra et balaya la pièce du regard. « Cet endroit ressemble au salon de ma grand-mère, même l'odeur est la même. »
Harry n'avait pas envie de se disputer avec le Serpentard. « Eh bien, ta grand-mère devait avoir une très belle maison. »
Harry le guida dans les escaliers jusqu'au dortoir des sixièmes années.
« Hey Potter, qu'est-ce que Severus a dit quand tu lui as raconté que je t'ai frappé avec un Souffle du Guerrier hier ? » Malfoy s'attendait à être envoyé en retenue ou quelque chose de pire lorsque Snape découvrirait qu'il était celui qui avait fait mal à son précieux fils. Severus n'avait encore rien dit et Draco se demandait pourquoi.
Harry savait que Draco avait peur de Severus et se dit qu'il pouvait jouer un peu avec cette peur. « Oh Merlin, il était en colère ! Il a dit qu'il se vengerait lorsque tu t'y attendrais le moins. » La vérité était qu'Harry n'avait pas dit à Severus qui lui avait fait cela.
Draco écarquilla les yeux et sa voix devint si aiguë que c'en fut gênant. « Il a dit ça? Est-ce qu'il a dit ce qu'il allait faire ? »
Harry sourit. « Non, il a juste dit qu'il s'occuperait de ton cas, je ne sais pas trop ce qu'il voulait dire par là. » Harry se sentit presque mal pour le Serpentard, qui semblait sur le point d'uriner dans son pantalon.
« Eh bien, assures-toi de lui dire que tu m'as touché avec le Souffle du Guerrier aujourd'hui. Maintenant on est quitte. »
Harry secoua la tête. « Je ne crois pas que ça va le faire changer d'avis. »
Malfoy avala sa salive avec difficulté. « Je n'ai jamais vu Severus aussi protecteur auparavant. Est-ce que tu savais qu'il m'a fait nettoyer les salles de bain de Serpentard pour t'avoir frappé au dernier match de Quidditch ? Je n'ai jamais rien nettoyé de ma vie et cet homme m'a fait laver les toilettes... et sans magie ! »
Un sourire se forma sur les lèvres d'Harry à l'idée de Malfoy nettoyant les toilettes à quatre pattes. « Eh bien, tu seras peut-être heureux de savoir que j'ai lavé les toilettes la nuit dernière pour avoir été en retard à une leçon de potions. »
Malfoy leva les sourcils. « Il t'a fait ça? Je croyais qu'il te traitait comme un prince et t'achetait tout plein de trucs ? »
Harry ne répondit pas. Il vit la planche à planer sur le sol et la poussa sous son lit avec son pied. Il s'agenouilla devant son coffre et en sortit la crème de guérison et la potion contre la douleur.
Harry tendit la potion à Malfoy. « Tu es censé en prendre juste une petite gorgée. J'en ai pris hier et je me sentais comme si j'avais pris quelques whisky pur feu, alors fais attention. »
Malfoy prit la fiole de potion verte avec prudence. Il leva jusqu'à son nez et renifla, puis en fit tourner le contenu comme s'il s'agissait d'une coupe de vin. « Je ne sais pas Potter. Ça pourrait être n'importe quoi. Après tout, tu partages une chambre avec Weasley, non ? »
« Ne sois pas un trouillard, Malfoy. Je ne l'ai pas prise dans un magasin de farces et attrapes, Severus me l'a donnée. » Malfoy secoua la tête et la rendit à Harry. « Non, je ne te fais pas confiance Potter. »
« Écoute, si j'en prends une gorgée, tu me feras confiance ? » Harry pouvait encore sentir la douleur du sort qui avait traversé son dernier bouclier, alors il se dit qu'il avait lui-même besoin d'un peu de potion de toute façon. Il ne fit pas attention à l'avertissement que Severus lui avait donné la veille.
Malfoy plissa les yeux, considérant la proposition de Potter. « D'accord, vas-y en premier. »
Harry leva les yeux au ciel face à la nature suspicieuse de Malfoy. Il prit une petite gorgée et en ressentit aussitôt les effets. Harry adressa un sourire idiot au Serpentard et leva le contenant de verre devant son visage. « C'est du bon ! »
Malfoy prit la fiole et prit une petite gorgée de son contenu. La tête lui tourna un peu, mais il se sentait bien. La douleur cessa aussitôt et un sourire se dessina sur son visage. « Ouais, du très bon ! »
Harry tendit la crème au Serpentard. Ce dernier y plongea ses doigts et en étala une bonne quantité sur son bras rouge et enflé. L'enflure diminua aussitôt. Il revissa le bouchon du pot et le rendit à Harry. « Merci. »
« De rien, n'importe quand. » Apparemment ils trouvèrent tous deux cette réplique très drôle et se mirent à rire. Harry ignorait pourquoi il était si amusé, mais il ne pouvait s'arrêter de rire. Ils avaient tous les deux les larmes aux yeux et serraient leur ventre en riant. Harry n'avait jamais vu Draco au naturel auparavant et trouva cette idée très drôle aussi.
Malfoy s'arrêta de rire lorsqu'il eut une idée soudaine. « Hey Potter, tu veux faire une course de balai ? »
Harry ne voyait pas de raison de refuser. « Très bonne idée Malfoy ! »
Ils se rendirent jusqu'au terrain de Quidditch, s'arrêtant aux casiers pour prendre leurs balais.
Malfoy énonça les règles. « D'accord, le premier qui ramasse une pomme de pin de l'arbre juste là. » Il pointa l'arbre le plus grand du bord de la forêt. « Et qui retourne à cette statue. » Il pointa dans l'autre direction, vers une statue à l'autre bout du terrain. « Sera le gagnant. »
« C'est trop facile, » fit Harry sans articuler correctement. «Disons plutôt qu'il faut voler à l'envers et mettre la pomme de pin dans la main de la statue.
Malfoy observa la statue d'Helga Poufsouffle avec son bras levé dans les airs et sa main ouverte, paume vers le ciel.
« C'est d'accord. À vos marques, prêt, partez ! » Cria Malfoy avant qu'Harry n'ait eut la chance de monter sur son balai. Le Serpentard était déjà parti et bien en avance. Il avait le haut de son corps penché et se dirigeait tout droit vers le grand pin.
Harry tenta de le rattraper en se penchant aussi. Il savait que son balai était légèrement meilleur que celui de Malfoy. Il rattrapa le Serpentard alors que ce dernier planait au-dessus de l'arbre pour y prendre une pomme de pin. Harry s'arrêta juste à côté de lui.
« Tricheur ! »
Malfoy adressa un sourire amusé au Gryffondor avant de s'éloigner avec une pomme de pin en main.
Harry prit une pomme de pin à son tour et se dirigea vers la statue.
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Pendant ce temps, dans le bureau de Dumbledore :
Dumbledore avait convoqué Severus, Remus et Arthur dans son bureau pour discuter de l'entraînement d'Harry. Il voulait connaître leur opinion sur l'état psychologique d'Harry avant que l'entraînement de défense privé ne commence. Il ne voulait pas risquer de pousser le garçon vers ses limites et d'ainsi aggraver son état déjà fragile. Il savait aussi que ces trois hommes connaissaient probablement l'état d'esprit d'Harry mieux que quiconque. Ils devaient tous prendre en compte les abus sévères, dont le garçon avait souffert et les conséquences psychologiques que cela avait entraînés.
Severus fut contrarié de voir que Lupin avait été invité à se joindre à eux. Selon lui, Lupin avait eu sa chance de devenir un père pour le garçon et avait préféré tourner le dos à ses responsabilités. Selon Snape, Lupin avait perdu tout droit de parole concernant le futur d'Harry.
Remus était aussi contrarié, car il considérait que Severus n'avait pas aidé Harry à guérir de ses blessures de façon adéquate. Il n'arrivait pas à croire que Severus n'avait pas forcé le garçon à en dire plus sur ce qui lui était arrivé. Et encore pire, il trouvait encore qu'Harry comptait sur Snape pour le débarrasser de tout effort, psychologique ou physique.
« Tu sais ce qu'Harry est en train de faire, n'est-ce pas? Il nie tout cet abus et essaie de l'oublier et tu l'aides à le faire, Severus. Il commence à compter sur toi pour tout et pour rien plutôt que de penser par lui-même ! » Dit Lupin d'un ton accusateur.
Severus refusa de perdre son calme avec le loup-garou. « Eh bien, Lupin, qu'attends-tu de moi? Que je l'envoie en thérapie moldue ? »
Lupin sembla surpris par la proposition, mais sembla trouver que c'était une bonne idée.
« Peut-être, si cela pouvait aider. »
Dumbledore posa ses mains jointes sur son bureau. « Remus, pourquoi croyez-vous qu'Harry essaie d'oublier ce qui lui est arrivé chez les Dursley et qu'il se fie trop à Severus ? »
Severus éleva un sourcil. « Oui, je t'en prie, dis-nous. »
Remus se redressa dans son siège et regarda le directeur droit dans les yeux, comprenant bien qu'il ne s'adressait pas à Snape.
« J'ai été témoin de quelques démonstrations inquiétantes du comportement d'Harry. Il semble agir de façon bien plus immature qu'un adolescent de seize ans normal. Par exemple, alors qu'il se rétablissait de son récent enlèvement, il a à plusieurs reprises demandé son père. Je ne sais pas s'il parlait vraiment de Severus, mais dès que Severus lui tenait la main, il se calmait. Il était plutôt dérangeant de voir un jeune garçon de son âge être réconforté comme s'il avait dix ans. »
Severus se tint droit dans sa chaise, craignant de perdre son calme s'il prenait la parole. Évidemment que le garçon avait besoin de réconfort !
« Pour l'amour de Merlin, Albus, vous avez vu la façon avec laquelle Harry est dépendant de Severus ! Vous l'avez vu à la dernière rencontre de l'Ordre. Severus contrôlait Harry par le bout du nez et Harry se laissait faire. Pensez-y : la façon avec laquelle Harry a été forcé de s'excuser, le fait qu'il ait dû entrer incognito dans la pièce pour prendre part à la rencontre. Vous avez vu quand Harry s'est endormit contre Severus pendant la rencontre ? Ce comportement montre une évidente régression de maturité. Je crains qu'Harry ne soit trop dépendant de Severus. Ce n'est pas là le comportement du fils de James Potter ! » Lupin tremblait lorsqu'il s'arrêta de parler.
Albus prit une grande inspiration. « Remus, la dernière fois que nous en avons parlé, vous disiez que Lily serait ravie par cet arrangement. Que s'est-il passé depuis la dernière rencontre de l'Ordre ? »
Lupin baissa les yeux vers ses mains, avant de les relever vers Severus. « Il a changé. Harry a tellement changé. Avant, il ressemblait à James comme deux gouttes d'eau... mais plus maintenant. J'ai l'impression qu'il a peur de faire quelque chose qui risquerait de contrarier Severus. »
Severus inspira longuement avant de parler. « Lupin, je crois que tu as oublié les six derniers mois d'Harry ? Il a vu son parrain mourir et il se croit responsable de sa mort. La seule famille qui lui restait s'est alors mise à le battre. Cela s'est d'ailleurs produit juste après la mort de Black, ce qui l'a amené à croire qu'il méritait cette punition. Il a été empoisonné et a failli en mourir. Il a été enlevé et presque assassiné par des créatures bien plus effrayantes que toi lorsque tu te transformes, des créatures qui nous ont poursuivis et l'ont même mordu. C'est là sans mentionner les charmants rêves de Voldemort. Alors, selon toi, qu'advient-il de l'esprit suite à une telle torture ? »
Severus vit Lupin détourner le regard.
Severus continua sans même attendre une réponse. « Lorsqu'un jeune garçon de seize ans voit tout ce qu'il a toujours connu être ainsi détruit comme ce fut le cas pour Harry, il a alors désespérément besoin de voir une certaine stabilité être rétablie. La première étape est de lui montrer qu'il mérite encore d'être aimé, qu'il mérite d'avoir des gens qui prennent soin de lui, et cela inclut la discipline, et qu'il mérite aussi qu'on le laisse avancer à son propre rythme. Je sais qu'il a beaucoup compté sur moi pour l'aider avec ses cauchemars, mais j'ai accepté ce rôle avec joie. Il est bien trop jeune pour avoir à traverser tout cela seul. Je ne crois pas que tu comprennes vraiment ce qu'il voit dans ces cauchemars. En ce qui concerne l'aspect physique, je sais que je fais ce qu'il faut. Il est bien possible qu'Harry recherche davantage de contact physique avec son père que tout autre adolescent de seize ans, mais c'est seulement parce qu'il en a été privé trop longtemps. Harry a toujours besoin de savoir qu'il le recevra sans être rejeté. Sais-tu ce qu'on lui a dit toute sa jeunesse ? »
Lupin secoua la tête de nouveau et Severus répondit. « Il a grandit en se faisant répéter qu'il était une abomination et ne méritait pas d'être touché. Que le toucher risquait de blesser sa famille. Peux-tu imaginer ce que cela peut faire à un enfant de cinq ans d'entendre de telles choses ? Alors, tu peux être choqué autant que tu voudras par le ''comportement inquiétant'' d'Harry, mais en ce qui me concerne, il peut venir chercher chez moi tout le réconfort dont il a besoin, et ce, n'importe quand. Je suis le premier père qu'il se souvient avoir eu et je ne vais pas le rejeter parce qu'il est ''immature'' pour un garçon de son âge d'avoir besoin de support. »
Lupin avait les yeux pleins de larmes lorsqu'il les leva vers Severus. « Je ne savais pas que sa famille lui disait ça. »
« Ce n'est pas la pire des choses que sa famille lui a dites. C'est un jeune homme incroyable pour avoir enduré tout cela dans le courant de la dernière année et je ne pourrais pas être plus fier de lui, pas même s'il était mon vrai fils. Mais ne te méprends pas Lupin, il est toujours le fils de James. Je me trouve chanceux de pouvoir être un père pour ce garçon, mais je sais ce que les Potter ont donné pour lui permettre d'aller si loin. Je ne laisserai pas Harry oublier qui son véritable père est. »
Arthur prit la parole avec émotion dans la voix. « Il y a de la place pour plus d'une personne dans la vie d'Harry pour jouer le rôle de père. Severus, vous êtes un bon père pour lui et il le sait. Il ne vous ferait pas confiance comme ça s'il ne l'avait pas réalisé par lui-même. L'amour qu'il vous porte est encore plus sincère. Il sait avec certitude que vous serez toujours là pour lui. Je suis fier de son rétablissement psychologique et je sais que vous y tenez une grande part de responsabilité. »
Severus se sentit soudainement très ému et s'efforça de le cacher. Il savait à quel point Harry l'aimait.
Albus savait que Severus était la seule chance pour Harry de mener une bonne vie. « Severus, croyez-vous Harry capable psychologiquement de faire face aux épreuves d'un entraînement de défense avancé ? »
« Oui, avec du soutien et beaucoup d'encouragement, je crois que ce serait pour le mieux. Cela lui donnerait les outils nécessaires pour la bataille contre Voldemort, » répondit Severus.
Albus posa alors les yeux sur Lupin. « Remus, voyez-vous le moindre inconvénient à cet entraînement de défense avancé pour Harry ? »
Lupin regarda Severus, avant de revenir au directeur. « Je veux juste qu'il continue de faire des progrès au niveau psychologique. Il a traversé tant d'épreuves. »
« Je suis d'accord, » commenta Severus. Les trois autres hommes le regardèrent avec surprise.
« Je prévois d'aborder son passé avec lui de façon plus efficace. Je désire aussi le voir guérir de ses vieilles blessures, » dit Severus tout en regardant Lupin et Dumbledore. Il remarqua que l'attention de Dumbledore était tournée vers la fenêtre. Severus se leva et se dirigea vers la fenêtre afin de voir ce qui captivait ainsi le directeur.
§*&o&*§
Harry rattrapa Malfoy et ils atteignirent la statue exactement au même moment. Ils se balancèrent sur leurs balais afin de se retrouver la tête vers le bas, et tentèrent d'insérer leur pomme de pin dans la main de la statue. Malfoy tenta de pousser Potter hors de son chemin en donnant des coups de pieds sur son balai.
Harry s'agrippa avec une main et était sur le point de réussir à laisser la pomme de pin tomber dans la main de la statue lorsqu'il sentit son balais être poussé. Il poussa Draco à son tour avec son épaule. Aucun des deux garçons ne réalisa qu'ils étaient observés par les quatre hommes dans le bureau de Dumbledore.
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Les quatre hommes se tenaient devant la fenêtre donnant sur le terrain plus bas.
« Mais que sont-ils en train de faire ? » demanda Arthur en riant.
« On dirait une sorte de concours, » répondit Lupin en tentant de camoufler son propre amusement.
Severus ne trouva pas la scène aussi amusante. « Tous les deux devraient être dans la classe de Maugrey à cette heure. Dobby ! »
L'elfe de maison apparut dans le bureau du directeur. « Oui, maître ? »
« Dobby, sors et va dire à Potter et Malfoy que je veux les voir dans mon bureau immédiatement ! » Dit Severus d'un ton sévère.
Dobby disparut aussitôt de la pièce et les quatre hommes observèrent l'elfe de maison tenter d'attirer l'attention des deux garçons dehors.
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Harry tenait sa pomme de pin juste au-dessus de la statue lorsqu'il vit Dobby sauter et secouer les bras nerveusement. Malfoy saisit cette chance pour pousser Harry hors de son chemin et laisser tomber la pomme de pin dans la main d'Helga Poufsouffle.
« J'ai gagné ! Meilleure chance la prochaine fois Potter ! » Malfoy remarqua alors l'elfe de maison.
Les deux garçons se repositionnèrent à l'endroit sur leurs balais et atterrirent près de l'elfe frénétique.
« Maître Snape veut vous voir dans son bureau ! » dit Dobby très rapidement.
Les deux garçons se regardèrent avec appréhension. Harry demanda : « Dobby, comment Severus sait-il que nous sommes ici? »
Dobby pointa vers la tour de Dumbledore. Les deux garçons levèrent les yeux et virent quatre hommes à la fenêtre.
« Merde ! » s'exclama Malfoy.
Les garçons se dirigèrent silencieusement vers leur destin.
Harry prit finalement la parole alors qu'ils s'approchaient de la porte des cachots. « Tu paries combien qu'on va nettoyer les toilettes encore ? »
Malfoy répondit avec désolation. « J'accepterais bien ce pari, mais j'ai le mauvais pressentiment que tu vas gagner. »
À suivre
