Chapitre 37
Rivale
Grande, élancée, mince. Longue chevelure noire, peau blanche, lèvres roses. Grands yeux, nez camus, petit menton. Belle, délurée, séduisante. Exubérante, sans complexes, intimidante. Saito Mayumi. Voici la liste d'adjectifs qui vient à Yûki lorsqu'elle repense à la jeune femme. Elle l'a rencontré cet après-midi pour la première fois et ne l'a côtoyé que deux heures durant, mais voici tout ce qu'elle lui inspire. Saito Mayumi est magnifique, irrésistible. Son parfait opposé.
Elle les a regardés avec beaucoup d'attention, Mayumi, Takuya et Hiro. Hiro surtout. Il est apparu naturel, décontracté, souriant comme elle ne l'a jamais vu. Ni en cours, ni avec elle. Non, jamais. Yûki a l'impression d'avoir faux sur toute la ligne en ce qui concerne Hiro, de l'avoir idéalisé. D'avoir projeté tous ses fantasmes sur lui sans avoir pris le temps de le découvrir. Que sait-elle de lui, en vérité? Rien. Ses parents, ses amis, sa vie... Elle ne connaît absolument rien de cela. Par exemple, elle ignorait que Ichinose Takuya et lui étaient amis d'enfance. Cela est peut-être anecdotique, mais ce sont les petites choses, les petits riens qui rapprochent les gens entre eux. Des petites choses, des anecdotes, des souvenirs. C'est ce que l'étrange trio qu'elle a eu sous les yeux a échangé. Elle n'a pas pu intervenir, elle l'a senti à fleur de peau, elle était une étrangère. Et cette sensation, c'est Mayumi qui le lui a fait le plus ressentir.
Jamais par des paroles directes ou explicites, mais ses propos qui étaient autant de piques à son égard ne prêtaient aucunement à confusion. À plusieurs reprises, elle s'est sentie gênée, agressée. Mais ni Hiro ni Ichinose ne sont intervenus. Cela est normal en ce qui concerne Ichinose, à qui jusque-là, elle n'avait jamais adressé la parole. En revanche, pour ce qui est de Hiro, elle l'a difficilement encaissé. Mayumi malmène sa petite amie sous ses yeux, mais Hiro ne réplique pas. Autant pour le Prince Charmant! Il semble que le jeune homme ait choisi son camps, celui de Ichinose et Mayumi ses amis de toujours. Enfin... Mayumi surtout. Avec un pincement douloureux au cœur, Yûki se remémore les regards tendres, doux et inquiets dont Hiro couvait sa meilleure amie. Elle, elle aurait pu se teindre les cheveux en rose, s'étouffer, il n'en aurait rien su. N'en aurait eu cure. Yûki en est persuadée, devant Mayumi elle ne fait pas le poids, elle n'existe pas. Elle n'est restée avec eux trois que deux heures, mais ce laps de temps lui a largement suffit.
Elle s'est rendue chez Hiro avec l'espoir qu'il lui donne des réponses; elle voulait savoir pourquoi il n'était pas venu, pourquoi il n'avait pas même daigné l'appeler. De toute évidence, ce n'est pas un accident qui l'en a empêché. Elle le revoit, son regard sur elle lorsqu'elle est apparue au seuil de sa chambre, ce regard... de rejet. Ce regard qui n'avait rien de celui d'un amant. Ce regard qui la niait et lui en rappelle un autre, plus cruel encore. Ce regard dont elle saisit parfaitement le sens, mais qu'elle ne peut accepter. Ce regard qui refuse de l'arracher à sa misère... Parmi l'une des quelques paroles que Mayumi lui a adressées, il y a cette question concernant leur relation à elle et Hiro. Oh! Bien sûr, elle, Saito Mayumi n'est qu'une amie du jeune homme, et même s'il en donnent l'impression, rien ne s'est produit entre Hiro et elle. Rien de sexuel, s'entend. Et le regard de Mayumi l'écrasait encore, la renvoyait à sa petitesse.
Alors, elle a serré ses mains sur ses genoux tremblants, et s'est contentée de sourire gênée, lorsque Hiro se dépêchait de répondre pour elle. Mayumi! Je te l'ai dit, Matsuoka est une camarade de classe... Voici la manière dont Hiro l'a présentée à ses amis d'enfance. Comme si il avait honte d'elle, comme si... Il ne voulait pas décevoir Mayumi. Elle n'a pas osé rétorquer que cela était faux. De toute manière, personne ne l'aurait écouté. Une camarade de classe... A ces quelques mots, sa nuque s'est tendue. Comment... Comment Hiro peut-il se comporter de manière si légère envers elle? Certes, ils n'ont jamais abordé le sujet, décidé s'il fallait révéler au grand jour la naissance de leur couple. Mais... A ses meilleurs amis? N'aurait-il pu leur dire la vérité? Leur dire qu'ils n'étaient pas de simples camarades de classe l'un pour l'autre? Leur dire qu'il lui a écrit une lettre et qu'elle l'a accepté? Leur dire que, ensemble, ils sont allés au zoo, au parc d'attractions, au cinéma? Leur dire qu'ils se sont embrassés? Leur dire qu'elle était censée compter pour lui? Leur dire qu'il la reconnaissait? C'est ce qu'elle aurait aimé l'entendre dire. Elle aurait voulu qu'il la reconnaisse.
Alors elle s'est sentie crier et bondir à l'intérieur mais comme à son habitude, elle s'est tue. Et si Mayumi, Ichinose et Hiro n'ont pas pu entendre son désarroi, elle aurait voulu que Hiro s'en aperçoive et s'assied auprès d'elle en lui prenant la main, comme dans l'obscurité des salles de cinéma. Au lieu de cela, elle l'a regardé s'asseoir auprès de Mayumi, le plus près possible d'elle, sans avoir l'air d'y toucher. Elle l'a regardé boire ses paroles, s'étourdir de la perfection des traits de son visage, du chant rauque et profond de sa voix. Elle l'a regardé tenir négligemment son cœur du bout des doigts... Elle l'a regardé, devant cette femme si semblable à une œuvre d'art et qui volerait la vedette à n'importe qui. Encore plus facilement à elle, qui jusque-là n'a jamais joué que de mauvais seconds rôles...
Allongée sur son lit, les joues humides des larmes qu'elle verse depuis qu'elle s'est réfugiée dans sa petite chambre, Yûki ne sait plus comment réagir. Elle ne cesse de revoir le visage souriant de Hiro devant Mayumi, son apparente adoration pour elle. Elle ne cesse de ressentir cette douleur, cette peine qu'il lui a infligée sans la moindre gêne, sans même s'y intéresser. Elle est partie au bout de deux heures, et c'est Mayumi qui l'a raccompagnée à la sortie, comme si elle était chez elle. Elle a murmuré un faible au revoir auquel Ichinose qui a répondu par un sourire alors que Hiro s'est à peine fendu d'un mouvement de la tête. Elle s'est sentie étrangère, lorsqu'elle a pris conscience que Hiro n'était en fait qu'un étranger pour elle. Elle est repartie sans obtenir de questions à ses réponses, mais avec encore plus de sujets d'inquiétude. Hiro ne l'a toujours pas rappelé, ne s'est toujours pas excusé pour son attitude de la veille, ou celle encore du jour; et ses larmes continuent de couler...
Encore ce regard. Elle espérait ne plus jamais le revoir défigurer le regard habituellement si limpide de son amie. Celui qu'elle arborait le jour où Kobayashi lui a posé un lapin. Kobayashi ! Ce seul nom lui fait froncer les sourcils. Jusque-là, elle considérait le jeune homme comme le gendre idéal, celui qu'espèrent et attendent toutes les mères de famille. Lorsqu'elle voit les yeux tourmentés de Yûki, elle réalise sa méprise. Après les actions condamnables de Nishikado envers son amie, elle pensait que Kobayashi était celui qui réparerait le cœur blessé de Yûki. De toute évidence, elle a commis une grossière erreur d'appréciation. Car en vérité, Kobayashi n'est qu'un minable. Comme ceux auxquels elle a eu affaire par le passé. Ceux contre lesquels elle veut se préserver et contre lesquels elle mettait Yûki en garde. Quand elle pense aux efforts auxquels elle a poussé son amie, les efforts que Yûki a consentis pour plaire à Kobayashi et se rapprocher de lui! Si elle avait su, jamais elle n'aurait encouragé sa meilleure amie à devenir ce qu'elle n'est pas. Pas pour ce minable en tout cas!
Dimanche soir, elle a attendu l'appel de Yûki; elle espérait que la jeune fille lui dise que tout était arrangé. Yûki ne l'appelant pas, elle a imaginé qu'elle et Kobayashi passaient la fin de journée ensemble. Soulagée, elle a attendu que vienne lundi afin de pouvoir discuter avec son amie. Ce jour est arrivé, mais elle retrouve son amie dans l'état dans lequel elle l'a quitté. Non, elle lui paraît davantage en détresse. Mariko fronce toujours les sourcils, en colère. Yûki ne lui a rien confié, mais elle n'en a pas besoin. Ses grands yeux expressifs parlent pour elle et lui permettent d'établir des hypothèses, et de résumer la situation en une seule phrase. Kobayashi n'est qu'un minable!
Se retournant légèrement sur sa chaise, elle voit le jeune homme échanger tranquillement avec ses amis. Contrairement à Yûki, il semble en parfaite condition. Satisfait de lui, même. Mariko se pince les lèvres. Quel faux-jeton! Comment peut-il faire le beau après s'être si mal comporté avec Yûki? Comment peut-il avoir l'air si heureux et souriant quand sa meilleure amie a de toute évidence, passé son week-end à pleurer? S'ils ne se trouvaient pas en salle de classe, elle irait lui dire deux mots sur sa manière d'agir! Oh! Il faut que Yûki lui dise ce qu'il a pu faire de pire encore que de la faire attendre la nuit, devant une boîte de nuit, cible potentielle de tous les hommes plus ou moins ivres qui viendraient à passer par là! Elle espère que Yûki ne minimisera pas la conduite de son petit ami, elle pourrait bien le lui reprocher. Elle veut que son amie cesse une fois pour toute de se dévaloriser; elle veut lui faire comprendre qu'elle est une fille bien, et qu'aucun homme n'a le droit de l'écraser, aucun.
- Il se passe quelque chose entre eux, autrement ce n'est pas possible! Vous avez vu Hiro? Il a l'air touché par la grâce!
- C'est vrai, je ne l'ai pas vu d'aussi bonne humeur depuis...depuis... En fait, je ne l'ai jamais vu ainsi.
- Il en devient effrayant... Cette aura de bonheur qu'il dégage... Pouah!
- Kondo! As-tu une idée de ce qui arrive à notre bourreau des cœurs?
- Honnêtement, non. Mais franchement, là tout de suite, c'est Matsuoka qui me préoccupe. Elle ne me paraît vraiment pas dans son état normal et j'espère que cela n'est pas la faute de Hiro.
- Non! Tu ne penses quand même pas qu'il l'aurait...plaquée?
- Je n'en sais rien, je n'ai pas plus d'informations que vous sur ce coup-là. Depuis que Hiro nous a confié sortir avec Matsuoka, il ne nous a plus rien dit. Jusqu'à aujourd'hui, je pensais que tout se passait bien entre eux deux, qu'ils formaient un vrai couple. Je pensais que Matsuoka déteignait sur Hiro et qu'elle lui ferait cesser ses petits jeux de massacre.
- Là-dessus, on peut dire que Matsuoka a fait du bon travail, Hiro est méconnaissable!
- Hiro rangé? Qui l'eut cru? Cela mérite une petite fête, non! Une grande fête!
- Ouais! Tous à Joliana les gars! Et avec un peu de chance, on reverra Mayumi!
- Ah! Mayumi! Déesse de mon cœur!
- Je pense que vous chantez victoire trop tôt. Moi, j'ai plutôt l'impression qu'il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. Il y a quelque chose qui cloche. Vous avez raison sur un point, on ne reconnaît pas Hiro. Mais de l'autre côté, moi je ne reconnais pas Matsuoka. Où est passé son sourire? Lorsque je la regarde, j'ai l'impression de voir une bougie s'éteindre. Et moi, ce que je m'étais promis, c'est de ne jamais laisser Hiro lui faire du mal. Alors, s'il s'avère que mes craintes sont fondées... j'interviendrais. J'ignore de quelle manière encore, mais je ne le laisserais pas faire.
- Encore une fois, tu mets les pieds dans le plat. Tu dois vraiment beaucoup aimer Matsuoka...
- Ce n'est pas ça ! Je vous l'ai dit, je connais Matsuoka depuis longtemps, et je peux vous dire que la fille qui se trouve dans notre classe n'a rien à voir avec celle que je connais.
- D'accord, on comprend bien. Mais comment comptes-tu te renseigner? Pas par Hiro j'imagine?
- Suzuki. Je vais parler à Suzuki. Elle est sa meilleure amie, alors s'il se passe quelque chose, elle sera forcément au courant.
Sa décision est prise, il ira voir Suzuki comme il est allé à la rencontre de Ichinose pour comprendre ce qui arrivait à Hiro. Lui et Suzuki ne sont pas particulièrement proches, mais pour Matsuoka, il peut bien le faire. Et si jamais... Et si jamais Matsuoka était malheureuse à cause de Hiro...
- Euh! Suzuki! Je peux te parler un moment?
Mariko ouvre de grands yeux, surprise. Depuis le début de l'année, c'est bien la première fois que Kondo Takahashi l'interpelle de la sorte. Bah! Pourquoi ne pas écouter ce qu'il a à lui dire? Elle a tout son temps, vu que Yûki s'est enfui la cloche ayant à peine retenti, arguant son travail à la pâtisserie.
- Pour une surprise... Mais très bien, je t'écoute. De quoi veux-tu me parler?
- De Matsuoka.
Cette fois-ci, Mariko est stupéfaite. Non! Se pourrait-il que Yûki aie à faire à un nouveau prétendant?
- Yûki? Ne me dis pas que tu veux sortir avec elle!
- Non! Non, ce n'est pas ça du tout! Enfin... Je ne veux pas dire que Matsuoka n'est pas attirante mais...
- Kondo... Si tu ne veux pas sortir avec Yûki, que lui veux-tu?
Le jeune homme se racle la gorge avant d'enfouir ses mains dans les poches de sa veste à capuche.
- Même si je voulais sortir avec Matsuoka, je ne le pourrais pas; puisqu'elle est déjà la petite amie de Hiro. Non, moi ce que je voudrais savoir, c'est si tout se passe bien entre eux.
- Ainsi tu es au courant pour eux deux? J'ignorais que la nouvelle était connue.
- Tu fais erreur, la nouvelle n'a pas été ébruitée. Mais je suis relativement proche de Hiro, et il n'a pas jugé dangereux de me confier ce secret.
- Pourquoi me demandes-tu si tout se passe bien entre eux? En quoi cela te concerne-t-il?
- Ce n'est pas parce que je ne fais pas partie du cercle privé de Matsuoka que je me désintéresse d'elle. Je la connais depuis le collège, et je vois bien qu'elle n'est pas dans son état normal en ce moment. Je veux juste savoir si cela avait un rapport avec Hiro. Je m'inquiète pour elle, c'est tout.
Estomaquée, Mariko continue de fixer Kondo. Elle ne pensait pas qu'il s'intéressait à ce point à Yûki.
- Kondo... Serais-tu amoureux de Yûki?
- Non. La réponse a fusé, claire et nette. Mais depuis que je connais Matsuoka, je l'ai toujours vu souriante, j'ai appris à l'apprécier. En ce moment, elle a l'air malheureux et je veux savoir pourquoi.
- Hum! Je n'ai pas l'intention d'entrer dans les détails car je ne pense pas que Yûki apprécierait d'entendre sa vie ébruiter sur tous les toits alors je vais juste te donner mon opinion sur la question. J'ai l'intime conviction que Yûki est très malheureuse, à cause de ce monstre d'égoïsme qu'est Kobayashi. J'ai rarement vu un homme se comporter si mal avec sa petite amie. Yûki n'a pas voulu m'en parler, mais je suis certaine qu'il a récidivé ce week-end. Laisse-moi te dire une bonne chose, Kondo... Ce n'est pas contre toi rassure-toi, mais si je découvre que ce minable de Kobayashi a une fois de plus manqué de respect envers ma meilleure amie, je n'hésiterais pas une seule minute à me jeter sur lui et à faire des confettis avec sa jolie petite gueule d'ange. Je le réduirais en miette, et m'arrangerais pour faire savoir à toutes les filles du pays et même du monde, à quel point Kobayashi est un nul, et qu'il ne mérite aucune pitié!
Kondo regarde la jeune femme devant lui. Les yeux lançant des éclairs, les poings sur les hanches, Suzuki est tout bonnement effrayante; il ne doute pas un instant qu'elle mette ses menaces à exécution. L'esquisse d'un sourire se dessine sur les lèvres; avec une amie pareille à ses côtés, Matsuoka n'est pas sans défense.
- Et toi, Kondo. As-tu une petite idée de ce qui se passe dans la petite tête de piaf de Kobayashi? Des éléments qui pourraient être utilisés pour sa défense?
- Non. Je ne vois rien qui justifierait un comportement irrespectueux envers Matsuoka.
- Donc, si je passe Kobayashi à tabac, tu ne diras rien?
- Rien. Tant que tu le laisses en vie, du moins.
- Je vois. Dans ce cas, je veux bien traiter avec toi dans l'affaire Matsuoka-Kobayashi.
Kondo lève la main à la rencontre de celle que lui tend Suzuki.
- Affaire conclue. Matsuoka a de la chance de t'avoir comme amie.
- Hum! Je pense que je peux retourner le compliment à Kobayashi...
Conscients de partager le même but, à savoir la préservation de Yûki, Kondo et Suzuki se mettent à cheminer tranquillement ensemble, jusqu'aux grilles du lycée. Du coin de l'œil, Mariko repère une jeune femme terriblement belle, plongée dans une conversation animée avec un élève de leur établissement. Ichinose, si sa mémoire est bonne. Elle aurait pu se contenter de suivre son chemin, mais les gestes vifs du couple fixent son attention.
- En voilà deux qui devraient se rendre immédiatement à l'hôtel le plus proche...
Intrigué par les propos goguenards de Suzuki, Kondo se tourne vers les grilles et se fige sur place.
- Takuya et Mayumi...
Mayumi? Mariko fronce les sourcils. Qui est-ce? A voir le visage tendu de Kondo, l'apparition de celle-ci n'a rien d'une bonne nouvelle. Curieuse, elle tend l'oreille, espérant surprendre quelques bribes de leur conversation. Mayumi a une voix étrangement rauque, très sexy. Mais ce qui capture vraiment son attention, ce sont ses propos. Tu ne peux rien faire contre moi! Hiro m'aime et tu le sais parfaitement! Tu es jaloux c'est ça? Toi aussi tu aimerais pouvoir me... » Mayumi est brusquement coupée dans sa diatribe par Ichinose qui l'empoigne par le bras et la force à s'éloigner du lycée mais Mariko ne les regarde déjà plus. Hiro m'aime, a-t-elle dit. Hiro... Comme dans Kobayashi Hiro? La jeune fille craint d'avoir résolu sans le vouloir, l'équation des ennuis de Yûki, et le résultat de son calcul lui déplaît infiniment. Ses yeux se remettent à briller de manière alarmante.
- Mayumi, hein? Kondo... Je crois bien que tu as oublié de me dire quelque chose!
Et ce quelque chose, Mariko en est convaincue, n'augure rien de bon pour son amie...
