B'soir-'jour !

Un rapide post de ce nouveau chapitre. Oui, ils se sont séparés, parce qu'ils n'avaient pas d'autre choix... C'est dur, mais c'est comme ça...

Un grand merci à toutes : lapiaf8, Mim, Asuna93, cchope, AuroreAthena, CaroolineF13, Alma, Shirley, liloua, Alexa27, Cendrillon49, halay, Marion, ulkan13, aude77, kikinette11, familykoala, pampan082, aussidagility, Chris'of13, Fleur50, vivibatta, olivia59350, LolaMiSweetlove, Vicky30, doudounord2, Ronnie32, xanaleex25, Virginiiiie, siobhanne, eliloulou, sandmabe, Mimi, Birginie, bellaeva, sephora. twilight, PetitLutin29, Lila, pounine, callie226, lili-lise, grazie, calimero59, LuneBlanche, Isnoname, larsand, Atchoum16, Lily-Rose-Bella, MrsShaly, entre-ciel-et-terre, sarinette60, vinie65, Imaginaire-de-kiki, souriceaux, Lapinou63, SweetyMarie, choubidou. lily, Tinga Bella, lolall, SoSweetySoCrazy, lena -lna933-, bella-lili-rosecullensister, Galswinthe, Misslapy, erika shoval, Floeolia62, edwardbellaamour, PatiewSnows, twilight-I-love-you, Coeur2Crystal, frimousse30, mmccg, Ilonka, BellaSwan12, Habswifes, Coraliiine, Butterfly971, Elodie pixie B, katner, Gwen99 et amlove.

Voilà, tout le monde est là ? Go, la suite ! Rock on !

Bonne lecture,

tiftouff19.

-x-X-x-

Chapitre 35 : Communication longue distance

- Point de vue d'Edward -

Une semaine…une semaine déjà que Bella et moi avions rompu. Une semaine, équivalente à une éternité.

Elle me manque tellement...

Je n'arrivais plus à me concentrer, plus à écrire ni composer. Même repartir en tournée dans deux semaines me paraissait inconcevable. Bella et moi aurions passé ces trois semaines ensemble, à profiter l'un de l'autre avec Lola, et à faire l'amour une fois la porte de la chambre refermée. J'étais resté deux jours chez mes parents, avant de revenir au loft. L'idée de notre séparation m'obsédait malgré mes efforts pour me changer les idées. Je mangeais sur le pouce, quand j'avais faim, en fait pas souvent. J'essayais de dormir le plus souvent possible, pour ne pas penser.

Tout dans cet appartement me rappelait Bella : le canapé, le balcon, le lit... Partout où nous avons eu un moment ensemble, un baiser, un câlin ou un rapport intime. Elle me manque. J'ai souvent envie de l'appeler, pour la rassurer. Pour lui jurer que je l'aime parce que c'est le cas : je l'aime vraiment. Elle est douce et intelligente, c'est la meilleure mère du monde. Elle me soutient, me comprend. Elle est brillante, et elle me manque.

- Edward ?

Je sursautais, entendant la voix de ma mère derrière ma porte.

- Edward, ouvre-moi !

Je me levais du canapé et allais à la porte.

- Salut...

- Bonjour mon chéri... Je t'ai appelé mais tu n'as pas répondu...

- Ouais... j'sais pas, pas envie de décrocher...

Elle soupirait.

- Edward... Je sais que c'est dur mais...

- T'es contente, hein ? T'as eu ce que tu voulais...

Ma mère et Bella ne s'étaient jamais vraiment entendues.

- Non !

- Arrête allez... T'es satisfaite...

- Edward !

Elle me rattrapait par le poignet.

- Quoi que tu en penses, je n'ai JAMAIS voulu que tu la quittes ! Tu étais heureux avec elle, tu étais plus épanoui et tu resplendissais... Je sais que tu l'aimes, et crois-moi que ça ne me plaît pas que tu l'ais quitté, en dépit de nos relations un peu compliquées...

Pff... Tu parles...

- Ça t'arrange quand même...

- Non ! Je refuse que tu penses ça ! Oui, Bella et moi ne nous entendions pas mais JAMAIS je ne voulais que tu te sépares d'elle ! Tu ne peux PAS penser ça de moi ! Je suis ta mère, tu es mon seul fils et je t'aime par-dessus tout ! J'étais heureuse de ton bonheur ! Tu étais épanoui ! Pour la première fois depuis Alice, je te voyais avoir un avenir sentimental ! Et crois-moi, rien ne pouvait plus me plaire !

Elle restait là, immobile et furieuse.

- Ne redis plus jamais que ça m'arrange ! Je vais même te dire : si tu retrouvais Bella, j'en serai la première à me réjouir !

Elle est ma mère. Peut-elle me vouloir du mal ? Elle ne m'a jamais détesté, ni même mis plus bas que terre.

J'crois juste que je suis... déprimé... ouais c'est ça... déprimé...

Je m'asseyais sur le canapé, et elle en fit de même.

- Allez Edward ! Ne te laisse pas aller ! Rase-toi, prends ta douche, habille-toi et sors !

- Sortir ? Pour être pris en photo par les paparazzis ?

- Viens à la maison !

- Non... J'préfère rester là...

Elle soupirait.

- Ton père m'a appelé... Il s'inquiète...

- Je l'appellerai tout à l'heure...

Elle m'embrassa sur la joue.

- Tu devrais sortir avec Jasper et Emmett... Une soirée entre hommes... Ça te fera du bien...

- Je verrai...

- D'accord... Tu as besoin que j'aille te faire des courses ?

- Non c'est bon...

- Je repasserai ce soir...

- Ca va maman... J'vais bien...

- Non, tu ne vas pas bien !

Le pire, c'est qu'elle a raison. Avant il y avait Bella, et puis Bella et encore Bella... et maintenant il n'y a plus Bella, ni Bella, et encore moins Bella... Lorsque ma mère quittait le loft, je me rallongeais sur le canapé, et prenais la télécommande pour zapper.

Je tombais sur un match de baseball, et allumais mon ordinateur pour aller sur mon site. Il y avait encore beaucoup de mots adorables de fans, et ça me réconfortait de les lire. Pour la première fois et depuis bien longtemps, je prenais le temps de tous les lire, un par un. Peut-être espérais-je y trouver un signe de Bella... mais rien... Je me connectais au site et décidais d'inscrire un mot.

Salut à tous !

Nous voilà arrivés à une nouvelle pause pendant les concerts.
Je suis très heureux d'avoir vu le succès de ces spectacles,

d'avoir cet honneur de vous avoir en fans. Vous me comblez chaque jour !

Concernant ma précédente intervention, il y a eu beaucoup d'interrogations.

La vérité, c'est qu'une personne, connue ou inconnue harcelait ma compagne,

au moyen de lettres anonymes. Cet acte n'était pas isolé, et ça devenait invivable

à la fois pour elle, pour sa famille et pour moi.

Les paparazzis se sont également permis d'aller chez elle, pour la prendre en photos. Ils se sont permis d'approcher sa petite fille, de la prendre en photos.

Ces clichés violent son intimité, violent notre vie. Ces clichés n'ont pas à exister.
Personne ne peut imaginer l'enfer que nous avons vécu,

personne n'a le droit de s'en prendre à une enfant, surtout lorsque cette enfant

est atteinte d'autisme.

Aujourd'hui, je suis profondément déçu, et fatigué par la situation.

Vous n'êtes pas responsables de ces actes, je n'ose imaginer

que la personne qui a fait ça se trouve parmi vous. Mais j'éprouve le besoin

de faire comprendre à un maximum de personnes ce qui se passe.

Continuez d'être aussi géniaux !

Edward.

Ça ne me ressemble pas d'étaler ma vie, mais j'en peux plus... J'peux plus garder ça pour moi...

J'attrapais mon portable. Et si j'appelais Bella ? Un texto ? Pour savoir comment elle va et...

Non.

J'ai besoin de temps, et elle aussi sûrement. Je sais qu'elle m'aime. Je n'ai aucun doute à ce sujet-là. J'aurais aimé continuer notre aventure, aller jusqu'au bout de notre relation.

Et Lola ? Qu'est-ce qu'elle en pensait ? Comment était-elle, maintenant ? Elle aussi, elle me manque à sa façon. Sa petite présence, ses pensées bien à elle. Je sais que j'ai beaucoup perdu en la quittant. Mais il n'y avait pas d'autre issue... C'est pour leur bonheur...

Finalement, après deux bonnes heures à végéter, je décidais de m'habiller pour aller voir Jasper. Il était en plein préparatifs de mariage, ce veinard. Il essayait son costume quand je rentrais dans son appartement.

- C'est Edward !

- Ah Edward ! Entre !

Je le trouvais dans un beau costume noir élégant.

- Wow ! T'as la classe comme ça...

- Il me va bien ?

- Impec ! Tu seras le roi !

Il me souriait et retirait sa veste.

- Tant mieux... J'veux être à la hauteur d'Alice...

Je souriais. Ils ont de la chance d'être ensemble, et amoureux.

- Oh pardon mec...

- C'est pas grave...

- Comment tu te sens ?

- J'sais pas trop... C'est pas simple sans elle...

- Ouais... J'sais... Vous étiez bien tous les deux...

- J'arrête pas de me le dire, figure-toi...

- Ca va aller, Ed' ! Faut te laisser le temps de digérer ça...

- Ouais...

- C'est très récent encore... C'est normal...

Je m'asseyais sur le canapé, et il m'apportait une bière.

- Tu veux qu'on sorte ?

- Pourquoi pas...

- J'appelle Emmett et on fait la tournée des bars... Comme ça les paparazzis auront une bonne raison de te traquer...

Il composa le numéro de mon meilleur ami et vers 22h, après un dîner pizza-muffin, nous étions à la porte de notre premier bar.

..

Accoudés au bar, je regardais Jasper qui riait à la blague d'Emmett. L'idée de sortir n'est pas si mauvaise, mais encore faut-il pouvoir participer. En fait, je ne peux pas participer. Il y a tous ces couples-là, qui s'embrassent, dansent, s'allument...

Et moi comme un con, accoudé au bar, sans Bella.

- J'ai une de ces envies de pisser... annonça glorieusement Emmett

- Attends, j't'accompagne ! Complétait Jazz. Edward, une pause pipi ?

- Non merci... Vous êtes pires que des gonzesses vous deux... Aller aux chiottes à deux...

- Laisse-nous faire nos gonzesses si ça nous plaît, bon sang !

Ils s'éloignaient, et je restais là, à regarder le serveur faire ses cocktails. Je vis une silhouette féminine à côté de moi.

- Une téquila, s'il vous plaît...

- Tout de suite, beauté !

Elle tournait la tête vers moi.

- Vous n'avez pas l'air en forme...

- Ça arrive...

- C'est dommage... Je m'appelle Anna, et vous ?

- Edward...

- Joli prénom...

- Merci, mais j'ai pas fait exprès...

Elle me souriait et remerciait le serveur, avant de prendre une gorgée de sa boisson.

- Alors Edward... Des soucis sentimentaux ?

- Ouais... J'ai quitté la femme que j'aime...

- Pourquoi ?

- Parce qu'elle ne pourra pas être heureuse avec moi dans sa vie...

Je ne me souciais même plus de ce que je pouvais déballer ou non. Après tout, quelle importance ?

- C'est la chose la plus stupide du monde...

- Peut-être, mais c'est un fait...

- Et elle ?

- Quoi, elle ?

- Est-ce qu'elle est vraiment heureuse sans vous ?

Je haussais les épaules.

- J'en sais rien... Mais elle ne m'a pas quitté de gaieté de cœur...

- Oui... J'imagine... Et vous avez essayé de résoudre le problème par la racine, avant de prendre des mesures aussi drastiques ?

- A votre avis... Si j'avais pu y arriver, nous n'en serions pas là...

Elle terminait son verre en silence.

- Vous êtes Edward Cullen, pas vrai ?

Je relevais la tête vers elle.

- Je suis une de vos fans... Mais attention, pas une hystérique hein ! Je vais sur votre site une fois par jour, j'écoute vos disques dans la voiture mais je ne cherche pas à vous voir par tous les moyens...

Une de plus...

- J'ai vu votre mot d'aujourd'hui... J'ai l'impression que vous avez abdiqué par rapport à la pression... Mais vous leur donnez raison ! Quant aux lettres, comment vont-elles s'arrêter si votre séparation n'est pas rendue publique ?

- Ecoutez Anna... Je n'ai pas de foutue réponse à vos questions... Honnêtement ce soir, j'veux oublier...

- Oui, je pense bien... Mais essayez de vous battre, au lieu de végéter dans un bar à boire... Faites-vous respecter, au lieu de subir...

- Elle a plus subi que moi... Je veux que ça s'arrête pour elle, qu'elle ait une vie normale comme avant...

- Peut-être qu'elle vous veut à ses côtés, vous lui avez demandé ?

- Elle m'aime...

- Je ne vous comprends pas...

Je soupirais.

- Moi non plus, je ne me comprends pas...

Elle fit une petite moue désolée.

- C'est noble de votre part de la quitter pour qu'elle retrouve une vie normale avec sa famille... Mais parfois, la noblesse ne remplace pas l'amour... Essayez de vous en souvenir...

Elle descendait du tabouret, et s'éloignait. Emmett et Jasper revinrent à ce moment-là.

- C'était qui ?

- Une fille...

Une fille qui n'a pas tort, mais qui n'a pas vécu ce que Bella a traversé...

- Plutôt mignonne...

- Possible...

- Une fan ?

- Apparemment...

- Ok...

Je terminais mon verre.

- Les gars, j'crois que j'vais rentrer...

- D'accord... On passera te voir demain !

- Merci... Bonne soirée !

Je quittais le bar, appelais un taxi qui me reconduisait à mon appartement. Mon appartement vide.

..::..

Point de vue de Bella.

Il me semblait ne plus arriver à garder pied. Je passais mes journées sur le canapé chez mon père, sans avoir envie de faire quoi que ce soit. J'avais beaucoup pleuré, au grand désarroi de Charlie qui ne savait pas comment réagir. Sa seule présence m'apaisait, mais il l'ignorait. Ma Lola était formidable, elle faisait sa petite vie, et ne disait rien. Mon portable avait sonné souvent. Des parents qui m'appelaient pour savoir quand je recommencerai mes journées à thème.

"Je ne peux pas revenir sur Seattle actuellement... désolée... Je comprendrai que vous inscriviez votre enfant ailleurs..."

La plupart comprenait, parce qu'ils avaient eu connaissance par la presse ou autre de la situation. Certains avaient déjà rompu le contrat, mais je ne pouvais pas leur en vouloir. Quand je fais garder Lola, j'aime avoir quelqu'un de fiable.

J'étais assise sur le canapé, mes jambes repliées sous mes fesses. C'était dur de se lever le matin, ne pas trouver Edward à mes côtés alors qu'il est en pause... Les larmes roulaient encore, sa chemise sur mes épaules, et je me mouchais. Charlie descendait de la salle de bains.

- Oh bon sang Bella...

J'essuyais mes sanglots rapidement.

- Désolée...

Il s'asseyait sur le fauteuil libre et me regardait.

- Ne t'excuse pas pour ça... J'aimerais faire quelque chose...

- Faudrait que je m'y fasse... C'est tout...

- C'était le bon celui-là, pas vrai ?

J'opinais. Oui... C'était le bon...

- Alors si c'est le bon, sache que d'une façon ou d'une autre, il te reviendra...

C'est joliment formulé... Mais est-ce que c'est vrai ? J'aimerais y croire mais ni Edward ni moi ne pourrions supporter cette pression sur nous deux.

- Je voudrais qu'il soit déjà revenu...

- Laissez-vous le temps... Allez, ta fille se pose des questions, tu sais ?

J'ai négligé ma Lola. Je la voyais descendre les escaliers justement.

- Ma poupée ne veut pas jouer...

Je reniflais, ravalais mes sanglots et tendais mes bras.

- Viens m'expliquer ton problème, mon cœur...

Je la prenais dans mes bras.

- Ma poupée ne veut plus jouer. Elle parlait, et maintenant elle ne veut plus parler...

Elle m'agitait une simple Barbie sous le nez. Lola fait parler ses poupées. Dans sa tête, ses jouets parlent alors que c'est elle qui leur donne vie.

- T'a-t-elle expliqué pourquoi elle ne veut plus jouer ?

- Non... Elle parlait et puis elle a arrêté de parler...

- Elle est peut-être fatiguée... Tu devrais la reposer un peu, te détendre, et reprendre ensuite...

- Mais je veux jouer avec elle !

Elle fronçait les sourcils en la regardant. J'aimerais être dans sa tête... Je l'attirais contre ma poitrine et embrassais son front.

- Elle jouera tout à l'heure... C'est promis...

Lola soupirait. Je la ramenais contre moi, pour me blottir contre son petit corps.

Elle est tout ce que j'ai... Tout...

- Pourquoi n'iriez-vous pas vous balader, toutes les deux ?

Je regardais mon père.

- Vous pourriez aller au centre équestre que vous aviez visité...

- Tu veux aller voir les chevaux, Lola ?

Immédiatement, elle se touchait le menton, là où elle s'était ouverte lors de son premier cours.

- Oui... L'endroit où tu es tombée... Tu veux y aller ? Tu veux essayer d'aller voir les chevaux ?

Elle me fit "non" de la tête, vigoureusement. Charlie soupirait.

- Ecoutez, je vais devoir aller travailler... Tâchez de sortir d'ici... Promenez-vous... Ça vous fera du bien...

- D'accord...

- A ce soir...

Mon père quittait la petite maison. Lola se levait à son tour du canapé et attrapait ma main. De son index, elle m'indiquait l'étage. Je grimpais avec elle en haut et elle me fit m'asseoir sur mon lit. Elle montait sur le matelas, s'allongeait et m'incitait à faire de même.

- Musique maman... Le chanteur...

Je réprimais mon envie de pleurer en insérant le disque dans la chaîne-hifi. Les premières notes s'égrenaient au rythme de la guitare, et je me rallongeais près de ma fille. Elle chantonnait à voix basse, seulement la musique, et me regardait.

Elle est si douce, si jolie...

Je souriais en l'écoutant et elle cachait son visage dans l'oreiller, souriante. Elle continuait de chantonner doucement et je me laissais bercer par la voix d'Edward. Quand la première piste fut terminée, Lola me regardait à nouveau.

- C'est quand que mon chanteur il va revenir ?

Je caressais sa joue.

- Ma chérie... Je t'ai expliqué que maman et Edward ne sont plus amoureux...

- Mais il vient quand ?

- Mon cœur...

J'aurais aimé lui dire qu'il arrivait dans une heure... ou même dans une semaine...

- Il vient quand ?

- Il ne viendra pas, Lola !

- Pourquoi ?

- Parce que nous ne sommes plus amoureux... Nous nous sommes séparés...

- Pourquoi ?

- Parce que... disons... que l'on n'était pas d'accord sur certaines choses...

Je ne peux pas lui expliquer les vraies raisons, c'est trop compliqué pour elle.

- Mais il vient quand ?

- Il ne viendra plus...

Elle fit une petite moue, fronçait les sourcils, et sans que je ne comprenne elle se levait, appuyait furieusement sur la radio pour éteindre le disque avant de partir en bas.

- Lola !

Je la retrouvais les fesses en l'air, la tête sous un coussin.

- Bah Lola... Ma chérie...

Je l'entendis sangloter. Je caressais son dos.

- Mon cœur... Dis à maman ce qui se passe... Pourquoi tu es triste ?

Elle restait immobile, sans bouger.

- Ma chérie... Dis à maman...

Elle laissa échapper un petit pleur, et je me sentais encore plus mal.

- C'est parce que tu es triste qu'on ne voit plus Edward ? Tu sais, maman aussi est très triste...

Sans que je ne le réalise, une larme roulait sur ma joue.

- Ne te cache pas si tu as envie de pleurer, Lola... On a tous envie de pleurer... J'ai aussi envie de pleurer...

Elle jetait un œil par-dessous le coussin et vit probablement mes larmes.

Nous étions là, à deux, à pleurer le départ d'Edward...

Il me manque tellement... il NOUS manque tellement...

..

Je m'étais rendue chez Jacob pour me distraire et pour voir les nouvelles installations de Billy. Jake et lui avaient fini par rire de leur situation : le père et le fils en fauteuil roulant. Je n'avais pu qu'éclater de rire en les voyant faire des courses dans le salon. Rebecca, la sœur de mon ex-mari, soupirait, amusée.

- Deux gamins...

- On fait la revanche, Jacob ?

- C'est pas juste, ton bras est valide !

Rebecca me servait un thé. Lola était au milieu du canapé, debout, à regarder son père et son grand-père.

- Tu veux venir faire la course contre papi, ma Lola ?

Elle descendait du sofa et filait dans le couloir. On n'entendit que la porte de la chambre de Jacob claquer.

- Vous êtes deux gamins...

- Il faut bien qu'on s'amuse de notre pauvre condition...

Je prenais une gorgée de thé.

- Alors Bella... Comment tu vas ?

- Ca va... C'est encore un peu dur...

- Je me doute... C'était la seule solution ?

- Ni lui ni moi n'en avions d'autre, alors... oui...

Edward me manque. Le jour, la nuit, tout le temps. Je me sens plus seule que jamais sans lui...

- J'ai du mal...

- Faut pas te laisser aller, tu as une petite fille qui compte sur toi...

- Je sais... J'ai tellement peur de l'impact que ça aura sur elle...

- Elle a compris ?

- Oui... Ça ne la réjouit pas, apparemment... elle a pleuré...

- S'il était gentil avec elle, c'est normal qu'elle réagisse ainsi...

- Je sais...

- Je ne l'ai pas entendu depuis que vous êtes arrivées...

- Elle ne parle plus beaucoup depuis qu'elle sait... Est-ce que c'est une coïncidence ou non, j'en sais rien...

- Tu as appelé le pédopsychiatre pour avoir son avis ?

- Non... Mais j'y pense...

- Peut-on faire quelque chose pour t'aider ?

- Je crains que non... Ça va aller...

- Si tu as besoin d'aide pour la petite, n'hésite pas !

- Merci c'est gentil...

A ce moment-là, nous entendîmes Jacob s'exclamer :

- Papa ! Non mais t'as triché là !

- On n'apprend pas aux vieux singes à faire la grimace !

Je souriais.

- Tu as beaucoup à faire avec ces deux-là, déjà...

- M'en parle pas...

Je les regardais s'amuser comme des gamins, insouciants.

.

L'après-midi passait vite en leur compagnie. Lola était restée cloîtrée dans la chambre de son père. Elle ne faisait rien, elle était simplement assise sur le lit à parler à son lapin. Elle s'est même endormie durant une petite heure.

Billy et Rebecca étaient partis faire quelques courses, et je restais avec Jacob à discuter.

- T'as pas bonne mine...

- Je suis fatiguée...

- T'arrives à dormir un peu ?

- Pas trop... Je me dis que... qu'on a peut-être manqué une solution ou...

- C'était pas du chiqué, votre histoire...

- Non... Je sais que les sentiments étaient réciproques...

Il soupirait et baissait les yeux.

- Tu me croiras p'tètre pas, mais je suis désolé que vous en soyez arrivés là... J'aurais aimé avoir sa place, mais t'étais plus heureuse avec lui...

J'attrapais sa main.

- Jacob, tu m'as donné Lola... Ne crois pas que je déteste ce qu'on a vécu...

- Tu es juste passée à autre chose...

- Oui... Mais j'aimerai toujours le temps qu'on a passé ensemble... Tu m'as donnée Lola... ça n'aura jamais d'équivalent...

Il serrait mes doigts brièvement.

- Mais essaie de ne plus être triste... pense à Lola...

- Je ne pense qu'à elle...

Il m'attirait contre lui et me laissait évacuer ma peine.

C'est bon d'avoir quelqu'un, en toute circonstance.

..

Les jours passaient, et je me sentais toujours aussi mal d'être loin d'Edward. De nombreuses fois, j'avais pris mon téléphone pour l'appeler, lui envoyer un texto. Ma fille se faisait plus calme que jamais, comme si elle respectait ma souffrance. Je tournais en rond, et décidais d'allumer mon ordinateur pour aller voir mes emails. Angela m'en envoyait un chaque jour, et j'essayais d'y répondre, mais rien n'était évident.

Vous avez un nouveau message : Alerte article "Mots d'Edward", un article rajouté.

Edward a mis à jour son site. J'hésitais, tremblante, et décidais de cliquer sur le lien proposé. J'espère qu'il va bien...

" Salut à tous et à toutes,

un rapide mot, avant de repartir en tournée. Cette petite pause aide à recharger les batteries, à profiter de sa famille même si toutes les personnes qu'on voudrait voir ne sont pas forcément là...

Esmé et moi sommes sur un nouveau projet d'écriture, utile pour canaliser l'énergie et les pensées. Je ne peux pas vous en dire plus, mais nous espérons qu'il sera rapidement sur pieds.

J'ai composé de nouvelles chansons, il se peut que j'en joue quelques-unes sur scène très bientôt.

Merci pour votre soutien à propos des paparazzis. S'il vous plaît, ne collectionnez pas ces photos, n'achetez pas ces magasines. A part violer une intimité, ils ne vous apporteront rien. Je vous aime, Edward".

Il semblait continuer à vivre, et quelque part j'en étais heureuse pour lui. J'aurais aimé être auprès de lui pendant cette pause. J'aurais aimé entendre ses chansons, découvrir son projet d'écriture. Il a l'air d'avoir énormément travaillé, contrairement à moi. Les mains tremblantes, j'ouvrais la fenêtre des commentaires. Déjà deux-cent dix mots de fans, alors qu'il a mis à jour son site voilà une heure tout juste. Un mot passera inaperçu...

De : B

Message : Je suis heureuse de voir tous ces projets en cours de route. Je suis sûre que tout sera bien, que tu feras quelque chose de super comme toujours. Ici, le silence est de rigueur, pour tous. Ta petite fan chante tous les soirs sur tes musiques, c'est la seule fois où j'entends sa voix de la journée. Continue d'être toi, ne change jamais.

Je fermais la fenêtre, regrettant déjà ce mot. Après tout, nous sommes séparés maintenant...

Je refermais mon ordinateur, et décidais de me mettre au repassage. Lola était dans la chambre, allongée sur le ventre contre la moquette. De son doigt, elle dessinait les contours de ma vieille maison de poupées avec laquelle elle s'amusait. Charlie la lui avait descendue pour qu'elle s'amuse. Je m'attelais au repassage, quand mon téléphone bipait.

Un message. Edward.

" J'aurais peut-être dû effacer ton numéro...

Ou ne pas lire un par un les commentaires du site...

Beaucoup de projets oui, surtout pour ne pas penser.

Je pense à ma petite fan tous les soirs, mais pas qu'à elle.

Je ne compte pas changer, et surtout ne rien changer.

Je n'ai pas envoyé ce texto que déjà il me semble stupide.

S'il te plaît, n'y réponds pas..."

De nouveau, les larmes me submergeaient. Je l'ai perdu. Il ne veut pas de réponses... c'est définitivement fini... Je me précipitais aux toilettes pour rendre mon repas de midi.

Sans répondre au message d'Edward...