Merci à Kelewan et Maxine3482 pour leurs reviews :)


-Il y va ?

-Il y va.

-Je te parie qu'il va se dégonfler.

-Non, pas cette fois – il a l'air déterminé et je crois en lui.

-Tu dis juste ça car tu ne veux pas me donner cinq gallions.

-Vraiment ? intervint subitement Howell Fidget. Vous êtes vraiment en train de parier sur ça ?

-Pourquoi pas ? souffla Elwood. On a bien parié sur toi et Elvira, et résultat, je me suis fait quatre noises.

-Je suis pas vraiment bon aux paris, admit Scorpius, avec un sourire modeste.

-Vous aviez parié sur Elvira et moi ? s'exclama Howell. C'est...

-Plus précisément, intervint Elwood. J'avais parié sur 'vous vous remettrez ensemble', et Scorpius sur 'vous resterez loin l'un de l'autre'.

Scorpius le fit taire d'un coup de poing amical dans l'épaule, qui fit quand même grimacer Elwood.

-Ne balance pas tout, souffla-t-il à toute vitesse.

Howell gardait un air abasourdi.

-De toute manière, reprit-il. Elvira et moi, on n'est pas vraiment ensemble, alors...

-C'est pour ça que tu as passé la soirée dans la salle commune de Serpentard, la nuit dernière ? demanda Elwood. Car tu voulais rester loin d'elle ?

-Ferme-la, Elwood. C'est n'importe quoi, vos paris et malsain, souffla Howell, comme révulsé, bien qu'il se laissa tout de même tomber sur la chaise vide, à côté d'eux. Cinq mornilles que c'est Dominique qui lui demande en premier.

-Ça, c'est le genre d'attitude que j'aime, lui dit Elwood en riant.

Au même moment émergeait, de l'autre bout de la salle commune, dont les murs se répandaient sous les échos des voix de l'après-midi de mars, la voix d'Augustus.

-Hé, Dominique, s'exclama celui-ci, dans une approche qui ne lui ressemblait pas – et sa voix se brisa sur les derniers mots.

Celle-ci releva simplement ses grands yeux clairs sur lui, et un sourire apparut naturellement sur ses lèvres teintées de rouge.

-Augustus, répondit-elle d'un air enjoué. Qu'est ce que tu fais ?

-Juste... en train de marcher... dans la salle commune, répondit celui-ci. Et toi ?

Leur discussion fut troublée par le rire d'Elwood, juste à côté de lui, mais immédiatement coupé par un coup de poing, léger, de la part d'Howell – bien que Scorpius se demandait si c'était vraiment par respect envers Augustus. Il y avait un truc spécial qui se produisait, lorsque Dominique parlait – quelque chose qui les prévenait formellement de l'interrompre (quelque chose, aussi, qu'Elwood avait fini par surmonter à force de de traîner chaque jour avec elle) quelque chose de charmant et passionnant à la fois. C'était sûrement dû à son sang de vélane, bien qu'elle n'en avait que très peu – Victoire, sa sœur, qui avait quitté Poudlard l'an dernier maintenant, en avait beaucoup plus qu'elle au point que Scorpius, comme tous les autres, se sentait pousser à se retourner vers elle dans les couloirs.

Et à cet instant même, Scorpius sentait que si quelqu'un interrompait Dominique, le monde allait s'arrêter à son tour. Alors, à côté d'Howell, il gardait l'air grave et captivé, assis dans un coin de la salle.

-Je lis, répondit Dominique, qui semblait amusée maintenant, en lui montrant la couverture de son livre.

-Oh, fit simplement Augustus. Ouais. C'est... C'est quoi, comme livre ?

-Un essai sur la nature raciste de la classification scamanderienne, répondit Dominique.

Il y eut un bref moment de silence.

-Cool, dit alors Augustus.

Et il fit demi-tour. Derrière lui, Dominique échangea un regard avec Ella Gardiner, et se mirent aussitôt à échanger des paroles murmurées dès qu'Augustus fut hors de portée.

-Vous me devez cinq gallions et cinq mornilles, dit alors Elwood.

Mais Scorpius ne l'écoutait pas en fait, il ne détachait pas son regard de Dominique.

-Sérieusement, les gars ? s'exclama Augustus en revenant auprès d'eux, remarquant aussitôt leur regard. Vous avez des copines.

Howell se secoua la tête et parut se renfrogner immédiatement un sourire un peu gêné, pour s'excuser, apparut sur les lèvres de Scorpius.

-Désolé, souffla-t-il en rougissant.

-Je suis un échec, coupa Augustus en se laissant tomber à côté de lui. Je ne pourrais jamais lui demander de sortir avec moi.

-Je peux le faire à ta place, si ça...

-La ferme, Elwood, coupa-t-il sèchement.

-Je dis juste ça comme ça, justifia celui-ci en souriant.

-Ne t'en fais pas, souffla Scorpius. Je suis sûr que tu vas y arriver. Mais là, tout de suite on doit manger.

-Déjà ? s'exclama Howell. Il n'est que onze heures !

Mais Scorpius s'était déjà levé, et Augustus l'imita. Il haussa simplement les épaules, avec un maigre sourire, en s'avançant vers la sortie de la salle commune.

-Attendez, les gars, les retint Howell. Je viens avec vous.

Les couloirs du château étaient emplis d'élèves, ce week-end. À vrai dire, le soleil revenait enfin après quatre longs mois d'hiver. Scorpius ne comprenait pas vraiment – il aimait beaucoup l'hiver.

-Je ne comprends pas ce que les autres ont et pas moi, disait Augustus.

-Pas grand chose, ne t'en fais pas, lui assura Scorpius. Je suis persuadé qu'elle t'aime aussi.

-Tu dis des conneries, Scorpius, répondit-il. C'est impossible – elle m'aurait déjà demandé de sortir avec elle, autrement.

-Peut-être qu'elle attend que toi tu fasses le premier pas, suggéra Howell.

C'est vrai qu'il était un peu tôt pour aller manger la Grande Salle semblait silencieuse et vide, même des marches, qui étaient, elles, pourtant bondées.

-Non, je ne pense pas, soupira alors Augustus. Dominique n'est pas comme ça.

Sa phrase se termina en un grognement de frustration.

-Je suis tellement stupide ! s'exclama-t-il. La classification scamanderienne ! Je connais, ça – j'ai plein de choses à en dire. J'aurais dû... j'aurais pu... je suis vraiment un idiot.

-Tu sais ce que c'est ? souffla Howell à son égard.

Scorpius haussa simplement les épaules.

-Jamais entendu parler, répondit celui-ci. Je ne fais pas Soins aux Créatures Magiques.

-Scorpius !

Il se retourna, et un sourire s'esquissa instinctivement sur son visage alors que Rose s'élançait vers lui, de l'autre côté du Hall, et enroula ses bras autour de son cou attirant, avec elle, les regards des autres élèves autour d'eux, que Scorpius tenta – d'une manière pas très efficace, c'est vrai – de ne pas remarquer.

-Et voilà Rose Weasley... et voici Elvira Holmes, souffla Augustus sur un air profondément abattu, les yeux rivés sur la jeune fille brune et au visage oval, aux vêtements noirs et argentés, dont le visage s'illumina d'un sourire lorsqu'elle aperçut Howell. Et je retourne à ma solitude, et à mon manque d'affection... à plus, Scorpius. On se retrouve dans la Grande Salle, si vous n'oubliez pas de manger.

Rose s'empara de son bras et glissa sa main dans la sienne.

-Qu'est ce qu'il a ? demanda-t-elle, l'air inquiète.

-Il a essayé de demander à Dominique de sortir avec lui, lui expliqua Scorpius. Il s'est dégonflé.

-Oh... souffla Rose. Je vois... Il n'aurait pas dû. Dominique n'arrête pas de parler de lui, aux repas de famille.

Scorpius sourit de nouveau. Il savait qu'Augustus n'aurait pas dû abandonner comme ça, mais il savait aussi qu'ils finiraient par sortir ensemble. Il se laissa entraîner, à la suite de Rose, dans la cour pavée.

Le soleil était pâle et encore un peu froid, c'était vrai, mais il faisait bon et le silence de la cour, dénuée d'élèves, le rassurait par rapport à la masse d'élèves qui se pressait à l'intérieur du château. Ils s'assirent sur un des bancs de pierre.

Et puis Scorpius se dit que s'il avait fait froid, la présence de Rose, à ses côtés, aurait aidé son corps à regagner un peu de chaleur, vu comment elle se pressait contre lui – ce qui ne dérangeait pas Scorpius, même s'il savait pertinemment que c'était un type d'attitude qui énervait beaucoup de monde.

Ils commencèrent juste à parler, à parler et parler encore, et là encore, ça ne le dérangeait pas. En fait, Scorpius aimait parler avec Rose, et être à ses côtés, auprès d'elle, leurs doigts se mêlant et son épaule contre la sienne. Il souriait doucement.

-Et celui au poignet, c'est quand j'ai fait une chute à vélo.

-Tu avais quel âge ? s'exclama-t-il, mi-amusé, mi-inquiet.

-C'était l'an dernier, lui apprit Rose en riant.

-Vraiment ? fit Scorpius, en se joignant à elle.

-Oh, c'est bon, souffla-t-elle. Ce n'est pas si extraordinaire.

-Tu as eu six plâtres en quatorze ans, et trois en cinq ans, Rose ! dit Scorpius. C'est plus que j'en ai jamais eu de toute ma vie !

-C'est pas si grave, dit-elle en roulant des yeux, bien que l'amusement transcendé son regard. Albus est bien pire.

-Vous êtes pas croyables, s'exclama Scorpius. Vous êtes vraiment incorrigibles, tous les deux.

-Oh, laissa échapper Rose, faussement offensée. Je suis incorrigible ?

-Si tu savais à quel point... commença-t-il.

Mais sa voix s'était éteinte au fil de ses mots. Lentement, Rose s'approchait de lui, et puis, elle l'embrassa.

Ce n'était pas la première fois que Scorpius l'embrassait, bien sûr. C'était, par contre, la première fois qu'il l'embrassait avec tant de profondeur. Alors que leurs lèvres se mêlaient, il leva sa main jusqu'à son visage, entremêla ses doigts dans ses cheveux. Il lui parut rester longtemps ainsi il ne savait plus quel air il respirait mais il ne le regrettait aucunement. Enfin, il se recula. Et ils échangèrent un sourire – petit et timide. Scorpius se sentit rougir et baissa le regard. Il ne voulait pas que Rose le voit rougir. Il voulait paraître impressionnant, aussi impressionnant qu'elle l'était, pour une fois.

Et puis les portes de chêne se rouvrirent, pour laisser place aux amis de Rose – Hassie Collins et Silas Gregory. Ils se dirigèrent avec entrain jusqu'au banc où ils étaient assis, et Scorpius se décala pour leur laisser de la place. Il comprenait que maintenant que c'était la fin de leur isolement. C'était sûrement égoïste, mais Scorpius regrettait que Hassie et Silas, qui étaient si bruyants et accablants, les aient rejoints. Il resta assis au rebord du banc, en silence, alors que Rose se joignait à leur conversation.

Il savait qu'il aurait dû leur parler, ou bien même qu'il y avait une époque où il leur aurait parlé. Seulement, maintenant, il ne ressentait pas la force d'entamer une conversation, aussi banale et stupide soit-elle. Scorpius était simplement beaucoup trop en décalage – il se sentait en décalage – pour être placé dans des situations impliquant des interactions sociales.

Et il voyait bien, du coin de l'œil, que son silence dérangeait Rose. Il se sentait mal d'agir comme ça peut-être voulait-elle qu'il soit plus sociable. Mais Scorpius se sentait si mal à l'aise lorsqu'il devait être sociable. C'était comme ça depuis deux ans, maintenant, et ça ne semblait qu'empirer au fil des années.

oOo

Le soleil se couchait sur le lac, et avec lui, le dernier souffle chaud de la journée du fin de mois de mars. De ses années à Poudlard, Scorpius savait que c'était le moment idéal pour être près du lac si on ne voulait pas être entouré d'élèves.

-C'est bientôt l'anniversaire d'Augustus, souffla Scorpius, son regard rivé sur le dos d'Albus qui, de gestes secs du poignet, faisait des ricochets à l'aide de galet à la surface polie de l'eau.

-Je sais, répondit celui-ci.

-Tu sais où il habite ?

-Non, répondit Albus. Je comptais sur Anson – ou sur toi – pour me le dire.

Il s'arrêta, et se retourna vers lui. Il avait retiré son pull, et sa cravate verte et argent ressortait sur sa chemise blanche. Il revint vers lui et se laissa tomber à ses côtés, sur la rive.

-Et donc ? fit Scorpius.

-Anson s'en est chargé.

Il n'ajouta rien d'autre, et replia ses genoux contre sa chemise. Le silence, ça ne lui ressemblait pas, à Albus. Enfin, si... mais qu'avec les autres – pas avec lui pas avec Scorpius. Il ne le quittait pas du regard, les derniers rayons du soleil mourant venant s'éteindre sur son visage. Scorpius resta muet. Il comprenait pourquoi Anson sortait avec lui – il était plutôt mignon, il devait le reconnaître.

Mais bon, c'était sûrement une opinion plus objective qu'autre chose.

-Il y a quelque chose qui ne va pas ? demanda-t-il alors.

-En fait... souffla Albus, et il lui parut que, pendant un moment, il tenta de trouver une excuse. En fait, oui, il y a quelque chose qui ne va pas, Scorpius.

Celui-ci se renfrogna, et se pencha un peu plus vers lui. L'inquiétude le gagnait, à présent.

-Qu'est ce qu'il y a ? C'est à propos d'Anson ?

-Non, coupa Albus. C'est à propos... c'est à propos de toi, en fait – pourquoi tu ne m'as pas dit que tu sortais avec Rose ? J'ai dû demander à Augustus pour en avoir la confirmation.

-Désolé, s'exclama Scorpius. Je ne savais pas qu'il fallait envoyer une carte, ou je-ne-sais-quoi...

C'était certainement plus sarcastique qu'il ne le pensait. Albus devait vraiment déteindre sur lui pour qu'il soit sarcastique sans même en avoir conscience.

-Non, mais au moins que tu me le dises en personne aurait été sympa, reprit Albus. Je croyais qu'on était meilleurs amis, Scorpius, et là, ni toi ni ma cousine ne m'apprend que vous sortez ensemble... je ne sais pas, j'aurais pensé que...

-Tu ne nous avais pas prévenu non plus pour ce qui se passait avec Anson et Carey, coupa Scorpius.

Albus parut abasourdi, et puis la colère, une colère qu'il tentait péniblement d'apaiser, anima son visage.

-Ce n'est absolument pas comparable ! s'exclama-t-il. Ce qui se passe avec Anson... ça ne regarde qu'Anson, même moi je ne m'en mêle pas. Là, je parle de toi et de Rose qui êtes sensés être mes meilleurs amis et qui...

-Tu penses que j'ai le temps ? J'ai simplement oublié de te prévenir, je croyais même l'avoir fait, souffla Scorpius. C'est simplement qu'avec les cours, et tout ce – tout ce qui se passe – je n'ai pas le temps de te parler, en ce moment...

-Tu trouvais toujours le temps de me parler, avant, rétorqua Albus.

-... bien sûr, tu ne peux pas comprendre. Tu ne passes pas plus de deux minutes par jour à réviser.

-Tu te fous de moi ?! s'écria-t-il en se redressant. Tu sais très bien, tout comme moi, que je ne peux pas lire tous les cours qu'on nous donne ! Je prends littéralement cinq heures de plus que tout le monde par semaine pour m'assurer que j'ai bien compris tout ce qu'on avait fait, et tu me dis que... tu penses vraiment que... on a déjà parlé de ça. Je pensais que tu me comprenais, toi !

-Le monde ne tourne pas complètement qu'autour de ta personne, Al'.

Albus resta muet. Scorpius venait de comprendre qu'il était allé trop loin. Il savait aussi qu'il était en tord, et il se sentait mal, maintenant. Il préparait déjà ses excuses, s'apprêtait à ouvrir la bouche, mais Albus le coupait déjà, se relevant :

-Tu sais quoi ? D'accord, j'ai compris. Je vais arrêter de m'en soucier, ce sera plus simple. C'était génial, l'époque où j'avais un meilleur ami. Elle va me manquer.

-Albus, je...

-J'ai vraiment apprécié d'avoir quelque à qui me confier. C'est dommage que tout ça soit parti en fumée à cause de toi.

Il lui sembla voir ses yeux s'embuer alors qu'Albus tournait les talons et s'élançait vers le château. Scorpius se redressa à son tour. Son estomac s'était noué, et il lui paraissait que la silhouette, de plus en plus petite, d'Albus, s'agitait légèrement alors qu'il revenait vers le château.

Il s'en voulait et se sentait nul car si Albus était en train de pleurer par sa faute, il ne se le pardonnerait jamais. Il lui sembla qu'il hésitait, le voyant remonter vers le château. Scorpius était tétanisé. Il ne pouvait pas le laisser partir. Il ne pouvait pas le regarder disparaître au loin comme ça. Soudainement, il se réveilla. Soudainement, Scorpius s'élança à son tour jusqu'à atteindre le château.

-Albus ! s'écria-t-il. Albus ! Attends !

Il atteignit les portes de chêne, les retint juste à temps avant qu'elles ne se referment, et entra dans le Hall d'entrée. Les élèves étaient nombreux, très nombreux provenant de la Grande Salle en une vague ininterrompue. Il se sentit aussitôt écrasé par leur nombreux, compressé par les épaules qui se heurtaient aux siennes, aux coups de pied et de coude qui le repoussaient.

Mais il parvint à se faufiler parmi les groupes d'élève, parmi les première année qui ne lui arrivaient qu'à mi-corps, à présent, et les septième année contre lesquels il ne pouvait que s'effacer.

-Albus ! tenta-t-il d'appeler une nouvelle fois.

Il était à bout de souffle et haletant, au milieu du Hall et il laissa ses mains reposer contre ses genoux. Il sentait la chaleur contre ses joues, aussi.

Scorpius n'aurait certainement pas pu se remettre à courir, alors c'était certainement une bonne chose qu'Albus ait décidé de s'arrêter à ce moment précis. Il se tenait debout en haut des marches de pierre, sur le perron du Hall. Autour de lui, les élèves se résignaient à le contourner, non sans lui adresser des regards méprisants mais il n'y prêtait pas attention. Scorpius, ces regards le dérangeait, mais là encore, ce n'était certainement pas ça qui l'inquiétait le plus.

-Quoi ? s'écria-t-il, en levant les bras d'un air de dépit. Tu as dit tout ce que tu avais à dire.

Scorpius également gênait les autres. Il les sentait l'éviter comme les flots évitent un rocher, il sentait les regards en biais et les murmures de colère. Il se sentait exposé, il était épuisé, il avait trop couru et il ne pouvait pas respirer.

Albus restait en haut des marches à le toiser. Ses yeux étaient humides mais il ne pleurait pas – ou alors il ne pleurait plus.

-Tu devrais partir, maintenant, à moins que...

Mais Scorpius le fit taire en franchissant les derniers mètres qui les séparaient, et en le prenant dans ses bras. C'était simple, il était plus grand que lui, mais, à sa grande surprise, Albus ne protesta pas.

-Je suis désolé, dit-il très vite à son oreille. Je... J'ai été complètement con, et je... Promets moi que plus jamais je ne te dirais ce que je t'ai dit.

Albus le repoussa enfin, et le toisa un moment. L'espace de quelques secondes, Scorpius prit peur – il eut peur qu'il ne le rejette, et au vu du regard qu'il lui adressait, c'était une option tout à fait envisageable.

-La prochaine fois que tu me dis ce que tu viens de me dire, Scorpius, souffla Albus. Je répondrais avec un stupéfix.

Alors, un sourire, maigre, s'esquissa sur les lèvres de Scorpius – et non sans difficulté. Et à sa plus grande joie, Albus le lui rendit.

-Alors... se risqua-t-il enfin. Meilleur ami ?

-Meilleur ami, répondit Albus, en saisissant la main qu'il lui tendait. Même si tu penses que c'est bizarre de lire des bandes-dessinées.

Scorpius prit un air faussement offensé – et ça, c'était sûrement Rose qui déteignait sur lui.

-Ce n'est pas que je trouve ça... bizarre, marmonna-t-il. C'est juste que... ça ne m'a jamais intéressé, d'accord ? Je ne comprends pas comment ça marche.

-Ce n'est pas une question de si ça marche ou pas, s'exclama Albus, en souriant d'un air amusé. C'est des B.D.s, Scorpius ! C'est comme un livre.

-J'ai vu beaucoup de livres dans ma vie et aucun ne ressemblait à ça.

-C'est parce que c'est des B.D.s !

-Mais tu viens de dire que... tenta de rétorquer Scorpius. Oh, et puis, c'est toi qui est bizarre, Albus.

Sa phrase se termina en un rire, et il vit Albus le rejoindre sans hésitation. Autour d'eux, les derniers élèves quitter la Grande Salle, et le silence retomber sur le Hall tandis que la lune se faisait plus brillante, au loin.

-Merci, répondit celui-ci avec hésitation, un sourire se dessinant sur ses lèvres.

Alors, à son tour, Scorpius lui sourit.


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