Bonjour, bonjour! Après quelques semaines de retard, voila enfin la troisième et dernière partie de ce chapitre 32... Merci beaucoup à Isa pour son aide précieuse pour la rédaction de ces chapitres! Certains mots sont les siens pour palier à mes difficultés de paragraphes blancs. Encore merci! Et merci également à mes Béta!
Je m'excuse aussi pour ne pas avoir pris le temps de répondre aux quelques commentaires, mais c'est toujours avec plaisir que je lis vos avis! Promis je me rattrape pour ce chapitre!
A bientôt...
En l'espace de quelques minutes, Léo appris les raisons de ma présence auprès de lui en cette chaude soirée de début d'été. Les différentes hypothèses de Marcus concernant leur appartenance à l'espèce des modificateurs et non des loups garous, je le gardais cependant pour moi. Sans avoir de certitudes à ce sujet, il m'était impossible de lui dire quoi que ce soit.
- Et me voila… Je suis désolée Léo, je ne suis revenue que par intérêt, pour te demander de m'accompagner et pas parce que je me sens prête à assumer mes sentiments.
Son étreinte se resserra autour de mes épaules et bien que ce ne soit pas désagréable, je me sentais un peu prisonnière, mais je me gardai bien de dire quoi que ce soit.
- Ton créateur à raison, tout comme Démétri ! Quelques soient les risques, je te veux auprès de moi ! Mais jamais je ne te forcerai ! Prends le temps qu'il te faut, je t'attendrai.
- Léo…
En entendant les jumeaux sortir de la maison en bavardant plus fort que nécessaire, j'interrompis ma phrase et me séparais de l'étreinte de Léo pour me tourner dans leur direction. Tout les deux portaient un sac à dos à l'épaule et affichaient un grand sourire en marchant dans notre direction. Ils me semblaient prêts à partir.
Mon regard se posa alors sur Benjamin. Matt semblait tout à fait rattacher à ma cause alors qu'il subsistait quelques doutes chez mon second fils. Il me fallait absolument tenter de le convaincre par tous les moyens en ma possession.
- Tu as ton permis ? Lui demandai-je en souriant.
- Bien sur ! Me répondit-il en levant les yeux au ciel comme si c'était une évidence.
- Parfait ! Tu vas pouvoir nous conduire jusqu'à Orly !
Un magnifique sourire, qu'il ne pu retenir, apparu sur ses lèvres. Il attrapa habilement les clefs que je lui lançais d'un geste rapide avant de pousser son frère pour monter à bord. Matt me fis un clin d'œil complice et je compris que j'avais marqué des points.
Regardant une dernière fois Léo pour lui dire au revoir, je me laissais surprendre par le baiser qu'il déposa sur mon front.
- Soit prudente !
- Je reviendrai ! Je t'en fais la promesse !
Nos mains se séparèrent à regret, tout comme nos regards, alors que j'allais rejoindre les garçons pour partir. Benjamin fit ronfler le moteur de la Porsch et démarra alors que nous faisions tous les trois signes à Léo… Qu'il était difficile de le quitter ! De le laisser seul ici ! Je ruminai mes regrets et les mots que j'aurais du utiliser pour le convaincre alors que nos fils s'extasiaient sur le confort et les aptitudes de ma voiture. En les voyant rouler des mécaniques et sourire aux demoiselles de la voiture voisine, alors que nous roulions au ralenti dans les bouchons, je ne pus m'empêcher de rire et retrouvais aussitôt un soupçon de bonne humeur. Il me semblait revoir Léo au travers de leurs intonations de voix, de leurs mimiques et de leurs yeux bleus…
L'aéroport d'Orly n'avait plus rien de semblable à celui de mes souvenirs. Tant de modifications en l'espace de deux décennies me semblaient impossibles. Avaient-ils rasé l'ensemble des bâtiments pour tout reconstruire à neuf ? Je ne reconnaissais absolument rien et y perdait mon sens de l'orientation malgré les nombreux panneaux d'affichages. Mes capacités vampiriques me semblaient soudain bien inutiles au milieu de ce labyrinthe. Et plus difficile encore, ma lutte, contre toutes ses fragrances attirantes de la foule qui peuplait les galeries. En me forçant à bloquer ma respiration, je me laissai guider par les jumeaux, qui avaient compris mon trouble d'un seul regard. Matt avait saisi ma main alors que Benji se chargeait de ma valise. La honte me submergeait… Le rôle d'une mère était de montrer l'exemple et pas de se reposer ainsi sur ses enfants. Pourtant je me sentais bien incapable de prendre les choses en main. Perdu dans les ténèbres de ma soif, j'entendis à peine la conversation de mes fils et ne pus y participer activement.
- Benji ? Tu veux l'accompagner dehors ?
- Tu crois ?
- Oui, ça devient urgent je pense… Et même si ce n'est pas le cas, je préfère ne pas tenter le diable. Tu es d'accord mam… Fanely ?
Je compris soudain qu'il s'adressait à moi et trouvais une minuscule parcelle de volonté pour lui répondre.
- Oui… Prendre l'air me fera le plus grand bien, dis-je en tentant de garder une voix claire pour rassurer les gens qui commençaient à me regarder étrangement. Inutile de faire paniquer les voyageurs et les hôtesses, qui ne manqueraient pas d'appeler un médecin pour me faire examiner. J'imaginais déjà les réactions de stupeur devant mon absence de mouvement cardiaque…
- Je m'occupe des billets et de l'enregistrement de nos bagages. Je vous retrouve des que c'est fait ! Continua Matt d'une voix emprunte de calme.
Benji semblait inquiet et je le comprenais parfaitement, pourtant il oublia ses craintes et m'entraina loin de son frère en direction d'une issue vers l'air libre. Sa main refermée sur mon bras n'avait rien de tendre et tremblait légèrement.
- Ca va aller ? me demanda-il alors que nous cherchions une sortie vers tarmac.
Je lui répondis d'un signe de tête, pour ne pas avoir à respirer à nouveau les effluves de la foule.
Quelques minutes plus tard nous nous retrouvions sur une terrasse de l'aéroport, presque déserte à cette heure tardive de la soirée. Seul un couple d'amoureux échangeait un baiser passionné le long de la rambarde opposée, tandis qu'un vieil homme à barbe grise fumait tranquillement sa gitane, assis en équilibre sur deux pieds de sa chaise et les jambes reposant sur une table. Il nous adressa un rapide « Bonsoir » en me reluquant sans gêne.
- Tu ne veux pas venir toucher aussi, vieux pervers ! S'énerva Benjamin en constatant qu'il ne détournait pas le regard.
La carrure et le ton mauvais de mon fils dû l'impressionner car il retourna aussitôt à la lecture de son magasine de charme.
- Merci, chuchotai-je.
- De rien…
Je sortis peu à peu de l'état hermétique dans lequel je m'étais plongé depuis trente minutes, retrouvant petit à petit les effluves du monde qui m'entourait. Au delà des odeurs de kérosène, de pneus, de saucisses grillées, de fumée de cigarette et de sang humain, je discernais facilement le parfum et la présence de Benji qui restait silencieux à mes cotés. Sa présence, distante mais réconfortante, me permettait d'occulter tout le reste.
Mes fils dont les odeurs n'avaient rien de comparable avec leur père… Léo… Tout mon corps se rappelait cet atroce mélange de senteurs de chien mouillé mélangé aux feuilles mortes des sous bois en décomposition, que j'apprenais à supporter peu à peu. Après son sang qui m'avait attiré à Culdaff, cette odeur restait l'un des plus gros obstacles qui m'éloignait de lui, rendant sa présence à mes cotés difficilement supportable plus de quelques minutes. Par chance, mes deux fils, qui pourtant étaient des loups eux aussi, ne sentaient pas de la même manière. Bien que leurs odeurs soient également désagréables, il m'était nettement plus facile de les tolérer. Peut être parcqu'ils restaient en eux une partie de moi ? Je ne trouvais pas d'autres explications qui puissent justifier une telle différence entre les jumeaux et leur père.
- Tout va bien ? Me demanda Benji, angoissé sans doute de me voir perdu ainsi dans mes pensées.
- Pardon, excuse-moi ! Je me suis laissée aller à mes souvenirs et à divers questionnement… Mais pour répondre à ta question, oui ça va. Parfaitement même ! Et toi ? Je te vois envoyer des sms depuis tout à l'heure, y aurait-il un problème ?
Un petit sourire en coin détendit son visage crispé.
- Maëlyne fait une petite crise de jalousie.
- Maëlyne ? Demandai-je curieuse en devinant pourtant qu'il me parlait de sa petite amie.
- Ma copine…
Mon fils paraissait embêté de m'en parler, pourtant il n'y avait rien de mal. Les relations amoureuses étaient tout à fait de son âge pour que je ne m'en inquiète pas.
- Enfin… Un peu plus que ça d'ailleurs. Elle est mon imprégnée…
Je restais interdite face à cette révélation pendant quelques secondes alors qu'il poursuivait.
- Mais elle ne sait pas encore pour ma particularité et je ne peux donc pas lui avouer que nous sommes liés pour toute notre vie. J'ai beau lui dire que c'est pour un truc hyper important que je ne peux pas la voir ce soir, elle est persuadée que je suis avec une autre fille !
- Elle est simplement inquiète pour toi. Je suppose que tu lui as dis que tu partais pour les états unis et comme ce n'était absolument pas au programme de votre fin de semaine, elle se pose des questions. Rassure là et ouvre-lui ton cœur. Au pire accuse ton père, plaisantai-je, je suis certaine qu'il te pardonnera ce petit mensonge.
- Tu crois que ça pourrait calmer ses doutes ?
- Tu ne risques rien à essayer.
Benjamin replongea dans sa conversation électronique et je cherchai un nouveau sujet de discussion pour ne pas laisser le silence s'installer. J'hésitais à lui ouvrir mon cœur. Il semblait avoir du mal à tolérer la situation et mon existence vampirique. Accepterait-il que je lui parle ouvertement ? N'allais-je pas l'effrayer en agissant de la sorte ? Mais après tout, qu'avais-je à perdre ? Rien, si ce n'est qu'il me rejette une nouvelle fois…
- Je sais que toute cette histoire est compliquée, mais je voulai te dire que je suis vraiment heureuse de vous avoir retrouvé. Léo, ton frère et toi…Vous m'avez tellement manqué ! Jamais je n'ai cru qu'un rapprochement soit possible entre nous. Je voulai vous protéger de loin, c'est la seule chose que j'avais envisagé.
Il releva le nez de son écran, encore allumé par la réception d'une énième sms, et nos regards se croisèrent.
-J'ai moi-même eu du mal à y croire. Quand papa nous à annoncé que tu étais un vampire, je n'ai vu en toi que le monstre buveur de sang et pas ma mère. Et même encore maintenant… Tu as beau te nourrir différemment des autres membres de ta race, mon instinct me pousse au combat.
Il baissa alors la tête pour regarder ses pieds, qui traçaient des sillons dans les graviers blancs de la terrasse.
- C'est normal, le rassurai-je, bien que je n'ai pas vraiment envie de finir ma vie dans tes crocs, je ne peux pas t'en vouloir de ressentir cette haine à mon égard. Tu es un loup Quileute, plus encore que mon fils, même si j'aurai préféré que ce destin vous soit épargné à ton frère et toi. Ta réaction n'est pas tellement éloignée de celle que j'avais pu envisager avant de revenir. Je suis un monstre et par ma seule existence je suis un danger pour ton père, pour Matt, pour toi et pour tous les humains qui croisent ma route. Ne te blâme pas pour ce que tu peux ressentir aujourd'hui Benjamin. Je suis fière de toi, des valeurs que tu as acquises et de l'homme que tu es devenu.
Il redressa la tête et inconsciemment son regard me fuyait, sans doute légèrement mal à l'aise par le compliment qu'il venait de recevoir. Quand ses yeux croisèrent à nouveau les miens, je pus cependant voir un éclat de fierté dans la profondeur de ses iris.
- Dans tes journaux, tu parles essentiellement de tes sentiments et c'est ainsi que j'ai compris que je devais te laisser une chance de me prouver ta différence. Pourtant, j'ai des tonnes de questions à te poser !
Son intérêt ne me surpris pas vraiment et je m'attendais à devoir avoir ce genre de discussion à un moment ou a un autre. Pourtant l'angoisse montait le long de mon ventre même si j'avais le sentiment de connaitre ses questions avant même qu'il ne commence à parler.
- Nous avons un peu de temps devant nous avant le décollage. Je t'écoute, que veux-tu savoir ?
Matt nous avais rejoints alors que je terminai ma phrase, et il comprit aussitôt dans quelle direction partait la discussion que j'entretenais avec son jumeau. En voyant que le portable de Benjamin s'éclairait à nouveau, suite à la réception d'un texto de Maëlyne, il prit l'initiative de la première question.
- Peux-tu nous parler de toi ? De ta rencontre avec papa ?
Un léger sourire se dessina sur mes lèvres en repensant à ses moments de pur bonheur, mais je ne pu m'empêcher de baisser les yeux lorsque j'ouvris la bouche pour répondre à Matt. Ces souvenirs appartenaient à notre jardin secret à Léo et moi, et même si nous n'avions absolument rien à cacher, partager ce genre de choses avec mes fils m'embarrassait un peu.
- Cette histoire remonte à quatre ans avant votre naissance. Je venais de trouver un poste dans un hôpital parisien depuis quelques mois, juste à la sortie de mon école d'infirmière, quand votre père est arrivé dans le service. Un patient turbulent je peux vous l'assurer.
Emportés par le flot de mes souvenirs qui se réveillait peu à peu, je leur racontait notre coup de foudre, nos premiers rendez-vous, les âneries de leur père pour me faire rire… J'en arrivais au jour de l'annonce de ma grossesse, notre joie et nos craintes, Alice puis Démétri, notre fuite vers la Push.
- La suite je crois que vous la connaissez…
Matt me regardait, buvant mes paroles tandis que Benji faisait semblant de se désintéresser de la conversation, pourtant l'écran de son téléphone ne brillait plus, signe qu'il écoutait avec attention.
- Et tu regrettes ? Continua-t- il.
- Oui bien sur… Je ne peux que regretter ces moments de ma vie d'humaine. Ces souvenirs sont ce que j'ai de plus précieux, après vous.
- Et ta vie de vampire, cette condition comment fais-tu pour la supporter ?
- J'ai appris à vivre en tant que vampire, tout en gardant mon humanité au plus grand dam de certain... Mais malgré les sacrifices que j'ai dû subir et qui m'ont brisé l'âme, j'ai appris tant de choses, pus en comprendre tant d'autres, découvrir et maitriser mon don aussi. Je ne peux pas renier cette partie de moi qui me permet de pouvoir être auprès de vous aujourd'hui.
- J'ai du mal à comprendre la décision que tu as prise. Demanda Benjamin d'une voix dure. Papa aurait été parfaitement capable de te protéger contre les vampires, pourquoi as-tu choisi de… te tuer ?
Cette question directe fit remonter une foule de remords, puis de regrets, et je pris quelques secondes de réflexion avant de lui répondre.
- Tu dois me trouver bien faible pour avoir envisagé le suicide comme échappatoire à l'avenir difficile qui m'attendait, pourtant mon créateur trouve que ce choix est une preuve de ma force et de ma volonté. J'ignore qu'elle est la bonne description de mon acte… mais je sais que j'ai pris cette fatale décision pour vous protéger de ceux qui voulaient me transformer. Alice et Léo savaient que mes poursuivants seraient de féroces adversaires mais ils ignoraient à quel point. Ces vampires ont envoyé une humaine jusqu'à Forks et à la maternité de Port Angeles pour me rappeler que ma vie d'humaine allait se terminer quelques jours après votre naissance. Léo n'a pas pu détecter sa présence et j'ai gardé pour moi le secret pour ne pas vous mettre en danger. Si j'avais résisté, ils vous auraient torturé jusqu'à ce que je cède et connaissant leur immense cruauté, votre vie n'aurait pas été plus épargnée par ma soumission. La mort de ceux qui comptait à mes yeux pour me faire payer ma résistance.
- Tu exagères un peu quand tu parles ainsi !
Matt lança alors un regard noir à son frère, désapprouvant sa remarque. Mais je ne me laissai pas affaiblir pour si peu.
- Absolument pas ! Si tu as lu mon journal intime, tu sais ce dont ils sont capables et je crois que mes mots sont encore bien en dessous de la réalité.
- Mais qui sont-ils exactement ? Papa ne semblait pas savoir grand-chose à leur sujet.
- Les Volturi ? Ce sont les rois des vampires ! Ils règnent sur notre race depuis près de trois millénaires et leur cruauté n'a d'égal que leur imagination. Aro, Caius et Marcus sont entourés de toute une garde royale de vampires entrainés au combat et dont les pouvoirs sont bien plus dangereux que le mien. Ils sont les lois et personne ne peux leur désobéir sans en payer le prix. J'en ai moi-même fait la douloureuse expérience.
- Jane et Alec c'est bien ça ?
- En effet… Les ténébreux jumeaux. Quatre ans entre leurs mains tortionnaires m'ont paru durer plus d'une éternité. Jane, la gentille blondinette, est capable de te faire endurer milles souffrances d'un simple regard alors que son frère te plonge dans le néant, comme si ton corps se paralysait et que seule ta conscience survivait à cette perte de sens. Et ce qui les amusait le plus était de me laisser des jours et des jours sans boire une goutte de sang, pour réveiller ma haine et mes noirs instincts.
Un silence pesant s'installa alors, mais je n'eus pas la force de le briser. Par chance Benjamin semblait curieux même si je sentais de l'aigreur dans ses mots.
- Tu as tué beaucoup d'humains ?
- Je le crains oui…Pendant quatre ans, les jumeaux ont joué à la marionnette avec moi, tout comme avec la vie de nombreux humains. J'ignore le nombre de fois où j'ai pu donner la mort, si c'est vraiment ce que tu veux savoir ! Cela arrivait sans que je ne m'en rende compte, poussée par la soif incontrôlable que je ressentais après chaque période de diète. Mais à chaque fois je me suis détestée et maudite pour être ce monstre assassin et buveur de sang. Mes regrets ne peuvent excuser mes actes, je le sais bien, mais il me faut vivre avec pour ne pas perdre la raison. Et puis Marcus m'a sauvé la vie… Pas uniquement au sens propre du terme d'ailleurs. En m'autorisant à chasser les animaux il a donné un nouveau sens à mon existence de vampire. Je ne me suis plus nourrit de sang humain depuis quatorze ans, et pour cette raison je lui dois beaucoup.
- Est-ce donc par allégeance envers lui que tu es restée auprès de ce clan ? Pour cette raison que tu n'as pas pris la fuite ?
- En grande partie c'est vrai. Et puis, où serais-je allée ? Sans l'aide de Démétri, je serais sans doute devenue une vampire nomade sans grands scrupules, vivant au jour le jour et me nourrissant sans mesures des humains qui croiseraient ma route.
- Ce Démétri… il est quoi pour toi ?
- Un ami… Nous sommes devenus très proches durant toutes ces années. Et un jour j'ai crue que je pourrais lui donner bien plus que de l'amitié, qu'il était pour moi possible de refaire ma vie, d'oublier Léo. Mais je me trompais, je n'ai jamais pu lui donner autre chose que l'amour d'une sœur pour son frère. Démétri a toujours été là pour moi, il est la seule personne sur qui je peux compter dans l'enceinte du palais des Volturi, à l'exception de Marcus.
- Tu aurais pu rejoindre le clan… comment les appelez vous déjà ? Les Cullen ?
- Oui, c'est bien leur nom. Mais jamais je ne m'y serai risquée.
- Mais pourquoi ?
- Alice me croyait morte et puis il y avait votre sœur... Bella ! J'ai su, depuis les premiers mois de ma grossesse, que ma fille deviendrait la femme de l'un des leur. Son bonheur ne faisait aucun doute et jamais je n'aurais mis cet avenir en péril. Les choses sont différentes aujourd'hui et même les révélations que nous nous apprêtons à faire ne changeront en rien le cours de l'histoire, elles allégeront simplement nos consciences.
Notre discussion prit brusquement fin, perturbée par l'annonce de l'embarquement.
- Je vais m'installer dans la soute. Les risques seront moindres et il me sera plus aisé de supporter ce voyage.
Les garçons acquiescèrent et m'emmenèrent dans un coin de la terrasse à présent totalement déserte pour que je puisse disparaître à l'abri des regards. Les abandonnant ainsi, je me glissai entre la foule et les barrières pour monter discrètement dans la partie basse de l'avion.
