Disclaimer: Je ne possède ni Once upon a time ni aucun de ses personnages. J'ai uniquement utilisé les prémices de la série pour distraire mes lecteurs.
35. Quatre-vingt-seizième soir : Robin
Il ne comprenait pas. Pas entièrement. Ou alors si, mais il essayait de se convaincre qu'il ne comprenait rien.
Elle n'avait rien laissé paraitre. Pas une seule fois. Il pensait que tout allait bien, qu'ils étaient au moins modérément heureux, qu'il avait réussi à protéger sa famille.
Il avait eu tort.
Quand Marian rentra du travail ce jour-là, elle ne prononça pas un seul mot avant de sortir un sac de voyage d'un sachet en papier et de commencer à le remplir de vêtements, les larmes aux yeux.
Il avait essayé de la raisonner. 'Pourquoi nous laisses-tu ?' avait-il demandé sans relâche. Elle répétait juste qu'elle partait et se libérait du mariage malheureux que leur relation était devenue.
Il ne comprenait pas.
Quand Marian mentionna Regina, lui disant qu'elle savait ce qui s'était passé, qu'il était tombé amoureux d'une autre femme, il essaya de lui faire comprendre qu'il l'avait choisie elle, que ça devait vouloir dire quelque chose.
Marian, d'habitude si douce et gentille, l'avait fusillé du regard et hurlé si fort que Roland commença à pleurer. « Comme tu es égoïste pour choisir une autre femme que celle dont tu es toujours amoureux, et de le lui balancer en pleine figure tout en continuant à la désirer ! »
Il avait nié tout en bloc avec toute la force qu'il pouvait conjurer.
Mais Marian avait entendu parler de son affrontement d'avec Jefferson. Et comment pouvait-il nier toujours aimer Regina, si fort que ça lui perçait les entrailles de la voir avec un autre homme alors que lui-même avait choisi une autre femme ?
Alors, il avait laissé son épouse partir.
Elle partit avec un regard par-dessus son épaule, un petit sourire triste, et un 'Je ne te hais pas, tu sais' avant de fermer la porte derrière elle. S'il avait bien compris, elle partait vivre chez une collègue, Imelda, en attendant de trouver où habiter.
Il décida que des larmes ne seraient pas productives, que des cris ne seraient pas appréciables, et que les meubles devaient rester en un seul morceau. Même si cela faisait affreusement mal.
Il avait perdu Marian une fois auparavant. Il se souvenait du vide dans sa poitrine, comme si la moitié de lui-même avait été arrachée. Il avait alors pensé que si elle revenait, cette moitié repousserait.
Mais il avait eu tellement tort.
L'autre moitié de lui-même, il l'avait rencontrée durant toutes ces années sans sa femme.
Il l'avait rencontrée pour la première fois en la sauvant d'un singe volant puis une seconde fois en la visant d'une flèche à la ferme de sa sœur.
Qu'est-ce qu'il allait faire maintenant ? Retrouver Regina, la queue entre les jambes, la supplier de lui pardonner maintenant que Marian était partie ? Ce n'est pas correct.
Il devait lui faire ses excuses d'abord. Et si cela lui prenait un an entier pour retrouver sa confiance, eh bien ainsi soit-il.
Dans son for intérieur, il savait que Marian avait été la plus courageuse en le quittant.
Il avait été lâche au point de ne pas prendre ses responsabilités.
Un lâche.
Pas plus courageux que quand il n'avait été qu'un maigre voleur dans la forêt de Sherwood.
Cela prit plusieurs minutes pour que Robin se rende compte que les pleurs de Roland avaient cessé, et encore plus longtemps pour qu'il réalise que son fils avait disparu.
La panique remplaça l'étrange sensation de soulagement qui commençait à chasser la douleur de son cœur.
Il cria son nom dans la pièce, puis dans le café entier.
Où était Roland ?
Son premier instinct fut d'aller à l'appartement des Charmings. Si Roland avait disparu, David et sa famille étaient les premières personnes à qui il aurait pensé.
Ce fut Emma qui ouvrit la porte.
« Robin ? Quelque chose est arrivé ? »
Il acquiesça violemment de la tête. « Roland a disparu. »
La Sauveuse ouvrit la bouche comme pour poser une question pertinente, puis la ferma, en choisissant une autre. « Il est parti de son plein gré ou pas ? »
« Je pense que oui. »
Elle hocha la tête, puis regarda par-dessus son épaule.
Killian arriva et plaça son crochet sur l'épaule de la princesse en lui souriant. « Je m'en occupe mon amour. Retourne auprès de tes parents. »
Elle acquiesça et rentra dans l'appartement, laissant les deux hommes seuls.
Robin regarda le pirate, le suppliant silencieusement de faire quelque chose.
Killian se gratta l'oreille, ce qu'il semblait faire quand il n'était pas à son aise. « Qu'est-ce qui s'est passé mon pote ? »
Robin soupira. « Marian m'a quitté. »
Le pirate leva les yeux au ciel. « Enfin l'un d'entre vous fait ce qu'il faut faire ! Sans vouloir t'offenser mon pote, ça aurait dû être fait il y a belle lurette ! »
Robin écarquilla les yeux. « Vraiment ? Tu le penses ? »
« Et toi aussi, si tu y penses assez longtemps. Alors, ton gamin est parti pourquoi ? »
« Je pense qu'il a eu peur. Sa mère et moi…nous…avons beaucoup crié. Il n'en a pas l'habitude. »
Killian acquiesça. « Où crois-tu qu'il est allé ? »
Robin réfléchit rapidement. « J'aurais dit John ou Tuck, mais ils sont tous les deux au café et je l'ai vu nulle part. »
« Quelqu'un d'autre ? » Il y avait un sourire moqueur sur les lèvres du capitaine, comme s'il détenait un secret que Robin devait déchiffrer seul.
Qui d'autre ? Henry, peut-être, mais il n'était pas ici…
Il regarda Killian, et soudainement eut une idée. « Regina… »
Killian lui tapota l'épaule. « C'est le destin, mon pote. Va chercher ton garçon. »
Robin le remercia d'un signe de tête et descendit les escaliers en vitesse, ne ratant pas la voix de Snow qui demandait ce qu'il se passait ni celle de Killian qui répondait que Robin était finalement revenu à la réalité.
Il n'était pas certain que ce soit entièrement le cas…
Il courut tout le long de l'artère principale de la ville vers la grande maison blanche, son cœur battant la chamade dans sa poitrine.
Ce serait la première fois qu'il la verrait depuis qu'il était libre de l'aimer de nouveau.
Mais bizarrement, même cette idée ne le contentait pas. C'était plutôt le remords qui l'envahissait. Il savait depuis longtemps qu'il ressentirait ces regrets dès qu'il penserait à Marian, mais là, c'était encore pire. De penser qu'elle avait dû le quitter parce qu'ils étaient devenus malheureux…ça le rongeait de l'intérieur.
Il activa la sonnette, mais ne put pas attendre qu'elle l'entende. Alors ses poings frappèrent sur la porte également. Est-ce que Roland était là ? Ou était-il perdu dans le froid ? Peut-être que Thea l'avait pris ?
Il n'eut pas le temps de réfléchir à pire avant que la porte ne s'ouvre.
Son regard tomba sur Regina, s'élargissant en la voyant.
Elle portait une chemise de nuit. Elle avait donc été sur le point d'aller se coucher.
Roland n'était pas là.
Un poids lui tomba sur le cœur, mais il devait quand même lui poser la question.
Juste pour être sûr.
« Regina, je suis désolé de te déranger, mais- »
Elle leva les mains pour l'interrompre, et il y eut un éclair d'espoir dans la poitrine de Robin juste avant qu'elle ne dise « Il est ici. »
Elle s'écarta, révélant Roland derrière elle, sa petite bouille baissée en signe de honte.
Il n'y réfléchit pas à deux fois et prit son fils dans ses bras, en le serrant aussi fort qu'il pût. « Merci Seigneur ! Pourquoi es-tu parti ? »
Il pouvait sentir que son fils allait pleurer. « Je…je- »
Regina répondit pour lui en croisant les bras. « Il était en état de choc. Comme n'importe quel autre enfant dans sa situation. »
Il croisa son regard, et pendant un instant, il crut qu'elle était en colère que Marian l'avait quitté. Il trouva cela étrange qu'elle ne se sente pas libre…de l'aimer une fois encore.
Alors, il la salua de la tête. « Merci de t'être occupée de lui. »
Elle fit le même geste. « Toujours. Tu le sais. » Oh oui, il le savait. Il savait que son fils était aimé dans cette maison. Il le savait.
Elle lui rendit la veste de Roland, et il faillit dire 'Je suis heureux de te voir.' Mais il n'avait pas le droit de dire ça.
Alors il se retourna pour partir et la laisser tranquille. Pour l'instant. Jusqu'à ce que son sang arrête de bouillir et que ses pensées arrêtent de lui faire mal. « Bonne nuit, Regina. »
Il entendit son faible « Bonne nuit Robin » alors qu'ils partaient.
Roland ne prononça pas un mot sur le chemin du retour. Robin pouvait sentir sa chemise mouillée de larmes, mais il caressait sans s'arrêter les cheveux de son fils en murmurant 'Je suis désolé, petit homme'.
Quand il déposa enfin Roland sur le canapé de leur chambre, le petit garçon renifla et regarda son père avec de grands yeux rougis. « Gina a dit que je pourrais vivre avec Maman et toi. Comme Henry. »
Robin écarquilla les yeux. Regina avait discuté avec Roland de ça ? Pourquoi ? Elle n'avait aucune obligation de le faire !
Mais en même temps, elle était probablement la mieux placée pour parler de parents séparés, avec son fils…et sa connaissance de l'époque qu'il lui manquait encore parfois.
Alors il hocha la tête en souriant. « Bien sûr que tu pourras. »
Roland essaya de sourire aussi, et Robin fondit.
Plus tard, alors qu'il bordait son fils après une conversation d'homme à homme à propos des sentiments amoureux – une conversation qu'il espérait ne plus avoir vu combien les questions de Roland avaient été compliquées – Robin regarda son fils enlacer sa peluche singe, celle que Regina lui avait donné il y avait si longtemps dans la Forêt Enchantée et qui était arrivée avec eux pendant la seconde malédiction.
Un sourire apparut sur les lèvres de Roland, et il regarda son père. « Regina a un bébé en elle. »
Robin sentit son cœur se serrer à cette idée. Il avait presque oublié. Regina n'était plus sienne désormais. « Je sais. »
« Elle m'a laissé écouter le bébé. J'ai mis ma tête sur son ventre et j'ai entendu son cœur. »
Robin écarquilla les yeux. Son cœur ? Si tôt ? Non, cela ne se pouvait… « Tu es sûr ? »
« Oui ! Elle avait un ventre comme les dames que Maman aide à l'hôpital. Mais en plus petit. »
« Quoi ? » Robin réfléchissait. Regina avait un petit ventre ? Il ne l'avait pas remarqué ! Comment avait-il pu ne pas le remarquer ? Est-ce que ça voulait dire- ? « Quelle taille avait son ventre, petit homme ? »
« Comme ça ! » Roland rit en formant une petite courbe au-dessus de son propre ventre.
Robin hoqueta de surprise et se laissa tomber sur son propre lit.
Impossible.
Impossible.
Impossible ?
