Juste un petit rappel du rating, qui désormais ne s'applique plus seulement pour la violence...


Elena ne s'étant pas senti le courage de retourner dans ses quartiers, Evan avait réquisitionné la chambre libre la plus proche de la sienne – récoltant au passage un sourire entendu d'Elizabeth – puis était gentiment allé chercher à son amie des vêtements pour la nuit. Les raisons de ce déménagement temporaire furent plus évidentes pour Evan lorsqu'il fut dans ladite pièce. Rien n'avait été touché depuis qu'Elena y avait été pour la dernière fois battue, et en passant devant la salle de bain, les traces de sang qu'il avait pu voir sur le sol lui avaient donné la nausée.

La jeune femme ne sembla remarquer son retour que lorsqu'il lui arracha un sursaut en s'asseyant à ses côtés, prenant entre les siennes la main dont elle redessinait inconsciemment du bout des doigts les traces rouges que la poigne d'Elliot avait imprimé.

- Elena ? Est-ce que ça va ?

- Tu peux...Tu peux m'aider...à me lever ?, balbutia-t-elle, le regard fixé sur leurs mains liées

- Oui, bien sûr

Le Major reprit le sac qu'il avait posé au pied du lit, puis aida la jeune femme à se diriger vers la salle de bain, passant un bras autour de sa taille et l'autre serrant sa main avec sans doute plus de fermeté que nécessaire. Tandis qu'il posait le sac sur une étagère, Elena se posta devant l'évier et passa précautionneusement ses doigts sur les plaies de son visage. Evan lui tendit sa brosse à dents et son tube de dentifrice pour la distraire, ce qui lui valut un petit sourire.

Sa toilette terminée, le militaire se recula de plusieurs pas et fixa son regard sur les dalles où reposaient les pieds nus de son amie.

Néanmoins, lorsqu'il vit sa veste tomber sur cette même partie du sol, puis l'entendit déboucler sa ceinture, il ne put s'empêcher de lever le regard. Une douce chaleur l'envahit lorsque, après que son pantalon soit tombé au sol auprès de ses collègues, il détailla les fines jambes qui tremblaient légèrement sous la fatigue, ainsi que les cuisses et les hanches pleines. Les battements de son cœur devinrent effrénés quand les longs doigts d'Elena s'emparèrent des pans de son sous-vêtement pour révéler ses petites fesses rebondies.

Il porta une main devenue moite de ses contemplations à son début d'érection, dont il tenta d'une pression de sa paume de diminuer la chaleur et l'engorgement sanguin qu'il pouvait sentir à travers les tissus. Il désirait tant glisser ses doigts sur cette peau, la couvrir de baisers aussi ardents que le feu qui le faisait brûler de passion, en goûter son odeur et l'imprégner sur ses lèvres, sa langue...La vision de la courbe ronde d'un sein libéré de son fin morceau de dentelle eut raison de lui.

Il s'approcha de la jeune femme tel un félin et toucha son omoplate du bout des doigts. Elena sursauta et trembla en même temps et couvrit instinctivement sa poitrine de ses bras. Puis elle resta complètement immobile, mise à part pour les légers soubresauts que les caresses d'Evan lui procuraient. Jouissif de son accord silencieux, le jeune homme poursuivit en dégageant les longs cheveux bruns de son cou. Il y passa rapidement le bout des ongles, avant de finalement y placer ses lèvres, déposant jusqu'au creux de son oreille de courts baisers aussi chatouilleux qu'une plume.

- Tu es si belle, souffla-t-il alors que la main qui ne tenait pas ses cheveux descendait caresser ses flans

- Ouais, avec mes bleus et mon visage défiguré, j'ai vraiment l'air d'une princesse, haleta sarcastiquement la linguiste

- Je te trouvais belle bien avant que tes blessures n'apparaissent, Elena

- Comment fais-tu...pour ne pas être écoeuré en me regardant ?

- Je n'ai pas de raison de l'être

La linguiste se tourna dans ses bras, et, avec une lenteur des plus sensuelles, dégagea ses mains de sa poitrine pour les poser sur la veste entrouverte du militaire. Les prunelles d'Evan firent un bref détour sur les aréoles brunes de ses seins avant de les plonger dans celles brillantes d'Elena. Puis il plaça les mains de la jeune femme sur sa fermeture éclair, et ensemble, ils le débarrassèrent de sa veste. Entremêlant leurs doigts, Evan fit passer ceux de son amie sur le tissu de son T-shirt, lui permettant d'y distinguer la forme de ses muscles, ainsi que la chaîne où pendaient ses plaques.

Eprise d'une douce fièvre, Elena enlaça le cou d'Evan et se mit du mieux qu'elle le put sur la pointe des pieds pour pouvoir planter ses lèvres sur les siennes. Le Major en fut légèrement surpris, mais nullement déplu. Il lâcha les mains d'Elena, qui enlaçaient toujours son cou, et, tout en savourant ses lèvres au goût mentholé, les glissa vers sa taille, la serrant davantage contre lui. Evan put ainsi sentir avec délectation la poitrine érigée d'Elena se frotter contre son torse, mais cela eut également pour effet de presser son érection contre le ventre de la jeune femme, et de briser leurs étreintes.

Elena rougit violemment et se recula de quelques pas, couvrant sa poitrine d'une main alors que l'autre se refermait sur l'évier pour la soutenir. Hautement embarrassé, Evan mit d'infinis secondes à retrouver l'usage de la parole.

- Je suis sincèrement désolé Elena ! Je...

- Non, c'est moi, j'aurais dû...me débrouiller toute seule

- Ecoute, tu as presque fini, alors je vais...je vais t'attendre à côté, d'accord ?

- Sage décision, oui

Evan s'élança donc vers la chambre, et y fit les cent pas en prenant de grandes inspirations pour calmer son corps encore tremblant de désir.

Mais qu'est-ce qu'il leur avait prit ? Elena, de se laisser toucher aussi intimement et de lui rendre ses caresses ? Et lui, d'avoir tout foiré ? Il était en colère contre lui-même pour avoir laissé Elena se rendre compte en même temps que lui de ces nouveaux effets qu'elle lui procurait. Ça avait été si...bon. Et il aurait tellement aimé que cela ne cesse jamais. Mais non, il avait fallu qu'il lui fasse peur en se frottant de trop près à elle. Et il en était réduit à se lamenter une fois de plus sur son sort avec un état de frustration plus grand que celui qui l'avait suivi depuis sa perte de contrôle du matin.

Lorsqu'il entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir, Evan se précipita sur Elena pour l'aider à marcher jusqu'au lit. Il fut un peu déçu de la voir drapée dans une longue robe de chambre, mais se ravisa rapidement. Il valait mieux pour eux deux qu'elle soit bien vêtue.

- Elena...

- Non, l'interrompit-elle. Ne dis rien, s'il te plaît. Je ne veux pas en parler...Pas pour le moment du moins

- D'accord

La jeune femme hocha simplement ses remerciements, puis posa sa tête sur l'épaule d'Evan. Le militaire passa son bras autour d'elle et la serra davantage contre lui, déposant un baiser sur son front au passage.

- Je suis fatiguée, murmura-t-elle après quelques minutes de silence

- J'imagine. Tu as eu une journée riche en émotion, tu ne peux être qu'épuisée. Allez, allonge-toi. Demain sera sans doute aussi éprouvant qu'aujourd'hui, il faut que tu te reposes pour être d'aplomb

Elle avait presque oublié ce détail. Lorsqu'Evan avait libéré Elena de leur étreinte désespérée, après de longues minutes passées à se câliner et à se murmurer des paroles réconfortantes, le comité n'avait pas perdu une minute et avait insisté pour qu'elle passe son entretien le plus rapidement possible. Evan avait été prêt à mettre beaucoup d'ardeur à les rembarrer, mais Elena l'avait stoppé avant la première remarque bien sentie et avait accepté. Elle voulait en finir au plus tôt, et la conclusion de sa confrontation avec Elliot avait eu peu de mal à convaincre le Major.

- Tu restes avec moi ?, demanda-t-elle alors qu'Evan la recouvrait de sa couverture

- Tu sais, avec mon escorte...

- Pff ! Comme si tu allais m'étrangler pendant mon sommeil, bouda-t-elle

- Bon...Je reste jusqu'à ce que tu t'endormes, ok ?

Elena hocha la tête et se rallongea dans son lit, se couchant sur le côté pour laisser un peu de place au Major. Alors qu'il pressait son torse contre le dos d'Elena, cette dernière attrapa sa main et la passa autour de sa taille, la posant sur la petite bosse de son ventre, qu'il parvenait à sentir à travers l'épaisseur des tissus. Evan ne put empêcher un sourire béat de se former sur son visage, et se pencha légèrement pour voir les lèvres d'Elena elles aussi souriantes. Les légères caresses qu'il donna au ventre d'Elena les guidèrent tous les deux vers un sommeil plus que mérité.