Chapitre 37 : Les ragoteuses.

- Enfin, s'écria Ron en lâchant ses valises dans le hall du Square Grimmaurd.

- Enfin ? demanda Hermione, tu étais donc si pressé de quitter ta maison ?

- Ne me fais pas croire que tu n'as pas remarqué le changement de comportement à mon égard de la part de ma famille ! dit Ron en haussant les sourcils.

- Eh bien… hésita Hermione.

- Tu comprends alors, dit Ron, en plus je suis sûr que ma mère t'a posé des questions, à toi et à Harry.

Hermione émit de faibles sons. Harry, lui, préféra éviter le regard de Ron.

Oui, Mrs Weasley avait demandé à Harry comment allait son fils, elle se faisait du souci pour lui. Harry ne savait pas quoi lui répondre, il ne pouvait pas dire à Mrs Weasley que Ron était redevenu normal, mais qu'il passait la moitié de ses nuits à contempler les étoiles. Pour une fois Harry fut ravi de quitter le Terrier, et il avait beaucoup de choses à voir à Londres.

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- Tu ne veux pas qu'on vienne avec vous ? demanda Hermione.

Harry et Tonks s'apprêtaient à aller à la poste moldue pour récupérer deux lettres qui attendaient Harry d'après le Ministère de la magie.

- Non, dit Harry, on n'en a pas pour longtemps, et puis comme ça vous gardez la maison et Kreattur.
Harry referma la porte d'entrée. Il n'avait pas laissé Ron et Hermione seuls innocemment, il espérait bien que du temps en tête-à-tête… Mais Harry commençait à désespérer, pratiquement toutes les semaines, il espérait que quelque chose se passe, cela en devenait frustrant. Ginny avait raison : le jour où ces deux-là se décideront, des arbres pousseront dans les couloirs de Poudlard.

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Une petite file attendait devant l'unique guichet de poste ouvert. Harry et Tonks se mirent en bout de file et attendirent.

- Alors quoi de neuf depuis la soirée d'Halloween ? demanda Harry.

- Pas de désastre à l'horizon, on gagne même du terrain, dit Tonks. Evidemment si Soazick nous aidait plus souvent, ça serait plus rapide, mais elle doit avoir de bonnes raisons.

- Elle a de bonnes raisons… dit Harry.

- Les mêmes bonnes raisons que toi je suppose ?

- Oui, répondit Harry, je suis désolé qu'on soit obligé de ne rien dire…

- C'est normal, dit Tonks, nous on limite l'ascension des mange-

Tonks s'arrêta de parler. Les moldus devant eux écoutaient la conversation avec beaucoup d'attention.

- Des petits concurrents, reprit Tonks, et vous, vous vous occupez du gros bonnet…

Harry se retint d'éclater de rire. Le codage de Tonks avait été très rapide, elle devait avoir l'habitude.

- Oui, on peut dire que c'est ça, dit-il.

- Mais qu'est-ce que Malefoy peut encore vous raconter, ça fait deux mois qu'il a rejoint notre cam- entreprise, je sais qu'il a qu'il a des renseignements sur notre principal concurrent… Mais… je l'ai vu dans les sous- dans les bureaux de l'une des filières de notre entreprise fin novembre, et il n'avait plus rien à dire de nouveau, dit Tonks habilement.

- Je suppose qu'il ne se rend pas toujours compte de ce qui peut être important, dit Harry.

- Je ne suis pas sûr qu'il n'y ait que ça, dit Tonks. Soazick passe toujours autant de temps à Pou- dans l'entreprise, alors que c'est les vacances. Elle en pince peut-être pour Malefoy.

- Non, dit Harry presque avec colère, elle est occupé à Pou- enfin dans l'entreprise, elle travaille pour faire tomber le principal concurrent.

- Si tu le dis, répondit Tonks en regardant étrangement Harry. Mais à sa manière d'avoir hâte de rentrer, lorsqu'on part en … évaluation de marché, on dirait plutôt qu'elle veut rejoindre un amoureux.
Harry ne contredit pas cette dernière phrase, pourtant il doutait si l'amoureux était lui ou Malefoy… Après tout, Soazick passait vraiment beaucoup de temps dans les sous-sols de Poudlard, c'était indéniable.

- Comment va Ron ? demanda Tonks, il se remet ? Tout le monde doit le harceler.

- Oui, répondit Harry.

- Je me rappelle ma première fois… j'ai pas dormi pendant des semaines.

- Toi… toi aussi ? demanda Harry étonné.

- Evidemment, dit Tonks, n'oublie pas que je suis une… enfin n'oublie pas le poste que j'occupe, c'est le risque du métier, surtout en ce moment.

- Je ne savais pas, dit Harry qui se sentait idiot de ne pas y avoir pensé.

- Ça t'arrivera sûrement à toi aussi, dit Tonks, si tu as toujours les mêmes ambitions.

- C'est prévu que ça arrive, dit Harry.

- Donc… dit Tonks en souriant.

- Oui, mais Chut, dit Harry en souriant lui aussi.

Devant eux les gens avaient dû cesser d'écouter la conversation de Tonks et Harry, car c'était leur tour. Au bout d'une demi-heure ils partirent avec leur colis.

- Bonjour, dit la guichetière.

Elle portait d'horribles lunettes, qui lui donnait une tête de libellule.

- Bonjour, dit Harry, je viens pour récupérer les lettres qui sont dans ma boîte postale.

- C'est la première fois que vous venez ? demanda la guichetière.

- Oui, répondit Harry.

J'ai besoin de votre confirmation d'inscription aux services des boîtes postales, dit la guichetière.

Harry fouilla dans la paperasse que le Ministère lui avait envoyée. Il trouva la feuille réclamée et la tendit. La guichetière parcourut la feuille des yeux.

- Vous vous êtes inscrit avant le mois d'octobre, dit la guichetière.

- Oui, répondit Harry.

- Depuis la procédure a changé, dit-elle. Je vais me renseigner auprès de ma collègue.

La guichetière s'éloigna de son guichet.

- Marie-Thérèse, hurla-t-elle dans la pièce voisine.

Marie-Thérèse arriva et échangea quelques mots avec la guichetière d'Harry. Puis toutes les deux vinrent voir Harry.

- Vous avez une pièce d'identité, demanda Marie-Thérèse.

Harry fouilla à nouveau dans ses affaires et en sortit une petite carte plastifiée qu'il donna.

- Il faut qu'on remplisse un formulaire, dit Marie-Thérèse.

Les deux femmes entreprirent de remplir le fameux formulaire.

- Dis donc Catherine, dit Marie-Thérèse à sa collègue, t'as entendu ce qui est arrivé à Martine ?

- Non, dit la guichetière Catherine.

- Elle est partie en vacances dans les Caraïbes, elle est revenue avec sept bronchites !

- Ce n'est pas vrai ! S'exclama Catherine.

- Si, dit Marie-Thérèse, elle a abusé de la plage et de l'air conditionné.

- Ce n'est pas vrai ! S'exclama à nouveau Catherine.

Harry ne savait pas trop quoi faire les guichetières l'avaient complètement oublié, il regarda Tonks qui se mordait la langue pour ne pas éclater de rire.

- Euh…, dit Harry.

- Ah oui, dit Catherine en regardant Harry, il me manque le code de poste. Claudine !

Une troisième femme apparut de la pièce derrière les guichets.
- Oui ? demanda la dénommée Claudine.

- C'est quoi notre code poste pour les boîtes postales ?

- A 38, répondit Claudine, je vous ai entendues parler de Martine, qu'est-ce qu'elle a encore fait ?

Au bout de trois jours, au yeux d'Harry, les employées des postes remirent à Harry ses précieuses lettres.

- Qu'est-ce qu'elles ont été longues, dit Harry.

- Au contraire, répondit Tonks hilare, je les ai trouvées rapides, et puis tout le monde a envie de savoir que Martine a eu la tourista durant ses vacances…
Harry éclata de rire et ouvrit la première lettre qui lui était adressée, elle était de la Tante Pétunia, elle confirmait qu'elle avait bien reçu la lettre d'Harry lui donnant l'adresse de sa boîte postale. La lettre de la Tante Pétunia était claire, courte et concise.

- Elle ne s'est pas foulé niveau marque d'affection, dit Tonks en lisant la lettre par-dessus l'épaule d'Harry.

- Le contraire aurait été étonnant, dit Harry.

- Je peux ? demanda Tonks en montrant la lettre.

Harry lui donna la lettre. Tonks sortit discrètement sa baguette magique.

- Apparecium, murmura-t-elle.

Aussitôt la feuille se noircit, et on vit apparaître plusieurs autres lettres surexposées. Visiblement la Tante Pétunia avait récrit plusieurs fois la lettre adressée à Harry. Certains brouillons contenaient des marques d'affections comme disait Tonks. Affectueusement, bisous, toute la famille t'embrasse…etc. Mais la lettre qu'Harry avait reçue ne contenait aucune de ses phrases, pourtant la Tante Pétunia avait envisagé de les placer dans sa lettre...

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L'autre lettre qu'Harry avait reçue venait entrepreneurs qui proposaient à Harry de racheter le terrain qui lui appartenait à Godric's Hollow.

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En rentrant Square Grimmaurd, Harry fut déçu de voir que Ron et Hermione discutaient à une distance raisonnable l'un de l'autre. Distance trop raisonnable.

Harry leur parla des lettres qu'il avait reçues.

- De toute façon tu ne peux pas vendre, dit Hermione, il y a une maison sur le terrain et ils ne peuvent pas la voir.

- Même si la maison est en ruines, ils ne peuvent pas la voir ? demanda Harry.

- Nous on ne l'a pas vue, dit Ron.

- Ah bon, s'étonna Harry.

- Tu ne t'en étais pas rendu compte ? demanda Hermione.

- Non, répondit Harry.

Harry raconta à Ron et Hermione sa longue attente à la poste.

- Je vais aller à Privet Drive, dit soudain Harry.

- Quoi ? Dirent Ron et Hermione d'une seule voix.

- Je vais y aller quand je serai sûr que mon oncle et mon cousin ne seront pas là. Vers seize heures trente demain ça devrait être bon.

- Pourquoi pas, dit Hermione. Voir ta tante, il faut que tu gardes un lien…

- Vous venez avec moi, dit Harry.

- Quoi ? S'exclamèrent timidement Ron et Hermione.

- Je veux qu'au moins un membre de ma famille vous connaisse, dit Harry.

- Bon… hésita Hermione, demain seize heures trente ?

- Oui, répondit Harry.