Hey guys!
Voilà comme promis l'avant dernier chapitre de cette fic, qui répondra, je pense, à une bonne partie de vos questions.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que ça vous plaise! :)
Chapitre 36: Dans le noir du venin, ce qu'on est, ce qu'on feint (Dans le bleu de l'Absinthe – Damien Saez)
Je ne sais absolument pas comment nous nous sommes retrouvés dans cette situation. Un instant je suis dans mon bureau présidentiel, avec Tseng, nous discutons, et puis soudain, Reno l'appelle, il quitte la pièce en me sommant de rester là, et l'instant d'après, alors que je lui ai désobéi et que je me suis rendu sur la terrasse en hauteur pour voir ce qu'il se passe, je me retrouve au bout du flingue d'une armoire à glace rousse aussi large que Rude.
Non, vraiment, j'ai raté quelques événements.
L'homme qui me tient en joue a quelque chose de sadique dans les yeux, et son sourire en coin ne dément absolument pas mon observation.
Un long moment je reste immobile face à lui et dos au vide, sans savoir réellement comment réagir. Cette situation m'en rappelle étrangement une autre, il y a une dizaine d'années à peine, lorsqu'affaibli je me suis retrouvé face à Kadaj. J'avoue qu'à ce souvenir, mon sang se glace.
-Alors, Président, raille soudain l'autre pour briser le silence pesant qui nous enveloppe. Ne regrette-t-on pas trop l'absence de son intelligente scientifique Harper?
Je ne réponds pas à sa provocation. Il ne s'en formalise pas, et continue d'un ton moqueur en s'approchant de moi:
-Étrange, non, comme une petite heure sur une de nos chaises modifiées peut nous faire avancer d'un grand pas, l'un comme l'autre, n'est-ce pas?
Il arrache violemment mon revolver de ma ceinture et le lance par dessus la balustrade. Je m'efforce de ne pas bouger alors que je me retrouve dans l'impossibilité de me défendre contre lui.
-Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, je réponds difficilement.
-De quoi je veux parler? Répète-t-il, visiblement heureux que je participe à sa discussion morbide. Je parle évidemment de ce qu'Harper nous a aidés à réaliser, Rufus, et ce que son sacrifice vous a permis de découvrir. Reconnaissez que nous avons été gentils, de vous laisser tant d'indices.
-C'est vrai, c'était trop aimable, j'articule entre mes dents.
La montagne de muscles esquisse un sourire en baissant enfin son arme. Je n'ose toujours pas bouger, cependant.
Il m'invite soudain d'un geste à prendre place dans un de mes fauteuils autour d'une table basse.
-Dois-je vous demander de vous asseoir dans votre propre demeure, Monsieur Shinra? Se moque-t-il.
D'une démarche que j'espère assez nonchalante, je vais m'asseoir en gardant toujours l'homme dans mon champ de vision.
Il ricane.
-Vous êtes prudent, fait-il en s'installant en face de moi. Mais ainsi nous sommes plus à l'aise pour discuter, vous ne trouvez pas?
Encore une fois, je trouve inutile de répondre à cela. Il entretient très bien la conversation lui-même, et puis il détient des informations que je cherche depuis longtemps, aussi je le laisse parler.
-Vous vous demandez sûrement pourquoi nous faisons tout cela, n'est-ce pas? Mon frère vous l'a pourtant expliqué sur les chaises. Vous êtes un modèle pour nous. Nos ambitions sont les mêmes.
-Ont été les mêmes, je rectifie brutalement.
Il ricane encore.
-C'est vrai que vous vous êtes ''rangé'', se moque-t-il. Nous voulons la même chose que ce que vous vouliez; contrôler la société en la rendant dépendante de ce que nous leur vendons. Ensuite nous dominerons le monde, comme vous vouliez le faire. Nous n'avons cependant pas commis les mêmes erreurs que vous, et nous préférons nous assurer de notre toute puissance avant de nous lancer à visage découvert dans le monde cruel de consommation qui nous entoure, vous êtes d'accord? Avant cela nous voulons juste éliminer ceux qui nous barrent la route, c'est à dire vous, le reste de la Shinra, et AVALANCHE.
-Et vous avez eu besoin de rallier Utaï pour vous débarrasser d'une seule vingtaine d'individus? Je raille seulement.
-La milice secrète d'Utaï a été très dure à convaincre de nos idées, je l'avoue, mais lorsqu'il a été question de descendre Shinra pour de bon, ils ont été les premiers à répondre à l'appel.
Le roux sort de la poche intérieure de sa veste un paquet de cigarettes et m'en propose une:
-Cigarette, monsieur?
Je refuse d'un signe de la tête, ce qui le fait ricaner de plus belle de sa voix rauque.
-Prudent jusqu'au bout, hein?
Il se réinstalle correctement, prend le temps de ranger son paquet et d'allumer sa clope avant de reprendre:
-Toujours est-il que votre père n'a pas été très correct, avec Utaï et ses habitants, et vous non plus, par extension. Vous savez, la guerre, tout ça. Je crois que les Utaïens n'ont pas été très joyeux à l'idée que vous et votre société, vous rafliez toutes les richesses de leur continent pour ne leur laisser que des miettes...
Il laisse un silence qu'il veut dramatique s'installer.
-Vous comprenez donc, j'imagine, leur décision de se rallier à nous?
Qu'est-ce qui peut bien advenir de Tseng, de Cloud et des autres, en ce moment? Livrent-ils déjà bataille? Je n'ai que faire du discours de cet homme s'il ne fait que ressasser mes erreurs passées. Je l'ai déjà assez fait moi-même.
-L'Utaien qui tatoue les Dragons d'invincibilité a été beaucoup plus difficile à convaincre, par ailleurs... Du fait, j'ai bien peur que plus personne ne puisse réclamer ce tatouage... fait mon ravisseur avec un air pensif. Mon frère a été et sera le dernier à pouvoir en bénéficier, bien malheureusement.
Certes, il a l'air très malheureux, en ce moment, avec sa saloperie de sourire en coin.
-Toutefois, les pouvoirs qu'il confère sont assez impressionnants, j'en conviens... Guérison presque instantanée, vitesse exacerbée, vue acérée, force décuplée... Le rêve de tout homme, n'est-ce pas?
-Le pied total, cinglai-je.
-Je savais que vous apprécieriez, monsieur Shinra, vous avez toujours reconnu la force avec un certain respect, après tout. Malheureusement, vous fondiez tous vos espoirs de créer l'homme parfait dans la Makô... J'ai découvert que cela ne faisait pas tout. C'est là que votre Harper entre en jeu.
Cette fois je ne peux plus me taire.
-Que lui avez-vous fait? Je réponds avec colère.
-Oh, rien de bien méchant, elle a cédé assez facilement à l'alternative de rallier son intelligence à notre cause plutôt que de nous révéler vos avancements sur le clone de Sephiroth.
Ah oui, merci de me le rappeler.
Je prends un air mi-coupable, mi-furieux en essayant de paraitre agacé de lui avoir donné cette précieuse pseudo information.
Il sourit.
-Et oui, nous n'avons pas eu Sephiroth, mais nous avons fait mieux.
Il écrase sa cigarette consumée dans le cendrier et en allume une autre.
-Qu'est-ce qui peut être mieux que Sephiroth? Je demande alors, réellement surpris.
Il ne prête pas attention à ma remarque.
-Je ne savais pas que vos scientifiques étaient si efficaces.
Cette fois je perds mon calme, il a trop abusé de ma patience.
-Qu'avez vous fait avec elle?!
-Oh, rien de spécial, elle a développé une sorte de virus sur notre demande. Puis, on l'a forcé à l'ingérer.
Je fronce les sourcils, choqué.
-Vous avez fait... quoi?
Il lève les yeux au ciel.
-Allons, monsieur Shinra, ne soyez pas si surpris, vous savez très bien ce qu'il en est. Nous vivons dans un monde de brutes, pour imposer sa griffe ici, il faut faire preuve de force, d'impartialité, d'insensibilité! Je pensais que vous l'aviez compris.
-Qu'est-il advenu d'Harper? Je demande sans m'attarder sur sa provocation.
Son sourire en coin s'agrandit, et il croise ses jambes larges comme des troncs d'arbres.
-Harper? Dit-il. Oh, pas grand chose.
Il passe ses mains semblables à des battoirs dans ses cheveux de feu et termine:
-Si Sephiroth est votre arme secrète, elle est la nôtre.
J'ai du mal à croire ce que j'entends. Qu'ont-ils fait d'elle réellement, au final?
-Cessez donc de tourner du pot, je réponds enfin alors qu'il écrase pour la deuxième fois son mégot dans le cendrier. Qu'est-elle devenue?
-Voilà la question enfin mieux posée! S'exclame la masse de muscles en prenant ses aises sur le fauteuil et en croisant ses mains derrière sa tête. En réalité, monsieur Shinra, nous lui avons demandé un virus qui entrainerait une mutation des gênes de la personne infectée, et la transformerait... En un monstre redoutable et sanguinaire.
Suite au profond silence qui s'installe, il croit malin de rajouter:
-Bien sûr, nous l'avons par la suite dopée à la Makô.
Je trouve enfin le courage de prononcer une phrase.
-Vous êtes des monstres...
Bouche bée, paralysé par le choc, je le regarde renverser sa tête en arrière et son torse se secouer d'un rire gras.
-Non, soupire-t-il quand il reprend le contrôle de lui. Non, c'est elle, le monstre, monsieur Shinra. Le virus couplée à la Makô lui ont conféré des pouvoirs encore plus extraordinaires que ceux de mon frère invincible!
A peine a-t-il terminé sa phrase qu'un hurlement de bête sauvage retentit violemment au dehors, faisant trembler les murs du manoir, vite suivi par des cris et les sifflements des balles tirées, ainsi que le tintement terrible des lames qu'on entrechoque avec force.
-Et on dirait bien que vos amis font sa connaissance, cingle mon ravisseur, son stupide sourire réapparu sur ses lèvres.
Pâle comme la mort, je me dirige doucement vers la balustrade.
Il ne fait rien pour m'en empêcher.
J'étouffe un cri de terreur.
En-bas, c'est une véritable boucherie.
Et voilà, c'est fini, rendez-vous la semaine prochaine pour le dernier chapitre, et dans deux semaines pour un court épilogue!
N'hésitez pas à laisser vos avis, encore une fois! ;)
Bisous à tous, ciao!
