Ce chapitre a été posté lors du NaNoWriMo et n'a pas été relu, merci de votre compréhension (il sera relu dans le futur).
N'hésitez pas à m'envoyer votre amour et vos critiques en review, je m'en nourris avec ma muse pour continuer de vous produire cette fanfiction.
Pluie de paillettes sur vous !
Chapitre 35
Pas la meilleure idée
25 septembre
Lacville est en ruine.
Et pas une jolie ruine romantique bien entretenu comme certain château fort qui ont une quelconque valeur historique ou touristique …
Juste …
Des planches carbonisés et recouvertes d'algues, des monticules de débris, quelques pierres, des effets personnelles irrécupérables et des monticules. Je frissonne et c'est pas de froid. Nulle doute que l'endroit à été désossé pour récupérer un maximum de chose, mais aussi pillé. ça donne froid dans le dos, on s'attends presque à subir un jumpscare ou être salué par un fantôme.
J'en ai visité des endroits affreux visuellements, mais là, on dirait que l'apocalypse est passé par là …
Bilbo me tapote l'épaule et me prends la main.
Smaug est passé par là, pas de doute.
Tout ça pour quoi ? Pour que Bard puisse le tuer et que les hommes soient relogés temporairement à Érebor.
" C'est affreux … " je commente, la voix basse.
" C'est ce que je me disais l'an passé quand j'ai pu enfin voir de près les dégats.
- ça fait quoi … Un an ?
- Onze mois, à une vache près. " me réponds Bilbo.
Je ferme les yeux et penche la tête en arrière, j'empêche des larmes de tomber. Je ne suis plus en quasi panique de façon constante, j'ai réussis à prendre le dessus sur mes angoisses liés aux abords d'Érebor, mais ça ne veut pas dire que j'ai vraiment réussis à me débarrasser de mon stress.
Voir pour la première fois Lacville, enfin ce qu'il en reste … ça me rappelle Smaug, la Guerre des cinq armées et ma mort. Combien de gens sont mort le même jour que le dragon ? Combien de gens sont mort avec moi ? Et dans tous ces pauvres gens, mort pour la victoire du bien sur le mal, combien sont revenu à la vie … ? Une personne. Une seule. Moi. Et pourquoi ? Pour détruire un anneau qu'on aurait très bien pu réussir à détruire sans moi. J'suis inutile, mais c'est moi qu'on a fait revenir. Pourquoi ? C'est injuste …
Bilbo m'a pivoter pour me forcer à poser ma tête contre son épaule, mes bras l'enserrent pendant qu'il me caresse les cheveux.
" C'est un spectacle horrible, mais tu as fait ce que tu as pu. Tu as prévenu à l'avance Bard pour évacuer la ville. Certes, des vies ont été perdus, mais imagine toutes les vies supplémentaires qui n'aurait pas pu être sauvé sans ton intervention ? Tu ne pouvais pas sauver tout le monde. Tu n'es qu'une personne. " tente de me réconforter mon frère.
J'ai un rire humide. Je ne pleure pas tout à fait, mais pas loin.
" Je ne suis qu'une personne, mais … combien de gens sont mort Bilbo ?
- Beaucoup trop … " avoue Bilbo " Mais quoi que tu veuilles, tu ne peux pas changer le passé. Il faut aller de l'avant. Il n'y a que ça de possible. "
Bien sûr.
Il a raison.
Je peux me lamenter et pleurer les disparus dont j'ignore tout … ou me dire que c'était prévu dans les grands plans des Valars. Je porte une main contre ma poitrine où a prit résidence ma médaille. Oromë savait ce qu'il faisait et … par-delà le voile, les morts ont trouvés une place. Annwn, Valhallas, Halle de Mandos, quoi qu'il y ait réellement par-delà la mort, je sais qu'une nouvelle forme de vie est possible.
Oromë, Eru, Valars de ce monde, j'espère que vous prenez grand soin d'eux.
Je sèche mes yeux qui ne menace plus de verses des larmes et sourit à Bilbo.
" Merci d'être toujours là pour moi.
- De rien Charlotte. "
Je grogne, allongée sur le dos, les mains sur mes oreilles.
Cette nuit, Gimli et Fíli ont décidé de faire un concours de qui ronflait le plus fort. Et ils en ont du coffre ! Kíli aussi a atteint un sacré volume sonore, mais il est hors course sans l'ombre d'un doute. A côté de moi, Bilbo respire paisiblement. Comment il fait pour dormir dans cette cacophonie ? Ori est dos à nous, assis sur la charrette, observant et surveillant les alentours. Seul pour son tour de garde. Et Nori ?
Il a les sourcils froncés, mais les yeux grand ouverts sur le firmament.
Je frotte mes mains contre mes yeux, avant de me frapper les joues. Bon, j'arriverais pas à dormir, ça fait déjà une heure ou deux que je tente.
Alors que je m'apprête à me lever pour rejoindre Ori et l'aider dans sa surveillance, une main se pose sur ma cheville.
Je lève un sourcil sur Nori qui se lève également et m'aide à me lever. Il pose ensuite un doigt contre ses lèvres, à l'intention d'Ori qui se tourne vers nous, nous aillant sans nulle doute entendu remuer.
D'un geste de la main, mon amoureux m'invite à le suivre. Ce que je fais.
Quand on se retrouve un peu loin du groupe, je grogne aussi fort que je l'ose dans la nuit.
" Ces zigotos font un de ses barroufes ! " je m'exclame, les dents serrés.
" Barroufes ?
- Ramdam.
- Ramdam ?
- Vacarme, bordel, boucan, tapage nocturne ! "
Mes explications sont accompagnés de mouvement vif de main qui fait rire le nain à mes copains.
" Sérieux, on dirait deux ours en pleines hibernations ! Et Kíli qui tente d'arriver à leur volume ! " je continue de râler, même si je suis maintenant plus calme et j'en souris. " Impossible de dormir dans ses conditions. "
Marcher me fait du bien, de toute façon, j'aurais clairement pas réussis à m'endormir.
" Je pense que le fait de nous rapprocher d'Érebor les rassure … d'où les exercices de vocalise nocturne. " rationalise Nori, me faisant rire. J'm'en serais bien passé de leurs bruits, mais je comprends le sentiment.
Mon regard se porte vers la montagne solitaire de l'autre côté du Long-Lac. Dans quelques jours on y sera … Une vague de sentiment m'envahit : anticipation, angoisse, joie, excitation. Rien qui m'aidera à dormir quoi, j'suis toute mêlée. Mais inutile d'angoisser à l'avance, on y sera bien assez tôt et après tout … Malgré les mauvais souvenirs qui se placent près de Däle, ce ne sont que ça, un lieu et des souvenirs. A l'intérieur du royaume nain, je n'ai que des bons souvenirs. C'est sur eux et mes amis que je devrais me focaliser, plus que sur un événement du passé qui ne reviendra jamais. Enfin, si, j'suis pas dupe, un jour je vais remourir, mais dans d'autre condition.
Techniquement, j'serais plus forte que Jésus. J'suis morte dans mon monde d'origine. Morte dans ce monde une première fois. Je vais mourir dans ce monde une seconde fois. Trois morts, trois vies différentes, enfin, une vie humaine et deux vies hobbitiennes.
Beau score.
Mon regard se perds dans l'eau du lac où contrairement à la dernière fois que j'ai vu ces eaux, il n'y a pas de glaçons flottant.
" A ton avis, elle est comment l'eau ? " je demande subitement.
" Hein ?
- L'eau du lac. " je précise en pointant l'eau à une dizaine de mètre de nous. " A ton avis, elle est à quel température ?
- Froide. " répond-t-il platement. Je hoche la tête.
Bon, froid, okay, pour une nuit de mois de septembre, ça semble logique.
" T'as déjà fait un bain de minuit ?
- Non.
- Let's go ! " je braille presque en partant en courant vers l'eau. Arrivé au bord, je ne me soucie pas de savoir qui est autour de nous, parce que je dois entrer dans l'eau avant que mon courage ne s'envole.
En quelques mouvements, je suis nue et j'entre dans l'eau.
" FROID FROID FROID ! " je piaille, pendant que Nori se déshabille aussi vite que moi pour se retrouver nu également et venir vers moi, en se moquant de moi.
Je vibre littéralement de froid, claquant des dents et riant comme je peux.
Je me sens idiote, mais vivante.
Je me mouille la nuque avant d'entrer totalement dans l'eau jusqu'aux épaules.
" Qui avait raison en disant que l'eau était froide ? " Je lui tire la langue, avant de me mordre sans faire exprès et de la rentrer en riant de plus belle. " Nous sommes en Halimath. " Un mois de la Comté décode immédiatement mon cerveau. " Dans les Terres de Däle, sois au nord d'Arda, tu sais, là où il fait … froid. " Il me prends pour une idiote en plus, je lui balance de l'eau au visage d'un mouvement sec du plat de la main sur la surface du lac.
En quelques minutes, j'ai plus froid, même si je tremble encore, mon corps est réchauffé par notre gueguerre enfantine dans l'eau. On crie de façon régulière et fait un bordel de tous les diables dans la nuit noire, je suis étonnée que personne ne se soit ramené pour nous calmer. On rit à gorge déployée, avant que je me reçoive une nouvelle vague. Je me jette alors en quelques brassés sur Nori.
Par chance, on sait tous les deux nager et on ne s'éloigne pas trop du bord.
Je m'accroche à son dos, mes jambes autour de son ventre, cherchant à le déstabiliser. Mais vouloir faire tomber un nain qui a ses deux pieds bien plantés au fond du lac, c'est comme chercher à déraciner un arbre : pas demain la veille que j'y arriverais.
Ses mains se portent dans son dos et je me retrouve bien vite plaquer contre lui, incapable de me dégager alors que je pressent déjà un mauvais coup.
" Ferme les yeux et les narines ! " braille Nori et j'ai à peine le temps de faire comme il dit que telle une baleine, il déchire les eaux, me lâchant une fois qu'on est bien entièrement dans l'eau. J'arrive à me redresser et sors de l'eau sans aucune grâce, m'essuyant vivement les yeux pour pouvoir les ouvrir, tout en râlant une litanie de " crotte, fait froid, aaarg " qui me fait cependant rire.
" Alors, calmé ? " s'amuse Nori que je vois trouble. Rha, j'ai encore de l'eau dans les yeux, ça pique. Je me frotte les yeux et papillonnes les paupières pour tenter d'y voir clair.
" Calmé. " je conscents.
J'avais un trop plein d'énergie. Anticipation de ce qui m'attends, mais aussi incapacité à dormir vu que rien de bien remuant ne nous dérange dans notre migration vers Érebor. Enfin, ça, je m'en plains pas. Je préfère l'inactivité aux orcs et de loin.
Quand enfin je peux ouvrir les yeux, Nori est sur le dos, flottant. Et moi qui croyait les nains lourd. Je roule des yeux devant mes propres erreurs. J'ai encore tellement à apprendre.
" Alors c'est quoi le principe d'un bain de minuit ? Juste se baigner la nuit … ? " s'interroge à haute-voix Nori, sans nulle doute dirigeant la question vers moi, puisque je suis celle qui lui a proposé l'idée.
" Yep, c'est ça, souvent nu ou au moins en sous-vêtement. Il parait que c'est très romantique et ça fait des années que je l'ai pas fait.
- Oh ?
- La dernière fois c'était en colonie de vacance lors d'une randonnée à cheval à la Baie du Mont St Michel. " je précise rapidement, après avoir annoncé que c'est romantique, j'voudrais pas qu'il croit que je parle de l'un ou de l'une de mes ex.
Bien sûr que j'ai eut des relations avant lui, mais d'un commun accord, j'en parle pas. Je me laisse alors flotter sur le dos en racontant ma dernière expérience d'un bain nocturne qui était dans la mer et surtout, à dos d'un cheval, avec un moniteur de colonie et sept autre jeunes. Et le retour, humide, mais chaud pour le mois de Juillet, à marcher à travers les champs et pré de moutons pour rejoindre notre bivouac.
Des souvenirs magiques qui ont formés mon adolescence.
Telle des loutres à la dérive, flottant sur l'eau, nos mains se sont trouvés pendant que je monologue sur mes randonnées en Normandie. Il faut dire que j'y suis allée deux ans de suite et que de manière générale, j'adore parler de mes expériences équestres.
Il faut dire aussi qu'il m'est arrivé plein de truc sympa en Normandie, entre les galops sur la plage, les fois où j'ai perdu un fer de ma monture dans les sables mouvants lors d'une marée basse, la fois où j'avais mal sanglé mon cheval et en plein galop ma selle a donc commencé à tourner, me laissant m'accrocher misérablement aux crins de ma jument qui bien qu'ayant ralentit son allure, ne voulait pas se laisser distancer par ses camarades, avant que mon popotin ne rencontre le sol et me laisse un bleu.
Je ris encore de cette dernière aventure.
Depuis je suis toujours bien consciencieuse de sangler une seconde fois après avoir fait marcher mon cheval, ça m'a appris la vie.
Profitant de la solitude et du fait que j'ai froid, aussi un peu, je me colle contre Nori. Debout dans l'eau, à se caresser presque lascivement le dos et s'embrasser doucement. J'admire ses formes sous la lune. Je n'avais pas encore eut l'occasion de le faire. La lumière douce et bleuté contraste avec sa peau crémeuse et ses cheveux presque roux, ses bijoux de barbe et de cheveux ont prit une teinte bleuté. Il sourit contre mes lèvres quand je reprends sa barbe dans une main, le forçant à venir à moi.
" Nori ! Est-ce que tu as la moindre idée de l'irresponsabilité que tu commets ?! "
Je sursaute et m'accroche subitement aux épaules de Nori qui pivote sensiblement pour regarder Ori sur la berge qui ramasse nos vêtements en hurlant sur son grand-frère. Le pauvre Ori est blanc comme un linge et semble énervé.
" Quoi ? " je finis par demander. " Il y a personne pour nous voir, en dehors de toi. " j'explique. Je comprends pas pourquoi il est choqué qu'on s'embrasse. C'est pas comme si on le faisait de façon régulière près de lui et qu'on s'éloignait aussi dès qu'on avait envie de câlin sans être dérangé. En tout cas, on est tout sauf discret, ça ne devrait pas être une surprise.
Nori me recolle contre lui et je m'aperçois alors que j'étais sensiblement en train de me tourner vers Ori. Ce qui en sois n'est pas un soucis. Sauf quand on est nue. Ah. Oui. Oups. je me colle alors tout à fait contre Nori qui rit dans sa barbe.
Comptez sur nous pour nous faire surprendre par nos frères dans des situations compromettantes. Bilbo chez Beorn. Ori à Lacville. Yep, l'histoire de ma vie.
" Non ! Pas ça ! Rhaa. " me réponds Ori qui est … rouge je crois et surtout, à l'air de s'étouffer et chercher ses mots. " Mais vous êtes nu alors que l'eau est quasi gelé !
- Elle l'est. " je le corrige sans perdre applomb.
" Sortez vite de là avant d'attraper froid ! Nori ! Tu devrais le savoir pourtant ! Les hobbits sont moins résistant que les nains ! "
Avec ça, Ori se retourne, nous présentant son dos, nos vêtements dans ses bras qu'il secoue et a l'air d'organiser.
" Je fais attention à ma future femme, tu sais, je suis pas aussi inconscient. " lance Nori pendant qu'on se décolle enfin l'un de l'autre pour faire comme Ori il dit : sortir de l'eau. Je rougis sensiblement de plaisir et mon coeur palpite. Futur femme. Je lui souris à pleine dent. Oui, sa future femme.
Quoi ? mime-t-il silencieusement en souriant.
Je secoue la tête. Rien.
Je suis juste heureuse.
Hors de l'eau, ça gèle d'autant plus. Ori nous a tendu nos vêtements qu'il a secoué et trié. Il a toute son attention focalisé sur Nori maintenant que ce dernier a enfilé ses sous-vêtements et je me marre silencieusement.
Parce que Nori se fait passer un sacré savon sur le fait qu'il devrait plus me protéger que ça et ne pas m'encourager à sauter sans armes dans toutes les surfaces d'eaux que je croise, surtout pas en pleine nuit sans surveillance, et qu'est-ce qui nous est passé par la tête d'abandonner nos affaires sur les bords de l'eau, encore heureux que c'est lui qui est venu nous chercher et pas Fíli et Kíli qui ont prit la relève pour garder le campement, et qu'est-ce que dirait Bilbo si on lui ramener sa soeur malade ?
Nori a l'air d'ignorer son petit frère, mais il n'arrive pas à cacher tout à fait son amusement.
De mon côté je tremble, mes habits maintenant humide.
" J'vous laisse finir votre … discussion, j'ai froid, j'vais près du feu. "
Et avec ça, je m'éclipse en caquetant silencieusement.
Quelques instants plus tard, Nori est à mes côtés, une main autour de mes épaules, me frottant le bras, Ori à mon autre flanc, un peu moins rouge et bougonnant en Khuzdul sous sa barbe je ne sais quoi.
Au campement, Fíli et Kíli murmurent entre eux pendant que Gimli ronfle, mais désormais moins fort et Bilbo n'a pas bougé d'un millimètre.
Je fouille dans mon sac quelques instants pour en sortir une serviette pour mes cheveux trempés. Je me place ensuite aussi près du feu que je l'ose et commence à me sécher les cheveux.
Nori se pose à côté de moi, faisant de même. Je le vois pincer ses lèvres, sans doute comme moi pour étouffer un rire.
Ori est déjà en train de nous apporter ses propres serviettes.
" Séchez-vous bien ! Surtout toi Charlotte ! Si tu es malade, c'est bien fait pour toi et je me transformerait en Dori, fais attention je suis prêt à te moucher de force. " annonce Ori. Je grimace, vu son air sérieux, je doute pas du tout qu'il mettra sa menace à exécution.
J'avale ma salive et redouble d'effort pour me sécher.
C'était effroyable d'être couver par Dori ET Bilbo l'an dernier quand j'ai attrapé un rhume avant les trolls, je veux pas tenter le combo Ori et Bilbo, sans doute Nori aussi dans le lot en plus.
Finalement, je tremble encore les cheveux humides, emmitouflé dans mon unique pull que j'ai emporté pour le voyage. Toujours prêt du feu, ma serviette posé à côté des autres en train de sécher.
Je galère à me réchauffer tout à fait, même si en dehors de mes cheveux je suis aussi sèche que je puisse l'être.
Finalement, ce bain de minuit n'était peut-être pas tout à fait une bonne idée. Nori me frotte distraitement les épaules, concentré sur sa discussion avec Ori.
Ils discutent de ce qui peut nous attendre à Érebor et surtout, comment surprendre Dori.
Charlotte et son amour de l'eau ... Sérieusement ...
